POLICIERTHRILLER

LE DRAGON DE CRACOVIE (SAN ANTONIO)

Le résumé du livre

A Berchtesgaden, en novembre 1937, Adolf Hitler sympathise avec une jeune infirmière blonde qui, bizarrement porte le même nom que lui. Il finit par se jeter sur elle et par la trousser comme l’eût fait un feldwebel. De cette étreinte furtive, neuf mois plus tard, naîtra un gros bébé qu’on prénommera Richard et qui n’aura aucune ressemblance avec son géniteur. Il devint boucher, se maria et eut lui-même en 1970 un fils qu’on prénomma Adolf et qui se retrouva doté de nombreux points communs avec son tristement célèbre grand-père. Tout jeune, il commença une carrière de tueur sadique et sans le moindre état d’âme en trucidant le riche homosexuel qui l’avait recueilli chez lui avant de le mettre dans son lit. La suite de l’histoire se résume à une accumulation de cadavres jalonnant le parcours de ce psychopathe qui finira par intéresser la redoutable Camorra sicilienne…

Ma critique

« Le dragon de Cracovie » se présente comme une sorte de thriller parodique doublé d’uchronie, car il va sans dire que Frédéric Dard se permet bien des fantaisies avec l’Histoire tout au long d’une intrigue alternant lourdement copulations et liquidations pour finir sur une fin en apothéose abracadabrante. Le lecteur cherchera en vain l’humour et le picaresque présents dans de nombreux autres titres. Ils ont totalement disparu et c’est bien dommage car seuls le sadisme, la paillardise et une sorte de désenchantement généralisé subsistent. Aussi répétitifs et lassants les uns que les autres. Au total, pas le meilleur titre du grand Frédéric Dard, et de très loin.

Ma note

2,5/5

POLICIER

À CHACUN SON DÛ (LEONARDO SCIASCIA)

Le résumé du livre

Dans une petite ville de Sicile, Manno, pharmacien de bonne réputation reçoit une lettre anonyme fort inquiétante. Ne se connaissant pas d’ennemis et pensant n’avoir rien à se reprocher, il croit à une plaisanterie de mauvais goût. Mais quelque temps plus tard, au cours d’une partie de chasse, il est assassiné ainsi que son partenaire, le bon docteur Roscio. Craignant que l’enquête ne mène à rien, Laurana, professeur de son état et grand ami du docteur, décide de rechercher le coupable. Il fait alors quelques découvertes étonnantes sur la vie privée des deux notables et n’est pas loin de confondre le coupable du double meurtre. Mais rien ne se passe comme prévu.

Ma critique

« À chacun son dû » est plus une parodie de roman policier qu’un authentique « whodonit » style Agatha Christie. Sciascia se sert du motif criminel pour nous dépeindre une société sicilienne d’après-guerre gangrénée par les diverses mafias et apparemment encore nostalgique de l’époque mussolinienne. Sa plume est acérée et son esprit sarcastique a quelque chose de Simenon bien que lui-même soit plus influencé par Pirandello, auteur auquel il semble vouer une grande admiration, au point d’en imiter le style et même de mettre en scène le maître par le biais d’un personnage secondaire, Don Luigi. Ce dernier a même le tout dernier mot : « C’était un crétin ! » en parlant du pauvre Laurana. Humour et désenchantement sont au rendez-vous. Un bon moment de divertissement.

Ma note

3,5/5

POLICIER

LE BOUDDHA BIGOUDEN (ALEX NICOL)

Le résumé du livre

Ancien journaliste devenu écrivain public, Gwenn Rosmadec se voit confier par une jeune femme prénommée Lenaïg la mission de raconter la vie de son père à titre de cadeau d’anniversaire. L’homme ayant passé de nombreuses années en Inde et ayant eu une existence riche en péripéties avant de regagner Sainte Marine, à l’embouchure de l’Odet, elle souhaite que l’ouvrage devienne un témoignage et serve de référence pour les générations suivantes. Mais Goulven de Kerdoncuff est un personnage bourru et pas particulièrement coopératif. Gwenn va devoir user de tout son charme et de toute sa diplomatie pour amener le vieux hobereau breton à collaborer…

Ma critique

« Le bouddha bigouden » se présente comme un roman policier classique avec une mise en place plutôt longue puisque le seul et unique crime n’intervient que vers la deux centième page. Cette histoire de bouddha de jade volé semble plus un prétexte que le nœud véritable de l’affaire. En effet, l’auteur se montre plus intéressé par nous décrire ce charmant petit coin de Bretagne que de ciseler une intrigue type Agatha Christie. Résultat : cette histoire se retrouve un tantinet cousue de fil blanc. Tout est évidemment révélé dans le dernier chapitre. Au total, un roman agréable et divertissant bien que manquant un peu de peps et d’originalité.

Ma note

3/5

POLICIERTHRILLER

LES ENGLOUTIS (DENIS LEPEE)

Le résumé du livre

1918. Ludmilla tente de fuir par la mer Saint-Pétersbourg ravagé par la révolution bolchévique. Il lui importe beaucoup de mener à bien la mission qui lui a été confiée, celle de sauver le « trésor » de la famille Koutouzov, mais son bateau est coulé au large de la Finlande…

2017. Tommaso Mac Donnell ravagé par la douleur d’avoir perdu sa femme et sa fille dans l’incendie de leur maison de Nantucket, débarque à l’aéroport d’Helsinski. Archéologue sous-marin, il vient évaluer un projet d’implantation d’éoliennes off-shore dans le golfe de Finlande, à deux pas de la zone russe et non loin de la petite ville de Kotka dont le maire est un ami de longue date…

Ma critique

« Les engloutis » est un roman original à plus d’un titre. D’abord parce qu’il n’est pas aisé à classer vu qu’il se situe aux limites de plusieurs genres : historique, aventures, policier et même espionnage (vu l’implication de divers agents secrets dont celle d’une jolie espionne du FSB russe). Autant le côté historique semble évident dès le début de l’intrigue, autant le côté policier se fait plus discret vu que le premier mort n’apparait qu’à la moitié du livre et que le personnage principal n’est ni inspecteur, ni détective privé, ni même journaliste, mais simple plongeur professionnel aux prises avec les fantômes de son drame personnel. Personnage avec lequel on ne peut qu’être en empathie immédiate d’autant plus que bien des déboires et des coups durs l’accablent, maintenant ainsi un intérêt soutenu tout au long d’une narration parfaitement menée. Si on y ajoute une plume de belle qualité, un cadre dépaysant et une parfaite connaissance du monde et des techniques de plongée, on obtient une totale réussite. Autre petit plus : dans les remerciements, Denis Lépée a l’élégance et l’honnêteté de faire la part entre l’historique et le romancé. Qu’il en soit remercié car peu nombreux sont les romanciers qui s’y plient !

Ma note

4/5

POLICIER

TOXIC STAR (HERVE CLAUDE)

Le résumé du livre

En Australie, sur l’immense plaine de Nullarbor, dans un endroit désertique à des kilomètres de toute piste, est retrouvé un 4X4 abandonné ainsi que les ossements blanchis d’un homme sans doute mort depuis au moins dix-huit mois. Les tests ADN permettent de découvrir qu’il s’agit des restes d’un certain Mathew Constant, australien d’origine roumaine, ancien champion de « footy », le foot-ball-rugby local où quasiment tous les coups sont permis. Journaliste au West Tribune, l’imposant Anthony Argos cherche à comprendre la raison de cette fin tragique. Son enquête va le mener jusqu’à Bucarest où il pourra bénéficier de l’aide de Christi, un ancien amant…

Ma critique

« Toxic star » se présente comme un polar relativement noir aux limites du thriller par le nombre de cadavres, mais avec l’énigme bien maintenue jusqu’au tout dernier chapitre. L’auteur, journaliste de télévision bien connu, familier de l’Australie, prend bien soin de maintenir le suspens et par là l’intérêt pour sa sombre histoire. Il ne perd pas le lecteur sur de fausses pistes comme dans un policier classique. Il préfère faire ressentir les ambiances d’un pays qu’il connait semble-t-il fort bien et surtout distiller bribe par bribe toutes les turpitudes d’un milieu frelaté, gangréné par le fric et infiltré par des hommes politiques dignes de mafieux. Les personnages manquent un peu d’épaisseur exception faite du héros totalement atypique, nouveau Rouletabille obèse et homosexuel, mais surtout tenace et obstiné. On saura gré à Hervé Claude, qui dispose d’un style agréable et fluide à souhait, d’avoir eu la finesse et l’élégance de ne pas trop s’appesantir sur les scènes les plus torrides. Dans l’ensemble, une œuvre de divertissement bienvenue pour un voyage en train ou pour une après-midi au bord de la piscine par exemple.

Ma note

3/5

POLICIER

FAMILLE PARFAITE (LISA GARDNER)

Le résumé du livre

Ancien marine, Justin Denbe a fait fructifier la puissante entreprise de BTP dont il a hérité à la mort de son père. Avec sa compagne Libby, ils ont eu Ashlyn, fille âgée aujourd’hui de 15 ans. Leur couple tient la route depuis 18 années et à première vue, à eux trois, ils donnent l’impression d’une famille exemplaire, bien que Justin ait donné quelques coups de canif dans le contrat. Un soir, de retour d’un repas au restaurant devant sceller leur réconciliation, le couple trouve ouverte la porte de sa riche demeure. Un colosse qui les attend à l’intérieur les neutralise à coups de taser pendant que deux complices maîtrisent Ashlyn. La disparition des trois membres de cette famille surprend tout le monde. Mais la détective privée Tessa Leoni est persuadée qu’il s’agit d’un enlèvement et non d’une fuite volontaire. Pourtant, on ne trouve ni effraction, ni vol, ni demande de rançon. Et pas le moindre témoin. L’affaire s’annonce compliquée : vengeance, extorsion de fonds, acte gratuit ?

Ma critique

« Famille parfaite » est un roman présenté comme un thriller alors qu’il ne respecte pas vraiment les critères du genre, à savoir présence d’un serial killer psychopathe, accumulation de cadavres et autres scènes de sadisme ou de tortures. Cousue de fil blanc, toute l’intrigue repose sur une histoire d’infidélité conjugale. Très vite le lecteur devine quelle sera la chute et perd ainsi la majeure partie de l’intérêt pour ce long pavé de 571 pages qui auraient largement pu tenir dans un volume trois fois moindre et même dans une nouvelle resserrée d’une quarantaine de pages. Trop de redites, trop de pages inutiles, en particulier tous les chapitres délayant à plaisir les états d’âme de Libby, la femme trompée partie à la dérive. On a même l’impression que l’auteur tire un tantinet à la ligne. Trop peu de péripéties, trop peu de rebondissements. Des personnages convenus : le patron ripoux, les mâles machos et violents et les femmes, pauvres victimes innocentes. On se demande comment pareil navet a pu figurer comme numéro un sur la liste des best-sellers du « New York times ». Toujours se méfier de la pub, même déguisée.

Ma note

2,5/5

POLICIER

EN CREVANT LE PLAFOND (JAMES HADLEY CHASE)

Le résumé du livre

Harry Griffin, pilote d’avion licencié par sa compagnie pour un comportement déplacé avec une hôtesse de l’air, n’a pas envie de se contenter de petits boulots pour survivre. Il préfère tenter un gros coup et ramasser le magot. Trois millions de dollars de diamants industriels vont transiter entre New-York et San Francisco à bord d’un avion de son ancienne compagnie. Avec quelques comparses, il pense être en mesure de braquer l’équipage et de filer avec le butin après avoir atterri quelque part dans le désert. Mais pour espérer une réussite complète, il a besoin de l’aide de Ben Delaney, un parrain de la mafia capable de fourguer les cailloux mieux que lui. Par chance, Glorie Dane, petite amie de Harry, est également une ex de Delaney. Elle les met en relation, force Harry à se grimer et à changer d’aspect physique pour ne pas être reconnu de ses anciens collègues. Malheureusement, rien ne se passe comme prévu. La présence d’un convoyeur de fonds n’ayant pas du tout l’intention de se laisser faire va complètement changer la donne…

Ma critique

« En crevant le plafond » est un roman noir d’excellente facture du prolifique auteur britannique. L’écriture est classique, de belle qualité et très agréable à lire. Bien que le lecteur se doute dès le début que tout ne peut qu’aller de mal en pis dans cette histoire, il reste accroché du début à la fin, car les péripéties ne manquent jamais jusqu’à une fin assez surprenante. Les personnages sont bien campés, bien pétris d’humanité et tout à fait crédibles. On tremble pour Harry même si le personnage n’est pas particulièrement sympathique. On remarque également l’importance de la psychologie féminine avec les deux héroïnes, aux antipodes l’une de l’autre mais réagissant de semblable manière devant la dérive du héros, tirer au mieux leur épingle du jeu. Finalement, elles sont les plus fortes, car les plus intelligentes voire les plus sournoises. Bien que datant un peu (1956), cet ouvrage permet encore de passer un très bon moment de divertissement.

Ma note

4/5

POLICIERTHRILLER

DES BABOUCHES À ESQUIBIEN (ALEX NICOL)

Le résumé du livre

À Saint Renan, au nord de la Bretagne, un tueur à gages provoque délibérément un accident envoyant au fond d’un étang une voiture avec son malheureux conducteur. Puis il abat d’une balle de révolver entre les deux yeux une vieille dame, chez elle, dans son jardin. Gwenn Rosmadec, ancien grand reporter devenu écrivain public et son épouse Soazic, par le biais d’un texte à fournir sur un étrange bienfaiteur de la commune, se retrouvent mêlés à cette affaire qui les mènera jusqu’en Arabie Saoudite où l’homme en question a longtemps travaillé et fait fortune avant de prendre sa retraite à Esquibien.

Ma critique

« Des babouches à Esquibien » est un roman d’aventures policières tilisant la plupart des codes du thriller. Il s’agit pour les deux héros d’empêcher que se produise un attentat contre un monument emblématique des Cornouailles. L’intrigue est bien menée quoi que le pot aux roses soit assez énorme et moyennement vraisemblable. L’auteur, grand amateur d’une certaine marque de whisky breton à base de blé noir, citée si souvent qu’on se demande s’il n’en est pas sponsorisé, connait parfaitement son sujet. Il décrit son petit coin de Bretagne avec autant de soin que la réalité de Djeddah. Rien que pour le dépaysement, cet ouvrage agréable à lire mérite le détour.

Ma note

4/5

POLICIER

L’ŒUVRE DES PIEUX (VALÉRIE LYS)

Le résumé du livre

Ayant à peine résolu une affaire dans la ville de Quimper, le commissaire Velcro est aussitôt récupéré par Delcourt, son collègue de Rennes alors qu’il espérait enfin rentrer à Paris pour profiter un peu de son canapé et de sa clarinette. Sur le lieu du crime, un appartement inoccupé, Velcro découvre un homme torse nu, agenouillé sur le sol, un rabot à la main, dans la posture d’un ponceur de parquet. Un pieu planté dans sa poitrine le maintient dans cette position particulière. La victime se révèle être l’adjoint du ministre de la Culture. Cet assassinat risque de faire du bruit en haut lieu. Ainsi démarre en terre bretonne une nouvelle enquête qui s’annonce compliquée pour Velcro.

Ma critique

« L’œuvre des pieux » est un roman policier de facture tout à fait classique avec un petit côté thriller très bienvenu dans la mise en scène des crimes. L’intrigue est menée de main de maître. Le lecteur se perd dans diverses pistes très plausibles mais qui toutes ne mènent à rien avant que ne soit révélée en toute fin la clé de l’énigme tout à fait inattendue. Il y a de l’Agatha Christie chez Valérie Lys. On ne lit pas son ouvrage, on le dévore, tant le rythme est soutenu et l’intérêt jamais pris en défaut. L’écriture est limpide, fluide et agréable. Les personnages sont intéressants. Velcro bien sûr, mais aussi Déborah, la stagiaire, hyper efficace et presque surdouée et même Gustave le photographe philatéliste. Ils sont même attachants parce qu’ambigus. Livre à conseiller à tous les amateurs de bons polars qui font bien travailler les petites cellules grises !

Ma note

4,5/5

AVENTURESPOLICIER

RETOUR À SHANGRI-LA (GÉRARD DE VILLIERS)

Le résumé du livre

En exil depuis des années aux Etats-Unis, le vieux général Teng Tao, chef de la rébellion des Méos du Laos cherche à organiser un coup d’état dans son pays. Il s’agit de s’emparer du pouvoir à Vientiane en se débarrassant de la dictature communiste qui y règne depuis l’abandon des Américains à la fin de la guerre du Viet-Nam. Tao espère profiter d’un changement d’attitude de la CIA, laquelle commence par lui faciliter la tâche pour l’approvisionnement en armes de ses combattants. Pour mener à bien sa tentative, il compte également sur la passivité naturelle des Laotiens et surtout sur l’usure d’un régime au bout du rouleau. Malko Linge se retrouve à devoir faciliter la tâche du général en se faisant passer pour un marchand d’armes nommé Max. Mais il sait très bien que la tâche va être tout sauf aisée…

Ma critique

« Retour à Shangri-La » est un roman d’espionnage et d’aventures basé sur un complot mené sous fausse bannière dont les services secrets américains sont friands. Gérard de Villiers, en fin connaisseur de la situation du Sud-Est asiatique, nous entraine dans cette histoire pleine de coups tordus qui donne une bonne idée des capacités américaines en matière de trahison. Cet ouvrage a surtout le mérite d’évoquer le long calvaire des Méos, peuple fier et courageux, harkis de l’Asie, sacrifié deux fois sur l’autel de la « real politik ». Comme à son habitude, Villiers entrelarde son récit de scènes de sexe particulièrement torrides qui apportent un brin de piment mais sont loin d’être d’un intérêt exceptionnel.

Ma note

3/5

POLICIERROMAN

L’AGENDA KOSOVO (GÉRARD DE VILLIERS)

Le résumé du livre

En 2007, au Kosovo, non loin du village de Decani, un monastère abritant quelques moines d’origine serbe est protégé par un détachement de bersaglieri italiens de la KFOR. Une nuit, Adile, une jolie kosovare, monte au monastère rejoindre un certain Beppo Forlani qui finit par lui faire l’amour dans un cabinet de toilettes. Pendant ce temps, un commando albanais, « les loups noirs du Kosovo » profite du relâchement de surveillance de Beppo et de son collègue Vanzetti pour s’introduire discrètement dans le monastère, kidnapper cinq moines, les emmener dans la forêt et les décapiter à la scie circulaire. Cet acte barbare déclenche immédiatement l’intervention magistrale du prince Malko Linge…

Ma critique

« L’agenda Kosovo » est un roman d’action et d’espionnage basé sur des faits réels et particulièrement bien documenté. L’intrigue n’est malheureusement pas très originale. Malko, pour tenter de découvrir qui a commandité le crime, doit remonter toute une filière en passant de témoin en témoin. La seule surprise réside dans le fait que cette affaire fonctionne sous « fausse bannière » et donc que les apparences peuvent être trompeuses. Sinon, le procédé de fabrication repose sur l’éternelle même recette : pas mal de violence entrelardée de scènes de sexe censées pimenter le propos. L’ennui c’est que les descriptions sont quasiment tirées au kilomètre au mot près et que la monotonie ne peut qu’engendrer l’ennui. Chacun sait ce qu’il peut attendre de ce genre de « littérature », autrefois dite « de gare » et ne doit pas s’attendre à autre chose qu’un peu de divertissement facile et sans conséquence.

Ma note

3/5

POLICIER

SAINT FREDO (ALPHONSE BOUDARD)

Le résumé du livre

Alfred Friteau, « Frédo » pour les intimes, est un truand à l’ancienne qui a connu les maisons de correction, les prisons centrales et même le bagne. Au total, environ 25 années derrière les barreaux. Il a partagé quelques-unes de ses galères pénitentiaires avec l’auteur. C’est la raison pour laquelle il reprend contact avec lui bien des années plus tard. Alphonse est un auteur connu. Il fréquente même le milieu du cinéma. Frédo lui, s’est trouvé un petit boulot d’éducateur à Rouen. Il se consacre à la réhabilitation de jeunes voyous. Un curé s’intéresse à lui. Il va même jusqu’à lui confier la direction d’un centre de réinsertion en région parisienne. Quelques personnages haut placés s’extasient sur une aussi extraordinaire reconversion. En réalité, Frédo n’en a pas complètement terminé avec tous ses vieux démons…

Ma critique

« Saint Frédo » se présente plus comme un roman social que comme un roman noir ou policier. Il se situe plutôt aux limites des trois genres. Le personnage haut en couleur de ce gangster d’un autre temps, celui des « vrais hommes » avec leur code d’honneur que Boudard relativise d’ailleurs, mérite à lui seul d’occuper toute l’intrigue. Tour à tour braqueur, perceur de coffre-forts, fourgue et proxénète, il profite de son retour à la liberté pour mettre les bouchées doubles autant sur la boisson que sur la nourriture ou les femmes. Un vrai jouisseur libidineux, ce faux « saint » ! Un régal que cet ouvrage autant pour le regard malicieux et plein d’humour que pour le style inimitable, truffé d’argot, d’images cocasses, de trouvailles lexicales d’un auteur comme on en fait plus.

Ma note

4,5/5

POLICIER

COMPTE À REBOURS (AUDREY ERSKINE LINDOP)

Le résumé du livre

Dans une petite ville de Grande-Bretagne, la jeune Wynne Kinch a été recueillie par sa tante Lucy Meakham laquelle vit avec Tom, le grand-papa, son fils George et les deux jumeaux Hélène et Len. Pour impressionner son amie Corinne, elle s’invente des aventures sentimentales à défaut de les vivre et finit par tomber dans la mythomanie. Et voilà que dans le quartier sévit un tueur en série qui s’en prend à de très jeunes filles que l’on retrouve étranglées à main nue dans les squares. Wynne commence à soupçonner George pour lequel elle a un véritable faible. Elle trouve intelligent d’essayer d’éloigner de lui les soupçons en faisant disparaître des indices et en s’embrouillant dans une longue chaîne de mensonges qui ne font que compliquer les choses et attirer sur elle l’attention de la police…

Ma critique

« Compte à rebours » aurait pu être un thriller haletant si l’auteure s’était focalisée sur le criminel. Mais ce n’est qu’un roman à suspens assez bien ficelé, assez psychologique, dans lequel seul le point de vue de la jeune héroïne importe. Comme dans toute intrigue policière classique, le lecteur, auquel on ne fournit les indices qu’au compte-gouttes, se perd en conjectures et s’égare sur de fausses pistes avant de se voir révéler la clé de l’énigme en toute fin d’ouvrage. Mme Lindop respecte complètement ce procédé et va même jusqu’à ne quasiment rien dire du véritable coupable. Bien écrit et agréable à lire, ce livre, qui obtint le Grand Prix de la littérature policière en 1967, a quand même un peu vieilli même s’il peut encore intéresser certains amateurs du genre.

Ma note

3/5

POLICIER

LES DISPARUES DE LA SAINT-JEAN (LAURENT CABROL)

Le résumé du livre

Au début des années soixante, à quelques années de distance, trois jeunes filles, Isabelle, Clémence et Adeline, disparaissent d’un petit village du Tarn au cours de la nuit de la Saint-Jean. Les gendarmes concluent à des fugues sans conséquence. Mais, Justin Gilles, journaliste localier, est certain que les trois filles ont été assassinées par un tueur en série qui sévirait sur le Causse. Ses articles obligent à relancer l’enquête. Les soupçons se portent alors sur un jeune berger, Christophe Solal, qui est rapidement incarcéré par un juge d’instruction. Est-il le véritable coupable ?

Ma critique

« Les disparues de la Saint-Jean » est un roman policier en milieu rural sans véritable enquêteur à la Maigret, Holmès ou Poirot mais sous la houlette d’un commandant de gendarmerie psychorigide et d’un juge d’instruction frustré. Avec pareils bras cassés, l’erreur judiciaire n’est pas très loin. Parfaitement écrit, ce roman se lit quasiment d’une traite tant l’ambiance campagnarde est bien rendue et le suspens magistralement maintenu. Laurent Cabrol, journaliste météo bien connu, se révèle également romancier de terroir de haut niveau. Ses personnages, excellemment décrits sont tous pétris d’humanité et cette histoire à la chute aussi réussie qu’inattendue est d’une noirceur et d’une réalité qui donne à réfléchir. Quand la justice s’emmêle les pinceaux, les dommages collatéraux s’accumulent.

Ma note

4,5/5

HUMOURPOLICIER

L’HOMME AU STYLO (MARCEL IDIERS)

Le résumé du livre

Le commissaire Poupart est appelé dans un théâtre parisien suite à l’assassinat de la comédienne Mona Stella. En réalité, celle-ci n’était qu’évanouie. Un individu lui a fait livrer une corbeille de roses, a soudoyé son habilleuse et s’est présenté sous le nom de Maxime Fontani, imprésario voulant lui proposer un contrat mirifique. Il en a profité pour lui injecter un somnifère et lui dérober ses bijoux. Les méthodes employées amènent Poupart à penser qu’il a affaire à l’insaisissable « homme au stylo ». Peu après, un jeune journaliste et un détective privé nommé Furet se lancent à leur tour sur la piste du voleur…

Ma critique

« L’homme au stylo » se présente comme un roman populaire et feuilletonesque dans l’esprit du célébrissime Arsène Lupin. En effet, le héros vole aux riches pour donner aux pauvres, ridiculise ses poursuivants et, tel un véritable Frégoli, change en permanence d’aspect et de déguisement, se rendant ainsi quasiment impossible à capturer. La trentaine, joli garçon, grand, mince et élégant, il habite un appartement trois pièces dans une rue calme d’un quartier chic du vieux Passy. Insaisissable et mystérieux, ce voleur gentleman, ne tue jamais et choisit ses victimes parmi les individus qui ont acquis leur richesse de façon peu recommandable. Adepte du déguisement, mais uniquement lorsqu’il n’est pas sur un coup, il a l’habitude d’opérer avec un stylo dissimulant une seringue Pravas qui lui permet d’injecter un liquide opiacé capable de provoquer un sommeil immédiat chez la personne qu’il a choisie de neutraliser. Datant de 1945, ce roman, bien écrit et qui n’a pas pris une ride, reste un agréable divertissement sans autre prétention.

Ma note

4/5

POLICIERTHRILLER

SABLES MOUVANTS À BENODET (SERGE LE GALL)

Le résumé du livre

À Sainte Marine, non loin de Bénodet, une jeune femme est violée puis mutilée sauvagement avant d’être achevée à l’aide d’un pied de parasol planté sous le sternum. Stéphanie Rannou et Lorraine Boucher, future magistrate, qui se promènent dans le coin, assistent à la fin de ce supplice barbare. Stéphanie tente d’intervenir, mais le tueur parvient à s’échapper grâce à un petit canot caché non loin de là. Un peu plus tard, elles s’invitent dans l’enquête menée par le commissaire Landowski qui les connait pour les avoir déjà rencontrées lors d’une précédente affaire…

Ma critique

« Sables mouvants à Bénodet » est un thriller à la française assez bien mené avec son habituelle kyrielle de cadavres, son serial killer psychopathe torturé et ses scènes gore répugnantes à souhait. Le style est agréable et efficace. Tous les ingrédients du genre sont réunis pour une narration plutôt distrayante. Le lecteur ne pourra faire qu’un seul et unique reproche : un certain manque de vraisemblance. Les évènements s’enchainent trop bien, les coïncidences sont trop parfaites. Dans la vraie vie des vrais gens, jamais rien ne se goupille comme ça. Ceci dit, le cadre est bien décrit, les personnages sont intéressants bien qu’un peu stéréotypés et l’intrigue permet un bon moment de divertissement, rien de plus. Les amateurs du genre apprécieront.

Ma note

3/5

BIOGRAPHIESPOLICIER

SHARKO, HENEBELLE, COUPLE DE FLICS (FRANCK THILLIEZ)

Le résumé du livre

Franck Sharko est un flic qui a beaucoup souffert. Il a perdu sa femme Suzanne et sa fille Eloïse dans un accident de voiture. Pour ne rien arranger, il souffre d’une forme particulière de schizophrénie paranoïde. Son grand plaisir, c’est de voir rouler sur ses rails sa locomotive Poupette. Lucie Henebelle, mère célibataire de deux adorables jumelles Clara et Juliette, vient d’un milieu modeste. Elle est tout autant cabossée par la vie que son collègue et ami Sharko. Son compagnon l’a quittée à l’arrivée des jumelles et un psychopathe, Grégory Carnot, les a enlevées sur la plage des Sables d’Olonne alors qu’elles étaient parties s’acheter des glaces. Comme on n’a retrouvé que le corps calciné de Clara, Lucie s’imagine que Juliette est toujours vivante.

Ma critique

« Sharko, Henebelle, couple de flics », présenté comme une petite anthologie biographique, est composé d’une série d’extraits des principaux romans de Franck Thilliez (« Syndrome E », « Gataca », « Atomka » et autres…). Mis bout à bout, ceux-ci permettent de retracer la vie des deux héros récurrents de l’auteur, suivre leurs deux parcours, leur descente aux enfers et finalement leur reconstruction. Cela n’apprendra pas grand-chose aux lecteurs les plus attentifs et les plus fidèles mais permettra aux autres de bien se remémorer le « background » de ces deux flics si humains et si touchants. Intéressant et gratuit, pourquoi s’en priver ?

Ma note

4/5

POLICIER

SAS, LE DOSSIER K (GÉRARD DE VILLIERS)

Le résumé du livre

Plus de huit années après la fin de la guerre en Bosnie, Radovan Karadzic, président de l’éphémère République Serbe de Bosnie et criminel de guerre recherché par le tribunal international de La Haye, est toujours en cavale. Seul Sulejman Brancevo, un agent des services secrets bosniaques cherche encore à le capturer alors que toutes les tentatives précédentes ont échoué. Lui, comme tant d’autres, échouera dans des conditions dramatiques. Finalement, sur ordre direct du président américain, ce sera au prince Malko Linge, le célèbre SAS, de reprendre cette traque impossible dans un pays toujours hanté par ses vieux démons.

Ma critique

« Le dossier K » est le 165ème tome des aventures de l’espion aristocratique doublé d’un authentique playboy. L’intrigue laisse un peu à désirer, émaillée qu’elle est d’une longue suite d’échecs un peu lassants dans cette chasse à l’homme interminable. En superhéros récurrent, Malko échappe à toutes les embûches et à tous les pièges placés sur son chemin par les méchants nationalistes serbes et trouve quand même le temps d’une belle série de rapports sexuels minutieusement décrits. Ce côté racoleur mis de côté, le principal intérêt de cet ouvrage de grande consommation reste une documentation impeccable autant sur les faits historiques que sur le contexte géo-politique. La fin romanesque et les diverses péripéties amoureuses restent du domaine du simple divertissement.

Ma note

3/5

POLICIER

DES MORTS QUI DÉRANGENT (P.I. TAÏBO II – SOUS COMMANDANT MARCOS)

des-morts

Le résumé du livre

Un certain Alvarado, récemment assassiné, téléphone d’outre-tombe pour accuser une sombre crapule d’extrême-droite, Morales, de crimes, trahisons et de nombre d’exactions tant à Mexico qu’au Chiapas. Le sous- commandant Marcos nomme un indien, Elias Contrarios pour mener l’enquête et retrouver Morales. Il sera aidé dans sa tâche par Hector Belascoaran, détective borgne qui « voit seulement la moitié de ce que voient les autres mais de manière plus nette » et héros récurrent des romans de P.I.Taïbo II, ainsi que d’un groupuscule zapatiste appelé « Personne ».

Ma critique

Improbable roman policier ne s’encombrant pas trop de vraisemblance, ce livre écrit à quatre mains avec le célèbre sous-commandant Marcos, personnage emblématique de la contestation indienne, devrait rencontrer le succès de curiosité escompté par l’éditeur. Il est bien évident que l’intérêt d’un tel bouquin n’est ni dans son intrigue peu élaborée, ni dans le style de ses auteurs (langage parlé pour Taïbo et rapport type comité central pour Marcos) mais dans la description apocalyptique d’une société mexicaine en proie à mille maux: corruption, prévarication, assassinats, trahisons, tueries et saccages en tout genre. Si l’on croit ce qu’on nous raconte, c’est pire que tout ce qu’on peut s’imaginer vu d’ici. Bien entendu, ce genre de texte relève plus de la propagande que de la littérature avec son côté manichéen (les gouvernements sont tous pourris, les zapatistes tous charmants) un tantinet agaçant à la longue.

Ma note

2,5/5

POLICIER

DEBOUT LES MORTS (FRED VARGAS)

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Le résumé du livre

Un matin, une ancienne cantatrice célèbre découvre dans son jardin un arbre qu’elle ne connaît pas. Elle s’inquiète, elle en perd le sommeil alors que son mari ne s’y intéresse pas le moins du monde. Elle finit par demander de l’aide à trois étudiants en Histoire qui habitent la maison voisine. Elle leur demande de creuser sous l’arbre, au cas où… Bien sûr, ils ne trouvent rien. Un peu plus tard, la cantatrice disparaît et on croit retrouver sa dépouille calcinée…

Ma critique

Ainsi débute une enquête policière menée par trois étudiants et un vieux commissaire ripoux et déchu, Vandoosler, sorte d’Adamsberg un peu plus âgé. Cette fois, Fred Vargas a vraiment travaillé son histoire. Les rebondissements et les fausses pistes ne manquent pas. Il faut vraiment aller jusqu’au bout pour découvrir le pot aux roses. Un roman policier de facture ultra classique, digne des grands spécialistes du genre. Seul léger reproche : le style est un peu verbeux, on se perd dans des détails inutiles, mais on passe néanmoins un bon moment… Pour les amateurs du genre…

Ma note

4/5

POLICIER

ANTITHESE (JEAN-BAPTISTE FERRERO)

antithese

Le résumé du livre

À l’université Paris XV, Thomas Fiera, enquêteur privé un peu désabusé, se présente au département linguistique en compagnie d’une certaine Héloïse, étudiante rencontrée en chemin. Il a rendez-vous avec Paul Dubreuil, le responsable de la recherche, qui s’inquiète d’un trafic de vrai faux diplômes. Les faussaires auraient bénéficié de diverses complicités à l’intérieur même de la faculté. Fiera, Héloïse et ses autres compères vont vite s’apercevoir que cette affaire débouche sur des rivages beaucoup plus crapuleux qu’ils ne l’imaginaient au début…

Ma critique

« Antithèse » est un roman noir et d’atmosphère policière qui se dévore quasiment sans possibilité de le lâcher. L’intrigue est assez mince et les développements plutôt faciles pour ne pas dire téléguidés. Fiera et ses amis, lancés sur les traces d’un réseau d’infâmes trafiquants de chair humaine en provenance des pays de l’Est, ne font pas dans la dentelle. Ils y vont franco au décarpillage et au sulfatage dans un registre très « Tontons Flingueurs » ! En fait, tout le plaisir du lecteur vient de la truculence de l’auteur qui a un style très personnel et tout à fait dans la ligne des plus grands de ce genre particulier de polar. Il y a chez lui du Frédéric Dard pour la gauloiserie, de l’Audiard pour le recours à l’argot et aux expressions imagées et de l’Alphonse Boudard pour le ton décalé et teinté d’humour noir. Sans parler de sa galerie de personnages, hauts en couleurs, caricaturaux jusqu’à l’improbable et marginaux bien déjantés. Un vrai régal à conseiller à ceux qui cherchent un roman de divertissement de bon aloi qui ne prend pas la tête.

Ma note

4,5/5

ESSAISHISTORIQUEPOLICIER

UNE SI JOLIE PETITE FILLE (GITTA SERENY)

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Le résumé du livre

En 1968, à quelque temps d’intervalle, deux petits garçons de 3 et 4 ans sont retrouvés étranglés à Newcastle on Tyne, en Grande-Bretagne. Très vite, les soupçons de la police se portent sur deux gamines de 13 et 11 ans, Norma et Mary Bell. Cette dernière sera seule condamnée à la perpétuité, placée dans un premier temps dans un centre d’éducation fermé, puis dans une prison pour femme dès ses 14 ans. Elle n’en sortira qu’en 1980, c’est-à-dire 12 années plus tard à l’âge de 23 ans. L’affaire ayant révulsé l’opinion publique, elle devra se cacher et bénéficier d’une nouvelle identité pour tenter de se bâtir une nouvelle vie. Trente années plus tard, l’auteure, ayant déjà écrit un premier livre sur celle-ci, retrouve Mary Bell, maintenant mariée et mère d’une petite fille.

Ma critique

Ce livre n’est en aucun cas un roman. C’est plutôt un long reportage, une longue et très fouillée enquête journalistique donnant à connaître dans ses plus infimes détails le parcours d’une enfant du peuple devenue meurtrière. En découvrant son enfance en compagnie d’une mère prostituée la livrant à des pédophiles et un père peu présent et n’étant d’ailleurs pas le sien, le lecteur comprendra les raisons profondes de ces gestes monstrueux. L’auteure ne les excuse évidemment pas. Elle préfère chercher des explications et surtout ne se cache pas pour condamner une société qui fait passer une enfant devant un tribunal pour adultes, ne lui propose aucun soin psy et ne lui laisse faire que fort peu d’études. D’une lecture un peu laborieuse et ne permettant pas d’entendre la voix des victimes, « Une si jolie petite fille » pose plus de questions qu’il n’en résout et laisse un goût amer une fois la dernière page atteinte.

Ma note

2,5/5

POLICIER

TANGO PARANO (HERVE LE CORRE)

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Le résumé du livre

À Bordeaux, Elise Dulac, une jeune secrétaire médicale, est assassinée. Les capitaines Schmidt et Cousin, responsables de services secrets font appel à Henri Vallès, un ancien flic rayé des cadres suite à une longue maladie mentale. Ils lui proposent d’infiltrer une secte particulièrement pernicieuse. Vallès accepte en ne se faisant pas d’illusions sur la dangerosité de l’affaire. Il commence son enquête chez son propre psy qui aurait été un des plus farouches adversaires de la secte et croise la route d’une certaine Edmonde, beauté fatale dont il tombe immédiatement amoureux. Les cadavres vont s’accumuler, les coups tordus et les manipulations également…

Ma critique

« Tango Parano » est un polar plutôt atypique. Ce n’est ni un thriller à l’américaine, ni un roman policier à suspects multiples, ni un roman noir, mais quelque chose de parodique, de très français et d’assez proche de l’esprit des Frédéric Dard, des Alphonse Boudard et autres Michel Audiard. L’intrigue qui est plutôt secondaire, moyennement construite et avec une fin improbable, importe moins que le style à la fois descriptif, décalé et un tantinet humoristique. Le Magazine Littéraire parle d’une « écriture minutieuse et flamboyante », ce qui est bien vu. Le revers de la médaille est une certaine lenteur narrative et une bizarre fixation sur la nourriture et sur le sexe. Ces petits bémols précisés, cet ouvrage reste agréable et mérite l’attention des amateurs ne serait-ce que pour la très belle plume de Le Corre.

Ma note

3/5

POLICIERROMANCE

LE TOUTAMOI (ANDREA CAMILLERI)

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Le résumé du livre

Arianna est une très belle jeune femme qui a eu une enfance et une adolescence difficile. Elle est mariée en secondes noces avec Guilio, un riche industriel italien impuissant. Le couple a trouvé un subterfuge simple pour pallier cette difficulté sexuelle. Guilio choisit de jeunes hommes pour sa femme et assiste à leurs ébats. En général, Arianna ne couche qu’une fois ou deux avec chaque amant et en change une fois par semaine environ. Mais un jour, elle rencontre Mario, un jeune étudiant aussi efflanqué que fougueux, qui tombe amoureux d’elle et ne veut plus la quitter…

Ma critique

« Le toutamoi », présenté comme un roman noir, relève plutôt du registre sentimental ou érotique. En effet, l’intrigue, très peu policière, repose sur la description des rencontres et rapports physiques entre Arianna et ses jeunes amants d’un jour. Le personnage principal est intéressant, ne serait-ce que par son psychisme très particulier, ce besoin de tout maîtriser, ce désir de jardin secret, ce « touamoi », endroit étrange, gardé par un crâne de vache doté de pouvoirs maléfiques, dans lequel elle se réfugie pour jouer à la poupée. Le style de Camilleri est fluide et sa prose agréable à lire. Ce court roman atypique et un peu borderline peut donc se dévorer très rapidement, ce qui semble être sa plus grande qualité.

Ma note

2,5/5

HISTORIQUEPOLICIER

LA VILLE DES MORTS (SARA GRAN)

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Le résumé du livre

Dans la ville de la Nouvelle Orléans, sinistrée par l’ouragan Katrina, la détective privée Claire DeWitt se lance dans la recherche d’une personne disparue au lendemain de l’inondation, Vic Willing, célèbre procureur, à la demande de son neveu, Léon. L’enquête s’annonce longue et difficile et l’enquêtrice aussi fantasque qu’hors norme. Elle s’efforce de suivre les préceptes d’un certain Silette, privé français auteur d’un livre assez abscons sur le sujet, intitulé « Détection ». Elle n’hésite pas à chercher son inspiration dans le Yi-Jing et vit dans le regret de l’amitié perdue de ses deux complices de jeunesse Tracy et Kelly…

Ma critique

« La ville des morts » est plus un roman d’ambiance qu’un roman policier classique. Sara Gran fait merveille pour projeter le lecteur dans le monde dévasté de la ville submergée, nous fait rencontrer toutes sortes de personnages plus ou moins marginaux plus qu’elle ne nous mène de piste en piste, d’indice en indice ou de coupable potentiel en coupable potentiel. On l’aura compris Sara Gran n’a rien à pas grand-chose en commun avec Agatha Christie tout comme Claire DeWitt est à l’exact opposé du célèbrissime Sherlock Holmès. Avec cette sympathique paumée largement déjantée, foin de logique ou de cartésianisme, bonjour l’intuition, les baguettes chinoises et les rêves prémonitoires. Le lecteur est tellement bluffé par ses méthodes improbables qu’il ne s’étonnerait même pas qu’elle trouve l’inspiration dans le marc de café, les tarots ou les tables tournantes. Si on y ajoute le style fluide, agréable, vivant et le regard plein d’humanité de l’auteure, on obtient forcément un agréable moment de lecture finalement assez peu policière au sens propre du terme, mais qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse !

Ma note

3,5/5

POLICIER

LA MADONE DE NOTRE DAME (ALEXIS RAGOUGNEAU)

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Le résumé du livre

Le lendemain du 15 août, une jeune femme est retrouvée morte, étranglée, dans une chapelle de la cathédrale Notre-Dame à Paris. La veille, lors de la procession en l’honneur de la Vierge, elle s’était fait remarquer par une tenue provocante, tout de blanc vêtue, robe ultra-courte et hauts talons. Un jeune intégriste blond l’avait éjectée du cortège manu militari. Il n’en avait pas fallu plus pour l’inculper de meurtre. Mais comme il n’avoue pas et finit même par se suicider, le père Kern décide de reprendre l’enquête là où la police et la justice l’ont laissée, c’est-à-dire quelque part dans la poubelle des affaires classées.

Ma critique

« La madone de Notre-Dame » est un honnête roman policier de facture classique qui met en scène toute une galerie de personnages bien pétris d’humanité comme le père Kern, enquêteur ecclésiastique aussi souffreteux que maladroit, une magistrate stagiaire plutôt rigide, deux flics pas piqués des hannetons, un taulard étudiant le droit, une dame-pipi, un clochard polonais et quelques autres. L’intrigue est bien menée. Le récit est entrelardé de séquences se passant pendant la guerre d’Algérie dont le lecteur se demande au début ce qu’elles viennent faire. Ce n’est qu’à la fin, à l’énoncé du nom du sous-lieutenant, que tout s’éclaire. Le style de l’auteur est fluide et agréable. Ce livre, qui se dévore plus qu’il ne se lit, procure un très agréable moment de détente.

Ma note

4/5

POLICIERTHRILLER

LE MOINEAU ROUGE (JASON MATTHEWS)

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Le résumé du livre

De nos jours, à Moscou, Nate Nash, jeune agent de la CIA, se laisse surprendre par le contre-espionnage lors d’un contact avec MARBRE, général respecté et importante taupe agissant à l’intérieur des services secrets russes. Nate parvient néanmoins à regagner son ambassade sans que la taupe ne soit démasquée. Etant grillé, il doit quitter Moscou, être exfiltré vers la Finlande et rejoindre l’antenne de la CIA à Helsinki. Pendant ce temps, Dominika, ancienne danseuse, après une formation très particulière à l’école des « Moineaux », ces espionnes russes spécialisées dans les rapports sexuels avec des étrangers pour leur soutirer des renseignements, séduit un diplomate français et se laisse surprendre en pleins ébats. Scandale parfaitement mis au point et début d’une double manipulation particulièrement vicieuse.

Ma critique

Bien que racontant une histoire d’espionnage se déroulant sous le règne du nouveau tsar Poutine, « Le moineau rouge » est un ouvrage qui semble avoir été écrit dans les années soixante-dix, en pleine guerre froide, tant les méthodes des services secrets russes ressemblent trait pour trait à celles du KGB de la grande époque. Cet ouvrage donne l’impression d’être un vieux roman de John Le Carré surtout par le côté technique très bien documenté, ce qui n’a rien d’étrange, l’auteur ayant passé plusieurs décennies dans l’agence de renseignement américaine. Cette double affaire de taupes au plus haut niveau démarre assez bien mais l’intérêt retombe très vite, car le rythme narratif est beaucoup trop lent. Trop de détails, trop de descriptions de lieux ou de repas. Chaque chapitre est même terminé par une recette plus ou moins succulente. Au total, une bonne quarantaine, de quoi remplir un livre de cuisine. À noter également de nombreuses phrases en russe (phonétique) pas toujours traduites, ce qui ne facilite pas la compréhension si on ne comprend pas cette langue. Au total, un livre intéressant par son contexte, mais un peu ennuyeux par sa forme en dépit d’une légère accélération des évènements vers la fin.

Ma note

3/5

POLICIERSCIENCE-FICTION

BABYLON BABIES (MAURICE G. DANTEC)

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Le résumé du livre

Toorop, soldat de fortune et ex-mercenaire en Bosnie et au Kazakhstan, est chargé de convoyer d’Asie Centrale jusqu’au Canada Marie Zorn, une jeune schizophrène semi-amnésique porteuse d’une arme biologique révolutionnaire pour le compte d’un officier corrompu des services secrets russes qui lui-même travaille pour la mafia sibérienne. Réussira-t-il sa mission au milieu de sectes post-millénaristes, de scientifiques apprentis sorciers et de gangs de bikers déjantés qui se livrent à des guerres sans merci à coup de lance-roquettes ?

Ma critique

Le livre culte de Maurice G. Dantec nous entraîne dans une sorte de maelström d’anticipation où tous les grands thèmes sont abordés sur des bases plus ou moins scientifiques : le clonage, l’immortalité, l’intelligence artificielle, l’influence des drogues hallucinogènes, le phénomène sectaire, la transmission de pensée et la télépathie par le biais de machines devenues intelligentes. On l’aura compris, ce livre relève de la pure science-fiction. On se demande d’ailleurs pourquoi il est référencé comme « policier » par Gallimard… Malgré un aspect général brouillon et foisonnant, des personnages venus de nulle part qui apparaissent puis disparaissent et des évènements qui se produisent sans crier gare, l’auteur arrive à ménager un véritable suspens et à maintenir en alerte l’attention du lecteur qui ne peut lâcher le livre avant l’apothéose finale. À ne pas manquer.

Ma note

4/5

POLICIER

LES LOUPS BLESSES (CHRISTOPHE MOLMY)

 

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Le résumé du livre

Un braquage de fourgon blindé en région parisienne par une équipe composée de deux voyous de banlieue, Imed et Nordine Belkiche, et d’un Corse prénommé Doumé, tourne au drame. Attaqués à l’arme lourde, deux convoyeurs de fonds sont abattus froidement et tout cela pour un butin des plus modestes. Quand il apprend la nouvelle, Matteo Astolfi, voit rouge. Il en a assez des sottises de son jeune frère Doumé et voudrait bien lui-même finir en beauté. Renan Pessac, commissaire blanchi sous le harnais et relativement désabusé se retrouve chargé d’une affaire qui va tourner au bras de fer entre Matteo et lui, au combat à mort entre deux loups blessés.

Ma critique

« Les loups blessés » est plus un roman noir qu’un roman policier à énigme et suspects multiples, style « whodunit » (cf Agatha Christie et consoeurs). Ancien patron de la BRI, Molmy sait de quoi il parle et ce qu’il raconte sent le vécu. Il permet au lecteur d’assister à tout, aussi bien côté flics que côté voyous, ce qui est relativement intéressant, car on ne vit pas la même chose selon le camp où l’on se trouve. Quoique. Les caractères sont aussi bien trempés que bien décrits. L’intrigue est bien menée, intéressante, crédible. Seul bémol : dans un désir louable de précision technique, l’auteur décrit tout par le menu, jusqu’aux plus infimes détails d’une filature ou d’une planque, ce qui ralentit un peu trop à mon goût le rythme de la narration. Il n’en demeure pas moins que ce livre permet de passer un bon moment de lecture et pourrait certainement donner lieu à une belle adaptation cinématographique.

Ma note

3,5/5

POLICIERTHRILLER

UNE VRAIE FAMILLE (VALENTIN MUSSO)

 

Une vraie famille, Valentin Musso

 

Le résumé du livre

 » Il s’appelle Ludovic, c’est du moins le prénom qu’il a donné. Un jeune homme simple et sans histoires. En apparence. Les Vasseur, un couple de Parisiens retirés dans leur résidence secondaire en Bretagne à la suite d’un drame personnel, l’engagent pour quelques travaux de jardinage. Le mystérieux garçon sait rapidement se rendre indispensable et s’installe dans leur vie. Quand les Vasseur commencent à se poser des questions et à regretter de lui avoir ouvert leur porte, il est déjà trop tard. Mais ce qu’ils ignorent, c’est que leur cauchemar n’a pas encore commencé. Car la véritable menace qui pèse sur leur maison n’est pas du tout celle qu’ils croyaient. « 

Ma critique

Non loin de Ploermel, en Bretagne, la voiture de François Vasseur, professeur à l’université en longue maladie est victime d’une crevaison. Alors que le conducteur peine à changer de roue sous une pluie battante, Ludovic, jeune chômeur venu du Nord, vient à son aide. Quelques jours plus tard, François et Mathilde, son épouse, le retrouvent et lui proposent quelques travaux de jardin dans leur maison isolée. Le jeune homme travaille si bien que le couple lui confie toutes sortes de travaux de rénovation et finit même par l’héberger en permanence. Mais qui est vraiment Ludovic ? Et quel drame secret cache ce couple de Parisiens venus se réfugier au fin fond de la lande bretonne ?

« Une vraie famille » se situe aux confins du thriller à la française et du roman noir. À l’exception d’une première scène particulièrement violente et dont on ne comprend l’importance que beaucoup plus loin dans la narration, tout démarre très en douceur, de façon agréable et policée et ne bascule dans le drame qu’à mi-course. L’une des grandes forces de ce roman réside dans l’effet de surprise assez époustouflant de ce premier rebondissement puis dans l’enchainement épouvantable qui s’ensuit. La seconde tient à la grande qualité des descriptions psychologiques des personnages, tous attachants avec leurs fêlures ou leurs blessures diverses et variées. Et la dernière, mais pas la moindre, se trouve dans la belle plume de Valentin Musso, à la fois élégante, sobre, précise et détaillée.

Ma note

4/5

Un ouvrage particulièrement réussi que l’on ne peut que conseiller à toutes celles et à tous ceux qui cherchent un polar original et de grande qualité qui aborde avec maestria les conséquences funestes des traumatismes post-attentats.

POLICIERTHRILLER

HYENAE (GILLES VINCENT)

 

 

Le résumé du livre

 » Dans les quartiers, les campagnes, aux abords des écoles, des fêtes foraines, des prédateurs rôdent, chassent et emportent nos enfants. Quatre ans que Camille a disparu. À la sortie de l’école, elle est montée dans une camionnette blanche, et depuis, plus rien. Quatre ans sans nouvelles, sans demande de rançon, sans la moindre piste. Et brusquement, une vidéo surgie de nulle part. Depuis quatre ans, Sébastien Touraine, détective privé, s’est coupé du monde. Depuis que cette gamine a été enlevée à Marseille. Depuis qu’il sait qu’elle n’est pas la seule… Pour aider la commissaire Aïcha Sadia, sa compagne, il va devoir replonger dans une enquête aux confins du supportable. Et pour débusquer le chasseur dont il est devenu la proie, plus d’autre choix que de jouer sa vie et celle des autres… « 

Ma critique

Dans les quartiers nord de Marseille, la commissaire Aïcha Sadia procède à une arrestation délicate, pendant laquelle ressurgit une cassette video pédopornographique surgie de nulle part. Aïcha se lance alors sur la piste d’un réseau qui pratiquerait des enlèvements d’enfants suivis de sévices et tortures de toutes sortes pour alimenter les fantasmes malsains de déséquilibrés et obsédés sexuels. Ainsi, quatre années plus tôt, la jeune Camille est montée dans une fourgonnette blanche et n’a jamais été retrouvée. Aidée de son compagnon, Sébastien Touraine, lui-même détective privé, Aïcha parviendra-t-elle à démanteler cette malfaisante filière ?

« Hyenae » est un thriller et un roman noir particulièrement réussi et magnifiquement écrit. Impossible de lâcher ce page-turner digne des plus grands (King, Thilliez, Chattam, Coben et autres). Le lecteur est scotché, glacé, épouvanté devant tant d’horreurs et de monstruosité. Il ne peut que se demander comment l’être humain peut se comporter aussi mal. Il n’est parfois pas très loin d’avoir le cœur au bord des lèvres. Les amateurs de sensations fortes ne manqueront pas semblable expérience. Quant aux âmes sensibles, elles pourront se dispenser. Il n’en demeure pas moins que Gilles Vincent rejoint grâce à ce livre le panthéon des grands maîtres de ce genre particulier de littérature.

Ma note

4,5/5