ROMAN

K.O. (HECTOR MATHIS)

Le résumé du livre

Quelque part à Paris, Sitam, ancien barman, traine sa déprime et son ennui en compagnie de sa bonne amie Capu et de ses compagnons de galère Benji et Archibald. Apprenti écrivain, il peine à essayer de terminer son premier roman jusqu’au jour où Benji se fait surprendre par sa patronne alors qu’il tente de voler la caisse du bar où il travaille. Elle lui tire une balle dans le buffet. Témoins de la scène, Sitam et Capu s’enfuient en laissant leur copain pour mort puis disparaissent discrètement en Hollande pour se faire oublier. Sitam trouve du travail dans une imprimerie où il rencontre un autre Français, Lariol, grand spécialiste de charades, contrepèteries et autres jeux de mots. Il semblerait que cet original ait ses entrées chez un éditeur susceptible de s’intéresser au bouquin de Sitam. Mais la santé de ce dernier se dégrade très rapidement…

Ma critique

« K.O. » n’est ni un thriller, ni un roman policier, ni un roman noir (ou alors gris tout au plus). C’est plutôt une sorte de long monologue, une auto-analyse un tantinet thérapeutique et complaisante. L’auteur, Mathis, semble s’être beaucoup impliqué dans son avatar, Sitam (Mathis en verlan). Il s’épanche longuement sur son triste sort, pleurniche sur sa vie d’écrivain maudit et geint sur ses ennuis de santé. Les personnages secondaires manquent nettement de consistance. Ils sont insuffisamment décrits. On peine un peu à se les représenter. L’intrigue aurait pu être nettement plus travaillée. En dehors de la fusillade dans le bar, il ne se passe pas grand-chose. Le lecteur a même parfois une impression d’artificialité voire d’irréalité. Des attentats se produisent un peu partout en France et en Europe, mais on se sait pas qui fait quoi, comment ça se passe, au nom de quelle idéologie ces évènements inquiétants se produisent ou par quelles voies on va en arriver à la guerre civile. Seule information : les rues sont pleines de policiers et de militaires qui pratiquent des contrôles d’identité incessants. Est-ce dans cette forme d’indifférence, voire d’autisme que le lecteur doit trouver le côté poétique et musical vanté en quatrième de couverture ? Un premier roman qui ne vaut que par un style très célinien, tout en éructations, invectives et lamentations…

Ma note

3/5

ESSAIS

SAVEURS D’ORTIE (ANNIE-JEANNE & BERNARD BERTRAND)

Le résumé du livre

Considéré de nos jours comme une mauvaise herbe ou comme une plante détestable car urticante, elle figura longtemps au menu de nos ancêtres avant que les nouveaux légumes venus du nouveau monde et d’ailleurs ne la chasse définitivement de leurs assiettes. Et pourtant, l’ortie oubliée, méprisée et redevenue sauvage ne manque pas de charme : elle est une source de fer exceptionnelle, elle regorge de minéraux et d’oligo-éléments. Prise régulièrement crue ou en infusion, elle peut aider à soigner les anémies chroniques et toutes sortes d’autres affections. Nous aurions tout intérêt à lui redonner la place qu’elle mérite.

Ma critique

« Saveurs d’ortie » est un charmant petit ouvrage consacré à une plante méconnue et pourtant fort répandue et difficile à ignorer ne serait-ce qu’en raison de ses piqures peu agréables. Les auteurs commencent leur ouvrage en présentant succinctement l’histoire de l’ortie, ses propriétés diététiques et thérapeutiques et, dans un deuxième temps, en proposant une série d’une trentaine de recettes de cuisine de tous ordres qui vont de la soupe, aux tourtes, aux quiches et autres tians en passant par une glace à l’ortie et au chocolat, des confits d’ortie et même des confitures d’ortie ! Étonnant. Chaque recette bénéficie d’une magnifique photo d’illustration et d’une maxime, d’un dicton ou d’une courte anecdote sur le sujet. Un livre qui donne envie de cueillir, de cuisiner et même de se soigner avec cette belle urticante ! Cerise sur le gâteau, cet ouvrage est en libre accès sur internet.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

LE PLUS GRAND SECRET (DAVID ICKE)

Le résumé du livre

Nous vivons dans un monde où le contrôle mental pour ne pas dire la manipulation des esprits par le biais de la publicité, de la télévision, par l’incroyable force de persuasion des médias, est de plus en plus prégnante. La centralisation mondiale est quasiment réalisée. Le nouvel ordre mondial avance pas à pas, au fil des révolutions, des conflits, des cataclysmes et des désordres économiques soigneusement organisés. Pour arriver à toujours plus de police et toujours moins de liberté, il suffit de créer toujours plus d’insécurité, de terrorisme, de délinquance et d’agressions diverses et variées. Tout cela selon un plan mondial d’asservissement des masses au profit d’une infime minorité se gardant bien d’apparaître au grand jour. Ces gens auraient constitué une « Fraternité Babylonienne » constituée d’une élite régnant depuis la nuit des temps. Les Windsor, les Rothschild et les Rockefeller en seraient les plus illustres représentants. Ces familles aux commandes de toute éternité seraient toutes descendantes d’extraterrestres reptiliens venus de Mars bien avant le déluge, qui se seraient accouplés avec des terriennes, seraient passés pour des dieux et auraient maintenu la pureté de leur sang tout au long de l’Histoire…

Ma critique

« Le plus grand secret » est un essai difficilement classable dans la mesure où il tente d’aborder l’archéologie, l’histoire, la sociologie, la politique, le paranormal, toujours dans une optique conspirationniste parfois échevelée. David Icke fonctionne par accumulation d’affirmations gratuites selon ce qu’il cherche à présenter : une pincée de théosophie, un brin de Vril, un coup d’œil sur les mystères de Rennes-le-château, un peu de Shamballa, d’Aggartha, une grosse louche de Lucy’s Trust et de Skull n’ Bones et l’auteur s’imagine que le tour est joué. Mais il n’en est rien. Au bout des 406 pages de ce bizarre ouvrage, le lecteur de bonne foi reste sur sa faim. Rien, strictement rien n’est démontré. Il croit même avoir lu un bouquin de science-fiction, de fantaisie, de fantastique ou d’ésotérisme à deux sous. Qui veut trop prouver ne prouve rien. Qui trop embrasse mal étreint. N’en déplaise à la présentation, ce n’est pas du tout le livre le plus explosif du siècle. Et si le lecteur est assommé, ce n’est pas de révélations mais d’aberrations. La terre serait creuse avec une sorte de zone paradisiaque en son centre. Des reptiliens, capables de changer d’apparence à volonté, auraient construit d’immenses bases souterraines dans le désert du Nevada et dans le Colorado. Jésus, Shakespeare, Mahomet et quelques autres n’auraient jamais existé. Hitler serait de la lignée des Rothschild ou le deuxième fils de la reine Victoria. Il ne serait pas mort dans son bunker de Berlin à la fin de la seconde guerre mondiale. Et la CIA aurait été créée par des nazis pour des nazis. Etc, etc. Les amateurs d’ésotérisme et de paranormal apprécieront peut-être. Tous les autres crieront au fou !

Ma note

2,5/5

BIOGRAPHIESHISTORIQUE

DE GAULLE / LA STATUE DU COMMANDEUR (MAX GALLO)

Le résumé du livre

À partir de 1963, la France n’est plus en guerre nulle part, mais diverses affaires viennent assombrir l’actualité : enlèvement et « saucissonnage » en Allemagne du Colonel Argoud, liquidation de Ben Barka par des agents marocains aidés de truands… En politique étrangère, de Gaulle, qui a toujours soutenu Israël, veut l’empêcher de se lancer dans la guerre des Six jours. Il lui retire son appui et décrète un embargo sur les armes. Au Canada, il lance le fameux « Vive le Québec libre », pensant sans doute que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes n’était pas réservé au seul Tiers-Monde. Puis arrivent les évènements de Mai 68. L’ambitieux Mitterand se voit déjà en train de s’emparer du trône du monarque républicain. Après une rapide visite héliportée à Massu à Baden-Baden pour s’assurer de la fidélité des cadres de l’armée, de Gaulle arrive à reprendre les choses en main. L’opinion qui veut partir en vacances et qui en a marre de la chienlit le remet en selle lors des élections qui suivent. Mais rien n’est plus comme avant. Le commandeur est las de ferrailler toujours seul contre tous. Il organise un calamiteux référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat qu’il sait perdu d’avance. Et pourtant, il y met son départ sur la balance si le non l’emporte…

Ma critique

« De Gaulle / La statue du commandeur » est le quatrième et dernier tome de cette biographie du général toujours très favorable au personnage et même quasiment vu par ses yeux. Plus de la moitié de l’ouvrage consiste en reprises, redites et rappels des épisodes précédents entrelardés de quelques éléments nouveaux. Cela donne une impression d’ennui et même que l’auteur pratique le remplissage et tire pas mal à la ligne. Nettement plus intéressant est la suite traitant des évènements de Mai 68. La période est correctement relatée, mais sans qu’on entre dans les détails. Peu de choses sur le rôle de l’URSS, sur la stratégie du parti communiste français qui, craignant d’être débordé sur sa gauche et pour d’autres raisons, siffla la fin de la récréation. La fin de l’ouvrage plus mélancolique donne une certaine humanité à cet être aussi exceptionnel que controversé qui partit persuadé de laisser son pays retourner à ses mesquineries et à ses turpitudes avant de sombrer dans la décadence. Le recul historique nous permet de bien comprendre qu’il fut un véritable visionnaire en dépit de toutes ses erreurs et de tous ses défauts. Au total, une biographie de bon niveau mais un peu trop « gaulliste » pour parvenir à une véritable objectivité.

Ma note

3/5

BIOGRAPHIESHISTORIQUE

DE GAULLE / LE PREMIER DES FRANÇAIS (MAX GALLO)

Le résumé du livre

En 1946, profondément déçu par l’attitude des politiciens français, Charles de Gaulle quitta le pouvoir, persuadé que les Français ne tarderaient pas à le rappeler. En fait, il dut subir une longue traversée du désert qui dura une douzaine d’années et qu’il passa dans sa propriété de La Boisserie à rédiger ses « Mémoires de guerre » avant de revenir aux affaires en 1948 à la faveur de la calamiteuse situation en Algérie. Dès le début, bien que certain que l’Empire était sur sa fin et qu’il n’y avait d’autre issue que l’indépendance, il sut jouer sur l’ambiguïté et alla même jusqu’à lancer le cri « Vive l’Algérie Française ! » qui trompa pas mal de monde. On sait comment s’acheva cette sale guerre et quelle somme d’horreurs, de souffrances et d’injustices elle provoqua. Au moment du putsch d’Alger, il sut tenir la dragée haute au « quarteron de généraux factieux » qui tenta de le renverser, survécut à plusieurs attentats dont celui du Petit Clamart. Pendant cette période, il fit rédiger une nouvelle Constitution, instaurer l’élection du Président de la République au suffrage universel, le tout approuvé par des référendums, même pour l’auto-détermination algérienne lequel était joué d’avance, les Européens étant dix fois moins nombreux que les Maghrébins. Il dota la France de l’arme nucléaire, lui permettant d’intégrer le cercle restreint des grandes puissances mondiales. Il posa les bases de la réconciliation franco-allemande et tenta d’orienter la construction européenne vers une Europe des patries et non vers une fédération sous domination américaine…

Ma critique

« De Gaulle / Le premier des Français » est le troisième et avant-dernier tome de cette importante biographie historique. La période traitée va de l’après-guerre à la fin du conflit algérien, autant dire des heures particulièrement sombres de notre Histoire. Les faits sont respectés, leur chronologie également. Mais leur présentation peut donner sujet à discussion. En bon gaulliste, Max Gallo exonère pratiquement l’armée de toute responsabilité dans la fusillade de la rue d’Isly à Alger et passe complètement sous silence celles d’Oran perpétrées par les tirailleurs du général Katz. Dans les deux cas, l’armée française fit délibérément tirer à balles réelles sur des manifestants pacifiques et non armés. Le lecteur aurait aimé un peu plus de compassion et d’objectivité sur des évènements peu glorieux de l’Histoire de France. Même impasse sur la guerre secrète entre l’OAS et les commandos de barbouzes qui furent lancés à leurs trousses. Et bien entendu, rien sur le grand jeu et les manœuvres des deux grands (USA et URSS) qui furent partie prenante non négligeable dans cette pénible affaire. Au total, le volume le plus faible et le plus discutable de cette quadrilogie, Gallo ayant trop poussé sur la légende dorée et pas assez poussé la recherche dans les coulisses. Même les plus grands hommes ont leurs moments de petitesse et de mesquinerie. L’ironie de l’Histoire ou la justice immanente firent que de Gaulle et Pétain eurent des destins quasi parallèles. Ce que l’un reprocha à l’autre, il finit par y succomber et ce qu’il fit, d’autres le lui firent mais avec moins de réussite…

Ma note

3/5

BIOGRAPHIESHISTORIQUE

DE GAULLE / LA SOLITUDE DU COMBATTANT (MAX GALLO)

Le résumé du livre

Le 17 juin 1940, Charles de Gaulle, n’ayant plus de rôle à jouer dans le nouveau gouvernement, obtient de Paul Reynaud 100 000 francs prélevés sur les fonds secrets et réussit à repartir à Londres en compagnie de son aide de camp Geoffroy Chodron de Courcel à bord du « de Havilland Flamingo » affrété pour le général Spears. Le lendemain, il lance son fameux appel du 18 juin dans lequel il exhorte tous les officiers et les soldats à le rejoindre pour continuer les combats. Considéré comme traitre et déserteur, il sera condamné à mort par contumace. Winston Churchill le reconnaît comme chef des Français libres dès le 27 juin 1940. Mais son but est beaucoup plus ambitieux que de mettre en place une légion de volontaires qui continuerait la lutte aux côtés de l’Empire britannique. Il s’agit pour lui d’ignorer purement et simplement le traité d’armistice et de poursuivre la guerre contre Hitler, en créant une armée et un contre-État doté de tous les attributs de souveraineté et légitimité avec comme base les territoires français de l’Empire colonial, future plate-forme de la reconquête. Après un échec devant Dakar, il réussira à rallier le Cameroun, le Tchad, le Congo et le Gabon, permettant ainsi de lancer les premières offensives de Leclerc. Mais la lutte sera longue et semée d’embûches avant la victoire finale.

Ma critique

« De Gaule / La solitude du combattant » est le second volet de la quadrilogie consacrée à ce grand personnage historique. Il ne recouvre que la période 1940 – 1946, soit toute la seconde guerre mondiale plus une année difficile de gouvernement du pays. Soutenu au début par Churchill qui se préoccupe surtout des intérêts de la Grande-Bretagne, il est rapidement en butte à l’opposition de Roosevelt qui lui préfèrerait Giraud, sans doute plus malléable et moins tranchant que lui. Les Alliés voulaient ménager les anciens de Vichy et obtenir la création d’un gouvernement d’union nationale dans lequel les communistes auraient été neutralisés. Ils prévoyaient même la mise en place d’une sorte de protectorat provisoire (AMGOT) avec mise en place d’une nouvelle monnaie. De Gaulle ne cède sur rien, il rejette tout en bloc et finit par s’imposer avec mille difficultés en s’appuyant sur sa popularité en France, sur la Résistance grâce à Jean Moulin, sur le soutien de Staline et sur les succès militaires des généraux Leclerc et Juin. Le lecteur suit toutes les péripéties de cette longue lutte pour le pouvoir et pour le retour de la France dans le camp des vainqueurs. Max Gallo quitte parfois un peu trop l’objectivité de l’historien pour tomber dans les travers du panégyriste en particulier dans sa façon de traiter de l’Epuration presque comme un mal nécessaire. L’assassinat de l’amiral Darlan, le retour en France de Thorez, ainsi que les exécutions de Chack et de Brasillach sont traitées avec un peu trop de légèreté. Ceci mis à part, cet ouvrage reste intéressant, bien écrit et de fort bonne qualité.

Ma note

4/5

BIOGRAPHIES

DE GAULLE / L’APPEL DU DESTIN (MAX GALLO)

Le résumé du livre

Charles de Gaulle naquit le 22 novembre 1890 à Lille dans une famille de la grande bourgeoisie du nord. Très jeune, il est marqué par les valeurs traditionnelles : catholicisme légitimiste, patriotisme, goût des études et du service de l’Etat. Après l’école primaire chez les Frères des écoles chrétiennes, il continue sa scolarité chez les Jésuites où il a son propre père comme professeur. En 1908, il entre à l’école militaire de Saint-Cyr, après une année de préparation au collège Stanislas de Paris. À sa sortie en 1912, classé 13ᵉ, il est affecté au 33ᵉ régiment d’infanterie stationné à Arras. Lors de la première guerre mondiale, il est blessé trois fois, d’abord à la jambe le 15 août 1914 à Dinant, puis à la main gauche en Champagne, le 10 mars 1915. Un an plus tard, il est à nouveau blessé, mais cette fois à la cuisse gauche d’un coup de baïonnette. Fait prisonnier par les Allemands, il tente à cinq reprises de s’évader de toutes les forteresses où il est détenu. Finalement, il ne réussira à rejoindre la France qu’une fois la guerre terminée…

Ma critique

« De Gaulle / L’appel du destin est le premier tome d’une importante biographie qui en comporte quatre, soit un important ensemble de plus de 1600 pages. Un destin aussi exceptionnel n’en nécessitait sans doute pas moins. Ce premier opus couvre la période 1890-1940, soit de la naissance du grand homme jusqu’à l’humiliante défaite de juin 40. La narration est précise et non romancée. Max Gallo s’en tient aux faits sans négliger la psychologie du personnage souvent solitaire, un brin hautain et persuadé d’avoir raison seul contre tous et de devoir assumer un destin hors normes. Ainsi préconisa-t-il l’usage de formations de blindés en corps constitués, menant l’offensive avec l’appui de l’aviation à une époque où la tendance était plutôt à la guerre de position, bien à l’abri derrière la ligne Maginot que les Panzers teutons se firent un plaisir de contourner. Sur ce coup, de Gaulle prêcha dans le désert. Un des nombreux autres intérêts de cet ouvrage est le rapport de rivalité entre l’ancien (Pétain) et le nouveau (de Gaulle). Les deux hommes se connaissaient de longue date. De Gaulle travailla dans le cabinet de Pétain lequel le soutint jusqu’à ce que leurs divergences de vues et d’ambitions éclatèrent au grand jour. Un ouvrage historique de qualité qui se lit comme un roman.

Ma note

4/5

ROMAN

HARLOT ET SON FANTÔME (NORMAN MAILER)

Le résumé du livre

À Mount Desert (Maine, Etats-Unis), Hugh Tremont Montague, nom de code « Harlot », membre important de la CIA, mais plutôt en fin de carrière, a divorcé de Kitteredge qui l’a trompée avec son collègue Harry Hubbard, fils de Cal, autre agent de la CIA. Après une longue attente, Harry et Kitteredge ont fini par se marier. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, Harlot s’est retrouvé sur un fauteuil roulant suite à un très grave accident de voiture. Harry de son côté, en est réduit à produire textes, articles de journaux et romans d’espionnage jusqu’au jour où Harlot lui propose de travailler avec lui sur une mission secrète. Mais un jour, on retrouve le corps d’Harlot au fond d’un lac, le crâne explosé. Tout se complique… Quelques années auparavant, Harry avait commencé sa carrière à Berlin, puis à Bogota et l’avait poursuivie à Miami et à Paris…

Ma critique

« Harlot et son fantôme » se présente comme un très gros et très lourd roman d’espionnage de 1044 pages grand format, petits caractères, soit l’équivalent du double dans une présentation classique. Un défi de lecture. Un vrai marathon obligeant à y rester une dizaine de jours minimum ! Mais est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Rien n’est moins sûr ! Peu d’action, guère de suspens, aucune progression dramatique. On est très loin des maîtres du genre comme John Le Carré ! Mailer se rattrape-t-il par l’enquête d’investigation (il se targue d’une énorme recherche. Une bibliographie de quatre pages en atteste) ? Pas vraiment. Le lecteur n’apprendra pas grand-chose d’inédit sur les méthodes de la CIA, l’arrivée au pouvoir de J.F. Kennedy et son assassinat, la mort de Marilyn Monroe, l’affaire de la Baie des Cochons à Cuba, les tentatives ratées d’assassinat de Castro. Avec Tom Wolfe entre autres, on fait beaucoup mieux dans le genre. Et comme de nombreuses pages sont consacrées à des séquences « hot », on ne peut s’empêcher de penser que Mailer n’y fait que du sous-Miller ! Reste le style, l’écriture que certains critiques ont jugée « alerte, inspirée, géniale ». Sans doute n’ai-je pas été touché par la même grâce. Cette narration qui ne mène à rien m’a semblé laborieuse, pesante, pleine de détours et de digressions. Presque ennuyeuse. Le tout pour raconter quelques années d’un certain nombre de ronds de cuir, relativement nuls, sorte de pieds nickelés ou de bras cassés qui ratent à peu près tout ce qu’ils entreprennent. Au total, un pensum sans grand intérêt… (Mais ceci n’est que mon avis personnel bien entendu.)

Ma note

2,5/5

BIOGRAPHIES

MARLÈNE DIETRICH (MARIA RIVA)

Le résumé du livre

Marie Magdalene Dietrich, dite Marlène Dietrich, fut une actrice et chanteuse allemande naturalisée américaine, née le 27 décembre 1901 à Schöneberg et morte le 6 mai 1992 à Paris 8e. Après s’être destinée à une carrière musicale, elle se tourna vers le théâtre et le cinéma au début des années 1920. Lancée par le film « L’Ange bleu » de Josef von Sternberg, produit par la UFA en 1930, elle fut repérée par le studio Paramount et poursuivit une longue et brillante carrière à Hollywood. Sept films dirigés par le même metteur en scène dont « Morocco » (1930), « Shanghaï Expresse (1932) ou « L’Impératrice rouge » (1934), firent de l’actrice l’incarnation parfaite de la femme fatale de cette époque. Elle tourna ensuite avec les plus grands réalisateurs, dans divers genres de films. Elle s’engagea contre le nazisme et son pays d’origine dès les années 1930, et participa activement à la Seconde Guerre mondiale entre 1944 et 1945, rendant célèbre la chanson « Lili Marleen », et obtenant en 1947 la « Medal of Freedom », plus haute distinction militaire américaine que peut recevoir un civil. Alors que ses rôles au cinéma se faisaient moins nombreux, elle se tourna vers la radio puis vers le music-hall, faisant le tour du monde avec son tour de chant entre 1953 et 1975. Les quinze dernières années de sa vie, pour protéger son image, elle vécut recluse et alitée dans son appartement du 12, avenue Montaigne à Paris.

Ma critique

« Marlène Dietrich » se présente comme un énorme pavé de 866 pages relativement indigestes. Il est écrit par sa fille unique, Maria Riva, laquelle a une fâcheuse tendance à raconter la vie de sa mère en fonction de la sienne propre (rapports dominante-dominée avec sa mère, viol, alcoolisme, etc). Son style assez peu léger donne une narration plutôt poussive et même fortement alourdie par une abondance de citations (souvent fort longues et pas forcément pertinentes) de lettres d’amour, d’extraits de journaux intimes et autres articles de journaux. Trois cahiers de documents photographiques illustrent cet ouvrage consacré à une star, longtemps idolâtrée et finalement déchue et recluse. Pour ne rien arranger, le personnage de la star des années trente se révèle au fil des pages de moins en moins sympathique. Si l’on en croit Mme Riva, l’icône hollywoodienne fut en réalité un montre d’égocentrisme, de narcissisme, d’autoritarisme, une méchante femme obsédée par son image, travaillant son apparence dans les moindres détails et ne vivant que pour le paraître. Elle collectionna un nombre incroyable d’amants et d’amantes. La liste de ses conquêtes acteurs célèbres comme Maurice Chevalier ou Jean Gabin, écrivains comme Erich-Maria Remarque ou Hemingway, voire chanteurs ou chanteuses comme Franck Sinatra ou Edith Piaf, sans parler des généraux, hommes politiques, est si longue qu’elle finit par ressembler à un bottin mondain). Elle multipliait les caprices de diva au point de se montrer odieuse avec tout le monde, petit personnel comme metteurs en scène, costumières ou techniciens de cinéma. Mythomane, affabulatrice, dépensière, alcoolique, droguée et véritable marâtre envers sa malheureuse fille, la liste de ses défauts semble si longue qu’elle finit par en être caricaturale et presque sympathique, au second degré bien sûr. On peut faire l’impasse sans problème sur une lecture qui tourne vite à la punition…

2,5/5

POLICIERTHRILLER

LES ENGLOUTIS (DENIS LEPEE)

Le résumé du livre

1918. Ludmilla tente de fuir par la mer Saint-Pétersbourg ravagé par la révolution bolchévique. Il lui importe beaucoup de mener à bien la mission qui lui a été confiée, celle de sauver le « trésor » de la famille Koutouzov, mais son bateau est coulé au large de la Finlande…

2017. Tommaso Mac Donnell ravagé par la douleur d’avoir perdu sa femme et sa fille dans l’incendie de leur maison de Nantucket, débarque à l’aéroport d’Helsinski. Archéologue sous-marin, il vient évaluer un projet d’implantation d’éoliennes off-shore dans le golfe de Finlande, à deux pas de la zone russe et non loin de la petite ville de Kotka dont le maire est un ami de longue date…

Ma critique

« Les engloutis » est un roman original à plus d’un titre. D’abord parce qu’il n’est pas aisé à classer vu qu’il se situe aux limites de plusieurs genres : historique, aventures, policier et même espionnage (vu l’implication de divers agents secrets dont celle d’une jolie espionne du FSB russe). Autant le côté historique semble évident dès le début de l’intrigue, autant le côté policier se fait plus discret vu que le premier mort n’apparait qu’à la moitié du livre et que le personnage principal n’est ni inspecteur, ni détective privé, ni même journaliste, mais simple plongeur professionnel aux prises avec les fantômes de son drame personnel. Personnage avec lequel on ne peut qu’être en empathie immédiate d’autant plus que bien des déboires et des coups durs l’accablent, maintenant ainsi un intérêt soutenu tout au long d’une narration parfaitement menée. Si on y ajoute une plume de belle qualité, un cadre dépaysant et une parfaite connaissance du monde et des techniques de plongée, on obtient une totale réussite. Autre petit plus : dans les remerciements, Denis Lépée a l’élégance et l’honnêteté de faire la part entre l’historique et le romancé. Qu’il en soit remercié car peu nombreux sont les romanciers qui s’y plient !

Ma note

4/5

POLICIER

TOXIC STAR (HERVE CLAUDE)

Le résumé du livre

En Australie, sur l’immense plaine de Nullarbor, dans un endroit désertique à des kilomètres de toute piste, est retrouvé un 4X4 abandonné ainsi que les ossements blanchis d’un homme sans doute mort depuis au moins dix-huit mois. Les tests ADN permettent de découvrir qu’il s’agit des restes d’un certain Mathew Constant, australien d’origine roumaine, ancien champion de « footy », le foot-ball-rugby local où quasiment tous les coups sont permis. Journaliste au West Tribune, l’imposant Anthony Argos cherche à comprendre la raison de cette fin tragique. Son enquête va le mener jusqu’à Bucarest où il pourra bénéficier de l’aide de Christi, un ancien amant…

Ma critique

« Toxic star » se présente comme un polar relativement noir aux limites du thriller par le nombre de cadavres, mais avec l’énigme bien maintenue jusqu’au tout dernier chapitre. L’auteur, journaliste de télévision bien connu, familier de l’Australie, prend bien soin de maintenir le suspens et par là l’intérêt pour sa sombre histoire. Il ne perd pas le lecteur sur de fausses pistes comme dans un policier classique. Il préfère faire ressentir les ambiances d’un pays qu’il connait semble-t-il fort bien et surtout distiller bribe par bribe toutes les turpitudes d’un milieu frelaté, gangréné par le fric et infiltré par des hommes politiques dignes de mafieux. Les personnages manquent un peu d’épaisseur exception faite du héros totalement atypique, nouveau Rouletabille obèse et homosexuel, mais surtout tenace et obstiné. On saura gré à Hervé Claude, qui dispose d’un style agréable et fluide à souhait, d’avoir eu la finesse et l’élégance de ne pas trop s’appesantir sur les scènes les plus torrides. Dans l’ensemble, une œuvre de divertissement bienvenue pour un voyage en train ou pour une après-midi au bord de la piscine par exemple.

Ma note

3/5

AUTOBIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

MÉMOIRES BARBARES (JULES ROY)

Le résumé du livre

Né en 1907 à Rovigo (actuellement Bougara) en Algérie, Jules Roy, enfant illégitime, passa son enfance à la campagne avant d’entrer au petit séminaire où il restera huit années. Il intégra le corps des tirailleurs algériens puis celui de l’armée de l’air. D’abord pétainiste (il publia un livre à la gloire du maréchal), il change de camp en 1942, passe en Angleterre et entre dans la Royal Air Force. Il effectuera plus de 36 missions de bombardement de nuit sur la Ruhr en Allemagne. Il poursuit sa carrière militaire en Indochine à titre d’officier de communication. Mais en juin 1953, il démissionne alors qu’il est colonel, car il estime que l’armée se déshonore à vouloir rétablir la colonisation par la force. Parallèlement, il commence à publier des ouvrages de témoignage qui déplaisent à l’armée et est envoyé en mission d’enquête en Algérie et en Chine pour le compte de l’hebdomadaire « l’Express ». Il n’arrive pas à rencontrer Mao Tsé Toung pas plus qu’à suivre les étapes de la « Longue marche » et rentre très déçu de ce qu’il a vu. À la fin de sa vie, il se retire sur la colline de Vézelay, non loin de la basilique de Sainte Madeleine…

Ma critique

« Mémoires barbares » est un livre de souvenirs en forme d’autobiographie qui se veut honnête et qui reste assez discrète sur la vie sentimentale assez compliquée de l’auteur. Le lecteur suivra avec grand intérêt tous les évènements auxquels Jules Roy se trouva mêlé : seconde guerre mondiale, (le récit des bombardements au phosphore des villes allemandes est proprement hallucinant), la guerre d’Indochine, celle d’Algérie, le retour du général de Gaulle sans parler des arcanes du monde littéraire parisien pendant un demi-siècle. L’auteur ayant rencontré la plupart des auteurs de l’époque en trace une série de portraits souvent au vitriol. Il fut un habitué des soirées de Florence Gould et de Louise de Vilmorin. La liste est longue des écrivains et des hommes politiques qu’il dépeint : Morand, Nimier, Léautaud, Paulhan, Montherlant, Mauriac, Malraux, Camus, Kessel, Saint-Exupéry, de Gaulle, Mitterand. Personne n’échappe à son regard acéré voire impitoyable. Malraux est sans doute celui qui en prend le plus pour son grade pour sa mythomanie. Seul Camus et Saint-Exupéry trouvent grâce aux yeux de Jules Roy. Le style est bien entendu, de fort belle qualité. Les analyses sont fines et intelligentes. Au total, un livre absolument passionnant.

Ma note

4/5

HISTORIQUEROMAN

CALIFORNIA SAGA (JOHN JAKES)

Le résumé du livre

En 1886, le jeune James Macklin Chance, 17 ans, part de Pennsylvanie pour fuir la misère et ne pas finir mineur comme son père. Il rêve de faire fortune en Californie alors que la ruée vers l’or est achevée depuis un certain temps. Après une longue marche en direction de l’Ouest des Etats-Unis, il finit par atteindre la côte Pacifique à Oakland. Il tente de profiter du ferry de San Francisco sans prendre de billet. Sans ménagement, il est jeté à la mer par les contrôleurs alors qu’il ne sait pas nager. Heureusement pour lui, il est vite repêché par un brave pêcheur chinois qui deviendra son premier ami californien. Et ce n’est que le début d’une longue suite de tribulations dans cet eldorado où ne se trouvent que deux sortes d’individus, ceux qui prennent et ceux à qui l’on prend…

Ma critique

« California Saga » se présente comme un énorme roman historique de 662 pages, ce qui, au premier abord, pourrait sembler assez indigeste. Mais il n’en est rien tant les aventures, péripéties et rebondissements sont nombreux. Toute l’intrigue repose sur 35 années de la vie d’un jeune homme pauvre mais non dépourvu d’ambition. Le lecteur le suit pas à pas dans son ascension sociale, laquelle est longue et pénible vu le nombre de catastrophes et d’embûches qu’il doit traverser. Si les épisodes amoureux laissent assez indifférent et peuvent même lasser vu qu’il passe son temps à osciller tout au long de cette histoire entre trois partenaires, le contexte historique (fin de la ruée vers l’or, boom immobilier, découverte de l’or noir, cataclysmes, apparition du cinéma, de l’automobile et de l’aviation) sont beaucoup plus intéressantes car fort instructives. Entre mille autres choses, le lecteur y découvrira que le problème de l’immigration mexicaine ne date pas d’aujourd’hui ni d’hier. On sera plus réservé sur l’apparition ici ou là de personnages réels comme W.R Hearst, Charlie Chaplin, Jack London, James Corbett, John Muir ou Ambrose Bierce car aucun n’apparait comme crédible. Au total, malgré tout, une belle réussite, si l’on passe sur le côté manichéen de la présentation (des bons très bons, voire excellents et même christiques comme le prêtre défroqué et des méchants très très méchants, monstrueux, intolérants, racistes) et sur une fin décevante, car en happy end très (trop) américain.

Ma note

3/5

BIOGRAPHIESHISTORIQUE

L’AVENTURE DE LECLERC (MAJA DESTREM)

Le résumé du livre

Né le 22 novembre 1902 à Belloy (Somme), Philippe de Hauteclocque commença sa carrière militaire dans la cavalerie puis fut instructeur à Saint Cyr. Il participa à la guerre du Rif au Maroc où il se distingua par son courage, son sens tactique et sa bravoure. En mai 1940, pour ne pas être capturé, il traverse les lignes allemandes et essaie de s’échapper à bicyclette. Il sera arrêté puis relâché par erreur. Il retourne au combat, est blessé et s’échappe de l’hôpital où il était soigné er gardé. Il ne peut pas se résoudre à la défaite de la France. Il rejoint le général de Gaulle à Londres après un long périple à travers la France, l’Espagne et le Portugal. Il part ensuite au Gabon avec pour mission de rallier l’Afrique équatoriale française aux couleurs de la France Libre. Ainsi débute une véritable épopée qui le mènera avec une première poignée d’hommes à Fort-Lamy puis à s’emparer de Koufra, du Fezzan, à aider les Alliés à chasser l’Afrika Korps de Rommel d’Afrique du Nord puis à débarquer en Normandie, à libérer Paris, puis Strasbourg et porter le drapeau tricolore jusqu’à Berchtesgaden, le nid d’aigle d’Adolf Hitler…

Ma critique

« L’aventure de Leclerc » est la biographie parfaitement documentée d’un héros de l’Histoire de France, une icône de la seconde guerre mondiale, un être d’exception, au caractère bien trempé, capable de toutes les audaces et de toutes les folies, n’ayant qu’un seul objectif : servir sa patrie. Le livre très bien écrit, illustré de nombreuses photos et croquis permettant une bonne compréhension de la stratégie de Leclerc (pseudo qu’il dut prendre pour protéger sa famille restée en Picardie), se lit très facilement et très agréablement tant cette vie brisée dans un accident d’avion au Sahara fut remplie, foisonnante et exemplaire. Le lecteur apprendra énormément de choses non seulement sur l’épopée du héros et de sa fameuse 2ème DB, mais aussi sur les prémisses de la guerre d’Indochine, sur le rôle fort louche des Chinois et des Anglo-saxons qui se permirent d’organiser une sorte de Yalta asiatique dont la France aurait été la victime si Leclerc n’était pas intervenu. Malheureusement le départ de celui-ci suite à des divergences avec l’amiral d’Argenlieu et l’arrivée des socialo-communistes au pouvoir à Paris changea complètement la donne. On sait la triste tournure que prirent ensuite les évènements. Un livre de référence absolument passionnant. À conseiller aux amateurs d’Histoire et d’Histoire militaire tout particulièrement.

Ma note

4,5/5

ROMAN

OXYGÈNE (ANDREW MILLER)

Le résumé du livre

Enseignante anglaise en retraite, Alice souffre d’un cancer assez avancé. Elle a déjà dû subir une lourde chimiothérapie. Elle y a perdu ses cheveux, mais ils ont fini par repousser complètement blancs. Son fils Alec lui rend visite, s’occupe de la maison, du jardin. Son autre fils, Larry, acteur de série B intermittent et ancien joueur de tennis classé, ne va pas tarder à prendre l’avion avec sa fille depuis la Californie pour le rejoindre. Arrivé de Hongrie suite aux dramatiques évènements de Budapest, Laszlo est un auteur dramatique qui commence à rencontrer un certain succès. Sa dernière pièce, intitulée « Oxygène » relate un accident dans une mine quelque part en Europe de l’Est. Un jour, il fait une étrange rencontre et se retrouve chargé d’une mission tout à fait particulière.

Ma critique

« Oxygène » est un roman intimiste qui fait la part belle à la psychologie de toute une galerie de personnages. Le style d’Andrew Miller est quasi pointilliste. L’auteur s’attache aux mille détails de la vie quotidienne et parvient à donner de l’intérêt à une banalité qui devrait ne pas faire rêver, mais qui finit par intéresser quand même. Les développements sur la triste réalité du cancer en phase terminale tout comme le récit de la normalisation de Budapest par l’armée rouge en 1956 sont particulièrement émouvants voire instructifs. Les personnages sont des messieurs ou mesdames tout le monde, de parfaits anti héros. Sans doute est-ce la raison pour laquelle ils nous semblent si proches et finalement bien attachants en dépit de leur médiocrité. Un seul regret : rien ne parvient à un achèvement. Tout reste ouvert. Au lecteur de se substituer à l’auteur volontairement défaillant…

Ma note

3/5

HISTORIQUE

POUR L’AMOUR DE L’INDE (CATHERINE CLÉMENT)

Le résumé du livre

Le 4 février 1922, à Chauri-Chaura (Inde), un rassemblement pacifique et non-violent inspiré par Gandhi s’achève dans le calme. Mais des policiers, croyant entendre quelques moqueries, commencent à taper sur les trainards. La foule se rebiffe. Les flics commencent par tirer en l’air puis sur les gens. Arrivés à court de munition, ils finissent lynchés. Gandhi est désespéré. L’indépendance de l’Inde qu’il appelle de ses vœux ne suivra jamais le cours d’un long fleuve tranquille… 1947 : Lord Louis Mountbatten, petit-fils de la reine Victoria, est intronisé dernier vice-roi des Indes. Son épouse, la frivole lady Edwina, va devoir l’épauler dans la lourde tâche de négociation qui lui échoit. Comment satisfaire les ambitions des musulmans de Jinnah, les désirs des Hindous de Nehru et Gandhi sans parler des prétentions des Sikhs ? Comment éviter l’atomisation du sous-continent et réduire le bain de sang qui s’annonce ?

Ma critique

« Pour l’amour de l’Inde » est avec « Cette nuit la liberté » le meilleur texte sur cette période troublée. Ce gros pavé parfaitement documenté (567 pages) se dévore comme un roman tant les faits sont parfaitement décrits et tant les principaux personnages, les Mountbatten, Nehru, Jinnah et surtout Gandhi sont rendus vivants. Tous les évènements étant authentiques, on ne peut pas parler de roman historique, mais plutôt de fresque, voire d’épopée véridique. L’idylle, sans doute platonique, entre Edwina et Nehru n’est même pas romancée et, heureusement, ne représente pas l’essentiel de l’intérêt du livre. L’Histoire se taille la plus belle part. En fin d’ouvrage, le lecteur trouvera tout un chapitre sur les sources et commentaires, ce qui est assez rare et montre l’honnêteté de l’auteure ainsi que son désir de coller au plus près de la réalité historique. La réalité dépassant souvent la fiction, il n’est nul besoin d’inventions ou de travestissements de la vérité pour produire une belle œuvre de référence.

Ma note

4,5/5

ESSAISRELIGIEUX

UN SIÈCLE DE TÉMOINS (DIDIER RANCE)

Le résumé du livre

À cause du nazisme, du communisme, des conflits ethniques ou tribaux sans oublier l’intégrisme islamique, notre époque a connu un nombre incroyable de martyrs ou de confesseurs de la foi. Un martyr chrétien est une personne persécutée, emprisonnée, souvent torturée et assassinée en raison de ses idées religieuses. Un confesseur de la foi subit les mêmes persécutions mais sans finir exécuté. Des camps nazis au goulag soviétique, du lao-gaï chinois au Sud Soudan, du Liban à la Turquie sans oublier l’Afrique du Nord (moines de Tibhirine), l’Afrique noire, l’Inde ou l’Amérique du Sud, les territoires sont innombrables où le sang des martyrs a coulé, coule et coulera. Un martyr est un témoin du Christ. On pourrait également l’appeler un « soldat du Christ ». Son sang est réputé semence de chrétien. En effet, chaque tuerie n’a fait que rendre plus vigoureuse et dynamique l’église visée…

Ma critique

« Un siècle de témoins » est un essai consacré aux « Martyrs du XXème siècle » comme l’indique son sous-titre. L’auteur a voulu présenter un panorama exhaustif du phénomène. Mais celui-ci est d’une telle ampleur et les exemples sont si nombreux qu’il ne peut présenter chaque fait qu’en quelques très courtes lignes voire au maximum en un paragraphe. La lecture de cet ouvrage qui cherche également à élaborer une théologie particulière sur cette réalité est un tantinet laborieuse, toujours émouvante et peut arriver à vous mettre les larmes aux yeux et même vous donner la nausée. Il faut dire que le mal est partout, que l’abjection des tortionnaires n’a pas de limites. Un seul exemple : dans l’Albanie du monstrueux Enver Hodja, ses nervis étaient capables après avoir copieusement battus et torturés de malheureux prêtres, de les achever en les noyant dans une fosse remplie de matières fécales. Dur, dur !

Ma note

4/5

POLICIER

FAMILLE PARFAITE (LISA GARDNER)

Le résumé du livre

Ancien marine, Justin Denbe a fait fructifier la puissante entreprise de BTP dont il a hérité à la mort de son père. Avec sa compagne Libby, ils ont eu Ashlyn, fille âgée aujourd’hui de 15 ans. Leur couple tient la route depuis 18 années et à première vue, à eux trois, ils donnent l’impression d’une famille exemplaire, bien que Justin ait donné quelques coups de canif dans le contrat. Un soir, de retour d’un repas au restaurant devant sceller leur réconciliation, le couple trouve ouverte la porte de sa riche demeure. Un colosse qui les attend à l’intérieur les neutralise à coups de taser pendant que deux complices maîtrisent Ashlyn. La disparition des trois membres de cette famille surprend tout le monde. Mais la détective privée Tessa Leoni est persuadée qu’il s’agit d’un enlèvement et non d’une fuite volontaire. Pourtant, on ne trouve ni effraction, ni vol, ni demande de rançon. Et pas le moindre témoin. L’affaire s’annonce compliquée : vengeance, extorsion de fonds, acte gratuit ?

Ma critique

« Famille parfaite » est un roman présenté comme un thriller alors qu’il ne respecte pas vraiment les critères du genre, à savoir présence d’un serial killer psychopathe, accumulation de cadavres et autres scènes de sadisme ou de tortures. Cousue de fil blanc, toute l’intrigue repose sur une histoire d’infidélité conjugale. Très vite le lecteur devine quelle sera la chute et perd ainsi la majeure partie de l’intérêt pour ce long pavé de 571 pages qui auraient largement pu tenir dans un volume trois fois moindre et même dans une nouvelle resserrée d’une quarantaine de pages. Trop de redites, trop de pages inutiles, en particulier tous les chapitres délayant à plaisir les états d’âme de Libby, la femme trompée partie à la dérive. On a même l’impression que l’auteur tire un tantinet à la ligne. Trop peu de péripéties, trop peu de rebondissements. Des personnages convenus : le patron ripoux, les mâles machos et violents et les femmes, pauvres victimes innocentes. On se demande comment pareil navet a pu figurer comme numéro un sur la liste des best-sellers du « New York times ». Toujours se méfier de la pub, même déguisée.

Ma note

2,5/5

POLICIER

EN CREVANT LE PLAFOND (JAMES HADLEY CHASE)

Le résumé du livre

Harry Griffin, pilote d’avion licencié par sa compagnie pour un comportement déplacé avec une hôtesse de l’air, n’a pas envie de se contenter de petits boulots pour survivre. Il préfère tenter un gros coup et ramasser le magot. Trois millions de dollars de diamants industriels vont transiter entre New-York et San Francisco à bord d’un avion de son ancienne compagnie. Avec quelques comparses, il pense être en mesure de braquer l’équipage et de filer avec le butin après avoir atterri quelque part dans le désert. Mais pour espérer une réussite complète, il a besoin de l’aide de Ben Delaney, un parrain de la mafia capable de fourguer les cailloux mieux que lui. Par chance, Glorie Dane, petite amie de Harry, est également une ex de Delaney. Elle les met en relation, force Harry à se grimer et à changer d’aspect physique pour ne pas être reconnu de ses anciens collègues. Malheureusement, rien ne se passe comme prévu. La présence d’un convoyeur de fonds n’ayant pas du tout l’intention de se laisser faire va complètement changer la donne…

Ma critique

« En crevant le plafond » est un roman noir d’excellente facture du prolifique auteur britannique. L’écriture est classique, de belle qualité et très agréable à lire. Bien que le lecteur se doute dès le début que tout ne peut qu’aller de mal en pis dans cette histoire, il reste accroché du début à la fin, car les péripéties ne manquent jamais jusqu’à une fin assez surprenante. Les personnages sont bien campés, bien pétris d’humanité et tout à fait crédibles. On tremble pour Harry même si le personnage n’est pas particulièrement sympathique. On remarque également l’importance de la psychologie féminine avec les deux héroïnes, aux antipodes l’une de l’autre mais réagissant de semblable manière devant la dérive du héros, tirer au mieux leur épingle du jeu. Finalement, elles sont les plus fortes, car les plus intelligentes voire les plus sournoises. Bien que datant un peu (1956), cet ouvrage permet encore de passer un très bon moment de divertissement.

Ma note

4/5

ESSAISRELIGIEUX

PRÉSENCE DE SATAN DANS LE MONDE MODERNE (LÉON CRISTIANI)

Le résumé du livre

Qu’en est-il de Satan et du satanisme à notre époque qui ne croit plus à rien, ni à Dieu, ni, par conséquence évidente, à Diable ? On connait la célèbre phrase de Baudelaire : « La plus grande ruse du Démon, c’est de nous persuader qu’il n’existe pas. » Dans cet ouvrage, l’auteur s’efforce de nous démontrer que l’existence du Malin, du grand Menteur est réelle et que sa puissance plus grande qu’on ne l’imagine. Pour ce faire, il commence par en référer à la Bible et aux Evangiles qui ne manquent pas d’exemples comme la tentation du Christ et la réponse bien connue : « Vade rétro Satanas ! » ou comme les possédés qui sont libérés au détriment de porcs qui vont se jeter du haut d’une falaise. Il y ajoute le cas du curé d’Ars et de ses nuits à batailler contre le « Grappin » surnom qu’il donnait au diable ou ceux de tous les faux voyants qui apparurent à Lourdes pour ridiculiser le témoignage de la petite Bernadette Soubirous. Les preuves de possessions ou d’infestations diaboliques sont innombrables aussi bien tout au long de l’Histoire que de nos jours. Les aspects lucifériens de la révolution française, du nazisme, du bolchévisme ou du communisme chinois en sont quelques exemples…

Ma critique

« Présence de Satan dans le monde moderne » est un essai de vulgarisation théologique et sociologique particulièrement bien étayé. Les faits sont incontestables et la réalité bien sinistre, n’en déplaise aux sceptiques et aux ricaneurs. L’auteur démontre qu’il ne s’agit pas de confondre possession relevant de l’exorcisme et simples troubles mentaux. Ni les symptômes, ni les remèdes, ni les résultats obtenus, ne sont les mêmes dans les cas de folie et dans ceux de possession. Dans la maladie mentale, on ne trouve jamais les marques de présence d’une intelligence préternaturelle et visiblement étrangère à celle du sujet que l’on constate chez les possédés et dont l’Eglise exige les signes pour autoriser la pratique de l’exorcisme. Un livre d’une lecture fascinante, d’une grande érudition et d’une absolue nécessité pour qui veut se faire une opinion sur ce sombre sujet. Les descriptions d’exorcismes sont particulièrement frappantes. Même chose sur certains côtés obscurs de l’Histoire ou de l’actualité (sorcellerie, Illuminatis, Rose-Croix, maçonnerie…)

Ma note

4,5/5

FANTASTIQUENOUVELLES

HISTOIRES FANTASTIQUES D’AUJOURD’HUI (DIVERS AUTEURS)

Le résumé du livre

Une petite fille de douze ans vit dans un village quelque part en haute mer. Bien que totalement seule, elle fait tout fonctionner. Et quand un navire apparaît à l’horizon, elle s’endort… Un soir, à Paris, le jeune Régis Mercier se réfugie dans la fontaine de Joyeuse pour se mettre à l’abri d’une violente averse. Il y rencontre Christine qui semble souffrir d’un mal étrange. En crise, elle se prend pour Calliste, une jeune femme qui, lors de la Révolution, participa à la profanation de l’église St Paul-St Louis et au vol des cœurs embaumés de Louis XIII et Louis XIV… Victimes d’un étrange sortilège, tous les habitants d’un village sont devenus invisibles. Seul l’idiot de l’endroit a été épargné. Il est chargé du ravitaillement et de tous les contacts avec l’extérieur… Le chasseur Arminius est un être sauvage et sans aucune pitié. Par plaisir, il tue toutes sortes d’animaux dans une transe aussi barbare que cruelle. Son épouse Minna redoute que cela ne finisse très mal…

Ma critique

« Histoires fantastiques d’aujourd’hui » est un recueil de 18 nouvelles du registre étrange et fantastique d’autant d’auteurs différents. On remarque un bon nombre de célébrités parmi eux comme Supervieille, Mandiargues, Dhôtel, Robbe-Grillet, Michaux ou Sternberg. Avec pareilles « pointures », le lecteur peut s’attendre à une compilation de très haut niveau. Malheureusement, il n’en est rien. Les fonds de tiroir, les rebuts et autres textes de remplissage sont malheureusement assez nombreux. Pour le fond, c’est la même chose. On est plus dans l’insolite, les petites bizarreries du quotidien que dans le fantastique pur et dur. On passera pudiquement sur certains textes qui tombent des mains pour ne s’intéresser qu’aux meilleurs opus : « La fontaine de Joyeuse » de Jean-Louis Bouquet (gore à souhait), « Le village invisible » d’André Dhôtel (pour sa poésie charmante), « Le diamant » d’André Pieyre de Mandiargues et « Le monstre » de Gérard Klein (véritable fantastique). Au total, un ensemble plutôt décevant.

Ma note

2,5/5

NOUVELLES

TONTON BOB (FABRICE DECAMPS & AUTRES AUTEURS)

Le résumé du livre

Un psychiatre, Pierre Bertillat, convoque dans son bureau Lemonnier, un de ses patients, pour qu’il lui dise tout ce qu’il sait sur un certain oncle Bob, personnage aussi dangereux qu’irascible… L’oncle Toto, chef de chantier de son état, et sa femme Kiki la brune ne sont pas des gens très intéressants. Elle est d’une grande vulgarité. Lui, d’une honnêteté toute relative : il n’hésite jamais à détourner du matériel pour ses propres besoins… Sur la base de quatre photos, un homme essaie de s’imaginer ce que put être la vie d’un oncle qu’il n’a jamais connu… En Ouganda, Louis, volontaire français, doit être exfiltré, car il a commis une grosse bêtise… Un libraire désenchanté se pose des questions sur sa condition… Au centre commercial avec les enfants de sa maîtresse, Guiseppe a décidé qu’on n’achèterait rien… Payée par la mairie, une comédienne propose des animations dans un cimetière, histoire de rendre l’endroit plus accueillant…

Ma critique

« Oncle Bob » est un recueil de dix nouvelles d’autant d’auteurs, toutes tournant autour du thème de cet oncle dont le lecteur doit se demander qui il est : aliéné, maffieux, beauf, mondialiste ou fasciste, abruti ou intellectuel, homo ou hétéro, etc. Il n’en finit plus de se poser la question sans d’ailleurs jamais trouver la réponse, les textes étant tous différents d’esprit, de registre et de styles. Comme toujours dans ce genre de compilation, le meilleur côtoie le pire. Dans le cas précis, ce serait plutôt le très moyen pour ne pas dire le médiocre qui reste majoritaire face à l’acceptable et au (très rare) bon et agréable à lire. Nous aurons l’indulgence de passer sur les huit textes relevant de la première catégorie pour n’insister que sur les deux qui sortent du lot et méritent très certainement le détour : « Oncle Bob » de Fabrice Décamps pour son côté équivoque et « La boîte en bois et la boîte en carton » d’Antonin Crenn, un petit bijou de fantastique du quotidien.

Ma note

3/5

HISTORIQUE

LES FUSILIERS MARINS DANS LA DIVISION LECLERC (RAYMOND MAGGIAR)

Le résumé du livre

En novembre 1942, une poignée de jeunes Français d’Afrique du Nord veulent en découdre avec les nazis. Armés par les Anglo-américains fraîchement débarqués, ils deviennent le « bataillon Bizerte », puis le RBFM, (régiment blindé de fusiliers marins). Ils sont formés au Maroc, dotés de matériel puis intégrés dans la 2ème DB du général Leclerc, sous le commandement du capitaine de frégate Maggiar, auteur de l’ouvrage. Cette unité regroupera environ 300 véhicules, des chasseurs de chars, des tanks destroyers, des Half-tracks et des chars Sherman qui feront merveille contre les Panthers et autres MarkIV teutons. Dans la nuit du 3 au 4 août 1944, ils seront débarqués en Normandie, à Utah Beach. S’ensuivra une véritable épopée avec la libération de Paris où ils prendront une part décisive, les combats acharnés en Lorraine et en Alsace (libération de Strasbourg) puis la réduction de la poche de Royan et finalement le rush vers le nid d’aigle d’Hitler, Berchtesgaden.

Ma critique

« Les fusiliers marins dans la division Leclerc » est un témoignage quasiment heure par heure de tous les combats menés par cette troupe de marins et d’engagés volontaires (ils furent nombreux à s’enrôler au fur et à mesure de l’avancée victorieuse de Leclerc !). Ecrit à chaud et publié en 1947, cet ouvrage porte la marque de l’enthousiasme et du patriotisme magnifique de ces jeunes Français qui partis de rien, du fin fond d’une oasis (Koufra), prêtèrent le serment de rendre sa dignité à la France humiliée en se lançant à corps perdu dans les combats et de ne cesser que quand le drapeau tricolore flotterait sur la cathédrale de Strasbourg. Un bon nombre n’en revint pas. Une magnifique page d’histoire. Un témoignage honnête et sincère d’une grande utilité pour les passionnés d’Histoire militaire.

Ma note

4/5

ESSAISSCIENCE-FICTION

LE LIVRE DES MAÎTRES DU MONDE (ROBERT CHARROUX)

Le résumé du livre

En se basant sur les observations d’objets volants non identifiés, d’étranges monuments dont personne ne peut dire la destination, de constructions enfouies n’appartenant à aucune civilisation connue et de tablettes ou hiéroglyphes censés représenter des cosmonautes ou des vaisseaux spatiaux, Robert Charroux bâtit une thèse selon laquelle les débuts de l’humanité seraient bien antérieurs aux Sumériens ou aux Egyptiens. Pour lui, 12 000 années et plus avant notre ère, des voyageurs extra-terrestres sans doute venus de Vénus auraient fondé l’Atlantide et le continent de Mu, lesquels auraient fini par sombrer dans un grand cataclysme tellurique ou nucléaire. Tout le savoir venu du cosmos se serait perdu dans les masses d’eau du déluge. Pire, les rares rescapés n’auraient eu de cesse de nier et de diaboliser l’apport technologique dont les humains auraient profité auparavant…

Ma critique

« Le livre des maîtres du monde » est un essai de « Prim-histoire » (néologisme inventé par Charroux), période antérieure à la proto-histoire et parallèle à la préhistoire, mais bien différente, car elle suppose l’existence de civilisations avancées (maîtrisant le feu nucléaire, les voyages dans le cosmos, la radio ou la télévision, etc), ce qui n’a jamais été prouvé. Et c’est bien là que le bât blesse ! Qu’il y ait des pyramides (modestes) en France à Falicon (Provence) ou à Autun, des tours hermétiques (sortes d’énormes menhirs ou de massifs obélisques sans la moindre ouverture) à Saint Romain de Benest ou à Ebéon (Charente-Maritime) ainsi que d’étranges grimoires maya voire de curieux témoignages dans de vieux manuscrits chinois ou tibétains ne permet quand même pas de conclure que nous descendons tous des extra-terrestres. Un ouvrage un peu bâti de bric et de broc surtout vers la fin où les anecdotes curieuses se multiplient sans jamais rien prouver d’ailleurs. Un cahier de photos et de nombreuses illustrations voudraient étayer cette curieuse théorie sans vraiment y parvenir. Même peu versé dans l’archéologie, le lecteur a très vite l’impression d’être dans une rêverie pour ne pas dire « fumisterie », en un mot, plus dans la fiction que dans la science. Cartésiens et rationalistes pourront aisément faire un détour…

Ma note

3/5

ESSAIS

DIEU, MON PREMIER AMOUR (GUY GILBERT)

Le résumé du livre

Né le 12 septembre 1935 à Rochefort-sur-Mer en Charente-Maritime, le père Guy Gilbert, surnommé « le curé des loubards », est un prêtre catholique français, éducateur spécialisé et écrivain prolifique. Il est issu d’une famille ouvrière de quinze enfants où il a trouvé beaucoup d’amour. Désirant très tôt être prêtre, il entre en 1948 au petit séminaire à l’âge de 13 ans. Alors qu’il est séminariste, il part en 1957 pour accomplir son service militaire en pleine guerre d’Algérie. C’est à Alger qu’il finit son séminaire et qu’il est ordonné prêtre. Il reste auprès de Monseigneur Duval de 1965 à 1970. De retour à Paris, il exerce son activité de prêtre dans la rue et devient éducateur spécialisé pour les jeunes délinquants dans le 19e arrondissement. En 1974, grâce à un legs, il achète une ferme à La Palud-sur-Verdon, « une ruine loin de Paris », pour y installer un lieu d’accueil, la « Bergerie de Faucon » où, avec une équipe d’éducateurs, il tente de réinsérer des jeunes en difficulté, par le travail et le lien avec les animaux.

Ma critique

« Dieu, mon premier amour » se présente comme un essai de vulgarisation sociologique, théologique voire philosophique très facile d’accès. Avec des mots simples, Guy Gilbert nous partage ses réflexions sur son engagement, sur sa vocation, sa foi, son amour de Dieu et son ministère auprès des plus humbles. Le tout est présenté sous la forme d’une série d’articles, de portraits, d’anecdotes sans lien chronologique ni thématique, un peu comme une compilation. Lire cet ouvrage permet de mieux comprendre la démarche de ce religieux atypique qui sous des dehors rebelles (perfecto, jeans et santiags) cache un esprit évangélique parfaitement dans la ligne de l’Eglise. Il a compris qu’il ne pouvait pas donner sans lui aussi recevoir. Aussi s’accorde-t-il des pauses de retraite spirituelle de trois jours tous les dix jours dans un monastère et des breaks de six jours par mois dans sa bergerie. Un ouvrage abordable et qui interroge pour qui s’intéresse à la charité et à la spiritualité chrétienne.

Ma note

4/5

AVENTURESROMAN

JEAN VILLEMEUR (ROGER VERCEL)

Le résumé du livre

Seul maître à bord après Dieu, Jean Villemeur, capitaine très respecté du Vulcain, robuste chalutier au long cours, emmène son épouse Hélène et son fils Jean jusqu’à Boulogne, port de départ de sa nouvelle campagne de pêche prévue pour durer quatre longs mois. Sa femme doit y retourner à terre. Il espère que son fils en fera autant, car il ne souhaite pas qu’il prenne sa suite dans ce métier de marin pêcheur ingrat et difficile. Mais le jeune s’obstine et impose sa présence à bord. L’ennui c’est que le métier ne rentre pas. Il souffre atrocement du mal de mer et n’arrive pas à trouver le moindre intérêt pour la pêche au chalut. Arrivés en vue de l’Islande, il leur faut y faire escale pour permettre à un matelot de se faire soigner les dents. Villemeur voudrait en profiter pour y laisser son fils qui pourrait ainsi rentrer en France au plus vite. Mais celui-ci refuse à nouveau…

Ma critique

« Jean Villemeur » est un roman maritime datant de 1950. Malgré l’outrage des ans et un style précis mais un peu ampoulé, il reste intéressant à lire même aujourd’hui, à la fois à titre de document sur les conditions de vie des marins-pêcheurs de l’autre siècle mais aussi pour l’histoire finement contée qui se développe en huis-clos, à bord du Vulcain. L’intrigue a quelque chose d’un antique drame qui s’établit graduellement, par petites touches, pour exploser dans les dernières pages de façon aussi logique que tristement humaine. Le héros, Jean Villemeur, est une sorte d’archétype de capitaine solitaire, fier, dur à la peine, peu causant, mais admiré de son équipage. L’obstination du fils qui est loin d’avoir la carrure et la fermeté de son père, ne s’explique elle aussi qu’en toute fin. Un ouvrage sur la mer, intéressant et émouvant, à classer avec ceux de Conrad, Melville ou Quéffelec.

Ma note

4/5

ESSAIS

BONSAÏ PASSION (KEN NORMAN)

Le résumé du livre

Cultiver les bonsaïs, ces arbres nanifiés et élevés dans des poteries, demande du soin, de la minutie et un grand respect des équilibres naturels. C’est un art qui apparut d’abord en Chine avant d’être introduit au Japon et d’être maintenant répandu partout dans le monde. L’auteur de cet ouvrage est lui-même un passionné d’origine britannique, un des plus grands spécialistes des bonsaïs, juge de la Royal Horticultural Society et lui-même exposant à huit reprises au Chelsea Flower Show où il reçut six fois la médaille d’or. C’est dire si ses conseils peuvent être précieux !

Ma critique

« Bonsaï passion » est un traité d’horticulture qui, par son volume et ses très nombreuses et spectaculaires photographies peut se classer dans les livres de collection. Un néophyte dans cette culture particulière y apprendra tout ce qu’il faut savoir sur le sujet. Après une introduction et un historique, il trouvera toutes les indications sur les dimensions, les proportions, l’esthétique, les techniques de culture, les obtentions par greffe, semis ou bouturage, les présentations. Les chapitres les plus importants sont sans doute ceux consacrés aux soins et entretiens au fil des saisons et le répertoire de toutes les sortes de bonsaïs. On déplorera que toutes n’aient pas une photo dédiée. Très complet et richement illustré, l’ouvrage s’achève sur un glossaire et un très utile carnet d’adresses. Un peu moins complet que le « Larousse des Bonsaïs », cet ouvrage de grande qualité intéressera sans nul doute les amateurs du genre.

Ma note

4/5

ESSAIS

ÊTRE PARENT, LA BOÎTE À OUTILS (ARIANE HEBERT)

Le résumé du livre

Le métier de parent est, sans aucun doute, le plus difficile et le plus exaltant qui soit. Quand un petit être vous arrive et que la responsabilité de son avenir vous tombe sur les épaules, on se sent plutôt démuni. Comment se comporter ? Quelle est la limite acceptable entre le rigorisme et le laxisme ? Comment s’y prendre pour élever correctement un enfant, c’est-à-dire l’amener à se réaliser, à devenir autonome et accompli pour ne pas dire heureux et équilibré ? À toutes ces questions et à quelques autres, Ariane Hébert, psychologue canadienne, apporte des réponses sous la forme de dix principes, de dix commandements que tout parent devrait appliquer s’il veut mener à bien sa délicate mission.

Ma critique

« Être parent, la boîte à outils » est un essai de vulgarisation psychologique et pédagogique présenté de façon particulièrement plaisante. Ariane Hébert ne se paie pas de mots. Elle ne théorise pas. Elle reste dans le concret et ne se laisse pas influencer par toutes les théories fumeuses à la mode. Son discours est basé sur le bon sens et l’expérience de sa pratique. Chacune de ses affirmations est étayée par une anecdote (souvent amusante) intitulée « Dans la vraie vie ». Assez loin des Dolto, Spock et autres pédopsys, l’auteure nous ramène à la réalité avec ses dix principes : donner un cadre, des règles, des limites, oser être source de frustration, ne pas oublier que l’enfant est calculateur, qu’il sait parfaitement à qui il a affaire, admettre que l’apprentissage de l’autonomie peut être douloureux, se rappeler qu’une pensée n’est pas un fait, ne jamais acheter la paix, apprendre à l’enfant comment se comporter, favoriser l’estime de lui-même et surtout ne jamais se payer de paroles, toujours passer à l’action. Un livre tonique, optimiste, agréable à lire et plein d’amusantes illustrations. À conseiller aux jeunes parents et aux autres…

Ma note

4,5/5

POLICIERTHRILLER

DES BABOUCHES À ESQUIBIEN (ALEX NICOL)

Le résumé du livre

À Saint Renan, au nord de la Bretagne, un tueur à gages provoque délibérément un accident envoyant au fond d’un étang une voiture avec son malheureux conducteur. Puis il abat d’une balle de révolver entre les deux yeux une vieille dame, chez elle, dans son jardin. Gwenn Rosmadec, ancien grand reporter devenu écrivain public et son épouse Soazic, par le biais d’un texte à fournir sur un étrange bienfaiteur de la commune, se retrouvent mêlés à cette affaire qui les mènera jusqu’en Arabie Saoudite où l’homme en question a longtemps travaillé et fait fortune avant de prendre sa retraite à Esquibien.

Ma critique

« Des babouches à Esquibien » est un roman d’aventures policières tilisant la plupart des codes du thriller. Il s’agit pour les deux héros d’empêcher que se produise un attentat contre un monument emblématique des Cornouailles. L’intrigue est bien menée quoi que le pot aux roses soit assez énorme et moyennement vraisemblable. L’auteur, grand amateur d’une certaine marque de whisky breton à base de blé noir, citée si souvent qu’on se demande s’il n’en est pas sponsorisé, connait parfaitement son sujet. Il décrit son petit coin de Bretagne avec autant de soin que la réalité de Djeddah. Rien que pour le dépaysement, cet ouvrage agréable à lire mérite le détour.

Ma note

4/5

ROMANTERROIR

MAURIN DES MAURES (JEAN AICARD)

Le résumé du livre

Au siècle dernier, en Provence, dans le massif des Maures, Maurin, braconnier facétieux aussi porté sur les femmes que sur la galéjade, et son ami Parlo-Soulet, grand gaillard taiseux, se retrouvent dans une auberge de campagne devant un auditoire de paysans à qui ils racontent des histoires en présence de deux gendarmes venus de Cogolin. Aussi inconscient que taquin, Maurin décide de jouer un tour qui ridiculisera les deux pandores ceci pour se faire valoir aux yeux d’une très jolie Corse qui plait beaucoup au coureur des bois. Les deux compères profitent d’un moment d’inattention pour s’emparer des chevaux des pandores, filent dans les bois avant de finalement les renvoyer à leurs propriétaires humiliés…

Ma critique

« Maurin des Maures », paru en 1908, est un roman de terroir comme on n’en écrit plus de nos jours. Il est très long, pas moins de cinquante chapitres et la bagatelle de 463 pages. Ça tire un peu à la ligne et donne l’impression d’une sorte de feuilleton écrit autour de la personnalité attachante de ce Provençal rebelle, républicain un tantinet anarchiste, toujours prêt à jouer des tours à la maréchaussée qui n’a de cesse de le pourchasser sans jamais parvenir à le coincer. Il y a du Jacquou le croquant et du Robin des bois chez Maurin et bien sûr ce gros plus méridional, vantardise, jovialité et tartarinades incluses. Toute l’intrigue tourne autour de l’idylle contrariée avec la belle Tonia promise au gendarme Alessandri. Le récit est entrecoupé des récits et commentaires du taiseux compagnon de Maurin ainsi que de quelques contes et anecdotes provençales servant en quelque sorte d’intermèdes. Très bien écrit, cet ouvrage n’est pas désagréable à lire. Il peut encore intéresser les amateurs de folklore méridional. Aicard, poète parnassien, ami de Verlaine et Rimbaud, est malheureusement un peu oublié de nos jours.

Ma note

3/5

AUTOBIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

MÉMOIRES DE SEPT VIES / CROIRE ET OSER (JEAN-FRANÇOIS DENIAU)

Le résumé du livre

Au cours d’une existence incroyablement remplie, Jean-François Deniau fut chargé par plusieurs hauts dirigeants français ou étrangers des missions les plus diverses et les plus périlleuses. Il fut entre autres négociateur pour la Commission Européenne, homme des missions les plus secrètes et les plus délicates comme (par exemple) libérateur d’otages en Bosnie pour des pilotes capturés ou en Afrique noire pour une religieuse embastillée par les soins des sbires de Bokassa. Tour à tour marin, ministre, diplomate, baroudeur (il a passé clandestinement d’innombrables frontières pour rejoindre des maquis), envoyé spécial, écrivain ou académicien, il se retrouva défenseur du Liban, spécialiste de la Yougoslavie et expert de la politique agricole commune à Bruxelles. Véritable homme-orchestre qu’aucune détresse ne laissait indifférent, on le retrouva sur tous les théâtres d’opérations du Liban à l’Afghanistan, en passant par la Tchétchénie, la Bosnie et tant d’autres…

Ma critique

Avec pudeur et élégance, il nous livre une deuxième fournée de ses Mémoires, faites de rencontres exceptionnelles, de combats toujours pour la bonne cause, de réflexions politiques aussi élevées que désabusées, de rêveries et autres réflexions plus ou moins philosophiques. Personnage extraordinaire de courage et de générosité, chevalier des temps modernes, Deniau devait peut-être à sa foi et à ses lointaines origines irlandaises et serbes, ce goût de l’aventure sous toutes ses formes, cette passion dévorante d’aider les plus démunis et cette volonté de s’intéresser à tout. Rien ne l’arrêta, ni la maladie qui le frappa cruellement à de très nombreuses reprises, ni l’incompréhension de ses pairs, ni les basses manœuvres de la politique politicienne. Il voulut réaliser son rêve d’enfant : aller au bout de ses sept vies. Une magnifique leçon de courage, de volonté, d’altruisme et d’abnégation. Un ouvrage intéressant pour les amateurs d’histoire et de géopolitique contemporaine (sur la période 1945-1995), écrit au fil de la plume, sans souci d’ordre chronologique et sans jamais tomber dans les travers de l’effet facile ou de l’indiscrétion.

Ma note

4/5

AUTOBIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

MÉMOIRES DE SEPT VIES / LES TEMPS AVENTUREUX (JEAN-FRANÇOIS DENIAU)

Le résumé du livre

Issu d’une famille de viticulteurs et de forestiers, établie depuis plus de quatre siècles en Sologne sur le domaine de Chambord, Jean-François Deniau eut une vie des plus aventureuses. Il fut étudiant pendant la seconde guerre mondiale et volontaire pour l’Indochine, homme politique, ambassadeur, ministre, commissaire européen, député, président du Conseil général du Cher, essayiste, romancier et membre de l’Académie française. Il fut aussi navigateur émérite, envoyé spécial dans des zones de combats et soutien de peuples opprimés tels les boat people. Il échappa onze fois à la mort et subit un très grand nombre d’interventions chirurgicales particulièrement lourdes. Hors normes dans le paysage politique français, et même carrément électron libre pour les partis de droite, il faisait de la politique en ne se souciant que de servir et non de se servir et sans jamais chercher à faire carrière. Un juste, une sorte de chevalier des temps modernes.

Ma critique

« Les temps aventureux » est le premier des deux tomes de ses mémoires. Il relate la première partie de sa vie, sa jeunesse, ses études et ses premiers pas dans la carrière. Il comporte sept chapitres qui, même s’ils suivent un relatif ordre chronologique n’en demeurent pas moins écrit apparemment un peu au fil de la plume. Deniau reste d’une grande discrétion en ce qui concerne sa vie privée. Il préfère nettement relater toutes sortes d’anecdotes réelles ou inventées. (Difficile avec lui de savoir où se situe la frontière entre réalité et fiction). Il faut dire qu’avec une vie aussi riche et aussi remplie en aventures et rencontres (l’auteur a côtoyé les grands de ce monde Adenauer, Pompidou, Giscard, Kissinger, Jean Monnet, Kroutchev, Louise de Vilmorin, François-Poncet et tant d’autres), il y a forcément ample matière à raconter. Ce touche-à-tout de génie, membre de l’Académie Française, qui fut aussi un grand romancier, se révèle également excellent mémorialiste même si son élégance et sa discrétion pourront décevoir les amateurs de révélations inédites.

Ma note

4/5

SCIENCE-FICTION

LES CROISES DE MARA (GEORGES-JEAN MARA)

Le résumé du livre

Après un long périple en galère galactique, Laur le Négociateur fait escale à Vasa, la Cité des boues où les populations vivent une sorte de Moyen-Âge barbare et cruel sous la coupe du tyrannique Honorat. Aux jeux du cirque, il assiste au supplice infligé à quatre malheureux Ganathiens brûlés vifs, mais ne supporte pas qu’un sort semblable soit réservé à son ancien maître Cydras le Reclus. Il échoue à le faire évader et se retrouve dans un cul de basse fosse en compagnie d’un certain Buch l’Educateur. Laur s’attend à être exécuté à son tour. Mais il est stupéfait quand l’Honorat-Major lui assigne pour mission d’assassiner Dorle le Prophète ainsi que ses principaux lieutenants ganéthiens. La vie et la libération de Cydras est à ce prix.

Ma critique

« Les croisés de Mara » est un roman de science-fiction paru en 1971 aux mythiques éditions du Fleuve noir. L’intrigue se présente comme une lutte entre deux tyrannies, deux totalitarismes, l’un totalement matérialiste, l’autre nettement plus religieux et même carrément fanatique. Le lecteur pourra y voir une allégorie du bolchevisme et de l’islamisme. Inutile de dire qui l’emporte des deux. L’esprit est nettement moins optimiste que dans la SF des années cinquante pleines de confiance en l’avenir. Déjà pointait le pessimisme et les ambiances sombres et plus ou moins désespérées. Arnaud entrevoit l’importance des énergies nouvelles, le solaire en particulier, l’arrivée des androïdes quasi-humains, et des intelligences artificielles, mêmes si toutes ces nouveautés techniques n’ont que peu d’importance dans cette histoire assez bien écrite mais pas spécialement originale. Pas le meilleur opus du prolifique auteur.

Ma note

3/5

LOISIRS

LE PETIT LAROUSSE DES BONSAÏ (ISABELLE & RÉMY SAMSON)

Le résumé du livre

Le Bonsaï est un arbre miniaturisé cultivé dans une poterie, en intérieur ou en extérieur. C’est une pratique orientale très ancienne. Le mot lui-même signifie « arbre sur un plateau » ou « arbre dans un pot ». Historiquement parlant, il est né en Chine. On en retrouve ses prémices au IIIème siècle avant J.-C. Il aurait ensuite été introduit au Japon au XIIème siècle et ne serait apparu en Europe au XIXème siècle grâce à des voyageurs qui découvraient l’Orient et commençaient à mettre l’art oriental à la mode. Le lecteur se doute que c’est tout un art délicat de faire vivre un arbre même nanifié dans de telles conditions.

Ma critique

« Le petit Larousse des bonsaï » est une somme, une belle réussite éditoriale des éditions Larousse. C’est un peu la bible de l’amateur de bonsaï. Il est composé d’une présentation des pratiques de cultures. Comment en créer ? À partir de quoi ? (semis de graines, bouturage, marcottage, greffage) Comment l’entretenir ? (Rassembler les meilleures conditions de culture, taille, rempotage, arrosage, vaporisation, ligaturage…) Comment diagnostiquer et soigner les principales maladies. Les principales espèces sont présentées avec toutes leurs caractéristiques et leurs particularités de culture. De très nombreuses illustrations, photos, dessins agrémentent cet ouvrage très complet qui ravira aussi bien les simples amateurs que ceux qui voudraient se lancer dans cette culture particulière. Un incontournable.

Ma note

4,5/5

ROMAN

LA DYNASTIE DES FORSYTE / LE CHANT DU CYGNE (JOHN GALSWORTHY)

Le résumé du livre

Nous sommes maintenant en 1926. La Grande-Bretagne vit une réalité sociale difficile et chaotique. Les mineurs et les cheminots se sont embarqués dans une grève interminable. L’économie du pays est impactée en raison de la pénurie de charbon et des chemins de fer qui fonctionnent au ralenti. Craignant pour l’avenir, Tante Winifred a fait des stocks de nourriture. Avec quelques-uns de leurs amis artistes et membres de la haute société, Fleur et Mickaël ont décidé de créer une cantine pour distribuer des repas aux ouvriers nécessiteux. Le nouveau député tente également de collecter des fonds pour transformer en logements corrects et dotés de l’électricité toutes sortes d’habitations ouvrières insalubres. De son côté, June continue à vouloir lancer de jeunes peintres inconnus…

Ma critique

« Le chant du cygne » est le dixième et dernier tome de la saga des Forsyte. C’est le plus sombre et le plus social de la série. On y voit la montée en puissance du syndicalisme et des idées communistes, l’importance de la question sociale et l’évolution des mœurs. En bon conservateur, Soames ne voit rien de bon dans tout cela. Quand on lui propose d’intégrer un comité pour l’électrification des taudis, il refuse d’y participer. Il ne comprend pas grands choses aux nouvelles mœurs (coupe à la garçonne, danses « modernes » comme le charleston) et rejette l’art nouveau, la peinture moderne, lui qui fut un collectionneur averti d’œuvres d’art. Sans dévoiler le final, on dira simplement que la saga s’achève sur un terrible drame. Le lecteur quitte avec un certain regret le personnage principal qu’il côtoie depuis le début et auquel il a fini par s’attacher. Une saga magistrale, très bien écrite, plus intimiste que sociale dans son ensemble, qui, vu sa longueur demande une certaine constance au lecteur.

Ma note

4/5

ROMAN

LA DYNASTIE DES FORSYTE (À LOUER)

Le résumé du livre

La saga redémarre en 1920. Suite au premier conflit mondial, la situation politique et sociale a beaucoup évolué en Angleterre. Soames voit ses impôts augmenter considérablement. Il découvre que les socialistes voudraient procéder à des prélèvements sur le capital, ce qu’il considère comme une idée folle, tout à fait dans la ligne de la démence générale qui, à ses yeux, s’est emparée du pays. Sa fille Fleur poursuit ses études dans un pensionnat des plus huppés. Et voilà que dans une exposition de peinture, Soames fait la connaissance du jeune Michaël Mont, un baronnet. Sans trop réfléchir, il l’invite chez lui. Par son entremise, Fleur rencontre Jon, son cousin germain dont elle ignorait l’existence. Les deux jeunes gens tombent éperdument amoureux l’un de l’autre, ce qui n’est pas du tout du goût de leurs parents qui voient leur douloureuse histoire ressurgir sous une forme inattendue avec la nouvelle génération.

Ma critique

Nouvel épisode de la « Dynastie des Forsyte », « À Louer » tourne autour des amours contrariées de Jon et de Fleur, nouveaux Roméo et Juliette victimes du passé de leurs parents respectifs. Ce tome est un peu moins sombre que le précédent à ceci près que les histoires d’amour finissent mal en général. John Galsworthy l’illustre parfaitement avec cette romance douce-amère. Nouvelle génération, même trio perdant. Mêmes erreurs ! L’expérience des parents ne sert en rien celle des enfants. L’ensemble est magnifiquement observé et décrit. Le style très descriptif, minutieux, pointilleux, quasi proustien, porte une histoire bien construite et surtout pleine de personnages criant de vérité. Plus le lecteur avance dans la saga, plus il s’attache à ces Forsyte plein de défauts et de qualités. Et surtout humains, si humains.

Ma note

4/5

ROMAN

LA DYNASTIE DES FORSYTE / LES PASSANTS (JOHN GALSWORTHY)

Le résumé du livre

À Washington, district de Columbia, Soames termine en compagnie de sa fille Fleur et de son mari Mickaël, un tour du monde qui a duré six mois et qui a permis à sa fille de retrouver un certain équilibre largement mis à mal lors de son procès avec Marjorie. Un jour, il se trouve dans un cimetière en train d’admirer une statue quand il aperçoit par hasard le jeune Jon, premier amour de Fleur, en compagnie d’Anne, son épouse américaine. Il est hors de question que les deux personnages se rencontrent. Soames est troublé quand il réalise qu’Irène qui l’a tant fait souffrir est également du voyage…

Ma critique

Neuvième et avant dernier épisode de la saga des Forsyte, « Les passants » est un court intermède un peu mélancolique avant le tome final intitulé « La mort du cygne ». Soames s’achemine vers la fin d’une vie riche en péripéties. Il aura été le fil rouge de toute cette histoire. Il réalise la vanité de toute chose, les difficultés de compréhension entre les humains et la solitude omniprésente. La mort rôde autour du vieil homme. Les fantômes du passé ressurgissent. La fin est proche. Pourtant, lui demeure, fatigué, las, mais bien décidé à encore résister, à ne pas baisser pavillon. Après tout, bien d’autres vieux Forsyte, ont passé le cap des 70 ou des 80. Il s’en est même trouvé un pour finir centenaire. À ce stade du récit, le lecteur attend un dénouement digne du niveau élevé de l’ensemble.

Ma note

4/5

ROMAN

LA DYNASTIE DES FORSYTE / LA CUILLÈRE D’ARGENT (JOHN GALSWORTHY)

Le résumé du livre

Mickaël, qui a abandonné ses responsabilités dans le monde de l’édition et la plupart de ses espoirs littéraires, décide de se lancer dans la carrière politique. Son père use de son influence pour lui obtenir un poste de député conservateur alors que le cœur de son fils pencherait plutôt du côté du socialisme et du travaillisme. Mickaël consacre d’ailleurs son premier discours au Parlement à exposer la doctrine « foggartiste », du nom d’un théoricien prônant le retour à la terre et l’envoi d’un maximum de jeunes gens dans les colonies britanniques, histoire de résorber le chômage. De son côté, Soames se retrouve avec une mauvaise affaire sur les bras. Une certaine Marjorie Ferrar, petite-fille d’un lord désargenté, s’étant ouvertement moquée de Fleur lors d’une réunion mondaine, son père a pris sa défense, l’a insultée et jetée dehors. Il est menacé d’un procès s’il ne présente pas d’excuses. Fier et sûr de son bon droit, Soames refuse…

Ma critique

« La cuillère d’argent » qui représente le huitième épisode de « La dynastie des Forsyte », est un tome nettement plus social que d’autres. L’auteur dépeint en parallèle les milieux les plus aisés, ceux qui naissent avec une cuillère d’argent dans la bouche, et les plus démunis, ceux qui croupissent dans les ruelles les plus sordides de Londres. Il nous offre une scène de « comédie » (dans le sens de la « Comédie humaine » de Balzac) judiciaire avec ce procès ridicule impliquant Fleur et Marjorie, deux égéries « libérées » du milieu artistique et littéraire en vogue dans la capitale. Le regard de Galsworthy est aussi amusé que désenchanté sur le milieu judiciaire que sur les tentatives maladroites de réinsertion à la campagne de pauvres bougres bien peu à la hauteur du défi que cela représente. Encore un tome bien intéressant autant par la qualité du style (quelque part entre Dickens et Zola) que pour les intrigues croisées et les personnages bien pétris d’humanité.

Ma note

4/5

ROMANROMANCE

LA DYNASTIE DES FORSYTE / DÉCLARATION SANS PAROLE (JOHN GALSWORTHY)

Le résumé du livre

En février 1924, en Caroline du Nord, le jeune Jon Forsyte, après un échec en Colombie britannique, s’est lancé dans la culture des pêches. Au cours d’une partie de campagne dans son cercle d’amis, il fait la connaissance d’une jeune et jolie Américaine, Anne Wilmot, sœur de son ami Francis. Le pique-nique se passe au mieux. Le groupe continue en direction de tumulus indiens. Jon et Anne se proposent de rentrer à cheval à l’hôtel. Ils finissent par se perdre et par se laisser surprendre par la nuit. Jon ressent une attirance immédiate envers la jeune fille. Va-t-il lui déclarer sa flamme ? Osera-t-il se lancer, faire le premier pas ?

Ma critique

« Déclaration sans parole » représente le septième épisode de la dynastie des Forsyte. C’est une sorte d’intermède ensoleillé entre deux séquences dramatiques. John Galsworthy nous offre une charmante parenthèse romantique dans un décor de grands espaces et dans une ambiance de vie libre et sauvage. Cela lui permet de faire un parallèle avec l’atmosphère plus confinée, autant dans les décors que dans les esprits, de la vieille Angleterre. Au passage, il n’oublie pas d’évoquer tous les problèmes du sud profond : la ségrégation raciale, la justice expéditive, les lynchages, etc. Un ouvrage court mais intéressant qui permet au lecteur de reprendre son souffle avant la suite des évènements de cette saga à la fois intimiste et sociale.

Ma note

4/5

ROMAN

LA DYNASTIE DES FORSYTE / LE SINGE BLANC (JOHN GALSWORTHY)

Le résumé du livre

La saga reprend en 1926 dans une atmosphère de crise un peu délétère. Fleur et Mickaël ne sont mariés que depuis deux ans. Leur salon sert de base à bon nombre d’artistes de l’avant-garde : peintres, romanciers, poètes, sculpteurs, etc. L’un d’entre eux, Wilfrid Desert, qui fut le compagnon d’armes et le témoin de mariage de Mickaël Mont, s’aperçoit qu’il est en train de tomber amoureux de la trop charmante Fleur. N’étant pas payé en retour, l’artiste envisage de partir courir le vaste monde, histoire d’oublier cet amour impossible. Suite à son alliance avec les Mont, Soames se retrouve au Conseil d’administration d’une compagnie d’assurances fort mal gérée. Un administrateur-délégué s’est permis de graves malversations. Soames refuse d’étouffer l’affaire…

Ma critique

« Le singe blanc » est le sixième épisode de « La dynastie des Forsyte ». Très habilement, John Galsworthy en profite pour faire évoluer ses personnages et la situation. L’honnêteté et la rigueur ne semblent plus de mise dans une époque d’avidité et de profit. La saga évolue plus nettement vers le roman social. Le tableau est assez noir. Les gentlemen de la City laissent apparaître leur lâcheté et même une certaine forme de malhonnêteté. Un petit couple de prolétaires, Victorine et Tony Bicket, luttent pour leur survie. L’un en vendant des ballons de baudruche dans la rue et l’autre en posant nue pour des peintres plus ou moins respectueux. Et là, il y a du Dickens ou du Zola sous la plume de Galsworthy. L’épisode se termine assez mal pour Soames qui prend de plus en plus une stature de Commandeur, de dernier témoin d’une autre époque. Décidément, le lecteur ne se lasse pas de cette longue saga, car évolutions et rebondissements ne manquent pas cette fois encore.

Ma note

4/5

POLICIER

L’ŒUVRE DES PIEUX (VALÉRIE LYS)

Le résumé du livre

Ayant à peine résolu une affaire dans la ville de Quimper, le commissaire Velcro est aussitôt récupéré par Delcourt, son collègue de Rennes alors qu’il espérait enfin rentrer à Paris pour profiter un peu de son canapé et de sa clarinette. Sur le lieu du crime, un appartement inoccupé, Velcro découvre un homme torse nu, agenouillé sur le sol, un rabot à la main, dans la posture d’un ponceur de parquet. Un pieu planté dans sa poitrine le maintient dans cette position particulière. La victime se révèle être l’adjoint du ministre de la Culture. Cet assassinat risque de faire du bruit en haut lieu. Ainsi démarre en terre bretonne une nouvelle enquête qui s’annonce compliquée pour Velcro.

Ma critique

« L’œuvre des pieux » est un roman policier de facture tout à fait classique avec un petit côté thriller très bienvenu dans la mise en scène des crimes. L’intrigue est menée de main de maître. Le lecteur se perd dans diverses pistes très plausibles mais qui toutes ne mènent à rien avant que ne soit révélée en toute fin la clé de l’énigme tout à fait inattendue. Il y a de l’Agatha Christie chez Valérie Lys. On ne lit pas son ouvrage, on le dévore, tant le rythme est soutenu et l’intérêt jamais pris en défaut. L’écriture est limpide, fluide et agréable. Les personnages sont intéressants. Velcro bien sûr, mais aussi Déborah, la stagiaire, hyper efficace et presque surdouée et même Gustave le photographe philatéliste. Ils sont même attachants parce qu’ambigus. Livre à conseiller à tous les amateurs de bons polars qui font bien travailler les petites cellules grises !

Ma note

4,5/5

ROMAN

LA DYNASTIE DES FORSYTE / L’AUBE (JOHN GALSWORTHY)

Le résumé du livre

1909. Soames s’est marié avec Annette surtout dans le but d’avoir un héritier à qui il pourra transmettre sa conséquente fortune. Mais, à l’issue d’un accouchement dramatique, sa jeune épouse met au monde une fille qui sera prénommée Fleur. De son côté, Irène a refait sa vie avec Jolyon Forsite, l’artiste de la famille. Ensemble, ils ont eu un enfant, le petit Jolyon, surnommé « Jon ». À huit ans, c’est un bambin solitaire et imaginatif qui vit dans ses rêveries et qui s’invente des histoires inspirées de celles de Tom Sawyer et Huckleberry Finn ou du roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde…

Ma critique

« L’aube », bref épisode de la « Dynastie des Forsyte » se présente comme une sorte d’intermède chaleureux, agréable comme un matin d’été entièrement centré sur un petit personnage charmant. Une ode à l’enfance, à son monde aussi enchanté que terrifiant. En effet, comme il est hypersensible, le petit Jon est sujet à de terribles cauchemars. Ses parents sont souvent partis en voyage à Paris et un peu partout en Europe. Il passe donc son temps à les attendre, gardé par sa nurse et par sa tante June. Il voue un véritable culte à sa maman Irène. Une très jolie parenthèse, toujours parfaitement écrite. Rarement le monde de l’enfance n’a été aussi magistralement décrit.

Ma note

4/5

ROMAN

LA DYNASTIE DES FORSYTE / AUX AGUETS (JOHN GALSWORTHY)

Le résumé du livre

Trois années plus tard, en 1895, Susan Hayman, celle des sœurs Forsyte qui était mariée, meurt et est incinérée. Quatre ans plus tard, en 1899, c’est le tour de Roger Forsyte de quitter cette terre. Ruiné en raison des performances décevantes d’un pur-sang, Montague Dartie doit s’enfuir de chez lui comme un voleur quand sa femme, Winifred Forsyte découvre qu’il lui a également dérobé un magnifique collier de perles. Soames lui conseille d’en passer par le tribunal dans le but d’en arriver à un divorce en bonne et due forme, seule manière de se débarrasser de ce boulet impécunieux. Lui-même a fait la connaissance d’Annette, fille d’une restauratrice française. Il songe à refaire sa vie avec elle malgré les 25 ans qui les séparent, mais cela risque d’être compliqué car depuis des années, il n’est que séparé de corps et non divorcé d’Irène.

Ma critique

« Aux aguets » représente le troisième volet de la « Dynastie des Forsyte ». L’accent est mis cette fois encore sur Soames, honnête, rigoureux, toujours amoureux de sa femme, et à qui tant de choses résistent. Pour lui, comme pour beaucoup d’ailleurs rien ne se produit comme il le voudrait et pourtant ce n’est pas l’argent qui lui manque. Dans cet épisode, les évènements extérieurs et en particulier la guerre des Boers en Afrique du Sud précipitent les choses. Val et Jolly s’enrôlent dans une sorte de surenchère un brin ridicule. La conséquence ne tardera pas. À cette époque, se produit également le décès de la reine Victoria. C’est toute une époque qui s’achève et un monde nouveau qui apparaît avec les premières automobiles et surtout une nouvelle mentalité. Dans cet opus, l’intrigue prend un tour nettement plus dramatique, ce qui maintient l’intérêt et incite à poursuivre une lecture agréable surtout pour les personnages attachants car très humains.

Ma note

4/5

ROMAN

LA DYNASTIE DES FORSYTE / DERNIER ÉTÉ (JOHN GALSWORTHY)

Le résumé du livre

En 1892, le gros Swithin qui s’est laissé mourir à l’âge de 79 ans, quitte la scène en jetant un doute sur la longévité indéfinie des Forsyte. Tante Ann l’avait d’ailleurs précédée dans la mort en 1886, date d’ouverture de la saga. Le vieux Jolyon qui a racheté la maison de Soames vit maintenant à la campagne avec ses petits-enfants et son fils Jo qu’il a institué comme seul et unique héritier de ses biens. Un jour, alors qu’il se promène dans le bois de Robin Hill, Jolyon se retrouve face à Irène, la réprouvée, la rejetée et l’invite à dîner. Maintenant séparée définitivement de Soames, elle lui apprend qu’elle vit seule dans un modeste appartement de Chelsea et qu’elle donne des leçons de musique pour subvenir à ses besoins.

Ma critique

« Dernier été » représente le seconde épisode de « La dynastie des Forsyte ». C’est un court roman ou une sorte de longue nouvelle (novella) en forme de point d’orgue dans le déroulé des évènements. Six années ont passé. Les passions se sont apaisées avec la disparition de Bosinney, le divorce et la nouvelle vie d’Irène. Le lecteur sent que l’histoire prend un tournant plus dramatique. C’est le tout dernier été du patriarche qui va tirer sa révérence de manière particulièrement poétique. La belle Irène, femme adultère source de scandale, va égayer les derniers instants du vieil homme qui, sous des dehors un peu rugueux, montre de belles qualités de cœur. Il est humain, très humain. Emouvant même quand on le voit essayer de réchauffer ses vieux os au spectacle de la jeunesse et de la beauté. On attend la suite en se doutant que l’intrigue va prendre un nouveau cap après ce moment dramatique.

Ma note

4/5

ROMAN

LA DYNASTIE DES FORSYTE / LE PROPRIÉTAIRE (JOHN GALSWORTHY)

Le résumé du livre

Le 15 juin 1886, la famille Forsyte, roturiers enrichis dans les affaires, est réunie dans la maison de son chef, le vieux Jolyon pour y célébrer les fiançailles de June, sa petite-fille, avec Philip Bosinney, architecte fantasque et désargenté. Autant dire une mésalliance. Pour être certain que le fiancé sera capable de subvenir aux besoins de sa future femme, Jolyon a exigé que le mariage ne soit pas célébré tant que l’impétrant ne soit capable de gagner au minimum 400 livres par an, ce qui risque de prendre pas mal de temps. Un jour, Soames, l’un des frères Forsyte, décide néanmoins de confier au jeune architecte la responsabilité de la construction d’une somptueuse maison de campagne. Mais rien ne se passe comme prévu. Le montant du devis initial est largement dépassé. Et pour ne rien arranger, son épouse Irène se montre de plus en plus distante et commence même à s’intéresser un peu trop au nouveau venu dans le clan…

Ma critique

« Le propriétaire » est le premier tome de « La dynastie des Forsyte », une saga qui en comporte dix. Le lecteur y découvre la vie d’une famille de la haute bourgeoisie dans l’Angleterre de la fin du règne de la reine Victoria. Partis de rien, leur ancêtre n’étant qu’un modeste fermier, ces gens ont gravi un à un tous les échelons d’une société en pleine expansion. Ils sont devenus négociants (comme Jolyon), notaires (comme James), administrateur de sociétés foncières (comme Swithin) ou propriétaires d’immeubles (comme Roger). Ils fréquentent le meilleur monde et ne pensent qu’à une chose, conserver leur patrimoine et, si possible, encore et toujours le faire prospérer. Aussi quand l’un des membres du clan sort un peu des rails, tel le jeune Jolyon qui se voudrait artiste peintre, il est rejeté sans la moindre pitié. Cette situation est très minutieusement décrite. Les personnages et tout particulièrement Soames, June, Bosinney, Irène et le vieux Jolyon sont tous criants de vérité. Ça sent même terriblement le vécu. Le style est ample et particulièrement soigné. On trouve comme une parenté avec Balzac, Zola et même Anatole France chez Galsworthy (qui ne fut pas honoré du prix Nobel de littérature sans raison). On quitte ce premier opus tout à fait passionnant avec un très fort désir de découvrir la suite des aventures de ces gens.

Ma note

4/5

ESSAIS

CE QU’ON VOIT ET CE QU’ON NE VOIT PAS (FRÉDÉRIC BASTIAT)

Le résumé du livre

Que deviendraient les vitriers si personne ne cassait de vitres ? Quand il change une vitre, le vitrier gagne six francs. Il s’en réjouit. L’industrie vitrière profite. C’est ce qu’on voit. Mais les six francs dépensés pour réparer cette vitre ne peuvent plus l’être dans d’autres secteurs comme celui de la chaussure, du textile ou de l’édition. C’est ce qu’on ne voit pas. En fait, la société perd la valeur des objets inutilement détruits. Destruction n’est pas profit… L’Etat doit-il subventionner les Arts ? On ne saurait stimuler par le biais de l’impôt donc de l’argent du contribuable les industries du luxe sans léser les industries de nécessité, car toute somme d’argent ne pouvant être dépensée deux fois, ce qui est attribué au théâtre a forcément été pris ailleurs. La subvention qui prive le particulier d’une part de ses possibilités d’échange est-elle au moins efficace ? Les théâtres subventionnés ont-ils des finances équilibrées ? On peut en douter quand on sait que ce sont les théâtres privés, qui ne vivent que de leurs ressources propres, qui ont les meilleurs résultats. Bastiat démontre que le choix, l’impulsion et l’initiative doivent venir du bas, du citoyen/consommateur et non du haut, du législateur/prédateur. Selon lui, il en va de la liberté et de la dignité humaine.

Ma critique

« Ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas » se présente comme un essai d’économie politique clair et d’abord aisé. L’auteur en bon économiste libéral entend démontrer la nocivité des entraves apportées à l’économie réelle. Ses cibles principales sont la subvention, la réglementation abusive et bien sûr le gaspillage de l’argent public pour des projets qui sont bénéfiques en apparence et nocifs en réalité. Cet ouvrage publié en 1879 reste facile et agréable à lire. Les démonstrations de Bastiat sont claires nettes et sans bavure et toujours illustrées par des exemples concrets. Tout ce qui est expliqué n’est finalement que simple bon sens et parfait réalisme. On s’étonne que cet économiste, révéré dans le monde entier, soit si peu connu dans son pays d’origine. En fait, on ne s’étonne plus quand on admet que depuis Colbert et même avant, le dirigisme et le centralisme démocratique ou non ont toujours tenu le haut du pavé. Un classique à lire par tous ceux qui s’intéressent au sujet.

Ma note

4/5

ESSAIS

PROPRIÉTÉ ET SPOLIATION (FRÉDÉRIC BASTIAT)

Le résumé du livre

En 1848, les économistes socialistes ou anarchistes comme Proudhon remettent en question la légitimité même du principe de propriété privée. Frédéric Bastiat estime lui, que ce qui les dérange vraiment est en réalité ce qu’on peut appeler « la rente », c’est-à-dire le fait que les propriétaires semblent disposer à leur profit exclusif des biens que Dieu ou la nature ont offert gratuitement à l’ensemble de l’humanité. L’économiste libéral, référence mondialement reconnue sauf en France, croit que cette question essentielle sera résolue de manière satisfaisante pour tous s’il peut prouver que la propriété non seulement laisse à ceux qu’on nomme les prolétaires l’usufruit gratuit des agents naturels, mais encore le décuple ou le centuple. Il se dit « prêt à apaiser les prétentions de toutes les écoles économistes, socialistes et même communistes. »

Ma critique

Écrit sous la forme de cinq lettres, « Propriété et spoliation » se présente comme un court traité ou un bref essai de théorie économique de grande qualité. Les arguments s’enchaînent avec la précision d’un mouvement d’horlogerie. Les rapports économiques sont en réalité une suite d’échanges de services dans lesquels seuls sont facturés les efforts des humains et non les biens naturels. Quand on vous fait payer l’eau, il s’agit de rémunérer l’effort de l’homme qui l’a tirée du puits et qui l’a amenée jusque chez vous et non l’eau elle-même qui est toujours restée gratuite. La plus percutante des lettres est sans doute la cinquième, celle qui traite des impôts qui, eux, représentent la véritable spoliation, car ils ne procèdent pas de l’échange de services vu que ce sont toujours les mêmes qui paient et toujours les mêmes qui reçoivent. Ils sont même pernicieux dans la mesure où chacun essaie d’en payer le moins possible tout en cherchant à récolter le maximum d’allocations, subventions et services. Un ouvrage incontournable pour qui s’intéresse aux principes économiques.

Ma note

4/5

ESSAISSCIENTIFIQUE

LE RETOUR À LA SANTÉ PAR LE JEÛNE (DR. EDOUARD BERTHOLET)

Le résumé du livre

Le jeûne apporte aux hommes un moyen infaillible et économique de rétablir leur santé dégradée par toutes leurs erreurs alimentaires, hygiéniques et autres. Bien entendu, cette pratique exige une adhésion, un effort et pas mal de volonté au départ. À première vue, il semble tellement plus simple d’avoir recours à une pharmacopée chimique souvent inopérante quand elle n’est pas carrément nocive, directement ou par ses effets secondaires. Les dangers du jeûne, — affaiblissement généralisé, amaigrissement et mise en danger vital — ne sont que craintes irrationnelles et mythes entretenus par des ignorants ou par des gens qui ont tout intérêt à ce que cette thérapeutique naturelle, radicale et efficace ne se généralise d’aucune façon, car de gros intérêts sont en jeu : multinationales pharmaceutiques, professionnels de la santé, etc.

Ma critique

« Le retour à la santé par le jeûne » est un essai de vulgarisation médicale assez bien construit et argumenté quoique de lecture un peu laborieuse. Le lecteur y trouvera tout un corpus doctrinal dans la ligne des travaux des docteurs Carton et Shelton. L’auteur commence par rappeler que les pratiques de jeûnes ont de tous temps existé, que toutes les religions sans exception l’ont prôné pour purifier autant le corps que l’âme du fidèle. Il rappelle qu’il ne faut surtout pas confondre faim et appétit et martèle de nombreuses fois que nous mangeons trop, beaucoup trop et que notre gourmandise a les pires effets sur notre santé. Il illustre son propos de nombreux exemples de cas cliniques. Les plus frappants sont ceux relatant les records de durée de vie sans absorber de nourriture comme celui de ce yogi hindou qui se fit enterrer et resta dix mois sans manger ni boire ou de ce bonze qui tint 26 jours ou de cette femme, surnommée « la jeunesse de Bourdeilles » qui s’abstint de nourriture pendant la bagatelle de 125 jours. Le docteur Bertholet expose également les méthodes de plusieurs de ces prédécesseurs comme Dewey, Carton ou Guelpa. L’ouvrage s’achève sur une très importante bibliographie. À lire par ceux que cette pratique interroge ou intéresse.

Ma note

3,5/5

AVENTURESSCIENCE-FICTION

LE DOCTEUR OMÉGA (ARNOULD GALOPIN)

Le résumé du livre

Retiré dans son cottage normand, le violoniste Denis Borel est témoin d’un incident surprenant. Il aperçoit un éclair suivi d’une énorme explosion en provenance d’une propriété voisine, celle du docteur Oméga. C’est son laboratoire de recherches qui vient d’exploser dans la nuit ! Le lendemain, Denis tente de rencontrer l’étrange personnage qui souffre d’une sulfureuse réputation dans toute la région. Il découvre que l’homme travaille sur la gravité des métaux. Il aurait même réussi à en produire un si réfractaire à la pesanteur qu’il pourrait permettre de s’élever tout seul jusqu’à l’espace. Il l’a appelé « Répulsite ». Il veut s’en servir pour fabriquer un engin en forme d’obus lui permettant d’atteindre rien moins que la planète Mars. Il propose à Denis de l’accompagner dans cette extraordinaire expédition.

Ma critique

« Le docteur Oméga », publié en 1906, est un roman d’aventures et de science-fiction tout à fait charmant et fort agréable à lire, même aujourd’hui. Le style est excellent, l’écriture impeccable. Ah ! Comme on savait bien écrire au début de l’autre siècle ! Comme la langue était belle, fluide et précise ! Assez proche de celle de Jules Verne, l’inspiration de Galopin profite d’une imagination débordante bien qu’un peu naïve. Il faut dire que les connaissances scientifiques de l’époque étaient moins développées que celles de maintenant. Et pourtant, on se régale en découvrant tout ce qui arrive à ce malheureux équipage. Tous les éléments de la future science-fiction sont déjà là : le voyage dans l’espace avec rencontre d’astéroïde, l’environnement hostile de la planète Mars avec une kyrielle d’animaux plus monstrueux les uns que les autres, et, comme point d’orgue, les démêlés avec les Martiens (décrits presque comme l’homme de Roswell) qu’il ne faut pas raconter pour ne pas déflorer une intrigue aussi foisonnante que passionnante car riche en rebondissements et incidents de toutes sortes. À lire pour découvrir quel génial précurseur fut ce prolifique auteur français un peu oublié.

Ma note

4,5/5

DARK-FANTASY

LES CHRONIQUES DE TELLUS / L’ÉVEIL DES GUERRIERS (JULIA COOPER)

Le résumé du livre

Dans les temps anciens, Solstyce, dompteuse de dragons morte et réincarnée, a aimé Kadicha, vaillant guerrier de modeste origine. Tenylessia, impératrice du ciel et des océans et également dragonne immortelle, se demande comment va redémarrer l’éternel combat contre les forces maléfiques emmenées par le Dieu-Démon. Pour savoir qui mènera le combat, elle rend visite à Mârh, le haut mage. Elle voudrait qu’il lui révèle les noms des successeurs de Solstyce et Kadicha. Pour Mordreka, l’impératrice de la mort, ce devrait être Arion, jeune homme de basse extraction, qui doit d’abord contacter les trois sœurs de Mordreka : Terra, impératrice de la Terre, Océania, reine des océans et Célesta, impératrice de la vie et maîtresse des cieux. Puis, en compagnie de Sam, son père, Arion part à la découverte de la ville royale et fortifiée de Daroh où il rencontre Sir Daktiro qui l’introduit au palais du roi Balgar.

Ma critique

« Les chroniques de Tellus/ L’éveil des guerriers » est le premier tome d’une trilogie de pure dark-fantaisie. Tous les éléments du genre se trouvent réunis dans leur recette habituelle : rois, impératrices (fort nombreuses), elfes, nains, dragons, béhémots, mages, sorciers, etc. L’intrigue de ce premier opus se résume à une présentation de nombreux personnages qui font une courte apparition avant de disparaître et aux amours naissantes entre un vaillant roturier (Arion) qui a été adopté mais doit bien avoir un peu de sang bleu dans les veines, et une charmante princesse au caractère bien trempé (Larya). On assiste aux premières escarmouches et à la préparation d’une guerre qu’on nous promet terrible. Le style de l’auteure n’est pas désagréable en dépit d’une trop grande importance accordée aux dialogues, d’une certaine faiblesse dans les descriptions (pourtant primordiales dans ce genre particulier) et de quelques tournures ou expressions malheureuses ou hasardées. Au final, un demi-succès qui n’incite pas trop à continuer dans cet univers plutôt glauque.

Ma note

2,5/5

ESSAIS

LES FEMMES (ALPHONSE KARR)

Le résumé du livre

De tous temps, les hommes ont dit du mal des femmes. Depuis Salomon (« la grâce de la femme est trompeuse et sa bonté n’est que vice ») jusqu’à Socrate (« Il vaut mieux demeurer avec un dragon qu’avec une femme ») en passant par Sénèque (« La seule chose qui puisse faire supporter la vertu chez une femme, c’est sa laideur ») et combien d’autres. Alphonse Karr, lui, souhaite en prendre le contrepied, en dire tout le bien qu’il en pense. Leur rendre hommage, ou à tout le moins justice. Mais, comme qui aime bien châtie bien, cet esprit brillant est quelquefois aussi capable d’avoir la dent dure…

Ma critique

« Les femmes » est un essai, une étude sans ambition scientifique, sur le comportement des femmes tout au long de leur vie. Le propos se veut objectif, réaliste et se retrouve quelquefois teinté de pessimisme voire d’ironie grinçante. La plupart des thèmes sont illustrés de quelques poèmes ainsi que d’anecdotes cruelles ou amusantes, véritables petites nouvelles finement ciselées. Alphonse Karr s’attarde sur de nombreux thèmes, légers comme la beauté, son importance, sa relativité, la mode, les chiffons, le maquillage ou plus graves comme la guerre, la condition dramatique de la fille-mère en milieu ouvrier ou l’éducation des enfants. Il démontre que dès l’enfance, la fille domine le garçon autant au niveau de l’intelligence que du courage. Cet ouvrage publié en 1853 par un brillant auteur, ami de Victor Hugo, journaliste, auteur de bons mots et écrivain prolifique, est encore agréable à lire de nos jours, surtout pour les chapitres sur l’éternel féminin, par principe intemporel, un peu moins pour les parties datées qui permettent, elles, de mesurer l’évolution des mœurs (baise-main, marques de politesse, etc.)

Ma note

4/5

AVENTURESFANTASTIQUE

LE JOYAU DES AMAZONES / BLACK IRBIS 2 (MATT SNOW)

Le résumé du livre

Emily Minerald, quinze ans, et son ami Frédéric sont deux lycéens orphelins qui, faute d’avoir connu leur passé, rêvent de se bâtir un avenir. Un jour, Emily est invitée par une société secrète, les « Albescens Veritas », lesquels se réunissent dans une cachette et lui proposent de lui apprendre les arcanes de la sagesse et de la tolérance. Elle fait la connaissance du charmant Jonathan Leduc. Mais bientôt, les méchants Ourobouros attaquent les gentils Albescens. Frédéric est blessé. Jonathan découvre son vrai visage. Quant à Emily, elle est capturée, envoyée en Allemagne, gardée prisonnière puis déportée sur une île mystérieuse à des milliers de kilomètres…

Ma critique

« Le joyau des Amazones », contrairement à son sous-titre qui pourrait faire penser à une suite de « La panthère des brumes », est un roman d’aventures et de fantaisie avec des personnages jeunes, ce qui donne envie de le classer dans la littérature ados. L’intrigue est bien menée, pleine de rebondissements, nettement moins répétitive que l’autre opus. L’auteur a multiplié les allusions et autres rappels de diverses mythologies avec une prépondérance pour la grecque, ce qui n’est pas désagréable et donne une touche d’originalité dans un genre plutôt axé sur un Moyen Âge ou une Préhistoire fantasmée. Il revisite également l’Atlantide, la légende des Amazones et quelques autres mythes. Le style est agréable en dépit de petites faiblesses de-ci, de-là. Le caractère des personnages n’est pas très nuancé avec des bons très gentils et des méchants très mauvais. L’ensemble a un petit côté BD qui aurait pu agacer. Mais la qualité du style, le rythme de la narration (beaucoup et peut-être trop de dialogues, fort peu de descriptions) et l’originalité de l’histoire emportent finalement l’adhésion.

Ma note

3,5/5

AVENTURESFANTASTIQUE

LA PANTHÈRE DES BRUMES / BLACK IRBIS 1 (MATT SNOW Y)

Le résumé du livre

A New-York, Lyona surnommée Lady Uncia ou Black irbis, est une mercenaire qui accepte de remplir diverses missions en échange de fortes sommes d’argent. Quand elle ne sert pas de garde du corps pour des célébrités, elle s’introduit dans un building pour y voler une clé USB pour le compte d’un commanditaire concurrent. Elle se considère comme une « Dominatrix »… De son côté, le narrateur se pose beaucoup de questions sur le « Noir », le mal, le côté sombre, ténébreux de l’âme humaine. Il fréquente des vampires qui, au premier abord, lui semblent des gens quasiment normaux.

Ma critique

« La panthère des brumes » est plus un roman d’aventures qu’un véritable roman de science-fiction, fantaisie ou même fantastique. L’intrigue est malheureusement très répétitive. L’héroïne entre par effraction dans un immeuble, s’empare d’un document quelconque et se retrouve aux prises avec des kyrielles de sbires qu’elle liquide un à un en se servant de son arme secrète, le mystérieux rayon bleu. Aucune progression dramatique, mais une suite de séquences de jeu vidéo. Une superwoman digne d’un James Bond en jupons en lutte contre de machiavéliques forces des ténèbres dont le lecteur ne comprend pas bien les motivations. Une histoire genre BD Marvel simpliste. Le style de l’auteur n’est pas désagréable en dépit de certaines faiblesses. Ce premier tome en annonce un second qu’on espère mieux construit et plus captivant. Quoi de plus lassant qu’une longue suite d’escarmouches et de bagarres dont on connait d’avance l’issue ?

Ma note

2,5/5

FANTASTIQUEROMANCE

DÉVIANTS / INNOCENCE (CARA SOLAK)

Le résumé du livre

A Lake Road, non loin de Los Angeles, Gaby Sawyer rentre à la faculté de médecine de Darken en section neurologie. Elle y rencontre Noah, autre étudiant qui veut se spécialiser dans la cardiologie. Mais pour un retard au premier cours de l’année, elle se fait remarquer par son professeur, Matthew Baker qui la prend de haut. Pourtant, tous deux ont un point commun : un don paranormal. Celui de lire dans les pensées pour Matthew et celui de s’introduire dans les rêves des autres pour Gaby. L’ennui, c’est que l’URS, un service secret impitoyable traque sans relâche toutes celles et tous ceux qui sortent de la normalité. On les appelle les « Déviants ». Nul ne sait ce qu’il advient d’eux quand ils sont arrêtés par l’URS.

Ma critique

« Déviants » est un roman qui allie sentiments et paranormal sous la forme d’un cocktail réunissant ¾ de fleur bleue pour un petit quart de fantastique. C’est un peu dommage, car le résultat manque d’action et de rebondissements. Le début est lent à se mettre en place et heureusement la fin relance l’intérêt. Mais c’est uniquement pour donner envie de lire la suite. Comme de bien entendu, le lecteur reste avec ses questions. Sinon, l’écriture est fluide, agréable et assez efficace. La romancière ne s’embarrasse pas trop de descriptions, préférant user et abuser des dialogues. Les personnages sont un peu stéréotypés comme le prof jeune et craquant à souhait. Nul doute que « Déviants » trouvera un public, celui de la chick-lit et autres lectrices « d’After » ou « Twilight ».

Ma note

3,5/5

BIOGRAPHIESHISTORIQUE

LES AVENTURES DE CAGLIOSTRO (JULES DE SAINT FÉLIX)

Le résumé du livre

Joseph Balsamo, qui se fera également appeler Alexandre, comte de Cagliostro, est un aventurier et escroc de haut vol né à Palerme le 18 juin 1743 d’honnêtes et très catholiques marchands drapiers. Il a 13 ans à la mort prématurée de son père. Ses oncles le placent au séminaire dont il s’enfuit très vite, car il ne supporte aucune contrainte. Le père général tente alors de lui faire intégrer un monastère où il apprend l’herboristerie et diverses notions de médecine et de chimie. Mais suite à une nouvelle effronterie, il s’évade à nouveau et retourne à Palerme où, en compagnie de quelques petits voyous, il se livre à l’ivrognerie, au jeu et au libertinage. Après un certain nombre d’escroqueries, recherché par tous les polices, il embarque pour Messine pour échapper aux foudres de la justice. Un jour, il rencontre un certain Altotas, alchimiste arménien qui lui servira de premier initiateur en ésotérisme avec lequel il file en Egypte. Et ce n’est que le début d’une vie riche en aventures…

Ma critique

« Les aventures de Cagliostro » se présente comme la biographie parfaitement sourcée et documentée d’un personnage aussi sulfureux que controversé qui fut une riche source d’inspiration pour Alexandre Dumas et bien d’autres auteurs. Très bien écrit, ce récit, édité en 1855, n’a pas pris une ride en dépit de son grand âge. Saint Félix s’est voulu objectif quand il nous décrit un personnage peu recommandable, prêt à toutes les turpitudes (il ira jusqu’à prostituer son épouse), à toutes les lâchetés et à toutes les compromissions pour faire fortune en trompant le pigeon le plus haut placé possible dans la société : l’impératrice Catherine II de Russie, Potemkine et le cardinal de Rohan et beaucoup d’autres furent du nombre. Disciple du fameux « comte » de Saint-Germain, faiseur d’or, fabricant d’élixir de longue vie, devin et nécromancien, il ne fit pas illusion à Marie-Antoinette pendant l’affaire du collier de la reine (très minutieusement décryptée d’ailleurs) ni à Louis XVI auquel l’auteur rend justice en en dressant un portrait plutôt honnête et pondéré. Au total, un ouvrage historique excellent, de très belle facture et fort intéressant pour les passionnés d’Histoire. Cerise sur le gâteau : ce texte, tombé dans le domaine public, est disponible gratuitement sur la toile.

Ma note

4,5/5

AVENTURESPOLICIER

RETOUR À SHANGRI-LA (GÉRARD DE VILLIERS)

Le résumé du livre

En exil depuis des années aux Etats-Unis, le vieux général Teng Tao, chef de la rébellion des Méos du Laos cherche à organiser un coup d’état dans son pays. Il s’agit de s’emparer du pouvoir à Vientiane en se débarrassant de la dictature communiste qui y règne depuis l’abandon des Américains à la fin de la guerre du Viet-Nam. Tao espère profiter d’un changement d’attitude de la CIA, laquelle commence par lui faciliter la tâche pour l’approvisionnement en armes de ses combattants. Pour mener à bien sa tentative, il compte également sur la passivité naturelle des Laotiens et surtout sur l’usure d’un régime au bout du rouleau. Malko Linge se retrouve à devoir faciliter la tâche du général en se faisant passer pour un marchand d’armes nommé Max. Mais il sait très bien que la tâche va être tout sauf aisée…

Ma critique

« Retour à Shangri-La » est un roman d’espionnage et d’aventures basé sur un complot mené sous fausse bannière dont les services secrets américains sont friands. Gérard de Villiers, en fin connaisseur de la situation du Sud-Est asiatique, nous entraine dans cette histoire pleine de coups tordus qui donne une bonne idée des capacités américaines en matière de trahison. Cet ouvrage a surtout le mérite d’évoquer le long calvaire des Méos, peuple fier et courageux, harkis de l’Asie, sacrifié deux fois sur l’autel de la « real politik ». Comme à son habitude, Villiers entrelarde son récit de scènes de sexe particulièrement torrides qui apportent un brin de piment mais sont loin d’être d’un intérêt exceptionnel.

Ma note

3/5

HISTORIQUE

À CŒUR OUVERT (THOMAS THOMPSON)

Le résumé du livre

À Houston (Texas) dans les années 60/70, deux grands spécialistes de la chirurgie cardiaque rivalisent d’efficacité et de virtuosité. Ils reçoivent des patients venus du monde entier. D’un côté, le docteur Michael Ellis DeBakey, d’origine libanaise, petit, maigre et plutôt tyrannique, qui fut l’un des premiers en 1964 à pratiquer le pontage aorto-coronarien. De l’autre, le docteur Benton Cooley, ancien adjoint du premier, plus jeune, grand, beau, impassible et d’une puissance de travail incroyable. Il pouvait réaliser onze opérations à cœur ouvert dans la même journée ! Et, en 1967, la chirurgie cardiaque fait un bond de géant quand Christiaan Barnard réussit la première transplantation cardiaque dans un hôpital du Cap. Les deux grands patrons américains se lancent immédiatement dans son sillage. Les interventions se multiplient, les transplantations de cœur également. Avec quelques succès, mais aussi beaucoup d’échecs.

Ma critique

« À cœur ouvert » est un ouvrage d’histoire médicale bien documenté et facile d’accès retraçant les énormes progrès réalisés par la chirurgie lors de cette décade. L’histoire des débuts du cœur artificiel est particulièrement intéressante et même émouvante par son aspect dramatique. En effet, en 1969, le docteur Denton Cooley posa le premier cœur artificiel total sur un patient mourant à qui l’on ne trouvait pas de cœur de donneur. Ce cœur était un système de circulation externe à l’étape expérimentale, un dispositif très lourd comportant un compresseur de 250 kg fonctionnant par commande pneumatique et deux prothèses ventriculaires en plastique. Après 64 heures, ce cœur artificiel fut retiré et remplacé par un cœur humain. Malheureusement, 32 heures après la transplantation, le patient décéda. Plus tard l’on comprit que c’était dû à une infection pulmonaire aigüe certainement aggravée par des médicaments immunosuppresseurs. Pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de la médecine, un ouvrage essentiel, vivant, bien écrit avec de nombreux cas étudiés et des solutions osées (cœurs de chimpanzés, chiens ou cochons, pontages, détournements d’artères, envoi de gaz carbonique, pose de valvules en matière synthétique, etc.)

Ma note

4/5

ESSAIS

JE VEUX VIVRE EN DÉMOCRATIE (HERVE LEBRETON)

Le résumé du livre

Quand un petit prof de maths honnête et tenace comme Hervé Lebreton met son nez dans les finances de nos élus, ça fait mal et même très mal. Au début, il doit faire face à une résistance incroyable quand il ose demander qu’on lui communique la réalité des comptes et pourtant il ne fait qu’exercer son droit et même son devoir de simple citoyen. Ainsi, avec son « Association pour une démocratie directe », il arrivera à lever le voile sur le scandale des généreuses retraites des parlementaires, sur les mystérieux arcanes de la réserve parlementaire, cette caisse noire alimentée par nos impôts qui permet de dépenser sans le moindre contrôle plus de 150 millions d’argent public pour améliorer le quotidien dans certaines villes et de s’assurer en toute illégalité des voix aux prochaines élections. Il lui a d’ailleurs fallu en passer par une longue bataille judiciaire devant le tribunal administratif pour obtenir la publication d’une partie des dotations, celle concernant les associations restant hors de portée ! Même chose pour l’enrichissement personnel des députés et sénateurs qui utilisent leurs indemnités parlementaires pour financer leur permanence, faire des achats immobiliers ou même acquérir des SICAV…

Ma critique

Le lecteur comprendra aisément que « Je veux vivre en démocratie » est à la fois un essai, un témoignage et un grand cri d’espoir lancé par un simple citoyen qui ne peut plus se satisfaire de glisser à intervalles réguliers un bulletin dans une urne et ensuite de ne plus jamais pouvoir rien contrôler. Le livre est absolument passionnant. Il se lit comme un roman. On peut même dire qu’il se dévore et que le lecteur va de découvertes en découvertes qui ne feront que conforter ses réticences vis-à-vis de certaines pratiques peu recommandables. D’aucuns pourraient se résigner et considérer que c’est une lutte totalement inégale, celle du pot de terre contre le pot de fer, que le citoyen n’a qu’à la fermer et supporter toutes ces dérives qui, à terme, ne peuvent qu’être mortelles pour une réelle démocratie, tant elles alimentent la défiance et même le rejet d’un pareil système. La grande force et le mérite de cet ouvrage réside dans le fait qu’il montre tout ce qu’un simple citoyen résolu peut réaliser en s’armant de patience et en s’appuyant sur notre constitution et sur la déclaration des droits de l’homme (en annexe avec une lettre au président pour participer à l’action). Un bel exemple à suivre si nous voulons reprendre en main une démocratie confisquée au profit d’individus qui se servent au lieu de servir !

Ma note

4,5/5

BIOGRAPHIESRELIGIEUX

DIFFINE, FILS DU BON DIEU, FILS DU BON PEUPLE (MARC FLICHY)

Le résumé du livre

Fils unique de parents alsaciens réfugiés à Paris en 1871, Henri Diffiné nait en 1890 dans le XVIIIème arrondissement. Jusqu’à sa majorité, il habite avec eux dans une loge exiguë de concierge dans un triste immeuble du boulevard Magenta (Xème). Après de courtes études, il devient métreur en peinture. Dès 1908, il passe ses soirées comme adorateur à la basilique de Montmartre. En 1911, il est appelé sous les drapeaux. En 1914, il part à la guerre avec un enthousiasme juvénile. Puis il part pour Salonique avec l’armée d’Orient. Blessé à deux reprises, il est démobilisé en 1919. Il entre alors dans la Compagnie de Jésus et est ordonné prêtre à l’âge de 39 ans. Emule du Curé d’Ars et nouvelle image de Saint Vincent de Paul, il consacre le reste de sa vie à un grand nombre d’œuvres sociales pour les petites gens. Il sera enfin le conseiller spirituel de nombre de prêtres, de religieux ou d’évêques. Autant contemplatif qu’actif, il savait être aussi proche des petites gens que des grands de ce monde…

Ma critique

« Diffiné » est à la fois la biographie, l’anthologie et le portrait vivant d’un être exceptionnel. Cet humble jésuite, fils d’une concierge et d’un ouvrier du bâtiment, fut en effet une grande figure de la spiritualité française. Il vécut pauvre comme Antoine Chevrier et simple comme Thérèse de Lisieux. Il sut conserver précieusement un esprit d’enfance et pratiquer une charité évangélique en action. Très documenté, cet ouvrage se compose de deux parties : la description de son itinéraire peu ordinaire. Le lecteur remarquera qu’il fit tout à fond qu’il fut ouvrier, puis militaire, puis religieux. La seconde partie est consacrée à ses écrits et à sa démarche spirituelle, celle de l’oraison perpétuelle qui avait bien des points commun avec celle des grands mystiques orthodoxes. L’auteur souligne d’ailleurs qu’à la fin de sa vie, Diffiné avait les allures d’un vieux staretz que les gens venaient consulter bien volontiers. Une magnifique icône qui mérite le détour…

Ma note

4/5

AVENTURES

COMPAGNONS DE PLONGÉE (DIOLE & COUSTEAU)

Le résumé du livre

À la fin de l’hiver 1967, la « Calypso » se retrouve au sud de l’Océan Indien, en route vers le Cap. Cousteau et son équipe explorent l’île Bird, refuge d’une impressionnante colonie de fous de Bassan, puis l’île Sainte-Croix, abritant de nombreux manchots. Le 29 février, elle croise devant l’île Geyser qui est le domaine particulier des otaries. Les mauvaises conditions météorologiques et les nombreuses autres missions prévues obligent le commandant à quitter prématurément les lieux, non sans devoir prendre une décision difficile : capturer deux otaries prénommées « Pepito » et « Christobald » qui seront « apprivoisées » avec plus ou moins de réussite.

Ma critique

« Compagnons de plongée » est le récit très vivant d’une expédition maritime entre l’Océan Indien et le détroit de Béring avec traversée de l’Atlantique (escale à Sainte-Hélène), passage du canal de Panama et finalement, remontée du Pacifique avant d’atteindre les glaces de l’Arctique. L’intérêt de cet ouvrage édité en 1974 est autant écologique que biologique. Cousteau s’intéresse tout particulièrement à la faune : oiseaux, otaries, morses, éléphants de mer avec une légère prédilection pour ces derniers. Il cherche déjà à alerter l’opinion publique sur les atteintes à l’environnement. Lire ce livre aujourd’hui permet de mesure le chemin parcouru (certains diraient en direction de la grande catastrophe…). La rencontre finale avec de véritables esquimaux vivant encore de manière traditionnelle et chassant dans leurs embarcations carénées en peau de morse femelle en est l’exemple le plus frappant. À noter également une abondance de belles photos en couleur. Cet ouvrage fait d’ailleurs partie d’une importante série, véritable encyclopédie de la mer, la collection « Odysée ».

Ma note

4,5/5

BIOGRAPHIESRELIGIEUX

LE VAGABOND DE DIEU (JOSEPH RICHARD)

Le résumé du livre

Benoît-Joseph Labre, né le 26 mars 1748 à Amettes, du diocèse de Boulogne et décédé le 16 avril 1783 à Rome, fut un pèlerin mendiant français qui parcourut les routes d’Europe et se fixa à Rome et à Lorette vers la fin de sa vie. Surnommé le « Vagabond de Dieu », il est considéré comme un mystique. Son errance perpétuelle, son absence d’hygiène étonnent, voire indisposent, ses contemporains et suscitent la méfiance des pouvoirs locaux. Fréquentant chacun dans un esprit fraternel, il est parfois maltraité ou brocardé par ses compagnes et ses compagnons de route, par les enfants ou les gens de rencontre, mais, toujours vêtu d’un manteau de bure et d’un chapeau de feutre, avec pour seul bagage un bréviaire, un bourdon de pèlerin et une gourde en bandoulière, il préfère leur sourire plutôt que se défendre. À sa mort, une foule innombrable se rassemble pour vénérer sa dépouille et proclamer sa sainteté. On en appelle à l’armée pour rétablir le calme à Rome.

Ma critique

« Le vagabond de Dieu » est la biographie précise et documentée d’un personnage hors norme qui vécu dans l’humilité et dans la contemplation et que certains pourront qualifier de témoin de la foi ou de saint d’un calibre proche d’un François d’Assise, d’un Alexis ou d’un Vladimir alors que d’autres le relégueront au rang d’exalté pour ne pas dire de simple fou. N’ayant pas trouvé son compte ni à la Trappe ni dans d’autres monastères tout aussi austères, il choisit cette condition de pèlerin perpétuel, de mendiant partageant ses aumônes avec plus pauvres que lui et de pénitent passant ses jours et une partie de ses nuits à prier dans diverses églises. Plutôt moqué de son vivant, il fut idolâtré dès sa mort. L’Eglise catholique mit un siècle à consacrer ses vertus et à le canoniser. Le livre en fait d’ailleurs une assez longue recension (presque la moitié du texte). Ouvrage bien écrit, intéressant, permettant de découvrir un être extraordinaire, attachant, épris d’absolu et voulant en tous points imiter son divin Maître. Admiré par Paul Verlaine qui lui dédia un poème, il eut aussi deux « imitateurs », Germain Nouveau et Charles Maire, mais ne fonda pas d’ordre religieux, son exemple étant par trop radical, même pour son époque.

Ma note

4,5/5

AVENTURESTEMOIGNAGE

L’HOMME QUI MARCHE (JEAN BELIVEAU)

Le résumé du livre

Le 18 août 2000, Jean Béliveau quitte le Québec avec 4000 $, un petit tricycle à bagages et le rêve fou de faire le tour du globe à pied. Quelque 75 500 km, 4077 jours et 64 pays plus tard, le marcheur de 55 ans termine son incroyable voyage. Après une marche de 11 ans et 2 mois, Jean Béliveau rentre à Montréal, le 16 octobre 2011. Tout avait commencé par une terrible tempête de glace et le ralentissement de son affaire d’enseignes lumineuses. Puis une lente dépression et un jour, pendant un jogging, cette question : « Combien de temps lui faudrait-il pour rejoindre New-York, le Texas, le Mexique en courant ? Très vite, sa décision est prise. Plutôt que de se suicider, il va partir traverser les cinq continents. Et là, il a senti la force se répandre en lui…

Ma critique

« L’homme qui marche » est le récit d’une expédition hors norme, d’un voyage au bout de soi-même, aux confins de la solitude et de la folie. Combien de traversées de déserts, combien de souffrances, de peines, de larmes mais aussi de rencontres, d’accueil, d’entraide, de solidarité de la part d’inconnus rencontrés un peu partout. Le lecteur découvrira nombre de pays sous un aspect bien différent que celui renvoyé par les médias. Une Afrique du Sud bien éloignée du mythe de la nation arc-en-ciel, une Egypte où des patrouilles de police l’escortent tout au long de son périple, mais aussi un Iran hospitalier et chaleureux dans lequel les jeunes sont curieux de tout ce qui se passe en dehors de leurs frontières. Sans parler des « sauts de puce » obligatoires pour raisons de conflits ou de situations politiques délicates comme l’impossible traversée de la Libye, de l’Afghanistan ou du Pakistan. Un ouvrage bien écrit, passionnant, magnifique, qui se dévore littéralement en laissant un peu le lecteur sur sa faim. Il comprend que l’auteur ait dû condenser onze années de vie intense en 247 pages et ait dû élaguer. Un cahier avec quelques photos aurait été le bienvenu également.

Ma note

4/5

ESSAISTEMOIGNAGE

L’ESPRIT DU CHEMIN (EDOUARD CORTES)

Le résumé du livre

Grand marcheur devant l’éternel, Edouard Cortès, écrivain et journaliste, a de nombreuses expéditions à son actif. Une traversée du Caucase à pied, un pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle en solitaire en 1999, puis un autre en Terre Sainte avec son épouse en 2007 et, pour finir, un dernier à Rome, en famille avec leurs trois filles en 2012. Ainsi, à titre de jacquet, romieu et paumier, s’interroge-t-il sur l’esprit du chemin. Qu’est-ce qui pousse tant d’êtres humains à prendre sac, bourdon et calebasse et à partir à pied sur d’interminables kilomètres vers l’un des hauts lieux de la chrétienté ? Pourquoi souffrir du froid, de la chaleur, endurer la fatigue, attraper tendinites ou ampoules et supporter de précaires conditions d’hébergement ? Et comment vivre cette expérience unique, faire des rencontres et finalement rentrer au bercail bien différent de l’être qu’on était au départ et arriver à réintégrer l’agitation de la vie ordinaire ?

Ma critique

« L’esprit du chemin » n’est pas vraiment un témoignage, ni un récit de voyage, ni une transcription de journal de bord, mais plutôt une suite de réflexions philosophiques ou théologiques et d’anecdotes tirées du vécu de l’auteur. Lequel n’hésite pas à prendre à témoin toutes sortes d’autres pèlerins ayant témoigné dans les temps anciens. Ainsi découvre-t-on au fil de cette lecture que finalement peu de choses ont changé le long de tous ces pèlerinages. Les hommes sont restés les mêmes. Leurs motivations ont peu changé. Plus de 40% des arrivants à Santiago déclarent avoir marché pour des raisons religieuses encore aujourd’hui. Le chemin continue à appeler. Ces paysages, ces cailloux, ces sanctuaires modestes ou majestueux attirent toujours autant. L’essentiel reste pourtant le chemin, le « Camino » et son esprit qui reste magique, essentiel, que l’on soit croyant ou non. Le secret n’est-il pas de chercher à vivre l’instant présent, de lâcher prise au rythme lent de la marche et d’en revenir aux besoins essentiels de la condition humaine ? Livre agréable à lire, bien écrit et plein de références intéressantes. (Une importante bibliographie en fin d’ouvrage permettra d’approfondir la question).

Ma note

4/5

AVENTURESEXPLORATIONS

FLEUR AUSTRALE (GÉRALDINE DANON)

Le résumé du livre

Le 1er juin 2010, « Fleur australe » après avoir traversé l’Atlantique, remonté vers le Groenland et réussi le passage du Nord-Ouest en 2009 (narré dans les précédents ouvrages), repart pour une expédition dans le Pacifique. Leur but, les îles Marquises (escale à Hiva-Oa), puis les Tuamotu, l’archipel de la Société (Tahiti, Moorea, Bora-Bora), les îles Australes et les îles Gambier. À son bord, le skipper Philippe Poupon, Géraldine, son épouse, ex-actrice et narratrice, leurs quatre enfants âgés de deux à treize ans, deux équipiers servant également d’instituteur et de nounou sans oublier Beti, leur chienne Jack Russell qui aura des petits pendant le voyage…

Ma critique

« Fleur Australe » est le récit très vivant et très honnête d’une croisière qui n’a rien d’une partie de plaisir. Le bateau essuie des tempêtes, des vents contraires, le pot au noir. Les enfants et les équipiers souffrent du mal de mer. Géraldine tombe à l’eau et n’est pas loin de se noyer et pour finir, tous échappent à un redoutable tsunami qui fera de gros dégâts aux Marquises. Géraldine Danon sait parfaitement rendre l’ambiance à bord, souvent électrique du fait de la promiscuité et du manque d’intimité, et joliment décrire les décors sublimes de ces endroits paradisiaques. De plongées dans des eaux aussi cristallines que poissonneuses, d’observation des baleines, dauphins et requins en invitations diverses et variées chez les nombreux amis du couple, ce voyage est une mine de découvertes et d’apprentissages pour les enfants et, par la même occasion pour le lecteur qui s’offre ainsi une jolie part de rêve et d’aventures. Aussi agréable à lire que les ouvrages d’Antoine ou du célébrissime Moitessier. Un seul regret : l’absence d’un album photo dans la version poche.

Ma note

4,5/5

POLICIERROMAN

L’AGENDA KOSOVO (GÉRARD DE VILLIERS)

Le résumé du livre

En 2007, au Kosovo, non loin du village de Decani, un monastère abritant quelques moines d’origine serbe est protégé par un détachement de bersaglieri italiens de la KFOR. Une nuit, Adile, une jolie kosovare, monte au monastère rejoindre un certain Beppo Forlani qui finit par lui faire l’amour dans un cabinet de toilettes. Pendant ce temps, un commando albanais, « les loups noirs du Kosovo » profite du relâchement de surveillance de Beppo et de son collègue Vanzetti pour s’introduire discrètement dans le monastère, kidnapper cinq moines, les emmener dans la forêt et les décapiter à la scie circulaire. Cet acte barbare déclenche immédiatement l’intervention magistrale du prince Malko Linge…

Ma critique

« L’agenda Kosovo » est un roman d’action et d’espionnage basé sur des faits réels et particulièrement bien documenté. L’intrigue n’est malheureusement pas très originale. Malko, pour tenter de découvrir qui a commandité le crime, doit remonter toute une filière en passant de témoin en témoin. La seule surprise réside dans le fait que cette affaire fonctionne sous « fausse bannière » et donc que les apparences peuvent être trompeuses. Sinon, le procédé de fabrication repose sur l’éternelle même recette : pas mal de violence entrelardée de scènes de sexe censées pimenter le propos. L’ennui c’est que les descriptions sont quasiment tirées au kilomètre au mot près et que la monotonie ne peut qu’engendrer l’ennui. Chacun sait ce qu’il peut attendre de ce genre de « littérature », autrefois dite « de gare » et ne doit pas s’attendre à autre chose qu’un peu de divertissement facile et sans conséquence.

Ma note

3/5

ROMAN

THE FAVORITE GAME (LEONARD COHEN)

Le résumé du livre

À Montréal, vit une importante communauté juive qui s’estime être la plus influente du Canada. Et, en son sein, une famille se considère comme tenant le haut du pavé, les Breavman. Le dernier descendant de la dynastie s’encanaille avec quelques amis. La liste de ses conquêtes féminines est assez impressionnante (Heather, Bertha, Lisa, Tamara, Norma, Shell…) Dans une boîte de nuit, il est à l’origine d’une bagarre générale. En s’aidant d’un livre d’hypnotisme, il parvient à prendre le contrôle mental d’une fille un peu naïve et à abuser d’elle. Il aime beaucoup fréquenter de jeunes militantes communistes et gauchistes…

Ma critique

« The favorite game » est un roman composé par une suite d’anecdotes non chronologiques et reliées entre elles de façon assez lâche. Le thème servant de fil rouge est la recherche de l’amour plutôt physique. Pour Léonard Cohen, c’est une quête sans grand espoir, désenchantée et quasi désespérée. À cette problématique s’ajoute celle de la condition juive. Hitler, le nazisme et les camps de concentration sont évoqués à diverses reprises. Quelques pages pour un portrait de la mère juive et un peu plus pour la musique, les débuts du folk avec Leadbelly, Pete Seeger, les Weavers par exemple. Breavman joue de la guitare. Le lecteur doit-il en déduire qu’il est plus ou moins un avatar de l’auteur. Le style littéraire est simple et sans afféteries. Cet ouvrage sans grande envergure ne laisse pas un souvenir très marquant. Nul doute que Cohen est meilleur chanteur qu’écrivain !

Ma note

3/5

HISTORIQUE

CURIEUSES HISTOIRES DE L’HISTOIRE (GUY BRETON)

Le résumé du livre

À Jérusalem, Lazare, revenu de la mort grâce à un miracle du Christ, sa famille et ses amis chrétiens, sont détestés par les Juifs et trainés devant le grand prêtre, lequel prononce une sentence de bannissement à leur encontre. Ils sont placés sur une barcasse sans voile, ni mât, ni gouvernail et sans eau, ni vivres et poussés vers la haute mer. Un vent favorable leur fait traverser toute la Méditerranée. C’est ainsi que Lazare, Trophime, Maximin, Marie Salomé, Marie-Madeleine et leur petite servante Sara (les Saintes Maries de la mer) débarquent en Camargue… Une jeune et belle reine éthiopienne se présente à Jérusalem avec toute sa cour. Le roi Salomon, fils de David, tombe immédiatement amoureux de la belle étrangère. Après une torride nuit d’amour, Makeda, reine de Saba, rentre dans son pays où elle accouchera neuf mois plus tard d’un fils nommé Ménélik… Pendant des siècles, les professions d’apothicaires et d’épiciers furent confondues ou interchangeables…

Ma critique

« Curieuses histoires de l’Histoire » est un recueil comprenant 24 anecdotes amusantes et surprenantes de l’Histoire proche ou lointaine. L’ensemble est pétillant, plein d’humour et impeccablement écrit. Le lecteur apprendra énormément de choses tout en s’amusant. Par exemple qu’une jolie Anglaise aida Napoléon III à réussir son coup d’Etat avant d’être fort inélégamment remerciée… Que les maréchaux d’Empire exigeaient de grosses sommes d’argent de Napoléon 1er avant d’engager le moindre combat et que ses nombreuses maîtresses ne se gênaient pas pour en faire autant. Que Gustave Eiffel, de son vrai nom Gustave Bonikausen, dut vaincre une formidable opposition à l’édification de sa fameuse tour. Pas moins de trois cents personnalités (Sully Prudhomme, Leconte de Lisle, Coppée, Maupassant, Gounot, etc.) signèrent une pétition contre elle. Verlaine demanda même qu’on abatte cette « horreur » après qu’elle fut construite. Certains allèrent jusqu’à parler de monument anticlérical, car sa hauteur dépassait celle de la cathédrale Notre-Dame. Ouvrage intéressant et divertissant. Que demander de plus ?

Ma note

4,5/5

ESSAIS

LA GUERRE POLITIQUE (RAYMOND MARCELLIN)

Le résumé du livre

Pour Raymond Marcellin, ministre de l’intérieur en mai 1968, la guerre politique est celle que mène l’URSS à l’endroit des démocraties sans jamais avoir recours au choc des armées. Il s’agit de les subvertir, de les affaiblir par un certain nombre de procédés idéologiques utilisés par son ambassade largement pourvue en agents du KGB, par le parti communiste « français » totalement inféodé à Moscou et par des syndicats comme la CGT et avec la complicité active de divers compagnons de route : intellectuels, journalistes et artistes divers et variés. C’est une guerre froide, souterraine, diligentée par les services spéciaux, dont l’action dépasse largement le simple espionnage pour aller jusqu’à la manipulation des masses et l’instrumentalisation de groupes révolutionnaires, autonomistes et/ou terroristes. Cette subversion venue de l’étranger a pris des proportions inquiétantes, devant lesquelles toute nation libérale est pratiquement désarmée sur tous les plans, psychologique, politique, juridique, militaire et administratif. « Son caractère insidieux facilite ses entreprises et rend aléatoire les mesures prises pour les combattre par les nations qu’elle mine à la façon des termites », lit-on.

Ma critique

« La guerre politique » est un essai géopolitique particulièrement bien écrit et bien documenté. Son auteur fut tout à fait bien placé pour comprendre la situation, l’analyser et apporter des solutions. Sait-on que des groupuscules gauchistes avaient le projet de s’emparer des urnes à la fin de mai 68, ceci pour fausser le résultat des élections ? Marcellin, en organisant un énorme coup de filet dans ces milieux, fit avorter cette tentative peu connue. L’intérêt de ce livre, au-delà du fait qu’il est daté et plus tout à fait d’actualité, est sa parfaite analyse des rouages d’un phénomène que l’observateur a vu croitre, s’affiner et embellir même après la fin de l’URSS. Les mêmes procédés, améliorés au fil des années, amenant les mêmes résultats et minant de plus en plus une société en pleine déliquescence. L’auteur ne se contente pas de faire un diagnostic, il fournit en plus l’ordonnance pour contrer le phénomène. Il faudrait de la fermeté, du bon sens et avoir le courage de regarder la réalité en face, ne plus se payer de bons mots, de beaux sentiments et de slogans plus ou moins pipés.

Ma note

4/5

ESSAISRELIGIEUX

DIEU, MALGRÉ TOUT (JACQUES DUQUESNE)

Le résumé du livre

Un tsunami en Asie, une inondation à la Nouvelle-Orléans, un cyclone en Haïti, un ouragan, un tremblement de terre, une éruption volcanique. Des milliers de morts, des dégâts par millions. Comment un Dieu bon peut-il permettre le mal, les souffrances d’un enfant atteint du cancer ou celles d’un peuple injustement persécuté. Jacques Duquesne constate que le Mal semble être partout. « À tous ceux qui crient et se révoltent, il faut dire qu’ils ont raison de crier », dit-il. Dès le départ se pose le problème du péché originel qui aurait été à la source de tous les malheurs du monde. Sans parler qu’on peut même aller jusqu’à se massacrer pour la plus grande gloire de Dieu. Et pourtant, il y a la théorie de l’évolution. Le monde est en perpétuelle création. L’avenir serait donc plein de promesses car Dieu est perpétuellement à l’œuvre et aurait même besoin des hommes…

Ma critique

« Dieu, malgré tout » se présente comme un essai de vulgarisation théologique d’abord facile et compréhensible. L’auteur part des catastrophes naturelles, de tous les ratés de la création, continue sur la condition humaine, sa capacité au pire comme au meilleur et finit par poser le problème de la présence du mal. Pourquoi Dieu le permettrait-il ? Serait-il un Dieu vengeur ? Un Dieu se satisfaisant de sacrifices ou châtiant aveuglément l’innocent comme le coupable ? Aucun philosophe, aucun théologien n’a jamais pu résoudre ce problème. Après un détour par Darwin et Teilhard de Chardin, Duquesne en vient aux conclusions ultimes. Dieu n’est qu’amour et humilité. Il souffre et crie avec les souffrants. Il n’est pas tout-puissant et ne veut pas l’être car s’il l’était nous ne serions pas hommes. Et notre « liberté » ne vaudrait pas bien cher. Un livre qui donne à réfléchir tout en secouant quelques vieux dogmes au passage.

Ma note

3/5

HISTORIQUETEMOIGNAGE

LES CHIENS D’HIMMLER (FRANÇOIS-ALBERT VIALLET)

Le résumé du livre

En juin 1940, dans une France battue et envahie, François-Albert Viallet est arrêté par des agents de la Gestapo en compagnie d’un camarade. Commence alors pour les deux Français un long périple, en voiture et en train, qui les mènera jusqu’à Berlin, après plusieurs étapes dans diverses prisons (Wiesbaden, Mayence et Francfort). Dans la capitale du Reich, le narrateur se retrouve dans la prison de la préfecture de Police, à l’Alexanderplatz. Pendant plus de quatre mois, il croupit dans le dépôt numéro 1, surnommé « la cuisine du diable », avec 400 autres prisonniers « politiques » dans des conditions effroyables de crasse et de promiscuité, les lieux étant prévus pour une vingtaine de détenus. Torturé par la faim et rongé par la vermine, l’auteur observe que tout le monde ou presque a été arrêté de façon arbitraire. Ainsi le doyen, Juif de 83 ans, s’est retrouvé raflé pour s’être promené dans la rue à une heure tardive. Partout, une stricte hiérarchie raciale a été décrétée par les nazis : les prisonniers allemands sont toujours les premiers et les mieux servis et font également office de kapos, souvent pires que les gardiens officiels. Tout en bas de l’échelle sociale, se retrouvent les Polonais et les Juifs.

Ma critique

« Les chiens d’Himmler » est à la fois le témoignage d’un homme ayant passé une vingtaine de mois dans les geôles nazies et un essai sur le système judiciaire et carcéral hitlérien. Il faut attendre la moitié de l’ouvrage pour savoir pour quelles raisons, F-A Viallet s’est retrouvé dans cette pitoyable situation. On le soupçonne d’espionnage et de complicité avec des antinazis allemands. En réalité, journaliste polyglotte (il servira d’ailleurs de traducteur aux Allemands), il lui est reproché d’avoir écrit avant guerre certains articles peu favorables au régime. La lecture de cet ouvrage publié en 1945 et donc vraisemblablement écrit « à chaud » et « à charge » est assez pénible voire laborieuse. Que de haine ! Que de souffrances ! Que d’absurdités kafkaïennes ! Quel manque d’humanité ! Tout comme le KGB d’autre sinistre mémoire, la Gestapo fonctionnait selon le principe monstrueux et totalitaire du « tous coupables », aussi extravagantes ou invraisemblables que puissent être les charges. Le tout étant de ne pas tomber entre leurs pattes, vu le peu de chances de s’en ressortir… Heureusement pour l’auteur, il parviendra à s’évader d’une façon totalement improbable et fort mal expliquée d’ailleurs. Ouvrage utile à titre de document pour la recherche historique, registre totalitarisme, propagande et manipulation des masses.

Ma note

2,5/5

AVENTURESESSAIS

LE MONDE EST MON PAYS (ANDRÉ BRUGIROUX)

Le résumé du livre

Perpétuel voyageur, André Brugiroux, surnommé le pape des stoppeurs ou des routards, a passé la totalité de son existence à voyager en auto, bateau ou avion-stop dans le monde entier. Il peut se targuer d’avoir visité l’ensemble des pays du monde et même des territoires aussi improbables que l’archipel des Chagos ou aussi impénétrables que l’Arabie Saoudite, le dernier trophée qu’il accrocha à son palmarès. Né en 1937, il démarra son périple en 1955 en refusant de payer pour quelque hébergement que ce soit et en se limitant à un budget d’un seul dollar par jour. Et il y parvint. Au terme de 18 années d’aventures autour de la planète, il cumula 400 000 km parcourus et pas moins de 135 pays traversés. Fort de ce premier exploit, il monta un film, donna de nombreuses conférences qui lui permirent de continuer sur sa lancée et, au fil des années, des opportunités, des hasards et des rencontres, d’ajouter de nouvelles destinations jusqu’à atteindre récemment son but ultime…

Ma critique

« Le monde est mon pays » n’est pas à proprement parler un récit de voyage mais plutôt une réflexion sur un retour d’expérience. Brugiroux n’ayant pas tout raconté ni dans son premier opus « La terre n’est qu’un seul pays », ni dans son précédent « L’homme qui voulait voir tous les pays du monde », ajoute diverses anecdotes en les classant par thèmes : le rêve impossible, la peur de l’inconnu, les règles de l’art, le stop, la solitude, la Providence et bien sûr, la quête spirituelle. Brugiroux s’envisage avant tout comme un missionnaire, c’est-à-dire un homme chargé d’une mission, celle de propager les idées du baha’isme, religion qui prône la paix universelle par une sorte de syncrétisme général et grâce à un gouvernement mondial éclairé. Le livre est fort intéressant et très bien écrit (le globe-trotter a bénéficié de l’aide d’un journaliste, Jérôme Bourgine). Dommage qu’il y ait tant de redites. Un grand nombre d’histoires ont déjà été racontées dans les précédents ouvrages d’où une impression de radotage un peu lassante.

Ma note

3/5

NOUVELLES

HISTOIRES À LIRE (SIX NOUVELLES)

Le résumé du livre

En Irlande, Grand-père O’Behan, ne supportant plus de vivre avec son épouse, demande à un de ses fils de bien vouloir l’héberger. En retour, il agrandit la maison, « fabrique » de toutes pièces un arpent de bonne terre cultivable sur de la caillasse, construit des meubles et même son propre cercueil… Dans le Nord de la France, André, orphelin de mère, voit son père partir à la guerre en août 14 alors qu’il n’a que 9 ans… Frankie est la maîtresse de Robert, cadre marié, brillant et dynamique. Elle est tout heureuse de partir avec lui en escapade sur la Côte d’Azur. Mais au dernier moment, changement de programme : ce sera l’Irlande… La fille de Dora est renversée par la voiture d’un cadre qui s’en sort en déclarant qu’il n’était pas au volant. Dora veut à tout prix se venger… Dans un salon de thé londonien, une jeune femme rencontre Archie Marchbanks, comédien célèbre, qui s’est glissé incognito parmi les clients… À Montmartre, la « Chanteuse de Pigalle » est retrouvée assassinée peu après sa prestation. Le lendemain, c’est sa remplaçante qui disparaît à son tour…

Ma critique

« Histoires à lire » est un recueil de six nouvelles d’autant d’auteurs. Pas de véritable unité de thème ou de registre. On trouve du terroir, du sentimental, de l’historique et du policier. Des écrivains de styles et niveaux bien différents. L’ensemble reste assez hétéroclite. Le pire côtoie le meilleur. Certaines nouvelles donnent une impression de remplissage pour ne pas dire de tirage à la ligne. D’autres reposent sur des intrigues plutôt faibles. Seules les nouvelles de Jean Anglade et de Georges Simenon sortent vraiment du lot avec une mention particulière pour « Grand-père Samuel » de Jean Anglade, un petit bijou d’intelligence et de finesse. Cette nouvelle qui illustre bien le courage et la ténacité des Irlandais mérite à elle seule de détour. Celle de Simenon est également intéressante, mais sans plus. Quant aux quatre autres, on peut faire l’impasse sans problème.

Ma note

3/5

AUTOBIOGRAPHIESBIOGRAPHIES

LE BEAU MASQUE (JEAN-CLAUDE PASCAL)

Le résumé du livre

Issu de la haute bourgeoisie parisienne, Jean-Claude Pascal s’est engagé dans la 2ème DB à la fin de la seconde guerre mondiale, à l’âge de 17 ans. Il fut le premier à entrer dans la ville de Strasbourg abandonnée par les Allemands. Démobilisé, il commença par travailler comme modéliste chez Dior aux côtés d’un certain Pierre Cardin puis chez d’autres grands couturiers. Attiré par le théâtre, il s’inscrit au cours Simon où il fait la connaissance de Pierre Mondy, Philippe Nicaud, Nicole Courcel et Robert Hossein. Bientôt, c’est Edwige Feuillère qui lui mettra le pied à l’étrier en le prenant comme partenaire pour « La dame aux camélias ». Un bonheur ne venant jamais seul, il décrochera également un premier rôle dans un film historique, « Le jugement de Dieu ». Ce sera le début d’une belle carrière au cinéma (une cinquantaine de films) et au théâtre (il jouera avec les plus grands) avant de prendre le tournant vers la chanson où il rencontrera un égal succès (Grand prix de l’Eurovision, cinquante albums) aussi bien en France qu’à l’étranger.

Ma critique

« Le beau masque » est une auto-biographie partielle qui reste principalement focalisée sur la carrière cinématographique de l’acteur qui fut souvent cantonné en raison de son physique avantageux dans les rôles de séducteurs et qui joua avec Gina Lollobrigida, Jeanne Moreau, Annie Girardot, Romy Schneider, Erich von Stroheim, Charles Vanel, Georges Descrières, Sacha Guitry… Ce dernier l’impressionnera beaucoup sans lui faire illusion, car il aura l’impression que l’homme est en représentation permanente. Livre très bien écrit. Pascal aura d’ailleurs une troisième carrière, celle d’écrivain historique avant de décéder dans l’anonymat. Il peut être intéressant de lire cet ouvrage qui permet de découvrir des facettes peu connues du monde du cinéma des années cinquante. Les portraits de stars sont justes, précis, sans concession et souvent assez loin de l’idée que l’on peut se faire des personnages. Beaucoup de tendresse dans ses descriptions, aucune indulgence pour lui-même, signe des belles âmes. Dommage que l’auteur reste d’une discrétion de violette sur sa vie privée. Il faut dire que l’époque ne s’y prêtait pas trop.

Ma note

3/5

ESSAISRELIGIEUX

LE SECRET DE MARTHE ROBIN (JACQUES RAVANEL)

Le résumé du livre

Fille de paysans de la Drôme, Marthe Robin (1902-1981) fut, dès son plus jeune âge, d’une santé fragile. À 16 ans, elle commença à souffrir de céphalées et de maux de têtes particulièrement douloureux. Puis, elle perdit peu à peu l’usage de ses jambes. Ne voulant être une charge pour personne, elle s’occupa de travaux de couture et de broderie. Mais assez rapidement, de paraplégique, elle devint tétraplégique, c’est-à-dire qu’elle ne put plus se servir de ses mains et de ses bras. Elle en fut réduite à passer son temps alitée. La maladie gagnant ses yeux, il ne lui fut plus possible de supporter la lumière du jour et devint aveugle. Elle ne pouvait plus rien manger d’autre que l’hostie apportée chaque jour par un prêtre. Chaque fin de semaine, elle revivait dans sa chair toutes les souffrances de la Passion du Christ au point d’en recevoir les stigmates…

Ma critique

« Le secret de Marthe Robin » se présente à la fois comme un témoignage (Jacques Ravanel a bien connu Marthe Robin, a recueilli ses confidences et eu accès à ses écrits) et comme un recueil de paroles inédites, de pensées ou de recommandations de l’extraordinaire mystique. (Sans doute le versant le plus passionnant de cet ouvrage). Marthe Robin a été une source d’inspiration formidable pour un grand nombre de communautés nouvelles. Des centaines de milliers de personnes sont venues la voir sur son lit de souffrances, dans l’obscurité de sa modeste chambre. Elle leur a toujours fait bon accueil que ce soit de grands personnages ou des gens de rien et leur a tous apporté amour, compassion et réconfort. Le lecteur ne peut que tirer grand avantage de cette lecture d’une simplicité évangélique, tout en étant émerveillé de découvrir l’importance de l’humilité dans sa démarche. Une fois de plus, le Christ, négligeant le clinquant, les paillettes, les tambours et les trompettes, s’est servi des plus pauvres matériaux (la fameuse pierre rejetée par les bâtisseurs), en l’occurrence une pauvre paysanne n’ayant même pas son certificat d’études, pour transmettre son formidable message d’amour.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

LES FRANCS-MAÇONS (SERGE HUTIN)

Le résumé du livre

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Franc-Maçonnerie se trouve dans cet ouvrage. Son origine qui remonterait à la nuit des temps et à la construction du Temple de Salomon par Maître Hiram. Son évolution de maçonnerie opérative (réservée aux sculpteurs et tailleurs de pierre du Moyen Âge) en maçonnerie spéculative (c’est-à-dire affranchie de toute appartenance corporative). Ses origines sociales : longtemps chasse gardée des aristocrates sous la houlette de membres de la famille royale comme Philippe d’Orléans dit « Philippe Egalité » ou Frédéric II de Prusse, elle s’est lentement démocratisée par l’adjonction de strates bourgeoises. Ses orientations religieuses et philosophiques : se référant au départ au catholicisme (pays latins) ou au protestantisme (pays anglo-saxons), elle s’en est éloignée de plus en plus en France jusqu’à devenir farouchement anti-religieuse et anti-cléricale (séparation de l’Eglise et de l’Etat, affaire des fiches, nationalisation des biens du clergé, bannissement des congrégations, etc.). Sans oublier les rites d’initiation, les symboles, les grades, les obédiences…

Ma critique

Traité particulièrement bien documenté, « Les Francs-Maçons » se présente comme un ouvrage de vulgarisation éclairé et se voulant objectif. Pour l’auteur, franc-maçon lui-même, conférencier officiel des Rose-Croix Amorc et expert en alchimie et ésotérisme, les Franc-maçons ne mériteraient ni les excès d’honneurs ni les tombereaux d’opprobre dont les uns et les autres les gratifient. Ils ne seraient que d’importance secondaire ou partielle dans le déclenchement de la Révolution Française (alors que pratiquement tous ses dirigeants et inspirants en étaient), ni dans le soutien à Bonaparte (alors que tous ses frères en étaient et que l’intéressé n’en était pas), ni dans l’avènement et les réalisations de la IIIème République (alors qu’une écrasante majorité de députés et de ministres en étaient). Il balaie d’un revers de manche les travaux nettement moins favorables de Barruel sans grandes preuves ni arguments. Au total, un ouvrage intéressant ne serait-ce que par les illustrations souvent macabres voire inquiétantes, les notes très précises et surtout la chronologie indispensable pour le côté historique de l’affaire. Utile pour une première approche mais insuffisamment critique pour porter un jugement.

Ma note

3/5

AVENTURESEXPLORATIONSTEMOIGNAGE

L’HOMME QUI VOULAIT VOIR TOUS LES PAYS DU MONDE (ANDRÉ BRUGIROUX)

Le résumé du livre

S’il est un homme qui peut se targuer d’avoir réalisé, adulte, tous ses rêves d’enfant, c’est bien André Brugiroux. Surnommé « le pape des routards », il a d’abord bouclé en dix-huit ans d’auto-stop, bateau-stop et autres subterfuges peu onéreux, un incroyable tour du monde. Puis au fil des ans, des occasions et des conférences, il a réussi à poser son sac dans presque tous les pays du monde. Seule, l’Arabie Saoudite s’est longtemps refusée à lui, mais, il a réussi récemment, grâce à un concours de circonstances quasi miraculeux, à accrocher ce dernier trophée à son tableau de chasse de globe-trotteur ! Et tout ça, à raison d’un seul dollar par jour, sans jamais devoir payer pour coucher à l’hôtel (sauf quand c’était absolument obligatoire comme en URSS ou en Corée du Nord), sans se munir du moindre canif (en signe de non-violence assumée), ni d’une simple gourde même en plein désert (pour toujours devoir s’en remettre au bon vouloir de l’Autre).

Ma critique

« L’homme qui voulait voir tous les pays du monde » est un témoignage passionnant et époustouflant de toute une vie passée sur les chemins dans une quête assez unique de cette totalité de voyages qui vise le Livre des Records et frise un tantinet la monomanie. En effet, il reste à Brugiroux un lieu non visité, les îles Chagos, base militaire US vidée de ses habitants. Lire ces aventures permet d’apprendre pas mal de choses sur la réalité de pays dont le lecteur n’a souvent qu’une idée faussée par la présentation tendancieuse qu’en font nos médias. Que de péripéties, que de dangers, que de rebondissements, que de souffrances pour arriver à pareil résultat. L’auteur en tire la leçon suivante : « La terre n’est qu’un seul pays et tous les hommes en sont les citoyens », précepte proclamé par Bahà’u’llàh, fondateur d’une religion universelle dérivée de l’Islam et prônant un idéal de paix par la gouvernance mondiale. Ouvrage que l’on conseillera aux amateurs d’aventures loin des sentiers battus touristiques, aux rêveurs de grands espaces, tout en se permettant deux petits reproches. Bien des lieux mériteraient de plus amples développements. L’auteur aurait pu en profiter pour réduire la durée de ses prêchi-prêcha baha’istes un brin lassants. L’enfer « mondialiste » est pavé de si bonnes intentions…

Ma note

4/5

HISTORIQUE

UN ETRANGE MONSIEUR FREY (PIERRE SERGENT)

Le résumé du livre

En 1934, Ernst Frey, jeune bachelier autrichien d’origine juive, milite dans diverses organisations d’extrême gauche. Pour échapper aux persécutions des nationaux-socialistes, il quitte clandestinement l’Autriche pour se réfugier en France. Il espère pouvoir partir combattre aux côtés des Républicains espagnols, mais ses chefs, jugeant qu’il ne leur serait pas de grande utilité, l’en empêchent. Il s’engage alors dans la légion étrangère où il fonde la toute première cellule du parti communiste. Il se retrouve en Indochine où il est fait prisonnier par les Japonais. Après des mois de détention particulièrement cruelle, à peine libéré, il intègre les rangs du Viet-minh tout juste émergeant. Très vite il se retrouve à combattre ses anciens frères d’armes et à monter dans la hiérarchie jusqu’à devenir colonel et conseiller particulier du général Giap. Un jour, lassé de la guerre, des tortures et des exactions perpétrées, il remet tout en question, rencontre le divin et donne un nouveau tournant à sa vie.

Ma critique

« Un étrange monsieur Frey » est la biographie précise et circonstanciée d’un personnage tout à fait hors du commun. Athée aussi militant que rabique, il épouse les thèses communistes avec enthousiasme, se révèle un apparatchik fanatique et d’un totalitarisme borné jusqu’au moment de l’illumination sur son chemin de Damas. D’une lecture un peu laborieuse, ce livre a également l’immense avantage de faire découvrir au lecteur un côté peu connu de la guerre d’Indochine, de se retrouver dans l’autre camp, celui des mercenaires européens, anciens nazis et autres Japonais reconvertis, celui des futurs vainqueurs. Il apprendra ainsi que le parti communiste indochinois ne comptait à cette époque qu’un petit millier de membres, le Viet-Minh, moins de 20 000 combattants et que cet effectif si modeste, sans artillerie, ni aviation, ni blindés, ni armes lourdes réussit à tenir en échec le corps expéditionnaire français avant d’en faire autant avec la puissante armée américaine. Pour les amateurs d’Histoire militaire.

Ma note

3,5/5

ROMAN

DANS LA BAIE MAUVE (SARA BAUME)

Le résumé du livre

Dans un petit village de l’Irlande profonde, Ray, homme d’un certain âge, vit seul dans une modeste maison face à la mer. Orphelin, il n’a pas connu sa mère et il a passé son enfance chez une femme qu’il n’aimait pas et qu’il devait appeler « Ma Tante ». Considéré comme débile mental, il n’alla pas à l’école, ne fréquenta pas d’enfants de son âge et vécut en la seule compagnie de son père, homme froid et indifférent qui passa sa retraite à fabriquer des jeux de sociétés aux règles improbables avant de décéder fort âgé en s’étouffant avec une saucisse. Se retrouvant du jour au lendemain seul et abandonné, Ray décide d’adopter un chien, un ratier au caractère difficile qui se bat souvent avec ses congénères. Il est couvert de cicatrices et a déjà perdu un œil. D’où son nom : « One Eye ». Le couple cabossé part au hasard des routes, vivant, mangeant et dormant sur des parkings dans une vieille auto.

Ma critique

« Dans la baie fauve » se présente comme une sorte de long monologue réparti sur quatre chapitres, un pour chaque saison de l’année. Par bribes, Ray raconte sa vie à son chien, son seul confident et son seul ami. Celle-ci étant très tristesse et d’une monotonie à pleurer, l’auteure la pimente de longues et minutieuses descriptions de plages, d’oiseaux marins, de plantes, d’animaux familiers et autres décors ou paysages. Le résultat donne une sorte de « magie du quotidien » avec des alternances d’épisodes un tantinet abracadabrantesques qui ne manquent d’ailleurs pas d’étonner. Peu de péripéties, aucun rebondissement, et pourtant, l’intérêt ne se dément pas et on lit même avec un certain plaisir. Sans doute est-ce dû au regard acéré de l’auteure, à ses observations pertinentes, à ses fulgurances et à son style particulier, tout en finesse et allusions. Les deux personnages ne peuvent laisser indifférents. Leur histoire dans sa terrible banalité amène à réfléchir sur le sens de ces « petites » vies « inutiles ». Un premier roman très réussi et déjà remarqué dans divers prix littéraires.

Ma note

4/5

ESSAIS

LA COURSE À PIED (JEAN-PAUL MATHISS)

Le résumé du livre

La course à pied est l’un des sports les plus pratiqués dans notre pays. On estime le nombre de joggers à quatre millions. Il y a des épreuves et des compétitions pour tous et de tous niveaux. Des 10 ou 15 km jusqu’aux marathons ou semi-marathons, sans oublier les 100 km de Millau ou de Migennes ou le trophée du Vignemale, la course la plus haute d’Europe avec un dénivelé total de 2700 m pour une longueur de 51 km dont 2 sur glacier. Entre autres. Pourquoi court-on autant ? Par quoi doit-on commencer ? Comment mener un entrainement ? Comment améliorer ses performances ? Quelle est la bonne manière de préparer un marathon ? Autant de questions auxquelles répond ce livre…

Ma critique

« La course à pied » se présente comme un petit guide technique bien illustré, bien documenté et très bien conçu. Le lecteur, qu’il soit lui-même coureur ou non, débutant ou chevronné, y découvrira mille choses sur le sujet. Par exemple, que la bizarre longueur du marathon (42 kilomètres et 195 mètres soit 26 miles et 385 yards) a été décidée par les Britanniques. Elle correspond à la distance qui sépare le château de Windsor du stade de White City. Il y trouvera également divers tableaux et graphiques sur les allures à tenir, les correspondances test sur 10 km par rapport au marathon, sur les choix de chaussures et même un lexique sur le jargon des coureurs et diverses adresses en annexe. Au total, un livre court, mais très complet et fort utile pour progresser dans la pratique d’une discipline aussi exigeante que bienfaisante.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

BENOÎT XVI OU LE MYSTÈRE RATZINGER (DUQUESNE & ZIZOLA)

Le résumé du livre

Benoît XVI (Joseph Ratzinger) né le 16 avril 1927 à Marktl (Bavière, Allemagne), a été le 265e souverain pontife de l’Église catholique du 19 avril 2005 au 28 février 2013. Fils de parents opposés au nazisme, il fut enrôlé de force dans les jeunesses hitlériennes. En 1944, il refusa d’intégrer la Waffen-SS en faisant valoir son intention d’entrer au séminaire. À la suite de sa libération, en 1945, du camp de prisonniers de guerre de Bad Aibling où il fut interné après avoir déserté la Wehrmacht lors de son service militaire, il commença sa formation de prêtre puis fut ordonné le 29 juin 1951. Le 24 mars 1977, il est nommé archevêque de Munich et Freising par le pape Paul VI. Théologien reconnu, le cardinal Ratzinger est nommé par le pape Jean-Paul II, en 1981, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Réputé conservateur, il fait l’objet de nombreuses critiques concernant notamment ses prises de position sur le préservatif, l’homosexualité, l’Islam, les Amérindiens ou encore la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. Cependant, il est aussi reconnu pour ses prises de position en faveur de l’écologie ou encore pour son combat contre la pédophilie dans l’Église et contre l’antisémitisme. Le 11 février 2013, il renonce à ses fonctions, et devient dès lors, et de façon inédite, « Sa Sainteté Benoît XVI, pontife romain émérite ».

Ma critique

« Benoît XVI ou le mystère Ratzinger » est un livre double, écrit à quatre mains par Jacques Duquesne, écrivain bien connu, qui signe « Ce qui attend Benoît XVI », un état des lieux de l’Eglise catholique au mois d’avril 2005 et par Giancarlo Zizola, vaticaniste réputé, qui est responsable de la seconde partie intitulée « Qui est-il ? » et présentant un portrait plutôt à charge du « Panzer Kardinal ». Les deux parties sont de très inégal intérêt. Autant la première est passionnante avec ces analyses très pertinentes du rôle du pape et des évêques, de la crise du sacerdoce, de la place des femmes, du rôle des théologiens, du problème de l’œcuménisme. Autant la seconde est décevante, car elle n’apporte pratiquement aucune lumière ni piste de recherche sur ce « mystère ». Ratzinger reste un personnage fort complexe à la fois réformiste (il fut en pointe lors du Concile Vatican II) et conservateur (il n’y eut pas plus grand adversaire de la fameuse « théologie de la libération »). Zizola conclut son essai en disant qu’il ne fera pas de révolution mais qu’il ne se résoudra sans doute pas à n’être qu’un pape de transition. Avec le recul, le lecteur s’aperçoit que l’avenir lui a donné tort. Livre de circonstance, qui au lieu de lever un coin du mystère, ne fait que l’épaissir un peu plus !

Ma note

2,5/5

ESSAISEXPLORATIONS

QUESTIONS DE NATURE (NICOLAS HULOT)

Le résumé du livre

D’abord photographe, puis animateur de télévision (« Ushuaïa ») et maintenant ministre de l’écologie, Nicolas Hulot a de tous temps aimé la nature. Il a parcouru en tous sens notre planète, a pratiqué l’ULM, le parapente, l’avion, la plongée sous-marine, la spéléologie sur les plus beaux sites de la planète. Il a sillonné le désert en compagnie du professeur Théodore Monod, séjourné sur le motu de Paul-Emile Victor, face à l’île de Bora-Bora. Il a assisté à la ponte des tortues sur l’île inhabitée d’Aldabra, participé à une ancestrale chasse à l’aigle au Kazakhstan, écouté le brame du cerf en forêt de Fontainebleau et caressé des gorilles dans la réserve de la malheureuse Diane Fossey. Et de chacun de ces lieux et de quelques autres, il nous prodigue une réflexion, une pensée ou une recommandation écologique : la chasse n’est pas une bonne chose, la chasse à courre est pire encore. Les corridas et bastonnades d’ânes en Espagne sont des abominations. La pêche industrielle avec filets dérivants devrait être interdite. Il faut protéger et respecter les animaux sauvages, s’inspirer des peuples premiers qui ne prélèvent que le strict minimum sur la nature…

Ma critique

« Questions de nature » se présente comme un livre de courtes réflexions politico-philosophiques sur le thème de l’écologie et de la défense de l’environnement. Pour Hulot, l’homme moderne impacte beaucoup trop gravement la nature. Il met en péril les animaux, les plantes et les sites encore préservés. Ceux-ci d’ailleurs devraient même être sanctuarisés et interdits au tourisme de masse, en sous-entendant que lui et ses lourdes expéditions de type « Ushuaïa » avec énormes 4X4, camions de matériel, et armada volante ou roulante devraient seuls continuer à en jouir alors qu’il ne fait que donner envie à d’autres de le suivre et de l’imiter ! On ne peut qu’adhérer aux principes répétés à longueur de page dans ce livre au bout du compte plus ennuyeux qu’autre chose. L’auteur aligne les évidences, les truismes et autres idées reçues comme d’autres enfilent des perles. La plupart des paragraphes commencent par « je ». Plus narcissique que ça, on meurt ! Encore un bouquin édité sur une notoriété, une de ces savonnettes littéraires qui, même si elles lavent plus blanc, n’apporte pas grand-chose et sera aussi vite lue qu’oubliée !

Ma note

2,5/5

HISTORIQUE

LES PRÊTRES DÉPORTÉS SUR LES PONTONS DE ROCHEFORT (YVES LOMME)

Le résumé du livre

En 1794, la France est en pleine Terreur. Robespierre veut en arriver à l’éradication complète et définitive de la religion catholique. La Révolution a déjà confisqué tous les biens du clergé, aboli la dîme, établit la constitution civile du clergé et ordonné le bannissement de tout ecclésiastique soupçonné de sympathies pour la royauté. Mais il reste encore des curés dans les paroisses et des moines dans les abbayes qui n’ont pas voulu quitter leurs ouailles. Sur dénonciation rétribuée, il les fait arrêter dans les départements. Ceux du nord du pays se retrouvent déportés dans diverses prisons de Rochefort. Ne sachant que faire de ces 829 prisonniers, les révolutionnaires les enferment dans les entreponts de divers anciens navires négriers envasés ou incapables de prendre la mer. Pendant un an, ces malheureux vont subir des conditions de détention atroces. Ils seront entassés au-delà du raisonnable dans une chaleur, dans un froid de glace et une puanteur effroyable, enfumés chaque matin aux vapeurs de goudron et interdits de prière. Ils ne disposent que d’une nourriture avariée et infecte et sont soumis aux vols, aux moqueries et aux brutalités des matelots. Une épidémie de typhus se déclare bientôt. Au total, 480 moururent de maladie et de mauvais traitements en moins d’un an.

Ma critique

Cet ouvrage historique est basé sur un grand nombre de témoignages et de documents officiels ayant servis à la béatification de 64 de ces malheureux. Celle-ci fut finalement prononcée en 1994 par le pape Jean-Paul II. Cet épisode particulièrement cruel des persécutions religieuses de la Révolution Française est moins connu que les noyades de Carrier à Nantes, que le supplice des religieuses de Compiègne ou que le génocide des Vendéens. Il mérite cependant de ne pas être oublié. Il montre jusqu’où peut aller la cruauté des hommes quand ils sont égarés par une idéologie fanatique. Le lecteur remarquera que prêtres jureurs et réfractaires (et même mariés) se retrouvèrent à égalité sur ces pontons, les accommodements n’ayant servi de rien. Après Thermidor, le vent ayant tourné, les tortionnaires eurent même la vergogne de demander des certificats de bonne conduite à leurs victimes qui, par charité chrétienne, les leur accordèrent ! Un livre important, bien documenté, qui ne peut qu’intéresser le passionné d’Histoire qui veut se faire une opinion sur cette période troublée.

Ma note

4/5

TEMOIGNAGE

UNE FEMME BLESSÉE (SUSAN STANFORD)

Le résumé du livre

À Chicago, Susan, 26 ans, professeure de psychologie en faculté, voit son mariage avec Franck, brillant juriste, se déliter peu à peu. Quand elle lui pose la question cruciale de savoir si elle peut espérer agrandir un jour la famille, il refuse en se disant pas prêt à être père. Le couple finit par se séparer. Susan rencontre un autre homme dont elle tombe enceinte. Ne se sentant pas la force de garder cet enfant conçu hors mariage, elle se résigne à avorter. Le traumatisme est tel pour la malheureuse qu’il lui faudra de longues années avant de retrouver le goût de vivre et de regagner la surface grâce à l’amitié de ses proches et surtout à la découverte du pardon et de l’amour divin. Elle doit bientôt quitter un poste de doyenne de l’Université pour ouvrir un cabinet de consultations psychologiques à Detroit où elle s’efforce d’aider d’autres femmes traumatisées par l’épreuve de l’avortement. Elle pratique ainsi une totale reconstruction « psychique et spirituelle » qui porte souvent de très beaux fruits.

Ma critique

« Une femme blessée » se présente comme le très émouvant témoignage d’une femme honnête et intelligente. À la lumière d’une expérience aussi douloureuse que traumatisante, elle parvient à nous faire partager avec sensibilité et ferveur un message de foi et d’espoir en la vie et en la miséricorde divine laquelle permet aux femmes de se pardonner et de se faire pardonner. Ce chemin de résurrection peut être long et douloureux. Les séquelles psychiques de ce geste terrible pouvant être aussi nombreuses que la dépression nerveuse, le chagrin persistant, le remords chronique, les maladies psychosomatiques, les abus de drogues ou d’alcool et même les tentatives de suicide sans parler de celles purement physiques comme les possibles fausses couches ou grossesses extra-utérines. Un livre important sur une question aussi cruciale que vitale et nettement moins simple que voudraient le faire croire les tenantes de l’IVG fraîche et joyeuse.

Ma note

4,5/5

TEMOIGNAGE

LA FOSSE AUX SERPENTS (MARY JANE WARD)

Le résumé du livre

Dans les années cinquante de l’autre siècle, à New-York, Virginia Cunningham, jeune journaliste souffrant de dépression nerveuse (aujourd’hui, on parlerait plutôt de « burn out »), accepte de se faire interner volontairement dans un hôpital psychiatrique qui se présente comme un établissement de cure ou de repos de premier ordre. À peine est-elle arrivée que le cauchemar commence. Rien n’est épargné à la pauvre Virginia, ni la tenue de bagnarde, ni la nourriture infecte, ni les douches collectives où il faut se savonner avant de se mouiller, ni la camisole chimique, ni surtout les monstrueuses séances d’électrochocs qui sont une inhumaine torture parfaitement inutile. Ce calvaire durera des mois. La malheureuse aura toutes les peines du monde pour arriver à échapper à cet enfer…

Ma critique

« La fosse aux serpents » est un témoignage bouleversant et totalement véridique sur la condition des patients traités en psychiatrie dans ces années-là. Le personnel soignant semble n’avoir qu’une obsession : exercer un pouvoir absolu, réduire à néant toute volonté, nier totalement la personnalité du malade. À la plus petite incartade, les sanctions tombent dru : enfermement, camisole de force, nuit dans des draps mouillés, douches glacées, etc. La lecture d’un tel document permet de mesurer l’évolution qu’a suivie la psychiatrie et de se poser bien des questions sur la nature humaine, sur la fragilité de son psychisme (Virginia en était arrivée à ne plus savoir depuis combien de temps elle était enfermée, ni à quel moment de la journée elle se trouvait, ni même à reconnaître son mari venu lui rendre visite). Et de toutes les questions que pose cet ouvrage, il en est une particulièrement irritante car insoluble : où se situe la frontière entre normalité et maladie mentale ?

Ma note

4/5

BIOGRAPHIES

FLORENCE NIGHTINGALE (CECIL WOODHAM-SMITH)

Le résumé du livre

Issue d’une riche famille britannique, Florence Nightingale chercha dès son plus jeune âge à se dévouer pour les autres. Après des études d’infirmière, elle décida de se consacrer à ce métier. Elle y sacrifia même un amour de jeunesse. À cette époque (1845), les hôpitaux anglais étaient particulièrement sales et l’hygiène plus que déplorable. Florence visita des établissements en Allemagne et en France, ce qui lui donna des idées pour améliorer le sort des patients qui y rentraient plus souvent pour mourir que pour être soignés. Elle devint surintendante bénévole d’un hôpital londonien, y acquit une réputation d’organisatrice hors pair. Son dévouement était sans bornes. Les malades l’adoraient et elle pouvait disposer de nombreux appuis dans le monde politique. Mais là où elle put donner toute la mesure de son génie, ce fut au cours de la guerre de Crimée, dans une caserne-hôpital prêtée par les Turcs à Scutari. L’endroit était particulièrement insalubre. Les soldats blessés ou atteint de dysenterie ou de malaria tombaient comme des mouches. Pas de meubles, pas de nourriture, des soins discutables et pour couronner le tout, un égout bouché qui s’était répandu dans les caves ! Une tâche à la hauteur de cette femme exceptionnelle…

Ma critique

« Florence Nightingale » est une biographie particulièrement bien documentée sur la vie de celle qu’on pourrait appeler la sainte patronne des infirmières. Henri Dunant, le fondateur de la Croix Rouge l’admirait beaucoup. Il disait d’elle : « C’est l’exemple du travail accompli par Miss Nightingale en Crimée qui me donna l’idée d’aller en Italie pendant la guerre de 1859. » Il faut dire que le travail accompli était titanesque. Les infirmières de l’époque avaient la triste réputation d’être aussi peu farouches que portées sur la boisson. Elles ignoraient les règles d’hygiène les plus élémentaires. Florence Nightingale y mit le holà au point que des années plus tard, la réputation du métier était exactement l’inverse. Livre passionnant autant par le personnage hors norme que par sa vie qui se présente comme une suite d’aventures dépassant la fiction ou par le contexte historique troublé de l’époque. À la lecture de cet ouvrage très bien écrit et très agréable à lire, le lecteur pourra découvrir d’où est parti le service sanitaire des armées et apprécier le parcours accompli.

Ma note

4/5

ESSAIS

COMMENT VIVRE 365 JOURS PAR AN (DR JOHN A. SCHINDLER)

Le résumé du livre

Une très importante partie de nos maux et même de nos maladies occasionnelles ou chroniques sont psycho-somatiques. Elles proviennent de nos émotions négatives comme l’anxiété, la peur, l’angoisse, la propension à ruminer ou à tout voir en noir. En effet, il n’est d’émotion sans manifestation physiologique. À cet égard, l’hypophyse ou glande pituitaire joue un rôle primordial dans ce phénomène par la variété des hormones qu’elle produit. Conséquence de cette importante découverte médicale : chacun d’entre nous a la possibilité en gérant convenablement ses émotions de se maintenir en bonne santé. Tel est le sujet du livre du Docteur John Schindler lequel ne se contente pas d’exposer de nombreux cas étayant sa thèse, mais de proposer des pistes de gestion émotive pour y parvenir.

Ma critique

« Comment vivre 365 jours par an » se présente comme un livre de vulgarisation médicale tout à fait intéressant. L’auteur expose un grand nombre de cas montrant, par exemple, que le rythme cardiaque peut s’accélérer jusqu’à 180 et même 220 pulsations/minutes ou plus sous l’effet de la colère et de s’y maintenir tant qu’elle n’est pas retombée. Il cite même le cas d’un physiologiste anglais, John Hunter, qui annonçait que le premier paltoquet venu qui le mettrait vraiment en colère le tuerait sur le coup, ce qui arriva peu après lors d’un congrès médical ! Le livre serait d’un intérêt relatif s’il en restait au constat sans donner de remèdes. Fort heureusement, l’ouvrage se termine par ces sept conseils judicieux :

— Apprécier les joies de la vie

— Ne jamais donner dans l’hypocondrie

— Aimer son travail

— Aimer les gens

— Prendre l’habitude de la bonne humeur

— Prendre les problèmes à bras le corps et les résoudre sans attendre ni ruminer

— Vivre et réussir le moment présent. Positiver.

Tout un programme ! Un livre utile et qui peut être bénéfique.

Ma note

4,5/5

HISTORIQUETEMOIGNAGE

J’AI SERVI LE ROI DU NÉPAL (ERIKA KATE LEUCHTAG)

Le résumé du livre

En 1939, Erika Kate Leuchtag est une physiothérapeute allemande qui exerce son art en Inde auprès de malades plutôt illustres. Dix ans plus tard, elle est invitée à venir soigner l’une des deux reines du Népal, pays totalement fermé aux étrangers. Elle fait la connaissance du roi Tribhuvana qui lui semble très agréable mais également complètement oisif. Comme elle s’étonne qu’il semble n’avoir jamais rien à faire, il lui répond que depuis plus d’un siècle, la famille Rana a confisqué le pouvoir pour exercer une sorte de dictature complètement rétrograde. Lui souhaiterait pouvoir ouvrir son pays à la démocratie et à la modernité, mais il n’y arrivera pas sans aide. Ce sera l’occasion pour Erika de se trouver en position d’intermédiaire avec l’Inde et ainsi de jouer un rôle capital dans les destinées du Népal.

Ma critique

« J’ai servi le roi du Népal » est un témoignage historique tout à fait intéressant et singulier. En effet, il n’est pas commun de voir un roi, considéré par son peuple comme une réincarnation de Bouddha, être à l’origine d’une révolution et comploter contre son premier ministre, lequel n’est qu’un autocrate corrompu jusqu’à la moelle. Dans cet ouvrage bien écrit et agréable à lire, le lecteur apprendra nombre de choses sur la réalité d’un petit royaume fermé sur lui-même, longtemps interdit aux étrangers, un « dernier bastion du mystère » qui peu à peu et d’une façon totalement inattendue a pu sortir de son terrible isolement. Une page d’Histoire à découvrir.

Ma note

4/5

HISTORIQUE

MISSION AU-DELÀ DU CRÉPUSCULE (J.BRYAN & P.REED)

Le résumé du livre

Le 19 juin 1944, en pleine bataille du Pacifique, le vice-amiral américain Marc Mitscher lance une attaque massive de chasseurs-bombardiers contre la flotte japonaise. Une bataille aéronavale décisive s’engage alors. La 58ème Force US coule un porte-avions japonais ainsi que quatre pétroliers et endommage plusieurs autres navires. La riposte ne se fait pas attendre. L’ennemi déclenche un véritable tir de barrage en forme de mur de feu. Les quelques avions américains rescapés sont en piteux état et surtout presque à court de carburant. Et pourtant, il leur faut à tout prix regagner leurs porte-avions respectifs. Tous n’y parviennent pas. Une soixantaine est obligée d’amerrir. Les accidents se succèdent au moment de l’atterrissage sur les ponts. Au total, la Navy perdra 96 appareils et rien moins que 49 hommes.

Ma critique

« Mission au-delà du crépuscule » est le fidèle récit d’un épisode assez peu connu de la seconde guerre mondiale. Il est basé sur un ensemble de témoignages recueillis par les auteurs et sur les confidences des survivants de cet épisode dramatique. Tout est authentique, rien n’est romancé. « Aucun incident n’a été inventé, pas un mot n’a été attribué à un témoin sans son accord », dit la présentation. Le lecteur se rend compte qu’une fois encore la réalité dépasse largement la fiction. De telles narrations donnent une idée nettement plus juste de la terrible réalité de la guerre. Celle-ci est bien loin des épopées grandioses du cinéma américain. Un témoignage ancien (le livre a été publié pour la première fois dès 1945), mais toujours passionnant et utile à lire pour qui s’intéresse à l’Histoire de cette période.

Ma note

4/5

BIOGRAPHIES

THE SONG REMAINS THE SAME (ALAIN GOUVRION)

Le résumé du livre

Led Zeppelin, formation de rock britannique, originaire de Londres, formée en 1968 par Jimmy Page (guitare), Robert Plant (chant), John Paul Jones (basse, claviers) et John Bonham (batterie), et dissous à la suite de la mort de ce dernier en 1980, reste un groupe mythique autant pour ses prestations scéniques que pour la qualité et l’originalité de sa musique. Celle-ci est particulièrement bien décryptée dans ce livre fort intéressant et magnifiquement illustré. Aux frontières entre la simple pop, la hard rock, le blues, le heavy metal et le psychédélique, Led Zeppelin fut un inspirateur pour bien d’autres groupes et pour de nombreux courants musicaux. Ce livre commence par dix bonnes raisons de s’intéresser au phénomène avant de présenter la carrière, le film et même son making of qui fut des plus laborieux…

Ma critique

« The song remains the same » se présente donc comme un livre accompagné d’un DVD éponyme de 137 minutes qui propose des extraits de concerts donnés au Madison Square Garden (dont certaines parties ont d’ailleurs dû être re-filmées en studio), entrecoupées de séquences plus ou moins oniriques et bien dans le style de l’époque. Il s’agissait à la fois de concurrencer le célèbre « Gimme shelter » de leurs concurrents, les Rolling Stones, et d’innover, là encore, en mettant en scène les quatre musiciens et leur producteur dans des saynètes bucoliques ou chevaleresques pour Plant, parodiant Al Capone pour Peter Grant, le manager, ou même carrément ésotériques voire fantastiques pour les autres personnages. L’ensemble du livre et du film qui rencontra d’ailleurs un grand succès en son temps peut être intéressant pour les fans du groupe qui sont encore nombreux aujourd’hui.

Ma note

4/5

HISTORIQUE

LA NUIT DU TITANIC (WALTER LORD)

Le résumé du livre

Le 14 avril 1912 peu avant minuit, le Titanic, paquebot transatlantique de la compagnie britannique White Star Line, voit un iceberg se dresser sur sa route. Il tente de l’éviter alors qu’il est lancé à pleine vitesse. C’est à l’époque le plus luxueux et le plus grand paquebot jamais construit. Sa coque est pourvue de seize compartiments étanches servant à protéger le navire en cas de voies d’eau ou d’avaries importantes, ce qui lui donne la réputation de paquebot « insubmersible ». Très confiant, son capitaine, le plus ancien et le plus chevronné de la compagnie, donne l’ordre de virer mais ne peut éviter une collision par tribord. L’eau pénètre partout. Il faut organiser un sauvetage des passagers des plus chaotiques et des plus injustes. Le paquebot géant coule le 15 avril 1912 à 2 h 20 au large de Terre-Neuve. Plus de 1500 personnes disparaissent, ce qui fait de cet événement l’une des plus grandes catastrophes maritimes survenues en temps de paix. Le drame met en évidence les faiblesses du navire, le nombre limité de canots de sauvetage et les carences dans les procédures d’évacuation d’urgence.

Ma critique

« La nuit du Titanic » est la reconstitution dramatique et très précise d’un événement historique bien connu qui a fait couler beaucoup d’encre et suscité bien des remous dans l’opinion publique. Le lecteur apprend beaucoup de chose dans cette narration basée sur une documentation importante. Par exemple que les canots de sauvetage étant en nombre insuffisant, les passagers des classes inférieures furent sacrifiés. Pour preuve : sur les 143 passagers de première, on ne compta que 4 victimes. En troisième classe, 81 femmes sur 179 trouvèrent la mort. Tous les enfants de première et deuxième classe sauf un survécurent alors que sur 76 enfants des classes inférieures seuls 23 trouvèrent la mort. Ouvrage très bien écrit, bien mis en scène et très intéressant pour qui s’intéresse à l’histoire.

Ma note

4/5

AVENTURES

LE MONDE EN STOP (LUDOVIC HUBLER)

Le résumé du livre

Le 1er janvier 2003, fraîchement émoulu d’une école de commerce, Ludovic Hubler, 25 ans, décide de se lancer dans un tour du monde en auto-stop (et même en bateau-stop pour franchir mars et océans) au départ de Val d’Isère. Il prévoit d’y consacrer au maximum deux années. En réalité, il lui en faudra cinq pour boucler son incroyable périple. 170 000 kms seront parcourus. 59 pays seront traversés, les plus accueillants comme les plus dangereux, les plus ouverts à cette pratique comme les plus fermés. Il visitera tous les continents y compris l’Antarctique, traversera des déserts brûlants ou glacés et donnera des centaines de conférences un peu partout, mais principalement aux Etats-Unis où il séjournera une année entière. Ce tour du monde qui fait un peu l’impasse sur une grande partie de l’Afrique noire et sur l’immense fédération de Russie ne sera possible que grâce à l’amabilité de 1300 conducteurs de véhicules de tous pays (excepté la Corée du Nord), d’une dizaine de marins et de centaines d’hébergeurs trouvés le plus souvent sur deux sites internet (« Couchsurfing » et « HospitalityClub).

Ma critique

« Le monde en stop » est le récit de voyage en stop le plus extraordinaire que nous ayons lu depuis le fameux « La terre n’est qu’un seul pays » d’André Brugiroux. Il se présente sous la forme d’un pavé de 566 pages qui se lit comme un roman et qui aurait pu en comporter le triple sans aucun problème. Certains pays sont longuement décrits, d’autres trop vite survolés et là, le lecteur reste un peu sur sa faim. Que de choses on apprend en lisant cet ouvrage, que de clichés véhiculés par les médias toujours à l’affût du sensationnel ne doit-on pas corriger ! Un seul exemple : il est un pays où le culte de la personnalité est encore bien pire qu’en Corée du Nord, c’est le Turkménistan. Le saviez-vous ? En fin d’ouvrage, l’auteur mesure la chance qu’il a eu de rencontrer tant de bonnes personnes et d’échapper à la plupart des dangers (les FARC en Colombie, les Talibans en Afghanistan, les zones militaires interdites au Tibet ou de conflits dans de nombreux endroits, tous traversés sans incident majeur). Sans être obligé d’adhérer aux idées pour le moins utopiques de paix et de fraternité universelle, d’abolition des frontières et de globalisation heureuse prônées par l’auteur ni même à ses rêves d’universalisme et de syncrétisme religieux, le lecteur appréciera la plume alerte, le témoignage honnête et sincère et surtout le grand vent de liberté qui souffle dans ces pages magnifiques.

Ma note

4,5/5

AVENTURES

SANS UN SOU EN POCHE (BENJAMIN LESAGE)

Le résumé du livre

A l’issue de ses études à La Haye dans le cadre d’Erasmus, Benjamin Lesage décide de partir sur les routes sans un sou en poche. Il est accompagné par un Italien, Nicola et un Allemand Raphaël, tous convaincus que l’on peut vivre sans argent dans un esprit de don et de partage. Ils traversent la France et l’Espagne en stop, se font offrir le passage vers le Maroc puis celui vers les îles Canaries où ils restent des semaines avant de trouver un skipper qui accepte de leur faire traverser l’Atlantique. Arrivés au Brésil, ils passeront par la Guyane, le Surinam, la Colombie, tous les pays d’Amérique Centrale et arriveront finalement au Mexique, but de leur périple toujours en faisant de l’autostop. Au total, 10 mois sur les routes, 24 000 km parcourus. 270 véhicules empruntés dont cinq bateaux. Des dizaines de nuit à la belle étoile, sur les trottoirs, chez les pompiers, dans les hôpitaux ou chez de rares particuliers bienveillants. Ils ont dépensé en tout moins de cent euros pour les visas, passeports et taxes. Une aventure hors du commun.

Ma critique

« Sans un sou en poche » se présente comme un récit de voyage tout à fait atypique. Quelle idée folle de vouloir voyager sans dépenser un sou ! Tous ceux qu’ils rencontrent sur leur chemin leur disent qu’ils sont fous. Mais eux veulent vivre fauchés pour vivre libre. Magnifique projet mais réalisation difficile. Benjamin se fera voler toutes ses affaires et tous ses papiers. Nicola partira assez vite. Raphaël sera rejoint par sa compagne. Benjamin verra la sienne le rejoindre en fin de parcours pour repartir rapidement. Il parcourra d’ailleurs seul et sur un vélo donné les derniers 1500 km avant Mexico. Un livre passionnant, bien écrit, qui se dévore et donne à réfléchir sur nos modes de vie et de consommation, ainsi que sur notre impact sur les ressources de notre planète.

Ma note

4,5/5

POLICIER

SAINT FREDO (ALPHONSE BOUDARD)

Le résumé du livre

Alfred Friteau, « Frédo » pour les intimes, est un truand à l’ancienne qui a connu les maisons de correction, les prisons centrales et même le bagne. Au total, environ 25 années derrière les barreaux. Il a partagé quelques-unes de ses galères pénitentiaires avec l’auteur. C’est la raison pour laquelle il reprend contact avec lui bien des années plus tard. Alphonse est un auteur connu. Il fréquente même le milieu du cinéma. Frédo lui, s’est trouvé un petit boulot d’éducateur à Rouen. Il se consacre à la réhabilitation de jeunes voyous. Un curé s’intéresse à lui. Il va même jusqu’à lui confier la direction d’un centre de réinsertion en région parisienne. Quelques personnages haut placés s’extasient sur une aussi extraordinaire reconversion. En réalité, Frédo n’en a pas complètement terminé avec tous ses vieux démons…

Ma critique

« Saint Frédo » se présente plus comme un roman social que comme un roman noir ou policier. Il se situe plutôt aux limites des trois genres. Le personnage haut en couleur de ce gangster d’un autre temps, celui des « vrais hommes » avec leur code d’honneur que Boudard relativise d’ailleurs, mérite à lui seul d’occuper toute l’intrigue. Tour à tour braqueur, perceur de coffre-forts, fourgue et proxénète, il profite de son retour à la liberté pour mettre les bouchées doubles autant sur la boisson que sur la nourriture ou les femmes. Un vrai jouisseur libidineux, ce faux « saint » ! Un régal que cet ouvrage autant pour le regard malicieux et plein d’humour que pour le style inimitable, truffé d’argot, d’images cocasses, de trouvailles lexicales d’un auteur comme on en fait plus.

Ma note

4,5/5

AVENTURESEXPLORATIONS

EN AVANT, CALME ET FOU (SYLVAIN TESSON ET THOMAS GOISQUE)

Le résumé du livre

Avec quelques amis et l’aide de divers mécaniciens autochtones, Sylvain Tesson a parcouru la Chine, la Mongolie, le Népal, l’Inde, l’Asie du Sud-Est, les steppes et déserts africains ou d’Amérique du Sud sans oublier la Sibérie, le lac Baïkal gelé et bien d’autres lieux exotiques aussi sauvages qu’improbables. Ne pouvant être ni lansquenet, ni Robin des Bois, ni grognard de Napoléon et encore moins cavalier de Gengis Khan, il retrouve un peu de cet esprit de liberté en chevauchant des motocyclettes de diverses marques, comme des Moto-Guzzi, des Oural, des Royal-Enfield, des BMW et même des side-cars bricolés. Il en tire toute une esthétique de la bécane qu’il illustre de citations diverses et de réflexions plus ou moins philosophiques ou poétiques.

Ma critique

« En avant, calme et fou » est plus un album-photo à la gloire de l’aventure en deux ou trois roues qu’un véritable récit d’expéditions en forme de carnet de bord ou de compte-rendu. Sylvain Tesson, qui fut un de mes aventuriers préféré avec son comparse Alexandre Poussin, a un peu vieilli. Plus d’escalade, plus de trekking à pied, plus de VTT, mais des engins à moteur pétaradant et tombant plus d’une fois en panne et des caisses de vin de Bordeaux à l’étape. La part du lion est attribuée aux photos, fort belles et insolites d’ailleurs, de Thomas Goisque. On regrette que les commentaires soient si squelettiques et si peu précis. Tesson en reste à des notes prises à l’étape sans souci du contexte. Pour s’y retrouver ne reste au lecteur que la table des illustrations en fin de volume qui seule précise le lieu, la date et l’engin piloté. On regrette un peu les vrais récits de voyages et d’aventures des débuts !

Ma note

3/5

AVENTURESROMANCE

SARA DANE (CATHERINE GASKIN)

Le résumé du livre

En juin 1792, Sara Dane, 18 ans, se retrouve dans un groupe de déportées au fond de la cale du « Georgette », en route pour Botany Bay sur la côte sud de l’Australie qui n’est alors qu’une colonie pénitentiaire aussi pauvre que désolée. Un riche passager du bateau nommé Ryder perd sa domestique victime des fièvres. Comme son épouse ne peut se passer des services de celle-ci, Ryder demande au capitaine de pouvoir disposer de Sara Dane qui a déjà exercé cette charge en Angleterre dans la famille d’un pasteur. Les charges retenues contre la jeune fille, le simple vol de trois guinées et d’une bague, étant des plus réduites, le capitaine accepte…

Ma critique

« Sara Dane » se présente comme un roman d’aventures avec arrière-fond historique. L’auteure a su faire en sorte que la romance et les péripéties sentimentales de l’héroïne n’occupent pas tout l’espace. Ainsi évite-t-elle l’écueil « Harlequin ». Sara est un personnage de femme aussi exceptionnelle qu’admirable. Partie du plus bas de l’échelle sociale, trainant un lourd passé et une condamnation injuste, elle saura, avec un courage immense, remonter la pente et arriver au plus haut niveau de la société. L’auteur nous raconte une vie extraordinaire faite de magnifiques réussites matérielles et de tragédies terribles comme la mort tragique de ses deux maris et de l’un de ses fils. Les péripéties ne manquent pas : révolte des bagnards, incendies, inondations, etc. Livre très bien écrit, particulièrement intéressant pour son volet historique (la colonisation de l’Australie fut loin d’être une partie de plaisir) et pour son intrigue bien ficelée. Cocktail réussi. À conseiller.

Ma note

4/5

AVENTURES

L’APPEL DU LOUP (RONALD DOUGLAS LAWRENCE)

Le résumé du livre

Dans le grand Nord, une meute de loups poussée par la faim se rapproche d’une ferme et tue quelques animaux domestiques. La riposte des humains ne se fait pas attendre. Elle tourne au carnage. Seule survivante, une louve repart vers le Nord, finit par rencontrer un autre loup et mettre bas trois louveteaux dont l’un, plus faible, meurt très vite. Les deux survivants sont une louvette et un louveteau nommé Patte d’Argent. Jeune et vigoureux, il aime à vagabonder et finit par tomber dans un piège tendu par Morgan, un trappeur des plus frustres. Prisonnier dans une cage de fer, le jeune loup découvre la captivité, la rage et le désespoir. Il profitera d’un moment d’inattention de son geôlier pour se venger de l’affront subi avant de reprendre sa liberté.

Ma critique

« L’appel du loup » est un roman animalier dans lequel les loups ont le tout premier rôle. Grand spécialiste de ceux-ci, Ronald D. Lawrence décrit minutieusement leurs habitudes, leurs comportements, leurs modes de vie et les rapports hiérarchiques à l’intérieur du groupe. Pas une chasse, pas une attaque de daim, élan, mouffette et même de porc-épic n’est épargnée au lecteur qui peut ressentir une certaine lassitude due à la répétition de scènes de prédation toutes semblables. La rencontre avec l’homme est plus intéressante, plus dramatique et vire même à la tragédie. Le maître de la création n’a pas le beau rôle. C’est lui aussi un prédateur, mais sans foi ni loi, qui ne pense qu’au profit immédiat et n’a pas le moindre souci de la souffrance animale. Un livre passionnant et documenté quoique de lecture un peu laborieuse pour les amateurs de nature sauvage et de vie animale. La fin sous forme de « happy end » est un peu décevante quand même.

Ma note

3/5

AVENTURES

L’ENFANT DES SEPT MERS (PAUL-LOUP SULITZER)

Le résumé du livre

Kaï O’Hara est un jeune métis sino-irlandais d’une quinzaine d’années, hyper athlétique et de caractère bien trempé. Il représente la douzième génération d’une longue lignée d’écumeurs des mers du sud. Il quitte son père adoptif pour aller vivre la vie de corsaire de son père et de son grand-père. Pourchassé par divers pirates – dont le terrible Archibald – qui veulent tous lui dérober les sept sapèques d’or de son petit héritage, il se réfugie chez les Dayaks de la mer, terribles coupeurs de têtes et éternels alliés de sa famille. Ceux-ci vont l’aider à récupérer le Nan Shan, goélette ultra-rapide sur laquelle s’illustra son célèbre grand-père Cerpelaï Gilo, et constituer son équipage…

Ma critique

« L’enfant des sept mers » est un roman d’aventures maritimes qui se voudrait dans l’esprit de ceux de Jules Verne voire de Stevenson. Les innombrables péripéties sont un peu rocambolesques et assez peu vraisemblables. Le héros principal, sorte de cocktail entre Tarzan et Mowgli (les références au livre de la jungle abondent), est si plein de qualités morales et guerrières qu’il confine au personnage de bande dessinée. C’est encore plus flagrant pour les personnages secondaires tels l’oncle Ka, la grand-mère ou la grande bringue qui deviendra son épouse. Clichés et poncifs sont si nombreux que l’intrigue en arrive à une caricature du genre. Les amateurs apprécieront peut-être. Les lecteurs plus exigeants considéreront que cet ouvrage n’est pas le meilleur du prolixe auteur et soupçonneront même d’être en présence d’une simple production « alimentaire ».

Ma note

2,5/5

AVENTURESHISTORIQUE

LE CAPITAINE (JAN DE HARTOG)

Le résumé du livre

Le jeune capitaine hollandais Martinus Harinxma se voit attribuer le commandement de l’« Isabel Kwel » le plus gros remorqueur, le vaisseau-amiral de la flotte de la société Kwel. Il a d’abord pour mission de remorquer des péniches en Mer du Nord pour les mettre en sécurité en Grande-Bretagne au tout début de la Seconde Guerre Mondiale. Sa mission est des plus délicates. Les sous-marins allemands qui pullulent dans ces eaux prennent un malin plaisir à envoyer par le fond tous les vaisseaux qu’ils rencontrent. Au début, Martinus est plutôt chanceux. Mais les ennuis commencent quand son chef mécanicien se suicide en se tirant une balle dans la tête dans sa cabine et quand son remorqueur est réquisitionné pour escorter des convois de vivres et de munitions à destination du port de Mourmansk.

Ma critique

« Le capitaine » est un roman maritime de fort belle facture rempli de combats inégaux et meurtriers minutieusement décrits. Les convois que Martinus escorte servent même d’appât pour essayer de tendre un piège au fameux cuirassé « Tirpitz ». Tout bascule très vite dans le drame, la tragédie et le carnage. Le lecteur réalise avec cette histoire désabusée qu’entre l’héroïsme et la pleutrerie la frontière est des plus ténues. Cet ouvrage pétri d’humanité et proche du témoignage vécu révèle des hommes attachants, courageux ou lâches et même tantôt lâches et tantôt courageux. Sans oublier un tout dernier rebondissement très bienvenu à la fin. À conseiller aux amateurs du genre. Jan de Hartog est de la lignée des Melville, Vercel et autres Conrad.

Ma note

4/5

POLICIER

COMPTE À REBOURS (AUDREY ERSKINE LINDOP)

Le résumé du livre

Dans une petite ville de Grande-Bretagne, la jeune Wynne Kinch a été recueillie par sa tante Lucy Meakham laquelle vit avec Tom, le grand-papa, son fils George et les deux jumeaux Hélène et Len. Pour impressionner son amie Corinne, elle s’invente des aventures sentimentales à défaut de les vivre et finit par tomber dans la mythomanie. Et voilà que dans le quartier sévit un tueur en série qui s’en prend à de très jeunes filles que l’on retrouve étranglées à main nue dans les squares. Wynne commence à soupçonner George pour lequel elle a un véritable faible. Elle trouve intelligent d’essayer d’éloigner de lui les soupçons en faisant disparaître des indices et en s’embrouillant dans une longue chaîne de mensonges qui ne font que compliquer les choses et attirer sur elle l’attention de la police…

Ma critique

« Compte à rebours » aurait pu être un thriller haletant si l’auteure s’était focalisée sur le criminel. Mais ce n’est qu’un roman à suspens assez bien ficelé, assez psychologique, dans lequel seul le point de vue de la jeune héroïne importe. Comme dans toute intrigue policière classique, le lecteur, auquel on ne fournit les indices qu’au compte-gouttes, se perd en conjectures et s’égare sur de fausses pistes avant de se voir révéler la clé de l’énigme en toute fin d’ouvrage. Mme Lindop respecte complètement ce procédé et va même jusqu’à ne quasiment rien dire du véritable coupable. Bien écrit et agréable à lire, ce livre, qui obtint le Grand Prix de la littérature policière en 1967, a quand même un peu vieilli même s’il peut encore intéresser certains amateurs du genre.

Ma note

3/5

TEMOIGNAGE

TOUTE VÉRITÉ EST BONNE À DIRE (CLAUDE ALLÈGRE)

Le résumé du livre

Le « Mammouth », que Claude Allègre préférerait qualifier de « Dinosaure » est en plein marasme depuis bien des décennies. Effectifs d’enseignants en constante augmentation alors que le nombre d’élève est en baisse. Eternelle revendication de « plus de moyens », c’est-à-dire de plus de postes alors que l’enseignement ne fait que se dégrader. Co-gestion avec des syndicats corporatistes et ne représentant qu’eux-mêmes. Haute administration arque-boutée sur ses privilèges. Manque d’ouverture sur le monde et sur l’entreprise. Et, entre autres, utilisation d’un jargon abscons digne du pire volapük avec ces fameux « apprenants en situation de maîtrise d’un référentiel bondissant » pour parler d’élèves jouant au ballon… Autant de chantiers titanesques, de travaux d’Hercule auquel le ministre tenta de s’atteler avec les maigres résultats que l’on connait.

Ma critique

« Toute vérité est bonne à dire » est un livre d’entretiens menés par le journaliste Laurent Joffrin. Claude Allègre profite de l’exercice pour expliquer sa démarche. Il aurait pu se contenter d’être un bon gros ministre sympa qui n’aurait rien fait du tout. Il s’est retroussé les manches, a affronté vaillamment le terrible SNES et a récolté une réputation détestable dans le milieu enseignant. Son bilan n’est qu’à moitié convaincant même si lui est persuadé d’avoir pleinement réussi dans sa tâche réformatrice. Il n’en demeure pas moins que le recul du temps démontre que malgré tous ces beaux efforts, les problèmes n’ont fait que croître et embellir. Le livre demeure néanmoins intéressant, car le diagnostic est assez exact. Allègre ne pratique pas la langue de bois. Le tableau qu’il dresse des coulisses du ministère n’a rien de rassurant quant aux pratiques des éléphants du parti socialistes avec leurs tendances, leurs courants, leurs motions et leurs intrigues, elles sont carrément dignes du panier de crabes. Le lecteur comprendra mieux comment tous ces politicards purent tomber de Jospin en Hollande pour en arriver au catastrophique Hamon. Ouvrage à lire à titre de document historique sans grande tenue. Les niaiseries sur la démocratie et sur la construction européenne marquant les limites de l’exercice de vérité.

Ma note

2,5/5

TEMOIGNAGE

LA RAGE DE SURVIVRE (ANTONIO FONSECA)

Le résumé du livre

Le 18 novembre 1965, Antonio Fonseca, jeune immigré portugais récemment arrivé en France, travaille de nuit dans un tunnel mal éclairé de la SNCF quand il est happé par un train de voyageurs qu’il n’a pas entendu arriver. Traîné sur plus de cent mètres, il se retrouve amputé d’un bras et de ses deux jambes. Il reste plus d’un an à l’hôpital, dans des souffrances intolérables, aux limites entre la vie et la mort. Mais la rage de survivre l’emporte. Le courageux Antonio supporte tout et commence à entrevoir un début d’embellie quand un médecin spécialisé lui annonce qu’il y a une possibilité de l’appareiller. Et c’est le début d’une très longue série d’efforts pour se remettre debout et commencer à remarcher et à revenir peu à peu sur le chemin de la vie.

Ma critique

« La rage de survivre » est un témoignage aussi émouvant que roboratif. L’auteur nous communique son enthousiasme et sa passion pour la vie. Il reconnaît que c’est surtout grâce à sa foi vivante, solide, indestructible, qu’il est parvenu à se reconstruire peu à peu, qu’il n’en a jamais voulu ni à Dieu ni aux hommes du malheur qui l’a frappé. Une magnifique leçon de courage, et d’optimisme doublée d’un très beau message de réconciliation et de fraternité. Un livre qui fait du bien, qui laisse admiratif devant tant de confiance en la Providence et de ténacité et qui ne se lit pas, qui se dévore. À découvrir pour oublier son blues, ses petites misères et autres ridicules contrariétés…

Ma note

4,5/5

ESSAIS

EXTRATERRESTRES, SECRET D’ÉTAT (JEAN-GABRIEL GRESLE)

Le résumé du livre

Au début du mois de juillet 1947, se produisit un événement tout à fait exceptionnel. Un objet volant ne procédant pas d’une technologie humaine connue s’écrasa dans le désert du Nouveau-Mexique à une cinquantaine de kilomètres au nord de la ville de Roswell. Dès le lendemain matin, une caravane de secours de l’armée de l’Air arrivée sur les lieux découvre l’épave d’un engin aérien d’origine indéterminée, dont l’avant était enfoncé à la base d’une falaise. Des corps humanoïdes furent également découverts. Les témoignages permettent de penser que quatre ou cinq cadavres de petite taille furent retrouvés. Il est même possible qu’il y ait eu un survivant…

Ma critique

« Extraterrestres, secret d’État » est une étude rigoureuse, sourcée et particulièrement bien documentée sur le phénomène des objets volants non identifiés en général et sur l’affaire de Roswell en particulier. Avec le recul du temps, il devient de plus en plus évident que la thèse du ballon météorologique, servie pour faire pare-feu, ne tient pas la route. Comment expliquer qu’il fallut un bombardier « Superfortress » pour emmener tous les débris de l’appareil au GQG ou que les matières retrouvées ne purent ni être rayées ni être brûlées et que certaines, même pliées de nombreuses fois retrouvaient toujours leur forme initiale ? Une enquête passionnante et méthodique basée sur des documents déclassifiés de la CIA et du FBI qui démontre que ces incursions étranges (Roswell ne fut pas la seule, loin de là) se produisaient au-dessus des bases atomiques les plus secrètes des Etats-Unis ce qui laisse à penser que ces « visiteurs » s’y intéressaient particulièrement. La trentaine de pages d’annexe en fin de volume offre de nombreux fac-similés de documents qui étayent solidement la thèse.

Ma note

4/5

AVENTURESROMANCE

LE DRAGON DES MERS (LAURIE MAC BAIN)

Le résumé du livre

Au printemps 1769, le capitaine Dante Leighton, à bord de son vaisseau « Le dragon des mers », brigantin construit à Boston et longtemps armé par les Anglais pendant la guerre de Sept Ans, écume les mers des Antilles en compagnie de son équipage d’une dizaine d’hommes fidèles. Tous se sont reconvertis dans les trafics et la contrebande et sont à la recherche d’un trésor caché dans les cales d’un galion espagnol coulé au large des côtes de Floride. Pendant ce temps, une aristocrate vénitienne d’origine anglaise, surnommée « La Rose Triste », rentre en Angleterre avec la ferme intention de se venger de sa famille, les très puissants Dominick. Elle enlève la très jeune et très belle Rhea Claire, fille du duc Lucien et la vend à un marin qui l’enferme dans les soutes d’un navire en partance pour les colonies américaines…

Ma critique

« Le dragon des mers » est un roman d’amour et d’aventures sur fond historique. Tous les ingrédients du roman de cape et d’épée sont réunis. Les haines rancies, les rebondissements et autres péripéties ne manquent pas, même si l’auteur a laissé la part belle au sentimental avec cette histoire d’amour très clichée entre un pirate blasé et une princesse plutôt oie blanche. L’intrigue regroupe la plupart des poncifs du genre. On se croirait dans un des épisodes de la série des « Angéliques ». Les personnages sont tous très typés. Dante est beau, chevaleresque, d’une noblesse désargentée et tombée dans la débine. Rhea est belle à damner un saint et fort naïve. La tante kidnappeuse est diabolique à souhait. Quant aux personnages secondaires, ils sont exactement comme on s’imagine un équipage de pirates ou une famille de la noblesse anglaise du XVIIIème siècle version ciné ou BD. Au total, un ouvrage agréable et bien écrit mais sans grande originalité. Même le « happy end » est attendu, c’est dire. À réserver aux romantiques et autres amateurs du genre « fleur bleue ».

Ma note

3/5

HUMOUR

PRIS SUR LE VIF / SCÈNES DE LA VIE JUDICIAIRE (PIERRE GARDES)

Le résumé du livre

Un petit fraudeur a mis de l’eau dans son lait. Pour expliquer son escroquerie et prouver sa bonne foi, il déclare que c’est à cause de la rosée du matin. Un autre répondra au Président qui lui reproche la même chose : « Ah, non, je mets le lait dans l’eau ! »… Un juge qui déclare à un prévenu un peu trop assidu du Tribunal Correctionnel : « Il me semble, mon ami, que je vous ai vu souvent ici ! » s’entendra répondre : « Moi aussi, mon Président, je vous ai souvent vu ! »… Un autre, pinailleur à souhait : « Monsieur le Président, je vous demanderai de bien rédiger votre jugement, de ne rien oublier. Je veux une décision complète afin de pouvoir la discuter correctement lorsque j’aurai fait appel. »… Une dame qui a giflé un monsieur se disculpe en déclarant que c’était une toute petite gifle, quasiment une caresse…

Ma critique

« Pris sur le vif » est un petit recueil d’anecdotes et d’historiettes plus ou moins amusantes ayant toutes pour cadre le prétoire. Au nombre de vingt-neuf, elles sont plus ou moins intéressantes, plus ou moins drôles, toutes écrites d’une plume légère et sans grande consistance et toutes révèlent une société bien différente de la nôtre. Plus sévère sans doute. C’était un temps où l’on se retrouvait au tribunal pour une pomme volée ou pour un simple coup de canif dans une union matrimoniale. À lire plus pour le document « historique » que pour la qualité de l’humour.

Ma note

3/5

ESSAIS

RIRES ET LARMES DU PRÉTOIRE (PIERRE GARDES)

Le résumé du livre

Dans cet ouvrage, Pierre Gardes s’est donné pour mission de mieux faire connaître le rôle de l’avocat, rôle qu’il estime aussi noble que valeureux, car il se fait une haute opinion de la fonction. Il réfute l’idée reçue selon laquelle l’avocat est capable de plaider une cause et son contraire et même de se faire le complice vénal d’un coupable avéré. Il réfute cette accusation de la façon suivante : ou bien l’avocat est convaincu de l’innocence de son client et dans ce cas, il n’y a pas de problème. Ou bien il croit à la culpabilité de l’accusé et alors son rôle n’est pas de chercher à tromper le juge grâce à d’habiles mensonges, mais de se contenter de chercher à obtenir des circonstances atténuantes ou des motifs d’indulgence. Ou bien enfin, le cas lui semble douteux. Il devra alors faire partager ce doute à la Cour. Et, comme chacun sait, le doute doit toujours bénéficier à l’accusé.

Ma critique

« Rires et larmes du prétoire » n’est pas, comme son titre pourrait le laisser penser, un recueil d’anecdotes amusantes voire un bêtisier sur les anomalies ou les bizarreries de la justice, mais un essai très sérieux sur un métier qui n’a pas forcément la réputation qu’il mérite, une sorte de défense et illustration de la profession. Publié en 1955, cet ouvrage très bien écrit, porte les marques du temps. À plus d’un demi-siècle de distance, le lecteur mesure la distance parcourue quand il lit que le secret de l’instruction doit toujours être respecté ou que l’avocat commis d’office ne doit pas recevoir le moindre dédommagement en vertu d’une ordonnance datant de Saint Louis selon laquelle l’avocat doit défendre gracieusement le nécessiteux, la veuve et l’orphelin. Pierre Gardes avait une très haute idée de sa fonction et cherchait à la faire partager à ses contemporains. Petit ouvrage intéressant à lire ne serait-ce que pour savoir d’où nous venons et pour mesurer le décadence et la dégradation de certaines valeurs.

Ma note

4/5

SCIENCE-FICTION

LA VOIE TERRESTRE (ROBERT REED)

Le résumé du livre

Le jeune Kyle est un simple Terrien qui trouve son existence trop terne et trop morne et ne s’en satisfait pas. Pour se donner plus d’importance et pour séduire la jolie Billie, il se fait passer pour un « Vagabond ». Il en a le costume gris et en imite à la perfection démarche et intonations. Il faut dire que sur Terre les Vagabonds, extra-terrestres bienveillants et de grande utilité vu qu’ils font partager leurs avancées scientifiques, sont très appréciés. L’ennui, c’est que Billie finit par demander à Kyle de lui présenter Jy, légendaire inspiratrice de la quête des « Fondateurs ». Depuis des millions d’années, elle et ses semblables passent d’une Terre à la suivante dans le but de remonter une voie qu’ils nomment la « Clarté ». Jusqu’au jour où ils tombent sur des créatures nettement moins pacifiques que les Terriens, les « inTrouvés » qu’il va falloir neutraliser sous peine de faire échouer la belle initiative.

Ma critique

« La voie terrestre » est un roman de science-fiction des plus déjantés sur le thème des univers parallèles, de l’immortalité et de l’incommunicabilité. Le style de Robert Reed (mais peut-être est-ce dû à la traduction ?) semble assez lourd et redondant. La construction narrative est volatile, passant d’un personnage à un autre sans logique ni transition, d’un événement à un autre et d’une époque à l’autre de la même manière. Le pauvre lecteur lambda a un peu de mal à suivre et à trouver une logique et un fil directeur à cette histoire abracadabrantesque dans laquelle personne ne meurt jamais, où l’on extrait des cervelles des mémoires dures et où les consciences passent d’un corps à un autre comme certains changent de chemise. À se demander ce que l’auteur avait bu ou fumé avant de se mettre à l’écriture ! Les personnages manquent de consistance, l’intrigue est fort longue à atteindre un rythme de croisière. Il ne se passe pas grand-chose jusqu’à la moitié du bouquin de sorte que l’ennui pointe son nez assez vite. Au bout du compte, une impression de confusion et d’inachevé pour ne pas dire plus…

Ma note

2/5

ROMANCE

À L’OMBRE DES REMPARTS (MICHÈLE FOULAIN)

Le résumé du livre

À Saint-Malo, au tout début du XXème siècle, Léopoldine, jolie blonde d’origine modeste, tombe amoureuse de Jean-Marie, dentiste issu de la bonne bourgeoisie. En dépit de l’hostilité de sa famille, il épouse Léopoldine et lui fait cinq enfants avant de partir à la guerre en 1916. Il n’en reviendra pas. Veuve et mère de famille sans aucune ressource, Léopoldine arrive à tirer quelques premiers revenus en tressant des nasses et des paniers. Sa petite affaire prend peu à peu de l’expansion jusqu’à devenir tout à fait prospère. Elle ouvre une boutique, puis deux et fait de nouvelles rencontres amoureuses. Mais jamais elle n’acceptera de se remarier, voulant rester éternellement fidèle à son premier amour.

Ma critique

« À l’ombre des remparts » est un roman qui aurait pu être historique et n’est malheureusement que sentimental. Deux êtres se marient, ont des enfants qui grandissent et à leur tour se marient et ont des enfants. Une vie simple et banale, mais parsemée de drames, perte du mari puis d’un fils. Et pourtant Léopoldine reste sereine, vaillante, courageuse comme une véritable Malouine. Un magnifique portrait de femme, même si cette histoire, bien racontée mais finalement peu originale, pêche également par un certain nombre d’invraisemblances surtout dans le domaine historique (incorporation en 1916, transfert en camions, etc.). Un premier roman qui tient plus de l’œuvrette que du coup de maître !

Ma note

2,5/5

HISTORIQUE

LE JOUR DU MIRACLE (LARRY COLLINS)

Le résumé du livre

Savez-vous que le nom de code du débarquement des alliés en Normandie devait d’abord être « Mothball » (boule de naphtaline) avant que Churchill le transforme en « Overlord » (suzerain), terme nettement plus évocateur et plus flatteur ? Savez-vous que les ports artificiels qu’il fallut mettre en place représentaient deux millions de tonnes de ciment et d’acier et qu’ils nécessitèrent de venir des Etats-Unis des remorqueurs car leurs homologues anglais n’étaient pas en nombre suffisant ? Savez-vous que le premier acte de résistance eut lieu le 11 novembre 1940 et qu’il fut le fait de jeunes lycéens et étudiants brandissant deux cannes à pêche (deux gaules, c’est-à-dire De Gaulle) et que les Allemands ouvrirent le feu pour disperser la manifestation ? Savez-vous que la moitié de l’effectif du prestigieux corps des troupes d’élite des SAS (Special Air Service) britannique était composé de jeunes Français ?

Ma critique

Tous ces faits peu connus et bien d’autres constituent la matière du « Jour du miracle », livre basé sur les coulisses de l’événement le plus déterminant de la seconde guerre mondiale. En effet, ce jour-là et les suivants, tout se joua sur le fil du rasoir. La météo, la chance, les actions de la Résistance qui ralentirent la progression des Panzers allemands et surtout l’obstination d’Hitler, intoxiqué par l’illusion des divisions fantômes de l’Opération « Fortitude » s’apprêtant à débarquer pour un « vrai » débarquement dans le Pas-de-Calais, décidèrent du sort des armes. Sans parler de la périlleuse attaque de la pointe du Hoc pour neutraliser des batteries de canons qui n’avaient pas été installés tout comme les destructions de villes normandes et leurs milliers de morts civils pour bloquer des divisions qui ne vinrent jamais. Un livre passionnant, bien écrit, agréable à lire. De l’Histoire passionnante et à la portée de tous.

Ma note

4/5

ESSAIS

CE QU’ILS NOUS APPRENNENT (MICHEL KLEIN)

Le résumé du livre

La maison du Docteur Michel Klein ressemble à une sympathique arche de Noé. Après avoir cohabité avec lionceaux, guenon et autres guépards, le célèbre vétérinaire et sa famille hébergent également deux bergers allemands, un chow-chow, un caniche, une chatte de gouttière et un chat birman, sans oublier tous leurs hôtes occasionnels, animaux malades, en instance d’intervention chirurgicale ou en convalescence. C’est dire jusqu’où va l’amour de l’auteur et de sa femme pour les animaux en général et pour les animaux domestiques en particulier. Cependant une question turlupine Michel Klein. Pourquoi pratiquement tous ces animaux, à l’exception de son chat birman, semble systématiquement préférer son épouse Michèle ?

Ma critique

« Ce qu’ils nous apprennent » est un charmant recueil d’anecdotes animalières. Tout le propos du vétérinaire tourne autant du thème contenu dans le titre de cet ouvrage. Oui, pour lui, les animaux pourraient être nos maîtres. Ils pourraient nous apprendre bien des choses, vu que leur comportement est souvent plus doux, plus aimant, plus compréhensif que le nôtre. Nous aurions donc bien des leçons à prendre d’eux. Il va sans dire qu’on se perd un peu beaucoup dans l’anthropomorphisme. Ceci mis à part, les anecdotes sont touchantes, particulièrement celles concernant les chiens guides d’aveugle au dévouement sans faille. Un petit reproche : trop de coquilles, fautes d’orthographe et autres lourdeurs grammaticales entachent ces pages. Les correcteurs feraient-ils la grève du zèle chez Laffont ?

Ma note

3,5/5

BIOGRAPHIES

SŒUR EMMANUELLE (PAUL DREYFUS)

Le résumé du livre

Qui était Sœur Emmanuelle, née Madeleine Cinquin le 16 novembre 1908 à Bruxelles (Belgique) et morte le 20 octobre 2008 à Callian (Var, France), souvent surnommée la « petite sœur des chiffonniers » ? Une religieuse de Notre Dame de Sion enseignante qui fit ses premières armes en Turquie puis en Egypte, et qui fut même naturalisée égyptienne à partir de 1991. Elle était surtout connue pour ses œuvres caritatives auprès des enfants et des plus démunis, les fameux chiffonniers du Caire, et fut un symbole, dans l’opinion française, de la cause des déshérités. Née d’une mère belge et d’un père français, elle possédait ces deux nationalités. En 1991, le président Moubarak lui a accordé la nationalité égyptienne en remerciement de son œuvre. Elle devint très populaire dans l’opinion publique, apparaissant régulièrement en tête des classements des personnalités préférées des Français.

Ma critique

« Sœur Emmanuelle » se présente comme un long reportage sur un personnage hors du commun, habité par le besoin d’imitation du Christ dans son amour des plus humbles. La partie la plus importante de l’ouvrage est consacrée à une sorte de longue interview de la religieuse. Celle-ci permet de mieux comprendre ses motivations au travers d’évènements et d’anecdotes sur sa vie dans un milieu particulièrement dur et défavorisé. Sur l’immense décharge à ciel ouvert, des Chrétiens coptes et des Musulmans survivent en parfaite entente. Malgré des conditions de vie effrayantes pour un Occidental, ils ne sont pas malheureux et sont même remplis de l’amour de Dieu. Une extraordinaire leçon d’espérance, de charité et d’amour du prochain que la lecture de ce livre revigorant.

Ma note

4,5/5

AVENTURESHISTORIQUETERROIR

LE GRAND SILLON (CLAUDE MICHELET)

Le résumé du livre

À Panama, débute un chantier gigantesque, titanesque même, celui du fameux canal de Ferdinand de Lesseps. Flairant la bonne affaire, Martial et Romain se lancent vaillamment dans l’aventure. Ils équipent leur société de puissantes dragues et d’énormes excavatrices et offrent leurs services au contremaître O’Brien. Il s’agit d’unir deux océans pour éviter aux bateaux de faire le tour complet du continent. Mais pour cela, il va leur falloir araser les montagnes, lutter contre une nature hostile et dompter le Sagrès, un fleuve particulièrement capricieux. Un défi à la mesure de leur courage et de leur ambition. Mais les catastrophes s’enchaînent : éboulements en série, glissements de terrain, crues monstrueuses, coulées de boue meurtrière, sans oublier le climat malsain, les fièvres, les moustiques, les mygales et les serpents venimeux. Atteint par la malaria, Martial doit rentrer au Chili et être remplacé par Antoine qui délaisse pour un temps l’immense hacienda dont il avait la charge…

Ma critique

« Le grand sillon » est un roman historique de belle ampleur qui clôt la trilogie des « Promesses du ciel et de la terre ». Il s’achève sur un demi-échec fort bien décrit. Exaltante s’il en est, cette épopée qui tourna au scandale financier a raison de la détermination de l’initiateur de toute la saga. Ainsi tout s’achève en demi-teinte, comme dans la vie. Rien n’est tout blanc ni tout noir, mais plutôt dans les nuances de gris. Une très belle et très enthousiasmante histoire, des personnages attachants et très humains. Une totale réussite. Peut-être le meilleur ouvrage du prolifique Claude Michelet qui sait allier érudition et amour de la terre et des gens. À ne pas rater.

Ma note

4,5/5

AVENTURESHISTORIQUE

POUR UN ARPENT DE TERRE (CLAUDE MICHELET)

Le résumé du livre

En 1879, alors que la guerre du Pacifique oppose le Chili à la Bolivie et au Pérou, Pauline et Antoine poursuivent leur implantation en Amérique du Sud en diversifiant leurs activités. Mais Martial et Rosemonde, eux, sont retournés en France. Atteinte du mal du pays, Rosemonde est retournée à Bordeaux où elle goûte aux plaisirs de l’oisiveté et ne compte pas du tout franchir à nouveau l’Atlantique. Pendant ce temps, de l’autre côté, leur ami banquier et financier, Herbert Halton ayant été capturé par une bande de guérilleros lors d’une expédition dans le désert, Antoine et Edmond se lancent à sa recherche et mettent tout en œuvre pour le délivrer. Dans cette mission difficile, ils seront aidés par Romain Deslieux, un prospecteur français qui a eu bien des mésaventures et qui deviendra bientôt leur ami et partenaire commercial…

Ma critique

« Pour un arpent de terre » est la passionnante suite des « Promesses du ciel et de la terre », saga sud-américaine de Claude Michelet. Dans ce tome, l’auteur fait encore plus œuvre d’historien que dans le précédent. En effet, la plus importante part de la narration est consacrée aux épisodes d’une guerre assez mal connue mais qui fut d’une folie et d’une cruauté peu commune. L’attaque d’Arica, la prise de Lima et les pillages qui s’ensuivirent sont très minutieusement décrits. Les rebondissements et les péripéties se succèdent à un rythme accéléré à tel point qu’il est difficile de lâcher le livre pourtant assez épais (487 pages). De plus en plus attaché aux personnages, le lecteur ne peut s’empêcher de vouloir connaître leur évolution dans ce monde rude et exaltant où tout est à construire et parfois malheureusement, à détruire !

Ma note

4/5

FANTASTIQUEHUMOURNOUVELLESSCIENCE-FICTION

L’AUTRE CÔTE DE NULLE PART (JEAN-PIERRE FONTANA)

Le résumé du livre

En classant livres et papiers d’un oncle défunt, un homme tombe sur un très étrange manuscrit… En Afrique, Tarz’an, l’homme-singe, suit à distance une colonne d’hommes blancs partis à la recherche d’une ville souterraine… Un Martien aussi caoutchouteux qu’indiscret, débarque à l’improviste chez un couple qui n’arrive plus à s’en débarrasser… Chaque fois que la Ville s’agite, Erwin le Serviteur doit intervenir pour rétablir l’ordre à n’importe quel prix… Un enfant rêve qu’une étoile vienne le chercher… Deux péripatéticiennes se plaignent de la musique diffusée par une de leurs ex-consœurs… Dans un Far-West quelque peu virtuel, le chasseur de primes Slim Dakota n’en finit pas de pourchasser l’affreux Ramirez, violeur et tueur d’une petite fille…

Ma critique

« L’autre côté de nulle part » se présente comme un recueil de 16 textes variés repris de diverses revues comme « Galaxies », « Gandahar », « Mercury », « Science-Fiction Magazine » et quelques autres. Quelle variété dans cette compilation ! Le lecteur y trouvera des nouvelles bien sûr, mais aussi un conte philosophique, un livret d’opéra-rock, une fable en hommage à La Fontaine et même une parodie désopilante de science-fiction. Le fond n’est pas en reste. Jean-Pierre Fontana exerce son indéniable talent dans tous les domaines de l’imaginaire : le fantastique, la fantaisie, la SF, l’horreur et même le scénario de jeu vidéo (« Demain matin au chant du colt », à mes yeux la meilleure nouvelle avec « Le Martien » et « L’autre côté de nulle part »). Que de facettes à son imagination ! Il y en a pour tous les goûts. Et, excepté le livret à la Manset et quelques clins d’œil en forme d’hommage, tout est bon et agréable à lire dans cet ouvrage édité avec soin par Armada. (Papier de qualité, couverture superbe de Lohran). À ne pas manquer !

Ma note

4/5

HISTORIQUEROMANCETERROIR

PUYNEGRE (BRIGITTE LE VARLET)

Le résumé du livre

En 1840, Adeline Fabre, jeune veuve d’un général d’empire, gère Puynègre, une jolie propriété située en plein Périgord noir, quelque part entre Limeuil et Le Bugue. Son beau-fils, Jérôme, s’apprête à entreprendre un voyage en Orient, périple fort à la mode chez les nantis de l’époque. De vieilles amies demandent à Adeline de bien vouloir permettre à un certain Monsieur de Céré d’avoir accès aux ouvrages de la bibliothèque de Puynègre pour ses études sur l’architecture du cloître de l’abbaye de Cadouin. Mais le personnage en plus d’un intellectuel et d’un esthète est également un jeune et charmant dandy pétri d’idées romantiques qui vit la plupart du temps à Paris et fréquente les milieux intellectuels et littéraires. Adeline tombe vite amoureuse de ce beau ténébreux…

Ma critique

« Puynègre », suite de « Fontbrune », est un roman sentimental placé dans un contexte historique et de terroir particulier. Avec beaucoup de précisions et de détails très vraisemblables, l’auteur s’attache à faire vivre tout un petit monde provincial et parisien tout en déroulant une histoire d’amour assez classique au bout du compte. Au-delà de l’essentiel de ce gros roman principalement consacré aux émois et ébats de nos deux héros, l’accessoire, c’est-à-dire le contexte, la vie et les mœurs de la bourgeoisie et de la petite noblesse périgourdine très minutieusement décrits est sans doute le versant le plus intéressant de cet ouvrage bien écrit et fort agréable à lire. La plume de Mme Le Varlet a quelque chose de balzacien tout à fait plaisant.

Ma note

3,5/5

EXPLORATIONSTEMOIGNAGE

L’IGLOU (PAUL-EMILE VICTOR)

Le résumé du livre

En 1934, Paul-Emile Victor, encore un tout jeune homme, organise sa première expédition polaire au Groenland en compagnie de Michel Perez, Robert Gessain et Fred Matter. Le célèbre commandant Charcot les débarquent sur l’inlandsis où ils comptent séjourner plusieurs mois en compagnie d’une tribu d’autochtones. Ils veulent vivre parmi les eskimos et surtout comme les eskimos. Plus tard, ils tenteront le pari fou d’une traversée complète en traineaux à chiens, une première française où ils furent à un doigt de trouver la mort. Puis un long séjour de plus d’un an sur la banquise. Paul-Emile Victor fera la connaissance de la belle Doumidia qui sera sa fidèle compagne, se bâtira une cabane et sera même atteint par le scorbut…

Ma critique

En dépit de son manque évident d’actualité, « L’iglou » reste un récit culte d’aventures et d’exploration. Le lecteur qui voudra bien s’y plonger découvrira un monde complètement inconnu, totalement hostile où la survie est plus que précaire. Les chiens sont les variables d’ajustement. Comme les chameaux des déserts de sable, sans eux pas de possibilité de se déplacer sur de grandes distances. L’auteur leur consacre un grand nombre de pages et même la majeure partie de l’ouvrage. Les conditions de vie sont tellement difficiles que les hommes n’hésitent pas à les sacrifier le moment venu, aussi attachés à eux soient-ils. Le côté ethnographique de l’ouvrage est sans doute le plus intéressant, d’autant plus qu’à cette époque, l’auteur a pu connaître le mode de vie ancestral des eskimos, celui d’avant les motoneiges, le Coca-Cola, la télévision et autres facilités modernes. Livre toujours à conseiller aux amoureux des grands espaces et de la nature sauvage.

Ma note

4/5

AVENTURETERROIR

LES PROMESSES DU CIEL ET DE LA TERRE (CLAUDE MICHELET)

Le résumé du film

Négociant en vin originaire de Lodève, Martial se retrouve à Paris au beau milieu des troubles des toutes dernières heures de la Commune. Dans le quartier de Grenelle repris par les Versaillais, il tombe sur Pauline, une jeune repasseuse qui vient juste d’être arrêtée par quatre gendarmes. Il l’aide à leur fausser compagnie et part avec elle se réfugier au fin fond de la Corrèze. Là, il y retrouve Antoine, ancien militaire récemment démobilisé dont la ferme familiale vient de brûler. Sans grandes perspectives les trois jeunes gens auxquels se joint bientôt Rosemonde, la bonne amie de Martial, envisagent d’émigrer en Amérique du Sud où ils espèrent réussir dans le commerce…

Ma critique

« Les promesses du ciel et de la terre » est un roman un peu de terroir de par le cadre et les personnages et beaucoup d’aventures, car les rebondissements et péripéties ne manquent pas dans cette histoire palpitante et fort bien menée qui aurait d’ailleurs très bien pu être authentique. Elle fait penser à celle des fameux « Barcelonnettes », ces pauvres paysans de la vallée de l’Ubaye qui s’expatrièrent au Mexique et qui, fortune faite, revinrent au pays pour se faire construire de magnifiques demeures. Le style de Claude Michelet est fluide, vivant et agréable. Le livre se dévore d’une seule traite. Les embûches ne manquent pas sur la route des quatre héros : tremblements de terre, incendies, vols, sans oublier un égarement dans le désert qui faillit être fatal à l’un des protagonistes. Un livre tonique, revigorant et optimiste qui montre qu’avec du courage, de l’honnêteté et de la ténacité, l’on peut venir à bout de tout. Des personnages positifs et très humains et une belle leçon de vie au final. À ne pas rater.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

VIOL D’ANGES (MARTINE BOUILLON)

Le résumé du livre

Substitut du procureur auprès du Tribunal de Bobigny, Martine Bouillon s’est intéressée au problème de la pédophilie en traitant certaines affaires. Elle a été ulcérée de voir des adultes se servir d’enfants innocents comme de simples objets sexuels et encore plus révoltée de constater l’omerta, la chape de plomb qui s’abat dans la plupart des cas. En 1996, elle représenta la France au congrès de Stockholm où de nombreux pays furent réunis pour débattre du drame de l’exploitation des enfants dans le monde et pour se fendre d’une belle pétition de principe. Elle clame dans ce livre que la pédophilie qu’il serait préférable de nommer « pédomanie » reste le plus terrible crime contre l’humain, les enfants violés, victimes d’attouchements ou de sévices sexuels, étant détruits à tout jamais.

Ma critique

« Viol d’anges » est un essai approfondi sur ce fléau mal perçu et mal combattu. L’auteur s’attache à analyser ce qu’elle a compris du phénomène, détaille les portraits des délinquants sexuels, précise qu’ils peuvent avoir tous les profils, venir de n’importe quel milieu social et souvent avoir été eux-mêmes violés dans leur propre enfance. La victime devenant à son tour bourreau. Les explications philosophiques, sociologiques et psychologiques ne manquent pas. Il est assez dommage que le propos ne soit étayé que par de vagues allusions à l’affaire Dutroux et au tristement célèbre Gilles de Rais. Rien sur les réseaux, filières, pourvoyeurs et autres sociétés secrètes fréquentées par des gens très respectables dont les turpitudes ne doivent jamais être révélées au petit peuple. Et pas grand-chose non plus sur le tourisme sexuel dans le tiers monde. En se refusant à « détailler les horreurs pour éloigner les voyeurs », comme elle le dit, l’auteur se maintient dans le vague, le flou, le général et au bout du compte dessert plutôt sa cause. Ce qui est bien dommage.

Ma note

2,5/5

ESSAISSCIENTIFIQUE

L’ENCEINTE CONCENTRATIONNAIRE (JERÔME LEJEUNE)

Le résumé du livre

À Maryville (Tennessee) se déroule un procès sans précédent dans l’histoire de l’humanité, celui de la mise à disposition de la mère, Mary Davis, de ses sept embryons congelés alors qu’elle est divorcée. Les époux Davis ont eu toutes les difficultés à créer une famille. Mary ayant multiplié les grossesses extra-utérines, ils ont eu recours aux fécondations in vitro, sans le moindre succès. Après une tentative d’adoption qui n’a pas été menée à bien, ils ont accepté de passer par la cryogénie. Neuf ovocytes ont été prélevés sur la mère. Tous ont été fécondés avec succès grâce au sperme du père. Les deux qui ont été implantés n’ont pas permis une grossesse viable. La mère voudrait maintenant disposer des sept restants. Le tribunal rendra-t-il un jugement de Salomon ? Jérôme Lejeune, éminent professeur de génétique fondamentale à l’Université René Descartes vient de sa propre initiative témoigner à la barre…

Ma critique

« L’enceinte concentrationnaire » est la transcription au mot près du procès-verbal et des minutes d’un procès qui eut lieu en 1989 et qui fut déterminant pour définir avec précision le moment où l’on peut parler d’un être humain même en devenir. Pour certains, il y aurait un stade de pré-embryon tant que le système nerveux ne serait pas mis en place. Pour Jérôme Lejeune, ce concept ne repose sur rien de sérieux car dès la fécondation tous les éléments constitutifs sont mis en présence et le processus enclenché n’aura plus jamais besoin de rien. Sitôt conçu, un homme est un homme et mérite le même respect aussi minuscule et démuni soit-il. Simple rappel de la sagesse des peuples et du serment d’Hippocrate. Un livre scientifique d’abord relativement facile. Un hymne à la vie, plein d’humanité et de bon sens, qui remet les choses en place.

Ma note

4,5/5

AUTOBIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

MA MORT ET PUIS APRÈS (LYNE LÉON)

Le résumé du livre

Victime d’un très grave accident de la route, une jeune femme tombe dans un coma profond. Son esprit se détache de son corps et elle se retrouve dans une NDE (Near death expérience) assez longue. Quand elle reprend véritablement conscience, c’est pour découvrir qu’elle est défigurée, recousue de partout, incapable de se lever et qu’elle souffre le martyre. Un chirurgien classique et absolument pas spécialiste en esthétique rate son intervention sur ses paupières. Et ce n’est que le début du calvaire que doit endurer cette pauvre femme pour revenir vers la vie.

Ma critique

« Ma mort et puis après » est un témoignage qui malheureusement ne se cantonne pas au voyage aux confins de la mort. Celui-ci est d’ailleurs évoqué de façon totalement impressionniste, par petites touches qui ne donnent qu’une idée très vague de ce que doit être cette expérience. Très vite le livre tourne au drame et même au mélodrame. L’héroïne accumule les malheurs et les déboires. En plus de son calvaire personnel, autour d’elle c’est l’hécatombe : elle perd son mari suite à un cancer, puis sa mère et enfin la fille de son nouveau compagnon, elle aussi victime d’un accident de la route. Un livre assez intéressant malgré tout, bien écrit quoi qu’un peu confus, mais à déconseiller à celles et ceux qui n’ont déjà pas trop le moral !

Ma note

3/5

ESSAISHISTORIQUE

LA PASSION DES CHRÉTIENS DU LIBAN (DOMINIQUE BAUDIS)

Le résumé du livre

Toute l’histoire du Liban a été marquée par les affrontements confessionnels entre Musulmans et Chrétiens depuis l’expansion de l’Islam au VIIIème siècle jusqu’à nos jours où, sur une même terre, cohabitent difficilement Chrétiens maronites et Musulmans sunnites, chiites ou druzes. Les périodes de paix et d’harmonie ont malheureusement bien souvent été entrecoupées d’intermèdes de persécutions barbares frisant le génocide. Ainsi, en 1860, les Druzes se lancèrent-ils dans de terribles massacres de Chrétiens à Beyrouth, sur le Mont Liban et jusqu’en Syrie. Les Turcs sensés faire régner l’ordre se rendirent d’ailleurs complices de toutes ces atrocités. À Damas, où d’autres tueries religieuses eurent lieu, seul l’émir Abd-el-Kader sut se montrer charitable. Et il fallut que Napoléon III se décide enfin à intervenir par l’envoi d’un corps expéditionnaire pour faire cesser cette folie sanguinaire. Le calvaire se reproduisit en 1914-18 sous forme d’une monstrueuse famine cyniquement organisée qui fit périr à nouveau des milliers de Maronites. D’autres troubles eurent encore lieu en 1943, période qui vit la fin du protectorat français. Et en 1975, éclata une très longue guerre civile qui ravagea à nouveau la pauvre petite « Suisse » du Moyen-Orient.

Ma critique

« La passion des Chrétiens du Liban » est un ouvrage historique de belle facture qui nous rappelle quelques épisodes de l’histoire douloureuse d’une communauté multi-culturelle et multi-religieuse qui eut toujours les pires difficultés à maintenir un équilibre précaire entre les diverses forces en présence. On transigea avec un président maronite et un premier ministre sunnite, principe démocratique reposant sur l’importance numérique de chaque religion. On sait ce qu’il en est devenu. Livre souvent dur à lire en raison de la description par des témoins oculaires de véritables pogroms d’une cruauté féroce. La populace druze égorgeant à tout-va, n’épargnant ni femme, ni enfant, ni vieillard. Incendies, vols, viols et pillages furent à chaque fois systématiquement pratiqués. Mais livre indispensable pour qui veut garder un regard lucide sur des réalités religieuses et ethniques qu’on aimerait relever d’un autre temps.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

MARIANNE ET LE POT AU LAIT (PHILIPPE ALEXANDRE ET ROGER PRIOURET)

Le résumé du livre

C’est la crise, le marasme. Et pas depuis hier. Il suffit de lire ce livre pour le réaliser. Le citoyen a l’impression de n’en plus jamais espérer voir la fin. Gouvernants et économistes devraient faire preuve de plus d’humilité dans leurs déclarations et dans leurs initiatives. Ils aiment bien nous faire prendre leurs hasardeux paris pour des certitudes. Quand ils annoncent que leur politique produira tel ou tel résultat, ils mentent effrontément. Aucun économiste ne peut vraiment dire comment les hommes, les collectivités, les peuples réagiront à telle ou telle mesure. C’est pour cette raison fondamentale que l’économie est une science inexacte, largement soumise aux caprices et aux aléas des évènements. Notre vieux pays est sclérosé, crispé sur ses vieux concepts, arcbouté sur ses acquis sociaux et depuis longtemps irréformable. Si on y ajoute des gouvernants peu portés sur l’économie ou tentés par toutes sortes de coccigrues comme l’obsession de « faire payer les riches », comme la sottise du « c’est gratuit, c’est l’Etat » qui paie ou par les potions magiques du protectionnisme ou du colbertisme, on comprend que notre pays est fort mal barré et depuis fort longtemps…

Ma critique

« Marianne et le pot au lait » est un essai économique axé sur les années Mitterrand qui commencèrent par une relance ruineuse et des nationalisations idiotes pour déboucher, une année plus tard, sur une rigueur digne de Raymond Barre. Il est très instructif de lire aujourd’hui cet ouvrage bien écrit et bien documenté. L’analyse de la situation économique hexagonale est fine, intelligente et bien documentée. Il en ressort que depuis presque un demi siècle rien n’a vraiment changé. Les mêmes causes ont créé les mêmes effets. Les politiques continuent à patauger dans les mêmes marigots, proférer les mêmes calembredaines. Ce qui fut écrit à l’époque est malheureusement toujours valable aujourd’hui. Chômage, délocalisation, désindustrialisation, endettement, déficit de la balance commerciale, tous ces maux n’ont fait que croître et empirer. Un livre essentiel qui ne tombe pas dans les excès du pamphlet mais fait œuvre didactique, même à long terme.

Ma note

4/5

BIOGRAPHIESHISTORIQUE

L’AUDACE D’UNE ÉTOILE (CORINE VALADE)

Le résumé du livre

Au début de l’autre siècle, Anaïs-Mauricia Bétant, jeune Thiernoise des plus casse-cous, se taille une belle réputation dans le monde du cirque et du music-hall. Elle se distingue particulièrement dans des numéros de haute voltige comme l’Auto-bolide, le saut à cheval ou le « Bilboquet humain ». Très vite, le public français puis étranger (Etats-Unis, Portugal, Russie et Allemagne) s’enthousiasme pour ses exploits. Elle connait la gloire et la fortune tout en restant une femme libérée, généreuse et très en avance sur son temps. Sa vie hors norme est jalonnée de hauts et de bas, de triomphes et d’accidents ainsi que de nombreux compagnons et soupirants…

Ma critique

« L’audace d’une étoile » est un roman historique et sentimental bâti autour d’un personnage extraordinaire ayant réellement existé. L’auteure, Corine Valade, après de jolis succès dans un registre plus terroir et artisanat traditionnel (« Le printemps d’Aurélien »), s’était déjà spécialisée dans les récits de vies de femmes libres comme « Victoire » ou « Léopoldine ». Elle franchit maintenant un nouveau cap avec le récit d’une partie de la vie de ce personnage des plus extraordinaires et des plus attachants. Une fois de plus, se vérifie l’adage selon lequel la réalité dépasse la fiction. Les évènements et péripéties se succédant à un rythme rapide, ce livre, agréablement écrit, ne se lit pas, il se dévore à toute vitesse ! On ne souhaite qu’une chose à l’auteure : qu’elle poursuive avec d’autres figures du féminisme comme Olympe de Gouges, Louise Michel, Ella Maillart ou Alexandra David-Neel. Les sujets ne lui manqueront pas.

Ma note

4,5/5

ESSAISPHILOSOPHIQUE

LA DIFFÉRENCE CRÉATRICE (JACQUES DE BOURBON-BUSSET)

Le résumé du livre

Aimer c’est faire confiance, c’est accepter qu’un autre m’altère… Je me suis débattu contre l’amour comme on se débat contre Dieu… Chacun aime l’autre pour l’autre et non pour soi… Le mal, c’est le refus du droit à la différence et donc l’esprit de domination… Malheureusement, la société marchande n’adore qu’un dieu, le dieu fric… J’apprends que la fidélité est une création perpétuelle, que l’amour peut vaincre le temps, que l’intelligence du cœur est au cœur de l’intelligence… Ce livre étant impossible à résumer, j’ai préféré noter ses quelques pépites qui illustrent parfaitement le propos de l’auteur.

Ma critique

« La différence créatrice » est un double recueil philosophique : celui de sept textes personnels de Jacques de Bourbon-Busset et dans une seconde partie celui d’une vingtaine d’autres de grands auteurs, saints, poètes ou philosophes (comme Saint Jean, Saint Bernard, Charles Péguy, Paul Valéry, Rainer Maria Rilke, Descartes, Pascal, Spinoza, Rousseau, Alain, Heidegger, etc.) Tous semblent convoqués ici pour illustrer les réflexions de l’auteur sur l’amour, la mort, le divin, l’humain, l’âme, la puissance et la gloire, le respect de la nature. Les sujets ne manquent pas, les interrogations non plus. À moins de servir d’introduction voire d’initiation, l’ensemble qui a quelque chose d’hétéroclite et d’un peu superficiel laisse le lecteur un peu sur sa faim. Mais une authentique philosophie n’est-elle pas une perpétuelle recherche ?

Ma note

3/5

ESSAISPHILOSOPHIQUE

LES AVEUX INFIDÈLES (JACQUES DE BOURBON-BUSSET)

Le résumé du livre

Un homme, écrivain et diplomate, sorte de double de l’auteur, s’interroge sur le sens de sa vie, sur l’amour, la mort, l’amitié, la transcendance, entre autres choses. Pris dans le tourbillon de la vie, se préoccupe-t-on si l’âme meurt avec le corps ou si quelque principe supérieur la sauve de l’anéantissement ? Il faut dire que la mort rôde autour de lui. Il vient de perdre J., une amie très chère, suite à une longue et douloureuse maladie. Son frère est mort pendant une escarmouche au début de la guerre, sa mère également victime d’une rafale de mitraillette en août 44 et son père pour achever la série. Sa vie ne trouve un sens qu’auprès de sa compagne et dans le calme de la nature. Il songe même à tout quitter pour ne plus se consacrer qu’à son art.

Ma critique

« Les aveux infidèles » se présentent comme des confidences décousues, qu’on dirait écrites au fil de la plume dans une série de courts chapitres sans véritable lien les uns avec les autres. Une suite d’impressions introspectives, une auto-analyse et même une autobiographie spirituelle. Jacques de Bourbon-Busset, qui est loin d’être un mystique, est parti d’un rejet de la transcendance pour lentement y revenir sous l’influence de sa compagne. En chemin, il s’est interrogé sur tous les grands thèmes de la philosophie. Le lecteur y trouvera les influences d’Alain, de Kant et de quelques autres ainsi que de Paul Valéry en ce qui concerne la poésie. Ces aveux « infidèles » (au sens que les mots peuvent souvent trahir la pensée) laissent au lecteur une impression de légèreté pour ne pas dire de futilité. Ils restent la plupart du temps à la surface des choses sans jamais les approfondir vraiment. Ils posent plus de questions qu’ils ne proposent de réponses. Mais la vie n’est-elle pas ainsi ?

Ma note

3/5

HISTORIQUE

LES INNOCENTS DE PARIS (GILBERT CESBRON)

Le résumé du livre

En 1923, à Paris, les anciennes fortifications avec leurs terrains vagues, leurs jardinets et autres cabanes en bois servent de terrain de jeu à une bande de gamins pauvres et plus ou moins livrés à eux-mêmes. Ces petits « Poulbots » se sont accaparés une vieille cabane dans laquelle ils se retrouvent et cachent leurs pauvres trésors, une boussole, quelques albums et diverses babioles. Il y a également un perroquet, un chat et un chien. Les enfants ne rêvent que d’aventures et d’expéditions plus ou moins risquées. Ainsi, l’un d’eux se perd dans un des souterrains de la petite Ceinture et y découvre un vieux wagon abandonné autrefois réservé aux voyages princiers. Leur soif d’aventures les pousse à se lancer à l’assaut du lointain Parc Monceau pour y affronter les gosses de riches. Mais l’aventure tourne court. Un des gamins placé un temps en garde à vue attire l’attention d’un véritable voyou…

Ma critique

« Les innocents de Paris » est un joli roman sur l’enfance et sur un monde disparu celui du vieux Paname, des fortifs et des titis parisiens. Nombre de personnages hauts en couleurs comme l’employé de l’octroi, le gardien du square ou l’ancien vétéran de la Commune, égayent cette histoire qui rappelle par moment la fameuse « Guerre des boutons » de Louis Pergaud. Le style de Gilbert Cesbron, finement descriptif, n’a pas pris une ride et est toujours agréable à lire. Même si cet ouvrage n’est pas le meilleur de l’auteur, il mérite néanmoins notre intérêt ne serait-ce que pour la connaissance du monde de l’enfance perdue et surtout pour la description glaçante des terribles évènements de la « Commune de Paris », page d’Histoire de France terrible au point d’être soigneusement édulcorée dans les manuels. C’est tout à l’honneur de Gilbert Cesbron de l’avoir évoquée de cette manière.

Ma note

4/5

ESSAIS

LA VIE SECRÈTE DES ARBRES (PETER WOHLLEBEN)

Le résumé du livre

Contrairement à ce que d’aucun pourrait croire, les arbres ne sont pas des êtres presque inanimés proches des minéraux, de simples fournisseurs de bois et accessoirement d’ombre et de fraîcheur en été. Ils sont capables de communiquer par leurs racines, de s’entraider en ravitaillant en nutriments un congénère en difficulté. Ils savent également se défendre contre les prédateurs en changeant la composition de leur feuillage de manière à le rendre non comestible. Les chênes sont capables de gérer leur production de glands pour mieux assurer leur succession. Quant aux séquoias de nos régions ou de nos parcs, s’ils n’arrivent pas à devenir aussi imposants que ceux d’Amérique, c’est tout simplement parce qu’ils ont été plantés en solitaires et donc qu’ils n’ont plus le soutien du groupe. La forêt est un grand être vivant où les arbres vivent en communautés et en symbiose avec les champignons, les micro-organismes, les insectes et tous les autres animaux.

Ma critique

« La vie secrète des arbres » est un essai absolument passionnant basé sur les recherches d’un forestier allemand responsable d’une forêt bavaroise qu’il s’efforce de gérer comme une forêt primaire c’est-à-dire avec le minimum d’intervention humaine pour lui permettre de garder toute sa richesse et toutes ses caractéristiques naturelles. Cet ouvrage permet de découvrir un nombre incalculable de choses insoupçonnées. Quand il se promènera en forêt, le lecteur ne regardera plus jamais les arbres de la même façon. Le style est fluide et agréable. L’intérêt est soutenu du début à la fin. Laquelle se présente sous forme d’un plaidoyer en faveur de la forêt primaire auquel il est difficile de ne pas souscrire après tout ce qui vient d’être aussi magistralement exposé. Un livre essentiel pour qui veut comprendre la réalité écologique du milieu forestier.

Ma note

4,5/5

HISTORIQUETEMOIGNAGE

RÉCITS DE KOLYMA (VARLAM CHALAMOV)

Le résumé du livre

À l’époque de Staline, un détenu des camps de concentration du Goulag, à l’extrême-nord de la Sibérie, se retrouve interné dans un centre de quarantaine. Pour un temps, il échappe au travail exténuant, aux coups pour un oui ou pour un non, aux vols et humiliations des droits communs. Quand son nom est appelé pour faire partie de ceux qui doivent retourner au camp de la Kolyma, il se fait tout petit et reste dans les rangs pour pouvoir faire durer plus longtemps son séjour dans cet abri relatif. Et ça marche… Un autre qui a énormément travaillé et qui n’est plus bon à grand-chose suite aux mauvais traitements est convoqué par un responsable qui lui assigne une nouvelle affectation. Quand il se retrouve avec des gardes armés dans un camion qui s’enfonce profondément dans la forêt, il réalise soudain que sa dernière heure est venue et qu’on va le liquider d’une balle dans la nuque…

Ma critique

« Kolyma » n’est ni un témoignage chronologique complet ni un recueil de nouvelles, mais plutôt une série de récits, d’anecdotes de portraits de pauvres bougres internés la plupart du temps sans rime ni raison dans cet effroyable enfer concentrationnaire bolchévique. Etudiant à l’Université de Moscou, l’auteur y fut condamné en 1929 et y fit deux séjours avant d’être libéré en 1953, à la mort de Staline. Ce qu’il raconte est d’autant plus glaçant et choquant que tout est fait pour détruire l’homme : travail épuisant dans les mines d’or ou au débardage de bois, nourriture insuffisante, promiscuité, parasites, maladies et persécutions par les droits communs. La plume est précise, les descriptions parfois impressionnistes, l’ambiance glauque à souhait, une impression de dernier cercle de l’enfer. Le summum de l’horreur est d’ailleurs atteint lorsque la montagne rasée et dévastée fair remonter à la surface les milliers de cadavres congelés qui se sont accumulés au fil du temps. Un témoignage accablant pour l’Histoire du communisme.

Ma note

3,5/5

ESSAIS

ÊTRE JEUNE À TOUT ÂGE (Dr NADIA VOLF)

Le résumé du livre

Ce guide pratique illustré propose une méthode pour vivre bien et en forme le plus longtemps possible. La médecine chinoise, l’acupuncture et son dérivé, la digitopuncture, seraient-ils en mesure de tous nous maintenir dans l’éternelle jeunesse, à tout le moins, de nous permettre de vieillir à peu près confortablement et sans trop importants problèmes de santé ? Pour ce faire, il vaut mieux prévenir que guérir, renforcer les défenses, mener une vie riche et active, faire de l’exercice, manger de bons produits, exercer sa mémoire et maintenir une vie sociale épanouissante. « Dans la Chine ancienne, l’usage voulait que l’on paie son médecin quand… on allait bien. Aussitôt la maladie déclenchée, les soins devenaient gratuits. Pourquoi ? Parce qu’un bon médecin devait être capable de prévenir les maladies. »

Ma critique

« Être jeune à tout âge » se présente comme un traité de vulgarisation de maintien en bonne santé surtout destiné aux femmes. Chaque grande étape de la vie, 20/30 ans, l’âge des débuts, 30/40 ans, l’âge de l’accomplissement, 40/50 ans, l’âge de l’essentiel, 50/60, la ménopause pas de panique, et 60/70, la joie de vivre, est étudié dans un chapitre particulier avec un état des lieux (difficultés particulières de chaque tranche de vie) puis avec une série de conseils pratiques de toutes sortes : points d’acupuncture, compléments alimentaires, exercices physiques, conseils diététiques, etc. Un grand nombre de dessins et croquis illustre le propos qui complète un peu les exposés des précédents ouvrages mais en reste quand même à toutes sortes de généralités que l’on peut retrouver un peu partout dans la presse féminine. Utile, mais pas génial !

Ma note

3/5

HUMOUR

UNE HUÎTRE (DENIS WILLEMS/LESIO)

Le résumé du livre

« Une fois morts, les vrais abrutis sont-ils réincarnés en faux cons ? »

« L’homme est accro à l’argent et, pour soigner son addiction, a pris la mauvaise habitude de travailler. »

« Quand l’homme part à la guerre, sa femme rentre alarmée. »

« À l’heure de pointe, l’autoroute est un vrai bal musette ; les voitures jouent de l’accordéon, le trafic dense et la police fait sauter les bouchons… »

« Le monde moderne est si peu sûr que même le béton est armé… »

« L’école est une prison… D’ailleurs on y étudie déjà la cellule… »

« La cigarette tue et le bar-tabac… »

Juste pour vous mettre l’eau à la bouche, quelques exemples des 500 perles que renferme cette huître si bien nommée et si bien ciselée par Denis Willems, alias LeSio, parolier et humoriste aussi talentueux que belge !

Ma critique

« Une huître » est un recueil d’anagrammes, de jeux de mots et autres contrepèteries souvent écrite pour le plaisir du paradoxe ou de l’étrangeté et qui atteignent parfois la sagesse de l’aphorisme et le plus souvent l’humour aussi farfelu que décalé qui est souvent une spécialité de nos amis d’outre-Quiévrain. Le lecteur rira beaucoup à la lecture de ces brèves de comptoir et de ces maximes toujours amusantes, parfois poétiques bien que quelquefois un peu faciles si ce n’est même (rarement) « capillotractées ». Le lecteur ne boudera pas son plaisir. Bonne lecture garantie. C’est vif, net, pétillant, moqueur, taquin, paradoxal. Presque du Bobby Lapointe ! Autant dire un régal pour connaisseurs ! Profitez-en vite…

Ma note

4,5/5

ESSAIS

VOS MAINS SONT VOTRE PREMIER MÉDECIN (Dr NADIA VOLF)

Le résumé du livre

Cet ouvrage basé sur la digitopuncture (acupuncture sans aiguille, c’est-à-dire par la simple pression des doigts) propose de soulager les douleurs, d’atténuer les souffrances de cette étonnante manière en utilisant certains points précis du corps humain. Reste bien évidemment à connaître leurs emplacements et à quels organes ils correspondent. Il indique également comment faire un « check-up » en palpant certains emplacements au niveau des pieds, des oreilles ou du tronc, ce qui ne correspond pas forcément à une affection précise, mais représente une action de prévention en vue d’une meilleure hygiène de vie. Dans une première partie intitulée « Ma longue marche », l’auteure relate également sa découverte de la médecine chinoise et son arrivée en France suite aux persécutions subies en URSS, rappel de son autre livre « J’ai choisi la liberté », précédemment chroniqué.

Ma critique

« Vos mains sont votre premier médecin » se présente comme une ouvrage de vulgarisation simple et de lecture aisée. De très nombreuses photos ainsi que des croquis illustrent le propos et devraient permettre une mise en œuvre aisée d’une technique qui semble un peu exotique pour ne pas dire ésotérique au premier abord. La liste des maux traités qui va des convulsions aux troubles spécifiques de la femme en passant par les crises d’asthme ou de colite néphrétique sans oublier lumbago ou sciatique laisse un peu rêveur. Une méthode très intéressante qui semble facile à pratiquer par tout un chacun. Sans garantie du chroniqueur quant aux résultats bien sûr !

Ma note

4/5

BIOGRAPHIES

IRÈNE JOLIOT-CURIE (NOËLLE LORIOT)

Le résumé du livre

Fille des célèbres Pierre et Marie Curie, découvreurs de la radio-activité du radium, deux fois prix Nobel, Irène Joliot-Curie se lance très jeune sur leurs traces après de très brillantes études. À 17 ans, elle part sur le front pour organiser les premiers fourgons radiographiques qui seront d’une grande aide pour les soins aux blessés. Décorée de la médaille militaire, elle rencontre le jeune Frédéric Joliot, son collègue à l’Institut du Radium qu’elle épouse quelque temps plus tard et dont elle aura deux enfants. En 1935, le couple découvre la radio-activité artificielle ce qui lui vaut un prix Nobel commun. Irène est à l’origine de la découverte de la fission nucléaire, avancée qui permettra la mise au point par les Américains de la bombe atomique quelques années plus tard dans les conditions que l’on sait. Fondateur du CEA (commissariat à l’énergie atomique), Frédéric Joliot-Curie s’en verra écarté en raison de son appartenance au Parti Communiste et ne cessera de militer pour la paix quand il découvrira que cette nouvelle énergie pouvait avoir des développements terribles pour l’humanité. Irène mourra de leucémie en 1956 sans doute suite à des irradiations lors de manipulations mal protégées…

Ma critique

« Irène Joliot-Curie » est la biographie un tantinet hagiographique d’une femme hors norme qui consacrera tout son temps et toute son énergie à ses recherches, qui sera la première femme à être nommée secrétaire d’Etat à la recherche scientifique en 1936 et qui participera à tous les combats contre le fascisme, les injustices sociales, la lâcheté et la bêtise et surtout pour l’émancipation des femmes. Cet ouvrage bien écrit et bien documenté apporte un éclairage intéressant sur l’histoire de la découverte de l’énergie nucléaire. Les passages sur la course entre les savants nazis, européens et américains pour la suprématie atomique (avec la fameuse bataille de l’eau lourde gagnée par les Alliés et la non-coopération des Joliot-Curie protégés par un de leurs anciens élèves, allemand mais anti-nazi, est particulièrement passionnant). Un destin exceptionnel qui croisa la route des plus grands comme Albert Einstein, Fermi, De Gaulle, Paul Langevin, Eugénie Cotton et tant d’autres. À lire si on s’intéresse à l’Histoire.

Ma note

4/5

HISTORIQUETEMOIGNAGE

AU BEAU TEMPS DE LA BUTTE (ROLAND DORGELES)

Le résumé du livre

Au tout début de l’autre siècle, le jeune Roland Dorgelès, plus saute-ruisseau que véritable journaliste, passe le plus clair de son temps avec les artistes de la Butte Montmartre. Ainsi fréquente-t-il les peintres du Bateau-Lavoir dont le plus célèbre est déjà Picasso, mais également Utrillo, Suzanne Valadon, Marie Laurencin dont il trace un portrait assez peu flatteur, sans oublier les écrivains comme Paul Mac Orlan, Francis Carco, Paul Léautaud, Henri Béraud et tant d’autres. La vie est aussi dure qu’insouciante pour ces grands noms de la bohème. Mais soudain, un jour d’août 14, toute cette jeunesse est emportée dans le malstrom de la guerre. Un grand nombre n’en reviendront pas… Et l’auteur y laissera bien des illusions sur la fidélité des femmes…

Ma critique

« Au beau temps de la butte » est à la fois un recueil de souvenirs et un témoignage charmant sur une époque disparue, sur un monde oublié. Une époque où Paris était encore la capitale mondiale des arts et des lettres. Un tel rassemblement de talents laisse rêveur. La plume de Dorgelès est magnifique, cela va sans dire. Il sait comme personne traduire une ambiance, faire revivre un peintre ou un écrivain. C’est un observateur intelligent et perspicace au regard acéré, compatissant et plein d’humanité. Sa description du retour à la vie civile en 1918 avec sa suite de déceptions, ses pertes d’illusions et son désespoir poussant un grand nombre de ses compagnons jusqu’au suicide est particulièrement émouvante.

Ma note

4,5/5

AUTOBIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

J’AI CHOISI LA LIBERTÉ (NADIA VOLF)

Le résumé du livre

Pourquoi la jeune et brillante Nadia Volf, docteur en médecine, agrégée en neuro-pharmacologie et directrice d’un centre de recherche se retrouve-t-elle obligée de fuir l’URSS de Brejnev en compagnie de son mari Leonid et en cachant son fils Artyom dans le coffre de leur voiture ? Tout simplement parce qu’ils sont juifs et victimes de l’antisémitisme rabique qui règne à cette époque dans le pays. Dès son enfance, elle eut à subir les rebuffades, insultes et humiliations des autres élèves et finalement le rejet, les menaces, les pressions incessantes du KGB. Il était impensable qu’une juive puisse monter si haut ! Arrivée en France, elle découvre que les promesses faites par ses homologues français ne reposent sur rien de sérieux. Heureusement pour elle, toute la communauté juive de Nîmes se mobilise pour accueillir cette famille persécutée de manière plus qu’exemplaire.

Ma critique

« J’ai choisi la liberté » est un magnifique témoignage de courage, de solidarité et de générosité. Il peut redonner confiance dans l’être humain et même prouver qu’à condition d’être honnête, sérieux et de bonne foi, l’intégration de réfugiés « politiques » de ce style peut être une formidable réussite, bénéfique pour ceux qui en profitent comme pour le pays d’accueil. Il faut dire que le docteur Volf n’est pas n’importe qui, mais une des meilleures spécialistes de l’acupuncture, toute dévouée à son art, un « cerveau » qui fut même championne d’échecs dans sa jeunesse. Le genre de « migrante » qu’on accueille avec plaisir (ce qui ne fut pas tout à fait le cas) et qu’on souhaiterait même plus nombreuses. Elle sait reconnaître ce qu’elle doit à notre pays. « Oui, la France fut pour nous la Terre promise. », conclut-elle. À lire, ne serait-ce que pour se rappeler les horreurs du communisme soviétique…

Ma note

4,5/5

AUTOBIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

JILL, UNE FEMME RACONTE SON COMBAT CONTRE LE CANCER (JILL IRELAND)

Le résumé du livre

Née en 1936, Jill Ireland est une actrice britannique d’abord mariée avec l’acteur écossais David McCallum avec qui elle a eu trois fils dont un adopté, Jason, mort d’une overdose en 1989. Sur le tournage de « La grande évasion », elle rencontre Charles Bronson, lui-même marié avec des enfants. Le couple aura une fille Zuleika, qui s’illustrera dans des concours hippiques. La famille possède une magnifique propriété à Bel-Air. Passe l’été au bord de l’océan dans une belle résidence de Malibu et l’hiver à faire du ski dans le Vermont. Leur bonheur serait complet si Jill ne s’était pas vue détecter un cancer du sein qui nécessita une ablation totale suivie d’une longue série de sept sessions de chimiothérapie particulièrement douloureuses. Dans ce livre, surtout centré sur les années 83 à 85, l’actrice relate par le menu son long combat contre cette terrible maladie.

Ma critique

« Jill, une femme raconte son combat contre le cancer » est le témoignage émouvant d’une femme qui décide de prendre les choses en main et de mettre toutes les chances de son côté. Elle ne se contente pas de mettre en œuvre les thérapies classiques. Elle se lance parallèlement dans la médecine holistique, dans l’électrothérapie et la méditation. Elle change sa façon de vivre, son alimentation (plus de laitages, de farineux, de sucre et de protéines animales) et jusqu’à son regard sur ses contemporains. Une leçon de courage et de dignité qui se termine sur des pages d’espoir et ne peut qu’être profitable au lecteur même si celui-ci sait que la triste réalité a rattrapé l’auteure cinq années plus tard et a eu le dernier mot…

Ma note

4/5

BIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

VLADIMIR OU LE VOL ARRÊTÉ (MARINA VLADY)

Le résumé du livre

En 1967, dans un théâtre moscovite, Marina Vlady fait la connaissance de l’acteur, auteur-compositeur-interprète Vladimir Vissotsky. Elle est alors mariée et mère de trois garçons issus de deux unions différentes. Lui est dans une situation similaire mais avec deux enfants. Cela ne les empêche pas de tomber follement amoureux et de tout abandonner pour vivre ensemble. L’ennui c’est que Marina Vlady est une actrice de renommée mondiale qui a toute latitude de circuler partout dans le monde sans pouvoir s’installer durablement en Union soviétique alors que son amant, poète détesté par le régime mais idolâtré par le public, n’a pas le droit de sortir du pays. Le couple doit vivre caché et Marina faire des allers et retours incessants entre la France et la Russie. Tout se compliquera rapidement avec l’alcoolisme et l’addiction à la morphine de Vladimir…

Ma critique

« Vladimir ou le vol arrêté » est un témoignage en forme de déclaration d’amour à un artiste à la carrière météoritique. Les astronomes d’un observatoire de Crimée baptiseront d’ailleurs de son nom une nouvelle planète découverte entre les orbites de Mars et de Jupiter. Au-delà du côté sentimental et passionnel de cette liaison qui ne dura qu’une douzaine d’années, le lecteur découvrira surtout les tracasseries dans la Russie soviétique, les souffrances pour ne pas dire le calvaire de la compagne d’un drogué et d’un alcoolique en proie au mal de vivre sans oublier les plaisirs d’une existence de nantis passant d’un pays à l’autre, d’un palace au suivant, dans les endroits les plus chics et les plus romantiques de la planète, notre actrice ayant réussi à extraire son poète de sa prison à ciel ouvert. Intéressant et instructif même avec le recul du temps. De nombreux poèmes de Vissotsky agrémentent ce texte, écrit comme une adresse au disparu, qui donne envie de mieux connaître cet artiste tout à fait original.

Ma note

4/5

BIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

J’AI DU CIEL BLEU DANS MON PASSEPORT (PHILIPPE DE DIEULEVEULT)

Le résumé du livre

Issu d’une ancienne famille de l’aristocratie bretonne, Philippe de Dieuleveult est le benjamin d’une fratrie de sept garçons. Dès le plus jeune âge, il ne rêvait que d’aventures. Il fut d’abord scout puis exerça mille petits métiers pour financer sa première expédition, une traversée du Sahara qui sera suivie de plusieurs autres. Il participe avec succès à la « Course autour du monde » pour laquelle de jeunes globe-trotteurs devaient envoyer chaque semaine un reportage sur un pays différent. En 1979, il est engagé comme journaliste reporter d’images pour FR3. Caméra à l’épaule, il filme les équipes de « Médecins sans frontières » dans leurs diverses missions partout dans le monde. Et en 1981, il anime sur Antenne 2 l’émission « La Chasse aux trésors », qui passionnera le public pendant plus de quatre ans. Enregistrant l’émission chaque semaine dans un endroit différent, il marque les téléspectateurs par sa chaleur humaine, son humour, et ses prises de risques (chute depuis un hélicoptère, plongée sous-marine, saut en parachute en direct, etc.). L’émission, diffusée le dimanche soir, arrivera souvent en tête des audiences. Malheureusement, il disparaît tragiquement et mystérieusement au Zaïre en 1985. Noyade, accident ou assassinat ? L’affaire n’a jamais été vraiment élucidée.

Ma critique

« J’ai du ciel bleu dans mon passeport » est son témoignage en forme d’autobiographie qui parut une année avant sa mort. Sans se soucier de l’ordre chronologique, il y raconte en vrac sa jeunesse, ses expéditions, sa vie d’homme de télévision et même ses liens avec l’armée (ancien parachutiste et formateur commando, il sera contacté par le célèbre Bob Denard mais refusera de collaborer avec lui). Il fait preuve d’une grande franchise et d’une belle honnêteté. Reconnait être touché par l’amour que le public lui porte et en particulier les handicapés, tout en reconnaissant ne pas être atteint par cette « gloire » et être résolu à toujours rester lui-même, c’est-à-dire un aventurier des temps modernes toujours prêt à faire ses bagages pour partir au bout du monde. Un livre tonique et bien écrit qui permet de jeter un œil dans les coulisses de la télévision tout en gardant la mémoire d’un être hors norme.

Ma note

4/5

ESSAIS

OVNIS, 50 ANS DE SECRET (GILDAS BOURDAIS)

Le résumé du livre

Aux Etats-Unis, en juin 1947 débute avec l’affaire Roswell, une série de phénomènes étranges : lueurs dans le ciel, apparition des premières soucoupes volantes, disparitions inexpliquées et mutilations d’animaux d’élevage. L’opinion les attribue à des manifestations d’extra-terrestres alors que les instances dirigeantes semblent tout faire pour faire disparaître les traces et cacher les évènements. Pourtant, au fil des ans, s’accumulent des milliers de témoignages troublants. En dépit de l’ouverture au public des archives de l’armée de l’air américaine et du FBI quelques années plus tard, il est toujours aussi difficile à la vérité de se manifester. Les « fakes » (« homme de Roswell » en latex et autres) n’arrangent rien. Les autorités campent depuis cinquante ans sur la négation complète. La réalité est-elle si inquiétante qu’il faille encore et toujours la dissimuler ?

Ma critique

« OVNIS, 50 ans de secret » se présente comme une enquête rigoureuse, prouvée, sourcée (nombreuses pages de notes de référence, fac-similés de documents authentiques) sur un phénomène qui déchaine les passions et suscite les controverses. L’auteur a l’honnêteté de dénoncer les déclarations mensongères ou fantaisistes. Il démontre que ce sont souvent des rideaux de fumée créés pour dévaloriser les thèses de ceux qui croient aux interventions extra-terrestres. On apprend énormément de choses dans cette étude très complète et même très copieuse. Cependant le lecteur achève sa lecture en restant un peu sur sa faim. Rien ne prouvant rien, les arguments se contre disant, le mystère demeure. Les doutes aussi.

Ma note

3/5

ESSAIS

L’AMOUR, LA MÉDECINE ET LES MIRACLES (DR BERNIE S. SIEGEL)

Le résumé du livre

Chirurgien à New Haven, enseignant à l’université de Yale, le Dr Bernie S. Siegel fit un jour la découverte de l’importance et même de la prédominance de l’esprit sur le corps de certains patients. Il fut témoin d’un nombre incroyable de guérisons exceptionnelles ou de rémissions inattendues déjouant tous les pronostics médicaux. Ces « miracles » se produisent presque toujours chez des êtres atypiques qui prennent leur sort en main, ne se résignent pas à la maladie, la combattent et finalement en viennent à bout sans s’en remettre uniquement à la médecine traditionnelle. L’auteur en tire alors les conclusions qui s’imposent. Il change radicalement sa pratique médicale, donne des conférences sur le rapport corps/esprit et crée un groupe d’accompagnement de cancéreux où les gens partagent, s’écoutent, s’encouragent et s’entraident pour guérir autrement…

Ma critique

« L’amour, la médecine et les miracles » est un essai médical basé sur la pratique et le concret. Il fait appel à une multitude d’anecdotes et de témoignages souvent bouleversants sur les capacités insoupçonnées de l’amour et de la volonté dans le retour à la santé. En fin de volume, et ce n’est pas le moindre intérêt de cet ouvrage, l’auteur détaille techniques et méthodes pour stimuler le processus de guérison : alimentation, activité sportive, méditation, yoga, visualisation, travail sur les rêves, rire, interprétation de dessins spontanés, groupe de parole, jeux, prise en compte des ressentis, des émotions, etc. Un ouvrage majeur, bien écrit, tout à fait passionnant et qui ouvre des perspectives nouvelles fort éloignées de la conception mécaniste de la médecine classique. Il est rassurant de penser que l’esprit dirige le corps et non l’inverse ! À lire et méditer…

Ma note

4/5

HISTORIQUE

SAINTE-MERE-EGLISE, 5-6 JUIN 1944 (ALEXANDRE RENAUD)

Le résumé du livre

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, l’avant-garde des forces alliées, en l’occurrence les parachutistes des 82ème, 101ème et 505ème US airborne sautent ou débarquent de planeurs sur le petit village de Sainte-Mère-Eglise (Cotentin) et ses environs pour sécuriser la zone de débarquement. Mais les Allemands les attendent de pied ferme. Ils ont fortifié la région et massé des troupes un peu partout. Les combats sont acharnés. Très vite les Américains se retrouvent à court de munitions et même prêts à se replier. Heureusement pour eux, la logistique arrive juste à temps et cette première petite parcelle de territoire français délivré au prix du sang (perte de la moitié des effectifs) sera l’amorce d’une solide tête de pont qui permettra la victoire finale.

Ma critique

« Sainte-Mère-Eglise » est un récit historique écrit par le maire de la ville, témoin oculaire de tous ces évènements. Avec beaucoup de sincérité et d’amour pour sa région martyrisée et pour ses habitants, il raconte sans pathos et même avec un certain détachement l’arrivée des « libérateurs » et même celle, quelques jours plus tard de la fameuse division Leclerc, cette armée de Français Libres qui furent les premiers à entrer dans Paris et qui sauvèrent l’honneur de la France. Le lecteur découvrira dans ce livre une quantité impressionnante de documents photographiques dont beaucoup d’inédits montrant l’état de destruction des villes et villages de la région. Malgré les « tapis de bombes » des Alliés qui transformèrent Carentan, Caen, Saint-Lô et tant de lieux en amas de ruines, les Français firent bon accueil aux Américains, les nourrirent, les aidèrent, les cachèrent et les guidèrent dans les marais et furent l’humble cheville ouvrière du succès de cette opération risquée. Une page d’histoire à ne pas oublier.

Ma note

4,5/5

BIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

LA PERLE ET LA COQUILLE (NADIA HASHIMI)

Le résumé du livre

De nos jours, dans un petit village afghan, un ancien soldat des seigneurs de la guerre retrouve sa famille et se laisse aller à ses penchants pour la drogue. Il n’a que des filles qui sont harcelées sur le chemin de l’école. La solution sera de les confiner à la maison et de marier la très jeune Rahima à un homme de plus de soixante ans… Au tout début de l’autre siècle, Shekiba perd toute sa famille lors d’une épidémie de choléra. Elle tente de survivre seule sur la petite ferme familiale. Mais assez rapidement, ses oncles la placent comme garde du harem dans le palais du roi d’Afghanistan. Malheureusement, elle ne peut empêcher un homme de s’introduire à l’intérieur. Ce sera la suite de ses malheurs…

Ma critique

« La perle et la coquille » est le récit choral ou stéréophonique de la vie de deux femmes afghanes à un siècle de distance et en alternant les chapitres. Une longue suite d’épreuves, de drames et d’humiliations de toutes sortes pour ces femmes. Des vies d’esclaves consacrées aux travaux ménagers et vouées à la procréation si possible uniquement de garçons. Le lecteur découvre qu’au XXIème siècle rien n’a changé, Rahima a beau terminer adjointe parlementaire d’une députée de la « jirga » (assemblée nationale), elle est tout autant privée de liberté, exploitée et humiliée que son arrière-arrière-arrière grand-mère. Malgré quelques longueurs, ce gros pavé se lit assez rapidement tant ces mœurs d’un autre temps semblent exotiques et choquantes et donnent à réfléchir sur la condition de la femme dans ce pays. À conseiller pour nous aider à appréhender une réalité bien cruelle.

Ma note

4/5

AVENTURE

OBJECTIF : PÔLE NORD DE NUIT (MIKE HORN)

Le résumé du livre

En compagnie du Norvégien Borge Ousland, grand spécialiste de la banquise, Mike Horn tente de relier le cap Arkticheskiy situé aux extrémités nord de la Russie au pôle Nord géographique, de janvier à mars, c’est-à-dire en plein hiver, donc sans jamais voir le jour. Cet exploit les obligera à parcourir environ 2000 km soit 62 jours de marche dans des conditions dantesques en tractant des traineaux de vivres et de matériel particulièrement lourds. Le tout dans un froid intense, souvent moins 35° ou moins 38°, avec des vents contraires et des glaces dérivantes les faisant reculer d’autant qu’ils avancent. Sans oublier le danger des crevasses plus ou moins importantes du pack les obligeant à nager avec des combinaisons étanches et surtout celui des ours polaires pas forcément amicaux avec lesquels ils se retrouvèrent plusieurs fois nez à nez.

Ma critique

« Objectif : Pôle Nord de nuit » est un récit de voyage écrit en collaboration comme c’est le cas la plupart du temps, que l’éditeur le revendique ou non. Le lecteur n’y cherchera pas de la grande littérature, mais de la sincérité, de l’émotion et de belles leçons de vie, de courage, de ténacité et de solidarité. Et là, il sera servi. Car il en a fallu à ces deux êtres hors normes pour réussir un tel exploit. Comme tous les défis « inutiles », ils l’ont fait parce que personne ne l’avait fait avant eux et parce que tout le monde le croyait impossible. Un magnifique témoignage qui ravira les amateurs d’aventures et de grands espaces tout en les faisant réfléchir à la relativité des choses : la nature n’a pas besoin de nous pour exister. Et sous ces latitudes, elle peut même se montrer si hostile qu’il faut être aussi fou que ces deux-là pour aller s’y frotter !

Ma note

4,5/5

BIOGRAPHIES

Le résumé du livre

Fils d’un gardien de refuge en Cerdagne catalane, Kilian Jornet a gambadé dans les montagnes dès son plus jeune âge. À 7 ans, il réalisa son premier « 4000 » puis la traversée des Pyrénées en famille pendant 42 jours. Adulte, après une formation de ski-running à Font-Romeu, il refait le même itinéraire en courant pendant 8 jours seulement, au prix de souffrances incroyables. Son palmarès de coureur de l’extrême laisse pantois : l’ultra-trail du Mont-Blanc, le GR20, la Diagonale du Fou, la Western States au lac Tahoe, l’ascension du Kilimandjaro en un temps record et, plus récemment des sommets de 8000 m sans oxygène dans l’Himalaya.

Ma critique

« Courir ou mourir » est le témoignage franc et honnête d’un sportif de haut niveau accro à la compétition, à la performance mais qui sait rester humble et modeste. Il nous fait partager ses impressions lors de ses exploits. Mais que de souffrances, que de courage, que d’abnégation, que de tortures infligées à son pauvre corps pour atteindre ce niveau ! Il suffit de lire ce livre pour se rendre compte que même pour les plus grands, on n’a jamais rien sans rien. Plus incroyable est l’exploit, plus énorme est la souffrance. En course pourtant, Jornet met un point d’honneur à cacher ses difficultés. Tout le monde finit par croire qu’il obtient tout dans la facilité. Il n’en est rien. Livre intéressant pour toucher du doigt la réalité de ces performances au bout du compte aussi inutiles qu’époustouflantes. L’auteur le reconnaît lui-même vers la fin de l’ouvrage. Il se demande pourquoi il court, pourquoi il a toujours besoin de repousser ses limites.

Ma note

3/5

FANTASTIQUENOUVELLES

ERRANCES (CAROLE BERGH)

Le résumé du livre

Une femme fait une chute dans l’escalier de son immeuble. Arrivée dans la rue, elle ne reconnaît plus son environnement habituel… Sophie croit que Paul la trompe. Pour se venger, elle sabote les freins de sa voiture… Victime d’une agression, David, sonné, erre toute une nuit dans la forêt de Fontainebleau. Au matin, il est recueilli par un étrange homme des bois… Une chatte abandonnée est adoptée par une vieille dame bien gentille… Karine est jalouse de Yohann. Elle lui rend la vie si infernale qu’il en est réduit à se réfugier dans l’alcool… Victime d’un terrible accident de la route, Simon est éjecté de son véhicule. Il se retrouve dans un autre monde, sans avions, ni voitures…

Ma critique

« Errances » est recueil regroupant huit nouvelles sur le thème de l’étrange et du fantastique mais pas seulement car quelques-unes ne sont que de petits récits sur une tranche de quotidien très banal. Deux nouvelles traitent de jalousie maladive avec ses conséquences inattendues. Deux autres d’intrusion dans des univers parallèles. Ce sont à mon sens les meilleurs de cet ouvrage agréable à lire. Les personnages féminins ne sont pas particulièrement sympathiques mais bien pétris d’humanité. La plume de Carole Bergh est alerte, vive et de très belle qualité. Un bon moment de divertissement d’autant plus agréable que ce livre est en accès libre sur les plate-formes.

Ma note

4/5

ESSAIS

LA LOI DE L’ATTRACTION (ESTHER & JERRY HICKS)

Le résumé du livre

Dans notre existence, tout ce qui advient, que nous le voulions ou non, est provoqué par une loi universelle très puissante et jamais prise en défaut, la « loi de l’attraction », principe qui veut que tout ce qui se ressemble s’assemble, que toute pensée négative induit une conséquence du même ordre et inversement. Il s’agit donc de comprendre pourquoi arrive ce qu’il arrive dans nos vies et surtout apprendre comment diriger nos envies et nos pensées dans un sens positif et constructif pour attirer de bonnes choses, obtenir tout ce qu’on peut désirer afin de jouir d’une vie de plénitude et de joie sans fin.

Ma critique

« La loi de l’attraction » est un ouvrage de psychologie appliquée dans la lignée de la sophrologie voire de la méthode Coué, mais avec un réel contexte ésotérique. En effet, tout l’enseignement des époux Hicks repose sur des révélations reçues d’entités non-incarnées qui les auraient dispensées à Jerry par l’intermédiaire d’Esther laquelle aurait servi de médium. Cet aspect de l’affaire qui pourra révulser rationalistes et cartésiens mis de côté, il semble qu’il faille s’attacher au plus important, le message, très clair, parfaitement expliqué, et même décortiqué jusque dans les plus menus détails. Il est plus que troublant, mérite d’être examiné avec soin et pratiqué ne serait-ce que pour en vérifier la pertinence. Le lecteur ne regrettera qu’une chose la quasi-absence d’anecdotes, d’exemples concrets de réussite ou d’échec de la méthode. À conseiller à toutes celles et à tous ceux que la pensée positive interpelle.

Ma note

4/5

HISTORIQUE

IMHOTEP, LE MAGE DU NIL (PIERRE MONTLAUR)

Le résumé du livre

Au troisième millénaire avant notre ère, à Chmounou, en Egypte, vit Imhotep, un médecin de grand talent. Voulant s’entourer des meilleurs, le puissant pharaon Khasekem lui fait l’honneur de le prendre à son service. Le thérapeute se met donc en route vers le palais de Nekhen en compagnie de son épouse Méri-Ankh en toute fin de grossesse. Celle-ci est dans les douleurs de l’enfantement quand Imhotep doit la quitter pour se rendre au chevet de la Grande Epouse Royale dont l’accouchement se passe difficilement. En la sauvant d’une hémorragie qui aurait pu être fatale, le médecin gagne la confiance et la faveur du pharaon qui lui confie des responsabilités de plus en plus importantes.

Ma critique

« Imhotep, le mage du Nil », est un roman historique de très bonne facture, bien écrit et bien documenté. Quelle existence exceptionnelle que celle de ce personnage hors norme qui, en plus de se révéler un praticien remarquable (au point d’être divinisé après sa mort et de servir de modèle à Asklépios et Esculape), fut également un formidable architecte qui initia l’utilisation de blocs de pierre dans la construction des palais et des sépultures et qui inventa la toute première pyramide, celle à degrés du pharaon Djoser à une vingtaine de kilomètres du Caire, sur le plateau de Saqqarah. Fort intéressant pour ses descriptions des mœurs de l’Egypte ancienne, ce livre a aussi le mérite de faire découvrir au lecteur la cause finalement assez triviale qui fut à l’origine des fameuses pyramides. Cet ouvrage est à conseiller aux passionnés de ce volet particulier de l’Histoire.

Ma note

4,5/5

TERROIR

LES SENTIERS DU VIEUX CAUSSE (RAYMONDE ANNA REY)

Le résumé du livre

Dans un hameau isolé des Cévennes, vit Gousta-Soulet un vieux solitaire qui partage son temps entre ses animaux et sa vigne. Un matin, il trouve sur son perron une petite sourde-muette venue de nulle part qui, très vite, se plait en sa compagnie. Il la prénomme « Griotte », une contraction de « Maigriotte » car en plus d’être rousse aux yeux bleus, elle est d’une grande maigreur. Il la recueille en se gardant bien de prévenir qui que ce soit. À l’été, le jeune Frédéric, fils des voisins qui ne viennent chaque année qu’un mois pour les vacances, la découvre et passe avec elle le plus merveilleux été de son enfance. Mais à l’automne, ce sont des chasseurs qui la croisent et qui alertent les autorités. Griotte est immédiatement placée dans une institution au grand désespoir de Gousta-Soulet et de Frédéric…

Ma critique

« Les sentiers du vieux Causse » est un joli roman de terroir écrit en hommage à une région qui décline doucement, à un monde qui peu à peu disparaît au fil des départs des anciens, des ruines de maisons et du retour des ronces, orties et épineux. Que de beaux sentiments évoqués dans cette émouvante histoire d’homme et d’enfants, dans cette amitié improbable entre un petit citadin, un vieux paysan asocial et une handicapée qui ne communique que par les regards et les sourires ! Qui a dit qu’on ne pouvait pas faire de bonne littérature avec de bons sentiments. L’auteure nous apporte ici une magnifique preuve du contraire. Son amour de la vie difficile des derniers habitants du Causse transcende tout. Le lecteur ne peut qu’être emporté jusqu’à un happy end, écrit au conditionnel quand même, histoire de rester vraisemblable.

Ma note

4/5

POLICIER

LES DISPARUES DE LA SAINT-JEAN (LAURENT CABROL)

Le résumé du livre

Au début des années soixante, à quelques années de distance, trois jeunes filles, Isabelle, Clémence et Adeline, disparaissent d’un petit village du Tarn au cours de la nuit de la Saint-Jean. Les gendarmes concluent à des fugues sans conséquence. Mais, Justin Gilles, journaliste localier, est certain que les trois filles ont été assassinées par un tueur en série qui sévirait sur le Causse. Ses articles obligent à relancer l’enquête. Les soupçons se portent alors sur un jeune berger, Christophe Solal, qui est rapidement incarcéré par un juge d’instruction. Est-il le véritable coupable ?

Ma critique

« Les disparues de la Saint-Jean » est un roman policier en milieu rural sans véritable enquêteur à la Maigret, Holmès ou Poirot mais sous la houlette d’un commandant de gendarmerie psychorigide et d’un juge d’instruction frustré. Avec pareils bras cassés, l’erreur judiciaire n’est pas très loin. Parfaitement écrit, ce roman se lit quasiment d’une traite tant l’ambiance campagnarde est bien rendue et le suspens magistralement maintenu. Laurent Cabrol, journaliste météo bien connu, se révèle également romancier de terroir de haut niveau. Ses personnages, excellemment décrits sont tous pétris d’humanité et cette histoire à la chute aussi réussie qu’inattendue est d’une noirceur et d’une réalité qui donne à réfléchir. Quand la justice s’emmêle les pinceaux, les dommages collatéraux s’accumulent.

Ma note

4,5/5

HUMOUR

PROPOS DE VILLE ET PROPOS DE THÉÂTRE (HENRY MURGER)

Le résumé du livre

Un journaliste n’ayant rien à proposer à son chef a l’idée de jeter dans la Seine un chapeau trouvé sur un banc et de hurler à la noyade. Les passants s’attroupent, croient à une noyade et alertent les autorités. Pour le plumitif en manque de matière, ce sera un de ses meilleurs « papiers »… Savez-vous ce que Montaigne disait des hommes qui épousent leur maîtresse ? « Ce sont des gens qui crachent dans leur verre avant que de boire »… Le Français sait le mieux faire l’amour ; l’Italien le fait mieux agir ; le Russe le fait agir et parler également bien ; l’Allemand l’endort ; le Polonais le ruine…

Ma critique

« Propos de ville et propos de théâtre » est un recueil de petits articles, d’anecdotes, d’historiettes, de traits d’esprit et de chroniques de pièces de théâtre. Une sorte de fourre-tout pétri d’humour et d’ironie plus ou moins grinçante. Une sorte de concentré de l’esprit français et même parisien. Bien que datant de 1853, cet ouvrage reste d’une lecture agréable. C’est pétillant, corrosif, parfois poétique, philosophique, même si certaines références sont perdues et même si l’auteur a des femmes une vision désenchantée et frôlant la misogynie. Certains textes ont plus d’intérêt que d’autres. Ainsi sort du lot celui sur le temps trop doux du mois de janvier qui permet toutes sortes d’extravagances et une incursion dans le fantastique désopilant très proche du surréalisme. Idem pour la série de portraits archétypaux de toutes sortes de piètres personnages gravitant autour du théâtre et de la littérature. Il y a du Saint-Simon chez Murger, auteur qui ne mérite le détour.

Ma note

4,5/5

HUMOURPOLICIER

L’HOMME AU STYLO (MARCEL IDIERS)

Le résumé du livre

Le commissaire Poupart est appelé dans un théâtre parisien suite à l’assassinat de la comédienne Mona Stella. En réalité, celle-ci n’était qu’évanouie. Un individu lui a fait livrer une corbeille de roses, a soudoyé son habilleuse et s’est présenté sous le nom de Maxime Fontani, imprésario voulant lui proposer un contrat mirifique. Il en a profité pour lui injecter un somnifère et lui dérober ses bijoux. Les méthodes employées amènent Poupart à penser qu’il a affaire à l’insaisissable « homme au stylo ». Peu après, un jeune journaliste et un détective privé nommé Furet se lancent à leur tour sur la piste du voleur…

Ma critique

« L’homme au stylo » se présente comme un roman populaire et feuilletonesque dans l’esprit du célébrissime Arsène Lupin. En effet, le héros vole aux riches pour donner aux pauvres, ridiculise ses poursuivants et, tel un véritable Frégoli, change en permanence d’aspect et de déguisement, se rendant ainsi quasiment impossible à capturer. La trentaine, joli garçon, grand, mince et élégant, il habite un appartement trois pièces dans une rue calme d’un quartier chic du vieux Passy. Insaisissable et mystérieux, ce voleur gentleman, ne tue jamais et choisit ses victimes parmi les individus qui ont acquis leur richesse de façon peu recommandable. Adepte du déguisement, mais uniquement lorsqu’il n’est pas sur un coup, il a l’habitude d’opérer avec un stylo dissimulant une seringue Pravas qui lui permet d’injecter un liquide opiacé capable de provoquer un sommeil immédiat chez la personne qu’il a choisie de neutraliser. Datant de 1945, ce roman, bien écrit et qui n’a pas pris une ride, reste un agréable divertissement sans autre prétention.

Ma note

4/5

FANTASTIQUE

L’HOMME SANS BRAS (PAUL FEVAL)

Le résumé du livre

Vingt années plus tard, Tanneguy de Tréguern, fils de Filhol le revenant breton, débarque à Paris au Palais-Royal pour être introduit parmi les personnalités importantes de la capitale. Il prend toujours la douairière Le Brec pour sa grand-mère et ne sait que peu de choses sur ses origines hormis le fait qu’il soit orphelin. Il retrouve Stéphane, son ami et quasi frère de lait. Un étrange avocat se présente chez la marquise du Castellat, richissime veuve qui doit bientôt épouser Gabriel de Feuillans, autre parvenu de fortune aussi récente que peu méritée. L’homme dit s’appeler Privat, être breton et natif de la région de Tréguern. Depuis le début, il prétend avoir suivi l’affaire des revenants et avoir accumulé preuves et témoignages accablants. Sera-t-il en mesure de faire éclater la vérité et cesser la malédiction qui frappe cette famille ?

Ma critique

« L’homme sans bras » est le second et dernier tome d’une « Histoire de revenants », roman fantastique et social assez noir, bien dans le style des romans feuilletons populaires de l’époque. Les rebondissements ne manquent pas dans cette intrigue à la fois compliquée et un tantinet cousue de fil blanc. En effet, dès le début, le lecteur a un doute et il lui vient même une explication qui est confirmée par la fin en happy end, autre passage obligé du genre. Les personnages ne déçoivent pas. Le méchant l’est énormément, à la fois assassin, voleur, menteur, faussaire, prêtre défroqué et usurpateur. Les nobles dans la débine ne font que descendre un à un les échelons de la société. L’argent corrompt tout sur son passage et finit par ravager complètement l’ordre ancien. Les femmes se partagent entre les cupides et les victimes. Seul surnage le personnage d’Etienne, l’homme sans bras, qui ne vit que pour aider son maître et fait preuve d’un tel dévouement qu’il va jusqu’à se sacrifier totalement pour lui. Finalement, le lecteur se demande si le côté historique et ethnologique de ce livre parfaitement écrit et toujours agréable à lire même aujourd’hui n’est pas plus intéressant que son versant fantastique avec ses revenants, sa sorcière, ses esprits frappeurs et autres ectoplasmes.

Ma note

3,5/5

FANTASTIQUE

UNE HISTOIRE DE REVENANTS (PAUL FEVAL)

Le résumé du livre

En Bretagne, à la fin du XVIIIème siècle, Filhol de Tréguern, aristocrate désargenté, est censé jouer les revenants quelque part sur la lande déserte non loin du Trou de la Dette. La douairière Françoise Le Brec et Marianne, la sœur du disparu viennent la nuit sur les lieux dans l’espoir de voir apparaître son fantôme. Mais rien ne se produit, aucune voix ne s’élève dans les ajoncs… Et soudain, elles aperçoivent une forme humaine sortie des broussailles, c’est un spectre de femme avec un visage d’une beauté angélique encadré d’une vague de boucles blondes. Il s’agit de Geneviève de Tréguern, la veuve du revenant, qui le cherche également. Mais où donc Filhol est-il passé ? On le dit mort des fièvres depuis longtemps. Et pourquoi cette croyance selon laquelle tout Tréguern doit mourir trois fois ?

Ma critique

« Une histoire de revenants » est le premier tome d’un roman fantastique de Paul Féval, auteur breton qui, à son époque, rencontra un succès équivalent à ceux de Balzac ou de Dumas. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et pourtant ce prolifique romancier nous gratifie ici encore d’une histoire pleine de rebondissements écrite d’une plume alerte et de descriptions minutieuses d’une Bretagne profonde, pleine de mystère et de croyances aux esprits, aux sorciers et autres korrigans. Sans doute est-ce le côté le plus passionnant de ce texte. Quelques années après la Révolution et la révolte des Chouans, le pays pauvre et arriéré est encore imprégné des us et coutumes de l’ancien régime. Les nobles bénéficient toujours du dévouement et du respect de leurs paysans. Un des personnages prend même la place de son seigneur au moment de la conscription. Il y laissera un bras et se sacrifiera même pour lui. Et pourtant, l’âge d’or des Tréguern est terminé. Ils ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes et le lecteur ne découvrira leur fin et la clé de l’énigme que dans le second tome intitulé « L’homme sans bras ».

Ma note

3,5/5

ESSAIS

COMMENT CESSER DE PROGRAMMER L’ÉCHEC (MICHEL DOGNA)

Le résumé du livre

L’être humain est tout à la fois corps et esprit. Son esprit a des potentialités qu’il ne soupçonne même pas. Certains semblent accumuler les souffrances et les malheurs alors que d’autres collectionnent les joies et les réussites. Pour l’auteur, tout dépend de la pensée positive qu’il appelle « la force d’attraction ». L’univers serait une source de bonheur inépuisable. Nos pensées négatives seraient non seulement une barrière empêchant qu’il se déverse sur l’humain, mais en plus, qu’elles perpétueraient indéfiniment les catastrophes et les calamités…

Ma critique

« Comment cesser de programmer l’échec » est un essai de psychologie appliquée, présenté par Michel Dogna, naturopathe bien connu. Ses recherches sur la maladie l’ont amené à la conclusion que le psychologique avait toujours le dernier mot dans la plupart des cas de pathologie. Nos maux n’arrivent jamais par hasard et nous avons en nous tous les facteurs de guérison possibles. Cette méthode semble pas mal à voir avec la sophrologie ou avec la fameuse « méthode Coué ». Même si les arguments et les anecdotes présentés laissent un peu rêveur, rien n’empêche d’essayer de la pratiquer. Que risque-t-on ? Une meilleure santé ? Plus de réussite ? Un livre qui donne à réfléchir.

Ma note

4/5

ESSAIS

LA GRANDE RELÈVE DES HOMMES PAR LA MACHINE (JACQUES DUBOIN)

Le résumé du livre

En 1932, l’auteur rencontre quelque part en Haute-Savoie, un médecin en retraite, le docteur Hermodan, un industriel du Nord, un négociant parisien, un jeune ingénieur, un propriétaire terrien, un pharmacien ainsi qu’un architecte retiré des affaires et ayant longtemps milité dans un parti de gauche. Ce petit cénacle discute en toute liberté de politique et d’économie. La terrible crise économique commencée en 1929 aux États-Unis est là et bien là avec son lot de chômage, ses usines qui ferment et ses entreprises qui font faillite. Comment en sortir ? Y a-t-il vraiment des solutions ? L’auteur est d’autant plus intéressé par le diagnostic et les remèdes présentés par ses interlocuteurs que son éditeur lui a demandé d’écrire un livre sur la question.

Ma critique

« La grande relève des hommes par la machine » est un essai sur l’économie particulièrement clair et intéressant qui n’a pas pris une ride en dépit de son grand âge. Il est présenté sous forme de conversations à bâtons rompus abordant un à un tous les aspects du problème : déséquilibre entre production et consommation, automatisation (robotisation) amenant à une surproduction, réduction des effectifs, concurrence sauvage, abondance entrainant la chute des cours, chômage amenant une baisse de la consommation, déséquilibre de la balance commerciale… L’analyse des causes est tellement précise et impeccable que le lecteur se dit que si le livre avait été écrit aujourd’hui il n’aurait d’autre différence que quelques chiffres (les 300 000 chômeurs de l’époque se retrouvant nettement plus nombreux de nos jours) et qu’une belle aggravation des dérives du capitalisme. Ecrit par un industriel et homme politique de premier plan, ce livre longtemps mis sous le boisseau, a été réédité en numérique par Etienne Chouard (en libre accès sur son site). Il propose comme solution à ces crises récurrentes, endémiques et quasi-perpétuelles, un partage du travail, une économie distributive (on dirait « solidaire » ou « décroissante » de nos jours) et un revenu de base, ancêtre du « revenu universel », toutes solutions n’ayant jamais été vraiment mises en pratique et ne manquant pas d’une certaine séduction. Quiconque s’intéresse à l’économie ne devrait pas se priver de lire l’ouvrage de ce visionnaire que fut Jacques Duboin !

Ma note

4,5/5

POLICIERTHRILLER

SABLES MOUVANTS À BENODET (SERGE LE GALL)

Le résumé du livre

À Sainte Marine, non loin de Bénodet, une jeune femme est violée puis mutilée sauvagement avant d’être achevée à l’aide d’un pied de parasol planté sous le sternum. Stéphanie Rannou et Lorraine Boucher, future magistrate, qui se promènent dans le coin, assistent à la fin de ce supplice barbare. Stéphanie tente d’intervenir, mais le tueur parvient à s’échapper grâce à un petit canot caché non loin de là. Un peu plus tard, elles s’invitent dans l’enquête menée par le commissaire Landowski qui les connait pour les avoir déjà rencontrées lors d’une précédente affaire…

Ma critique

« Sables mouvants à Bénodet » est un thriller à la française assez bien mené avec son habituelle kyrielle de cadavres, son serial killer psychopathe torturé et ses scènes gore répugnantes à souhait. Le style est agréable et efficace. Tous les ingrédients du genre sont réunis pour une narration plutôt distrayante. Le lecteur ne pourra faire qu’un seul et unique reproche : un certain manque de vraisemblance. Les évènements s’enchainent trop bien, les coïncidences sont trop parfaites. Dans la vraie vie des vrais gens, jamais rien ne se goupille comme ça. Ceci dit, le cadre est bien décrit, les personnages sont intéressants bien qu’un peu stéréotypés et l’intrigue permet un bon moment de divertissement, rien de plus. Les amateurs du genre apprécieront.

Ma note

3/5

TEMOIGNAGE

MON CHEMIN MÈNE AU TIBET (SABRIYE TENBERKEN)

Le résumé du livre

Sabriye Tenberken est une jeune Allemande aveugle de 26 ans passionnée par la vie des Tibétains. Elle met au point un alphabet en braille pour leur langue et décide de partir au Tibet pour y monter une école spécialisée pour jeunes aveugles nécessiteux. À Lhassa, un directeur d’école pour jeunes orphelins lui prête un local où elle peut commencer à accueillir ses six premiers élèves. Mais très vite, l’argent manque. Il lui faut trouver des subventions, ainsi que des collaborateurs honnêtes et dévoués sans parler d’autres locaux plus indépendants. Sur son chemin, les obstacles ne vont pas manquer…

Ma critique

« Mon chemin mène au Tibet » est un magnifique témoignage de courage et de dévouement. Le lecteur ne peut être qu’admiratif de voir cette jeune femme parvenir à dépasser son propre handicap (elle monte à cheval, est capable de prendre seule l’avion, etc.) pour venir en aide aux autres. Il découvrira également la triste condition des aveugles tibétains, les croyances obscurantistes répandues autour de ce handicap sans parler de toutes les difficultés qui lui sont faites aussi bien du côté allemand que du côté tibétain. Le style est vivant, fluide et agréable. Un ouvrage intéressant qui permet une plongée étonnante dans le monde assez peu connu des mal-voyants.

Ma note

4,5/5

AVENTUREBIOGRAPHIES

LES MOULINS DE GLACE (JANOT LAMBERTON)

Le résumé du livre

Originaire du Vercors, Janot Lamberton passa une enfance aventureuse à explorer grottes et cavernes de son massif. Il retrouva toutes sortes de traces et de souvenirs (plus ou moins macabres) du Maquis. Il fut un temps ouvrier dans la chaussure à Romans (Isère), puis électricien avant de faire de la spéléologie son unique métier. Il s’illustra comme sauveteur d’expéditions en danger et comme découvreur de nouvelles grottes jusqu’au jour où Haroun Tazieff lui suggéra d’aller explorer sous l’Inlandsis, la calotte glaciaire du Groenland. Il y organisa une douzaine d’expéditions et battit le record du monde de descente sous la glace (plus de 200 mètres de profondeur).

Ma critique

« Les moulins de glace » est un témoignage de vie d’aventurier tout à fait intéressant. Le lecteur y découvre la réalité du monde souterrain, les dangers des fameux moulins de glace qui évoluent sans cesse et peuvent se transformer très vite en étaux ou en cercueils sous l’effet d’une bédière (rivière de glace). Le plus étonnant est peut-être le fait que l’exploit sportif débouche à la fois sur des découvertes scientifiques inattendues (étude des trous de cryoconite et des tartigrades, micro-organismes capables de résister aux froids extrêmes, de se mettre en hibernation et de « ressusciter » des années plus tard) et sur des applications commerciales étonnantes comme la récupération d’icebergs pour les transformer en glaçons pour émirs du désert ou en eau ultra-pure pour brassage de bières de luxe. Au total, un livre aussi vivifiant qu’émouvant (décès de la fille de l’auteur, accident mortel de Marc Boivin, son fidèle compagnon d’exploration, et disparition du grand Haroun Tazieff).

Ma note

4,5/5

BIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

MADAME LA COMMISSAIRE (MIREILLE BALLESTRAZZI)

Le résumé du livre

En février 1976, Mireille Ballestrazzi, étudiante, se présente au concours d’admission à l’école nationale de police de Saint Cyr au Mont d’or. Deux années plus tard, elle devient une des premières femmes commissaire de police. Elle exercera dans divers lieux : Roubaix, Bordeaux, Creil, Argenteuil, Ajaccio comme directrice du SRJP. Elle s’illustrera dans différentes affaires, hold-up, démantèlement des divers réseaux de trafic de drogue et même récupération au Japon d’œuvres d’art dérobées en France.

Ma critique

« Madame la commissaire » est un témoignage sur le métier de policier en général et sur celui de commissaire féminin en particulier. Mireille Ballestrazzi ne cherche pas à décrire par le menu les enquêtes menées par ses services ni à apporter de révélations particulières sur telle ou telle affaire. Elle en reste en permanence aux allusions et un peu trop à la surface des choses. Elle dévoile fort peu de détails sur sa vie personnelle sinon qu’elle est d’origine eurasienne, mariée et mère de deux enfants. Au fil de ses diverses affectations, son mari a dû plus ou moins sacrifier sa propre carrière professionnelle et ses fils s’adapter à tous leurs changements d’école et de camarades. Même si elle déplore que des voyous qu’il lui a été si difficile d’arrêter sont très vite relâchés par la justice, elle refuse de jeter la pierre à cette dernière, arguant que les juges sont des fonctionnaires intègres et qu’ils doivent avoir de bonnes raisons dont elle n’a pas à juger. Ces prises de position toujours très « correctes » relativisent un peu l’intérêt de cet ouvrage.

Ma note

3/5

ESSAIS

LA SAGA DES BETTENCOURT (BRUNO ABESCAT)

Le résumé du livre

Eugène Schueller, engagé volontaire pendant la guerre de 14, issu d’une modeste famille alsacienne, est un chimiste réputé pour avoir inventé une nouvelle teinture pour les cheveux. Grand travailleur, il multiplie les découvertes et les produits, rachète la société Monsavon et fonde l’Oréal, petite entreprise qui très vite deviendra grande au point de devenir une puissante multinationale et atteindre les sommets que l’on connait aujourd’hui. Un géant des cosmétiques au chiffre d’affaires de près de 14 milliards d’euros et au bénéfice net de 1229 millions d’euros en 2001. Sa fille et unique héritière, Liliane Bettencourt en est l’actionnaire majoritaire. Trois managers, François Dalle, Charles Zviak et Lindsay Owen-Jones se sont succédés à sa tête depuis le décès du fondateur. Depuis l’introduction en bourse des années 80, le géant Nestlé entré au capital, attend son heure pour pouvoir devenir actionnaire majoritaire…

Ma critique

« La saga des Bettencourt » est une enquête sérieuse, fouillée et menée dans la difficulté par un journaliste de l’Express qui ne fut même pas autorisé à interviewer Liliane Bettencourt. Paru en 2002, elle commence à dater un peu, car elle ne tient pas compte des récents développements : affaire Sarkozy, procès Banier, etc. L’auteur s’attarde sur les côtés sombres de Schueller, tout à la fois collaborateur à des journaux vichyssois et opposant ayant caché des Juifs et financé des réseaux de résistance. Ceux de Bettencourt, aussi à l’aise à gauche qu’à droite, tout autant ami de François Mitterrand que de Georges Pompidou. Le style littéraire de l’auteur est vif, fluide et enlevé, un brin journalistique. L’ensemble demeure passionnant car l’histoire de cette dynastie hors du commun ne manque pas d’intriguer.

Ma note

4/5

NOUVELLES

ARLETTE ARLINGTON ET AUTRES NOUVELLES (BRIGITTE LECUYER)

Le résumé du livre

Le 6 juin 1944, naît à Arles, dans des conditions difficiles, une petite Arlette. Son jardinier de père aurait préféré avoir un fils… Sous le regard de sa mère, un enfant qui jouait sur la plage est emporté par une vague… Deux tribus se disputent la suprématie d’une île. Pour en finir, les deux chefs se lancent le défi de descendre le plus profondément possible dans le cratère d’un volcan. Le perdant devra quitter l’île avec tout son clan… Employées dans un ministère, Alice et Bertille se mettent à voler des vêtements dans un magasin, histoire de mettre un peu de piment dans leurs vies… Ouvrière dans une usine de Berlin-Est, Emma rentre chez elle complètement épuisée de sa journée de travail… Dimitri retrouve une photo d’autrefois qui l’amène à poser toutes sortes de questions et à découvrir un secret de famille. Une planche à repasser, vieux témoin de la vie d’un couple finit un jour par être remerciée de ses bons et loyaux services…

Ma critique

« Arlette Arlington » est un recueil de nouvelles de qualité relevant de plusieurs registres : naturalisme, intimisme, mais aussi étrange et fantastique. L’écriture de Brigitte Lecuyer est de belle facture. Elle sait se montrer poétique et impressionniste et ne manque ni d’humour ni d’ironie. Même si toutes ces nouvelles sont agréables à lire, certaines sortent particulièrement du lot. Ainsi, « Conte patriotique » ressemble-t-il à une fable allégorique empreint de charmante naïveté. « Une planche à repasser » reste un véritable régal d’originalité humoristique. « Un petit clic » est glaçante par son côté « vaudou ». Quant à « Fragments de mur », ce n’est rien moins qu’un roman complet qui tient sur six pages ! Une mention spéciale pour « Un départ à la neige », une histoire d’installation dans un village de montagne qui tourne au cauchemar pour son humour d’ailleurs inspiré d’une blague bien connue au Québec sur la beauté de la neige et sur un certain conducteur de chasse-neige qui finit par la faire détester ! Seul reproche à faire à cet ouvrage réussi, l’absence de rebondissement final, de chute surprenante et totalement inattendue.

Ma note

4/5

BIOGRAPHIES

L’AUBE DU DESERT (WARIS DIRIE & JEANNE D’HAEM)

Le résumé du livre

Née dans le désert somalien, la petite Waris a partagé la vie d’une tribu nomade particulièrement pauvre avant de s’enfuir pour ne pas être mariée de force avec un vieillard. Auparavant, elle avait dû subir une excision avec ablation des petites lèvres et d’une partie des grandes ainsi qu’une infibulation pour être rendue plus « pure » et pour respecter un précepte du Coran. Mère d’un jeune garçon et devenue un célèbre top-model à New-York, elle revient en Somalie plus de vingt années plus tard pour y retrouver sa mère vivant dans une hutte misérable en compagnie de quatre chèvres et son père devenu aveugle. La condition de la femme n’a malheureusement toujours pas changé. Elle ne peut toujours pas manger dans la même pièce qu’un homme, doit porter le voile et se draper dans la longue robe traditionnelle. Ses interventions à la tribune de l’ONU pour dénoncer les mutilations sexuelles n’ont pas suffi pour faire évoluer les choses…

Ma critique

« L’aube du désert » est un témoignage émouvant mais partiel sur un chemin de vie particulièrement atypique. En effet, si Waris raconte par le menu sa vie de petite fille et son retour au pays vingt ans plus tard, elle occulte complètement les circonstances de son arrivée aux Etats-Unis et ses débuts dans le métier. Elle préfère se focaliser sur la condition féminine, les humiliations subies par les femmes, la vie tribale traditionnelle, la situation économique et politique catastrophique de son pays, la misère endémique (ni eau courante, ni électricité, ni services de santé minimum dans les villages). Et pourtant, elle constate que les gens de sa tribu vivent dans la joie, le partage et l’entraide. Même si les faits sont présentés de façon un peu désordonnée, le lecteur se retrouve dans ce parcours et dévore ce livre honnête et rare qui lui permet de découvrir un monde à des années-lumière du sien.

Ma note

4,5/5

BIOGRAPHIES

IL N’Y A PAS QUE LE VÉLO DANS LA VIE (LANCE ARMSTRONG)

Le résumé du livre

Tout le monde connait Lance Armstrong, le champion cycliste américain sept fois vainqueur du Tour de France entre 1999 et 2005. Ses victoires lui seront retirées en 2012 pour cause de dopage. Moins connue est sa lutte contre le cancer qui commença par le testicule et s’étendit avec des métastases aux poumons et au cerveau. Ses chances de survie étant très faibles, il décide de se battre comme un beau diable, subi une ablation, une trépanation et trois chimiothérapies particulièrement destructrices. Il fut un véritable miraculé. Tout aussi extraordinaire furent sa remise en forme et son retour en compétition qui se passèrent dans la souffrance, la douleur et la peine. Même si la fin de l’histoire, qui n’est d’ailleurs pas racontée dans ce livre qui s’arrête à la victoire de 1999, est moins glorieuse, cette descente aux enfers et cette résurrection hors norme mérite tout notre intérêt.

Ma critique

« Il n’y a pas que le vélo dans la vie » est un témoignage émouvant, écrit en collaboration avec Sally Jenkins, dans lequel le champion se livre avec sincérité, raconte son enfance, sa mère aimante, l’absence d’un père et sa rage de gagner des courses dès son plus jeune âge. Mais le côté sportif n’est sans doute pas le plus intéressant dans ce livre d’autant plus qu’il y jure ses grands dieux ne s’être jamais dopé. Cela sonne d’autant plus faux quand on lit ce texte aujourd’hui ! Le parcours pour échapper au cancer reste la principale raison de lire cet ouvrage aujourd’hui. Une leçon de courage, de ténacité et de patience. Un diable d’homme au bout du compte.

Ma note

3/5

ESSAIS

CANCERS, GUÉRIR HORS PROTOCOLES (MICHEL DOGNA)

Le résumé du livre

Depuis plus d’un demi-siècle, pratiquement aucun progrès notoire n’a été enregistré dans la lutte contre le cancer. Avec le lot de souffrances de la trilogie infernale, radiothérapie, chimiothérapie et ablation, chaque malade lambda rapporte au consortium médical (et coûte à la sécurité sociale) environ 150 000 euros pour des résultats fort décevants quand on sait qu’à un horizon de cinq années, les taux de survie ne sont que de 2,2% selon les statistiques de l’OMS. En plus de fonctionner comme un bulldozer écrasant une taupinière, la chimiothérapie représente pour l’organisme une énorme pollution qui vient s’ajouter à la toxémie initiale ayant provoqué le cancer que l’on voudrait ainsi soigner. Et pourtant des médecins et des chercheurs ont découvert et mis en application toutes sortes de moyens non toxiques et non-iatrogènes et surtout nettement plus efficaces. Mais Big Pharma veille au grain. La plupart ont été attaqués, ridiculisés ou ignorés et parfois même poussés au suicide ou carrément liquidés. Il faut dire que de modestes remèdes de quatre sous comme le bicarbonate de sodium, le plasma de Quinton à base d’eau de mer, la curcumine (agent actif du curcuma), le jus d’herbe d’orge, les amandes amères ou la vitamine C liposomale peuvent porter à sourire et pourtant…

Ma critique

« Cancers, guérir hors protocoles » est un essai de médecine naturelle qui propose un tour d’horizon particulièrement exhaustif d’un grand nombre de recherches et d’expérimentations (souvent sur un nombre impressionnant de patients) avec des taux de réussite bien supérieurs à ceux des thérapies classiques. Le style de l’auteur est clair, agréable et efficace. Tout ce qui est présenté est étayé et soigneusement décrit aussi bien dans la méthode que dans les éventuelles contre indications. Les travaux des docteurs Simoncini, Clark, Gerson, Quinton et Breuss etc, sont particulièrement intéressants à découvrir et on s’étonne pour ne pas dire qu’on s’insurge de savoir que si peu de gens en aient entendu parler. À noter dans le dernier chapitre, l’importance démontrée du psychique dans le développement de ce fléau. En effet, en plus d’une nourriture carencée et de faible qualité nutritive, des faiblesses génétiques, des pollutions diverses et variées, nous souffrons également de stress, de troubles affectifs et de souffrances émotives qui peuvent déclencher ce phénomène létal. Par cet ouvrage de vulgarisation (en libre accès sur les plateformes), Michel Dogna fait œuvre d’éducation du public et rend un immense service à tous ceux qui souhaitent se soigner d’une façon différente. Qu’il en soit remercié.

Ma note

4,5/5

BIOGRAPHIESPOLICIER

SHARKO, HENEBELLE, COUPLE DE FLICS (FRANCK THILLIEZ)

Le résumé du livre

Franck Sharko est un flic qui a beaucoup souffert. Il a perdu sa femme Suzanne et sa fille Eloïse dans un accident de voiture. Pour ne rien arranger, il souffre d’une forme particulière de schizophrénie paranoïde. Son grand plaisir, c’est de voir rouler sur ses rails sa locomotive Poupette. Lucie Henebelle, mère célibataire de deux adorables jumelles Clara et Juliette, vient d’un milieu modeste. Elle est tout autant cabossée par la vie que son collègue et ami Sharko. Son compagnon l’a quittée à l’arrivée des jumelles et un psychopathe, Grégory Carnot, les a enlevées sur la plage des Sables d’Olonne alors qu’elles étaient parties s’acheter des glaces. Comme on n’a retrouvé que le corps calciné de Clara, Lucie s’imagine que Juliette est toujours vivante.

Ma critique

« Sharko, Henebelle, couple de flics », présenté comme une petite anthologie biographique, est composé d’une série d’extraits des principaux romans de Franck Thilliez (« Syndrome E », « Gataca », « Atomka » et autres…). Mis bout à bout, ceux-ci permettent de retracer la vie des deux héros récurrents de l’auteur, suivre leurs deux parcours, leur descente aux enfers et finalement leur reconstruction. Cela n’apprendra pas grand-chose aux lecteurs les plus attentifs et les plus fidèles mais permettra aux autres de bien se remémorer le « background » de ces deux flics si humains et si touchants. Intéressant et gratuit, pourquoi s’en priver ?

Ma note

4/5

HISTORIQUETEMOIGNAGE

PIÉGÉS PAR STALINE (NICOLAS JALLOT)

Le résumé du livre

En juin 1946, le secrétaire général du Parti communiste d’Union soviétique, le camarade Staline, propose aux Russes exilés en France de rentrer au pays, de récupérer la jouissance de leurs droits civiques et de participer à la reconstruction du pays ravagé par la guerre. Pris par la nostalgie, trompés par une propagande efficace suite à la victoire sur le nazisme et convaincus de la sincérité de ce geste inattendu de réconciliation nationale, une grande partie de la diaspora russe blanche organisa son retour dans sa patrie originelle. Sur les 65 000 Russes d’origine que comptait la France des années 30, plus de 5000 (dont des femmes françaises et des enfants nés dans l’Hexagone) prirent la route du retour. Mal leur en prit. À leur arrivée, après un voyage dantesque, ils n’eurent droit qu’à la relégation dans des villages perdus de Sibérie, au démembrement des familles quand ce ne fut pas carrément à l’internement dans les camps de concentration du Goulag. Plus du tiers mourut dès les premiers mois de séjour (exécutions, suicides, déportations au-delà du cercle polaire, travaux forcés dans les mines, famines, relégations). Et ceci dans l’indifférence la plus complète.

Ma critique

« Piégés par Staline » est un ouvrage historique basé sur un certain nombre de témoignages de survivants qui dans leur immense majorité sont maintenant trop pauvres ou trop âgés pour pouvoir rentrer en France. Cet épisode des relations franco-soviétique, qui vit Charles de Gaulle abandonner ces pauvres hères à leur triste sort au nom de la politique, représente une pièce de plus à ajouter au procès du communisme soviétique lequel est toujours à faire. Très bien écrit et très bien documenté (il est basé sur une enquête de télévision menée sur place), ce livre passionnant à lire pour son importante charge d’humanité ne manquera pas d’intéresser les passionnés d’Histoire et les chercheurs de vérité.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

CENTENAIRE ET EN PLEINE FORME (JOHN ROBBINS)

Le résumé du livre

En divers lieux de la planète, la plupart du temps assez difficiles d’accès et assez loin de la civilisation, certaines peuplades présentaient, dans les années 60 de l’autre siècle, une très forte proportion de centenaires actifs et en pleine forme. Divers chercheurs ont cherché à percer le secret de ces longévités exceptionnelles chez les Hunzas, au nord du Pakistan, en Abkhazie, dans la région de Vilcabamba et jusque dans l’archipel d’Okinawa. Ils ont découvert un certain nombre de constantes : une vie active sans la moindre retraite, une nourriture saine comportant peu ou pas de produits animaux, aucun produit industriel, aucun sucre, aucune graisse hydrogénée, et surtout une ambiance de vie joyeuse et respectueuse des anciens et des plus faibles. Alors que dans les pays civilisés, vieillir est considérer comme une sorte de malédiction ou de maladie honteuse, chez ces peuples primitifs, c’est une grâce et même une source de fierté au point que beaucoup se rajoutent des années à leur état civil.

Ma critique

« Centenaire et en pleine forme » est un essai à base ethnologique qui peut donner énormément à réfléchir. Toutes nos belles avancées de la vie moderne (fast-food, sucreries, sodas, conserves et nourritures industrielles), toutes nos obsessions (course au profit, concurrence, individualisme) ne font que dégrader nos santés et raccourcir nos vies et multiplier les souffrances (obésité, maladies cardio-vasculaires, diabète, cancers, etc.) Après étude des mœurs des différentes peuplades étudiées, lesquelles aujourd’hui rejointes par la civilisation commencent à souffrir des mêmes maux, l’auteur propose d’élargir un peu la perspective en proposant des conseils de vie très judicieux. Vieillir harmonieusement ne consiste pas seulement à faire du sport et manger correctement mais aussi à garder une vision positive des choses, cultiver le lâcher-prise et savoir aimer et partager. Un livre optimiste et fort enrichissant. À conseiller à tout le monde car vieillir et un jour mourir est notre lot commun.

Ma note

4,5/5

SCIENCE-FICTION

TEMPÊTES SOLAIRES (LUDOVIC SPINOSA)

Le résumé du livre

À quelques jours de la fête de Noël, une explosion coupe toutes les possibilités d’approvisionnement en électricité de notre planète. Les conséquences vont se révéler particulièrement dramatiques pour l’humanité. Une tempête solaire particulièrement violente est à l’origine de ce phénomène qui, en plus de détruire tous les moyens de communication et tous les accès aux sources d’énergie, provoque un énorme dérèglement climatique. En Europe du Nord, la température descend jusqu’à – 60°. Partout les tornades se comptent par centaines, les eaux montent au point de rayer de la carte de nombreuses zones côtières. Les tsunamis font des ravages… L’humanité vit-elle ses derniers instants ?

Ma critique

« Tempêtes solaires » est un roman d’anticipation apocalyptique articulé de façon chorale ou kaléidoscopique, procédé très bienvenu pour donner une idée générale de ce monstrueux cataclysme. Ainsi suit-on un certain nombre de personnages dans divers pays du monde. En Chine, Jiao devenu clochard pour avoir raté sa vie. Au Brésil, un gang issu des favelas. Aux Etats-Unis, deux traders Steve et Jack. En Allemagne, un couple de retraités coincés dans une télécabine en panne. En France, deux collégiens, Thibaut et Eva. Et quelques autres, ce qui fait quand même pas mal de monde à suivre dans toutes sortes de mésaventures souvent bien menées. Les chapitres sont introduits par quelques pages de données générales à tendance philosophique ou sociologique qui ralentissent un peu le rythme de la narration. Au total, un ouvrage original, intéressant et qui donne à réfléchir, mais dont le style un peu approximatif reste la petite faiblesse.

Ma note

3,5/5

FANTASTIQUEHUMOUR

MÉTAPHYSIQUE DU VAMPIRE (JEANNE-A DEBATS)

Le résumé du livre

En mission secrète pour le Vatican, Raphaël, vampire de son état depuis près de cinq siècles, souque ferme dans sa coque de noix prise dans la tempête. Il est en partance vers l’île d’Avalon. Il doit aller délivrer une très jeune princesse prisonnière d’un très méchant dragon. Mais auparavant, il se retrouve aux prises avec les sortilèges d’une bande de sirènes en folie dont il se débarrasse bien vite. Arrivé sur l’île, il retrouve le chevalier Lancelot endormi depuis deux millénaires. Il le sort de ce très long sommeil et l’emmène avec lui dans sa barque. L’ennui, c’est que le preux n’est pas bien réveillé, parle une langue amphigourique bien agaçante et souffre de préjugés qui n’ont plus cours en 1936.

Ma critique

« Métaphysique du vampire » est un court roman ou une longue nouvelle, en fait une novella, de fantaisie uchronique assez décalée. Beaucoup d’humour dans le ton et dans les situations en font une parodie bien agréable à lire ne serait-ce qu’à cause du style de qualité de l’auteur qui n’hésite pas à employer des termes raffinés et à imaginer des rebondissements tout à fait improbables. Son vampire est une sorte d’obsédé sexuel revenu de tout et son chevalier une brute épaisse qui ne sait ni nager ni grimper, que Raphaël doit porter sur le dos et auquel il doit tout expliquer ! Deux anti-héros dont on rit de bon cœur. Au total, un bon moment de divertissement offert par l’éditeur ActuSF. Aucune raison de s’en priver si on est fan du genre !

Ma note

4/5

HISTORIQUE

LES HOMMES DE LA FRATERNITÉ (MICHEL CLEVENOT)

Le résumé du livre

De 20 avant J.C à 96 après J.C, que d’évènements dans le monde romain ! Avec Agrippa, le peuple supporte la peine et d’autres en recueillent le profit… Maure lui-même, Julia II participe à la romanisation de la Mauretanie… En Palestine, se produisent les premières révoltes zélotes… Par-delà le Rhin, trois légions romaines beaucoup trop avancées dans les terres sont totalement anéanties… Sans femmes, sans argent, sans amour, les Esséniens vivent une expérience monastique des plus radicales sur les rives de la Mer Morte… Octave, qui s’est approprié l’Egypte et en a fait son pré carré, l’exploite sans la moindre vergogne… À Jérusalem, une nouvelle secte juive commence à faire parler d’elle. Elle est surtout composée de rudes Galiléens, péquenots pas très raffinés qui ne jurent que par un certain Yeshoua, prophète crucifié et ressuscité le troisième jour…

Ma critique

« Les hommes de la fraternité » est un ouvrage historique de belle facture qui ne tente pas de raconter un chapitre de l’histoire du monde de manière classique c’est-à-dire comme une sorte de vaste fresque ou d’épopée mais préfère de brefs coups de projecteur sur des faits marquants, des tournants significatifs et même quelques anecdotes pittoresques. Il en ressort une immersion passionnante dans un monde en pleine mutation, traversé de mille courants et surtout ordonné en mille strates. Un monde si loin et si proche du nôtre, cela peut donner à réfléchir ! La plume de Michel Clévenot fait merveille au fil de ces trente épisodes qui raviront tous les amateurs d’Histoire authentique et non romancée. À remarquer en fin d’ouvrage, un important index de notes et d’indications de sources ainsi qu’une liste de tous les personnages historiques cités.

Ma note

4/5

AUTOBIOGRAPHIESHISTORIQUE

LE PRÊTRE ET LE COMMISSAIRE (ALBERT STIHLE)

Le résumé du livre

En 1952, pendant la guerre française d’Indochine, Albert Stihlé, aumônier militaire, est fait prisonnier par les Viet-Minhs. Très vite, ses conditions de vie en captivité sont effroyables. Blessé, il n’est pas soigné. Dénutri, il risque la gangrène, le paludisme et la dysenterie. Pour ne rien arranger, ses tortionnaires l’entrainent avec ses camarades dans une interminable marche à travers la jungle qui sera jalonnée de dizaines de croix marquant les emplacements où sont enterrés tous ceux qui ne résistent pas aux maladies et aux mauvais traitements. Il restera deux années au camp N°1 dans des conditions terribles, face à un commissaire politique fanatique, à subir humiliations, autocritiques et lavage de cerveau avant d’être enfin libéré quand la paix sera signée peu après la chute de Dien Bien Phu.

Ma critique

« Le prêtre et le commissaire » est un témoignage émouvant et bouleversant qui met en lumière une période historique un peu tombée dans l’oubli, celle de la décolonisation du sud-est asiatique qui se fit au prix du sang, des larmes et de la honte. Un régime politique se jugeant à la manière dont il traite les plus faibles, le communisme de l’oncle Ho ne sort pas grandi de ces tragiques évènements. Bien au contraire. Ils mettent en lumière son côté totalitaire, son manque d’humanité, son racisme et son absolue cruauté. Le face à face entre Albert, l’homme de Dieu pétri de foi et de bienveillance, et Duong, son bourreau dogmatique et borné, est des plus passionnants. Un document pour l’Histoire et un sujet de réflexion toujours d’actualité même à plus d’un demi-siècle de distance. L’homme est, était et malheureusement restera d’autant plus un loup pour l’homme qu’il le fera par idéologie.

Ma note

4,5/5

AUTOBIOGRAPHIESHISTORIQUE

SURVIVRE (JEAN-FRANÇOIS DENIAU)

Le résumé du livre

Un peu oublié de nos jours, Jean-François Deniau, (né le 31 octobre 1928 et décédé le 24 janvier 2007), est un homme politique atypique, un aventurier et un écrivain. Il a été co-rédacteur du Traité de Rome, ambassadeur, six fois ministre, commissaire européen, député, président du Conseil général du Cher, essayiste et romancier. Il fut aussi un navigateur émérite. De santé fragile, il dut subir de nombreuses interventions chirurgicales (poumons, cœur), fut un habitué des services de réanimation et n’eut plusieurs fois la vie sauve que par la grâce de la science médicale…

Ma critique

« Survivre » ne se présente pas comme une autobiographie classique. Point de récit circonstancié suivant une chronologie bien définie, mais une suite d’anecdotes tirées d’une vie hors norme et racontées au fil de la plume comme des bulles remontant à la surface de l’étang de ses souvenirs. Deniau, présenté comme un « aventurier de la générosité » fut une sorte de chevalier d’un autre temps, cherchant toujours à se rendre utile. Ainsi apprend-on que c’est grâce à son intervention que les Soviétiques purent évacuer d’Afghanistan de façon digne. Il intervint dans nombre de pays en conflit (Darfour, Afghanistan, Yougoslavie, Bosnie, Kossovo, etc.), côtoya et conseilla les grands de ce monde qui souvent se trompaient dans leur évaluation de la situation sur place. Un livre qui, sans être d’actualité, n’en demeure pas moins passionnant à lire ne serait-ce qu’à titre de témoignage historique. Une écriture impeccable, ce regretté touche à tout de génie était également membre de l’Académie Française quand même !

Ma note

4/5

ESSAISHISTORIQUE

UN PRISONNIER DE GUERRE NOMME JEANNE D’ARC (PIERRE ROCOLLE)

Le résumé du livre

Le 23 mai 1430, suite à une tentative de sortie pour dégager la ville de Compiègne assiégée, Jeanne d’Arc est capturée en compagnie de son frère, de son écuyer et de quelques fidèles par les soldats de Lionel de Wandomme. La « Pucelle » se retrouve donc aux mains de leur chef Jean de Luxembourg lui-même vassal de Jean le Bon, duc de Bourgogne. C’est une prise de choix : son armure est évaluée à 200 livres, son cheval à autant et la captive à dix fois plus. Elle connaîtra quinze lieux de détention différents (châteaux, maisons fortes) de Margny à Rouen (dans la tour-prison du château de Bouvreuil) en passant par Le Crotoy et Saint Valéry en Caux.

Ma critique

« Un prisonnier de guerre nommé Jeanne d’Arc » se présente comme un essai historique d’excellente qualité s’attachant à ne traiter que l’année de captivité, les tractations de l’évêque Cauchon avec les Anglais, les procès et bien sûr le supplice final sur la place du Vieux Marché de Rouen. Il laisse de côté les faits d’armes de l’héroïne, les victoires militaires (prise d’Orléans) et les succès politiques comme le sacre de Charles VII à Reims. Le texte est illustré de nombreux croquis, cartes et schémas permettant de bien comprendre les évènements. Il est également terminé par un important index de notes. Au total, un ouvrage de qualité, reposant sur un travail d’enquête minutieux et ceci en dépit d’un manque de documents. Par exemple, nous ne disposons d’aucun portrait de Jeanne exécuté de son vivant.

Ma note

4/5

ESSAIS

CE QUE JE CROIS (PAUL MILLIEZ)

Le résumé du livre

Médecin spécialiste de l’hypertension artérielle de renommée mondiale, le professeur Milliez fut aussi un homme de combat : résistant de la première heure pendant l’Occupation, militant pro-avortement lors du procès de Bobigny de 1974 où il témoigna en faveur d’une femme qui s’était faite avorter, ce qui lui valut une sanction du Conseil de l’Ordre, et enfin combattant pour le développement d’une véritable information médicale.

Ma critique

« Ce que je crois » est un témoignage sur les engagements d’une vie. Milliez l’articule selon trois axes qui le définissent lui-même : catholique, français et médecin. Catholique, il l’est à sa manière, n’étant pas tendre avec le pape qu’il trouve trop rigide sur les questions de sexualité et de contrôle des naissances. Il estime que le catholicisme est sur le déclin et reconnaît une vive admiration pour le judaïsme et pour l’islam. En tant que « français », il voue une grande admiration au général de Gaulle avec quelques réserves quand même sur la décolonisation. Et dans son domaine, la médecine, il tire à boulets rouges sur l’ordre des médecins qu’il trouve complètement archaïque et rétrograde. Il prône un meilleur partage des savoirs et la levée du fameux secret médical dans certaines circonstances. Au total, un ouvrage intéressant même s’il n’est plus trop d’actualité aujourd’hui.

Ma note

3/5

AUTOBIOGRAPHIESPHILOSOPHIQUE

LA VIE TRAMPOLINE (MONIQUE BROSSARD-LEGRAND)

Le résumé du livre

Après de longues études de médecine, Monique Brossard-Legrand devient une cancérologue et chirurgienne reconnue et passionnée par son métier. Mais, au bout d’une vingtaine d’années de vie commune, son mari la quitte. Avec son grand fils, elle retourne habiter chez sa mère et sa sœur aînée. Elle vit assez mal cette solitude forcée et cette cohabitation un peu étouffante jusqu’au jour où elle rencontre, sur une piste de ski, le charmant et élégant Jean-Pierre. S’ensuit une quinzaine d’années de bonheur pendant lesquelles les deux amants habitent chacun chez soi et ne se retrouvent que pour le meilleur…

Ma critique

« La vie trampoline » est un récit en forme de témoignage de vie. L’auteure nous fait part de ses joies et de ses peines au fil du temps. Elle traverse un divorce difficile, quitte un service hospitalier pour lequel elle s’est dévouée corps et âme pendant des années et se lance dans l’humanitaire dans plusieurs pays lointains. Au total, une belle leçon de vie pleine de philosophie et d’humanité. Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Et il y a toujours un enseignement à tirer de nos échecs ou de nos erreurs. Le livre se lit facilement et rapidement, car le style est fluide et agréable. Nul doute qu’il donnera à réfléchir à plus d’un ne serait-ce que par la problématique de l’identité quand on se retrouve tiraillé comme elle entre deux origines.

Ma note

3/5

FANTASTIQUEHUMOUR

LE CHEVALIER A LA CANNE A PÊCHE (GUILHEM)

Le résumé du livre

Âgée de 11 ans, la petite Sélène est hébergée dans une maisonnette d’une seule et unique pièce qui sert également de four à pain au boulanger du village de Prin. Elle y pratique l’élevage d’escargots surtout pour améliorer son ordinaire. Si les femmes de la petite communauté se montrent aussi généreuses avec elle, c’est qu’elles espèrent que Sélène sera bientôt capable de prendre le relais dans leur pénible tâche de procréation. À Aleth, capitale de la principauté de Coriosolite, le teignome Coum, gros gnome grincheux et fort mal embouché, désire reprendre une partie de carte interrompue par le chant hypnotisant d’une elfe…

Ma critique

« Le chevalier à la canne à pêche » est un roman de fantaisie plutôt déjantée dans la lignée des bouquins du regretté Terry Pratchett (auquel ce livre est d’ailleurs dédié), mais aussi et encore plus de ceux de Neil Gaiman avec un petit côté Lewis Carroll, voire Monty Python. Autant dire de belles références pour un texte très réussi, plein d’humour et d’originalité. Quelle imagination ! Une suite de situations improbables ou farfelues, une galerie de personnages relevant de la plus haute fantaisie, voire de la chimère comme Anorin, le revenant qui prend toutes sortes d’aspects à intervalles réguliers. Ainsi peut-il se transformer en dragon ou en oiseau de feu tout en déclamant des alexandrins. Sans parler de Prof, l’ours-nandi, du gnome teigneux, de Sthéna, la chimère capable de pétrifier ses ennemis ou de Geungshi, personnage dont il ne reste plus qu’un crâne et qu’une dent, mais qui vit et parle encore ! Une mention spéciale pour Sélène, seule humaine de cette histoire, gamine attachante, amoureuse d’un inconnu et disposant de super-pouvoirs. L’intrigue, tout aussi improbable, regorge de combats, batailles rangées et péripéties de toutes sortes qui font beaucoup penser à une BD ou à un jeu video. Le style de l’auteur est fluide, agréable et efficace. Pour peu qu’on l’on ne soit pas trop cartésien, on passe un très bon moment de divertissement à découvrir cet univers de folie douce, finalement aussi poétique qu’humoristique qui pourrait d’ailleurs être aisément adapté au cinéma avec pas mal d’effets spéciaux bien sûr.

Ma note

4,5/5

FANTASTIQUEROMANCE

ESCLAVE, GUERRIÈRE, REINE (MORGAN RICE)

Le résumé du livre

À Delos, la jeune et jolie Cérès, 17 ans, est la fille d’un modeste fabricant d’armes qui fournit la cour royale. Elle rêve de devenir guerrière. Mais dans cette société archaïque, c’est totalement interdit à une fille. Alors, déguisée en garçon, elle s’entraine au maniement des armes en général et de l’épée en particulier. Avec ses deux frères, Sartès et Nisos, elle assiste aux « Tueries » qui sont de nouveaux jeux du cirque dans lesquels des esclaves s’affrontent jusqu’à ce que mort s’ensuive alors que leurs maîtres festoient et parient sur eux. Un jour, son père lui apprend qu’il doit partir travailler dans un autre royaume et qu’elle devra rester auprès de ses frères et de sa mère qui la déteste au point de bientôt vouloir la vendre comme esclave…

Ma critique

« Esclave, guerrière, reine » est le premier tome d’une saga de fantaisie relativement bien menée. En effet, tous les ingrédients indispensables à une bonne recette de ce genre, (une héroïne aussi vaillante qu’attachante, douée de pouvoirs extraordinaires, une société injuste et en proie à une rébellion mâtée dans le sang, des combats, des guerres, des complots plus quelques pincées de magie) sont réunis et pourtant la mayonnaise ne prend pas vraiment, car il manque le minimum syndical en ce qui concerne le style. Les coquilles sont innombrables tout autant que les barbarismes, erreurs de syntaxe, de vocabulaire et de conjugaison. Sans doute est-ce dû à des problèmes de traduction. Le lecteur a même l’impression de lire un texte traduit par un simple logiciel « Google » ! L’ennui, c’est que cela gâche complètement le plaisir et ne donne pas du tout envie de poursuivre avec les tomes 2 et suivants.

Ma note

2,5/5

NOUVELLES

HIVER (COLLECTIF)

Le résumé du livre

En 1801, une malade présumée incurable est mise en quarantaine sur l’île du Chancre. Chaque jour, son amoureux lui apporte une potion… Venue d’un pays chaud, Lana est introduite par Léo à l’intérieur du Palais de l’Hiver. Elle a l’impression d’y découvrir une planète totalement inconnue… À l’issue d’une bataille, des morts reprennent peu à peu vie… Deux clochards, Ralbert et Bellotone, déposent chaque matin des fleurs chapardées ou récupérées sur le paillasson de Marie-Joëlle, bénévole dans une association caritative d’aide aux sans-abris… Bruce, un homme étrange qui a déjà tué sa femme, est sur la trace de quelqu’un qui n’est autre que son propre Pygmalion, l’auteur…

Ma critique

« Hiver » est un recueil de 18 nouvelles proposées par les Editions Secrètes lesquelles avaient déjà édité « Feu », autre excellent recueil. Toutes tournent autour du thème éponyme mais sont traitées selon des répertoires aussi différents que le romanesque sentimental, la science-fiction, le fantastique, la fantaisie ou l’anticipation, sans parler des inclassables. Chaque auteur rivalise de talent narratif. Tous les textes sont de belle qualité littéraire et de présentation éditoriale impeccable (aucune coquille, ce qui devient rare dans ce genre de production). Deux nouvelles sortent vraiment du lot, car ce sont de véritables petits chefs d’œuvre à mon sens : « Hartush, le dernier mâle » d’Olivier Boile pour sa glaçante fantaisie et « La petite fille dans la neige » de Murphy Myers pour sa terrible épouvante. Une mention spéciale à l’émouvant et poétique « L’hiver partout, partout l’hiver » de Dany Lecènes. Si vous aimez lire des nouvelles passionnantes et bien écrites, ne vous privez pas de cet ouvrage qui est en libre accès, ce qui ne gâte rien !

Ma note

4,5/5

THRILLER

RAISON DE TUER (BLAKE PIERCE)

Le résumé du livre

Dans la ville de Boston, Avery Black, ancienne avocate devenue policière suite à un fiasco judiciaire, vient d’intégrer la police criminelle. Vu son passé, elle peine à se faire accepter par ses collègues et par sa direction. Au sortir d’une fête estudiantine bien arrosée, Cindy Jenkins est victime d’une étrange agression. Quelqu’un lui inocule une drogue incapacitante qui lui fait presque immédiatement perdre conscience. 48 heures plus tard, des cyclistes la retrouvent morte sur un banc dans un parc public. Son corps a été vidé, empaillé, recousu et maquillé, un vrai travail de taxidermiste. L’enquête va s’avérer compliquée pour Avery Black et pour son collègue Ramirez…

Ma critique

« Raison de tuer » est un thriller de bonne facture et de structure parfaitement classique. Un serial killer dérangé à souhait, une longue série de victimes, toutes jeunes, jolies et étudiantes et une police qui patauge et se perd dans une longue série de fausses pistes. Une intrigue parfaitement calibrée pour empêcher le lecteur d’abandonner le livre en cours de route ! Un style fluide et efficace. Le personnage de l’ex-avocate devenue policière est plutôt attachant. On ne peut pas en dire autant des autres, nettement plus stéréotypés. Au total, une agréable lecture de divertissement, un tantinet macabre, en libre accès, ce qui ne gâte rien, mais avec un léger défaut : une abondance de coquilles indignes d’un éditeur sérieux !

Ma note

4/5

Poesies

LES CONTES D’EURYDICE (J. S.)

Le résumé du livre

« Les Contes d’Eurydice » sont un recueil de 26 poèmes ; tous plus ou moins écrits en l’honneur et à la gloire de la femme, de l’éternel féminin. Chaque texte bénéficie d’une jolie illustration sous forme de dessin ou de photo. L’auteur fait preuve d’élégance, de délicatesse et d’un aussi agréable sens de l’observation que de la narration. « À cet instant, on ne vit que pour l’autre, comme si l’on ne faisait qu’un », dit-il. Belle définition de l’amour.

Ma critique

Peu ou quasiment pas de rimes, mais de belles assonances et d’élégantes résonances. « Ton amour est parti sur l’océan, emporté par le vent. » « J’étais le soldat de ton cœur, le gardien de ton âme. » Chaque texte, plus poème en prose que classique versification, mérite qu’on s’y arrête, qu’on le déguste, qu’on le médite. Tous ont le charme de la sincérité. Tous évoquent une ambiance, un sentiment, des impressions. Une mention toute particulière pour « Nouvelle ère », mon préféré, sans doute parce que les chants mélancoliques sont les chants les plus beaux : « Aujourd’hui, nous approchons d’un point de non-retour, où le ciel restera à jamais rempli de la peine des hommes. » Ce recueil est proposé en libre accès par Librinova, alors pourquoi s’en priver ?

Ma note

3,5/5

ROMANCE

LANDON (ANNA TODD)

Le résumé du livre

Venu du Midwest avec Dakota, son ex-petite amie, Landon Gibson, 20 ans, vient d’intégrer l’Université de New-York. Dakota l’a quitté pour un autre et lui partage un appartement avec Tessa, une colocataire qui vient aussi de se faire plaquer. Landon travaille dans un bar pour payer ses études. Un jour, Nora, une amie de Tessa venue cuisiner dans l’appartement, lui vole un baiser. Dakota n’apprécie pas du tout. Y aurait-il un retour de flamme à prévoir ? Nora sera-t-elle la nouvelle régulière de Landon ? La suite dans le prochain épisode.

Ma critique

« Landon » est un roman sentimental américain typique de la chick-lit avec tous ses codes et tous ses ingrédients habituels. Un univers de jeunes étudiants papillonnant, se cherchant, se perdant, se retrouvant. On est dans la romance, le fleur bleu, pas loin de la collection Harlequin et autres « Nous deux ». C’est écrit de façon basique et efficace, mais sans charme ni originalité particulière. On se doute qu’il va falloir enchaîner les saisons et les épisodes pour venir à bout de toutes les prévisibles péripéties sentimentales de ces héros d’un quotidien bien dans l’air du temps. Cette présentation en feuilleton, qui est un artefact commercial destiné à créer et entretenir le désir, sera sans doute à conseiller aux amatrices du genre si elles ne sont pas trop regardantes sur l’originalité du propos ni sur la qualité littéraire de l’intrigue.

Ma note

2,5/5

NOUVELLES

LA PROVENCE AU COIN DU FEU (MARIE MAURON)

Le résumé du livre

Le preux chevalier Aucassin aime la belle Nicolette. Quand il la demande en mariage, son père lui inflige un refus et enferme la belle pour l’empêcher de rejoindre son amoureux. Aucassin se languit tellement qu’il n’a plus le courage de se battre pour défendre son Comté contre les envahisseurs… Pierre de Provence, tombé éperdument amoureux de la belle Maguelonne est capturé par des pirates barbaresques qui le vendent comme esclave au sultan, lequel en fait le chef de ses armées. Mais, désespérant de jamais revoir sa belle, il néglige complètement sa tâche… Mal vu des habitants de son village, le jeune Gens est aussi le souffre-douleur de tous les enfants. Lorsqu’il a quinze ans, il décide de tout quitter pour aller se réfugier dans la montagne et y vivre en ermite. À peine a-t-il disparu qu’une terrible sécheresse s’abat sur le pays…

Ma critique

« La Provence au coin du feu » est un recueil de 23 textes de contes et légendes classés par thèmes : les légendes anciennes et mythologiques comme la venue d’Hercule en Provence, puis les histoires d’amours éternelles, les contes maritimes, les légendes dorées comme celle des Saintes-Maries de la mer, les magiques (Nostradamus) et, pour finir, les agrestes et poétiques. Comme souvent dans ce genre de recueil, les histoires sont assez disparates et d’intérêt plus ou moins important. La plume de Marie Mauron, très inspirée du grand Frédéric Mistral, est de belle qualité, ce qui ne gâte rien dans cet ouvrage qui sera réservé aux amateurs de folklore local et de traditions remontant parfois à la nuit des temps comme l’histoire de la Tarasque, ce dragon terrible domestiqué et rendu doux comme un agneau par la magie d’un simple ruban.

Ma note

3,5/5

HUMOURNOUVELLES

LES PERLES ET LES COCHONS (JEAN DUTOURD)

Le résumé du livre

Au temps d’Henri II, un aristocrate qui a accumulé une jolie fortune en récupérant les dots de ses épouses successives mortes prématurément, rencontre une belle courtisane au charme de laquelle il ne peut résister… Un âne « bibliophore », c’est-à-dire porteur de centaines de livres, rencontre un singe écrivain qui lui déclare s’appeler François Arouet… Suite à un naufrage en Méditerranée, un dauphin recueille un singe, unique survivant d’un équipage anglais… Socrate et Dupont discutent doctement de l’abolition de la peine de mort et ne sont d’accord sur rien… Le président d’un petit état des rives du Danube vient plaider la cause de son pays devant une commission qui ne comprend pas bien ce que peut bien signifier un « socialisme à visage humain »…

Ma critique

« Les perles et les cochons » est un recueil de 39 courts textes de styles divers et variés, tous marqués de l’humour particulier de Jean Dutourd. On y trouve des fables de Jean de La Fontaine remises au goût du jour, c’est-à-dire nettement plus noires et plus pessimistes que les originales (le chêne et le roseau, le lion et le rat et bien d’autres encore comme cette version du loup et l’agneau qui est un petit chef-d’œuvre à elle toute seule), quelques contes bien sombres comme celui de Barbe-bleue ou celui de la Belle et la Bête, et des mythes comme celui de Sisyphe ou de Promethée. L’ensemble est un vrai régal de lecture qui donne à réfléchir, car en plus d’une plume aussi élégante que flamboyante, le lecteur y trouve une grande finesse d’analyse et une intelligence remarquable. Lisez Dutourd.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

DE LA MAISON AUTONOME A L’ÉCONOMIE SOLIDAIRE (PATRICK BARONNET)

Le résumé du livre

En mai 1968, la famille Baronnet souhaite quitter Paris pour aller revivre à la campagne, construire une maison en empruntant le moins possible, pour ne pas perdre sa vie à la gagner. Ne pas se contenter de brasser des concepts, de rêver sur des utopies de lendemains qui chantent, mais passer à l’acte. Construire une micro-économie limitée, mais surtout en voir le bout, la réalisation concrète. D’où le concept de la « maison autonome » en énergie et en eau avec recyclage maximal des déchets et empreinte carbone minimale. Au départ, juste une petite maison bretonne en ruines, achetée 40 000 F (soit 6000 €), autant dire pour une bouchée de pain qu’il fallut retaper puis agrandir et doter de serres, panneaux photovoltaïques, chauffe-eau solaire, éoliennes, toilettes sèches, lagunage de traitement des eaux grises et maintenant un grand « zome » qui sert de salle commune…

Ma critique

« De la maison autonome à l’économie solidaire » n’est pas seulement un livre technique permettant de faire partager une expérience de plus de quarante années de recherche appliquée sur les énergies douces et sur une vie moins polluante, c’est aussi un petit manuel de vie inspirée des préceptes de Lanza del Vasto ou de Pierre Rabhi, sans oublier un très utile carnet d’adresses et une bibliographie conséquente. Un livre à conseiller à toutes celles et tous ceux qui voudraient se lancer sur les traces de ces pionniers qui ont déjà reçu plus de 100 000 personnes (visiteurs ou stagiaires) dans leur maison autonome et sont en passe de créer maintenant un véritable éco-village.

Ma note

4/5

SCIENCE-FICTION

PHANTASMOPOLIS (BERNARD BOUILLON)

Le résumé du livre

Dans un futur aussi lointain qu’indéterminé, Kobal et Malorel, deux astronautes embarqués dans un voyage commercial interstellaire de 500 années relatives, décident de faire étape sur Luxuria, planète de loisirs un peu particulière. La réalisation de tous les fantasmes, même les plus improbables y est possible. Fort peu vêtus, les habitants pratiquent l’amour libre sans le moindre complexe. Et pourtant, Kobal peine un peu à faire les rencontres qui lui permettraient d’enfin assouvir tous ses désirs…

Ma critique

« Phantamopolis » est un roman de science-fiction d’une belle originalité. L’intrigue en est très surprenante. Elle part sur un thème genre « île des plaisirs », avec une certaine malice et pas mal d’érotisme élégant mais sans la moindre vulgarité. Et elle s’achève en un space-opéra plein de turbulences galactiques avec empires décadents et androïdes fidèles pour des millénaires. Les personnages surprennent aussi, car ils ne sont jamais exactement ce qu’on imagine et prennent de l’épaisseur au fil de la narration. Si l’on y ajoute que la plume de Bernard Bouillon est de très belle facture, l’ensemble donne un ouvrage très agréable à lire, plein d’humour, d’onirisme et même de poésie. Une jolie découverte. C’est suffisamment rare pour ne pas le noter.

Ma note

4,5/5

ESSAISPHILOSOPHIQUE

LE SIÈCLE DES LUMIÈRES ÉTEINTES (JEAN DUTOURD)

Le résumé du livre

C’est une étrange manie que celle de vouloir changer le mode de scrutin à chaque fois que ça arrange ! « La proportionnelle est la planche de salut des incapables, des nullots, des gens qui, pendant les années qu’ils étaient au pouvoir n’ont fait que des stupidités, sans parler de ceux qui se sont mis un peu d’argent dans les poches », note l’auteur, assez peu satisfait des grandes avancées des années Mitterand… Sans parler de la manie de distribuer à tout-va des décorations à des étrangers, et particulièrement à des Américains que cela laisse relativement indifférent… Manie également de s’incruster au pouvoir, même après que le peuple vous a infligé un démenti sanglant… Paradoxe des commémorations du bicentenaire de la Révolution française, qui fait que Louis XVI et Marie-Antoinette, par leur martyr, en deviennent les figures dominantes…

Ma critique

« Le siècle des lumières éteintes » est un recueil de chroniques éditoriales parues dans France-Soir entre 1992 et 1999. L’académicien Dutourd y disposait en première page d’une tribune qui lui permettait, chaque semaine, de donner son avis sur un fait de société, une tendance ou n’importe quel événement politique du moment. Il y faisait preuve d’une telle intelligence, d’une telle clairvoyance, d’un tel esprit et d’un tel humour, que le jour de sa parution, le samedi, le journal enregistrait ses meilleures ventes. Il en fut pourtant éjecté fort inélégamment, après plus de trente années de bons et loyaux services et en fut très chagriné comme il le raconte en introduction et en conclusion. Relire ces articles peut sembler paradoxal et sans grand intérêt. Même si ces vieilles « actualités » sont devenues du passé et presque de l’histoire, le style est tellement bon, l’esprit tellement affuté et la plume tellement élégante que cela reste encore un plaisir de fin gourmet.

Ma note

4/5

ESSAIS

COMMENT AUGMENTER LE CHÔMAGE (BRUNO JARROSSON)

Le résumé du livre

De 1974 à 2016, la France est passée de 200 000 à 3 550 000 demandeurs d’emploi. Autant dire que, droite gauche confondues, tous nos gouvernants n’ont fait qu’aggraver la situation même aux (rares) moments où une véritable croissance permettait à d’autres de résorber le leur ! De coups de pouce en coups de pouce au SMIC, ils n’ont fait que renchérir le coût du travail et mieux affûter cette arme de destruction massive de l’emploi. Quant aux 35 heures, elles n’ont pas créé d’emplois supplémentaires, elles en ont détruit ! Les charges sociales sur le travail ont rien moins que doublé en 40 ans. Quant au déficit de la balance commerciale, il est passé de 2,6 milliards d’euros en 1974 à 58,4 milliards en 2014. Sans parler du RSA, qui bien utilisé peut devenir plus avantageux que le SMIC, des syndicats les plus archaïques du monde et d’un Code du travail de 3700 pages, sans doute le plus foisonnant du monde. Celui de la Suisse n’en comporte que 117 ! Eh oui, tout semble avoir été fait pour augmenter le chômage, arriver au chômage de masse, à l’oisiveté généralisée. Et pourtant, il semble que l’on puisse faire encore mieux…

Ma critique

« Comment augmenter le chômage », sous-titré « Non, ils n’ont pas tout essayé ! » se présente comme un essai dont le ton ironique et très second degré pourrait faire penser à un pamphlet pas très sérieux. Mais il n’en est rien. La documentation est solide et l’argumentation tient bien la route. Les solutions existent. On les a rencontrées. Ailleurs. Mais en France, on ne veut pas en entendre parler. Il va sans dire que l’auteur prône le libéralisme, tente d’innocenter la mondialisation, la technocratie bruxelloise et même certaines formes de capitalisme sauvage comme l’ubérisation de la société. Il semble un peu plus léger sur le dumping social et écologique des pays à bas coût de main d’œuvre et autre importation massive de travailleurs non qualifiés. On aurait aimé qu’il développe et étaie plus certains arguments et ne se contente pas d’asséner comme vérité première qu’une taxation aux frontières de produits réimportés ne ferait qu’appauvrir le pays et créer encore plus de chômage. Un essai fort intéressant qui a le mérite de poser le problème avec un humour certain. Une intelligente démonstration par l’absurde.

Ma note

4/5

FANTASTIQUETHRILLER

Le résumé du livre

Alors qu’au Vatican, l’ambassadeur tchèque tente d’en savoir plus auprès des autorités pontificales au sujet de la scandaleuse affaire du pont Charles, en Bourgogne, un certain Charles Ravière, sorcier wiccan autoproclamé, s’installe dans un petit village pour y créer sa secte. Patrick Sullen, flic des Renseignements Généraux, en voulant enquêter sur le phénomène, tombe à sa merci et se retrouve nu et enchainé au pilier en béton d’une cave sordide… Au cours d’une messe noire particulièrement glauque, Ravier le transforme en disciple de Lucifer…

Ma critique

« La porte » est le troisième et dernier tome d’une série tout ce qu’il y a de gore et de plus en plus axée sur le « hard » satanisme. Rien n’est épargné au lecteur, outre les meurtres habituels des thrillers, tortures en tous genres, cannibalisme, messes noires et apparitions de monstres sortis des enfers. Attention, ces livres ne sont pas à mettre entre toutes les mains. Il est fortement conseillé aux âmes sensibles de s’abstenir. Cauchemars garantis pour les amateurs. En effet, ce dernier opus termine en crescendo et s’achemine vers une fin aussi terrible que laborieuse. Le héros, Nataniel Dresde, a une peine folle à rouvrir la porte des enfers qu’il a malencontreusement fermée. Et le rythme en souffre nettement. Dans l’ensemble, un ouvrage glaçant d’épouvante proche de l’univers de Dean Koontz, lequel aurait d’ailleurs su raconter la même histoire en trois fois moins de pages…

Ma note

4/5

FANTASTIQUETHRILLER

L’ÈRE DU DIABLE (J.B. LEBLANC)

Le résumé du livre

Au Brésil, Cesare, prêtre exorciste est assassiné à l’intérieur d’une église. En France, Coraline, prostituée, s’intéresse à un client un peu étrange qui n’est autre que Nathaniel Dresde. En Italie, quatre hauts responsables du Vatican se réunissent en secret pour faire le point : le père Cesare est le troisième exorciste assassiné en très peu de temps. C’est très inquiétant et ne peut pas être une simple coïncidence. D’autant plus que le père Fantino, autre exorciste, a disparu de façon mystérieuse. Quant au commandant Marchegiani, il ne se remet pas de son échec dans l’affaire Kolber. Il est persuadé de la culpabilité de Dresde mais, sans preuve indiscutable, il ne peut rien faire…

Ma critique

« L’ère du Diable » est le deuxième tome de la trilogie paranormale proposée par J.B.Leblanc. Cette histoire relève du thriller ésotérique et fantastique avec un nouveau palier franchi dans l’horreur et l’épouvante. Contrairement au premier tome où l’on revenait souvent en arrière, cette fois, cela se produit beaucoup moins souvent, ce qui permet un bien meilleur rythme de narration. Les évènements s’enchainent à toute allure, l’horreur s’amplifie, le complot luciférien prend de l’ampleur. Le diable ne s’attaque plus seulement à l’Église catholique mais aussi à l’islam et même au judaïsme ! Il se permet une véritable hécatombe d’exorcistes et toutes sortes de destructions improbables comme dans la scène du pont Charles. Les personnages, et particulièrement celui de Nataniel Dresde, prennent de l’épaisseur, de l’ampleur et de l’intérêt. L’intrigue est haletante et menée avec brio. Seul petit reproche : encore des approximations lexicales et des coquilles qui agacent un peu le lecteur attaché à la précision de la langue. Au bout du compte, un très bon et très effrayant ouvrage à déconseiller aux cartésiens et aux âmes sensibles quand même !

Ma note

3,5/5

FANTASTIQUETHRILLER

LE CAUCHEMAR DE CASSANDRE (J.B.LEBLANC)

Le résumé du livre

Un tueur à gages abat un chef d’entreprise à la sortie d’une boîte échangiste… Alors qu’il est en train de fermer son église, un curé au physique de rugbyman surprend plusieurs étranges jeunes femmes se livrant à des pratiques obscènes… Pour pouvoir avancer dans son enquête, un jeune policier ambitieux cherche à entrer en contact avec un médium par le biais d’un site internet… Ancien gradé de services de police prestigieux, Nathaniel Dresde qui s’est fait affecter dans un commissariat de quartier, reste un exemple et une énigme pour tous ses collègues.

Ma critique

« Le cauchemar de Cassandre » est un gros pavé (735 pages) de thriller fantastique tout à fait original à la fois par sa construction très séquencée et cinématographique et par son intrigue très axée sur le paranormal, l’ésotérisme et le satanisme. Au long de cette histoire inachevée, les cadavres s’accumulent dans une ambiance glauque, gore, empestant le stupre et le soufre. Plusieurs scènes d’horreur pourront être à déconseiller aux âmes sensibles. Cet ouvrage aurait pu être une belle réussite dans la lignée de Stephan King ou de Dean Koontz si l’auteur avait un peu moins tiré à la ligne, répétant deux à trois fois le même épisode ou se laissant aller à divers développements philosophiques ou théologiques qui ralentissent l’action un peu trop à mon goût. Le style de l’auteur est fluide, efficace et agréable si on ne tient pas compte de quelques concordances de temps erratiques, d’erreurs syntaxiques et autres coquilles entachant parfois la lecture. On note également la présence et l’utilisation d’un Minitel, ce qui date un peu beaucoup. Au total, un ouvrage intéressant et qui ne laisse pas indifférent dans la mesure où le lecteur s’attache au personnage de la malheureuse Cassandre, ancien top-model persécuté par les engeances sataniques et beaucoup moins au flic psychopathe. Reste à savoir si J.B. Leblanc transformera l’essai dans le deuxième tome de la trilogie.

Ma note

3/5

SCIENCE-FICTION

ROVOLUTION (PATRICK S. VAST)

Le résumé du livre

L’inspecteur du travail Wilfrid Johnson arrive sur un chantier de construction tenu par des androïdes dirigés par un chef de chantier humain, Georges Lerbhaïm. Trouvant que les mesures de protection en faveur des robots sont très insuffisantes, Wilfrid inflige à Georges une amende représentant trois mois de son salaire. Dans ce monde futur, les androïdes qui sont en passe de remplacer les humains pour toutes les tâches, ont plus de valeur qu’eux et la R.I.C. (Robotic Innovation C°) ne plaisante pas avec la sécurité de ses machines. Catherine Hermanov a confié la garde de son fils autiste à Ted, autre androïde de la R.I.C. Paul, membre de la confrérie des Génésistes qui prône le retour à la valeur travail lui rend visite pour lui en faire l’amer reproche…

Ma critique

Dédié à Asimov, grand maître des robots, « Rovolution » est un roman d’anticipation et de science-fiction qui nous présente un futur rien moins qu’inquiétant. Il y a du « Meilleur des monde » et du « 1984 » en pire dans cet ouvrage. On ne sait qui, des trois forces qui s’affrontent, la multinationale sans foi ni loi, la secte bornée et fanatique ou le syndicat lancé dans une révolution sans issue, propose un quelconque espoir pour une humanité désespérée. Aucun manichéisme chez Patrick S. Vast, mais une fine réflexion sur divers thèmes comme l’avenir de l’homme éjecté du monde du travail et maintenu dans une oisiveté forcée, le fanatisme religieux des sectes, la manipulation des foules, l’euthanasie et l’asservissement de l’individu réduit à l’état d’ilote ou de robot. L’intrigue est intéressante, bien menée et pleine de rebondissements. Les personnages, un peu archétypaux, restent attachants quand même. Le style de l’auteur étant fluide, agréable et efficace, il est difficile de lâcher le livre avant la fin qui n’en est pas une d’ailleurs, vu que l’éditeur, « L’IvreBook », nous réserve une suite à ce tome 1 semble-t-il.

Ma note

4/5

PHILOSOPHIQUERELIGIEUX

LES QUATRE VÉRITÉS DE L’ABBÉ PIERRE (PHILIPPE JOST)

Le résumé du livre

Pendant des années personnalité préférée des Français, l’abbé Pierre, de son véritable nom Henri Grouès, se fit connaître par son émouvant appel de 1954 en faveur des sans-logis. Véritable trublion des médias, empêcheur de consommer et de profiter en rond, il apparut et réapparut de temps à autre, pour marteler son quasi unique message « Et les autres ? ». Dans cet ouvrage, l’auteur a collecté la plupart de ses appels, de ses pensées, de ses fulgurances franciscaines classées en cinq grands chapitres : « L’homme de Dieu », « Emmaüs, la guerre à la misère », « Dieu et la foi », « La vie mode d’emploi », « Politique et société ».

Ma critique

« Les quatre vérités de l’Abbé Pierre » est donc un recueil non exhaustif de citations extraites de ses nombreuses interventions, conférences, entretiens et ouvrages. La plupart sont de véritables aphorismes ou maximes de belle teneur sociologique, philosophique ou théologique. « Le prophète, c’est la grande gueule, la voix des hommes sans voix, celui qui se dresse entre un pouvoir aveugle et un besoin muet ». « Les hommes politiques ne connaissent la misère que par les statistiques. On ne pleure pas devant des chiffres ». « Le plus important, ce n’est pas d’être croyant, c’est d’être crédible », dit-il. Un livre à lire et à relire. À picorer, à méditer et à parcourir en diagonale de temps à autre pour en faire son miel et surtout pour ne jamais oublier… « les Autres ».

Ma note

4/5

NOUVELLES

LA ROUE TOURNE (COLLECTIF)

Le résumé du livre

Un dernier tour de grande roue pour un couple qui va se séparer… Un homme est intéressé par une annonce bizarre… Un plombier musicien connait le succès sur le tard… Lolita, 12 ans, en a assez de vivre dans sa famille d’accueil… Un débile mental provoque un carnage dans un supermarché… Un autre se livre à une séance de masturbation qui finit mal… Dans un café, une étudiante attend l’heure de son cours de philo… En répétant le rôle de Marc-Antoine, un acteur fait une importante découverte… Un homme assiste impuissant aux derniers instants de sa mère…

Ma critique

« La roue tourne » est un recueil de onze nouvelles proposées par la revue Squeeze. Comme toujours dans ce genre de production, le moyen côtoie le médiocre et l’excellent l’insignifiant. On ne trouve pas plus d’unité de ton que de thème commun. Quelques textes donnent l’impression de remplissage, d’écriture au fil de la plume. L’indulgence veut qu’on jette un voile pudique sur ceux-là ! En revanche, trois textes méritent amplement le détour : ceux de Raginel, Philippe Azar et Marianne Desrosiers. Une nouvelle dépasse toutes les autres autant pour son style de grande qualité que pour son originalité. Il s’agit de « Tête morte » de Christophe Siebert, un petit bijou d’horreur cauchemardesque et de fantastique du quotidien. À ne pas manquer d’autant plus que cet ouvrage est en libre accès !

Ma note

3,5/5

ESSAIS

ÇA BOUGE DANS LE PRÊT-À-PORTER ( JEAN DUTOURD)

Le résumé du livre

Comment écrire dans les journaux, parler à la radio ou à la télévision ? Comment faire carrière dans la communication ? Comment raconter la vie du monde aux braves gens et leur imposer une pensée calibrée mais aussi un langage frelaté ? Pourquoi tout le monde s’appelle-t-il « Coco » ? Quels sont les grands principes du journalisme ? En quoi consiste le fameux « kilomètre sentimental » ? Comment écrire une bonne critique littéraire ? Quelles sont les bonnes locutions à utiliser ? Qu’est-ce qui se dit et ne se dit pas dans ce milieu bien particulier ?

Ma critique

C’est à toutes ces questions et à quelques autres que répond cet ouvrage malicieux sous-titré « Traité du journalisme » qui aurait d’ailleurs pu s’intituler « Rien de nouveau dans le prêt-à-penser » car la conclusion s’impose d’elle-même : rien ne bouge depuis des lustres. Tout reste d’une grande conformité bien-pensante dans cette profession plus décriée aujourd’hui qu’en 1989 quand ce livre parut. Dutourd pouvait y dresser le portrait de trois grands patrons de presse de son époque, Brisson pour le Figaro, Beuve-Méry pour le Monde et Lazareff pour France-Soir qui honoraient la profession. (Peut-être la partie la plus intéressante du livre.) Quoi que l’étude des tics linguistiques, de la manie des américanismes, de l’abus des poncifs et autres images usées jusqu’à la corde soit un véritable régal pour connaisseurs. Avec toujours autant de finesse et d’humour, Dutourd rhabille élégamment tous ses confrères pour plusieurs hivers. Après tout, qui aime bien châtie bien !

Ma note

4/5

THRILLER

AVANT QU’IL NE TUE (BLAKE PIERCE)

Le résumé du livre

Dans un champ de maïs du Nébraska, une femme est retrouvée assassinée, attachée à un poteau et sans doute victime d’un psychopathe. Il ne faut pas longtemps à la police pour s’apercevoir qu’elle a affaire à un tueur en série de la pire espèce dont la folie meurtrière mystico-religieuse ne fait que commencer. La jeune et jolie détective MacKenzie White, plus futée et plus coriace que ses collègues aussi vieillissants que moqueurs, est chargée un peu contre son gré de cette enquête particulièrement épineuse.

Ma critique

« Avant qu’il ne tue » est un thriller de facture tout ce qu’il y a de classique. Tous les ingrédients sont là : les crimes sadiques qui s’accumulent, les flics qui pataugent et la fliquette plutôt mal vue qui seule a quelques éclairs de génie permettant de faire avancer l’affaire, mais toujours avec un temps de retard… L’écriture est efficace et agréable à lire en dépit d’un certain nombre de coquilles et de quelques faiblesses dans la traduction. On est dans la littérature de divertissement de qualité, alors ne boudons pas notre plaisir d’autant plus que ce titre est gracieusement mis à disposition en ebook sur les plateformes.

Ma note

4/5

ESSAISHUMOUR

VOUS N’ÊTES PAS OBLIGES DE ME CROIRE (JEAN AMADOU)

Le résumé du livre

Le charabia européen est le jargon employé par les technocrates de tous poils pour assurer solidement leur pouvoir sur le brave pékin de contribuable-citoyen qui n’y comprend goutte… Noyé sous les productions anglo-saxonnes, le cinéma X français peine à remplir l’obligation du quota de 30% d’œuvres françaises sur les chaînes de télévision du pays… Les « publicités distribuées par courrier » (mailings) envahissent nos boîtes aux lettres au point que certains assurés ont balancé à la poubelle leur carnet de santé de la Sécurité Sociale, croyant avoir encore affaire à de la réclame… La France est le pays où l’on trouve le plus d’animaux domestiques en pourcentage de sa population…

Ma critique

« Vous n’êtes pas obligés de me croire » est un recueil de 180 chroniques sur mille et un sujets. Celles qui relèvent de l’actualité immédiate (faits divers, politiques) sont, bien entendu, devenues un peu obsolètes, mais ce sont les moins nombreuses. Toutes les autres, plus sociétales, plus anecdotiques, plus historiques voire philosophiques n’ont pas pris une ride et représentent un véritable régal pour l’esprit. Le chansonnier et humoriste bien connu, sous son air de ne pas vouloir y toucher, porte des jugements amusés, acidulés et bienveillants sur ses contemporains et sur tous les travers de notre société de consommation. Tout y passe, de la taille des préservatifs décidée par un comité de normalisation européenne aux amnésies sélectives des hommes politiques en passant par les baisses d’impôts toujours promises et jamais tenues, par les plaisirs de la bande dessinée ou par un sondage sur le temps de prière chez les Français. Même si parfois l’observation peut sembler être pratiquée par le petit bout de la lorgnette, le résultat est toujours amusant et roboratif. Quel plaisir de lire un auteur aussi intelligent et facétieux que le regretté Jean Amadou !

Ma note

4,5/5

AUTOBIOGRAPHIESHUMOUR

LE DÉJEUNER DU LUNDI (JEAN DUTOURD)

Le résumé du livre

Tous les lundis midi, le père de Jean Dutourd, dentiste de son état, invite son fils Jean et l’oncle Alfred à déjeuner. Veuf joyeux et épicurien sans complexe, il met les petits plats dans les grands pour régaler ses deux hôtes, ce qui n’est pas un mince exploit, car dans les années d’après guerre, les tickets de rationnement sont encore en vigueur et il faut souvent recourir au marché noir pour élaborer un menu. Ces sympathiques agapes familiales sont l’occasion de discussions à bâtons rompus sur mille sujets des plus triviaux aux plus relevés dans une ambiance charmante et détendue.

Ma critique

Paru en 1947, « Le déjeuner du lundi » est le deuxième livre et le premier roman de Jean Dutourd. Il le présente comme étant le prototype du « nouveau roman », style qu’il dit avoir inventé avec dix ans d’avance. En effet, les cinquante premières pages donnent tout à fait cette impression avec des descriptions pointilleuses mais jamais ennuyeuses du décor de cette charmante pièce en trois actes (entrée, plat, dessert). Passé cette introduction à la Robbe-Grillet, le lecteur bascule dans le vif du sujet, les dialogues et la comédie de ce déjeuner de brillants esprits. Ça ne se lit pas. Ça se dévore. Tant c’est intelligent, amusant, plein d’humour et finement raconté. Le personnage du père, un peu vantard, heureux de vivre et toujours le cœur sur la main, celui de l’oncle, plus introverti, grand amateur de calembours, de paradoxes et d’énigmes plus ou moins scientifiques et bien sûr celui du jeune Dutourd, ancien évadé de camp de prisonnier, grand résistant, anticlérical, libre penseur et très à gauche, tous trois sont d’excellente compagnie. Les idées politiques de l’auteur peuvent surprendre. Il faut dire qu’il était très jeune à l’époque et qu’il a évolué au fil du temps et de sa réflexion personnelle. Seuls les idiots ne changent jamais d’avis ! Un bel ouvrage qui n’a pas pris une seule ride !

Ma note

4,5/5

 

PHILOSOPHIQUESCIENCE-FICTION

2024 (JEAN DUTOURD)

Le résumé du livre

En 2024, Paris est devenue une ville fantôme, décrépie, dépeuplée et quasi en ruines. La raison de cette catastrophe ? La dépopulation. En effet, depuis plusieurs décennies, les femmes se sont refusées à avoir la moindre progéniture et les hommes n’ont rien pu ou voulu faire pour contrer ce mouvement. Résultat : l’humanité, composée principalement de vieillards cacochymes et de rombières acariâtres et flétries, chemine lentement vers sa fin programmée. Et voilà qu’un jour, le narrateur fait une rencontre extraordinaire dans un jardin public : un jeune père d’une trentaine d’années accompagné par un petit gamin de six ans prénommé Jean-Pierre…

Ma critique

« 2024 » est une dystopie écrite dans les années 70 sur le principe que l’humanité ne court pas vers la surpopulation, mais vers son contraire, la dépopulation générale due à un excès de progrès, de science, d’efficacité et à un manque de spiritualité, de charme, de magie. « Le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas », prête-t-on à André Malraux. Jean Dutourd en a tiré cette histoire en forme de conte philosophique. L’intrigue est simple et le recul du temps nous montre que cette hypothèse ne tenait pas la route. Cependant, elle sert à de magnifiques développements sociologiques ou philosophiques sur les conséquences des idées de Mai 68. Résultat : on a encore beaucoup de plaisir à découvrir ce texte tant la pertinence du propos reste flamboyante d’intelligence. Il faut lire Dutourd, même aujourd’hui. Il y a tout à gagner de profiter de la sagesse d’un grand esprit et de la plume alerte d’un merveilleux écrivain.

Ma note

4,5/5

POLICIER

SAS, LE DOSSIER K (GÉRARD DE VILLIERS)

Le résumé du livre

Plus de huit années après la fin de la guerre en Bosnie, Radovan Karadzic, président de l’éphémère République Serbe de Bosnie et criminel de guerre recherché par le tribunal international de La Haye, est toujours en cavale. Seul Sulejman Brancevo, un agent des services secrets bosniaques cherche encore à le capturer alors que toutes les tentatives précédentes ont échoué. Lui, comme tant d’autres, échouera dans des conditions dramatiques. Finalement, sur ordre direct du président américain, ce sera au prince Malko Linge, le célèbre SAS, de reprendre cette traque impossible dans un pays toujours hanté par ses vieux démons.

Ma critique

« Le dossier K » est le 165ème tome des aventures de l’espion aristocratique doublé d’un authentique playboy. L’intrigue laisse un peu à désirer, émaillée qu’elle est d’une longue suite d’échecs un peu lassants dans cette chasse à l’homme interminable. En superhéros récurrent, Malko échappe à toutes les embûches et à tous les pièges placés sur son chemin par les méchants nationalistes serbes et trouve quand même le temps d’une belle série de rapports sexuels minutieusement décrits. Ce côté racoleur mis de côté, le principal intérêt de cet ouvrage de grande consommation reste une documentation impeccable autant sur les faits historiques que sur le contexte géo-politique. La fin romanesque et les diverses péripéties amoureuses restent du domaine du simple divertissement.

Ma note

3/5

ROMANCE

LE SÉMINAIRE DE BORDEAUX (JEAN DUTOURD)

Le résumé du livre

Alors que les évènements de Mai 68 battent leur plein au Quartier Latin, Brigitte met au monde son bébé en regrettant de ne pas pouvoir participer à cette révolution. Avec Jean-Claude, chercheur au CNRS, ils forment un couple d’intellectuels modernes et complètement libérés. Ils ne se cachent rien de leurs aventures extra-conjugales. Tout va bien quand il s’agit de Brigitte, mais quand Jean-Claude s’offre un petit retour de flamme avec Adeline, sociologue dans le même organisme que lui, Brigitte le prend très mal et, paradoxalement, ne lui pardonne qu’en échange d’une promesse de mariage en bonne et due forme.

Ma critique

« Le séminaire de Bordeaux » est un roman comme on n’en écrit plus. Parfaitement construit, merveilleusement écrit dans une langue riche et détaillée, débordant d’intelligence et d’humour (l’analyse des expressions branchées et leur traduction est déjà un régal à lui tout seul). Les longs développements ne manquent pas, mais jamais ils ne sont verbeux ou pompeux. Le confort de lecture est total en dépit d’une sophistication évidente du style. Le regretté Jean Dutourd était un maître de la littérature qui méritait amplement son habit et son épée d’académicien. Tous les titulaires actuels de la vénérable institution ne peuvent pas en dire autant. En ce qui concerne le fond, nous sommes dans la droite ligne des « Horreurs de l’amour », mais cette fois dans le cadre bien particulier de la révolution sexuelle de Mai 68. Observateur perspicace et un tantinet caustique de la société, Dutourd analyse tout ce chambardement avec une grande finesse, beaucoup d’humour et pas mal de philosophie. Avec le recul que nous avons aujourd’hui, nous pouvons mieux nous apercevoir à quel point il avait raison et quel extraordinaire visionnaire il était. Lisez Dutourd, vous ne serez jamais déçus.

Ma note

4,5/5

FANTASTIQUESCIENCE-FICTION

THE CELL (CECILE DUQUENNE)

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Le résumé du livre

Sur Bagne, planète prison particulièrement inhospitalière, Renaud retrouve Laura inerte. Est-elle mourante ou déjà morte ? Victime sans doute d’un accident de transfert. Et qu’est devenu son ami Killian auquel il est relié par un clou d’union qu’il garde précieusement ? Vingt années se sont écoulées. Il n’avait pas su se montrer courageux à l’époque. Il se fait maintenant bien des reproches. Beaucoup d’hommes sont morts à cause de lui. Et le voilà de retour avec mille questions qui le taraudent. Il est prêt à tout, mais certainement pas à retourner sur la Terre…

Ma critique

« The Cell » n’est que le premier (copieux) épisode de la 3ème saison de la saga « Les Foulards rouges ». Cette série de fantaisie mêlée d’un brin de science-fiction est très imprégnée de magie blanche et noire, d’étrange et de fantastique. Tout fonctionne par la puissance de l’esprit, on y pratique la téléportation, la télépathie, la télékinésie, etc. L’épisode en question, offert par l’éditeur Bragelonne-Snark, ne permet pas de se faire une idée sérieuse sur l’intérêt de l’ensemble de l’intrigue, tout juste de faire connaissance avec des personnages plutôt jeunes et sympathiques en butte aux complots des forces du mal. Donc, rien de bien original. On notera un style agréable, fluide et tout à fait efficace, donc un vrai plaisir de lecture. Mais on regrettera cette nouvelle manie de proposer des titres en anglais à l’instar de ceux des blockbusters américains que l’on refuse de traduire en raison d’un snobisme imbécile. Pour les amateurs (trices) de saga de ce genre particulier.

Ma note

3/5

ROMANCE

TOUT RESTE A FAIRE (EMMANUEL BODIN)

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Le résumé du livre

Svetlana, jeune actrice russe, revient à Paris, ville qu’elle a quitté quelques années plus tôt pour revenir dans sa ville d’Irkoutsk en Russie. Elle revient exercer le métier de traductrice. Elle espère retrouver Franck, réalisateur français, avec qui elle a eu une aventure qui, par sa faute, ne s’est pas très bien terminée. Mais maintenant, tout est clair de son côté : Franck est vraiment l’homme de sa vie. Mais tout reste à faire car celui-ci est en ménage avec Sylwia. Ressentira-t-il encore quelque chose pour Svetlana si celle-ci vient à le rencontrer ?

Ma critique

« Tout reste à faire » est un roman sentimental très classique dans son intrigue, laquelle ne brille d’ailleurs pas par son originalité. Le lecteur suit Svetlana dans ses errances sexuelles alors que celle-ci passe de bras en bras sans jamais trouver partenaire à son goût. Et pour cause, son cœur est occupé par le souvenir de Franck. Rien de bien nouveau sous le soleil avec ce genre d’histoire qui a été racontée des milliers de fois. Le lecteur pouvait espérer qu’un style génial aurait transcendé ce handicap. Il n’en est rien. L’auteur qui, entre autres approximations de construction de phrases, use et abuse du passé du subjonctif, s’est interdit de proposer le moindre dialogue. Le résultat est une narration très introspective, manquant de rythme, peu vivante et même un tantinet monotone. On est très loin de chef-d’œuvre. Les habituées de la collection Harlequin s’intéresseront peut-être à cet ouvrage proposé gratuitement par les Editions Millésimées. Les autres pourront faire l’impasse sans problème.

Ma note

2,5/5

HUMOUR

SENS DESSUS DESSOUS (RAYMOND DEVOS)

sens-dessus-dessous

Le résumé du livre

Un percepteur particulièrement traumatisant hante les nuits d’un malheureux contribuable… Un chien se prend pour son maître lequel se demande s’il n’est pas lui-même en train de devenir chien quand il se surprend à aboyer… Les mécanismes du rire ont une base bassement physiologique… Certains sont tellement bavards qu’ils parlent pour ne rien dire… L’homme sans tête la retrouve en se regardant dans un miroir… Le répugnant personnage est toujours celui qui a les mêmes pensées que vous quand vous matez une jolie fille…

Ma  critique

Au total, les textes de 75 sketches du grand humoriste disparu sont rassemblés dans ce recueil pour notre plus grand plaisir. Tous très agréables, même à lire simplement, ne serait-ce que pour admirer la qualité du langage paradoxal de l’artiste, sa maîtrise de l’absurde, de l’étrange, du non-sens et de la folie. Certains tiennent en quelques lignes, d’autres prennent trois ou quatre pages. Le lecteur trouvera des monologues, des dialogues et même des saynètes pour trois ou quatre acteurs. Un petit bijou d’écriture à lire et relire pour se remémorer un grand auteur dont le comique s’alliait à plus de contenu qu’il n’y paraît. L’art subtil de Devos allait bien souvent au-delà des jeux de mots cocasses et des effets faciles.

Ma note

4,5/5

PHILOSOPHIQUEROMANCE

DES NÉONS SOUS LA MER (FRÉDÉRIC CIRIEZ)

des-neons

Le résumé du livre

« Le Fascinant », vieux sous-marin de la Marine Nationale termine une calamiteuse carrière le long d’un quai désert de l’anse de Paimpol. Il a été racheté par une société anonyme pour être transformé en bordel flottant. Une douzaine de prostituées indépendantes, aidées de quelques mâles, y accueillent des clients pour des prestations tarifées de gamme moyenne-haute car de nouvelles lois ont autorisé la réouverture des maisons closes. Beau-Vestiaire, le narrateur, chargé de recevoir les clients et de les débarrasser de leurs manteaux et blousons, présente l’établissement au lecteur…

Ma critique

Cet étrange opus, qui se voudrait relever de l’anticipation sociopolitique est présenté comme un premier roman. En fait, il ne relève guère du genre dans la mesure où il ne propose pas la moindre intrigue au lecteur. En clair, il ne se passe rien dans ce bouquin. Dans un fouillis de truismes et de clichés complètement éculés sur la prostitution et la condition féminine, nous avons droit à d’arides descriptions de sites, villes ou paysages dignes d’un vulgaire guide touristique, à des divagations sur les diverses couleurs de l’arc en ciel et de temps en temps à des paragraphes barrés. Cette technique qui permet à celui qui sait ne pas en abuser de mettre en parallèle des idées ou des langages contradictoires pour arriver à des effets comiques ou ironiques, tombe ici complètement en porte à faux. Les parties barrées sont totalement inutiles. L’auteur aurait été bien inspiré de les épargner à son malheureux lecteur ! Un profond ennui se dégage de cette œuvrette. Quoi de plus normal avec pareil sujet. Sexe à chaque détour de phrase, cela tourne à l’obsession et devient vite aussi lassant et aussi convenu qu’un film porno. N’est pas Miller, Bukowski, Sade ou Boccace qui veut. Seule petite lumière dans cette triste traversée de ce désert littéraire faussement poétique : les biographies assez amusantes des péripatéticiennes.

Ma note

2/5

 

POLICIER

DES MORTS QUI DÉRANGENT (P.I. TAÏBO II – SOUS COMMANDANT MARCOS)

des-morts

Le résumé du livre

Un certain Alvarado, récemment assassiné, téléphone d’outre-tombe pour accuser une sombre crapule d’extrême-droite, Morales, de crimes, trahisons et de nombre d’exactions tant à Mexico qu’au Chiapas. Le sous- commandant Marcos nomme un indien, Elias Contrarios pour mener l’enquête et retrouver Morales. Il sera aidé dans sa tâche par Hector Belascoaran, détective borgne qui « voit seulement la moitié de ce que voient les autres mais de manière plus nette » et héros récurrent des romans de P.I.Taïbo II, ainsi que d’un groupuscule zapatiste appelé « Personne ».

Ma critique

Improbable roman policier ne s’encombrant pas trop de vraisemblance, ce livre écrit à quatre mains avec le célèbre sous-commandant Marcos, personnage emblématique de la contestation indienne, devrait rencontrer le succès de curiosité escompté par l’éditeur. Il est bien évident que l’intérêt d’un tel bouquin n’est ni dans son intrigue peu élaborée, ni dans le style de ses auteurs (langage parlé pour Taïbo et rapport type comité central pour Marcos) mais dans la description apocalyptique d’une société mexicaine en proie à mille maux: corruption, prévarication, assassinats, trahisons, tueries et saccages en tout genre. Si l’on croit ce qu’on nous raconte, c’est pire que tout ce qu’on peut s’imaginer vu d’ici. Bien entendu, ce genre de texte relève plus de la propagande que de la littérature avec son côté manichéen (les gouvernements sont tous pourris, les zapatistes tous charmants) un tantinet agaçant à la longue.

Ma note

2,5/5

ESSAIS

DES BIBLIOTHÈQUES PLEINES DE FANTÔMES (JACQUES BONNET)

bibliotheques

Le résumé du livre

Quand on est un bibliomane, un lecteur compulsif ou un textonaute comme moi, on ne peut qu’être intéressé par un livre portant un tel titre. Accumuler des livres par souci de collection ou par passion de la lecture ou pour les deux à la fois, tient de la manie voire du vice et pose beaucoup de questions : que faire de tous ces ouvrages qui s’accumulent dans les rayons et qui sournoisement envahissent tout votre lieu de vie ? Comment classer les volumes ? Par genre, par date, par pays, par ordre alphabétique ou par thème ? Peut-on faire voisiner sur une étagère deux auteurs brouillés dans la réalité ?

Ma critique

A toutes ces questions et à quelques autres, ce petit opus de 139 pages tente de répondre en demeurant œuvre d’érudit. A part quelques anecdotes où l’on apprend que Pessoa a tenté de devenir bibliothécaire et que Matisse a postulé en vain pour un poste de « contrôleur du droit des pauvres », ce livre ne nous apprend pas grand-chose sur les livres, les écrivains, les lecteurs et leurs antres envahissants, les bibliothèques…

Ma note

2/5

HUMOUR

DÉCLIC (PATRICK CAUVIN)

declic

Le résumé du livre

Ronald Dunand est un écrivain qui a obtenu une certaine notoriété mais qui, devenu un peu dépassé, se retrouve en panne d’inspiration. Un après-midi, en attendant un rendez-vous d’affaires dans un grand hôtel parisien, il surprend sa femme au bar alors qu’elle était censée être partie au chevet de sa mère souffrante. De plus, elle a rendez-vous avec un inconnu qui lui remet une mallette. Dunand prend sa femme en filature, mais elle lui échappe très vite en profitant d’un magasin de bagages disposant de deux entrées. Le mystère s’épaissit et ce ne sont pas les apparitions d’un espion ventripotent et d’une gitane à demi-folle qui vont éclairer la lanterne du pauvre écrivain…

Ma critique

Roman à suspens et à intrigue tarabiscotée, « Déclic » promène gentiment le lecteur dans une histoire sans queue ni tête jusqu’à un dénouement assez prévisible. Le style de Cauvin est toujours agréable avec cette manière personnelle de s’adresser au lecteur comme à un ami. Un peu moins d’humour que dans « Les pantoufles du Samouraï », mais toujours cette distanciation élégante qui fait son charme. Le passage permanent de la première personne du singulier à la troisième n’apporte pas grand-chose. On passe néanmoins un agréable moment.

Citation : « En fait, écrire l’avait déchargé de tout. Il bricolait dans la fiction, ce qui l’empêchait de plonger dans le réel. La réalité était bonne pour ceux qui ne savaient pas inventer des vies différentes de la leur. »

Ma note

4/5

POLICIER

DEBOUT LES MORTS (FRED VARGAS)

debout-les-morts

Le résumé du livre

Un matin, une ancienne cantatrice célèbre découvre dans son jardin un arbre qu’elle ne connaît pas. Elle s’inquiète, elle en perd le sommeil alors que son mari ne s’y intéresse pas le moins du monde. Elle finit par demander de l’aide à trois étudiants en Histoire qui habitent la maison voisine. Elle leur demande de creuser sous l’arbre, au cas où… Bien sûr, ils ne trouvent rien. Un peu plus tard, la cantatrice disparaît et on croit retrouver sa dépouille calcinée…

Ma critique

Ainsi débute une enquête policière menée par trois étudiants et un vieux commissaire ripoux et déchu, Vandoosler, sorte d’Adamsberg un peu plus âgé. Cette fois, Fred Vargas a vraiment travaillé son histoire. Les rebondissements et les fausses pistes ne manquent pas. Il faut vraiment aller jusqu’au bout pour découvrir le pot aux roses. Un roman policier de facture ultra classique, digne des grands spécialistes du genre. Seul léger reproche : le style est un peu verbeux, on se perd dans des détails inutiles, mais on passe néanmoins un bon moment… Pour les amateurs du genre…

Ma note

4/5

FANTASTIQUESCIENCE-FICTION

DARWINIA (ROBERT CHARLES WILSON)

darwinia

Le résumé du livre

En Mars 1912, l’Europe et une partie de la Grande Bretagne disparaissent subitement pour être remplacées par un continent inconnu à la faune et à la flore non terrestre que l’on appelle la Darwinie. Le jeune photographe Guilford Law se passionne pour le sujet qu’il considère comme une énigme scientifique à résoudre et non comme une intervention divine. Il participe à la première grande expédition d’exploration qui arrive à s’enfoncer au coeur de ce continent sauvage, inconnu et quasiment vierge de toute présence humaine. Il ne sait pas encore qu’il va