AVENTURESvoyages

NOUVELLES VAGABONDES (JULIEN LEBLAY)

Le résumé du livre

De juillet 2010 à mars 2012, Julien, 29 ans, et sa compagne Marion, 24 ans, ont parcouru 22 000 kilomètres sur leurs vélos prénommés Teresa et Maïdo soit plus de la moitié d’un tour du monde. Ils ont traversé trois continents, l’Europe, l’Asie et l’Océanie et visité pas moins de vingt-deux pays. Partis de l’Auvergne, ils ont inauguré leur voyage par une ascension du Mont-Blanc. Il leur a fallu 700 jours pour atteindre leur destination, la Nouvelle-Zélande pour y assister à la coupe du monde de rugby. Un peu partout, ils en profitèrent pour faire la promotion du don de sang. Une transfusion de sang lui ayant sauvé la vie, Julien est particulièrement attaché à cette noble cause…

Ma critique

« Nouvelles vagabondes et autres petites histoires cyclopédiques » n’est pas, comme son modeste titre pourrait le laisser penser, un simple recueil de nouvelles ou d’anecdotes, mais un véritable journal de bord détaillé relatant une expédition hors norme menée par deux jeunes gens courageux. Le texte est vivant et bien écrit et la description de leurs aventures précise et minutieuse. Le lecteur passe allègrement de la pluie suisse, aux roses italiennes puis à l’accueil yougoslave marqué de pauses raki obligatoires alors que celui des Turcs se fait tout aussi chaleureusement, mais avec du thé. La curiosité indiscrète des masses indiennes leur rend la vie particulièrement pénible puis ils goûtent la gentillesse et la tranquillité thaïlandaise, subissent l’ennui laotien, la pauvreté cambodgienne, la déforestation malaisienne, la surpopulation indonésienne, l’immensité australienne et la beauté sauvage de la nature néo-zélandaise. Cet ouvrage permet de revenir sur certaines idées reçues comme celle de la spiritualité indienne ou du « 100% pure New Zealand » respectant l’environnement. Pour rêver au grand vent de l’aventure tout en restant assis dans son fauteuil !

Ma note

3,5/5

AVENTURES

MA VIE EN VAN (FLORENT CONTI)

Le résumé du livre

Florent Conti est un jeune canadien francophone très attiré par une vie hors normes. Déjà à 22 ans, au sortir de sa grande école, il refuse d’assister à la fête de remise des diplômes. Puis, après trois années de travail classique en open-space, il donne sa démission et décide de tout quitter et de partir découvrir le continent à bord d’un van. Etant cinéaste et musicien (il joue fort bien de la guitare et du banjo), il compte vivre de contrats épisodiques et de woofing. Il s’est constitué un petit pécule pour les coups durs. Et le voilà parti vivre à plein temps à bord d’un Dodge 1997 Roadtrek d’occasion. À lui les immensités du Canada, la liberté, en un mot la retraite à 25 ans ! Très vite, il se fait connaître par ses reportages postés sur Youtube où il est suivi par plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Ma critique

Bien que classable dans la catégorie « Voyages et aventure », « Ma vie en van » se présente un peu comme un livre hybride. En effet, la première partie qui représente environ la moitié du livre est consacrée à sa philosophie de la vie, aux raisons qui l’ont poussé à opter pour cette vie de bohème minimaliste. La seconde partie est constituée du journal de bord de sa première année de vie en van. On y découvre un Florent qui quitte une petite amie plus toxique qu’autre chose, qui se pose plein de questions et semble en perpétuelle recherche de lui-même. Dans l’ensemble un ouvrage bien écrit, très agréable à lire (il se dévore en deux petites après-midis) qui permet de mieux connaître le sympathique Youtuber même s’il n’entre que très peu dans les détails de ses périples ni dans les côtés techniques et pratiques de ce mode de vie nomade. Avec une grande franchise et une totale sincérité, Florent Conti met le doigt sur le malaise qui ronge plus ou moins tous les représentants de la jeunesse actuelle tiraillée entre l’être et l’avoir qui découvre que tout ce qu’on possède enchaine sans vraiment satisfaire et que pour vivre heureux, il vaut mieux vivre légers…

Ma note

4,5/5

AVENTURESROMAN

JEAN VILLEMEUR (ROGER VERCEL)

Le résumé du livre

Seul maître à bord après Dieu, Jean Villemeur, capitaine très respecté du Vulcain, robuste chalutier au long cours, emmène son épouse Hélène et son fils Jean jusqu’à Boulogne, port de départ de sa nouvelle campagne de pêche prévue pour durer quatre longs mois. Sa femme doit y retourner à terre. Il espère que son fils en fera autant, car il ne souhaite pas qu’il prenne sa suite dans ce métier de marin pêcheur ingrat et difficile. Mais le jeune s’obstine et impose sa présence à bord. L’ennui c’est que le métier ne rentre pas. Il souffre atrocement du mal de mer et n’arrive pas à trouver le moindre intérêt pour la pêche au chalut. Arrivés en vue de l’Islande, il leur faut y faire escale pour permettre à un matelot de se faire soigner les dents. Villemeur voudrait en profiter pour y laisser son fils qui pourrait ainsi rentrer en France au plus vite. Mais celui-ci refuse à nouveau…

Ma critique

« Jean Villemeur » est un roman maritime datant de 1950. Malgré l’outrage des ans et un style précis mais un peu ampoulé, il reste intéressant à lire même aujourd’hui, à la fois à titre de document sur les conditions de vie des marins-pêcheurs de l’autre siècle mais aussi pour l’histoire finement contée qui se développe en huis-clos, à bord du Vulcain. L’intrigue a quelque chose d’un antique drame qui s’établit graduellement, par petites touches, pour exploser dans les dernières pages de façon aussi logique que tristement humaine. Le héros, Jean Villemeur, est une sorte d’archétype de capitaine solitaire, fier, dur à la peine, peu causant, mais admiré de son équipage. L’obstination du fils qui est loin d’avoir la carrure et la fermeté de son père, ne s’explique elle aussi qu’en toute fin. Un ouvrage sur la mer, intéressant et émouvant, à classer avec ceux de Conrad, Melville ou Quéffelec.

Ma note

4/5

AVENTURESSCIENCE-FICTION

LE DOCTEUR OMÉGA (ARNOULD GALOPIN)

Le résumé du livre

Retiré dans son cottage normand, le violoniste Denis Borel est témoin d’un incident surprenant. Il aperçoit un éclair suivi d’une énorme explosion en provenance d’une propriété voisine, celle du docteur Oméga. C’est son laboratoire de recherches qui vient d’exploser dans la nuit ! Le lendemain, Denis tente de rencontrer l’étrange personnage qui souffre d’une sulfureuse réputation dans toute la région. Il découvre que l’homme travaille sur la gravité des métaux. Il aurait même réussi à en produire un si réfractaire à la pesanteur qu’il pourrait permettre de s’élever tout seul jusqu’à l’espace. Il l’a appelé « Répulsite ». Il veut s’en servir pour fabriquer un engin en forme d’obus lui permettant d’atteindre rien moins que la planète Mars. Il propose à Denis de l’accompagner dans cette extraordinaire expédition.

Ma critique

« Le docteur Oméga », publié en 1906, est un roman d’aventures et de science-fiction tout à fait charmant et fort agréable à lire, même aujourd’hui. Le style est excellent, l’écriture impeccable. Ah ! Comme on savait bien écrire au début de l’autre siècle ! Comme la langue était belle, fluide et précise ! Assez proche de celle de Jules Verne, l’inspiration de Galopin profite d’une imagination débordante bien qu’un peu naïve. Il faut dire que les connaissances scientifiques de l’époque étaient moins développées que celles de maintenant. Et pourtant, on se régale en découvrant tout ce qui arrive à ce malheureux équipage. Tous les éléments de la future science-fiction sont déjà là : le voyage dans l’espace avec rencontre d’astéroïde, l’environnement hostile de la planète Mars avec une kyrielle d’animaux plus monstrueux les uns que les autres, et, comme point d’orgue, les démêlés avec les Martiens (décrits presque comme l’homme de Roswell) qu’il ne faut pas raconter pour ne pas déflorer une intrigue aussi foisonnante que passionnante car riche en rebondissements et incidents de toutes sortes. À lire pour découvrir quel génial précurseur fut ce prolifique auteur français un peu oublié.

Ma note

4,5/5

AVENTURESFANTASTIQUE

LE JOYAU DES AMAZONES / BLACK IRBIS 2 (MATT SNOW)

Le résumé du livre

Emily Minerald, quinze ans, et son ami Frédéric sont deux lycéens orphelins qui, faute d’avoir connu leur passé, rêvent de se bâtir un avenir. Un jour, Emily est invitée par une société secrète, les « Albescens Veritas », lesquels se réunissent dans une cachette et lui proposent de lui apprendre les arcanes de la sagesse et de la tolérance. Elle fait la connaissance du charmant Jonathan Leduc. Mais bientôt, les méchants Ourobouros attaquent les gentils Albescens. Frédéric est blessé. Jonathan découvre son vrai visage. Quant à Emily, elle est capturée, envoyée en Allemagne, gardée prisonnière puis déportée sur une île mystérieuse à des milliers de kilomètres…

Ma critique

« Le joyau des Amazones », contrairement à son sous-titre qui pourrait faire penser à une suite de « La panthère des brumes », est un roman d’aventures et de fantaisie avec des personnages jeunes, ce qui donne envie de le classer dans la littérature ados. L’intrigue est bien menée, pleine de rebondissements, nettement moins répétitive que l’autre opus. L’auteur a multiplié les allusions et autres rappels de diverses mythologies avec une prépondérance pour la grecque, ce qui n’est pas désagréable et donne une touche d’originalité dans un genre plutôt axé sur un Moyen Âge ou une Préhistoire fantasmée. Il revisite également l’Atlantide, la légende des Amazones et quelques autres mythes. Le style est agréable en dépit de petites faiblesses de-ci, de-là. Le caractère des personnages n’est pas très nuancé avec des bons très gentils et des méchants très mauvais. L’ensemble a un petit côté BD qui aurait pu agacer. Mais la qualité du style, le rythme de la narration (beaucoup et peut-être trop de dialogues, fort peu de descriptions) et l’originalité de l’histoire emportent finalement l’adhésion.

Ma note

3,5/5

AVENTURESFANTASTIQUE

LA PANTHÈRE DES BRUMES / BLACK IRBIS 1 (MATT SNOW Y)

Le résumé du livre

A New-York, Lyona surnommée Lady Uncia ou Black irbis, est une mercenaire qui accepte de remplir diverses missions en échange de fortes sommes d’argent. Quand elle ne sert pas de garde du corps pour des célébrités, elle s’introduit dans un building pour y voler une clé USB pour le compte d’un commanditaire concurrent. Elle se considère comme une « Dominatrix »… De son côté, le narrateur se pose beaucoup de questions sur le « Noir », le mal, le côté sombre, ténébreux de l’âme humaine. Il fréquente des vampires qui, au premier abord, lui semblent des gens quasiment normaux.

Ma critique

« La panthère des brumes » est plus un roman d’aventures qu’un véritable roman de science-fiction, fantaisie ou même fantastique. L’intrigue est malheureusement très répétitive. L’héroïne entre par effraction dans un immeuble, s’empare d’un document quelconque et se retrouve aux prises avec des kyrielles de sbires qu’elle liquide un à un en se servant de son arme secrète, le mystérieux rayon bleu. Aucune progression dramatique, mais une suite de séquences de jeu vidéo. Une superwoman digne d’un James Bond en jupons en lutte contre de machiavéliques forces des ténèbres dont le lecteur ne comprend pas bien les motivations. Une histoire genre BD Marvel simpliste. Le style de l’auteur n’est pas désagréable en dépit de certaines faiblesses. Ce premier tome en annonce un second qu’on espère mieux construit et plus captivant. Quoi de plus lassant qu’une longue suite d’escarmouches et de bagarres dont on connait d’avance l’issue ?

Ma note

2,5/5

AVENTURESPOLICIER

RETOUR À SHANGRI-LA (GÉRARD DE VILLIERS)

Le résumé du livre

En exil depuis des années aux Etats-Unis, le vieux général Teng Tao, chef de la rébellion des Méos du Laos cherche à organiser un coup d’état dans son pays. Il s’agit de s’emparer du pouvoir à Vientiane en se débarrassant de la dictature communiste qui y règne depuis l’abandon des Américains à la fin de la guerre du Viet-Nam. Tao espère profiter d’un changement d’attitude de la CIA, laquelle commence par lui faciliter la tâche pour l’approvisionnement en armes de ses combattants. Pour mener à bien sa tentative, il compte également sur la passivité naturelle des Laotiens et surtout sur l’usure d’un régime au bout du rouleau. Malko Linge se retrouve à devoir faciliter la tâche du général en se faisant passer pour un marchand d’armes nommé Max. Mais il sait très bien que la tâche va être tout sauf aisée…

Ma critique

« Retour à Shangri-La » est un roman d’espionnage et d’aventures basé sur un complot mené sous fausse bannière dont les services secrets américains sont friands. Gérard de Villiers, en fin connaisseur de la situation du Sud-Est asiatique, nous entraine dans cette histoire pleine de coups tordus qui donne une bonne idée des capacités américaines en matière de trahison. Cet ouvrage a surtout le mérite d’évoquer le long calvaire des Méos, peuple fier et courageux, harkis de l’Asie, sacrifié deux fois sur l’autel de la « real politik ». Comme à son habitude, Villiers entrelarde son récit de scènes de sexe particulièrement torrides qui apportent un brin de piment mais sont loin d’être d’un intérêt exceptionnel.

Ma note

3/5

AVENTURES

COMPAGNONS DE PLONGÉE (DIOLE & COUSTEAU)

Le résumé du livre

À la fin de l’hiver 1967, la « Calypso » se retrouve au sud de l’Océan Indien, en route vers le Cap. Cousteau et son équipe explorent l’île Bird, refuge d’une impressionnante colonie de fous de Bassan, puis l’île Sainte-Croix, abritant de nombreux manchots. Le 29 février, elle croise devant l’île Geyser qui est le domaine particulier des otaries. Les mauvaises conditions météorologiques et les nombreuses autres missions prévues obligent le commandant à quitter prématurément les lieux, non sans devoir prendre une décision difficile : capturer deux otaries prénommées « Pepito » et « Christobald » qui seront « apprivoisées » avec plus ou moins de réussite.

Ma critique

« Compagnons de plongée » est le récit très vivant d’une expédition maritime entre l’Océan Indien et le détroit de Béring avec traversée de l’Atlantique (escale à Sainte-Hélène), passage du canal de Panama et finalement, remontée du Pacifique avant d’atteindre les glaces de l’Arctique. L’intérêt de cet ouvrage édité en 1974 est autant écologique que biologique. Cousteau s’intéresse tout particulièrement à la faune : oiseaux, otaries, morses, éléphants de mer avec une légère prédilection pour ces derniers. Il cherche déjà à alerter l’opinion publique sur les atteintes à l’environnement. Lire ce livre aujourd’hui permet de mesure le chemin parcouru (certains diraient en direction de la grande catastrophe…). La rencontre finale avec de véritables esquimaux vivant encore de manière traditionnelle et chassant dans leurs embarcations carénées en peau de morse femelle en est l’exemple le plus frappant. À noter également une abondance de belles photos en couleur. Cet ouvrage fait d’ailleurs partie d’une importante série, véritable encyclopédie de la mer, la collection « Odysée ».

Ma note

4,5/5

AVENTURESTEMOIGNAGE

L’HOMME QUI MARCHE (JEAN BELIVEAU)

Le résumé du livre

Le 18 août 2000, Jean Béliveau quitte le Québec avec 4000 $, un petit tricycle à bagages et le rêve fou de faire le tour du globe à pied. Quelque 75 500 km, 4077 jours et 64 pays plus tard, le marcheur de 55 ans termine son incroyable voyage. Après une marche de 11 ans et 2 mois, Jean Béliveau rentre à Montréal, le 16 octobre 2011. Tout avait commencé par une terrible tempête de glace et le ralentissement de son affaire d’enseignes lumineuses. Puis une lente dépression et un jour, pendant un jogging, cette question : « Combien de temps lui faudrait-il pour rejoindre New-York, le Texas, le Mexique en courant ? Très vite, sa décision est prise. Plutôt que de se suicider, il va partir traverser les cinq continents. Et là, il a senti la force se répandre en lui…

Ma critique

« L’homme qui marche » est le récit d’une expédition hors norme, d’un voyage au bout de soi-même, aux confins de la solitude et de la folie. Combien de traversées de déserts, combien de souffrances, de peines, de larmes mais aussi de rencontres, d’accueil, d’entraide, de solidarité de la part d’inconnus rencontrés un peu partout. Le lecteur découvrira nombre de pays sous un aspect bien différent que celui renvoyé par les médias. Une Afrique du Sud bien éloignée du mythe de la nation arc-en-ciel, une Egypte où des patrouilles de police l’escortent tout au long de son périple, mais aussi un Iran hospitalier et chaleureux dans lequel les jeunes sont curieux de tout ce qui se passe en dehors de leurs frontières. Sans parler des « sauts de puce » obligatoires pour raisons de conflits ou de situations politiques délicates comme l’impossible traversée de la Libye, de l’Afghanistan ou du Pakistan. Un ouvrage bien écrit, passionnant, magnifique, qui se dévore littéralement en laissant un peu le lecteur sur sa faim. Il comprend que l’auteur ait dû condenser onze années de vie intense en 247 pages et ait dû élaguer. Un cahier avec quelques photos aurait été le bienvenu également.

Ma note

4/5

AVENTURESEXPLORATIONS

FLEUR AUSTRALE (GÉRALDINE DANON)

Le résumé du livre

Le 1er juin 2010, « Fleur australe » après avoir traversé l’Atlantique, remonté vers le Groenland et réussi le passage du Nord-Ouest en 2009 (narré dans les précédents ouvrages), repart pour une expédition dans le Pacifique. Leur but, les îles Marquises (escale à Hiva-Oa), puis les Tuamotu, l’archipel de la Société (Tahiti, Moorea, Bora-Bora), les îles Australes et les îles Gambier. À son bord, le skipper Philippe Poupon, Géraldine, son épouse, ex-actrice et narratrice, leurs quatre enfants âgés de deux à treize ans, deux équipiers servant également d’instituteur et de nounou sans oublier Beti, leur chienne Jack Russell qui aura des petits pendant le voyage…

Ma critique

« Fleur Australe » est le récit très vivant et très honnête d’une croisière qui n’a rien d’une partie de plaisir. Le bateau essuie des tempêtes, des vents contraires, le pot au noir. Les enfants et les équipiers souffrent du mal de mer. Géraldine tombe à l’eau et n’est pas loin de se noyer et pour finir, tous échappent à un redoutable tsunami qui fera de gros dégâts aux Marquises. Géraldine Danon sait parfaitement rendre l’ambiance à bord, souvent électrique du fait de la promiscuité et du manque d’intimité, et joliment décrire les décors sublimes de ces endroits paradisiaques. De plongées dans des eaux aussi cristallines que poissonneuses, d’observation des baleines, dauphins et requins en invitations diverses et variées chez les nombreux amis du couple, ce voyage est une mine de découvertes et d’apprentissages pour les enfants et, par la même occasion pour le lecteur qui s’offre ainsi une jolie part de rêve et d’aventures. Aussi agréable à lire que les ouvrages d’Antoine ou du célébrissime Moitessier. Un seul regret : l’absence d’un album photo dans la version poche.

Ma note

4,5/5

AVENTURESESSAIS

LE MONDE EST MON PAYS (ANDRÉ BRUGIROUX)

Le résumé du livre

Perpétuel voyageur, André Brugiroux, surnommé le pape des stoppeurs ou des routards, a passé la totalité de son existence à voyager en auto, bateau ou avion-stop dans le monde entier. Il peut se targuer d’avoir visité l’ensemble des pays du monde et même des territoires aussi improbables que l’archipel des Chagos ou aussi impénétrables que l’Arabie Saoudite, le dernier trophée qu’il accrocha à son palmarès. Né en 1937, il démarra son périple en 1955 en refusant de payer pour quelque hébergement que ce soit et en se limitant à un budget d’un seul dollar par jour. Et il y parvint. Au terme de 18 années d’aventures autour de la planète, il cumula 400 000 km parcourus et pas moins de 135 pays traversés. Fort de ce premier exploit, il monta un film, donna de nombreuses conférences qui lui permirent de continuer sur sa lancée et, au fil des années, des opportunités, des hasards et des rencontres, d’ajouter de nouvelles destinations jusqu’à atteindre récemment son but ultime…

Ma critique

« Le monde est mon pays » n’est pas à proprement parler un récit de voyage mais plutôt une réflexion sur un retour d’expérience. Brugiroux n’ayant pas tout raconté ni dans son premier opus « La terre n’est qu’un seul pays », ni dans son précédent « L’homme qui voulait voir tous les pays du monde », ajoute diverses anecdotes en les classant par thèmes : le rêve impossible, la peur de l’inconnu, les règles de l’art, le stop, la solitude, la Providence et bien sûr, la quête spirituelle. Brugiroux s’envisage avant tout comme un missionnaire, c’est-à-dire un homme chargé d’une mission, celle de propager les idées du baha’isme, religion qui prône la paix universelle par une sorte de syncrétisme général et grâce à un gouvernement mondial éclairé. Le livre est fort intéressant et très bien écrit (le globe-trotter a bénéficié de l’aide d’un journaliste, Jérôme Bourgine). Dommage qu’il y ait tant de redites. Un grand nombre d’histoires ont déjà été racontées dans les précédents ouvrages d’où une impression de radotage un peu lassante.

Ma note

3/5

AVENTURESEXPLORATIONSTEMOIGNAGE

L’HOMME QUI VOULAIT VOIR TOUS LES PAYS DU MONDE (ANDRÉ BRUGIROUX)

Le résumé du livre

S’il est un homme qui peut se targuer d’avoir réalisé, adulte, tous ses rêves d’enfant, c’est bien André Brugiroux. Surnommé « le pape des routards », il a d’abord bouclé en dix-huit ans d’auto-stop, bateau-stop et autres subterfuges peu onéreux, un incroyable tour du monde. Puis au fil des ans, des occasions et des conférences, il a réussi à poser son sac dans presque tous les pays du monde. Seule, l’Arabie Saoudite s’est longtemps refusée à lui, mais, il a réussi récemment, grâce à un concours de circonstances quasi miraculeux, à accrocher ce dernier trophée à son tableau de chasse de globe-trotteur ! Et tout ça, à raison d’un seul dollar par jour, sans jamais devoir payer pour coucher à l’hôtel (sauf quand c’était absolument obligatoire comme en URSS ou en Corée du Nord), sans se munir du moindre canif (en signe de non-violence assumée), ni d’une simple gourde même en plein désert (pour toujours devoir s’en remettre au bon vouloir de l’Autre).

Ma critique

« L’homme qui voulait voir tous les pays du monde » est un témoignage passionnant et époustouflant de toute une vie passée sur les chemins dans une quête assez unique de cette totalité de voyages qui vise le Livre des Records et frise un tantinet la monomanie. En effet, il reste à Brugiroux un lieu non visité, les îles Chagos, base militaire US vidée de ses habitants. Lire ces aventures permet d’apprendre pas mal de choses sur la réalité de pays dont le lecteur n’a souvent qu’une idée faussée par la présentation tendancieuse qu’en font nos médias. Que de péripéties, que de dangers, que de rebondissements, que de souffrances pour arriver à pareil résultat. L’auteur en tire la leçon suivante : « La terre n’est qu’un seul pays et tous les hommes en sont les citoyens », précepte proclamé par Bahà’u’llàh, fondateur d’une religion universelle dérivée de l’Islam et prônant un idéal de paix par la gouvernance mondiale. Ouvrage que l’on conseillera aux amateurs d’aventures loin des sentiers battus touristiques, aux rêveurs de grands espaces, tout en se permettant deux petits reproches. Bien des lieux mériteraient de plus amples développements. L’auteur aurait pu en profiter pour réduire la durée de ses prêchi-prêcha baha’istes un brin lassants. L’enfer « mondialiste » est pavé de si bonnes intentions…

Ma note

4/5

AVENTURES

LE MONDE EN STOP (LUDOVIC HUBLER)

Le résumé du livre

Le 1er janvier 2003, fraîchement émoulu d’une école de commerce, Ludovic Hubler, 25 ans, décide de se lancer dans un tour du monde en auto-stop (et même en bateau-stop pour franchir mars et océans) au départ de Val d’Isère. Il prévoit d’y consacrer au maximum deux années. En réalité, il lui en faudra cinq pour boucler son incroyable périple. 170 000 kms seront parcourus. 59 pays seront traversés, les plus accueillants comme les plus dangereux, les plus ouverts à cette pratique comme les plus fermés. Il visitera tous les continents y compris l’Antarctique, traversera des déserts brûlants ou glacés et donnera des centaines de conférences un peu partout, mais principalement aux Etats-Unis où il séjournera une année entière. Ce tour du monde qui fait un peu l’impasse sur une grande partie de l’Afrique noire et sur l’immense fédération de Russie ne sera possible que grâce à l’amabilité de 1300 conducteurs de véhicules de tous pays (excepté la Corée du Nord), d’une dizaine de marins et de centaines d’hébergeurs trouvés le plus souvent sur deux sites internet (« Couchsurfing » et « HospitalityClub).

Ma critique

« Le monde en stop » est le récit de voyage en stop le plus extraordinaire que nous ayons lu depuis le fameux « La terre n’est qu’un seul pays » d’André Brugiroux. Il se présente sous la forme d’un pavé de 566 pages qui se lit comme un roman et qui aurait pu en comporter le triple sans aucun problème. Certains pays sont longuement décrits, d’autres trop vite survolés et là, le lecteur reste un peu sur sa faim. Que de choses on apprend en lisant cet ouvrage, que de clichés véhiculés par les médias toujours à l’affût du sensationnel ne doit-on pas corriger ! Un seul exemple : il est un pays où le culte de la personnalité est encore bien pire qu’en Corée du Nord, c’est le Turkménistan. Le saviez-vous ? En fin d’ouvrage, l’auteur mesure la chance qu’il a eu de rencontrer tant de bonnes personnes et d’échapper à la plupart des dangers (les FARC en Colombie, les Talibans en Afghanistan, les zones militaires interdites au Tibet ou de conflits dans de nombreux endroits, tous traversés sans incident majeur). Sans être obligé d’adhérer aux idées pour le moins utopiques de paix et de fraternité universelle, d’abolition des frontières et de globalisation heureuse prônées par l’auteur ni même à ses rêves d’universalisme et de syncrétisme religieux, le lecteur appréciera la plume alerte, le témoignage honnête et sincère et surtout le grand vent de liberté qui souffle dans ces pages magnifiques.

Ma note

4,5/5

AVENTURES

SANS UN SOU EN POCHE (BENJAMIN LESAGE)

Le résumé du livre

A l’issue de ses études à La Haye dans le cadre d’Erasmus, Benjamin Lesage décide de partir sur les routes sans un sou en poche. Il est accompagné par un Italien, Nicola et un Allemand Raphaël, tous convaincus que l’on peut vivre sans argent dans un esprit de don et de partage. Ils traversent la France et l’Espagne en stop, se font offrir le passage vers le Maroc puis celui vers les îles Canaries où ils restent des semaines avant de trouver un skipper qui accepte de leur faire traverser l’Atlantique. Arrivés au Brésil, ils passeront par la Guyane, le Surinam, la Colombie, tous les pays d’Amérique Centrale et arriveront finalement au Mexique, but de leur périple toujours en faisant de l’autostop. Au total, 10 mois sur les routes, 24 000 km parcourus. 270 véhicules empruntés dont cinq bateaux. Des dizaines de nuit à la belle étoile, sur les trottoirs, chez les pompiers, dans les hôpitaux ou chez de rares particuliers bienveillants. Ils ont dépensé en tout moins de cent euros pour les visas, passeports et taxes. Une aventure hors du commun.

Ma critique

« Sans un sou en poche » se présente comme un récit de voyage tout à fait atypique. Quelle idée folle de vouloir voyager sans dépenser un sou ! Tous ceux qu’ils rencontrent sur leur chemin leur disent qu’ils sont fous. Mais eux veulent vivre fauchés pour vivre libre. Magnifique projet mais réalisation difficile. Benjamin se fera voler toutes ses affaires et tous ses papiers. Nicola partira assez vite. Raphaël sera rejoint par sa compagne. Benjamin verra la sienne le rejoindre en fin de parcours pour repartir rapidement. Il parcourra d’ailleurs seul et sur un vélo donné les derniers 1500 km avant Mexico. Un livre passionnant, bien écrit, qui se dévore et donne à réfléchir sur nos modes de vie et de consommation, ainsi que sur notre impact sur les ressources de notre planète.

Ma note

4,5/5

AVENTURESEXPLORATIONS

EN AVANT, CALME ET FOU (SYLVAIN TESSON ET THOMAS GOISQUE)

Le résumé du livre

Avec quelques amis et l’aide de divers mécaniciens autochtones, Sylvain Tesson a parcouru la Chine, la Mongolie, le Népal, l’Inde, l’Asie du Sud-Est, les steppes et déserts africains ou d’Amérique du Sud sans oublier la Sibérie, le lac Baïkal gelé et bien d’autres lieux exotiques aussi sauvages qu’improbables. Ne pouvant être ni lansquenet, ni Robin des Bois, ni grognard de Napoléon et encore moins cavalier de Gengis Khan, il retrouve un peu de cet esprit de liberté en chevauchant des motocyclettes de diverses marques, comme des Moto-Guzzi, des Oural, des Royal-Enfield, des BMW et même des side-cars bricolés. Il en tire toute une esthétique de la bécane qu’il illustre de citations diverses et de réflexions plus ou moins philosophiques ou poétiques.

Ma critique

« En avant, calme et fou » est plus un album-photo à la gloire de l’aventure en deux ou trois roues qu’un véritable récit d’expéditions en forme de carnet de bord ou de compte-rendu. Sylvain Tesson, qui fut un de mes aventuriers préféré avec son comparse Alexandre Poussin, a un peu vieilli. Plus d’escalade, plus de trekking à pied, plus de VTT, mais des engins à moteur pétaradant et tombant plus d’une fois en panne et des caisses de vin de Bordeaux à l’étape. La part du lion est attribuée aux photos, fort belles et insolites d’ailleurs, de Thomas Goisque. On regrette que les commentaires soient si squelettiques et si peu précis. Tesson en reste à des notes prises à l’étape sans souci du contexte. Pour s’y retrouver ne reste au lecteur que la table des illustrations en fin de volume qui seule précise le lieu, la date et l’engin piloté. On regrette un peu les vrais récits de voyages et d’aventures des débuts !

Ma note

3/5

AVENTURESROMANCE

SARA DANE (CATHERINE GASKIN)

Le résumé du livre

En juin 1792, Sara Dane, 18 ans, se retrouve dans un groupe de déportées au fond de la cale du « Georgette », en route pour Botany Bay sur la côte sud de l’Australie qui n’est alors qu’une colonie pénitentiaire aussi pauvre que désolée. Un riche passager du bateau nommé Ryder perd sa domestique victime des fièvres. Comme son épouse ne peut se passer des services de celle-ci, Ryder demande au capitaine de pouvoir disposer de Sara Dane qui a déjà exercé cette charge en Angleterre dans la famille d’un pasteur. Les charges retenues contre la jeune fille, le simple vol de trois guinées et d’une bague, étant des plus réduites, le capitaine accepte…

Ma critique

« Sara Dane » se présente comme un roman d’aventures avec arrière-fond historique. L’auteure a su faire en sorte que la romance et les péripéties sentimentales de l’héroïne n’occupent pas tout l’espace. Ainsi évite-t-elle l’écueil « Harlequin ». Sara est un personnage de femme aussi exceptionnelle qu’admirable. Partie du plus bas de l’échelle sociale, trainant un lourd passé et une condamnation injuste, elle saura, avec un courage immense, remonter la pente et arriver au plus haut niveau de la société. L’auteur nous raconte une vie extraordinaire faite de magnifiques réussites matérielles et de tragédies terribles comme la mort tragique de ses deux maris et de l’un de ses fils. Les péripéties ne manquent pas : révolte des bagnards, incendies, inondations, etc. Livre très bien écrit, particulièrement intéressant pour son volet historique (la colonisation de l’Australie fut loin d’être une partie de plaisir) et pour son intrigue bien ficelée. Cocktail réussi. À conseiller.

Ma note

4/5

AVENTURES

L’APPEL DU LOUP (RONALD DOUGLAS LAWRENCE)

Le résumé du livre

Dans le grand Nord, une meute de loups poussée par la faim se rapproche d’une ferme et tue quelques animaux domestiques. La riposte des humains ne se fait pas attendre. Elle tourne au carnage. Seule survivante, une louve repart vers le Nord, finit par rencontrer un autre loup et mettre bas trois louveteaux dont l’un, plus faible, meurt très vite. Les deux survivants sont une louvette et un louveteau nommé Patte d’Argent. Jeune et vigoureux, il aime à vagabonder et finit par tomber dans un piège tendu par Morgan, un trappeur des plus frustres. Prisonnier dans une cage de fer, le jeune loup découvre la captivité, la rage et le désespoir. Il profitera d’un moment d’inattention de son geôlier pour se venger de l’affront subi avant de reprendre sa liberté.

Ma critique

« L’appel du loup » est un roman animalier dans lequel les loups ont le tout premier rôle. Grand spécialiste de ceux-ci, Ronald D. Lawrence décrit minutieusement leurs habitudes, leurs comportements, leurs modes de vie et les rapports hiérarchiques à l’intérieur du groupe. Pas une chasse, pas une attaque de daim, élan, mouffette et même de porc-épic n’est épargnée au lecteur qui peut ressentir une certaine lassitude due à la répétition de scènes de prédation toutes semblables. La rencontre avec l’homme est plus intéressante, plus dramatique et vire même à la tragédie. Le maître de la création n’a pas le beau rôle. C’est lui aussi un prédateur, mais sans foi ni loi, qui ne pense qu’au profit immédiat et n’a pas le moindre souci de la souffrance animale. Un livre passionnant et documenté quoique de lecture un peu laborieuse pour les amateurs de nature sauvage et de vie animale. La fin sous forme de « happy end » est un peu décevante quand même.

Ma note

3/5

AVENTURES

L’ENFANT DES SEPT MERS (PAUL-LOUP SULITZER)

Le résumé du livre

Kaï O’Hara est un jeune métis sino-irlandais d’une quinzaine d’années, hyper athlétique et de caractère bien trempé. Il représente la douzième génération d’une longue lignée d’écumeurs des mers du sud. Il quitte son père adoptif pour aller vivre la vie de corsaire de son père et de son grand-père. Pourchassé par divers pirates – dont le terrible Archibald – qui veulent tous lui dérober les sept sapèques d’or de son petit héritage, il se réfugie chez les Dayaks de la mer, terribles coupeurs de têtes et éternels alliés de sa famille. Ceux-ci vont l’aider à récupérer le Nan Shan, goélette ultra-rapide sur laquelle s’illustra son célèbre grand-père Cerpelaï Gilo, et constituer son équipage…

Ma critique

« L’enfant des sept mers » est un roman d’aventures maritimes qui se voudrait dans l’esprit de ceux de Jules Verne voire de Stevenson. Les innombrables péripéties sont un peu rocambolesques et assez peu vraisemblables. Le héros principal, sorte de cocktail entre Tarzan et Mowgli (les références au livre de la jungle abondent), est si plein de qualités morales et guerrières qu’il confine au personnage de bande dessinée. C’est encore plus flagrant pour les personnages secondaires tels l’oncle Ka, la grand-mère ou la grande bringue qui deviendra son épouse. Clichés et poncifs sont si nombreux que l’intrigue en arrive à une caricature du genre. Les amateurs apprécieront peut-être. Les lecteurs plus exigeants considéreront que cet ouvrage n’est pas le meilleur du prolixe auteur et soupçonneront même d’être en présence d’une simple production « alimentaire ».

Ma note

2,5/5

AVENTURESHISTORIQUE

LE CAPITAINE (JAN DE HARTOG)

Le résumé du livre

Le jeune capitaine hollandais Martinus Harinxma se voit attribuer le commandement de l’« Isabel Kwel » le plus gros remorqueur, le vaisseau-amiral de la flotte de la société Kwel. Il a d’abord pour mission de remorquer des péniches en Mer du Nord pour les mettre en sécurité en Grande-Bretagne au tout début de la Seconde Guerre Mondiale. Sa mission est des plus délicates. Les sous-marins allemands qui pullulent dans ces eaux prennent un malin plaisir à envoyer par le fond tous les vaisseaux qu’ils rencontrent. Au début, Martinus est plutôt chanceux. Mais les ennuis commencent quand son chef mécanicien se suicide en se tirant une balle dans la tête dans sa cabine et quand son remorqueur est réquisitionné pour escorter des convois de vivres et de munitions à destination du port de Mourmansk.

Ma critique

« Le capitaine » est un roman maritime de fort belle facture rempli de combats inégaux et meurtriers minutieusement décrits. Les convois que Martinus escorte servent même d’appât pour essayer de tendre un piège au fameux cuirassé « Tirpitz ». Tout bascule très vite dans le drame, la tragédie et le carnage. Le lecteur réalise avec cette histoire désabusée qu’entre l’héroïsme et la pleutrerie la frontière est des plus ténues. Cet ouvrage pétri d’humanité et proche du témoignage vécu révèle des hommes attachants, courageux ou lâches et même tantôt lâches et tantôt courageux. Sans oublier un tout dernier rebondissement très bienvenu à la fin. À conseiller aux amateurs du genre. Jan de Hartog est de la lignée des Melville, Vercel et autres Conrad.

Ma note

4/5

AVENTURESROMANCE

LE DRAGON DES MERS (LAURIE MAC BAIN)

Le résumé du livre

Au printemps 1769, le capitaine Dante Leighton, à bord de son vaisseau « Le dragon des mers », brigantin construit à Boston et longtemps armé par les Anglais pendant la guerre de Sept Ans, écume les mers des Antilles en compagnie de son équipage d’une dizaine d’hommes fidèles. Tous se sont reconvertis dans les trafics et la contrebande et sont à la recherche d’un trésor caché dans les cales d’un galion espagnol coulé au large des côtes de Floride. Pendant ce temps, une aristocrate vénitienne d’origine anglaise, surnommée « La Rose Triste », rentre en Angleterre avec la ferme intention de se venger de sa famille, les très puissants Dominick. Elle enlève la très jeune et très belle Rhea Claire, fille du duc Lucien et la vend à un marin qui l’enferme dans les soutes d’un navire en partance pour les colonies américaines…

Ma critique

« Le dragon des mers » est un roman d’amour et d’aventures sur fond historique. Tous les ingrédients du roman de cape et d’épée sont réunis. Les haines rancies, les rebondissements et autres péripéties ne manquent pas, même si l’auteur a laissé la part belle au sentimental avec cette histoire d’amour très clichée entre un pirate blasé et une princesse plutôt oie blanche. L’intrigue regroupe la plupart des poncifs du genre. On se croirait dans un des épisodes de la série des « Angéliques ». Les personnages sont tous très typés. Dante est beau, chevaleresque, d’une noblesse désargentée et tombée dans la débine. Rhea est belle à damner un saint et fort naïve. La tante kidnappeuse est diabolique à souhait. Quant aux personnages secondaires, ils sont exactement comme on s’imagine un équipage de pirates ou une famille de la noblesse anglaise du XVIIIème siècle version ciné ou BD. Au total, un ouvrage agréable et bien écrit mais sans grande originalité. Même le « happy end » est attendu, c’est dire. À réserver aux romantiques et autres amateurs du genre « fleur bleue ».

Ma note

3/5

AVENTURESHISTORIQUETERROIR

LE GRAND SILLON (CLAUDE MICHELET)

Le résumé du livre

À Panama, débute un chantier gigantesque, titanesque même, celui du fameux canal de Ferdinand de Lesseps. Flairant la bonne affaire, Martial et Romain se lancent vaillamment dans l’aventure. Ils équipent leur société de puissantes dragues et d’énormes excavatrices et offrent leurs services au contremaître O’Brien. Il s’agit d’unir deux océans pour éviter aux bateaux de faire le tour complet du continent. Mais pour cela, il va leur falloir araser les montagnes, lutter contre une nature hostile et dompter le Sagrès, un fleuve particulièrement capricieux. Un défi à la mesure de leur courage et de leur ambition. Mais les catastrophes s’enchaînent : éboulements en série, glissements de terrain, crues monstrueuses, coulées de boue meurtrière, sans oublier le climat malsain, les fièvres, les moustiques, les mygales et les serpents venimeux. Atteint par la malaria, Martial doit rentrer au Chili et être remplacé par Antoine qui délaisse pour un temps l’immense hacienda dont il avait la charge…

Ma critique

« Le grand sillon » est un roman historique de belle ampleur qui clôt la trilogie des « Promesses du ciel et de la terre ». Il s’achève sur un demi-échec fort bien décrit. Exaltante s’il en est, cette épopée qui tourna au scandale financier a raison de la détermination de l’initiateur de toute la saga. Ainsi tout s’achève en demi-teinte, comme dans la vie. Rien n’est tout blanc ni tout noir, mais plutôt dans les nuances de gris. Une très belle et très enthousiasmante histoire, des personnages attachants et très humains. Une totale réussite. Peut-être le meilleur ouvrage du prolifique Claude Michelet qui sait allier érudition et amour de la terre et des gens. À ne pas rater.

Ma note

4,5/5

AVENTURESHISTORIQUE

POUR UN ARPENT DE TERRE (CLAUDE MICHELET)

Le résumé du livre

En 1879, alors que la guerre du Pacifique oppose le Chili à la Bolivie et au Pérou, Pauline et Antoine poursuivent leur implantation en Amérique du Sud en diversifiant leurs activités. Mais Martial et Rosemonde, eux, sont retournés en France. Atteinte du mal du pays, Rosemonde est retournée à Bordeaux où elle goûte aux plaisirs de l’oisiveté et ne compte pas du tout franchir à nouveau l’Atlantique. Pendant ce temps, de l’autre côté, leur ami banquier et financier, Herbert Halton ayant été capturé par une bande de guérilleros lors d’une expédition dans le désert, Antoine et Edmond se lancent à sa recherche et mettent tout en œuvre pour le délivrer. Dans cette mission difficile, ils seront aidés par Romain Deslieux, un prospecteur français qui a eu bien des mésaventures et qui deviendra bientôt leur ami et partenaire commercial…

Ma critique

« Pour un arpent de terre » est la passionnante suite des « Promesses du ciel et de la terre », saga sud-américaine de Claude Michelet. Dans ce tome, l’auteur fait encore plus œuvre d’historien que dans le précédent. En effet, la plus importante part de la narration est consacrée aux épisodes d’une guerre assez mal connue mais qui fut d’une folie et d’une cruauté peu commune. L’attaque d’Arica, la prise de Lima et les pillages qui s’ensuivirent sont très minutieusement décrits. Les rebondissements et les péripéties se succèdent à un rythme accéléré à tel point qu’il est difficile de lâcher le livre pourtant assez épais (487 pages). De plus en plus attaché aux personnages, le lecteur ne peut s’empêcher de vouloir connaître leur évolution dans ce monde rude et exaltant où tout est à construire et parfois malheureusement, à détruire !

Ma note

4/5