HUMOURPHILOSOPHIQUE

CONTES LIQUIDES (JAIME MONTESTRELA)

Le résumé du livre

Le jour du Mardi-Gras, les hommes jouent aux femmes, les femmes aux hommes et les enfants aux adultes… Les Tihotuhop sont végétariens, mais ils font exception en se régalant de piranhas le jour de la cérémonie du Recyclage… À l’approche des vacances d’été, de nombreux jeunes gens se ruent dans les bibliothèques, les musées et les séminaires de philosophie pour faire rayonner plus puissamment leur aura… Un condamné à mort a pour dernière volonté de n’être exécuté qu’après avoir eu le temps d’apprendre le chinois… À Pine Gulch, le conseil municipal a décidé d’expulser de la langue tout vocable ayant une référence à la sexualité… Sur un archipel des Philippines, des insulaires ne savent pas compter au-delà de 456…

Ma critique

« Contes liquides » est un recueil de très courts contes ou historiettes. L’auteur portugais a réduit chacune de ses narrations à une demi-page maximum. Ces petits textes humoristiques, étranges ou carrément absurdes sont d’intérêt variable. Ils vont de la blague Carambar au conte philosophique en passant par les traits d’humour potache, les élucubrations absurdes ou les simples jeux de mots ou d’esprit. Le style est incisif, minimaliste et souvent apte à dire beaucoup sans grands développements. C’est amusant, léger, parfois facile et quelquefois ça donne à réfléchir sur la sottise de certains de nos comportements. Un auteur un peu méconnu, mais qui mérite le détour.

Ma note

4/5

HUMOURPHILOSOPHIQUE

DES PENSÉES SANS COMPTER (PHILIPPE BOUVARD)

Le résumé du livre

« Le métier d’homme politique repose sur l’art de se rappeler périodiquement au bon souvenir de concitoyens dont on tire ses revenus en écornant les leurs. »

« La vie : ce dérisoire et prétentieux ballet dansé par des condamnés à mort. »

« Les affaires d’abus de biens sociaux : on ne divise pas pour régner, on additionne pour nuire. »

« Travaille qui veut. Travaille qui peut. Travaille qui ne sera pas remplacé par un robot. Travaille qui ne pense pas à ses impôts. »

« Le népotisme constitue la seule arme absolue contre le chômage de certains jeunes. »

Ma critique

« Des pensées sans compter » est un recueil de bons mots, de maximes, d’aphorismes, de traits d’esprit et autres trouvailles langagières surgies de l’esprit malicieux et observateur de leur auteur, un certain Philippe Bouvard, plus connu comme présentateur-animateur télé que comme écrivain. Tous sont marqués au coin de l’humour, de la dérision, de l’auto-dérision et du bon sens. Quel plaisir de pouvoir se régaler de ces petites pépites d’intelligence et de finesse digne des plus grands (Courteline, Allais ou Guitry) ! Le délicieux auteur, esprit brillant et ironique porte un regard aigu et parfois désabusé sur la réalité de notre société, sur les travers de nos contemporains et sur ses propres faiblesses ou incertitudes. Un ouvrage à lire, relire, consulter, picorer avec toujours autant d’appétit. Comme quoi la sagesse et l’acuité de l’analyse peuvent aussi se nicher dans les couloirs de l’abêtissant média boursoufflé.

Ma note

4,5/5

HUMOURROMAN

ALLO, MAJOR TOM ? (DAVID. M. BARNETT)

Le résumé du livre

Le jour de la mort de David Bowie, Thomas Major, un quarantenaire britannique totalement inconnu, s’apprête à être le premier homme à partir vers Mars en solitaire. Il devra y préparer la colonisation future de la planète rouge à lui tout seul. Simple technicien chimiste, Thomas s’est juste trouvé là au bon moment pour remplacer au pied levé le cosmonaute prévu pour cette difficile mission. Loser bougon et misanthrope, il n’a pas le profil idéal pour réussir vu qu’il a quasiment tout raté dans sa vie. Il est juste heureux de prendre ses distances avec une humanité qu’il n’apprécie guère. Mais tout va changer quand une erreur de numéro de téléphone lui fera croiser la route d’une vieille dame un peu dérangée et de deux petits-enfants de milieu modeste…

Ma critique

« Allo, Major Tom » est plus un roman social et sentimental qu’un véritable roman de science-fiction. Le voyage interplanétaire n’est qu’un prétexte pour dérouler une histoire non chronologique, distillée à petites touches et amenant le lecteur à la conclusion que même l’humain le plus solitaire a un jour ou l’autre besoin des autres. « Comédie irrésistible et totalement décalée » clame la quatrième de couverture. C’est beaucoup dire et trop promettre tout comme le célèbre « humour anglais » également annoncé. Il est assez peu présent et plutôt par la loufoquerie, l’invraisemblance et le cocasse des péripéties que par la drôlerie ou l’ironie auxquelles le lecteur pourrait s’attendre. Au total, un ouvrage sympathique, gentillet, plein de bons sentiments et plutôt agréable à lire.

Ma note

3/5

HUMOUR

PRIS SUR LE VIF / SCÈNES DE LA VIE JUDICIAIRE (PIERRE GARDES)

Le résumé du livre

Un petit fraudeur a mis de l’eau dans son lait. Pour expliquer son escroquerie et prouver sa bonne foi, il déclare que c’est à cause de la rosée du matin. Un autre répondra au Président qui lui reproche la même chose : « Ah, non, je mets le lait dans l’eau ! »… Un juge qui déclare à un prévenu un peu trop assidu du Tribunal Correctionnel : « Il me semble, mon ami, que je vous ai vu souvent ici ! » s’entendra répondre : « Moi aussi, mon Président, je vous ai souvent vu ! »… Un autre, pinailleur à souhait : « Monsieur le Président, je vous demanderai de bien rédiger votre jugement, de ne rien oublier. Je veux une décision complète afin de pouvoir la discuter correctement lorsque j’aurai fait appel. »… Une dame qui a giflé un monsieur se disculpe en déclarant que c’était une toute petite gifle, quasiment une caresse…

Ma critique

« Pris sur le vif » est un petit recueil d’anecdotes et d’historiettes plus ou moins amusantes ayant toutes pour cadre le prétoire. Au nombre de vingt-neuf, elles sont plus ou moins intéressantes, plus ou moins drôles, toutes écrites d’une plume légère et sans grande consistance et toutes révèlent une société bien différente de la nôtre. Plus sévère sans doute. C’était un temps où l’on se retrouvait au tribunal pour une pomme volée ou pour un simple coup de canif dans une union matrimoniale. À lire plus pour le document « historique » que pour la qualité de l’humour.

Ma note

3/5

FANTASTIQUEHUMOURNOUVELLESSCIENCE-FICTION

L’AUTRE CÔTE DE NULLE PART (JEAN-PIERRE FONTANA)

Le résumé du livre

En classant livres et papiers d’un oncle défunt, un homme tombe sur un très étrange manuscrit… En Afrique, Tarz’an, l’homme-singe, suit à distance une colonne d’hommes blancs partis à la recherche d’une ville souterraine… Un Martien aussi caoutchouteux qu’indiscret, débarque à l’improviste chez un couple qui n’arrive plus à s’en débarrasser… Chaque fois que la Ville s’agite, Erwin le Serviteur doit intervenir pour rétablir l’ordre à n’importe quel prix… Un enfant rêve qu’une étoile vienne le chercher… Deux péripatéticiennes se plaignent de la musique diffusée par une de leurs ex-consœurs… Dans un Far-West quelque peu virtuel, le chasseur de primes Slim Dakota n’en finit pas de pourchasser l’affreux Ramirez, violeur et tueur d’une petite fille…

Ma critique

« L’autre côté de nulle part » se présente comme un recueil de 16 textes variés repris de diverses revues comme « Galaxies », « Gandahar », « Mercury », « Science-Fiction Magazine » et quelques autres. Quelle variété dans cette compilation ! Le lecteur y trouvera des nouvelles bien sûr, mais aussi un conte philosophique, un livret d’opéra-rock, une fable en hommage à La Fontaine et même une parodie désopilante de science-fiction. Le fond n’est pas en reste. Jean-Pierre Fontana exerce son indéniable talent dans tous les domaines de l’imaginaire : le fantastique, la fantaisie, la SF, l’horreur et même le scénario de jeu vidéo (« Demain matin au chant du colt », à mes yeux la meilleure nouvelle avec « Le Martien » et « L’autre côté de nulle part »). Que de facettes à son imagination ! Il y en a pour tous les goûts. Et, excepté le livret à la Manset et quelques clins d’œil en forme d’hommage, tout est bon et agréable à lire dans cet ouvrage édité avec soin par Armada. (Papier de qualité, couverture superbe de Lohran). À ne pas manquer !

Ma note

4/5

HUMOUR

UNE HUÎTRE (DENIS WILLEMS/LESIO)

Le résumé du livre

« Une fois morts, les vrais abrutis sont-ils réincarnés en faux cons ? »

« L’homme est accro à l’argent et, pour soigner son addiction, a pris la mauvaise habitude de travailler. »

« Quand l’homme part à la guerre, sa femme rentre alarmée. »

« À l’heure de pointe, l’autoroute est un vrai bal musette ; les voitures jouent de l’accordéon, le trafic dense et la police fait sauter les bouchons… »

« Le monde moderne est si peu sûr que même le béton est armé… »

« L’école est une prison… D’ailleurs on y étudie déjà la cellule… »

« La cigarette tue et le bar-tabac… »

Juste pour vous mettre l’eau à la bouche, quelques exemples des 500 perles que renferme cette huître si bien nommée et si bien ciselée par Denis Willems, alias LeSio, parolier et humoriste aussi talentueux que belge !

Ma critique

« Une huître » est un recueil d’anagrammes, de jeux de mots et autres contrepèteries souvent écrite pour le plaisir du paradoxe ou de l’étrangeté et qui atteignent parfois la sagesse de l’aphorisme et le plus souvent l’humour aussi farfelu que décalé qui est souvent une spécialité de nos amis d’outre-Quiévrain. Le lecteur rira beaucoup à la lecture de ces brèves de comptoir et de ces maximes toujours amusantes, parfois poétiques bien que quelquefois un peu faciles si ce n’est même (rarement) « capillotractées ». Le lecteur ne boudera pas son plaisir. Bonne lecture garantie. C’est vif, net, pétillant, moqueur, taquin, paradoxal. Presque du Bobby Lapointe ! Autant dire un régal pour connaisseurs ! Profitez-en vite…

Ma note

4,5/5

HUMOUR

PROPOS DE VILLE ET PROPOS DE THÉÂTRE (HENRY MURGER)

Le résumé du livre

Un journaliste n’ayant rien à proposer à son chef a l’idée de jeter dans la Seine un chapeau trouvé sur un banc et de hurler à la noyade. Les passants s’attroupent, croient à une noyade et alertent les autorités. Pour le plumitif en manque de matière, ce sera un de ses meilleurs « papiers »… Savez-vous ce que Montaigne disait des hommes qui épousent leur maîtresse ? « Ce sont des gens qui crachent dans leur verre avant que de boire »… Le Français sait le mieux faire l’amour ; l’Italien le fait mieux agir ; le Russe le fait agir et parler également bien ; l’Allemand l’endort ; le Polonais le ruine…

Ma critique

« Propos de ville et propos de théâtre » est un recueil de petits articles, d’anecdotes, d’historiettes, de traits d’esprit et de chroniques de pièces de théâtre. Une sorte de fourre-tout pétri d’humour et d’ironie plus ou moins grinçante. Une sorte de concentré de l’esprit français et même parisien. Bien que datant de 1853, cet ouvrage reste d’une lecture agréable. C’est pétillant, corrosif, parfois poétique, philosophique, même si certaines références sont perdues et même si l’auteur a des femmes une vision désenchantée et frôlant la misogynie. Certains textes ont plus d’intérêt que d’autres. Ainsi sort du lot celui sur le temps trop doux du mois de janvier qui permet toutes sortes d’extravagances et une incursion dans le fantastique désopilant très proche du surréalisme. Idem pour la série de portraits archétypaux de toutes sortes de piètres personnages gravitant autour du théâtre et de la littérature. Il y a du Saint-Simon chez Murger, auteur qui ne mérite le détour.

Ma note

4,5/5

HUMOURPOLICIER

L’HOMME AU STYLO (MARCEL IDIERS)

Le résumé du livre

Le commissaire Poupart est appelé dans un théâtre parisien suite à l’assassinat de la comédienne Mona Stella. En réalité, celle-ci n’était qu’évanouie. Un individu lui a fait livrer une corbeille de roses, a soudoyé son habilleuse et s’est présenté sous le nom de Maxime Fontani, imprésario voulant lui proposer un contrat mirifique. Il en a profité pour lui injecter un somnifère et lui dérober ses bijoux. Les méthodes employées amènent Poupart à penser qu’il a affaire à l’insaisissable « homme au stylo ». Peu après, un jeune journaliste et un détective privé nommé Furet se lancent à leur tour sur la piste du voleur…

Ma critique

« L’homme au stylo » se présente comme un roman populaire et feuilletonesque dans l’esprit du célébrissime Arsène Lupin. En effet, le héros vole aux riches pour donner aux pauvres, ridiculise ses poursuivants et, tel un véritable Frégoli, change en permanence d’aspect et de déguisement, se rendant ainsi quasiment impossible à capturer. La trentaine, joli garçon, grand, mince et élégant, il habite un appartement trois pièces dans une rue calme d’un quartier chic du vieux Passy. Insaisissable et mystérieux, ce voleur gentleman, ne tue jamais et choisit ses victimes parmi les individus qui ont acquis leur richesse de façon peu recommandable. Adepte du déguisement, mais uniquement lorsqu’il n’est pas sur un coup, il a l’habitude d’opérer avec un stylo dissimulant une seringue Pravas qui lui permet d’injecter un liquide opiacé capable de provoquer un sommeil immédiat chez la personne qu’il a choisie de neutraliser. Datant de 1945, ce roman, bien écrit et qui n’a pas pris une ride, reste un agréable divertissement sans autre prétention.

Ma note

4/5

FANTASTIQUEHUMOUR

MÉTAPHYSIQUE DU VAMPIRE (JEANNE-A DEBATS)

Le résumé du livre

En mission secrète pour le Vatican, Raphaël, vampire de son état depuis près de cinq siècles, souque ferme dans sa coque de noix prise dans la tempête. Il est en partance vers l’île d’Avalon. Il doit aller délivrer une très jeune princesse prisonnière d’un très méchant dragon. Mais auparavant, il se retrouve aux prises avec les sortilèges d’une bande de sirènes en folie dont il se débarrasse bien vite. Arrivé sur l’île, il retrouve le chevalier Lancelot endormi depuis deux millénaires. Il le sort de ce très long sommeil et l’emmène avec lui dans sa barque. L’ennui, c’est que le preux n’est pas bien réveillé, parle une langue amphigourique bien agaçante et souffre de préjugés qui n’ont plus cours en 1936.

Ma critique

« Métaphysique du vampire » est un court roman ou une longue nouvelle, en fait une novella, de fantaisie uchronique assez décalée. Beaucoup d’humour dans le ton et dans les situations en font une parodie bien agréable à lire ne serait-ce qu’à cause du style de qualité de l’auteur qui n’hésite pas à employer des termes raffinés et à imaginer des rebondissements tout à fait improbables. Son vampire est une sorte d’obsédé sexuel revenu de tout et son chevalier une brute épaisse qui ne sait ni nager ni grimper, que Raphaël doit porter sur le dos et auquel il doit tout expliquer ! Deux anti-héros dont on rit de bon cœur. Au total, un bon moment de divertissement offert par l’éditeur ActuSF. Aucune raison de s’en priver si on est fan du genre !

Ma note

4/5

FANTASTIQUEHUMOUR

LE CHEVALIER A LA CANNE A PÊCHE (GUILHEM)

Le résumé du livre

Âgée de 11 ans, la petite Sélène est hébergée dans une maisonnette d’une seule et unique pièce qui sert également de four à pain au boulanger du village de Prin. Elle y pratique l’élevage d’escargots surtout pour améliorer son ordinaire. Si les femmes de la petite communauté se montrent aussi généreuses avec elle, c’est qu’elles espèrent que Sélène sera bientôt capable de prendre le relais dans leur pénible tâche de procréation. À Aleth, capitale de la principauté de Coriosolite, le teignome Coum, gros gnome grincheux et fort mal embouché, désire reprendre une partie de carte interrompue par le chant hypnotisant d’une elfe…

Ma critique

« Le chevalier à la canne à pêche » est un roman de fantaisie plutôt déjantée dans la lignée des bouquins du regretté Terry Pratchett (auquel ce livre est d’ailleurs dédié), mais aussi et encore plus de ceux de Neil Gaiman avec un petit côté Lewis Carroll, voire Monty Python. Autant dire de belles références pour un texte très réussi, plein d’humour et d’originalité. Quelle imagination ! Une suite de situations improbables ou farfelues, une galerie de personnages relevant de la plus haute fantaisie, voire de la chimère comme Anorin, le revenant qui prend toutes sortes d’aspects à intervalles réguliers. Ainsi peut-il se transformer en dragon ou en oiseau de feu tout en déclamant des alexandrins. Sans parler de Prof, l’ours-nandi, du gnome teigneux, de Sthéna, la chimère capable de pétrifier ses ennemis ou de Geungshi, personnage dont il ne reste plus qu’un crâne et qu’une dent, mais qui vit et parle encore ! Une mention spéciale pour Sélène, seule humaine de cette histoire, gamine attachante, amoureuse d’un inconnu et disposant de super-pouvoirs. L’intrigue, tout aussi improbable, regorge de combats, batailles rangées et péripéties de toutes sortes qui font beaucoup penser à une BD ou à un jeu video. Le style de l’auteur est fluide, agréable et efficace. Pour peu qu’on l’on ne soit pas trop cartésien, on passe un très bon moment de divertissement à découvrir cet univers de folie douce, finalement aussi poétique qu’humoristique qui pourrait d’ailleurs être aisément adapté au cinéma avec pas mal d’effets spéciaux bien sûr.

Ma note

4,5/5

HUMOURNOUVELLES

LES PERLES ET LES COCHONS (JEAN DUTOURD)

Le résumé du livre

Au temps d’Henri II, un aristocrate qui a accumulé une jolie fortune en récupérant les dots de ses épouses successives mortes prématurément, rencontre une belle courtisane au charme de laquelle il ne peut résister… Un âne « bibliophore », c’est-à-dire porteur de centaines de livres, rencontre un singe écrivain qui lui déclare s’appeler François Arouet… Suite à un naufrage en Méditerranée, un dauphin recueille un singe, unique survivant d’un équipage anglais… Socrate et Dupont discutent doctement de l’abolition de la peine de mort et ne sont d’accord sur rien… Le président d’un petit état des rives du Danube vient plaider la cause de son pays devant une commission qui ne comprend pas bien ce que peut bien signifier un « socialisme à visage humain »…

Ma critique

« Les perles et les cochons » est un recueil de 39 courts textes de styles divers et variés, tous marqués de l’humour particulier de Jean Dutourd. On y trouve des fables de Jean de La Fontaine remises au goût du jour, c’est-à-dire nettement plus noires et plus pessimistes que les originales (le chêne et le roseau, le lion et le rat et bien d’autres encore comme cette version du loup et l’agneau qui est un petit chef-d’œuvre à elle toute seule), quelques contes bien sombres comme celui de Barbe-bleue ou celui de la Belle et la Bête, et des mythes comme celui de Sisyphe ou de Promethée. L’ensemble est un vrai régal de lecture qui donne à réfléchir, car en plus d’une plume aussi élégante que flamboyante, le lecteur y trouve une grande finesse d’analyse et une intelligence remarquable. Lisez Dutourd.

Ma note

4,5/5

ESSAISHUMOUR

VOUS N’ÊTES PAS OBLIGES DE ME CROIRE (JEAN AMADOU)

Le résumé du livre

Le charabia européen est le jargon employé par les technocrates de tous poils pour assurer solidement leur pouvoir sur le brave pékin de contribuable-citoyen qui n’y comprend goutte… Noyé sous les productions anglo-saxonnes, le cinéma X français peine à remplir l’obligation du quota de 30% d’œuvres françaises sur les chaînes de télévision du pays… Les « publicités distribuées par courrier » (mailings) envahissent nos boîtes aux lettres au point que certains assurés ont balancé à la poubelle leur carnet de santé de la Sécurité Sociale, croyant avoir encore affaire à de la réclame… La France est le pays où l’on trouve le plus d’animaux domestiques en pourcentage de sa population…

Ma critique

« Vous n’êtes pas obligés de me croire » est un recueil de 180 chroniques sur mille et un sujets. Celles qui relèvent de l’actualité immédiate (faits divers, politiques) sont, bien entendu, devenues un peu obsolètes, mais ce sont les moins nombreuses. Toutes les autres, plus sociétales, plus anecdotiques, plus historiques voire philosophiques n’ont pas pris une ride et représentent un véritable régal pour l’esprit. Le chansonnier et humoriste bien connu, sous son air de ne pas vouloir y toucher, porte des jugements amusés, acidulés et bienveillants sur ses contemporains et sur tous les travers de notre société de consommation. Tout y passe, de la taille des préservatifs décidée par un comité de normalisation européenne aux amnésies sélectives des hommes politiques en passant par les baisses d’impôts toujours promises et jamais tenues, par les plaisirs de la bande dessinée ou par un sondage sur le temps de prière chez les Français. Même si parfois l’observation peut sembler être pratiquée par le petit bout de la lorgnette, le résultat est toujours amusant et roboratif. Quel plaisir de lire un auteur aussi intelligent et facétieux que le regretté Jean Amadou !

Ma note

4,5/5

AUTOBIOGRAPHIESHUMOUR

LE DÉJEUNER DU LUNDI (JEAN DUTOURD)

Le résumé du livre

Tous les lundis midi, le père de Jean Dutourd, dentiste de son état, invite son fils Jean et l’oncle Alfred à déjeuner. Veuf joyeux et épicurien sans complexe, il met les petits plats dans les grands pour régaler ses deux hôtes, ce qui n’est pas un mince exploit, car dans les années d’après guerre, les tickets de rationnement sont encore en vigueur et il faut souvent recourir au marché noir pour élaborer un menu. Ces sympathiques agapes familiales sont l’occasion de discussions à bâtons rompus sur mille sujets des plus triviaux aux plus relevés dans une ambiance charmante et détendue.

Ma critique

Paru en 1947, « Le déjeuner du lundi » est le deuxième livre et le premier roman de Jean Dutourd. Il le présente comme étant le prototype du « nouveau roman », style qu’il dit avoir inventé avec dix ans d’avance. En effet, les cinquante premières pages donnent tout à fait cette impression avec des descriptions pointilleuses mais jamais ennuyeuses du décor de cette charmante pièce en trois actes (entrée, plat, dessert). Passé cette introduction à la Robbe-Grillet, le lecteur bascule dans le vif du sujet, les dialogues et la comédie de ce déjeuner de brillants esprits. Ça ne se lit pas. Ça se dévore. Tant c’est intelligent, amusant, plein d’humour et finement raconté. Le personnage du père, un peu vantard, heureux de vivre et toujours le cœur sur la main, celui de l’oncle, plus introverti, grand amateur de calembours, de paradoxes et d’énigmes plus ou moins scientifiques et bien sûr celui du jeune Dutourd, ancien évadé de camp de prisonnier, grand résistant, anticlérical, libre penseur et très à gauche, tous trois sont d’excellente compagnie. Les idées politiques de l’auteur peuvent surprendre. Il faut dire qu’il était très jeune à l’époque et qu’il a évolué au fil du temps et de sa réflexion personnelle. Seuls les idiots ne changent jamais d’avis ! Un bel ouvrage qui n’a pas pris une seule ride !

Ma note

4,5/5

 

HUMOUR

SENS DESSUS DESSOUS (RAYMOND DEVOS)

sens-dessus-dessous

Le résumé du livre

Un percepteur particulièrement traumatisant hante les nuits d’un malheureux contribuable… Un chien se prend pour son maître lequel se demande s’il n’est pas lui-même en train de devenir chien quand il se surprend à aboyer… Les mécanismes du rire ont une base bassement physiologique… Certains sont tellement bavards qu’ils parlent pour ne rien dire… L’homme sans tête la retrouve en se regardant dans un miroir… Le répugnant personnage est toujours celui qui a les mêmes pensées que vous quand vous matez une jolie fille…

Ma  critique

Au total, les textes de 75 sketches du grand humoriste disparu sont rassemblés dans ce recueil pour notre plus grand plaisir. Tous très agréables, même à lire simplement, ne serait-ce que pour admirer la qualité du langage paradoxal de l’artiste, sa maîtrise de l’absurde, de l’étrange, du non-sens et de la folie. Certains tiennent en quelques lignes, d’autres prennent trois ou quatre pages. Le lecteur trouvera des monologues, des dialogues et même des saynètes pour trois ou quatre acteurs. Un petit bijou d’écriture à lire et relire pour se remémorer un grand auteur dont le comique s’alliait à plus de contenu qu’il n’y paraît. L’art subtil de Devos allait bien souvent au-delà des jeux de mots cocasses et des effets faciles.

Ma note

4,5/5

HUMOUR

DÉCLIC (PATRICK CAUVIN)

declic

Le résumé du livre

Ronald Dunand est un écrivain qui a obtenu une certaine notoriété mais qui, devenu un peu dépassé, se retrouve en panne d’inspiration. Un après-midi, en attendant un rendez-vous d’affaires dans un grand hôtel parisien, il surprend sa femme au bar alors qu’elle était censée être partie au chevet de sa mère souffrante. De plus, elle a rendez-vous avec un inconnu qui lui remet une mallette. Dunand prend sa femme en filature, mais elle lui échappe très vite en profitant d’un magasin de bagages disposant de deux entrées. Le mystère s’épaissit et ce ne sont pas les apparitions d’un espion ventripotent et d’une gitane à demi-folle qui vont éclairer la lanterne du pauvre écrivain…

Ma critique

Roman à suspens et à intrigue tarabiscotée, « Déclic » promène gentiment le lecteur dans une histoire sans queue ni tête jusqu’à un dénouement assez prévisible. Le style de Cauvin est toujours agréable avec cette manière personnelle de s’adresser au lecteur comme à un ami. Un peu moins d’humour que dans « Les pantoufles du Samouraï », mais toujours cette distanciation élégante qui fait son charme. Le passage permanent de la première personne du singulier à la troisième n’apporte pas grand-chose. On passe néanmoins un agréable moment.

Citation : « En fait, écrire l’avait déchargé de tout. Il bricolait dans la fiction, ce qui l’empêchait de plonger dans le réel. La réalité était bonne pour ceux qui ne savaient pas inventer des vies différentes de la leur. »

Ma note

4/5

HUMOURROMANCE

COLOCS ET RIEN D’AUTRE, l’intégrale des bonus (EMILY BLAINE)

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Le résumé du livre

Sur le coup de trois heures du matin, Ashley tambourine à la porte de l’appartement qu’elle partage avec son colocataire profondément endormi. Mademoiselle a encore une fois oublié ses clés. Il lui ouvre la porte en maugréant. Pour se faire pardonner, elle lui propose de partager un verre de téquila. Au fur et à mesure d’une discussion qui s’éternise en s’alcoolisant peu à peu, il lui propose d’établir quelques règles de bonne conduite pour tenter d’améliorer la qualité de leur « vivre ensemble »…

Ma critique

« Colocs et rien autre », intégralité des bonus, se compose de trois courts récits en accès libre permettant d’apprécier le style fluide et efficace d’Emily Blaine ainsi que son humour particulièrement pétillant dans le premier texte dans lequel le lecteur découvre que la colocation avec une partenaire aussi fantasque qu’Ashley, loin d’être une partie de plaisir tourne vite au cauchemar. Bien sûr, il ne s’agit que de chick-lit, de littérature sentimentale, un tantinet fleur bleue et eau de rose, le narrateur étant en train de tomber tout doucement amoureux de sa pétulante colocataire. On passe néanmoins avec ce court ouvrage un agréable moment de lecture-détente. Ne rien vouloir chercher d’autre bien sûr.

Ma note

4/5

HUMOUR

COMMENT ÉCHAPPER À SA FEMME ET SES QUADRUPLÉES EN ÉPOUSANT UNE THÉORIE MARXISTE (TOM SHARPE)

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Le résumé du livre

Pour Wilt, les prochaines vacances s’annoncent difficiles. Eva, sa gargantuesque épouse, vient de les faire inviter avec leurs quadruplées à passer l’été en Amérique, dans la propriété du richissime oncle Wally et de la tante Joan. Wilt, en bon prof libéral, ne supporte pas les remarques racistes du vieil homme, ses souvenirs des horreurs de la guerre contre les Japonais, les Coréens et les Vietnamiens et encore moins son anticommunisme primaire, secondaire et tertiaire. Pour sortir de ce piège, il s’invente un cours de théorie marxiste qui le dispense du voyage. Pendant qu’il part en randonnée pédestre, droit devant lui, à la découverte de l’Angleterre profonde, c’est le choc des civilisations outre atlantique. Eva et ses quadruplées teigneuses sèment involontairement ou non une pagaille monstrueuse chez leurs hôtes. Quant à Wilt, il a toujours le don pour toujours se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.

Ma critique

Ce quatrième épisode des aventures de Wilt (ce sont des histoires complètes qui peuvent se lire séparément) est un petit bijou d’humour british, de loufoquerie, de cocasserie et de « non-sense » (qui n’est pas exactement notre absurde). On se surprend bien souvent à éclater de rire devant les situations abracadabrantes qui se sont créées suite à un enchaînement de circonstances et de faits d’importance minime qui finissent par amener petit à petit à de véritables catastrophes. Tout aussi génial que « Panique à Porterhouse », il faut conseiller ce livre à tous ceux qui ont envie de passer un bon moment en oubliant tous les tracas de la vie quotidienne. Seule critique : le plaisir ne dure pas assez longtemps, car le livre peut se dévorer en une journée tellement il est passionnant et bien écrit. Un régal à ne pas manquer !

Ma note

5/5

HUMOUR

ÇA VA JEEVES ? (P.G.WODEHOUSE)

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Le résumé du livre

De retour de la Côte d’Azur, Bertie voudrait introduire en Angleterre la mode de la veste blanche de smoking ce que réprouve son valet de chambre, Jeeves. Mais son maître, lassé d’être infantilisé, ne veut pas céder. Et comme il commence à prendre ombrage devant l’intelligence et les ruses de son butler, il se retrouve obligé et assez satisfait de se substituer à lui dans le rôle du « tireur de ficelles » et du monsieur bons-offices. Invité à la campagne chez sa tante Dahlia, il va lui falloir seul la rabibocher avec l’oncle Tom et réconcilier deux couples de ses amis, sans oublier d’empêcher un cuisinier vexé de donner son congé…

Ma critique

Les aventures du malheureux Bertie, l’aristocrate au grand cœur mais à l’intelligence un peu limitée, se poursuivent de plus belle dans ce nouveau tome. Bertie, croyant bien faire, n’arrive qu’à envenimer les choses et à se retrouver dans des situations impossibles mais toujours aussi amusantes pour le lecteur. Un roman hilarant avec une intrigue rondement menée et pleine de rebondissements cocasses. On passe toujours un bon moment avec Wodehouse.

Ma note

4,5/5

AUTOBIOGRAPHIESHUMOURROMANCE

COMMENT DEVENIR ECRIVAIN, ANTI-MODE D’EMPLOI (ERIC SCILIEN)

comment-devenir-ecrivain

Le résumé du livre

Depuis ses années de lycée, Pierre Dumont n’a eu de cesse de rêver de devenir écrivain, d’arriver à publier un livre chez un grand éditeur et bien sûr que cet ouvrage soit rien moins qu’un chef-d’œuvre inoubliable lu dans le monde entier. L’ennui c’est que sa route ne va être qu’une longue suite de déceptions et de déboires. De ses camarades de classe se moquant de ses premières poésies à sa petite amie le quittant pour manque de réussite en passant par les mauvaises plaisanteries, la frustration, la dépression et le renoncement provisoire.

Ma critique

Cet anti-mode d’emploi (avec Scilien, point de tromperie sur la marchandise, tout est annoncé dans le titre) est un vrai et beau roman d’amour. Amour pour son épouse, Myriam et pour sa maléfique compagne, la littérature bien sûr. Mais aussi roman réaliste, social avec une bonne dose d’humour et d’auto-dérision. Tous les « wannabees », scribouilleurs et autres graphomanes en herbe ou confirmés se reconnaîtront dans le personnage de Pierre et ne pourront qu’être en empathie avec lui. Ils se douteront bien qu’une bonne partie de ce qu’ils lisent est autobiographique et véridique. Pour s’y être longuement et rudement frotté, Eric Scilien sait de quoi il parle. Il n’ignore pas combien il est difficile d’être édité quand on n’est pas déjà une célébrité du show-biz, du sport ou de la politique. Il raconte cette histoire tellement ordinaire qu’elle en devient universelle dans un style agréable, élégant et fluide. Un tantinet minimaliste à la manière d’un Jean-Louis Fournier ou d’un Hubert Mingarelli, excusez du peu. C’est sans doute le sommet de l’art pour le littérateur : être capable d’en dire énormément avec un minimum de mots. Véritable régal, cet ouvrage ne se lit pas, il se dévore en un temps record. C’est fin, intelligent et surtout bien pétri d’humanité. À ne rater sous aucun prétexte.

Ma note

4,5/5

HUMOUR

FIELDS PRESIDENT ! (W.C. FIELDS)

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Le résume du livre

Ce livre étant impossible à résumer, je me contenterai de donner quelques citations :

« La responsabilité majeure d’un président est d’extorquer au contribuable jusqu’à son dernier sou. »

« Ne saurait-il qu’une chose, un président doit au moins connaître le secret pour réussir dans les affaires. »

« La femme qui reproche à son mari de nettoyer ses chaussures avec les rideaux de la chambre ne fait que creuser la tombe de son mariage. »

« Soit vous mourez de faim en ayant un revenu si bas que vous n’avez pas à payer l’impôt. Soit vous disposez d’un revenu assez élevé pour payer l’impôt puis vous mourez de faim après vous en être acquitté. »

« — Papa, je peux avoir un verre d’eau ?

— Bien sûr, fiston, si tu m’en apportes un aussi… »

«— Papa, pourquoi tu embrassais la bonne hier soir ?

— Calembredaine ! Mensonge ! D’ailleurs, elle m’avait pris pour le plombier. »

« 1- Ne vous présentez jamais pieds nus à un entretien d’embauche.

2- Ne lisez pas le courrier de votre employeur potentiel pendant qu’il vous interroge sur vos qualifications.

3- Rappelez-vous de n’avoir aucune bouteille d’alcool visible sur vous ; toutefois, si cela vous échappait, ayez au moins la décence d’en proposer une rasade à votre futur patron. »

Ma critique

Drôle de bonhomme que ce W.C.Fields ! Jongleur dès l’âge de quinze ans, clown, vedette de music-hall puis de cinéma muet et ensuite parlant, il rivalisa, au sommet de sa carrière dans les années trente de l’autre siècle, avec les plus célèbres comiques américains de l’époque, Charlie Chaplin ou les Marx Brothers. « Fields président ! » fut son unique contribution à la littérature. Un concentré de « non-sense », de folie, d’humour parfois noir, parfois complètement absurde. Un sens de la formule corrosive qui fait mouche. « Quelqu’un qui déteste les enfants et les chiens ne peut pas être tout à fait mauvais. », ose-t-il dire.

S’il se proclame candidat à la présidence des Etats-Unis, c’est par pure dérision et esprit parodique. En cela, il est un précurseur de notre Coluche national, mais avec quelques ressemblances et différences. Fields donne plus dans l’absurde et le surréaliste et beaucoup moins dans le politique et l’humanitaire que notre homme à la salopette. Fields déteste le genre humain alors que Coluche l’aime au point de vouloir nourrir les nécessiteux dans ses restos du cœur. Paru en 1940 et très violemment opposé au New Deal de Roosevelt, son programme annoncé comme « populiste » semble plutôt anarchiste et complètement barré avec, de-ci, de-là quelques vérités bien envoyées et énormément de loufoqueries sans queue ni tête assez déstabilisantes. Composé d’historiettes, d’aphorismes plus ou moins absurdes, de vues parfois machistes sur le mariage, de considérations amères sur l’impôt, de bizarres règles de savoir-vivre, de conseils idiots pour se bâtir un physique de rêve, pour soigner les bébés ou pour réussir sa vie professionnelle, ce fourre-tout illustré de dessins naïfs se lit ou se déguste avec plaisir et facilité. Le lecteur rit, sourit et se demande quelquefois si Fields ne se moque pas un peu de lui. Est-ce drôle, amusant ou lamentable ? Un peu des trois sans doute.

Ma note

3/5