ROMAN

LA VILLE DES INCENDIAIRES (HALA ALYAN)

Le résumé du livre

À la fin des années 70, Mazna la Syrienne et Idris le Libanais ont dû quitter leurs pays pour aller s’établir aux Etats-Unis. Le couple s’est installé dans une petite ville californienne. Idris est devenu chirurgien cardiaque. Mazna a dû peu à peu abandonner son rêve de devenir actrice pour élever leurs trois enfants. Quarante ans plus tard, les voilà éparpillés à travers le monde. Son père décédé à Beyrouth, Idris décide de mettre en vente la maison de famille que plus personne n’habite à part une servante. Il convie tout le monde sur les lieux, car il veut profiter de l’occasion pour faire une cérémonie de commémoration de la mort du grand-père, vu que personne à part lui n’a assisté aux obsèques de ce dernier. Les enfants sont partagés, voire opposés à ce projet. Marwan, le cadet, qui vit sur la côte ouest et voit ses rêves de carrière musicale s’envoler, finit par accepter de partir. Naj, la benjamine, revenue sur place, a plus de succès que son frère comme violoniste et chanteuse du duo Noja. Ava, l’aînée biologiste, veut complaire à son mari Nat et surtout à sa mère qui, elle-même, ne veut pas s’opposer à la volonté de son époux…

Ma critique

« La ville des incendiaires » est une chronique familiale qui démarre sur un drame horrible qui conditionnera le destin de la mère et par conséquent celui de toute la famille, même si certaines choses restent du domaine du secret. Hala Alyan s’attache à une narration pointilliste et impressionniste faite de mille petits détails de la vie quotidienne de ces immigrés palestino-syriens qui, bien qu’ayant socialement parfaitement réussi leur implantation dans la société américaine, vivent toujours avec au cœur la plaie béante de leurs pays meurtris. Les personnages sont attachants, plein de vie, de souffrances ou de complexes, si criants de réalité que le lecteur se demande si cette intrigue n’est pas une histoire vraie à peine romancée. Une histoire toute simple, presque banale. En effet, après une scène d’ouverture aussi terrible, on s’attend à quelque chose de tragique, de dramatique, avec des rebondissements, de l’étrange, de la violence partout. Mais non, tout s’apaise immédiatement dans un quotidien banal, une sorte de train-train confortable de classe moyenne supérieure. Même la fin n’a rien de surprenant ni de spectaculaire. Juste la petite musique familière de la vie qui va. Un ouvrage sentimental et intimiste qui peut plaire aux amatrices et amateurs du genre. Seul petit bémol : les nombreux termes et expressions arabes pourraient être traduits en notes de bas de pages…

Ma note

3,5/5

SCIENCE-FICTION

LE VOYAGEUR IMPRUDENT (RENÉ BARJAVEL)

Le résumé du livre

Pendant la seconde guerre mondiale, le 27e bataillon de chasseurs pyrénéens occupe depuis deux mois le petit village lorrain de Vanesse. Le caporal Pierre Saint-Menoux, prof de maths dans le civil, se trouve responsable des dix-sept conducteurs de la compagnie de mitrailleurs, des chevaux et des voitures, sans oublier la popote et toute l’intendance. Il a l’ordre de lever le camp, ce qui ne se réalise pas sans peine avec les hommes peu motivés qu’il a sous ses ordres comme le chiffonnier Crédent ou le tourneur Pilastre. En chemin, il s’arrête dans la maison de Noël Essaillon, un infirme et savant physicien avec qui il a déjà dialogué autrefois. Celui-ci a fait une découverte extraordinaire qu’il a appelée « noëlite » permettant de voyager dans le temps et se prenant sous forme de cachet. Il en donne deux à Pierre, ce qui devrait lui permettre de voyager aussi bien dans le passé que dans le futur. Il se propose de lui donner rendez-vous à Paris à la fin de la guerre…

Ma critique

« Le voyageur imprudent » est un roman de science-fiction tournant autour du thème assez rebattu du voyage dans le temps. L’originalité de l’intrigue repose sur la possibilité d’aller et venir dans les deux sens. Pierre est d’abord intéressé par le futur. Il veut comprendre comment arriver à améliorer la condition des hommes. Peu à peu, il s’éloigne de plus en plus du présent, jusqu’à atteindre l’an 100 000 dans lequel il découvre un monde totalement différent du nôtre. Il n’y a plus d’électricité, plus la moindre machine, tout est à nouveau fabriqué à la main. L’homme s’est évertué à aplanir les montagnes, à éradiquer toutes les plantes inutiles, tous les insectes prédateurs et tous les animaux gênants. Lui-même est dépourvu d’organe sexuel et même d’anus. La perpétuation de l’espèce a quelque chose à voir avec les pratiques de la mante religieuse et de la reine des abeilles. À un moment donné de leur vie, les mâles sont attirés par une énorme femelle pourvue de nombreuses vulves qui les absorbent entièrement pour pouvoir engendrer. Livre divertissant, pourvu d’un certain humour et qui fait réfléchir sur la condition humaine surtout quand tout se gâte avec un retour raté vers le passé qui donne une fin à la fois surprenante et paradoxale. L’auteur s’en explique dans une postface dans laquelle il met en parallèle « être ou ne pas être » et « être et ne pas être ». Le lecteur nage un peu dans l’étrange et l’invraisemblable. Mais la fantaisie, le rêve et la poésie n’ont rien à faire du rationalisme et du cartésianisme. Un bon Barjavel.

Ma note

4/5

ESSAIS

VOUS ÊTES FOUS D’AVALER CA ! (CHRISTOPHE BRUSSET)

Le résumé du livre

Que de découvertes surprenantes ne fait-on pas quand on analyse nombre de produits de l’industrie agro-alimentaire ? On trouve du piment indien rempli de petites crottes de souris, du thé vert de Chine plein de pesticides, du faux safran marocain, de la viande de cheval devenue bovine en se transformant en lasagnes, de la confiture de fraise sans la moindre fraise, de l’origan coupé de feuilles d’olivier, du lait chinois lyophilisé à la mélamine parfaitement toxique, du miel composé de sucres, glucose, fructose et colorants, des matières premières avariées comme des tomates pourries quand même bonnes pour certaines sauces et coulis. Marchandises trafiquées, de bas de gamme, épices où on trouve n’importe quoi bien transformé en poudre comme le fameux ras-el-hanout dont personne ne peut dire la composition, contrôles sanitaires détournés ou bidonnés, tout est malheureusement possible. Que de dérives, de tromperies et d’arnaques au profit de leur juteux business et au détriment de notre santé !

Ma critique

« Vous êtes fous d’avaler ça » est un essai en forme de réquisitoire parfaitement étayé sur tout ce que nous cache l’industrie agro-alimentaire. Il faut dire que l’auteur connait parfaitement son sujet ayant été de nombreuses années cadre dans cette profession. Et témoin de toutes ces malversations, et de toutes ces pratiques aussi illicites que dangereuses. Tout ce qu’il dénonce fait se dresser les cheveux sur la tête. Pour faire du profit, tous les moyens sont bons, peu importe la santé du consommateur. Il analyse également le rôle des super et hypermarchés qui ne luttent pas pour défendre le pouvoir d’achat des clients, mais uniquement pour toujours augmenter leurs profits (marges arrières) en pressurant les producteurs et en les mettant quasiment dans l’obligation de tricher pour maintenir leurs marges. Un livre essentiel pour ne pas consommer idiot. Après tout, c’est le client qui devrait avoir le dernier mot. Si un mauvais produit n’était pas acheté, il finirait par disparaître de lui-même. Mais pour ça, il faut être informé et surtout le vouloir. L’ouvrage s’achève sur une série de dix conseils pratiques tout à fait judicieux pour nous aider à consommer intelligemment.

Ma note

4,5/5

ANTICIPATION

LE GRAND SECRET (RENÉ BARJAVEL)

Le résumé du livre

Le 16 janvier 1955, le pandit Nehru reçoit un appel téléphonique inquiétant de son ami Shri Bahenba, à la fois sage respecté et scientifique de grand renom. Il lui demande de venir le rejoindre immédiatement à Bombay, dans son laboratoire, pour l’entretenir d’une affaire de la plus haute importance. Le sort de l’humanité en dépendrait. Toutes affaires cessantes, le chef de l’État indien saute dans son avion, rejoint son ami et reste plus de cinq heures à discuter avec lui. Pour être de quelque efficacité, les révélations du savant ainsi que ses propositions doivent rester ultra-secrètes… Pendant ce temps, à Paris, Jeanne, autre scientifique, trompe son mari cardiologue avec Roland, lui aussi issu du milieu de la recherche biologique… De son côté, Nehru part, de capitale en capitale, rencontrer tous les grands de ce monde (Eisenhower, Kroutchev, Mao, Coty…) pour les mettre dans la confidence, alors que tout le monde croit qu’il œuvre pour la fin de la guerre froide et pour la paix dans le monde. Tous les services secrets sont sur les dents. On apprend très vite que le laboratoire de Bahenba a été incendié et que celui de Roland a suivi. Les deux savants auraient trouvé la mort dans les flammes. Mais Jeanne, qui refuse d’y croire, part à la recherche de son amant…

Ma critique

« Le grand secret » est un roman d’anticipation tout à fait passionnant, sans doute un des meilleurs titres de René Barjavel. Le lecteur reste pendant tout le premier tiers du roman à se demander quel peut bien être ce grand secret qui agite à ce point tous les dirigeants du monde. Puis il découvre la solution en forme de compromis bizarre que ceux-ci mettent en place. Puis peu à peu, la belle construction un peu bancale se fissure et tout bascule dans un drame qu’on ne déflorera pas pour ne pas gâcher le plaisir du lecteur. Car plaisir il y a, et pas des moindres. Difficile de lâcher ce bouquin tant le suspens est grand et tant l’histoire est prenante. Bien que publié il y a déjà un demi-siècle, cet ouvrage n’a pas pris la moindre ride. Il ferait même un best-seller de nos jours. Barjavel s’y est montré incroyablement visionnaire. Son histoire, en forme de conte écologique, reste d’autant plus d’actualité que les problématiques se sont encore exacerbées de nos jours : surpopulation réelle ou fantasmée, planète aux ressources limitées, transhumanisme visant l’immortalité par le biais de l’IA et de l’humain augmenté et stérilisation imposée ou subie de la population pour que l’élite des surpuissants et des ultra-riches puissent mieux profiter entre eux de tous les biens gratuits que dispense Dame Nature. Excellent. À lire et à relire.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

LE VIRUS ET LE PRÉSIDENT (JEAN-LOUP IZAMBERT & CLAUDE JANVIER)

Le résumé du livre

La gestion de la crise sanitaire du Covid-19 a été exécutée en dépit du bon sens. La décision de confinement de gens bien portants tout comme celle du port obligatoire du masque dans les espaces publics ne reposaient pas sur des données scientifiques claires et démontrables, mais sur des intérêts politiques permettant au pouvoir d’assurer une domination contestée depuis l’affaire des Gilets jaunes. Les médecins de plateau télé, tous bien pourvus en conflits d’intérêts avec les grands labos pharmaceutiques, n’ont fait qu’agiter les peurs, ce qui a entraîné une psychose collective sans laquelle il aurait été impossible d’imposer autant de mesures coercitives et liberticides à toute une population. La France a aussi été le seul pays au monde à interdire aux médecins généralistes la prescription de médicaments qui soignaient s’ils étaient donnés à temps, pour favoriser l’injection d’un produit génique expérimental laissant tous les bénéfices à Big Pharma et tous les risques aux inoculés…

Ma critique

« Le virus et le président » est un essai qui part d’une description honnête et sans a priori de la crise sanitaire pour déboucher sur les grands enjeux politiques et économiques qui se cachent derrière. Et c’est certainement ce contexte, qui occupe d’ailleurs les deux tiers du livre, qui est le plus intéressant. Le covid n’est que l’arbre qui cache une forêt de mensonges et de manipulations. Les deux auteurs remontent à loin (1973 avec la loi Pompidou Giscard, obligeant l’Etat à n’emprunter qu’auprès de banques privées) pour expliquer, à l’aide de chiffres et de faits plus ou moins connus, comment la France en est arrivée là. Comment le remboursement des intérêts de la dette (inexistante du temps de de Gaulle) en est parvenue à représenter plus de 107% du PIB national. Comment nous avons été pris dans un engrenage infernal nous obligeant à faire sans cesse de nouvelles dettes pour pouvoir rembourser les dettes précédentes. Comment tous les gouvernants depuis Pompidou (homme de Rothschild) jusqu’à Macron (autre homme du banquier en question) ont œuvré à notre appauvrissement, à la désindustrialisation du pays, au démantèlement de tous les services publics (école, santé avec la suppression de 100 000 lits d’hôpitaux en 20 ans) et à un enrichissement indécent des plus riches (scandale des emprunts toxiques de la banque Dexia, « optimisation fiscale » pour les grosses entreprises transnationales, ceci pour ne pas dire quasi exemption, subventions en tous genres, l’aide aux entreprises étant avec celui des armées un des plus importants budgets de l’État, loin devant ceux de la santé et de la justice). Ouvrage passionnant à conseiller à ceux qui n’aiment trop qu’on les prenne pour des idiots…

ROMANROMANCE

LES JOURS DU MONDE (RENÉ BARJAVEL & OLENKA de VEER)

Le résumé du livre

À Paris, Helen, divorcée d’Ambrose, accompagnée de son fils Thomas, rencontre par hasard sa sœur Griselda qui file toujours le parfait amour avec Shawn encore recherché par la police anglaise qu’il arrive à abuser en se faisant appeler Sheridan et en se déclarant citoyen américain. Tous deux ont d’ailleurs longtemps vécu aux Etats-Unis et ont voyagé un peu partout dans le monde à la recherche de financements pour la cause indépendantiste irlandaise. Les cinq sœurs Greene qui viennent de perdre leur père n’ont pas eu des destins très heureux. Alice est restée religieuse, Kitty, vieille fille se dévoue à des œuvres charitables, Helen vit seule avec son grand fils dans un bizarre logis rempli d’animaux familiers, Jane est battue par son constable de mari et Griselda doit vivre cachée, toujours entre deux pays. Toutes regrettent leur enfance insouciante sur leur île perdue. Grâce à l’aide financière d’un maharadjah de ses amis, Shawn peut se permettre de participer à une course automobile plutôt audacieuse. Il s’agit de relier Pékin à Paris dans des environnements sauvages, sans route, souvent hostiles, voire dangereux. La traversée du désert de Gobi sera fatale à Shawn et à son compagnon…

Ma critique

« Les jours du monde » est un roman sentimental qui fait suite aux « Dames à la licorne », mais avec nettement moins de merveilleux ou de fantastique. Plus question d’enfance rêveuse et sublimée, mais la dure réalité de l’âge adulte. Les couples se font et se défont les uns après les autres. Le plus caractéristique étant celui formé par Pauline et Thomas. Olenka de Veer se sera inspirée de l’histoire vraie de sa grand-mère tombée par amour dans la prolétarisation et ne l’ayant pas supportée. Même si l’écriture est toujours fluide et la lecture aisée, le lecteur ne peut s’empêcher de regretter que toute la magie du précédent ouvrage ait disparue et ait laissé la place à de petites histoires bien triviales et bien tristounettes qui n’ont plus rien de bien original. L’ensemble manque de souffle et ne donne pas envie de poursuivre la lecture avec un troisième volet d’ailleurs écrit par Olenka de Veer, sans la moindre participation de René Barjavel. On ne quitte jamais impunément le merveilleux !

Ma note

3/5

ROMAN

LES DAMES A LA LICORNE (RENÉ BARJAVEL & OLENKA DE VEER)

Le résumé du livre

La descendance comtale et royale de l’Angleterre remonte aux années 900 avec la rencontre que Foulque 1er, dit « Le Roux » fit avec une charmante licorne. De générations en générations, au fil des alliances avec les lions, s’établit toute une dynastie de descendants de ceux-ci qui perdura au fil des siècles jusqu’à l’actuelle souveraine, Elizabeth II. L’Irlande, d’abord indépendante et gérée par toutes sortes de roitelets en guerre permanente les uns contre les autres, fut vite conquise par les Anglais qui s’y taillèrent d’immenses propriétés qu’ils faisaient cultiver et entretenir par des paysans irlandais qui devaient verser une forte redevance au Landlord, lequel en rétrocédait une part au trésor de la couronne. Quand un paysan ne pouvait pas payer pour une raison quelconque (mauvaises récoltes, maladie de la pomme de terre, etc), il était jeté en prison et sa maison était détruite. Très rares étaient les landlords un peu compatissants. L’un d’eux, sir Jonathan, pour avoir dispensé ses gens de la taxe, y laissa toute sa fortune et perdit même son magnifique domaine de l’île de Saint Albans. Un de ses successeurs charitables, sir John Greene, n’eut pas un meilleur sort. Marié et père de cinq filles, il les vit toutes partir soit pour entrer dans les ordres comme Alice, soit pour se marier avec son chauffeur comme Griselda avant de devoir quitter l’île complètement ruiné…

Ma critique

« Les dames à la licorne » se présente comme un roman hybride, aux frontières du fantastique, de l’historique, du sentimental et même du biographique. En effet, l’histoire de Greene et de ses cinq filles est authentique, car ce personnage est en fait un ancêtre d’Olenka de Veer, la co-auteure de l’ouvrage. L’ensemble forme donc un cocktail un peu bizarre qui part de la nuit des temps, celui des légendes du cycle arthurien pour s’achever de nos jours avec Olenka de Veer retournant sur l’île irlandaise en question avec la crainte de voir tous ses rêves déçus. Au-delà de l’histoire de ces deux familles de notables anglais et écossais tombés amoureux de la verte Erin et au-delà des destinées amoureuses des cinq filles, le lecteur pourra être fortement intéressé par tout le volet fantastique du début en forme de très longue introduction historique et mythique (rappelant beaucoup « L’enchanteur ») et également par le récit des longs siècles de souffrance d’un petit peuple opprimé et colonisé de bien cruelle manière.

Ma note

3,5/5

POLICIER

LA PEAU DE CÉSAR (RENÉ BARJAVEL)

Le résumé du livre

À Nîmes, le commissaire Mary reçoit une lettre anonyme des plus étranges : « Ce soir, les conjurés tueront vraiment César ». Le papier sur lequel les lettres découpées dans un journal ont été collées provient de l’hôtel Imperator, endroit où séjourne une troupe de comédiens professionnels venus interpréter la pièce de Shakespeare « Jules César » dans le cadre d’un festival. Le metteur en scène appelé Bienvenu a reçu le même message. Mary demande à Bienvenu de garder le secret vis-à-vis de la troupe et surtout de Faucon qui joue le rôle de César, histoire de ne pas le déstabiliser. Il exige que deux de ses flics, habillés en soldats romains, montent sur la grande scène des arènes, pour être en mesure d’intervenir facilement et efficacement si la menace n’est ni un simple coup de bluff ni une plaisanterie de mauvais goût…

Ma critique

« La peau de César » est un roman policier de facture assez peu classique avec cette histoire de meurtre prévu pour se dérouler en pleine représentation théâtrale et devant des centaines de spectateurs. Plutôt spécialisé dans la science-fiction, l’anticipation et le fantastique, Barjavel s’y essaie à ce genre assez peu familier pour lui. Le résultat est loin d’être inintéressant. La description qu’il nous livre de la vie quotidienne d’une troupe de comédiens en tournée avec ses intrigues, ses mesquineries et autres rivalités est pleine de vérité. L’auteur ne prend pas la peine d’égarer le lecteur sur plusieurs fausses pistes comme le faisait Agatha Christie et comme le pratiquent toujours des centaines d’autres auteurs. Il laisse le lecteur complètement dans le noir et ne révèle le nom de l’assassin qu’à la toute fin. Cette histoire assez sombre, mais ne tombant pas non plus dans le style « thriller », permet à l’auteur d’aborder certains côtés sombres du mouvement de libération sexuelle des années 60/70 (orgies, pédophilie, drogues et prostitution des actrices pour obtenir un rôle). Un bon polar qui se lit facilement sans être le meilleur titre de Barjavel.

Ma note

3,5/5

ROMAN

DERNIÈRE NUIT A SOHO (FIONA MOZLEY)

Le résumé du livre

De nos jours, dans le célèbre mais quelque peu louche quartier londonien de Soho, un vieil immeuble avec un restaurant « français », « Des Sables », avec sa spécialité d’escargots de Bourgogne, un pub, lieu de rattachement de la plupart des personnages, une maison close où travaillent Precious et Tabitha qui vivent et habitent ensemble au dernier étage et jardinent sur le toit alors qu’un couple de SDF, Debbie McGee et Paul Daniels, vivent au sous-sol en compagnie de l’Archevêque, prédicateur un brin illuminé. On peut croiser dans le coin Robert Kerr, ancien homme de main de l’ex-propriétaire des lieux, qui a la jouissance d’un des appartements et reçoit une petite pension pour services rendus, tout comme le distingué Lorenzo, ancien de Cambridge devenu acteur de séries télé, ou comme Jackie Rose, policière qui enquête sur les personnes disparues et les réseaux de trafics sexuels ou comme Bastian, Glenda ou Laura. Ce petit monde se trouve sous la coupe de la jeune Agatha, riche héritière, propriétaire de l’immeuble et de quelques autres, qui vit seule dans un grand manoir avec son Barzoï et le vieux Roster, ancien homme à tout faire de son père. Agatha ne cesse d’intriguer auprès du Maire pour arriver à faire expulser ses locataires et ainsi pouvoir réaliser une belle opération immobilière…

Ma critique

« Dernière nuit à Soho » se veut roman social sur le thème de la « gentrification », autrement dit « la boboïsation » d’un quartier populaire avec les dégâts que cela implique pour les petites gens dont on cherche à se débarrasser. Au fil de très courts chapitres (moins de dix pages environ), Fiona Mosley nous présente un à un toute une galerie de personnages bien pétris d’humanité dans des situations d’une absolue banalité. Elle use et abuse de dialogues assez vivants, mais sans grande originalité, qui peuvent donner une idée de la psychologie des personnages, mais sans vraiment faire avancer l’action. Car au fil de ces pages, il ne se passe quasiment rien, ce qui finit par agacer un brin, jusqu’au final aussi catastrophique que spectaculaire qui détonne complètement. En quatrième de couverture, le lecteur pourra découvrir cette appréciation dithyrambique, à limite de la publicité mensongère : « Un récit éblouissant à la Dickens » (The Guardian). On cherche encore ce qui peut y avoir d’éblouissant dans cette absence d’histoire. Quant au pauvre Dickens, il doit se retourner dans sa tombe ! Pour ne rien arranger, la qualité de l’objet-livre est déplorable. Rien ne tient, les pages se détachent, une à une ou par paquets, au fil de la lecture. Impression désagréable de se retrouver très vite avec un tas de feuilles dans la main au lieu d’un vrai livre ! L’éditrice s’est-elle laissée tenter par l’obsolescence programmée ? L’imprimeur a-t-il mégoté sur la colle ?

Ma note

3/5

SCIENCE-FICTION

UNE ROSE AU PARADIS (RENÉ BARJAVEL)

Le résumé du livre

M et Mme Jonas et leurs deux enfants, Jim et Jif, vivent dans l’Arche, sorte d’immense abri anti-atomique souterrain où ils se sont réfugiés pour tenter de survivre encore pendant une dizaine d’années, aux conséquences des explosions de bombes U ayant ravagé la terre et détruit toute l’humanité. Il s’agit dans un premier temps d’attendre que notre planète se régénère elle-même. Puis, à l’aide des animaux cryogénés et des graines de toutes sortes qu’ils ont avec eux, de tenter de faire revivre notre planète quand ils ressortiront. La petite famille est sous la coupe du concepteur du lieu, le mystérieux Monsieur Gé, être qui leur semble tout-puissant, car il voit tout et entend tout, oligarque plus riche que bien des pays du monde qui a mis des millards dans ce projet. Dans cet environnement artificiel, Jim et Jif, les deux adolescents nés dans l’Arche ignorent tout du ciel, de la terre et même des réalités de la vie naturelle. La puberté aidant, les voilà qui s’initient mutuellement aux jeux de l’amour en toute innocence. Jusqu’au jour où Monsieur Gé convoque la famille pour lui annoncer qu’il y a un gros problème : l’Arche conçue et programmée pour faire vivre cinq personnes va bientôt devoir en supporter six, vu que Jil est tombée enceinte. Va-t-il falloir ouvrir les portes plus tôt que prévu ? Va-t-on devoir liquider quelqu’un ? Et qui choisir ?

Ma critique

« Une rose au paradis » est un roman de science-fiction en forme de parabole inspirée de thèmes bibliques bien connus comme l’Arche de Noé, et le bannissement d’Adam et Eve du jardin d’Eden. D’une manière à la fois ironique et tendre, Barjavel invite son lecteur à réfléchir sur toutes sortes de problématiques posées par le monde moderne. Sera-t-il possible de recréer toute une humanité et toute une civilisation à partir de rien, quand l’homme disposant d’un pouvoir de nuisance absolu aura lui-même entièrement détruit son biotope ? Un monde aussi artificiel que cette Arche ne peut-il se révéler qu’extrêmement fragile ? Il suffit qu’un petit incident se produise quelque part pour que peu à peu tout se dégrade d’une façon inéluctable et d’ailleurs impeccablement décrite. On ne peut que conseiller la lecture de cet ouvrage visionnaire aussi instructif que divertissant, au style vif et agréable, plein de rythme, de rebondissements, d’humour et d’humanité. Un des meilleurs textes du très grand René Barjavel !

Ma note

4,5/5

ESSAIS

LA QUATRIÈME RÉVOLUTION INDUSTRIELLE (KLAUS SCHWAB)

Le résumé du livre

La quatrième révolution industrielle sera celle d’un monde totalement informatisé, connecté et même hyper-connecté. L’informatique sera partout, dans nos maisons (domotique), dans nos villes (smart towns) et jusque sous notre peau (puce RFID) ou dans notre cerveau (ajouts de mémoire, de capacités physiques ou intellectuelles). L’être humain devra réinventer sa manière de vivre, de travailler, de consommer et même de penser. L’ensemble de la société dans laquelle nous évoluerons sera différente de celle que nous connaissons aujourd’hui. Parti du statut préhistorique de chasseur-cueilleur, l’être humain est devenu sédentaire et agriculteur avant de voir arriver la révolution de la vapeur, puis celle de l’électricité. Il se retrouve devant la « fabuleuse » perspective du tout numérique. Mais tout bouleversement de ce genre entraine obligatoirement des destructions d’emplois. Ainsi, à la fin du XIXᵉ siècle, l’agriculture américaine employait environ 90% de la population active alors que de nos jours, elle ne représente plus que 2% des emplois. Il produit également des restructurations sociétales avec la désertification des campagnes et l’afflux des populations dans les villes. Schwab nous annonce benoîtement que très rapidement des tâches professionnelles aussi différentes que celle des avocats, des analystes financiers, des enseignants, des médecins, des pharmaciens, des journalistes, des comptables, des assureurs et des bibliothécaires seront totalement ou partiellement automatisés. Soit 47% d’emplois menacés au total. Le numérique créera des emplois, mais en beaucoup moins grand nombre…

Ma critique

« La quatrième révolution industrielle » est un essai de prospective technologique bien documenté et relativement honnête. Le gourou de Davos, le Monsieur Loyal du mondialisme triomphant, s’est livré au difficile exercice du devin, celui d’imaginer l’avenir en prolongeant les courbes des tendances actuelles. Pour chaque avancée technique (IA, internet des objets, blockchain, imprimante 3D, homme augmenté, etc.), il a tenu à présenter les aspects positifs, mais aussi les aspects négatifs, toute découverte étant biface par nature. Il reconnaît que 1% de la population détient la moitié de la richesse mondiale alors que la moitié de la partie la plus pauvre de la population ne possède collectivement que moins de 1% de la richesse mondiale. Et avec les destructions d’emplois à grande échelle, le monde va se retrouver avec une montée en flèche des inégalités sociales pour ne pas dire à une explosion de pauvreté et de violence. C’est un des défis majeur, reconnait-il sans préciser quelles sont les solutions à y apporter. Le lecteur devinera que tout cet édifice reposera sur un traçage total des individus (contrôle social à la chinoise) et sans doute une chute drastique de la démographie. Pour lui, l’alternative sera soit de robotiser l’humain, détruire l’identité, la famille, la communauté et le travail soit accéder à « une conscience collective nouvelle ». Celle de la fourmilière sans doute. Il faut lire cet ouvrage si l’on veut comprendre en quoi consiste la « disruption » (horrible néologisme globish que l’on peut traduire par « chaos ») que nos maîtres nous préparent. Tout en se rappelant que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » et que jamais l’humain ne pourra se résumer à une suite de données numériques. En fin de compte, la machine sera-t-elle au service de l’homme ou l’inverse ? That’s the question !

Ma note

3/5

ESSAISHISTORIQUE

VENDEE 1793 – 1794 (JACQUES VILLEMAIN)

Le résumé du livre

Ce qui s’est passé en Vendée pendant les années 1793 et 1794, une levée en masse du peuple suivie d’une répression féroce par le fer et par le feu qui n’épargna ni vieillards, ni femmes ni enfants peut-il être inscrit dans la définition juridique de crime de génocide ? Est-on dans le cadre de l’ethnocide arménien du début du siècle dernier et dans celui de la Shoah sous le régime nazi ? S’agit-il simplement de crimes de guerre causés par quelques fanatiques, voire de crimes contre l’humanité dans le sens moderne du terme ? L’auteur part du fait que la longue suite de crimes et d’atrocités (exécutions systématiques de prisonniers désarmés, destructions de récoltes, viols, assassinats de masse, destructions de villages entiers, incendies généralisés et même noyades organisées) qui ont été commis par les armées républicaines n’est plus contestée par aucun historien mais pose encore la question du cadre juridique à donner à ces évènements très particuliers…

Ma critique

« Vendée 1793 – 1794) se présente comme une étude juridique appuyée sur le travail de nombreux historiens (de Michelet à Furet en passant par des dizaines d’autres) lesquels ne peuvent s’en tenir qu’à la méthode comparative alors que l’auteur propose d’examiner les faits à la lumière des derniers développements des procédures les plus récentes (Tribunal de Nuremberg, Tribunal pénal international de La Haye, Arusha et autres). Si l’on se référait à d’autres génocides plus récents (Rwanda, Bosnie, Shoah, Arménie…), le drame de la Vendée répondrait à tous les critères, d’abord de crime de guerre dans ses débuts (absence de prisonniers, viols) puis de crime contre l’humanité (destructions systématique d’une région entière, patriotes vendéens compris, alors que l’armée catholique et royale était déjà détruite) et finalement de crime de génocide avec les noyades organisées par Carrier à Nantes, les destructions de récoltes pour affamer toute une population sans oublier les colonnes infernales de Turreau qui ne devaient pas laisser le moindre survivant sur son passage. Soit une disparition planifiée de toute une population, une « épuration ethnique », comme on dirait aujourd’hui. Le lecteur découvrira dans cet ouvrage un brin aride vu l’aspect très juridique privilégié, toutes sortes de détails peu connus comme le tannage des peaux de Vendéens pour en fabriquer de solides pantalons, ou les destins contradictoires des trois principaux responsables. Robespierre eut l’habileté de très peu s’exprimer sur le sujet, tout en inspirant et pilotant l’ensemble par personnes interposées (Carnot, Collot d’Herbois). Encore encensé de nos jours par certains, disposant toujours de rues et de lieux publics à son nom, de nos jours, il serait condamné à perpétuité par le TPI de La Haye comme un vulgaire Karadzic. Carrier, qui endossa le rôle de bouc émissaire finit guillotiné, alors que Turreau, sanguinaire chef des colonnes infernales, eut droit à tous les honneurs, même sous la Restauration, et à avoir son nom gravé sur l’Arc de Triomphe. Histoire et Justice, quel étrange ménage !

Ma note

3,5/5

ESSAIS

VINCENT TOUT-PUISSANT (VESCOVACCI & CANET)

Le résumé du livre

Avec 7, 7 milliards d’euros de capital, Vincent Bolloré est la douzième fortune de France. Il règne sur un empire évalué à une vingtaine de milliards d’euros de chiffre d’affaires, déployé sur plusieurs continents. Sa multinationale gère des ports dans toute l’Afrique, des compagnies de chemin de fer, produit de l’huile de palme, fabrique des batteries électriques, contrôle de nombreuses chaines de télévision en France, en Pologne et au Vietnam, dispose d’une banque et d’une compagnie de téléphone en Italie, etc. Comme un boa, il a gobé Havas, Canal+, D8 (Cnews) et s’est emparé de Vivendi qui lui a apporté un groupe de médias complet avec télés, cinéma, musique et jeux vidéos. L’arrivée fracassante de cet oligarque grand ami des présidents (Sarkozy, Hollande et surtout Macron qu’il peut se vanter, à l’instar d’Attali, de l’avoir créé de toutes pièces avec la poignée d’oligarques qui tiennent tous les médias du pays) dans le petit monde de Canal+ a été marqué par la plus longue grève de journalistes de l’audiovisuel, des départs volontaires et des licenciements en masse ainsi que la disparition de toutes sortes d’émissions jugées trop « impertinentes » comme les « Guignols » ou trop déplaisantes pour lui-même ou pour ses amis sponsors comme certaines enquêtes d’investigation un peu trop poussées. Alors qui est Bolloré ? D’où sort-il ? Que veut-il ? Quel est son but ?

Ma critique

Cet ouvrage écrit à quatre mains par deux journalistes d’« Envoyé Spécial », « Cash Investigation » et « Canal+ » se présente comme une enquête à charge sur un milliardaire assez antipathique, breton né à Paris, catho tradi qui ne ferait rien sans les conseils de son éminence grise, en l’occurence son confesseur, qui ne serait parti de rien (reprise pour un euro de l’affaire familiale de papier cigarette OCB en quasi faillite et envol vers les sommets du capitalisme d’affaires avec cet empire obtenu par nombre de manœuvres s’apparentant à des coups financiers tordus, voire carrément à de la piraterie économique. Bolloré fut toujours épaulé par un certain Antoine Bernheim de la banque Lazard qui se vante d’ailleurs de l’avoir fait ! Tout cela tient un peu trop du conte de fée pour être vrai. Il y a du Tapie et du Macron dans toute cette histoire. Le lecteur aurait aimé en apprendre plus sur les coulisses. Comment passe-t-on d’un euro à 20 milliards en quelques années ? Certainement pas en traversant la rue ! Les deux auteurs restent d’une discrétion de violette sur cet aspect de l’affaire, préférant de très longs développements sur les guéguerres à Canal+ et à D8 et sur la censure de leur reportage sur le Crédit Mutuel/ CIC. À leur décharge, il faut préciser que ni Bolloré, ni aucun de ses collaborateurs n’ont accepté de les recevoir. L’un d’eux s’est même vu infliger une plainte en diffamation avec dommages et intérêts de 700 000 € pour sept questions envoyées par mail ! Résultat : le lecteur reste sur sa faim…

Ma note

3/5

ESSAISHISTORIQUE

NÈGRES BLANCS D’AMERIQUE (PIERRE VALLIERES)

Le résumé du livre

D’octobre 1966 à février 1967, Pierre Vallières et Charles Gagnon se retrouvèrent dans une prison américaine pour avoir manifesté devant le siège des Nations-Unies à New York avant d’être extradés au Canada et de se voir infliger une peine de prison à perpétuité pour des écrits incitant à la violence et au terrorisme. Membres du Front de Libération du Québec, ils estimaient que les conditions de vie des Canadiens français avait tout à voir avec celle des esclaves noirs. C’est la raison pour laquelle ils se considéraient comme des « nègres blancs d’Amérique ». Leurs conditions de détention sont particulièrement sévères. Ils entament une grève de la faim qu’ils tiendront 29 jours. L’histoire réelle du Québec fut loin de suivre le cours d’un long fleuve tranquille. La France commença par y envoyer tous ses miséreux, ses traine-savates, ses filles perdues et y abandonner ses soldats démobilisés. Elle accorda des concessions sur des terres ingrates voire quasiment inexploitables. Le résultat en fut une misère généralisée. Après la conquête anglaise, ce fut encore pire pour les Québécois largement exploités, déportés en Louisiane pour certains ou obligés d’émigrer aux Etats-Unis ou dans des provinces un peu moins pauvres du Canada pour ne pas mourir de faim. Le capitalisme prédateur américain prit le relais dans l’exploitation de cette perpétuelle colonie (bois, charbon, minerais…) sans aucun profit pour la population…

Ma critique

« Nègres blancs d’Amérique » est un essai-manifeste écrit en détention qui aborde toutes sortes de sujets. Une grande partie aborde dans le détail l’histoire sociale du Québec. C’est la plus intéressante, car la plus intemporelle. Une autre consiste en un témoignage émouvant sur la vie du jeune Pierre Vallières, jeune prolétaire idéaliste, éperdu de justice qui commence sa vie dans un appartement misérable d’un quartier pauvre de Montréal avant que sa famille n’aille s’installer de l’autre côté du Saint Laurent dans une cabane digne d’un bidonville, sans eau courante, sans égoût, sans commodités, le long de rues en terre battue. Une autre assez importante est consacrée aux questions philosophiques et politiques. C’est de loin la moins intéressante, même si le lecteur partage nombre d’indignations et de révoltes de l’auteur. L’ennui, c’est que le style un peu lourd et rébarbatif n’aide pas le message à passer. Pourquoi donc lire un ouvrage militant publié en 1974 ? Ne serait-ce que pour faire le point avec un demi-siècle de recul. La cause du peuple a-t-elle progressé ? L’oligarchie a-t-elle cédé le moindre pouce de terrain ? Ne se serait-elle pas encore renforcée ? La soif de justice et de liberté des peuples a-t-elle été étanchée ?

Ma note

3,5/5

HISTORIQUENOUVELLES

TROIS CONTES (GUSTAVE FLAUBERT)

Le résumé du livre

Fille de pauvres paysans normands, Félicité après quelques engagements malheureux comme fille de ferme a trouvé un certain équilibre et une certaine sécurité chez Madame Aubain où elle sert de domestique depuis si longtemps qu’elle semble faire partie des meubles. Elle s’attache à la fille de sa patronne, mais après son décès, reporte toute son affection sur un joli perroquet… Fils d’un grand seigneur, Julien est promis à un bel avenir. Mais, à force de chasser et de tuer des animaux, il prend tellement le goût du sang qu’il prend un malin plaisir à pratiquer de véritables carnages avant d’en arriver à tuer père et mère sur un coup de folie. Pour expier son forfait, il part sur les chemins, pieds nus, tout juste revêtu d’une robe de bure. Il finit par s’installer sur la rive d’un fleuve et par se dévouer comme passeur bénévole… En Galilée, le tétrarque Hérode Antipas craignant pour son pouvoir, a fait arrêter et jeter dans un cul de basse fosse Ioakannan, prophète connu sous le nom de Jean le Baptiste. Ce petit potentat local est sous la coupe de son épouse Hérodias qui déteste le prédicateur. Et voilà que se présente le Consul Vitellius qu’il a convié à un grand banquet dont il espère beaucoup…

Ma critique

« Trois contes » est un recueil de textes relativement courts et bien rythmés qui pourraient représenter la quintessence de l’œuvre et des thèmes de Flaubert. On y retrouve son goût de l’histoire ancienne, des légendes, de la mythologie et de la vie des petites gens. Son style inimitable, peut-être un brin trop descriptif et trop attaché au détail et à la précision, mais si plein de charme et d’efficacité narrative. Tout comme Balzac, Maupassant ou Zola, Flaubert transcende les époques, il est intemporel et même au-delà du temps et des modes. Le lecteur pourra toujours trouver un immense plaisir en lisant des nouvelles si bien écrites et en particulier la première « Un cœur simple » pour la personnalité attachante de Félicité, la très dévouée servante…

Ma note

4,5/5

ESSAISHISTORIQUE

LE SYSTÈME DETTE (ERIC TOUSSAINT)

Le résumé du livre

De tous temps, la dette a été utilisée comme moyen de domination, d’asservissement et de spoliation des peuples. Récemment, plusieurs pays d’Amérique latine, la Tunisie, l’Egypte et la Grèce en ont été les dernières victimes. Mais cette dictature de la dette n’est pas inéluctable. En deux siècles plusieurs états ont été capables d’annuler la leur avec succès. Le Mexique, les Etats-Unis, Cuba, le Costa Rica et la Russie soviétique ont procédé à cette répudiation. Quand on sait que nous ne remboursons que les intérêts, qu’il faut en permanence reprendre de nouveaux emprunts pour assurer le remboursement des précédents et qu’au fil des ans, les intérêts accumulés représentent plusieurs fois les sommes empruntées, on en arrive à dénoncer tout un système pervers et même à parler de « dette odieuse » dans certains cas…

Ma critique

« Le système dette » est un essai économique très focalisé sur l’histoire économique des deux derniers siècles. C’est un ouvrage captivant donnant au lecteur toutes les clés pour comprendre cette mécanique implacable mise au point par les banquiers centraux ainsi que l’évolution du monde capitaliste à cette époque, sa dérive de capitalisme entrepreneurial en capitalisme de pure spéculation et prédation. L’auteur s’attache particulièrement aux cas de la Grèce, mise sous tutelle, asservie économiquement plusieurs fois au cours de son histoire, de celui du Mexique avec toutes ses difficultés à briser ses chaînes et de celui de l’URSS avec l’interminable affaire des emprunts russes. Autant le lecteur comprendra bien l’alliance entre banquiers centraux et gouvernements des grandes puissances occidentales (Grande-Bretagne, Etats-Unis, France et dans une moindre mesure Allemagne) dans le but d’étendre leur puissance, d’exploiter les ressources du tiers-monde, et de dominer pour à terme coloniser, autant il reste peu explicite sur les raisons pour lesquelles cette dette s’est généralisée peu à peu au monde entier dès la fin de la seconde guerre mondiale et à partir de 1973 en France (Loi Pompidou-Giscard). Qui menait vraiment l’attelage « banquier-politicien » ? L’ouvrage se termine sur un grand tableau récapitulatif de tous les pays ayant rejeté d’une manière ou d’une autre ces dettes « odieuses ». L’auteur, brillant économiste belge favorable à l’effacement total de la dette du tiers-monde, ne va pas jusqu’à envisager l’éventualité d’une répudiation plus générale…

Ma note

4/5

ROMAN

LES CHEMINS DE KATMANDOU (RENÉ BARJAVEL)

Le résumé du livre

1968 : toute une jeunesse occidentale se dresse un peu partout contre l’ordre ancien… Un soir, dans le brouillard londonien, Jane, violée par un inconnu, tente de se suicider. Sven, jeune suédois en rupture de ban, la repêche dans la Tamise avant d’essayer de lui redonner goût à la vie. Jane accepte de faire équipe avec lui ainsi qu’avec Harold, italo-irlando-américain barbu et chevelu qu’elle prend pour amant. Tous trois décident de partir s’installer à Katmandou, Eldorado des routards. Pendant ce temps, à Paris, Olivier, très impliqué dans le mouvement estudiantin, est recherché par la police suite à une bagarre ayant mal tourné. Il envisage de quitter au plus vite Paris pour aller à Katmandou retrouver son père qui l’a abandonné à sa naissance et auquel il veut rappeler ses devoirs, surtout pécuniaires. Il abuse d’une association humanitaire pour se faire offrir le billet d’avion. Et c’est en terminant son périple à pied qu’il rencontre le trio de hippies. Pour Jane et Olivier, c’est l’amour au premier regard. Malheureusement Jane est un peu beaucoup accro à toutes sortes de produits illicites. Elle ne se contente pas de fumer des joints, elle passe vite à la cocaïne puis à l’héroïne. Olivier n’aura de cesse de se procurer de l’argent pour essayer de la tirer de là…

Ma critique

« Les chemins de Katmandou » sont un roman tiré du scénario du film éponyme que Barjavel écrivit en collaboration avec Cayatte. À l’époque, il ne convainquit pas vraiment le public qui pouvait comparer avec « More » de Barbet-Schroder disposant de la bande musicale aussi planante de magnifique signée Pink Floyd ou de « Panique à Needle Park », œuvre magistrale et criante de vérité et de réalisme. L’équivalent français semblait bien fade et bien inférieur avec son côté carton-pâte, ses acteurs peu crédibles (Renaud Verley inexpressif, Gainsbourg jouant faux et Birkin, jolie et solaire, mais incapable de rendre la déchéance de sa fin) sans parler des décors trop léchés, des prises de vues d’un Népal de carte postale et d’une bande-son quelconque. Le livre de Barjavel est bien meilleur. Il évite tous les écueils qui firent sombrer le film, explique nettement mieux les tenants et aboutissants de cette histoire, est beaucoup plus noir et beaucoup plus explicatif (en particulier sur le destin de Jane et les raisons de sa dérive, certains événements ayant été sans doute volontairement édulcorés par crainte de la censure). Au total, un bon Barjavel, pas le meilleur bien entendu, mais toujours agréable à lire car fort bien écrit et donnant beaucoup à réfléchir sur la génération « Peace and Love » et sur l’atroce réalité du monde de la drogue.

Ma note

4,5/5

AUTOBIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

LA CHARRETTE BLEUE (RENÉ BARJAVEL)

Le résumé du livre

Né le 24 janvier 1911 à Nyons (Drôme), René Barjavel eut des grands-parents et des ancêtres paysans plutôt pauvres qui voulaient voir leurs enfants monter sur l’échelle sociale. Ainsi, son grand-père plaça son père Henri comme apprenti boulanger pour qu’il apprenne le métier et échappe à sa condition. Sa mère Marie, veuve d’un boulanger, cherchait un ouvrier pour reprendre son affaire. Elle ne trouvait que des ambitieux qui voulaient récupérer la femme et le commerce ou des incapables qui risquaient de la faire péricliter jusqu’au jour où elle rencontra Henri. Lequel partit pour le front trois ans après la naissance de l’auteur qui eut un sevrage au lait de chèvre difficile avant d’entrer à l’école quelques années plus tard. Il ne s’y plut pas du tout. Il avoue avoir eu beaucoup de peine à aligner des bâtons sur une ligne et d’avoir été fâché avec les maths. Heureusement pour lui, quelques professeurs finirent par l’encourager sur la voie de l’écriture. Comme il avait déjà le goût de la littérature, sa vocation était là…

Ma critique

« La charrette bleue » est un court récit de souvenirs d’une enfance heureuse tant qu’elle resta libre dans la petite rue de Nyons où se nichait la boulangerie maternelle ou dans les collines rocailleuses du Drômois où il retrouvait tous les membres de sa famille paternelle. Mais bien vite arrivèrent les problèmes scolaires et surtout le drame de la mort de sa mère alors qu’il n’avait que onze ans. Anecdotes, épisodes tristes ou joyeux, tranches de la vie pittoresque et paisible de petites gens de l’époque se succèdent au fil du souvenir sans suivre de véritable ordre chronologique. De sa plume allègre, l’auteur a très bien su rendre l’ambiance du début de l’autre siècle. La vie y était rude, mais les gens y étaient joyeux, travailleurs et savaient se contenter de peu. Il n’y avait ni sécurité sociale, ni assurance chômage, ni aides sociales, mais chacun arrivait à s’en sortir, certes petitement, grâce à toutes sortes d’activités oubliées (comme celle du charron de la charrette), au jardinage ou au petit élevage, sans oublier les vers à soie. Livre touchant et émouvant qui se dévore trop vite et qui permet de faire un plongeon dans une époque oubliée, mais pas si lointaine. Qu’est-ce qu’un siècle face à l’éternité ?

Ma note

4,5/5

ROMAN

LE SCENAR (PHILIPPE PRATX)

Le résumé du livre

Léo et Théo, deux jumeaux étudiants, ont trouvé une clé USB oubliée sur un ordinateur de la salle informatique de leur faculté. Celle-ci contient le manuscrit d’un scénario qu’ils s’empressent d’imprimer et de présenter à leur amie Lola, réalisatrice en herbe elle-même. Tous trois se retrouvent dans un parc public où Lola en commence une lecture à haute voix. Le titre du texte « Scénar » les intrigue tout comme le dernier mot, « Cali ». S’agit-il du nom de l’auteur ? De sa ville de résidence ou de celle où il a écrit ce script ? Est-ce Cali en Colombie ? Ou l’abréviation de Californie ? Quant au titre du projet de film « Velorex », il renvoie au nom d’un bizarre tricycle à moteur plus que rudimentaire fabriqué en Tchécoslovaquie dans les années 50 et 60 avec un habitacle rustique, mais décapotable et un petit moteur de deux roues. Cette lecture va se poursuivre en divers lieux dont la salle informatique du départ non sans moult commentaires des jumeaux et de quelques autres usagers des lieux…

Ma critique

On ne peut pas vraiment parler de « roman » au sens classique du terme à propos de l’ouvrage de Philippe Pratx, mais plutôt d’une narration un peu narcissique, l’auteur se plaçant finalement comme personnage principal nous gratifiant de nombre de commentaires sur un peu tout et n’importe quoi, et de digressions diverses et variées qui ralentissent le rythme d’une histoire qui n’en est pas vraiment une. Il s’agirait plutôt de la mise en abyme du scénario d’un film style road-movie à travers l’Europe. Dommage qu’il ne s’y passe pas grand-chose en dehors de la promenade estivale de deux amoureux, Alena et Olivier, qui roulent dans leur antiquité encore plus laide qu’une Trabant, campent, pique-niquent, visitent quelques villes dont Venise. De simples touristes dont la seule originalité reste leur véhicule. Faiblesse de l’intrigue, manque de consistance des personnages, style décousu, explicatif et complaisant. Certains pourront vite sentir l’ennui monter. Pourtant, quelques développements sur le communisme, idéal rêvé mais jamais atteint, sur la condition humaine, ou sur le rôle du narrateur peuvent parfois raviver l’intérêt. Dommage que l’auteur se soit en plus lancé dans un essai aussi raté qu’inutile d’écriture inclusive et n’ait développé ni sur la révolte des gilets jaunes ni sur la crise sanitaire, toutes deux à peine évoquées sur la fin. On se demande d’ailleurs pourquoi celle-ci est si dramatique.

Ma note

3/5

HISTORIQUE

WATERLOO, CHRONIQUES D’UNE BATAILLE LÉGENDAIRE (BERNARD CORNWELL)

Le résumé du livre

La bataille de Waterloo se déroula du 16 au 18 juin 1815, en Belgique, à vingt kilomètres au sud de Bruxelles, dans l’actuelle province du Brabant wallon. Elle opposa l’armée française dite « Armée du Nord », dirigée par l’empereur Napoléon Ier, à l’armée des Alliés, menée par le duc de Wellington et composée de Britanniques, d’Allemands (contingents du Hanovre, du Brunswick et du Nassau) et de Néerlandais (unités belges et hollandaises), rejointe par l’armée prussienne commandée par le maréchal Blücher. Elle s’est achevée par la défaite décisive de l’armée française. Cette bataille fut la dernière à laquelle prit part personnellement Napoléon, qui venait de reprendre le pouvoir en France trois mois plus tôt. Elle marqua ainsi la fin de la période dite des « Cent-Jours ». Napoléon dut en effet abdiquer quatre jours plus tard à son retour à Paris, le 22 juin, face au manque de soutien général avant de finir, déporté sur l’île de Sainte-Hélène.

Ma critique

« Waterloo, chroniques d’une bataille légendaire » est un essai historique très bien documenté et assez agréable à lire en dépit de la difficulté particulière d’une description de bataille presque impossible à réaliser. Napoléon tenta un ultime coup de bluff, étant déjà en infériorité numérique face aux deux armées ennemies. Il accumula les occasions ratées et les erreurs de commandement. La responsabilité de Ney et de Grouchy dans cette défaite est parfaitement établie. Même le ciel s’en mêla en déclenchant des trombes d’eau qui génèrent artilleurs et cavaliers. Cette bataille fut une terrible boucherie où des dizaines de milliers d’hommes moururent pour rien. L’empereur espérait pouvoir battre dans un premier temps les Anglais pour ne faire qu’une bouchée des Prussiens dans un second, ce qui ne se produisit pas. Il envoya sa cavalerie contre des carrés de fantassins bien retranchés contre lesquels elle ne pouvait pas grand-chose et finalement sa garde impériale dans un dernier assaut désespéré. Eut-il, par miracle, remporté la victoire que cela n’aurait rien changé à son destin, les armées russes et autrichiennes étant aussi en marche contre nous. Dans cet ouvrage objectif, le lecteur apprendra énormément de choses sur cet épisode tragique de l’histoire de France, comme le fait que beaucoup de femmes et d’enfants de soldats pouvaient suivre l’armée, ou que Victor Hugo raconta pas mal de choses fausses sur cette bataille ou encore que les Prussiens voulurent se venger en faisant sauter le pont d’Iéna à Paris et que celui-ci ne fut sauvé que par l’obstination d’une sentinelle britannique qui refusa de quitter son poste ! De nombreuses cartes et une importante bibliographie complètent ce livre assez technique mais agrémenté par beaucoup de témoignages de soldats.

Ma note

4/5

ESSAIS

UN MONDE DE MENTEURS (PATRICK JAULENT & JACKY CASSOU)

Le résumé du livre

Cassie et Kévin, deux jeunes cyber-journalistes, mènent une enquête approfondie sur la crise sanitaire dite du « Covid 19 » pour le compte de Douglas, leur rédacteur en chef. Ils tentent de démontrer que de nombreux gouvernements sans parler de la quasi-totalité des médias mainstream nous ont menti tandis que les réseaux sociaux étaient inondés de fake news plus ou moins farfelues. On nous a menti sur les origines des virus H1N1, VIH/Sida et SARScov 2. On nous a même menti sur le nom du Covid 19 ! On nous a menti sur les confinements, les masques, les gestes barrières et les « vaccins ». On nous a menti sur leur efficacité, sur leurs effets secondaires indésirables. On nous a menti sur la réinitialisation du monde, sur ce « grand reset » qui sous-tendait tout l’ensemble.

Ma critique

« Un monde de menteurs » est un essai très sérieux, sourcé, alignant des documents indiscutables avec nombreuses photos et références qui, pour ne pas être rébarbatif, met en scène deux enquêteurs, les fait dialoguer, ce qui rend la lecture aussi agréable que passionnante. Le lecteur peu averti ira de découverte en découverte, d’étonnement en stupéfaction jusqu’à une très adroite fin ouverte : « Et vous lecteurs, qu’en pensez-vous ? » Après un tel exposé, une telle accumulation de faits accablants pour le pouvoir, il semble évident que la réponse s’impose d’elle-même. Un ouvrage essentiel pour conforter ceux qui ont des doutes sur cette affaire ou pour ouvrir les yeux de ceux qui se sont contentés des mensonges du discours officiel !

Ma note

4,5/5

NOUVELLES

LE MOINE NOIR (ANTON TCHEKHOV)

Le résumé du livre

Kovrine est invité à se refaire une santé à la campagne dans la propriété de son ami Semionytch, grand amateur de jardins et de botanique. Il tombe amoureux de sa fille Tania tout en étant le jouet d’hallucinations inquiétantes. Un étrange moine noir lui apparaît de temps à autre… Siline dispose d’un joli domaine rural, mais cela ne suffit pas à son bonheur. Bien qu’elle lui ait donné deux beaux enfants, sa femme ne l’aime pas. Il confie sa détresse à un ami… Une femme enceinte annonce à son mari qu’elle sait qu’elle va mourir dès qu’elle aura accouché. Comment est-ce possible ?… Un enfant découvre le goût et la saveur des huitres… Un vieil homme accompagné de sa fille doit apporter au barine le loyer de tout son village, ce qui représente une grosse somme dont il a la sottise de se vanter. En chemin, il est attaqué par des brigands… Un arpenteur se fait conduire par un paysan. Mais comme ce dernier semble l’entrainer ailleurs qu’à la destination prévue, il se méfie et lui raconte qu’il est armé. Le paysan s’enfuit illico à toutes jambes, abandonnant l’arpenteur au fond d’un bois… Un vieux soldat veut tout régenter dans son village. Ses concitoyens, qui n’en peuvent plus, tentent de se débarrasser de lui… Dans un train, un contrôleur se met à faire du zèle. En pleine nuit, il réveille en sursaut un voyageur qui le prend très mal…

Ma critique

« Le moine noir » est un recueil comprenant une trentaine de nouvelles du grand écrivain russe. On y trouve toutes sortes de registres, le fantastique, le naturalisme social, le psychologique et le sentimental sous les formes d’historiettes de la vie quotidienne, de compte-rendus de séances de conseils municipaux ou de procès sans grande importance, de deux contes de Noël et d’une pièce de théâtre en deux actes. Tchekhov met en scène aussi bien moujiks ou petits fonctionnaires que nobles ou propriétaires terriens. Lire ces nouvelles finement ciselées nous plonge dans le monde d’avant la révolution de 1917, un monde un peu nostalgique, un brin désenchanté et déjà mûr pour le grand basculement. Des histoires toutes simples, quasiment des historiettes, même pas des faits divers. Juste une galerie de personnages plus ou moins hauts en couleurs, pourvus de quelques qualités, mais surtout de beaucoup de défauts tel ce maire de village du fond de la Sibérie qui voit un dignitaire iranien transiter par chez lui et qui n’a de cesse de le harceler pour obtenir une décoration exotique vu que c’est un maniaque de ce genre de hochet. Les chutes ne sont pas spectaculaires, mais seulement abruptes, ce qui crée néanmoins la surprise. Agréables à lire même à notre époque, ces nouvelles toujours amusantes et bien observées ne sont quand même pas du niveau des pièces de théâtre de ce grand auteur.

Ma note

3,5/5

VIE PRATIQUE

UN POTAGER SUR MON BALCON (PHILIPPE ASSERAY)

Le résumé du livre

Un jardin sur un balcon ou une terrasse ne remplacera jamais vraiment un véritable potager de pleine terre même s’il mesure une surface de 50 m2. Il est donc illusoire de rêver nourrir une famille avec les récoltes produites dans quelques bacs et pots, même de belles dimensions. Mais, il reste quand même le plaisir de voir pousser toutes sortes de légumes et d’herbes médicinales ou aromatiques, fraiches et bio, et de déguster quelques tomates cerises à l’apéritif, des courgettes ou des bettes en gratin et des fraises au dessert, le tout produit sans véritable jardin.

Ma critique

« Un potager sur mon balcon » est un guide très bien fait pour aider le néophyte à se lancer dans cette culture assez particulière. L’auteur commence par toutes sortes de recommandations sur la faisabilité de la chose. (Poids des jardinières, de la terre, respect des règles de co-propriété, problème de l’eau, etc.) Il étudie chaque plante qu’il propose de cultiver de cette manière. Le lecteur découvrira que l’on peut faire pousser plus de plantes qu’il ne s’imagine à condition de tenir compte de tous les facteurs « limitants » (exposition, vent, contenants, arrosages plus fréquents, etc.) Cet ouvrage de qualité comportant de nombreuses photos et illustration de techniques de semis ou plantation diverses est plutôt à conseiller aux jardiniers débutants.

Ma note

4/5

HISTORIQUE

LA VÉRITÉ SUR LA FAMILLE IMPÉRIALE RUSSE (VLADIMIR ROUDNIEFF)

Le résumé du livre

Le 15 mars 1917 voit l’abdication du tsar Nicolas II. Le prince Lvoff tente alors de former un gouvernement provisoire. Le 16 juillet 1918, sans aucun jugement, le soviet local condamne à mort la famille impériale. Il en résulte un carnage abominable dans la cave de la maison d’Ekaterinbourg où ils sont détenus. Le tsar, son épouse, ses enfants, ses proches et tout son entourage sont assassinés par les bolcheviks du lieu. Les cadavres sont couverts de chaux vive et jetés dans un puits. En a immédiatement suivi un flot de calomnies sur les victimes du drame, déversé par les médias de l’époque. Exactement comme en 1793 après la décapitation de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Que n’a-t-on pas raconté sur la tsarine qui complotait contre sa patrie, sur Nicolas II, faible et influençable, et sur leur « âme damnée » Raspoutine, fou de Dieu, corrompu, corrupteur et pornocrate ?

Ma critique

Substitut du procureur général de la région, l’auteur de ce compte-rendu d’enquête succinct, mais très minutieux, a reçu comme mission officielle d’établir la vérité en s’appuyant sur de nombreux documents et témoignages sérieux et non sur des affabulations que notre époque désigne sous l’affreux néologisme de « fake news ». Quelles influences plus ou moins occultes ont pu s’exercer sur le fragile empereur et donc jouer sur sa ligne politique ? L’impératrice, d’origine allemande, était-elle toujours germanophile au point de vouloir la victoire du Reich dans la Première guerre mondiale ? Quel fut le rôle exact de Raspoutine ? Et celui de Badmaïeff, docteur en médecine tibétaine qui aurait fait perdre toute volonté au tsar à l’aide de drogues diverses et qui aurait entretenu le mal du souffreteux tsarévitch ? Sans oublier les rôles d’autres personnages moins connus comme Protopopoff, Sturmer, Vocikoff ou le prince Andronikoff. À sa grande stupéfaction, l’auteur, au départ peu favorable et même hostile à la famille impériale, découvre que pratiquement toutes les accusations sont sans fondement. Un seul exemple : il a beau chercher dans tous les palais impériaux, il ne retrouve pas la fameuse ligne de téléphone directe qui était censée relier la tsarine et le kaiser ! Datant de 1920, cette intéressante réhabilitation de l’honneur et de la mémoire des victimes impériales russes a servi de base de travail à de nombreux historiens honnêtes et peut encore faire référence aujourd’hui.

Ma note

4/5

HISTORIQUE

LES DÉFRICHEURS D’ETERNITE (CLAUDE MICHELET)

Le résumé du livre

Au milieu du IXè siècle, le jeune Jean Siorac, fils d’apothicaire, commence sa vie professionnelle comme jardinier à l’abbaye de Solignac dans le Limousin. Devenu scribe et enlumineur, il finit par quitter le monastère pour aller exercer différents métiers avant d’y revenir définitivement pour y prendre l’habit, la tonsure et le nom de frère Théodéric. Bientôt, son supérieur le nomme père abbé de Saint Romain, monastère complètement abandonné depuis de nombreuses années. Il a ordre de choisir douze frères pour l’accompagner dans cette difficile mission. Après cinq jours de marche, les treize moines découvrent un domaine en état d’immense désolation. Tous les bâtiments sont en ruine, les terrains arides ou marécageux, les manants et les serfs misérables et vivants dans une terreur incroyable. Pourtant, guerres et invasions sont terminées. La paix est revenue. Mais le sorcier Lacrapelle, qui les tient sous sa coupe, ne veut pas entendre parler d’une remise en état du monastère. Très vite, il déclenche un incendie qui ravage maisons et cultures…

Ma critique

« Les défricheurs d’éternité » est roman historique qui dépeint très fidèlement le travail de pionniers de ces moines qui, juste munis d’une serpette, de quelques outils rudimentaires et d’un immense courage, défrichèrent des centaines d’hectares, assainirent des marais, bâtirent cloitres, monastères et églises et apportèrent soutien et relative prospérité à toute une population. Ils durent lutter contre les éléments, les épidémies, souffrir du froid et de la faim, travailler tout autant que manants et serfs et voir leur œuvre détruite par les incendies, les guerres et les pillages des Vikings. Une leçon de foi et de courage pour nous autres qui vivons dans le confort, l’hédonisme et la facilité. Livre passionnant dans la mesure où l’historique est bien plus important que la fiction. Le style est fluide et agréable. Le lecteur a l’impression de partager la vie difficile de la petite communauté agricole qui lutte pour sa survie au fil des années et surtout quand, 32 ans plus tard, alors qu’elle arrive à un certain équilibre, tout s’effondre et il faut recommencer presque à zéro. Il apprendra beaucoup de choses sur la vie quotidienne à la campagne avant l’an mil, sur les cultures, sur le culte des reliques qui peut se révéler plus rémunérateur que toutes les autres activités. À conseiller aux amateurs d’Histoire.

Ma note

4,5/5

ROMANROMANCETERROIR

LE SOIR DU VENT FOU (MICHEL JEURY)

Le résumé du livre

1954. Vincent Lerouge, 20 ans, vient assurer un court remplacement dans l’école de Mondonat, petit bourg du Périgord profond. Il pense ne devoir y séjourner qu’une quinzaine de jours. Céline, la titulaire, atteinte d’une cirrhose, espère toujours revenir reprendre en main sa classe unique. Mais son état de santé ne s’améliorant pas, elle prolonge de plus en plus son arrêt de maladie, bloquant ainsi Vincent dans un village dont il découvre peu à peu les habitants assez particuliers et surtout le terrible drame qui l’a marqué. Vingt années auparavant, la maison du maire a été totalement détruite par un incendie. Un homme y a été retrouvé carbonisé à l’intérieur. Il aurait provoqué le sinistre en renversant par mégarde, alors qu’il avait trop bu, une lanterne sourde dans la paille de la grange. Certaines remarques et certaines attitudes des habitants de Mondonat mettent la puce à l’oreille de Vincent et lui donnent à penser que cette affaire ne serait pas arrivée par accident, mais plutôt de manière volontaire et donc criminelle. Encore lui faudra-t-il mener l’enquête et découvrir le pot aux roses…

Ma critique

« Le soir du vent fou » est un roman de divertissement à la limite de trois genres, terroir, policier et sentimental. L’instituteur remplaçant est hésitant entre trois prétendantes, Roseline, sa logeuse, Marianne, sa blonde collègue ambitieuse du village voisin et Marie, la fille de la victime, un peu plus âgée que lui, mais portrait vivant de sa propre mère. Le terroir tient surtout par le décor de ce Périgord rural qu’on imagine du côté d’Issigeac ou de Villeréal, vu que les noms sont fictifs. La vie de ce village perdu, le quotidien de l’instituteur de classe unique avec en point d’orgue le certificat d’études, véritable cérémonie et épreuve d’initiation à l’époque, sont particulièrement bien rendus. L’auteur, né à Razac d’Eymet, fit partie un temps de la profession. Il savait donc de quoi il parlait. Moins intéressante reste l’intrigue vaguement policière qui sous-tend toute cette histoire. Jeury n’étant pas Agatha Christie, n’a pas su ménager suffisamment le suspens. Dès le début, on devine la fin et même le nom du coupable. Dommage !

Ma note

3/5

ROMAN

LA MISÈRE ET LA GLOIRE (A.J. CRONIN)

Le résumé du livre

Le jeune médecin Laurence Carroll exerce son art dans un sanatorium suisse qui reçoit de jeunes Anglais souffrant de tuberculose, désireux de se refaire une santé grâce au bon air des alpages. Il est épaulé par Hulda Müller une solidaire infirmière-chef dans la soixantaine. Le poste qu’il occupe est une aubaine pour lui qui a surtout connu des environnements ingrats comme les bateaux de la Navy ou les dispensaires crasseux du pays de Galles minier. Il fréquente une belle et peu farouche suédoise Lotte, ancienne hôtesse de l’air qui travaille à Zurich. Un jour, il doit aller réceptionner une Anglaise dénommée Cathy qui accompagne son fils que l’on croit atteint de tuberculose alors qu’il souffre en fait d’une leucémie. Laurence a eu une courte liaison avec Cathy qui a été brusquement interrompue par son départ comme médecin de bord. Cathy s’est alors mariée avec un de leurs amis, garçon peu porté sur la chose qui est décédé précocement. Ces retrouvailles avec leur allure de guet-apens risquent d’être surprenantes…

Ma critique

« La misère et la gloire » est un roman sentimental publié en 1970. De son style élégant et très vivant, A.J. Cronin aborde le thème de l’amour entre attachement purement physique et relation plus sentimentale, (éros et agape). Lotte incarnant la première facette et Cathy la seconde. Le personnage principal est un homme relativement médiocre, veule et un peu lâche. Il est très tenté de fuir ses responsabilités. Mais comme nous sommes dans une littérature positive, morale et pleine de bons sentiments, il se rachète en toute fin d’histoire. Tout comme son équivalent français Gilbert Cesbron, A.J. Cronin fut un grand auteur chrétien qui savait aborder des sujets difficiles comme ici l’hédonisme et l’amour libre. Nous sommes dans les années 68/70. La révolution sexuelle est là. Cronin en entrevoit déjà les limites. Ce livre se lit avec grande facilité tout en donnant à réfléchir. L’histoire en elle-même ne brillant pas par son originalité, on ne classera quand même pas ce titre parmi les meilleurs de cet auteur.

Ma note

3/5

ESSAISHISTORIQUE

LUMIÈRE DU MOYEN-ÂGE (RÉGINE PERNOUD)

Le résumé du livre

Le Moyen-Âge fut-il une période sombre, barbare et misérable de l’Histoire ou quelque chose d’autre et de nettement moins ténébreux ? L’historienne Régine Pernoud est revenue aux sources, s’en est tenue aux textes authentiques sans s’arrêter aux interprétations et aux approximations de certains de ses confrères plus soucieux d’idéologie que de vérité historique. Les « privilèges » de la société médiévale ne sont pas tout à fait ce qu’on imagine. Beaucoup pour ne pas dire presque tout le monde en bénéficie d’une manière ou d’une autre. La société n’est pas divisée en trois classes (noblesse, clergé, tiers-état), mais en beaucoup plus. Elle est en constante évolution et non pas figée comme aux XVIIè ou au XVIIIè. Tout repose sur la famille et non sur l’individu (paterfamilias) comme dans l’antiquité. La royauté elle-même se fonde sur une famille et une lignée, préférée, car la plus vaillante, la plus courageuse et la plus valeureuse. La famille coutumière formait des pionniers et des hommes d’affaires et la famille de droit romain des fonctionnaires et des militaires. Le droit coutumier, adapté au monde agricole, avait remplacé le droit romain plus favorable au monde urbain. La révolution française puis le code Napoléon firent rebasculer de l’un dans l’autre. Ainsi, le « manant », (celui qui reste, qui maintient l’exploitation agricole) devint le « citoyen » (l’habitant de la cité). Le principe médiéval fondamental était basé sur la fidélité et la protection et non sur l’argent, le salariat et l’état central qui décide de tout. Au Moyen-Âge, tout dépendait des familles, des clans et à tous les niveaux. De vassal à suzerain, d’échelon en échelon, on arrivait ainsi jusqu’au monarque qui ne disposait que d’un pouvoir limité, car lui-même dépendait de ses féodaux.

Ma critique

« Lumière du Moyen-Âge » est un essai historique de première importance dans la mesure où il apporte un éclairage nouveau sur un chapitre injustement décrié de notre histoire. Le lecteur apprendra quantité de choses sur la société médiévale. Ainsi, quand on parle du serf « attaché » à la terre, on s’imagine une sorte d’esclave misérable, alors que la réalité est un brin différente. C’est un paysan à qui un seigneur a alloué une terre à cultiver en échange d’une part de la récolte. L’important, c’est que cette terre ne peut pas lui être reprise et même pas à sa famille s’il meurt. Une sorte d’assurance familiale contre le chômage. De même, on a raconté que les rues des villes n’étaient que des cloaques où les pauvres pataugeaient dans les excréments alors que les riches tenaient le haut du pavé (parties surélevées au-dessus d’une rigole centrale). Image fausse. Dans la plupart des grandes villes, les rues étaient pavées et dotées d’égouts très semblables aux nôtres. On a dit aussi que les gens mouraient de faim, car ils ne trouvaient à manger que des « herbes et des racines ». Au Moyen-Âge, on appelait « herbes » tous les légumes dont on mangeait la partie hors sol (salades, choux, bettes, etc.) et « racines » tous ceux dont on mangeait la partie souterraine, (raves, navets, betteraves, carottes). Les gens mangeaient des légumes et des fruits (ils avaient déjà accès aux oranges, citrons, figues, abricots et amandes venus d’Orient), mais aussi beaucoup de viandes de toutes sortes. On a dit aussi que les gens travaillaient de 9 heures par jour (en hiver) à plus de 15 heures (en été), donc comme des forçats, sans préciser que grâce aux nombreuses fêtes religieuses et patronales, ils disposaient de 80 jours totalement fériés plus 70 jours de chômage partiel soit environ trois mois de vacances par an. Cet ouvrage majeur représente un très beau travail de réhabilitation tout à fait passionnant et mené avec style et brio. Un livre essentiel pour en finir avec certaines falsifications.

Ma note

4,5/5

FANTAISIEFANTASTIQUE

L’ENCHANTEUR (RENÉ BARJAVEL)

Le résumé du livre

« Il y a plus de mille ans, vivait en Bretagne un Enchanteur qui se nommait Merlin. Il était jeune et beau, il avait l’œil vif, malicieux, un sourire un peu moqueur, les mains fines, la grâce d’un danseur, la nonchalance d’un chat, la vivacité d’une hirondelle. Le temps passait sur lui sans le toucher. Il avait la jeunesse éternelle des forêts. Il possédait les pouvoirs, et ne les utilisait que pour le bien, mais parfois, il commettait une erreur, car, s’il n’était pas un homme ordinaire, il était humain cependant. » Un jour de bataille, Merlin rencontra Viviane qui tomba immédiatement sous son charme, car il lui apparut sous sa forme la plus jeune et la plus charmante. Il lui révéla son ascendance et ses pouvoirs. L’ennui, c’est que pour pouvoir continuer à en disposer, tous deux ne devaient pas consommer leur amour, mais rester éternellement vierges, ce qui n’était absolument pas du goût de Viviane…

Ma critique

« L’enchanteur » se présente comme une nouvelle version d’une légende revisitée et modernisée, tout en restant assez fidèle à l’esprit du célèbre texte des « Chevaliers de la Table Ronde ». Barjavel a choisi de prendre Merlin l’enchanteur comme personnage principal, ce qui ne lui empêche pas de lui faire partager la vedette avec le jeune roi Arthur, son épouse Guenièvre, Lancelot, Morgane, Gauvain, Léaudagan, Perceval et d’autres. L’écriture est fluide, pleine d’envolées poétiques et lyriques, de batailles épiques et de péripéties magiques. C’est un pur régal de lire cette épopée chevaleresque, dans une ambiance celtique pleine de brume et de mystère. Un retour aux sources de la littérature quand elle était encore magique, poétique, onirique et mettant pourtant en scène des hommes bien pétris de chair et de sang, traversés de sentiments contradictoires et de passions dévorantes. Un pur régal que ce « remake » magistral !

Ma note

4,5/5

TEMOIGNAGE

DU KIBBOUTZ A L’INTIFADA (MARION SIGAUT)

Le résumé du livre

Jeune et jolie étudiante en rupture de ban, Marion Sigaut débarque en Israël au début des années 70 avec sa guitare et toutes les illusions de l’époque. Bien que non-juive, elle s’est engagée comme volontaire pour travailler dans un kibboutz israélien. Gauchiste militante, elle veut vivre l’expérience du seul communisme intégral vraiment réussi. Elle est affectée à Tel Nir, non loin de la frontière libanaise. Accueillie à bras ouverts, elle y découvre un lieu de vie plutôt spartiate, mais bénéficiant d’une ambiance chaleureuse et fraternelle. Des jeunes venus de tous les horizons y travaillent dans la bonne humeur, partagent tout, chantent, dansent, s’amusent et se découvrent. Marion s’y fait très vite tant d’amis qu’elle considère très vite Tel Nir comme sa nouvelle famille. Un jour, elle tombe éperdument amoureuse du très beau et très viril Yaïr qui aime bien lui faire l’amour, mais sans s’engager plus, ce qui désole la jeune fille. Mais voilà que se déchaine la guerre du Kippour. Yaïr, gradé de Tsahal doit partir se battre. Marion est effondrée…

Ma critique

« Du kibboutz à l’Intifada » est un témoignage bien écrit et fort intéressant dans la mesure où assez peu d’ouvrages français traitent de la vie des kibboutznicks de ces années-là. Au fil de ses nombreux séjours échelonnés sur une vingtaine d’années, l’auteure a appris l’hébreu qu’elle parle couramment au point de sembler suspecte lors de ses passages à la douane. Le lecteur découvrira en même temps que l’auteure la lente dégradation de l’idéal communautaire au profit de l’individualisme et de la consommation ainsi que la dérive autoritaire et même totalitaire d’un régime qui se permet de raser des oliveraies, de faire exploser des maisons construites sans une autorisation qu’il n’accorde jamais, de passer au bulldozer des villages entiers pour y implanter des camps militaires ou des colons, et ainsi de réduire à la misère et au désespoir tout un peuple, premier et légitime propriétaire de ces territoires. Marion apprendra l’arabe, fera connaissance de nombre de Palestiniens et s’apercevra que ce ne sont pas les monstres assoiffés de sang que la plupart des Israéliens imaginent. L’histoire s’arrête avec les caillassages de l’Intifada et le départ de la narratrice, le cœur brisé par deux amours irréconciliables…

Ma note

4,5/5

ESSAIS

RUES BARBARES (SURVIVRE EN VILLE) (PIERO SAN GIORGIO & VOL WEST)

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Le résumé du livre

Dans notre réalité mondialisée et ultra-sophistiquée, il suffit d’une crise économique grave, d’une pandémie, d’un séisme, d’une éruption volcanique, d’un cataclysme naturel quelconque, d’un conflit ou d’une guerre civile pour que notre quotidien en vienne immédiatement à basculer dans le chaos. Comment réussir à survivre dans ces conditions surtout lorsqu’on habite en ville ? Que faire si l’eau potable qui coule à robinets n’est plus qu’un filet marron à l’odeur repoussante ? Que manger si toutes les supérettes et tous les hypermarchés ont vu leurs rayons vidés dès les premiers jours de l’effondrement et si tous les circuits de distribution sont désorganisés faute de carburant ? Comment pallier le manque d’énergie si le gaz et l’électricité sont coupés de temps en temps ou définitivement ? Comment se soigner si cliniques et hôpitaux sont sinistrés ou simplement hors service par manque d’énergie ou de personnel ?

Ma critique

C’est à toutes ces questions et à quelques autres que tente de répondre « Rue Barbares » qui se présente comme une suite de « Survivre à l’effondrement », autre manuel de survie et de résilience du même auteur. Le lecteur y trouvera bien des similitudes en particulier sur la création d’une base autonome durable (BAD), du sac de survie, de diverses listes de provisions, de matériel médical ou de moyens de défense. Hé oui, le monde des Bisounours et de l’état-providence ne sera plus qu’un lointain souvenir. La loi de la jungle, le règne des gangs et le marché noir seront là pour le remplacer. Quasiment tous les aspects de la survie sont évoqués depuis le stockage et la purification de l’eau jusqu’au troc en passant par la production de fruits et légumes, la conservation, le stockage, la chasse, la pêche, mais aussi l’hygiène et la santé tout comme l’énergie et l’importance du clan. Les simples piles de nos appareils seront rares et chères. Elles pourraient même servir de monnaie d’échange. Certains pourront ne voir que délires anxiogènes dans ce genre d’ouvrage. D’autres y verront une belle illustration de des adages « Prévoir c’est gouverner » ou « Un homme averti en vaut deux ». Raisonnable (sur le chapitre des armes, il préconise de bien respecter la législation du pays), bien écrit (facile à lire et passionnant comme un roman tant il nous fait découvrir de choses), ce livre peut aisément être classé comme un ouvrage de référence sur un sujet aussi délicat que clivant.

Ma note

4,5/5

voyages

SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE (JACQUES GROS)

Le résumé du livre

De début mai à fin juin 2009, Jacques Gros arpente 1200 km du chemin de Saint Jacques de Compostelle. Il part du lieu de son enfance, Saint Amand de Boixe au nord d’Angoulême, pour rejoindre le chemin de Vézelay à la hauteur de Sainte Foy-la-grande. En Espagne, il suit le « Camino Frances » en abattant des étapes de 20 à 25 km par jour. Il commence son périple en compagnie d’un ami qui le quitte à la hauteur de Mont-de-Marsan quand une tendinite oblige l’auteur à s’arrêter deux jours pour récupérer. Chacun son chemin, conclut-il, avant de nous faire partager ses « émotions, ses souffrances, ses sentiments et ses réflexions »…

Ma critique

Ce court ouvrage (117 pages avec nombre de photos et documents) ne peut pas vraiment être classé comme un témoignage, ni comme un carnet de bord, à peine comme un récit. L’auteur a tenu à suivre un plan assez singulier. Dix chapitres. Dix cheminements : à travers le temps, à travers l’espace, à travers la nature, à travers les cinq sens (la vue, l’odorat, le toucher, l’ouïe et le goût) sans oublier l’homme et lui-même. C’est original à première vue. L’ennui, c’est que de cette manière rien n’est abordé en profondeur, tout reste superficiel, sans humanité et même presque artificiel. Peu d’anecdotes, peu de rencontres, peu de partage. On reste dans le narcissisme, l’individualisme et l’égoïsme habituel. On a l’impression de suivre un marcheur dans sa bulle qui passe à côté de l’essentiel. Le chemin ressemble un peu à une auberge espagnole ; on y amène ce qu’on est. Mais là, où est passé son véritable esprit ? Cette ambiance de solidarité, d’empathie, d’entraide, mais aussi de joie, d’innocence et d’amitié qui règne entre les pèlerins ? Jacques Gros ne semble remarquer que les ronflements dans les dortoirs des gites et albergues, que les cyclistes qui le rasent sans crier gare et que les marcheurs bruyants qui dérangent sa sérénité. On peut se dispenser de lire ce compte-rendu sec et sans grand intérêt et lire d’autres témoignages nettement plus vivants et plus chaleureux que celui-ci. Ils sont légions !

Ma note

2,5/5

ESSAISSCIENTIFIQUE

LES 100 REMÈDES NATURELS QUI FONT TREMBLER BIG PHARMA (GABRIEL COMBRIS)

Le résumé du livre

Savez-vous que les médecines douces (homéopathie, phytothérapie, acupuncture, médecines chinoise ou ayurvédique, etc.) sont attaquées de toutes parts ? Ainsi les professeurs Even et Debré ont été interdits d’exercer la médecine pour avoir publié leur livre « Les 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux ». Le professeur Henri Joyeux a été radié pour avoir osé s’interroger sur les risques de certains vaccins. Le docteur Marc Branden est menacé de 10 ans de radiation pour avoir soigné de très nombreux patients atteints de la maladie de Lyme autrement que par les voies officielles. L’herboriste Michel Pierre a été trainé devant le tribunal correctionnel pour la simple promotion de ses plantes et de ses tisanes. Son confrère, Jean-Pierre Raveneau, a été condamné en 2016 à un an de prison avec sursis pour exercice illégal de la pharmacie en récidive alors qu’il est lui-même pharmacien. Souvent les médias relèguent les médecines douces au niveau du charlatanisme voire de la sorcellerie. La médecine allopathique poussée par Big Pharma, qui se soucie plus de ses profits que de la santé des patients, se montre de plus en plus totalitaire à défaut d’être toujours efficace. Mais pour nombre de pathologies, c’est l’approche naturelle qui devrait être considérée comme la première et la meilleure des médecines. Il ne faudrait pas oublier le fameux principe d’Hippocrate : « Primum non nocere » (d’abord ne pas nuire).

Ma critique

Cet ouvrage de vulgarisation médicale peut être une référence en la matière. L’auteur s’est donné pour objectif de présenter un grand nombre de maladies, handicapantes ou non, chroniques ou non et de proposer des moyens alternatifs de retour à la santé. Le lecteur va de découvertes en découvertes en lisant ce livre qui se dévore comme un roman. Ainsi apprend-il que la médecine chimique est complètement dépassée sur le terrain de la maladie d’Alzheimer et sur celui de nombreux cancers. Que l’arthrose, la maladie de Parkinson et bien d’autres pathologies ne se soignent pas comme on le croit généralement. Qu’il est possible de faire revenir à la normale un taux élevé d’hypertension par la pratique d’un régime alimentaire de chasseur-cueilleur et que les premiers effets peuvent se constater en une semaine. Que le sucre, les métaux lourds, les additifs et l’alimentation trop riche en protéines de mauvaise qualité sont préjudiciables à notre santé tout comme l’excès de produits laitiers qui ne sont pas nos « amis pour la vie » comme le prétendait le vieux slogan d’une agence qui avait pour mission de faire écluser la surproduction de lait en Europe. Ceci pour ne citer que quelques exemples. Chacun aura de quoi puiser à sa guise, même dans l’annexe qui propose dix remèdes naturels, simples, efficaces et méconnus. L’auteur a voulu ouvrir des pistes, faire sortir des thérapies de l’ignorance et même de l’interdit. À chacun de se faire son idée et même d’approfondir ensuite la question si besoin est…

Ma note

4,5/5

HISTORIQUEROMAN

LE CRÉPUSCULE ET L’AUBE (KEN FOLLETT)

Le résumé du livre

997. Le sud de l’Angleterre vit sous la menace des fréquents pillages et ravages des terribles Vikings. Une nuit, le jeune Edgar, habile constructeur de bateaux, quitte discrètement sa famille dans une barque qu’il a fabriquée en imitant la forme d’un drakkar. Il veut s’enfuir avec Sunmi, la femme qu’il aime mais qui est mariée avec un autre. C’est alors qu’une attaque viking se produit dans son village. Il se précipite pour prévenir les moines et les habitants en sonnant la cloche de l’église. Dans la confusion générale, il finit par retrouver Sunmi morte assassinée, tout comme son propre père. Sa maison familiale et le petit chantier naval ont été détruits par un incendie. Seuls sa mère et ses deux frères ont échappés de justesse au massacre. Mais les voilà tous sans-abri ni ressources. Deux jours plus tard, accompagné de ses deux frères Wigelm et Wilwulf, Wynstan, évèque de Shiring, vient constater les dégâts qui sont plus importants que ce qu’il imaginait. Il va devoir réduire son train de vie luxueux et même faire quelques sacrifices, ce dont il a horreur. Il octroie néanmoins à la famille d’Edgar la permission de cultiver une misérable petite ferme que les précédents occupants avaient abandonnée pour ne pas mourir de faim.

Ma critique

« Le crépuscule et l’aube » est un roman historique-fleuve (852 pages) de lecture un brin laborieuse. Il ne s’agit pas d’une saga foisonnante, pleine d’évènements et de personnages divers et variés, mais d’une histoire ne s’étendant que sur une dizaine d’années, sur un territoire restreint et ne mettant en scène qu’un nombre réduit de personnages pour la plupart vénaux, cruels et antipathiques, à l’exception d’Edgar, de Ragna et d’Aldred. Follett use et abuse de la recette qui a fait son succès : alterner les scènes de sexe et d’amour avec celles de barbarie et d’horreur. De ce côté-là, il faut bien reconnaître que les lecteurs sont grassement servis. Assassinats, tortures (castration et énucléation), viols, incendies et humiliations en tous genres ne manquent pas. Il faut bien que ce chapitre de l’histoire anglaise corresponde à l’image qu’il convient de s’en faire actuellement, celle d’une époque barbare, ignare et tristement obscurantiste. Les vrais amateurs d’Histoire en seront pour leurs frais. Quant aux autres, sans doute trouveront-ils que ce pavé un brin ennuyeux et poussif est loin être le meilleur de cet auteur.

Ma note

3,5/5

ESSAIS

SIDA,OPIUM, DIAMANTS ET EMPIRE (NANCY TURNER BANKS)

Le résumé du livre

Le SIDA, cette étrange pandémie dont personne, ni l’Américain Gallo, ni le Français Montagnier ne parvinrent à vraiment isoler le virus, fut créé de toute pièce pour masquer deux crises sanitaires : l’empoisonnement des jeunes par la drogue dans le monde occidental (héroïne, cocaïne, poppers et autres) ainsi que l’empoisonnement industriel (pesticides, fongicides, additifs, fluor et autres) et le bouleversement social en Afrique. Sans oublier, histoire de faire d’une pierre deux coups, de gigantesques profits pour Big Pharma grâce à la vente de médicaments onéreux, souvent inefficaces et parfois dangereux. Vous avez dit « drogues » ? Mais cette histoire n’est-elle pas le retour de boomerang de la guerre de l’opium menée contre la Chine il y a fort longtemps par la Compagnie britannique des Indes Orientales ? Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, une compagnie privée avait autorisation de s’octroyer des marchés n’importe où sur la planète, à n’importe quel prix, même celui d’une guerre privée, menée avec des armées ne représentant pas un pays ! Et tout cela pour de l’argent. Quel meilleur symbole de celui-ci que le diamant extrait en Afrique du sud par des mineurs africains dans des conditions si déplorables qu’ils furent atteints de silicose que l’on maquilla en pneumonie causée par le SIDA. Ainsi la boucle fut-elle bouclée pour l’empire…

Ma critique

« SIDA, opium, diamants et empire » est un essai à base médicale et scientifique très fouillé et très sourcé. Toute l’escroquerie du SIDA y est minutieusement détaillé. C’est parfois très technique voire un brin rébarbatif à lire parfois pour le béotien que je suis. Cependant l’analyse générale de la sombre machination, dont le SIDA n’est que le fil rouge, est si passionnante que l’on est récompensé de son effort quand on découvre les rapports existant entre les stratégies de l’économie de marché, la destruction de la souveraineté nationale (qui ne date pas d’hier) par le processus de mondialisation et cette pandémie loin d’être survenue par le hasard de la copulation malencontreuse d’un singe vert ! Il y a cent ans, le complexe industriel pharmaco-médical commença à passer sous le contrôle des titans du capitalisme financier (comme « Old Bill Rockefeller » et ses flacons de « Nujol » qui guérissaient tout, même le cancer) dont le but était déjà de réaliser un maximum de bénéfices et non de vaincre la maladie. Un ouvrage intéressant dont le volet d’histoire sociale est à ne pas manquer, surtout si l’on veut comprendre le chapitre suivant, celui du « coronacircus ». En attendant la suite…

Ma note

4/5

HISTORIQUE

GOUVERNANTS INVISIBLES ET SOCIÉTÉS SECRÈTES (SERGE HUTIN)

Le résumé du livre

Quand on évoque les sociétés secrètes, on pense immédiatement aux Francs-maçons, aux Rose-Croix, mais aussi au B’naï Brith, voire aux Illuminés de Bavière et on ne peut que se référer aux hommes célèbres qui les créèrent ou en firent partie comme Gurdjieff (qui a déclaré : « J’ai la possibilité d’accéder au saint des saints de presque toutes les organisations hermétiques, telles que sociétés religieuses, occultes, philosophiques, politiques ou mystiques qui demeurent inaccessibles à l’homme ordinaire… »), ou comme le fameux « mage » britannique Aleister Crowley ou encore de grands initiés comme Weishaupt, Cagliostro, Saint Germain, Goethe, Hugo et tant d’autres. Cependant, faire partie d’une de ces sociétés secrètes ne suffit pas pour devenir un des gouvernants invisibles, encore faut-il atteindre l’échelon le plus élevé de la hiérarchie (le 33ᵉ par exemple), autant dire le sommet de la pyramide, celui des véritables maîtres, tous totalement inconnus du grand public et tenant d’ailleurs à le rester coûte que coûte. Toute violation du secret étant punie de mort, il est facile de comprendre que bien peu de chose filtre à ce sujet.

Ma critique

Paru en 1971, « Gouvernants invisibles et sociétés secrètes » se présente comme une enquête toujours d’actualité dans la mesure où l’auteur étaie sa théorie sur de nombreux exemples historiques comme les coulisses de la Révolution française, qui ne fut pas aussi spontanée que l’histoire officielle veut bien le raconter, ou comme la vertigineuse ascension de Napoléon Bonaparte qui ne peut s’expliquer que par le soutien apporté par le pouvoir occulte (Fraternité hermétique de Louxor et Illuminatis). Il en fut de même des carrières de Richelieu et de Disraéli, de l’incroyable fortune de Jacques Cœur voire du pouvoir d’Hitler, Lénine et Staline, entre autres. Cet ouvrage, bien écrit et très agréable à lire, s’il n’apprend pas grand-chose à ceux qui sont déjà bien informés sur le sujet, peut très bien servir de base de départ pour les recherches des autres. L’ennui, c’est que quand Hutin aborde des périodes plus proches de nous, son étude semble moins fouillée, et nettement plus superficielle. (Synarchie, Cagoule, Ordre du Temple solaire, juste quelques lignes en fin d’ouvrage).

Ma note

4/5

ESSAIS

JOURNAL D’UN REMPLACE (GREGORY ROOSE)

Le résumé du livre

Selon l’auteur, nous ne serions pas confrontés à un « remplacement », mais en réalité à deux. Un « petit » remplacement qui correspondrait à un changement de classe, de références culturelles perpétré grâce à une inversion généralisée des valeurs traditionnelles et à un déni systématique de la réalité. Et un « grand » remplacement qui, lui, est une substitution ethnique, les allogènes submergeant peu à peu les indigènes par le biais d’une immigration incontrôlée et d’une natalité plus importante. Chaque jour ou presque, nous amène son lot d’actes de violence que les médias classent comme « faits divers » ou comme honte pour la société et grande cause nationale selon l’origine de ou des auteurs. Ainsi le jeune Théo Luhaka eut-il droit dans un premier temps à toute l’attention empathique des médias. Il fut présenté comme la malheureuse victime d’un viol perpétré par des policiers indignes. Quelque temps plus tard, après enquête, le parquet reconnaîtra qu’il n’y eut aucun viol. L’individu sera d’ailleurs mis en examen pour escroquerie en bande organisée, blanchiment, faux et usage de faux et travail dissimulé. Mais auparavant, François Hollande s’était immédiatement précipité à son chevet, ce qui ne fut pas le cas pour un autre jeune, Yurii, lynché en pleine rue par une bande de racailles venues de Vanves. Pas plus que pour le malheureux Adrien Perez, poignardé en plein cœur pour avoir voulu défendre une jeune femme agressée par des voyous. Pas plus que pour Laura et Maurane, assassinées à la gare Saint-Charles de Marseille ou pour le capitaine Arnaud Beltrame. Indignations à géométrie variable. Deux poids, deux mesures…

Ma critique

« Journal d’un remplacé » n’est pas vraiment un journal dans la mesure où l’auteur ne suit pas un ordre chronologique des évènements, mais les reclasse par thèmes : immigration, insécurité, propagande, écologie, crise sanitaire et autres. Au fil de ces « faits divers », il aborde toutes sortes de sujets comme les élections truquées aux Etats-Unis, la censure sur les réseaux sociaux, la déconstruction du sentiment national, les violences policières, les Black Lives Matter, le communautarisme, le covid, le féminisme 2.0, la cérémonie des Césars, les éoliennes, la COP 21, Greta Thunberg, etc. Tout est vu par le petit bout de la lorgnette. Les analyses sont souvent légères pour ne pas dire discutables. Pour Roose, la crise sanitaire a eu un bon côté, celui du retour de la nature au cœur des villes et d’une nette amélioration de la qualité de l’air. Pas un mot sur les mesures idiotes, inutiles, liberticides et vexatoires. Le chapitre sur l’écologisme est un peu plus travaillé. La jeune Thunberg et ses séides repartent rhabillés pour l’hiver. Celui sur l’insécurité rappelle « La France Orange mécanique » de Laurent Obertone en moins percutant et en moins fouillé. On aurait aimé que tout l’ouvrage se soit affranchi de son côté anecdotique et ait plus viré à l’essai socio-politique, voire au pamphlet, ce qui n’est pas le cas. L’ensemble reste léger et superficiel tout comme le style peu travaillé et même un brin approximatif parfois.

Ma note

3/5

ESSAIS

EPIDEMIES, VRAIS DANGERS ET FAUSSES ALERTES (DIDIER RAOULT)

Le résumé du livre

Quel rapport y a-t-il entre la réalité d’une épidémie et les comptes-rendus médiatiques alarmants qui en sont donnés ? Comment se fait-il qu’on ne s’inquiète pas de maladies réellement mortelles et qu’on mette l’accent sur d’autres finalement assez bénignes ? Pourquoi privilégie-t-on des projections mathématiques (souvent fausses et même de facteur cent dans le cas du coronavirus) au détriment de l’observation de la réalité du terrain ? Et surtout pourquoi faut-il qu’à chaque « nouvelle » épidémie doive correspondre un nouveau et dispendieux médicament et un nouveau « vaccin » en cours d’expérimentation alors que des traitements anciens, peu onéreux et efficaces, sont toujours à la disposition des médecins ?

Ma critique

Cet ouvrage assez court (98 pages) se présente comme un essai de vulgarisation médicale d’accès facile et agréable. Le professeur Raoult, spécialiste reconnu mondialement dans le domaine des épidémies mais traité de charlatan par de malhonnêtes et ignares bateleurs de plateaux télé, y dissèque les caractéristiques et la réalité de diverses épidémies comme l’affaire de l’Anthrax (on se souvient de la fiole brandie à l’ONU pour incriminer Saddam Hussein alors que le virus avait échappé à un laboratoire militaire américain !), celle de la grippe, aviaire, de la grippe porcine, de l’Ebola, très mortelle, mais peu contagieuse, le virus H1N1, celui du coronavirus, Zika, Chikungunya, sans oublier le typhus transmis par les poux et le choléra à Haïti qui fut causé par les excréments jetés à la rivière par des soldats de l’ONU népalais infectés et non par le réchauffement climatique comme le clamèrent les dits « bateleurs ». Sans aller jusqu’au fond des choses (l’écrasante culpabilité des labos de Big Pharma à peine évoquée et avec des pudeurs de violette), cet ouvrage a le mérite de démontrer que dans ce genre d’affaires, il faut toujours raison garder et ne jamais se laisser gagner par des peurs fabriquées. Avoir le calme des vieilles troupes.

Ma note

4/5

SCIENCE-FICTION

LE GUÉRISSEUR DE CATHÉDRALES (PHILIP K. DICK)

Le résumé du livre

Joe Fernwright propose à de lointains IA des définitions de mots croisés bizarres ou des phrases sibyllines du genre « le persil perspicace se suce le pouce » ou « l’interjection n’a pas d’expérience ». L’interlocuteur n’a droit qu’à cinq petites minutes pour proposer une réponse ce qui arrive rarement. Bien que Joe soit l’un des meilleurs compétiteurs, il songe à quitter le Jeu. Il dispose d’une cagnotte de 65 pièces, soit 10 millions de dollars en timbres-primes qu’il distribue à des inconnus. Un jour, il reçoit un message anonyme : « Guérisseur de poteries, j’ai besoin de toi et je suis prêt à bien te payer. » Joe accepte la proposition. Et le voilà parti dans un vaisseau spatial vers la lointaine planète du Laboureur avec quelques autres recrutés comme lui par un certain Glimmung. Ils ont tous pour mission de renflouer la cathédrale Heldscalla puis de la reconstruire sur la terre ferme. Mais les « Kalendes », un livre saint et prophétique qui peut dévoiler le passé, le présent et le futur, leur prédit que l’œuvre échouera et que la plus grande partie des employés de Glimmung seront détruits…

Ma critique

« Le guérisseur de cathédrales » est un roman de science-fiction un peu particulier. Il parut sous différents titres et traductions. L’intrigue en est sombre et quasi désespérée. Il faut préciser que l’auteur traversait une période difficile quand il l’écrivit. Sa femme l’avait quitté et il souffrait de la prises de diverses substances peu licites. Le texte s’en ressent. Sans être abscons, il semble moins fluide et moins abouti que d’autres titres plus connus. Rien ne fonctionne dans cette mission de bras cassés. Glimmung se révèle une sorte de monstre doublé d’un second, un Glimmung noir qui n’est peut-être que la face cachée du personnage. De même, la cathédrale a son double maléfique. Et quand Joe, qui n’arrive à rien et sent que l’affaire tourne au vinaigre, veut quitter le groupe et revenir à ce qu’il sait le mieux faire, il ne produit plus rien de valable. Allégorie de la propre vie de Dick ? Sans doute. Cette histoire, qui peut aussi se lire comme un conte philosophique noir et désabusé, pose les thématiques de la vie, de l’amour, du sacrifice, de la réussite et de l’échec d’une existence entre autres. On peut aussi y voir un roman à clé. Intéressant donc, mais pas le meilleur opus du maître.

Ma note

3/5

ESSAISHISTORIQUE

DISCOURS SUR LA DETTE (THOMAS SANKARA & JEAN ZIEGLER)

Le résumé du livre

Le 29 juillet 1987, le jeune nouveau président du Burkina-Faso (ex-Haute-Volta) prononce un discours qui restera dans les annales devant tous les chefs d’États africains rassemblés dans l’Afrika Hall d’Addis-Abeba. Il surprend tout le monde quand il déclare que les dettes souveraines qui grèvent lourdement les économies de leurs pays ne pourront sans doute jamais être remboursées et ne devraient d’ailleurs ne pas l’être. En effet, par le biais des intérêts cumulés, cette dette finira par être payée plusieurs fois. Et chaque année, l’Afrique verse en remboursement beaucoup plus que le total de toutes les aides et subventions accordées par les gouvernements occidentaux. Il les exhorte donc à faire front commun pour obtenir cette annulation. Peu de temps plus tard, le 15 octobre de la même année, au cours d’un nouveau coup d’état militaire fomenté depuis l’étranger, il est renversé et assassiné par des soldats à la solde de son ami et rival Blaise Compaoré, lequel récupérera dans la foulée la présidence du pays.

Ma critique

Ce texte majeur est présenté dans un long prologue détaillé signé Jean Ziegler, lequel le replace dans le contexte de l’époque. Malgré une richesse évidente en matière premières, en ressources et en hommes, l’Afrique ne décolle toujours pas. Pire, elle semble régresser et s’enfoncer toujours plus dans la misère. Quelques potentats monopolisent les aides financières alors que le peuple souffre. Sankara, militaire honnête (il roule en R5 et n’abuse pas de l’argent du contribuable) et intelligent (il a déjà commencé à lancer tout un train de réformes capitales pour le pays), met le doigt sur le problème numéro un, la dette qui plombe toute l’économie du continent, qui empêche tout développement et réduit toute une partie de l’humanité au rang d’esclave perpétuel. Une analyse impitoyable. Un réquisitoire sans appel et toujours d’actualité contre un système international qui écrase l’Afrique. On a vu depuis que cette machine infernale n’épargnerait personne. À l’époque, seul François Mitterand était partisan de l’effacement de la dette. En Afrique, peu de chefs d’Etat étaient prêts à se libérer de cette tutelle, excepté Kadhafi. On sait que cela fut réglé de façon bien peu élégante. Le capitalisme mondialiste sauvage ne fit aucun cadeau !

Ma note

4/5

NOUVELLES

LES CONTES D’UN MATIN (JEAN GIRAUDOUX)

Le résumé du livre

À cours de nourriture, Ulysse et ses compagnons font escale sur une île habitée par un cyclope, géant carnivore doté d’un unique œil au milieu du front. Ulysse doit user de toute sa finesse et de toute sa rouerie pour être épargné par le monstre… Edouard Personne passe en jugement. Il est accusé d’avoir trucidé au couteau le directeur des docks de Californie. Il a même été blessé dans la bagarre. Sera-t-il exécuté ?… Aveugle-né, Polyte Rigolet exerce son métier de mendiant toujours au même endroit, l’extrémité du pont des Arts. Son ami Nénesse Langoury, cul-de-jatte, lui propose d’aller s’installer au Palais-Royal, histoire de changer de décor. Polyte refuse, car il ne veut pas faire d’infidélité à sa clientèle attitrée. Et c’est là que ses ennuis commencent… L’amant de la femme de Sherlock Holmes sort à peine de chez sa maîtresse quand il tombe pile sur le célèbre détective à casquette qui trouve ça louche et le bombarde de questions avant d’arriver à une conclusion surprenante…

Ma critique

« Les contes d’un matin » est un charmant recueil de douze contes et nouvelles qui parurent à l’origine dans les colonnes de deux journaux, « Le Matin » et « Paris-Journal » de 1908 à 1912 et dont certaines furent signées de pseudonymes. Le jeune Giraudoux n’avait alors que 26 ans. Il avait débuté comme écrivain quatre années plus tôt. Et pourtant, tous les textes sont de qualité, agréables à lire, pétillants, parfois surprenants et toujours pleins d’humour. Le lecteur y retrouvera l’ambiance joyeuse, insouciante et bon enfant de la « Belle époque ». L’auteur s’y essaie à toutes sortes de styles et de registres. En premier, l’amour juvénile, plein de rêves et d’illusions, mais aussi de légèreté et de truculence, et puis l’antiquité et la mythologie avec « Le cyclope », sans doute la meilleure des douze, sans oublier la fantaisie et l’étrange avec « L’ombre sur les joues », la plus sombre et la plus triste du lot. Le lecteur appréciera aussi les contes mettant en scène les petites gens et les petits métiers de Paris. Les thèmes du temps et de la destinée sont toujours présents derrière la légèreté et le charme de ce jeune auteur déjà chevronné.

Ma note

4/5

ESSAISPHILOSOPHIQUE

DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE (ÉTIENNE DE LA BOÉTIE)

Le résumé du livre

Depuis l’Antiquité et même depuis la nuit des temps, certains êtres, mégalomanes, psychorigides, pervers narcissiques, sociopathes et autres se sont institués tyrans de leurs tribus ou de leurs peuples. Comment ces derniers ont-ils accepté et même recherché cette domination ? Et pourquoi, en échange d’une sécurité illusoire sont-ils satisfaits de vivre soumis et ne craignent-ils pas de perdre leur bien le plus précieux, leur liberté ? Chez l’humain, l’instinct grégaire est si prégnant que s’il imagine qu’une majorité de ses concitoyens se comporte d’une certaine façon, il doit s’y conformer pour ne pas être rejeté par le troupeau. Ainsi nos maîtres n’ont-ils de pouvoir que celui que nous voulons bien leur accorder. Si tous les pouvoirs sont réunis dans les mains d’un seul individu, il doit cependant disposer d’une sorte de garde rapprochée, généralement composée de quelques personnes viles et corrompues, pour diffuser ses ordres. Ce premier cercle passe le relais à un second d’aussi médiocre qualité, mais qui représente quelques dizaines de personne. Et le processus se poursuit avec un troisième cercle plus étendu, puis avec un quatrième, un cinquième, etc. Sans tout ce réseau de connivence et de complicité, rien ne fonctionnerait. Le tyran sait que tout le monde le déteste, mais que, tant que le peuple reste consentant, sa domination est assurée.

Ma critique

Écrit en 1546 ou 1548 par un jeune étudiant en droit ami de Montaigne, « Discours de la servitude volontaire » est un essai socio-politique majeur qui étonne par son intemporalité et sa modernité. Les découvertes de Bernays et autres sur la fabrique du consentement, sur la manipulation des foules (Le Bon) et sur les techniques de propagande ne feront que confirmer ce « discours » d’une étonnante sagesse et d’une remarquable finesse d’observation. L’auteur ne fait pas référence à son époque troublée (guerres de religion), mais à l’histoire en général et à l’Antiquité romaine qu’il connait particulièrement bien. Il cite, entre autres, les cas de Néron et Jules César qui finirent plutôt mal, mais qui, paradoxalement, furent très regrettés par le peuple. À croire que ce dernier était et est toujours un peu maso ! La « traductrice », c’est-à-dire l’adaptatrice, Séverine Auffret, ayant parfaitement su transposer ce texte essentiel en français moderne, contrairement à des versions plus anciennes, le résultat obtenu permet une lecture aisée et parfaitement compréhensible que l’on ne peut que conseiller à qui veut mieux comprendre notre époque, aussi étrange que cela puisse paraître !

Ma note

4,5/5

ESSAISRELIGIEUX

PADRE PIO OU LES PRODIGES DU MYSTICISME (GERALD MESSADIE)

Le résumé du livre

Né à Pietraluna, non loin de Naples, le 25 mai 1887, Francesco Forgione, appelé plus tard Padre Pio, est un enfant chétif et pieux. À 9 ans, il fut témoin d’un miracle qui le marqua. Un enfant difforme et ne tenant pas sur ses jambes, présenté lors de la fête de Pellegrino, se mit soudain à marcher devant lui. À 15ans, il entre au séminaire de Mortone et prononce ses vœux à 23 ans. Une semaine plus tard, il ressent de terribles douleurs aux cinq endroits de la crucifixion du Christ (aux mains, aux pieds et au côté). Bientôt apparaissent des rougeurs, puis des blessures sanguinolentes, les stigmates, qu’il gardera toute sa vie, mais qui disparaitront totalement et aussi mystérieusement qu’elles étaient apparues le veille de sa mort, le 23 septembre 1968. Cependant, pour l’Église catholique, cette histoire miraculeuse fut plus un cauchemar qu’une joie véritable. Padre Pio fut isolé des fidèles de 1919 à 1933, reclus, longtemps interdit de confession et de célébration de la messe en public. Cela ne l’empêcha pas de soulager bien des misères, d’opérer des guérisons inexplicables, d’annoncer des prédictions troublantes et de se trouver en deux lieux à la fois (bilocation). Padre Pio ne fut-il qu’un phénomène de cirque ou de foire ? Une victime de symptômes de type hystérique ou de possession diabolique ?

Ma critique

Cet ouvrage est une étude assez poussée d’un phénomène qui divisa l’Eglise. Le petit peuple chrétien en fit immédiatement un saint. La hiérarchie papale et épiscopale l’ignora, le rejeta ou même le persécuta à l’exception principalement de Jean-Paul II qui vit sa secrétaire sauvée d’un cancer en phase terminale par l’entremise de Pio. Gérald Messadié, auteur assez spécialisé dans le paranormal, n’a pas voulu se lancer dans la polémique, ni tomber dans l’hagiographie classique. Il a cherché à approfondir les interprétations des phénomènes physiques du mysticisme doloriste du Padre Pio. Les diverses hypothèses de travail (hystérie, suggestion mentale, flambées thermiques, énergies venues d’ailleurs, variations du champ magnétique terrestre et autres) ne sont tout aussi peu convaincantes les unes que les autres. Il va même jusqu’à relier cette affaire avec celles des « poltergeist », des univers parallèles et de la physique quantique ce qui ne fait qu’embrouiller un peu plus l’esprit du lecteur. À trop vouloir rechercher la réalité objective, à trop chercher à tout expliquer rationnellement, on n’explique rien. Il est certain que rien moins que 5 médecins se penchèrent sur le cas du religieux capucin le plus célèbre d’Italie et qu’il en fallut 11 pour Anne-Catherine Emmerich, autre mystique stigmatisée. Livre intéressant même si le merveilleux, la foi et le mysticisme n’ont pas la part belle dans ce livre et même si les explications « rationalistes » ne sont guère plus convaincantes.

Ma note

4/5

ROMAN

LE RÉVEIL (LAURENT GOUNELLE)

Le résumé du livre

Un jour, le Président fait une déclaration fracassante au pays. Il a décidé de partir en guerre contre la mort en s’attaquant à ses principales causes. La première étant les accidents de la route, il décrète, après consultation de son « Conseil de défense », ne plus autoriser que la circulation des nouveaux véhicules robotisés avec assistance à la conduite, les seuls parfaitement sûrs car exempts de toute erreur humaine, et de « confiner » les bagnoles classiques, véritables tombeaux roulants. Les médias s’en mêlent en annonçant 24 heures sur 24 et 7 jours sur sept le nombre de décès de la route avec force reportages bien sanglants à la clé. Tom, jeune ingénieur habitant un immeuble dans une lointaine banlieue, est, comme beaucoup d’autres, touché par la mesure. Ne pouvant plus se déplacer, il doit passer au télé-travail. Il vit la situation comme une privation de liberté qui dure trois longs mois et qui le fait peu à peu sombrer dans la dépression faute de rapports humains. S’ensuit l’obligation du port de la minerve pour le bien de tous bien entendu. Puis le Président passe aux excès de consommation de sucre causant diabète et maladies cardio-vasculaires. Pour mieux lutter, chacun devra se faire implanter une puce sous la peau… Et pendant ce temps, à Athènes, Christos, inquiet pour son ami Tom, décide de lui envoyer un résumé des principales techniques de manipulation mentale et de fabrique du consentement des masses…

Ma critique

« Le réveil » est un court roman en forme de conte philosophique dystopique très différent des habituelles productions littéraires de Laurent Gounelle. Devant le silence et la lâcheté de nombre d’artistes, il a eu le courage et le mérite de vouloir appliquer le célèbre précepte d’Albert Camus : « Les deux charges qui font la grandeur du métier d’écrivain sont le service de la vérité et celui de la liberté ». Il a pris la précaution de ne pas se focaliser sur un certain virus ni sur un certain vaccin. Il a préféré explorer d’autres dérives voisines et a même été un peu plus loin que ce que nous avons vécu : disparition de l’argent liquide, reconnaissance faciale, contrôle social à la chinoise, puçage et fichage généralisé. Tout est sourcé (importante bibliographie en annexe), intelligent, bien observé et même un brin humoristique, tant ces techniques de propagande peuvent avoir aussi bien un côté liberticide et humiliant qu’un aspect irrationnel et ridicule. Ouvrage fort bien écrit, qui se lit en quelques très courtes heures, qui donne à réfléchir et qu’il faut conseiller au plus grand nombre en espérant aider à leur « réveil ».

Ma note

4,5/5

ESSAISRELIGIEUX

ÉLOGE DU PÈLERINAGE (GAËLE DE LA BROSSE)

Le résumé du livre

En 30 ans, la fréquentation des chemins de Saint Jacques de Compostelle a été multipliée par cent ! Chaque année, les grands sanctuaires de l’Hexagone attirent plus de quarante millions de visiteurs : 10, 5 millions à Montmartre, 5 à Lourdes, 3,5 au Mont Saint Michel et 1,5 à Rocamadour et à Chartres. La France compte 15 millions de randonneurs pédestres dont beaucoup d’itinérants. Et certains de ceux-ci partent randonneurs et arrivent pèlerins. Cet engouement pour la marche et la pérégrination est-il un simple effet de mode passager ou un phénomène spirituel plus profond et plus durable ?

Ma critique

« Eloge du pèlerinage » est un court essai composé de deux parties bien distinctes. Dans la première, Gaël de La Brosse tente d’analyser les raisons qui poussent marcheurs et pèlerins à prendre leur sac et leur bâton et à se mettre en route vers ces différents sanctuaires. Ceux-ci seraient-ils des « oasis de l’âme », des lieux où souffle l’Esprit, et même de discrets paradis sur terre ? Dans la seconde, plus axée sur le témoignage personnel, elle présente une rapide description des divers pèlerinages qu’elle a elle-même effectués depuis quarante années et dans toutes sortes de circonstances : elle est allée à Chartres 7 fois, à Saint Jacques de Compostelle 6 fois, au Mont Saint Michel 5fois et à Fatima 3fois. Elle a participé au pèlerinage circulaire du Tro-Breizh deux fois et est allée se ressourcer deux fois à Lourdes et une fois à Rocamadour, Tours et Lalouvesc. Cette partie, qui est à notre goût la plus intéressante des deux, aurait mérité de plus amples développements. Le lecteur reste donc un peu sur sa faim avec cet ouvrage plutôt introductif. S’il veut en apprendre plus sur le phénomène, il lui est toujours loisible de lire les autres ouvrages plus techniques de Gaël de La Brosse. Avant de se mettre en marche, bien sûr !

Ma note

4/5

HISTORIQUEROMAN

LE DÎNER DE L’EXPOSITION (MICHÈLE DASSAS)

Le résumé du livre

Le 3 juillet 1858, la jeune et jolie Aurélia se présente à la gare du Nord à Paris avec ses trois enfants, Elizabeth, Auril et Frédéric pour prendre le train en partance pour Calais. Elle compte ensuite prendre un bateau pour Londres où elle doit rejoindre Eugène, son mari. Celui-ci se cache dans la capitale britannique, car il a réussi à échapper à la justice française qui voulait lui infliger une forte peine de prison pour faillite frauduleuse et escroquerie caractérisée. Avocat de profession, il avait voulu se lancer dans les affaires en montant un restaurant de luxe dans la capitale, « le dîner de l’Exposition », basé sur un concept nouveau, le menu unique à prix fixe. Mais devant l’immensité de la dépense, il a émis de plus en plus d’actions, puis il a joué en Bourse l’argent des actionnaires, a perdu et a fini par filer avec une grande partie de la caisse avant que tout soit découvert. Aurélia, elle-même, quarteronne antillaise, non reconnue par son père, Charlemagne, vice-consul de son état, a aussi dû faire face à la justice qui l’accusait à tort de complicité et de recel. Finalement acquittée, la voilà en route vers Londres…

Ma critique

« Le dîner de l’Exposition » est un roman sentimental de facture tout à fait classique. Dotée d’une fort belle plume, Michèle Dassas dispose d’un style assez proche de celui des écrivains du XIXᵉ siècle. Le lecteur ne peut donc qu’être d’accord avec la dédicace en forme d’éloge apportée par l’historien guadeloupéen, Auguste Lacour : « J’y ai trouvé la manière de raconter de Gustave Flaubert, l’un de mes auteurs préférés ». Il ne peut également qu’être en empathie avec le beau personnage de femme incarné par Aurélia, cette belle métisse, fruit de l’amour d’une esclave noire et d’un notable blanc, qui, s’il ne la reconnut pas à la naissance, se rattrapa assez honorablement à la fin de sa vie. L’intrigue comporte pas mal de tribulations et de déceptions sentimentales avec cette existence un peu compliquée de femme hors norme, obsédée par l’apparence et la réussite sociale. On notera également le nombre important de décès dans cette histoire. Et en particulier celui du mari escroc qui aurait mérité plus amples développements ce qui aurait ajouté le piment d’un volet policier au récit. Au total, un ouvrage apprécié plus pour la forme que pour le fond même s’il est très axé sur les rapports sociaux et raciaux dans les îles il y a près de deux siècles.

Ma note

3,5/5

AUTOBIOGRAPHIES

LA SAINT TOUS LA (TANGI COLOMBEL)

Le résumé du livre

Dans les années quatre-vingt, à Loudéac, Berlureau, le père et Marie-Madeleine, la mère dite Marie Moitié, et leurs quatre enfants, Nolwenn, l’aînée, Emmanuelle, le « bébé », la « fleur différente », Marine et Tangi, le petit dernier et le narrateur par la même occasion, forment une jolie famille, bruyante et chaleureuse. Tout ce petit monde vit heureux et insouciant dans une maison aux murs de granit et au toit d’ardoises dans une propriété spacieuse jusqu’au jour où l’entreprise familiale de pierres tombales où travaille Berlureau doit déposer le bilan. Et là, « une chape de plomb » s’abat sur l’enfance joyeuse de Tangi. Le père, devenu chômeur, ne retrouve pas de travail, mais fait contre mauvaise fortune bon cœur en se déclarant « homme au foyer ». La famille commence à tirer le diable par la queue, à voir les factures impayées s’accumuler et à se retrouver avec l’électricité coupée. Cela n’empêche pas Tangi et sa complice Marine de se livrer à toutes sortes de facéties comme grimper sur le toit de la maison pour marcher le long des gouttières ou aller nuitamment dans le cimetière pour y fouiner dans un vieux caveau…

Ma critique

« La Saint Tous là » est un charmant récit autobiographique qui ne peut laisser personne indifférent. Le jeune Tangi grandit au sein d’une famille formidable, chaleureuse, résiliente, attachante, ouverte aux autres. Chez les Loiseau, la porte est toujours ouverte et les éclopés de la vie y séjournent volontiers pour y reprendre des forces. On a peu, mais on partage. On n’a pas beaucoup de sous, mais on fourmille d’idées pour s’en sortir, comme collecter des centaines de bouteilles vides pour récupérer l’argent de la consigne. Tangi, huit ans, rêve de passer à « l’Ecole des Fans » la célèbre émission télé de Jacques Martin. Il s’imagine déjà brûler les planches comme acteur ou comme chanteur, ce qu’il réalisera plus tard, de l’autre côté de l’Atlantique. On a dit qu’on ne pouvait pas faire de bonne littérature avec de bons sentiments. Tangi Colombel a fait mentir l’adage, car il a su trouver un ton léger, un brin décalé, un style fluide et agréable plein d’expressions truculentes, de néologismes amusants et de trouvailles lexicales (« carlingue branzigueulante », « faire du tarapompon », « trichobézoards de chats », etc.) pimentées de quelques mots de breton heureusement traduits en bas de page. Il a su trouver les mots « bleus » pour parler d’Emmanuelle, sa sœur handicapée mentale dans un chapitre particulièrement touchant. Rien que pour ce passage (et pour tout le reste d’ailleurs), il faut absolument lire ce livre plein d’émotion, de pudeur, de franchise, d’honnêteté et de tendresse. Ça fait un bien fou en ces temps sinistres !

Ma note

4,5/5

ESSAIS

MARCHANDISER LA VIE HUMAINE (MARIA POUMIER)

Le résumé du livre

Le 29 juillet 2020, les députés ont voté l’ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) à toutes les femmes quel que soit leur statut et avec remboursement par la sécurité sociale. Grâce à la crise sanitaire, le projet mondialiste de marchandisation de la reproduction humaine s’est ainsi brusquement accéléré… En France, un couple sur six n’arrive pas à avoir d’enfant sans intervention de la technologie médicale. La production de spermatozoïdes est en chute libre ces dernières années en Occident. Pesticides dans les végétaux, hormones chez les animaux et produits chimiques divers et variés dans notre nourriture seraient les causes de cette avancée massive de la stérilité humaine, sans oublier la prise prolongée de contraceptifs chez les femmes ainsi que la consommation excessive de drogue et d’alcool pour tous. Cette stérilité peut amener à l’adoption, la plupart du temps à l’étranger (le nombre d’enfants français éligibles restant très insuffisant face à la demande) avec tous les trafics lucratifs et scandaleux que cela implique (Arche de Zoé). Le mariage des homosexuels a également placé dans les tuyaux la GPA (grossesse pour autrui ou grossesse pour de l’argent) avec son lot de souffrances pour les mères porteuses, sans parler de la transformation de l’enfant en marchandise que l’on vend, achète et arrache à sa mère (souvent pauvre) pour le confier à des personnes (toujours nanties) qui l’emmènent dès sa naissance loin d’elle et même vers d’autres cieux.

Ma critique

« Marchandiser la vie humaine » est un essai sur un sujet brûlant, celui de la réduction de l’enfant, mais aussi de la femme et de l’homme au niveau de l’objet, une réification qui devient possible avec toutes les lois sociétales qui, en apparence, apportent un plus, en particulier aux femmes voulant disposer de leur corps, mais en réalité aboutissent, étapes par étapes, à une forme d’esclavage moderne et à une négation du caractère sacré de la vie humaine. Le tout pour satisfaire un certain droit à l’enfant en bafouant les droits de l’enfant. S’il évoque discrètement les possibles affreuses dérives, comme la pédophilie, la prostitution en réseaux ou les trafics d’organes, le livre ne s’étend pas particulièrement sur le sujet. Le lecteur remarquera également plusieurs contributions permettant d’illustrer ou compléter le propos en fin de volume. Lucien Cerise, avec un article plein de tonus et de bon sens comme à son habitude. Françoise Petitdemange et Sébastien Renault présentent d’autres aspects de la question comme les volets juridiques avec quelques affaires retentissantes de couples d’homosexuels ayant profité de grossesses de mères porteuses à l’étranger et ne pouvant pas rentrer en France avec le fruit des entrailles d’une autre. Armada, quant à lui trace un parallèle assez troublant entre la traite négrière et cette marchandisation. (Affreux néologisme d’origine anglo-saxon, noterons-nous au passage, qui n’a guère d’équivalent en vrai français si ce n’est « trafic », « vol » ou « contrebande », qui ne sont pas des euphémismes, eux.

Ma note

4/5

AUTOBIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

DANS LA DÈCHE A PARIS ET A LONDRES (GEORGE ORWELL)

Le résumé du livre

Dans les années 30, George Orwell, encore inconnu, séjourne à Paris dans un quartier défavorisé qu’il nomme « le Coq d’or ». Dans un hôtel miteux, il loue une petite chambre remplie de cafards pour la modique somme de 35 francs. Il survit en donnant quelques cours d’anglais. Un jour, il se fait voler son modeste pécule et se retrouve ainsi à essayer de survivre avec juste 6 francs par jour. Il réduit drastiquement son train de vie, ne donne plus son linge à laver, ne va plus au restaurant et doit se contenter d’un peu de pain, de vin et de margarine. Il commence à s’ennuyer ferme. Puis l’été arrivant, il perd ses élèves et ainsi ses tout derniers revenus. Il ne lui reste plus qu’à proposer toute sa garde-robe au Mont-de-Piété. Il s’attend à recevoir au moins 300 francs, on ne lui en donne que 70. Il finit par trouver une place de plongeur dans les cuisines crasseuses d’un hôtel. Il doit y trimer dans la chaleur et la saleté six jours sur sept et jusqu’à 17 heures par jour. Le samedi, il ne lui reste plus qu’à aller se saouler jusqu’à deux heures du matin… Quand il rentre à Londres, sa situation empire encore. Il devient carrément clochard…

Ma critique

« Dans la dèche à Paris et à Londres » est un témoignage émouvant sur un épisode peu connu de la vie du célèbre auteur de « 1984 », doublé d’une étude comparative de la pauvreté dans les deux capitales. La vie y est aussi terrible pour les SDF de chaque côté du Channel avec des difficultés supplémentaires du côté britannique. Si un clochard peut dormir sur des cartons au-dessus d’une bouche de métro ou ailleurs à Paris, c’est impossible à Londres où la police veille à ce que personne ne dorme dehors, même assis sur un banc. La mendicité y est aussi interdite et passible d’emprisonnement. On ne peut rester qu’une seule nuit dans des asiles crasseux, bondés et mal chauffés. Seule compensation, le thé et les deux tartines de pain des instituts religieux genre Armée du Salut en échange d’une assistance aux offices. Un des chapitres va même plus loin dans l’étude sociologique des « tramps » (vagabonds, traine-savates) anglais dans laquelle Orwell cherche à tordre le cou à toutes sortes d’idées reçues. Non, on ne devient pas clochard par esprit nomade ou par alcoolisme. Non, les SDF anglais ne peuvent pas être des ivrognes, car ils n’ont même pas les moyens de se payer la moindre pinte de bière. Et s’ils trainent lamentablement dans les villes et sur les routes, c’est qu’ils y sont obligés par la règle idiote d’une seule nuit en asile. Orwell propose des solutions très proches de celles des « Compagnons d’Emmaüs » du célèbre Abbé Pierre pour réhabiliter par le travail ces hommes privés de tout. Intéressant et toujours d’actualité à presque un siècle de distance.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

MENSONGES D’ÉTAT (PHILIPPE PASCOT)

Le résumé du livre

Chaque jour qui passe, Philippe Pascot découvre une nouvelle forfaiture, un nouveau mensonge, un autre politicien tricheur, menteur, voleur ou corrompu de plus. Pour moraliser la vie politique et éviter les emplois fictifs (type Fillon), les parlementaires ne peuvent plus prendre pour assistants épouse ou enfants, mais ils ne se gênent pas pour les remplacer par leurs maîtresses ou par les femmes et enfants de collègues avec retour d’ascenseur bien sûr ! Un casier judiciaire vierge pour pouvoir se présenter à n’importe quelle élection a été annoncé par Emmanuel Macron, alors qu’il n’en a rien été en réalité et que des ministres mis en examen et impliqués dans les affaires les plus sordides sont restés tranquillement à leurs postes ! Du 17/11/2018 au 31/07/2019, il y eut la bagatelle de 2500 blessés parmi les manifestants gilets jaunes dont 450 gravement atteints, deux morts, plusieurs dizaines d’éborgnés par des tirs tendus de flash-balls au visage et des dizaines de mains arrachées à cause des grenades de dés-encerclement interdites dans de nombreux pays européens. Aucune sanction prononcée pour cette avalanche de débordements policiers inadmissibles alors que le président Macron avait promis d’être intraitable face aux violences policières. Les mensonges du monde politique sont innombrables : âge de départ à la retraite, nuage de Tchernobyl bloqué à la frontière, Rainbow Warrior, affaire Cahuzac, etc.

Ma critique

« Mensonges d’état » est un essai sur un sujet brûlant. Ce n’est pas un pamphlet ni même un réquisitoire politique, mais une simple compilation de faits et de déclarations accablantes ou ridicules comme cette déclaration d’Emmanuel Macron, copieusement sifflé et hué lors du défilé du 14 juillet, prétendant sans la moindre vergogne que c’étaient les militaires qui étaient visés et non lui-même ! Devant une telle accumulation, le lecteur ne peut que s’indigner et se demander si le mensonge n’est pas l’essence même de la politique et si celle-ci n’est pas totalement incompatible avec la morale. Et le mensonge va très loin. Ces gens ne se contentent pas de nier la réalité, ils vont jusqu’à détourner le sens des mots, pratiquer une sorte de novlangue à la Orwell. Ainsi parle-t-on « d’optimisation », de « contrat de confiance », de « non fermeture » d’écoles alors qu’on ferme des classes par centaines et de « sauvegarde » de l’hôpital alors qu’on ferme des lits par milliers et des services par dizaines. Un ouvrage salutaire, à conseiller à tous, ne serait-ce que pour entrevoir la réalité derrière les rideaux de fumée du mensonge. Oui, le mensonge gouverne toujours et partout. Et encore cette enquête s’arrête-t-elle juste avant la crise sanitaire qui fut un summum dans le genre…

Ma note

4,5/5

BIOGRAPHIESROMAN

MOI, ANTOINE DE TOUNENS, ROI DE PATAGONIE (JEAN RASPAIL)

Le résumé du livre

Antoine de Tounens, issu d’une modeste famille de paysans périgourdins naquit le 12 mai 1825 dans le hameau de La Chèze, commune de Chourgnac, non loin de Tourtoirac, lieu où il mourut dans la misère le 17 septembre 1878. Enfant intelligent, il fut vite repéré par son maître d’école surnommé le « Régent » lequel l’encouragea à poursuivre ses études jusqu’au baccalauréat qu’il obtint aisément. En 1841, il entra à l’école de droit de Bordeaux. Deux années plus tard, le voilà devenu clerc de notaire dans une étude de Périgueux. Puis la vente de terres paternelles lui permit de s’acheter une charge d’avoué dans laquelle il s’ennuya très vite. Antoine rêvait de devenir roi dans un pays lointain, la Patagonie. Il commença par obtenir de récupérer la particule perdue sur son nom de famille, demanda un prêt à la banque et fit imprimer proclamations, manifestes et cartes de visites, et fabriquer monnaie, médailles, drapeaux et uniformes avant de s’embarquer vers un territoire encore vierge, mais déjà disputé par les Chiliens et les Argentins. Mais la réalité ne sera pas à la hauteur de ses ambitions. Les indigènes sur lesquels il comptait se révèleront d’incorrigibles alcooliques incapables de faire face au défi de la modernité.

Ma critique

Cet ouvrage, qui recueillit en son temps un certain succès, se présente comme une biographie romancée, mais assez fidèle néanmoins de la vie d’un petit avoué de province qui se rêvait un destin fastueux et qui ne connut que misère, avanies et moqueries. Raspail ne peut s’empêcher de faire intervenir Pikkendorf, un de ses héros récurrents, dont on se demande un peu ce qu’il vient faire dans cette galère. Il y a un petit côté « Don Quichotte » chez Tounens que l’auteur rend parfaitement. Cette quête de l’impossible étoile. Beaucoup de poésie, de rêve et de désespérants retours à la réalité. Personne ne croit au projet d’Antoine, même pas ses amis francs-maçons de Périgueux. Personne ne croit vraiment à son statut de roi, même pas les rapins, poètes ou demi-mondaines (Charles Cros, Daudet, Richepin, Arène, Manet, Flammarion, Verlaine, Rimbaud, Coppée) qui le reçoivent dans leurs cercles embrumés de vapeurs d’absinthe ! Il n’est et ne sera jamais autre chose qu’un roi d’opérette ou de carnaval, statut qu’il assumera jusqu’au bout dans l’incompréhension générale et de manière christique, presque avec une couronne d’épines sur la tête. À lire ou à relire. Un des meilleurs Raspail.

Ma note

4,5/5

TEMOIGNAGE

L’AFFAIRE VINCENT (STAN MAILLAUD)

Le résumé du livre

Ancien gendarme reconverti dans la protection individuelle, Stan Maillaud, pour avoir corrigé un peu trop fermement quelques voyous, se retrouve accusé d’organisation factieuse et incarcéré abusivement. Pour ne pas avoir à subir l’obligation de soins psychiatriques décrétée par la justice, il rentre en France. Témoin de l’affaire de pollution volontaire de l’Adour par la société « Métal Blanc », il constate une fois de plus la corruption des magistrats qui se montrent plus que cléments avec le pollueur et la complicité des avocats qui ne défendent que très mollement les victimes. Puis le voilà qui s’intéresse au martyr des enfants sexuellement abusés par leur père qui sont retirés à la garde de leur mère pour être confiés à leur tortionnaire jamais poursuivi. Après un premier échec avec une certaine Corinne Gouget, il récidive dans l’affaire du petit Vincent qu’il veut à tout prix mettre à l’abri de son prédateur, ce qui lui vaudra une cavale sans issue, un séjour en prison pour « soustraction de mineur sans fraude ni violence » et au final une vie de paria et de nomade craignant à tout moment de rejoindre la case prison, voire d’être liquidé…

Ma critique

« L’affaire Vincent » est le témoignage d’un homme intègre, chevalier blanc se voulant défenseur de la veuve et de l’orphelin ou plutôt de l’enfance bafouée et martyrisée. On va de découvertes horribles en révélations terrifiantes. Les Emile Louis, les Alègre et les Dutroux ne sont en aucun cas des « loups solitaires » comme les médias voudraient nous le faire croire, mais de simples exécutants de réseaux pédophiles aux ramifications multiples dont font partie les plus hautes instances du pays aussi bien dans le monde politique que judiciaire. Enlèvements, prostitution d’enfants, viols, tortures et même assassinats seraient la raison d’être de ces réseaux. Les parties « fines » seraient photographiées et filmées à l’insu des participants, ce qui permettrait d’exercer un chantage fort lucratif et même de tenir sous « tutelle » certains personnages haut placés. Mais à la lecture de ce livre, on découvre combien il peut être dangereux de s’attaquer au phénomène. Ouvrage à conseiller à toutes celles et tous ceux qui veulent apprendre quelque chose sur ce terrible sujet, mais à déconseiller aux âmes sensibles. Le sort de ces malheureux enfants (plus nombreux que l’on croit, 100 000, rien que sur les Cdrom de Zandvoort) ne devrait laisser personne indifférent.

Ma note

4/5

AVENTURESESPIONNAGE

LE CRÉPUSCULE DES FAUVES (MARC LÉVY)

Le résumé du livre

Tels des Robin des bois de l’ère numérique, les membres du Groupe 9 réalisent leur premier exploit. En introduisant divers virus, malwares et autres bots, dans des circuits informatiques, ils parviennent à dérober plus de 250 millions de dollars à diverses banques et autres milliardaires peu sympathiques et à les reverser à plusieurs milliers de gens lésés par ces derniers. Pendant ce temps, à Istambul, Maya, partie à la recherche d’une petite réfugiée syrienne porteuse de documents aussi compromettants pour les ripoux oligarques que les célèbres « Panama papers », est repérée par les services secrets turcs et traquée dans la nuit, d’abord en voiture, puis à pied dans la campagne, à travers champs et forêts. Elle finit par leur échapper miraculeusement et par se cacher dans un camp de réfugiés syriens. Parviendra-t-elle à trouver une aide assez efficace pour pouvoir être ex-filtrée du pays ? Le Groupe 9 pourra-t-il récupérer les documents et confondre tous ces fauves prêts à dévorer l’humanité ?

Ma critique

« Le crépuscule des fauves » est le deuxième tome d’une saga d’aventures et d’espionnage qui s’annonce longue et pas particulièrement passionnante. Après la présentation des personnages du premier opus, le lecteur espère entrer dans le dur dans celui-ci. Malheureusement, même arrivé à la dernière page, on sent que l’on est encore fort loin du dénouement, même si quelques miettes, qu’on ne déflorera pas, sont jetées à la toute dernière page sur l’identité du mystérieux neuvième comparse. L’auteur tente de décrire les menées secrètes des oligarques, leur désir d’imposer un nouvel ordre mondial basé sur un crédit social à la chinoise, leur emprise sur les médias, les fake-news, le poids des réseaux sociaux, les psy-ops, les inversions accusatoires et la corruption généralisée. Mais sans doute de peur d’être taxé de complotisme, il ne va jamais au fond des choses et prend bien soin de toujours se maintenir sur le droit fil de la pensée unique en imputant toutes ces turpitudes aux seuls « méchants » patentés du narratif officiel. (Trump, mais également Nigel Farrage que l’on reconnaîtra aisément sous le pseudo de « Garbage », « ordure », Murdoch sous celui de « Berdoch », voire Zuckerberg, relooké en « Sucker »). La narration, se dispersant sur chacun des personnages, manque de cohérence, de punch, de suspens et même parfois de vraisemblance. Un troisième tome est déjà paru. Lévy poussera-t-il le bouchon jusqu’à en tartiner 9 ? Le lecteur risque de vite se lasser des bricolages numériques de cette charmante bande de rocambolesques pirates du net…

Ma note

3/5

AVENTUREROMAN

C’EST ARRIVE LA NUIT (MARC LEVY)

Le résumé du livre

Le « Groupe 9 » est une sorte d’alliance ou de conspiration de « hackers », tous cracks de l’informatique, qui officient conjointement d’un peu partout dans le monde (d’Oslo, de Madrid, de Londres, de Tel-Aviv, d’Istambul et de Paris) sans tous vraiment se rencontrer dans le monde réel, bien que certains soient frères et sœurs, d’autres journalistes, organisateurs de voyage ou en relation avec des services secrets. Tous luttent pour la liberté et la démocratie, contre les voyous, les véreux et les corrompus de tous poils. Ainsi, à Oslo, Ekaterina reçoit une partition étrange à décrypter, laquelle lui permettra de mieux traquer le puissant Stefan Baron, personnage louche et éminence grise de divers lobbys, qui doit rencontrer un certain Vickersen, chef d’un groupuscule néo-nazi norvégien. Il faut dire que les cibles de ces « Robins des bois » 2.0 sont aussi nombreuses que variées. Il y a un milliardaire sulfureux nommé Ayrton Cash, un groupe spécialisé dans la manipulation de l’opinion par le biais de psy-ops (opérations sous fausse bannière) et même une multinationale pharmaceutique toute-puissante qui se permet de monter honteusement le prix de ses médicaments, pénalisant ainsi les malades les plus pauvres…

Ma  critique

« C’est arrivé la nuit » est un roman d’aventures se déroulant dans le monde plutôt glauque des pirates du Net avec ses « White hats, Black hats et Grey hats » (« hackers » gentils, méchants et entre les deux), capables de s’introduire clandestinement dans les ordinateurs les plus sécurisés, d’espionner les gens en piratant leurs portables et bien d’autres choses encore qui ne sont pas à la portée du premier venu. Dans ce tome, qui n’est que le premier d’une série, le lecteur ne trouvera qu’une simple présentation des huit premiers personnages. Le dernier, le numéro neuf, celui sur lequel tout repose, n’est évoqué qu’à la dernière page. Le lecteur reste ainsi sur sa faim et se retrouve accroché et comme obligé de lire le tome 2 de cette série. Truc commercial bien connu. Le style de Lévy est simple et fluide, mais pas spécialement « punchy ». Bien que bénéficiant d’un thème ultra-moderne, ce genre d’ouvrage de divertissement se rapproche plus de nos bons vieux « romans de gare » que des cimes de la grande littérature. Quant aux illustrations que l’on doit à son épouse, Pauline Lévêque-Lévy, ils s’apparentent à des croquis ou à des esquisses exécutées à main levée au stylo noir sur un coin de table…

Ma note

3,5/5

ESSAIS

LA FABRIQUE DU CRÉTIN DIGITAL (MICHEL DESMURGET)

Le résumé du livre

Les écrans sont partout. Ordinateurs, télés, tablettes, smartphones et jeux vidéos ont envahi notre quotidien et celui de nos enfants. Ont-ils un intérêt ? Sont-ils bénéfiques ou plus ou moins dangereux ? Le cerveau des jeunes générations très assidues devant eux (1000 h/ an pour un enfant de maternelle, 1700 h/ an pour un élève de primaire et jusqu’à 2400 h/ an pour un lycéen) se serait-il modifié, serait-il plus réactif, plus apte aux traitements parallèles, plus compétent pour synthétiser d’importants flux d’informations et plus adapté au travail collaboratif ? Ou, au contraire, ces écrans sont-ils dangereux autant physiquement avec les risques d’obésité dus à l’immobilité et à la junk food, de repli sur soi-même (phénomène des « geeks »), de problèmes cardio-vasculaires, d’agressivité, de dépression, de déficit de langage ou de concentration et de baisse des résultats scolaires ? C’est sans doute la raison pour laquelle Steve Jobs, le mythique patron d’Apple et de très nombreux dirigeants de société du numérique ont toujours pris bien soin de maintenir leur progéniture à l’écart de l’influence délétère de ces écrans.

Ma critique

« La fabrique du crétin digital » est un essai très documenté en forme de réquisitoire et de cri d’alarme d’un docteur en neurosciences et directeur de recherche à l’Inserm. Pas un simple journaliste lecteur de prompteur, pas un toubib stipendié, mais un vrai scientifique spécialiste de la question, qui rend accessible quantité d’études qui vont toutes dans le même sens : les écrans mettent en danger la jeunesse. Il commence par démonter un à un les arguments fallacieux des fabricants qui, comme toujours, gardent pour eux les bénéfices en laissant les risques aux usagers. Particulièrement les jeunes qui voient leurs résultats scolaires chuter, leur attention saccagée, leur langage amputé. Si l’intelligence est la première victime, la santé est la seconde. Le sommeil est mis à mal, la sédentarité est dévastatrice, sans parler du surpoids, de la dépression et de toutes les autres atteintes physiques et psychiques. Cet ouvrage, qui se termine par une note positive et des conseils pour lutter contre ce fléau, mérite d’être lu par tous les parents et tous les enseignants qui souhaitent prendre conscience de ce danger insidieux.

Ma note

4/5

ESSAISRELIGIEUX

HILDEGARDE DE BINGEN (PIERRE DUMOULIN)

Le résumé du livre

Hildegarde de Bingen (1098 – 1179), abbesse bénédictine allemande, fut proclamée « Docteur de l’Eglise » le 07/10/2012 par Benoit XVI. Depuis les débuts du christianisme, c’est la quatrième femme honorée de ce titre de gloire. Cette mystique hors norme est connue pour ses traités théologiques, mais aussi pour ses œuvres musicales, ses enluminures, ses connaissances en phytothérapie et même pour ses recettes de cuisine. Auteure de livres de visions à caractère prophétique, elle sut synthétiser sa pensée en proposant une conception holistique très moderne de la personne humaine. « Le corps est l’atelier de l’âme où l’esprit vient faire ses gammes », disait-elle.

Ma critique

« Hildegarde de Bingen » est un essai théologique analysant la pensée de la sainte en se basant sur les textes de ces principaux ouvrages, le « Scivias », le « Livre des mérites de la vie » et le « Livres des œuvres divines », tous trois d’un abord un brin aride. Même si le livre débute par une courte biographie et s’achève par une chronologie succincte, le lecteur reste un peu sur sa faim de ce point de vue. Il aurait aimé plus de faits historiques, plus d’anecdotes sur un personnage assez extraordinaire, capable de tancer un pape, un empereur, de se faire conseiller par saint Bernard de Clairvaux en personne, de s’affranchir de la tutelle des moines et de prêcher la bonne parole un peu partout en rameutant des foules considérables. Elle fut aussi un exemple de féministe avant l’heure, mais dans le bon sens de l’acception, celui de l’énergie positive, de la collaboration d’égal à égale, non celui de la confrontation haineuse et stérile que nous déplorons aujourd’hui chez certaines. Au total, un livre intéressant, mais un peu trop « technique », voire « explicatif » à mon goût.

Ma note

3,5/5

POLICIERSCIENCE-FICTION

MORTELLE EST LA NUIT (ISAAC ASIMOV)

Le résumé du livre

Louis Peyton envisage d’assassiner un certain Albert Cornwell, fourgue à la petite semaine. Celui-ci lui dit connaître une cachette de « chante-cloches » qui se situerait quelque part sur la lune. Ils décident d’y partir en exploration le 10 août prochain. Peyton pilotera l’astronef et Cornwelle fera office de passager. Après plusieurs jours de recherches infructueuses, ils finissent par en découvrir une douzaine. Une vraie aubaine. Chacune peut rapporter cent mille dollars au minimum. Mais au moment de les charger, Peyton sort son fulgurateur et désintègre Cornwell. Comme ce crime est le premier qui soit perpétré sur notre satellite, l’inspecteur Davenport chargé de l’enquête demande conseil au Dr Urth, célèbre extraterrologiste… Edward Talliafero revient de la lune. Il retrouve ses amis, Kaunas, Ryger et Villiers, lequel leur fait part d’une découverte qui pourrait révolutionner les voyages spatiaux. Quelque temps plus tard, il est retrouvé mort d’une crise cardiaque. Ce décès lui semblant suspect, le doyen Mandel entame une enquête préliminaire auprès des trois amis avant de faire appel au fameux Dr Urth…

Ma critique

Cet ouvrage est un court recueil ne comportant que deux nouvelles (« Chante-cloche » et « Mortelle est la nuit ») relevant à la fois de la science-fiction et de l’enquête policière, cocktail assez peu fréquent s’il en est. Le lecteur devine que le grand Asimov a dû s’amuser à pasticher la célèbre Agatha Christie avec un certain Dr Urt dans le rôle d’Hercule Poirot. Le polar l’emportant sur la SF, le lecteur prendra un certain plaisir à suivre ces deux enquêtes presque parallèles. La seconde semble mieux menée que la première, car elle respecte tous les critères du genre avec fausses pistes, bras de fer psychologique et découverte surprenante du coupable après interrogatoires serrés. Amusant et divertissant, sans chercher plus…

Ma note

3,5/5

ESSAISHISTORIQUE

LE COMPLOT DE LA RESERVE FEDERALE (ANTHONY C. SUTTON)

Le résumé du livre

En 1910, six grands financiers (Aldrich, beau-père de J.D. Rockefeller, Paul Warburg, Davison pour la J.P .Morgan, Storey pour la Booker’sTrust, Vanderlip pour la National City Bank et Norton pour la First National Bank) se réunissent dans le plus grand secret sur l’île de Jekyll Island pour organiser une stratégie de mise en place d’un cartel de banques qui gérerait toute la finance américaine sous la forme d’une « Réserve Fédérale ». Et en 1913, le Congrès américain, sous l’impulsion de Wilson, remet tous les pouvoirs monétaires entre les mains de la Fed qui, en dépit de son nom, n’est pas fédérale mais privée et propriété exclusive de grands banquiers. Personne ne peut en surveiller les comptes. Aucun bilan n’est jamais publié. Elle a pourtant le monopole légal de toute la création monétaire américaine. En son temps, le président Jefferson avait bien senti le danger de cette main mise totale. « Je crois sincèrement que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour les libertés que n’importe quelle armée de métier », avait-il averti.

Ma critique

« Le complot de la réserve fédérale » est un essai historico-économique dans lequel le lecteur découvrira la longue évolution semée de krachs bancaires et de crises économiques dont on se demande s’ils ne furent pas organisés par ces mêmes banquiers pour parvenir à leurs fins. Le premier stade consista à passer d’une monnaie bien concrète d’or et d’argent à une monnaie papier reproductible à l’infini, ce qui se produisit au moment de la guerre de Sécession aux Etats-Unis et pendant la révolution française avec les « assignats ». Cette monnaie de singe produit automatiquement de l’inflation avec spoliation misère en prime. C’est en principe pour lutter contre cela que se créa cette Réserve fédérale tenue par des banquiers « au-dessus de tout soupçon ». D’abord pour une période définie puis « ad vitam aeternam ». Entre autre étrangeté, l’interêt des familles Roosevelt et Rockefeller pour un gouvernement totalitaire et oligarchique très semblable à ce que Karl Marx développait dans « Le Capital ». Toute individualité doit être noyée dans un collectif que dirige un groupe aristocratique élitaire qui conçoit et promulgue toute législation. C’est ce que développa Clinton Roosevelt dans son ouvrage « L’art de gouverner selon la loi naturelle » (1841) qui disparut fort opportunément des rayons de la bibliothèque du Congrès dans les années 50. Le but final des marxistes et des capitalistes étant de se débarrasser de la classe moyenne tout en préservant toujours l’oligarchie. À lire, si l’on veut comprendre quelque chose à notre réalité économique et aux enjeux géostratégiques actuels.

Ma note

4,5/5

NOUVELLES

LES FEMMES D’AMIS (GEORGES COURTELINE)

Le résumé du livre

Lavernée et Laurianne sont deux bons amis. Le second propose au premier de lui prêter sa maîtresse. Celui-ci se récuse sur le coup, mais après réflexion, finit par profiter d’une aubaine qui ne sera pas sans conséquence sur leur belle amitié… Obligé d’aller en province pour s’occuper de la succession d’un oncle, d’Audierne demande à son ami Castenet de chaperonner sa maîtresse Madeleine en l’emmenant, au concert, au théâtre ou à l’opéra, ce qu’il prend très à cœur. Mais rien ne se passe comme prévu… Le couple Aubry se compose de Bernard, solide gaillard rubicond et de Margot, son épouse pâlotte, maigrelette et souffreteuse qui semble ne s’intéresser à rien. Chaque année, elle séjourne quelques mois dans le Midi pour se refaire une santé. Mais une nuit, dans un hôtel d’Arles, Georges, ami du couple, fait une incroyable découverte… Le peintre Fabrice dispose du modèle idéal avec Henriette, femme d’un ami médecin. Il devient très vite son amant. Mais un jour, pour un mot de trop du peintre, celle-ci se sent insultée… Trielle vient de quitter sa maîtresse après 16 années de vie commune qu’il qualifie de « purgatoire ». Et voilà que se présente à son domicile le fils qu’ils ont eu ensemble…

Ma critique

« Les femmes d’amis » est recueil de nouvelles en deux parties. Les cinq de la première, toutes consacrées au thème du titre, sont les meilleures non pas pour leurs intrigues classiques tournant toutes sur le triangle vaudevillesque habituel (mari-femme-amant), mais pour leurs chutes surprenantes et surtout pour l’humour léger, la finesse des analyses psychologiques et le style enlevé de l’auteur. Les quatre suivantes, rassemblées sous le titre « Ombres et silhouettes », sont plus disparates, avec des intrigues un peu inférieures. On est plus dans les historiettes sans grande envergure que dans les nouvelles de qualité. Elles font même un peu « fonds de tiroirs ». Dommage, car les cinq premières valent vraiment le détour…

Ma note

4/5

PHILOSOPHIQUEROMAN

SUR LES FALAISES DE MARBRE (ERNST JÜNGER)

Le résumé du livre

De retour de la guerre, le narrateur est venu se réfugier en compagnie de frère Othon dans un ermitage, le domaine de la Marina, au pied des falaises de marbre surplombant un très riant pays de vignobles qui n’est pas sans rappeler l’Italie. Ils y passent paisiblement leur temps à étudier, à lire des ouvrages anciens et surtout à herboriser dans la campagne alentour. La vieille Lampusa leur sert de cuisinière et de gouvernante très dévouée. Chaque soir, elle dépose au sol une jatte de lait pour nourrir tous les reptiles du voisinage, ce qui réjouit le petit Erion, lui-même fils de l’auteur et de Sylvia, fille de Malpusa, partie au loin « avec des étrangers ». Tout respirerait le calme et la sérénité si le Grand Forestier, sorte de potentat local qui tient sous sa férule un territoire voisin, n’avait eu l’intention de s’emparer de la Marina. Très vite, le pays s’embrase, il est en proie au chaos le plus total et à la violence la plus barbare. Les chiens rouges sont lâchés. Le prince est atrocement décapité. Que vont devenir les deux ermites ?

Ma critique

« Sur les falaises de marbres » est un roman poétique et onirique, parfois proche de l’hermétisme et que la critique s’accorde à considérer comme le chef-d’œuvre d’Ernst Jünger. Beaucoup de descriptions de paysages bucoliques. Une grande importance donnée à la botanique qui fut une des passions de l’auteur. Et en arrière-plan, la politique et la guerre dont Jünger fut un héros lors de la première et un observateur lors de la seconde. De là à voir dans cet ouvrage un roman à clé, à trouver tel ou tel dictateur de l’autre siècle sous le portrait du Grand Forestier, il y a un pas à ne pas franchir. Même chose pour cette étrange retour à une barbarie rouge. Est-ce l’allégorie de la montée du nazisme ou de la tentative ratée de la révolution spartakiste que combattit l’auteur ? Sans doute ni l’une ni l’autre ou les deux. Cet ouvrage doit rester mystérieux, empreint de symbolisme et de fantasmagorie. C’est d’ailleurs le point de vue exposé par Julien Gracq dans son excellente post-face où, après une brève biographie de l’auteur et un résumé quasi impossible de l’intrigue, il en arrive aux mêmes conclusions. Ce texte va bien au-delà de la réalité et des circonstances de lieu et de temps pour atteindre l’universel, la description de la fin d’un monde, d’un retour à une barbarie latente. Un conte philosophique puissant. Une fable romantique désabusée…

Ma note

4,5/5

ESSAISRELIGIEUX

L’ÉGLISE ECLIPSEE (GEORGES VINSON)

Le résumé du livre

Lors de son apparition à La Salette en 1846, Notre-Dame fit cette bizarre prédiction aux deux enfants qui l’écoutaient : « Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’anti-Christ. L’Eglise sera éclipsée, le monde sera dans la consternation… » Tout commença à la mort de Pie XII avec l’arrivée de JeanXXIII et avec le Concile Vatican II… Divers évènements étranges se produisirent. Pourquoi le cardinal Siri, dernier prélat nommé par Pie XII faillit par deux fois être placé sur le trône de Saint-Pierre en lieu et place d’abord de Paul VI, puis de Jean-Paul II ? Il aurait subi des menaces de mort pour lui-même et pour ses proches pendant le Conclave. De même, la mort rapide de Jean-Paul Ier reste difficilement explicable pour ne pas dire suspecte. De plus, Jean XXIII et Paul VI étaient francs-maçons de haut grade et Jean-Paul II, au départ comédien, était connu pour ses idées modernistes. Le déclin de l’Eglise, s’il est devenu criant depuis le Concile, ne datait pas d’hier. On peut remonter au schisme de l’Eglise orientale, à la Renaissance, au protestantisme et à la révolution de 1789 avec la constitution civile du clergé et le culte robespierriste de l’Être Suprême qui devait se substituer à elle. Peu à peu, de théocentrique, la société devint anthropocentrique. Le bonheur ne devait plus être dans l’au-delà, mais sur terre, non pas après la mort, mais ici et maintenant. Pour ceux qui voulaient en finir avec le catholicisme, il ne restait plus qu’une dernière étape, s’emparer du Vatican…

Ma critique

« L’Eglise éclipsée » est un essai socio-religieux et théologique d’inspiration sédévacantiste écrit de façon anonyme (Georges Vinson n’a signé que la préface) et basé sur nombre de textes et de faits historiques. L’analyse s’arrête à la période Jean-Paul II. Les pontificats suivants, loin de redresser la barre, n’ont fait qu’aggraver la situation. Plutôt que de combattre de front l’Église, il valait beaucoup mieux la subvertir de l’intérieur, l’infiltrer à l’aide de séminaristes ou de jeunes prêtres acquis à la cause que l’on aiderait à franchir rapidement tous les échelons de la hiérarchie jusqu’à ce qu’ils deviennent cardinaux et donc électeurs d’un pape conforme à leurs idées. Même si le Christ a promis que les « portes de l’enfer » ne pourraient rien contre son Eglise, la lecture de cet ouvrage laisse une impression un brin amère d’autant plus dans la partie décrivant les positionnements des traditionalistes comme la Fraternité Saint-Pierre ou Saint-Pie X avec leurs reniements ou leurs louvoiements divers et variés. Intéressant néanmoins pour s’informer sur un sujet brûlant et crucial. Mériterait une mise à jour qui inclurait Benoît XVI et surtout François.

Ma note

3,5/5

NOUVELLES

NOUVELLES (J.D. SALINGER)

Le résumé du livre

Au bord de la mer, un jeune couple vit son séjour de vacances de manière un peu particulière. L’homme revient de la guerre. Sa jeune épouse s’interroge sur son couple. La belle-mère craint pour la santé mentale de son gendre… Deux amies, Eloïse et Mary Jane évoquent leurs souvenirs du temps du collège, leurs amis, leurs amours… Ginnie reproche à Séléna de ne jamais vouloir partager le prix du taxi qu’elles prennent chaque fois qu’elles rentrent de leur partie de tennis. La jeune nantie serait-elle radine ?… En 1928, John Gedsudcki est le chef d’une patrouille de jeunes « Commanches » d’une dizaine d’années. Chaque fin d’après-midi, il les emmène dans un vieux bus jouer au foot-ball, au basket ou au rugby à Central Park quand le temps le permet ou visiter un musée les autres jours. Sur le retour, John, élu meilleur demi de mêlée américain de l’année 1926, leur lit une histoire. Les « Commanches » l’adorent jusqu’au jour où la petite amie de John intervient…

Ma critique

Cet ouvrage est un recueil comportant neuf nouvelles déjà anciennes (datant des années 1948 à 1953 et éditées en France en 1961), mais encore agréables à lire aujourd’hui. Elles décrivent de manière allusive le monde un peu naïf de l’après guerre, les débuts de « l’American Way of Life », à travers de petites histoires de la vie de tous les jours, sortes de saynètes réalistes. Salinger s’attache à mettre en scène des enfants, des ados et de jeunes adultes. Il arrive à les rendre vivants et intéressants surtout par les dialogues qui sonnent juste et qui donnent un style agréable, alerte et fluide. On sent que Salinger a été influencé par le grand Hemingway. C’est particulièrement remarquable dans la première nouvelle « Un jour rêvé pour le poisson banane », la plus réussie de l’ensemble. La seule aussi où l’auteur respecte les règles de construction d’une nouvelle classique en particulier pour la chute. Mais les huit autres sont nettement plus faibles. N’en déplaisent aux critiques dithyrambiques, il sera difficile de classer Salinger autrement qu’un peu au-dessous des grands maîtres du genre comme Maupassant, Pirandello et quelques rares autres. Ses intrigues sont trop banales, ses chutes trop ouvertes. Le quotidien peut vite lasser. Seul son style épuré mérite encore le détour.

Ma note

3,5/5

FANTASTIQUEHISTORIQUE

LE RUBAN NOIR DE LADY BERESFORD (MICHEL DE GRÈCE)

Le résumé du livre

Sir Markus Beresford, heureux propriétaire du château de Gill Hall, s’étonne de voir son épouse porter soudain un ruban noir à son poignet d’autant plus qu’elle refuse de lui donner la moindre explication quand il l’interroge… En 1759, lorsque son père annonce à Isabelle de Parme, princesse aussi belle qu’intelligente et déjà auteure de deux traités de politique, qu’elle est promise au futur empereur d’Autriche et roi de Bohème et de Hongrie, elle éclate en sanglots, car elle en aime secrètement un autre… En visite au château de Versailles, deux Anglaises, Miss Moberly et Miss Jourdain décident d’en profiter pour aller visiter également le Petit Trianon et le Hameau de Marie-Antoinette. Elles y font d’étranges rencontres… Le fils d’un général proche de Nasser a le privilège de pouvoir poursuivre des études de gynécologie en Grande-Bretagne. Diplôme en poche, il décide de rentrer en Egypte. Pour son premier poste, il se retrouve dans la petite ville oubliée et poussiéreuse de Rosette…

Ma critique

« Le ruban noir de Lady Beresford » est un recueil de vingt-trois histoires étranges et fantastiques. Elles se déroulent aux quatre coins du monde, en France, en Grande-Bretagne, en Egypte ou aux Etats-Unis principalement. Elles datent de toutes les époques des plus lointaines aux plus récentes (début de l’autre siècle) en passant par le Moyen-Âge et les révolutions. Les sorcières, fantômes et autres revenants y ont la part belle et pas seulement dans les châteaux hantés d’Ecosse. Presque toutes ont un rapport proche ou lointain avec l’aristocratie et les familles royales. Il s’agit souvent de tragiques destins, de sombres fin de règne. Une des plus intéressantes est sans conteste celle abordant les aspects étranges de la mort du roi Louis II de Bavière, retrouvé noyé dans un lac. Sans oublier le destin cruel de la Duchesse d’Alençon, sœur de Sissi, cousine de Louis II et personnalité aussi insaisissable que lui. Toutes ces sombres histoires vraies ou supposées telles méritent le détour ne serait-ce que pour leur intérêt historique et pour une qualité de style qui permet une lecture fluide et agréable. Ouvrage qui se lit comme un roman.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

BIG PHARMA (MIKKEL BORCH-JACOBSEN)

Le résumé du livre

Ce néologisme américain cache un complexe médico-industriel tout-puissant qui ne pense qu’à accroître son chiffre d’affaires souvent évalué en milliards de dollars avec pour conséquence de jouer toujours plus avec notre santé. La liste est longue des médicaments aux effets secondaires détestables voire mortels qui lui valurent d’innombrables condamnations. Quelques exemples : le Mer/29, anti-cholestérol, a fait 1500 victimes défigurées ou devenues à demi aveugles. La Thalidomide, somnifère et sédatif, a fait 4000 victimes de névrites périphériques, sans oublier les 10 000 bébés nés difformes et sans membres. Le Prozac, antidépresseur, a amené les gens à tuer avant de se suicider. Le Propulsid, contre le reflux gastrique, a occasionné des problèmes cardiaques chez 16 000 patients dont 300 décès. Le Prémarin, contre les troubles de la ménopause, a produit 15 000 cancers de l’endomètre. Le Rézulin, antidiabétique, a été responsable de 63 morts d’insuffisance hépatique. L’Aminorex, coupe-faim, a 600 morts à son palmarès. L’Isoméride, 300 000 victimes d’hypertension artérielle pulmonaire. Le célèbre Médiator, autre coupe-faim, est responsable de 2000 décès et de 100 000 valvulopathies. L’Avandia, antidiabétique, a occasionné 47 000 accidents cardiaques. Viagra et Cialis peuvent rendre aveugle et provoquer des accidents cardio-vasculaires. Etc. Un médicament, même bénéfique reste une substance potentiellement dangereuse. Mais cela semble le cadet des soucis de Big Pharma qui ne pense qu’à ses profits et fort peu à l’intérêt des patients.

Ma critique

« Big Pharma » est un essai en forme de réquisitoire fort bien documenté avec nombreuses notes, index des médicaments, des maladies, des facteurs de risques et glossaire bien utile. Il a nécessité la collaboration d’une douzaine de pointures du milieu médical, majoritairement américains, mais aussi français (2), britanniques (2) et allemand (1). Le lecteur apprendra beaucoup de cette enquête de lecture un brin aride. Par exemple sur la corruption à grande échelle qui pervertit tout le système depuis l’OMS, jusqu’aux médecins chouchoutés pour ne pas dire achetés, en passant par les agences du médicament, les politiques, les journalistes et même les associations de patients. Sur le bricolage des taux de « normalité » du diabète, du cholestérol et autres. Nos croyances sont souvent illusoires. La logique du profit a dévoyé la science. Il découvrira surtout comment les pandémies de H5N1 (2005), dite grippe aviaire, de H1N1 (2009), dite grippe porcine, ne furent que des répétitions de celle dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Même instrumentalisation de la peur, même narratif après un changement majeur de la définition d’une pandémie. Et même acteurs dont le célèbre Neil Ferguson, prophétisant déjà des millions de morts. Ouvrage de référence à conseiller à tous ceux qui veulent mieux comprendre ce qui se cache derrière les apparences. Il mériterait une réédition actualisée par une étude du Covid 19 et de sa si lucrative « vaccination ».

Ma note

4,5/5

SCIENCE-FICTION

L’HOMME BICENTENAIRE (ISAAC ASIMOV & ROBERT SILVERBERG)

Le résumé du livre

Andrew Martin est en consultation chez le robot chirurgien qui doit bientôt l’opérer. Il lui demande à brûle-pourpoint s’il ne préférerait pas être un humain, s’il n’en a pas assez d’obéir à n’importe quel ordre émanant de n’importe qui. L’autre lui répond qu’il est tout à fait satisfait de sa condition et que, s’il devait souhaiter quelque chose, ce serait de devenir un meilleur chirurgien, et rien d’autre. Andrew est lui-même un robot de ménage NDR au service de la famille Martin. Un jour, Petite Demoiselle lui donne un morceau de bois trouvé sur la plage et un couteau de cuisine. Il se met à sculpter un petit bijou très délicat. Monsieur n’en croit pas ses yeux. Il demande à Andrew de lui fabriquer d’autres objets en bois. Le robot devenu ébéniste de grand talent finit par demander à son maître de l’affranchir à la grande surprise de ce dernier. Et, au fil des années, Andrew continue à s’humaniser de plus en plus…

Ma critique

« L’homme bicentenaire » est excellent roman de science-fiction doublé d’un conte philosophique sur l’essence même de la nature humaine. Il pose toutes sortes de questions sur la notion d’intelligence, l’amour, la haine, les sentiments. Il aborde toutes les questions d’éthique et même la problématique du transhumanisme. Un homme augmenté, pourvu d’un nombre important de prothèses n’est-il pas déjà lui-même une sorte de robot ? Un robot « humanisé » doté d’un grand nombre d’organes biologiques ne peut-il pas revendiquer une certaine part d’humanité ? Peut-il ressentir des sentiments ? Le style est fluide, léger et très agréable à lire. On y sent l’influence de Silverberg. Un ouvrage de deux visionnaires très en avance sur leur temps. Une intrigue au dénouement prévisible bien sûr. Une histoire intéressante, divertissante, qui donne à réfléchir sur un thème d’autant plus pertinent à notre époque d’inscription du transhumanisme dans le concret.

Ma note

4,5/5

ESSAISTEMOIGNAGE

AU-DELÀ DE L’AFFAIRE DE LA CHLOROQUINE (DIDIER RAOULT)

Le résumé du livre

Lorsque le professeur Didier Raoult tente de communiquer sur l’intérêt de soigner dès le début les malades du Covid avec de l’hydroxychloroquine et de l’azythromycine, toutes ses interventions sont aussitôt censurées sur FaceBook. Son équipe contacte le responsable, qui s’avère n’être autre qu’un journaliste du « Monde », pour obtenir des explications qui ne seront guère convaincantes. Puis Raoult commence à recevoir toutes sortes de menaces par téléphone et par SMS. Il porte plainte contre le principal auteur, le Professeur Raffi qui sera condamné à lui verser un chèque qu’il n’encaissera même pas. Ce collègue était pétri de conflits d’intérêts. Il avait touché la bagatelle de 600 000€ de Big Pharma. Puis c’est au tour du Conseil de l’Ordre des médecins de lui ordonner de faire silence complet sur son traitement. Mais, en tant qu’universitaire, sa parole est libre et garantie par la Constitution et par la Cour Européenne des droits de l’homme. Sur les plateaux de télévision et dans tous les médias, ses collègues stipendiés, assistés de journalistes tout juste capables de répéter la doxa officielle, se déchainent contre son traitement, le trainent dans la boue, l’insultent et l’invectivent. Et quand une étude bidon, menée par des étudiants sans diplômes et par une ancienne actrice porno, sort dans le « Lancet », c’est l’hallali. Le ministre se précipite pour interdire ce vieux médicament qui avait pourtant de bons résultats depuis 70 années…

Ma critique

Dans ce court témoignage (125 pages) bien documenté et parfaitement sourcé (nombreuses notes de bas de pages), le Professeur Raoult revient sur cette affaire de la Chloroquine qui relève rien de moins que du scandale. Il pointe du doigt les conflits d’intérêts pour ne pas dire la corruption des médecins de plateaux. Certains étaient si présents dans les petites lucarnes qu’on en était à se demander quand ils s’occupaient de leurs services. Il fallait absolument qu’il n’y ait pas de traitement, d’abord pour placer le coûteux Remdésivir inefficace et même dangereux (le pouvoir s’empressa d’en commander pour un milliard de doses), puis pour passer au « vaccin » qui, après quelques mois d’usage, s’avéra incapable d’empêcher de contracter la maladie ni de la transmettre, sans parler des effets indésirables. Preuve que toute cette gestion totalement orientée vers le profit maximal des laboratoires pharmaceutiques ne fut qu’un complet fiasco : tous les pays ayant utilisé la chloroquine comme l’Inde, les pays arabes, ceux du Maghreb et de l’Afrique noire (à l’exception de l’Afrique du Sud) ont obtenu de meilleurs résultats que ceux qui l’avaient interdite. Même chose pour tous les pays (comme la Suède) n’ayant ni masqué, ni confiné, ni instauré de couvre-feux. Ouvrage très facile à lire qui a le mérite de faire un point définitif sur cette affaire, même si Raoult, qui reste très mesuré dans ses propos et ne tombe jamais dans le « complotisme », démontre magistralement à qui a profité ce crime.

Ma note

4,5/5

AVENTURESEXPLORATIONS

ANNAPURNA, PREMIER 8000 (MAURICE HERZOG)

Le résumé du livre

Le 3 juin 1950, deux alpinistes français, Louis Lachenal et Maurice Herzog, parviennent au sommet de l’Annapurna, réalisant ainsi l’ascension du premier sommet de 8000 mètres. L’équipe est composée de Jean Couzy, polytechnicien, de Marcel Schatz, alpiniste, de Marcel Ichac, cinéaste, de Jacques Oudot, médecin et chirurgien, de Francis de Noyelle, officier de liaison, de trois guides réputés de Chamonix, Louis Lachenal, Lionel Terray et Gaston Rébuffat et de l’auteur, Maurice Herzog, alpiniste également. C’est une véritable expédition qui part à l’assaut de ce premier sommet mythique en emportant environ avec elle 4,5 tonnes de matériel et 1,5 tonnes de vivres avec charrettes et chevaux, sans oublier la trentaine de sherpas menés par leur chef Ang-Tarkey. Du très très lourd ! Ces sommets, considérés jusque-là comme le « domaine des dieux », avaient toujours été interdits d’accès à qui que ce soit. Les Français ont obtenu une autorisation exceptionnelle pour cette première. Ils ne disposent pas de cartes vraiment utilisables. Ils doivent donc commencer par d’interminables reconnaissances du terrain, hésitant entre le Dhaulagiri plus visible et l’Annapurna, plus en retrait. Le premier semble le plus dangereux, le second plus difficile d’accès. Ils optent pour le second, installent jusqu’à cinq camps de base et d’assaut avant que deux d’entre eux ne profitent d’une dernière fenêtre de temps acceptable avant la mousson pour atteindre, mais à quel prix, ce sommet…

Ma critique

« Annapurna, premier 8000 » est un récit d’expédition qui fut un énorme best seller à son époque. Il exaltait le courage, la ténacité et l’endurance d’un groupe de jeunes conquérants de l’inutile qui laissèrent pas mal d’eux-mêmes sur ces pentes verglacées et inhospitalières. Ils eurent les mains et les pieds gelés, furent frappés d’ophtalmie des neiges et durent redescendre dans des conditions dantesques, sans la moindre assistance. Jacques Oudot dut leur infliger des souffrances atroces en raison d’injections répétées d’acétylcholine pour essayer de sauver le plus possible de leurs membres avant de pratiquer les amputations nécessaires sans la moindre anesthésie. Le lecteur mesurera le chemin parcouru depuis cette époque. Pas d’hélico de secours, pas de radio, pas de repérage satellite, un matériel lourd et rudimentaire, monté à dos d’hommes et à la force des bras. Livre qui enchanta toute une jeunesse et suscita de nombreuses vocations d’alpinistes qu’on lira et relira même aujourd’hui avec un immense plaisir, ne serait-ce que pour une comparaison nostalgique avec notre époque sinistre, lâche, veule et sans idéaux…

Ma note

4,5/5

ESSAIS

APRÈS L’EMPIRE (EMMANUEL TODD)

Le résumé du livre

Les Etats-Unis, autrefois considérés comme une puissance tutélaire protectrice, seraient-ils en train de devenir prédateurs et même dangereux pour la paix et la stabilité mondiale ? Depuis des années, ils ont été impliqués dans des dizaines de conflits partout dans le monde et dont ils ne sont pas toujours sortis vainqueurs (Vietnam, Afghanistan…). Gendarmes du monde, ils placent certains pays comme la Corée du Nord, l’Irak ou l’Iran sur une liste d’états-voyous ne respectant pas leurs critères. À titre de dommages collatéraux, ils bombardent l’ambassade de Chine de Belgrade lors de la guerre du Kossovo. Ils multiplient les provocations envers la Russie en installant des bases militaires permanentes dans l’ex-Asie centrale soviétique. Ils fomentent toutes sortes de « révolutions » dites « de couleur ». Ils sont très forts lors d’interventions aériennes de bombardement contre des pays ne disposant pas de défenses sérieuses et guère convaincants quand il s’agit de se battre au sol. Ils en sont même à pratiquer la « stratégie du fou » qui les fait apparaître comme irresponsables pour mieux intimider d’éventuels ennemis. Même leurs plus fidèles alliés, comme la Grande-Bretagne, l’Allemagne ou le Japon, commencent à être inquiets…

Ma critique

« Après l’Empire » est un essai géostratégique sur la décomposition du système américain de domination mondiale. Publié en 2002, il commence à dater un peu, mais reste pertinent sur les causes de cette décadence. Première puissance militaire, économique et industrielle du monde en 1945, les Etats-Unis ont vu leur prépondérance s’effriter dans nombre de domaines. Ainsi à la sortie de la seconde guerre mondiale, le PNB américain représentait plus de la moitié du produit mondial, ce qui entrainait un effet de domination automatique. Aujourd’hui, alors que le monde pourrait se passer de l’Amérique, celle-ci s’aperçoit qu’elle ne peut plus se passer du monde qui doit lui fournir matières premières, produits manufacturés et même hydrocarbures. Entre 1990 et 2000, son déficit commercial est passé de 100 à 450 milliards de dollars ! Depuis, la situation s’est-elle améliorée ? Que nenni ! L’Amérique ne s’est plus attaquée qu’à de petits états comme l’Irak, la Libye ou la Syrie et sans la moindre réussite. La désindustrialisation du pays n’a fait que s’aggraver. Ses idéaux démocratiques se sont délités au profit d’une oligarchie ploutocratique. Et le grand reset que nous subissons maintenant est sans doute une conséquence de cet état de fait. Sera-t-il le dernier soubresaut d’un empire à l’agonie ou le rebond salvateur lui permettant de se maintenir encore pour mille ans ? Ouvrage très intéressant ne serait-ce que pour les fines analyses sur les liens entre économie, démocratie, alphabétisation des masses et régulation des naissances.

Ma note

4/5

TEMOIGNAGE

LA FAMILIA GRANDE (CAMILLE KOUCHNER)

Le résumé du livre

Leur mère, Evelyne Pisier, sœur de l’actrice Marie-France, étant décédée seule à l’hôpital de Toulon, Camille, accompagnée de son jumeau Victor, de son aîné Colin et des adoptés Luz et Pablo, arrive pour les formalités d’enterrement. Sa mère était une intellectuelle, agrégée de sciences politique, féministe, gauchiste, prototype de la soixante-huitarde libérée et mariée un temps avec le célébrissime Bernard Kouchner, plus souvent au quatre coins du monde qu’auprès de sa famille. Elle pratique l’amour libre de manière systématique. Elle a même eu une liaison avec Fidel Castro alors que son mari en avait une avec sa propre sœur. Elle incite sa fille à suivre son exemple. Elle divorce de Kouchner alors que Camille n’a que 6 ans et prend un nouveau compagnon qui fera office de beau-père, dont le nom n’est pas mentionné dans le livre. Mais chacun sait qu’il s’agit d’Olivier Duhamel. Il abuse sexuellement de Victor âgé de 14 ans. Camille l’apprend, mais n’ose rien dire à sa mère. Les deux jeunes vont très longtemps garder le secret et la culpabilité…

Ma critique

« La familia grande » est un témoignage aussi bouleversant qu’écœurant sur les mœurs dissolues d’une élite bobo-gaucho toujours prête à faire des leçons de morale au bon peuple alors qu’elle-même est loin d’être un exemple. C’est aussi un terrible réquisitoire contre une forme d’éducation libertaire qui fit de grands dégâts chez des enfants innocents qu’on poussait à découvrir l’amour physique le plus tôt possible. De l’amour libre, du rejet de tous les tabous sexuels au laisser-aller complet, à l’échangisme et au crime de l’inceste, la frontière est ténue et malheureusement aisément franchie. Si Duhamel ne pourra pas être inquiété, car il y a prescription des faits, cette « grande famille » bien dépravée en paiera autrement les conséquences. Le grand-père se suicidera en se tirant une balle dans la tête. La grand-mère en fera autant en avalant des barbituriques. La mère sombrera dans l’alcoolisme avant de rejeter ses propres enfants quand ceux-ci voudront témoigner. L’actrice si libre et si jolie sera retrouvée noyée dans sa piscine. Ouvrage court et très aisé à lire qui donne à réfléchir sur les excès de liberté, le rejet des tabous qui amène aux pires excès et l’absence de moralité et de principes éthiques d’une certaine élite. Le poisson pourrit par la tête, dit-on.

Ma note

4/5

ESSAIS

COVID-19, ENQUÊTE SUR UN VIRUS (PHILIPPE AIMAR)

Le résumé du livre

Le 15 décembre 2017, au Canada, les époux Sherman sont retrouvés assassinés par étranglement. Ils étaient les propriétaires du laboratoire Apotex, un des principaux fabricants de l’hydroxychloroquine. Le 8 octobre 2019, Agnès Buzyn, ministre de la santé, fait classer ce médicament, connu et utilisé dans le monde entier depuis 80 ans, comme « produit vénéneux ». Suit une très longue série de morts suspectes de médecins et de lanceurs d’alerte aux quatre coins du monde. (Les docteurs Mouzoko-Kibourg, Salama, Plummer, Li-Wenliang, Bing-Lin, Gita Rampee, Lebedova, Nepemnyah-Chaya, Choulepov, Vaughan, Kaganski, plus 13 médecins de l’hôpital de Wu-Han disparus sans laisser de trace…) Le 20 décembre 2020, la plus grande usine du monde qui fabriquait les composants de l’hydroxychloroquine explose sans raison à Taïwan. Et l’Event 201, curieuse répétition en petit comité d’une pandémie mondiale, a lieu en même temps que les jeux militaires de Wu-Han (18 au 27 octobre 2019) où de nombreux athlètes furent contaminés et ramenèrent le virus un peu partout…

Ma critique

« Covid-18, enquête sur un virus » représente un véritable travail d’investigation comportant toutes les sources en note ainsi que tous les principaux documents inclus dans le texte. Philippe Aimar ne s’est pas encombré de théories. Il n’a fait qu’accumuler des faits, rien que des faits indiscutables, travail que nos médias se gardent bien d’effectuer. La question cruciale de l’origine du virus occupe une grande place dans ce livre. La longue interview du responsable de la santé chinois laisse rêveur. Pour lui, le virus est d’origine parfaitement naturelle (chauve-souris et pangolin). Son pays n’est en aucune façon responsable de la pandémie. Il n’en est que victime. Il n’a fait qu’alerter en premier. Les autres thèses sont également présentées (virus échappé d’un laboratoire P4, virus bricolé pour le rendre plus dangereux, etc.), mais sans en favoriser aucune. Au lecteur de se faire une idée. Il découvrira énormément de faits troublants, peu connus du grand public, comme cette décision datant de 2018 d’instaurer un pass sanitaire de vaccination au niveau de l’Europe, ou comme la subvention européenne accordée en 2012 à la BD « Infected », laquelle relate en gros ce qui va se passer sept ans plus tard, sans parler d’un sondage européen de grande ampleur sur les vaccins ni du fameux rapport de la fondation Rockefeller de 2010. Ouvrage passionnant qui ne donne jamais dans le complotisme, mais laisse chacun tirer les conclusions qu’il veut de cette accumulation de faits bizarres.

Ma note

4,5/5

HUMOURPOLICIER

UN ÉLÉPHANT ÇA TROMPE (SAN ANTONIO)

Le résumé du livre

Prêt à partir en vacances d’été, San Antonio tombe par hasard sur son adjoint Bérurier installé à la terrasse d’un café en compagnie de son cousin Evariste Plantin. Béru envisage un petit séjour à Embourbe le Petit, village dont Evariste est le maire. Mais pas question de s’installer chez son cousin vu qu’il doit héberger une délégation de Britanniques venus pour un jumelage. Alors Béru trouve un prétexte imparable pour s’imposer quand même : il prétend causer couramment le british. Quelque temps plus tard, à la cérémonie d’accueil, alors que le Gros pérore dans un anglais plus qu’approximatif, tombent deux nouvelles surprenantes : Kiki la vinasse, la clocharde du village vient d’accoucher de jumeaux dans le hangar de la pompe à incendie, performance devenue rarissime dans le coin, et Moïse Assombersaut, directeur du service des eaux de la région, a été retrouvé assassiné d’une balle de révolver dans son petit pavillon de pierres meulières…

Ma critique

« Un éléphant ça trompe » est un des innombrables romans policiers picaresques, parodiques et décalés dont nous gratifia pendant des années le très regretté Frédéric Dard, alias San Antonio. Même à un demi-siècle de distance, c’est toujours un plaisir de lire ou de relire une des aventures du célèbre commissaire et de son peu reluisant adjoint. L’intrigue, basée sur un complot de néo-nazis tentant de stériliser la population en empoisonnant l’eau de la ville, est bien menée et toujours d’actualité. Mais le plus intéressant reste quand même le style de l’auteur, cette langue verte, pleine de tournures argotiques ou inventées, de jeux de mots, de trouvailles et d’humour goguenard. Le vrai esprit français fait d’ironie, d’intelligence, de dérision et de légèreté. On s’amuse beaucoup à lire cet ouvrage, comme tous les autres San Antonio d’ailleurs. Un excellent dérivatif, sans prétention, pétillant et amusant à souhait. À consommer sans modération, pour se détendre entre deux ouvrages sérieux ou pour oublier la noirceur ambiante…

Ma note

4,5/5

ESSAIS

L’AFFAIRE EPSTEIN (DYLAN HOWARD)

Le résumé du livre

Le 23 juillet 2019, Jeffrey Epstein, milliardaire sulfureux, confident de Bill Clinton, ami de célébrités, de chefs d’Etats et même du Prince Andrew, est retrouvé mort dans sa cellule, pendu par le cou à l’aide d’un drap de lit. Meurtre ? Suicide ? Nul ne le sait. Il était officiellement accusé d’avoir organisé le plus vaste réseau de prostitution de mineures de l’Histoire. Issu d’un milieu modeste de Brooklyn, il commença comme prof de maths vite renvoyé d’un collège huppé (Dalton). Grâce à ses relations, il se recycla dans le milieu bancaire (chez Bear Stearns) d’abord comme assistant trader, avant de monter les échelons et de réaliser quelques beaux coups qui lui permirent d’empocher ses premiers millions de dollars. Il monta des pyramides de Ponzi style Madoff et travailla avec la CIA ainsi qu’avec Adnan Khashoggi, trafiquant d’armes et de drogue, avant de se rapprocher de Robert Maxwell, père de sa bonne amie Ghislaine, magnat de la presse et espion qui lui fit intégrer les rangs du Mossad. À sa mort, sa fortune était estimée à plus de 500 millions de dollars. Il possédait de nombreuses propriétés, à Palm Beach, New-York, Paris, et même un immense ranch dans l’Ouest. Il disposait d’un Boing 727 aménagé, appelé le « Lolita Express » qui lui permettait d’amener ses puissants amis et de très jeunes filles sur son île des plaisirs des Caraïbes, « Little Saint-James ». Tous les ébats étaient filmés en permanence par des caméras cachées. Les enquêteurs retrouvèrent des milliers de photos et de vidéos dans son palace new-yorkais.

Ma critique

« L’affaire Epstein » est une enquête de longue haleine menée par trois journalistes américains qui se lit ou plutôt se dévore comme un bon roman policier. Que ne découvre-t-on pas au cours de cette lecture ? Comment ce sinistre individu attirait chez lui de pauvres gamines en leur promettant de l’argent en échange de massages qui se transformaient bien vite en autre chose de nettement plus lubrique. Comment il a piégé pendant plus de vingt ans pour le compte des services secrets américains et israéliens, des milliers d’hommes politiques, de présidents, d’hommes d’affaires, de journalistes, de stars du show-biz, de célébrités de la jet-set avec son réseau de prostitution très particulier. Et comment un homme aussi respectable que Bill Gates a pu reprendre place dans le « Lolita Express » à quatre reprises et cela bien après qu’Epstein soit sorti de prison une première fois. Bien entendu, le lecteur ne peut que ressentir dégoût et écœurement devant tant de turpitudes accumulées. Tous ces gens si hauts placés, toujours prêts à faire la morale au bon peuple, ne seraient-ils donc que des vicieux et des pervers sans vergogne tant qu’ils sont assurés de l’impunité. Combien étaient tenus et le sont encore ? Combien ont craché au bassinet ? On ne le sait toujours pas. Idem pour les implications avec la France, via un certain Brunet, louche imprésario de top models, et via Ghislaine Maxwell, principale pourvoyeuse du monstre, qui ne parlera sans doute pas à son procès. Passionnant, mais un peu frustrant, la liste des « clients » du fameux « carnet noir » n’étant que très partiellement révélée.

Ma note

4/5

HISTORIQUETEMOIGNAGE

UN PRÉSIDENT NE DEVRAIT PAS DIRE ÇA (GÉRARD DAVET & FABRICE LHOMME)

Le résumé du livre

Que reste-t-il du quinquennat de François Hollande ? Fut-il vraiment le président le plus impopulaire, le plus calamiteux et le plus insignifiant de la Ve République ? Frais émoulu de l’ENA, il fut d’abord auditeur à la Cour des Comptes, puis chargé de mission à l’Elysée pour son idole François Mitterrand. Elu député de Corrèze en 1988, il fut battu en 1993. Maire de Tulle puis président du Conseil Général, il s’épanouit comme petit potentat local. Il se plaça d’abord dans le sillage de Jacques Delors puis dans celui de Jospin qui l’imposa comme premier secrétaire du PS. En 2006, Ségolène Royal lui brûla la politesse en se déclarant candidate à l’élection présidentielle. Trop commun, trop mou, trop terne, en mars 2011, il ne rassembla que 3% des votes à la primaire socialiste, alors que DSK caracolait en tête. Survint le scandale du Sofitel de New-York. Hollande se relança alors dans la campagne. Discours du Bourget, (« Mon ennemi, c’est la finance ! »). Victoire contre Sarkozy et accession à la magistrature suprême. « Il ne trouve que je suis président », dit-il comme s’il n’en revenait toujours pas ou comme s’il avait conscience de ses limites et de celles de son pouvoir. Et voilà celui que ses adversaires surnommaient Flanby, Pépère ou Culbuto embarqué dans cinq années de crise économique, d’horreur terroriste, d’avancées sociétales discutables, d’augmentation d’impôts, de recul de la démocratie, d’opérations militaires en Afrique et de déliquescence de la gauche. Mais il aura quand même goûté à « la drogue ultime, le pouvoir suprême ». « J’aurais vécu cinq ans de pouvoir relativement absolu », avoue-t-il, satisfait de son bilan.

Ma critique

Quel pensum, la lecture de ce gros pavé de 720 pages tout rempli de politique politicienne, de politicaillerie, de négociations de boutiquiers, de petites manœuvres sans grand intérêt pour l’Histoire. Le lecteur qui attendait des scoops, des révélations fracassantes, de grands coups de projecteurs dans les coulisses du pouvoir en sera pour ses frais. Il n’apprendra quasiment rien qu’il ne sache déjà si ce n’est que Poutine aurait prévenu Hollande que la Grèce avait demandé à la Russie de lui imprimer des drachmes lors de la crise et qu’Hollande se teignait pas les cheveux. L’affaire du mariage pour tous avec ses manifestations monstres à Paris et dans tout le pays est à peine évoquée et juste pour dire combien Christiane Taubira fut efficace et courageuse. Tous les scandales qui entachèrent le quinquennat sont minimisés : Cahuzac n’a eu qu’un « petit souci fiscal », Aquilino Morelle « s’est pris les pieds dans une boîte de cirage », Thomas Thévenoud « était allergique aux impôts », sans parler de Kader Arif, Faouzi Lamdaoui et de quelques autres indélicats. Les deux journalistes du « Monde » auraient pu en apprendre bien plus lors de ces dizaines d’heures d’entretien, répartis sur quatre années et demi et 61 séances. Ils n’en ressortent qu’une tentative ridicule de donner une absolution et presque un satisfécit à un personnage qui abaissa encore plus que son prédécesseur la fonction présidentielle et ne réalisa même pas qu’avec ses dénis de réalité et son manque de respect de la volonté populaire, il ouvrait la route à toutes les dérives autoritaires de son successeur. Rien à garder de ce bouquin, excepté l’anaphore finale en forme de coup de sabot de l’âne. (À lire dans les citations, pour le reste, on peut faire l’impasse.)

Ma note

2,5/5

ESSAISHISTORIQUE

AGENT ORANGE, APOCALYPSE VIETNAM (ANDRÉ BOUNY)

Le résumé du livre

La guerre du Vietnam fut un conflit interminable qui dura trente ans. Tout d’abord avec la France qui envoya 150 000 hommes et quitta le terrain après la défaite de Dien-Bien-Phu puis avec les Etats-Unis qui déployèrent un million de combattants et ne lésinèrent sur aucun moyen, même les plus barbares, avant d’abandonner en 1975. Ainsi larguèrent-ils sur le pays la bagatelle de 7 millions de tonnes de bombes de toutes sortes (dont le napalm, le phosphore blanc et les obus à fragmentation) soit trois fois plus que tout ce qui fut déversé sur l’Europe et l’Asie au cours de la seconde guerre mondiale. L’arme la plus terrible fut l’Agent orange, un défoliant à base de dioxine, fabriqué par Dow Chemicals, Monsanto et quelques autres, qui transforma des millions d’hectares de jungle en désert pour pouvoir plus aisément débusquer les soldats Viet-Congs. Au total, cent millions de litres de ce poison furent pulvérisés sur le pays, polluant les terres, les rizières, les cours d’eau et les nappes phréatiques pour des années. Un biocide dantesque sans oublier un coût humain monstrueux. 4,8 millions de Vietnamiens et des dizaines de milliers de GI’s y furent exposés et développèrent toutes sortes de cancers et autres maladies graves. Les femmes se mirent à accoucher de bébés mort-nés, difformes, hydrocéphales, aveugles, sans bras, sans jambes, etc. Et cela continue encore et encore, sans doute tant que tout le pays ne sera pas dépollué !

Ma critique

La lecture de cet essai ne peut laisser personne indifférent. C’est un véritable coup de poing au plexus solaire ! Comment un pays libre, démocratique, toujours dans le camp du bien et du juste, a-t-il pu se livrer à pareilles monstruosités ? Comment a-t-il pu bafouer tous les traités internationaux sur la guerre et ne jamais reconnaître ses torts, même du bout des lèvres ? Tous les recours auprès des juridictions américaines pour obtenir réparation des préjudices subis ont été rejetés. Les 70 000 vétérans atteints dans leur chair ne reçurent en compensation que des indemnisations dérisoires (de 250 à 13 000 dollars). Pire, cette horrible méthode de défoliation ne fut pas unique. Des millions de palmiers dattiers subirent le même sort pendant la guerre d’Irak tout comme des milliers d’hectares de jungle en Colombie. L’ouvrage est illustré par de très nombreuses photos dont la vision est à déconseiller aux âmes sensibles. Le lecteur ressort de cette lecture d’autant plus révolté et écœuré qu’il sait que ce véritable crime contre le génome humain signé JFK n’est pas près d’être sanctionné…

Ma note

4,5/5

ESSAISEXPLORATIONSvoyages

LES INDIENS D’AMERIQUE DU NORD (GEORGES CATLIN)

Le résumé du livre

De 1832 à 1839, Georges Catlin sillonna les grands espaces de l’ouest américain, en remontant le Missouri et en allant jusqu’aux Rocheuses, à la recherche des tribus indiennes les moins touchées par la « civilisation » qui se ruait déjà vers eux. À une trentaine d’années de distance, il partit sur les traces des grands explorateurs Lewis et Clarck et, comme Audubon, il fut aussi un peintre de paysages et de portraits de chefs Peaux Rouges. Ses tableaux, rassemblés dans un musée, figurent parmi les rares documents permettant de se faire une idée de la vie des tribus indiennes juste avant l’invasion yankee et la fin de cette civilisation singulière. En effet les Indiens d’Amérique passèrent d’une population de 16 millions d’habitants à seulement 2 en fort peu de temps, victimes du whisky, de la variole et de la guerre. D’abord repoussés au-delà du Mississippi, puis de plus en plus loin vers l’ouest, sur des territoires de plus en plus déserts, tous firent néanmoins un excellent accueil à Catlin.

Ma critique

« Les Indiens d’Amérique du Nord » est un essai anthropologique d’une lecture un peu laborieuse. En effet, cet ouvrage illustré de nombreuses reproductions de tableaux de l’auteur et composé de 58 lettres suivies d’un appendice consacré à un plaidoyer en faveur des Indiens et d’un réquisitoire enflammé à l’encontre des Visages Pâles, ne suit ni un ordre chronologique vu que ce n’est en aucun cas un récit de voyage classique, ni une forme thématique. Le résultat donne une accumulation de redites comme la chasse aux bisons qui est décrite à de multiples reprises. Sans parler des longues descriptions de paysages. Paradoxalement, le lecteur en apprendra moins sur les us et coutumes de ces populations disparues que dans les ouvrages de la collection « Terre Humaine » par exemple. Il découvrira cependant que la viande de chien, les queues de castor et les langues de bisons figurent parmi les plats les plus recherchés de leur gastronomie, que l’Indien est superstitieux et qu’il a un grand sens de l’honneur. Il place autour de sa taille et un peu partout sur ses vêtements les scalps pris sur ses ennemis tués au combat. Plus il peut en exhiber, plus il sera considéré comme un guerrier respecté. Il garde en permanence une bourse à médecine qui contient des gris-gris censés le protéger. Il pratique la polygamie, seule organisation permettant de compenser les pertes en hommes des perpétuelles guerres entre tribus. On passera sur les supplices d’initiation très bien décrits pour ne pas choquer les âmes sensibles. Il ressort de ce témoignage une impression mitigée. Bien sûr, ces pauvres gens furent broyés impitoyablement, comme par un rouleau compresseur. Mais ils eurent une certaine part dans leur destinée. Leur chasse au bison était avec aussi peu respectueuse du maintien de l’espèce que celle des chasseurs yankee (Buffalo Bill). Ils contribuèrent pour une part à la disparition de l’animal qui était garant de leur survie. Ils ne surent pas se fédérer, étant perpétuellement en guerre les uns contre les autres. Très peu parvinrent à passer du statut de chasseur-cueilleur à celui de cultivateur. Ils furent aussi d’une grande naïveté dans les négociations des traités de paix, véritables marchés de dupes. Une tragédie et un génocide dont les Américains resteront éternellement responsables.

Ma note

3/5

ESSAIS

MEURTRE PAR INJECTION (EUSTACE MULLINS)

Le résumé du livre

Dès 1600 avant J.C., plus de 900 médicaments étaient déjà à la disposition des médecins y compris l’opium. Aujourd’hui, la médecine allopathique est devenue dominante. Elle cherche à discréditer, à déconsidérer, voire à annihiler sa concurrente, la médecine homéopathique à laquelle encore beaucoup de gens dont la reine Elizabeth II continuent à avoir recours. Pourtant, en 1847, aux Etats-Unis, le nombre des homéopathes représentait encore le double de celui des allopathes. Mais en 1892, John D. Rockefeller reçut de Frédérick T. Gates un plan lui permettant de se rendre maître de tout l’ensemble du système américain d’éducation médicale. Sous sa houlette, le nombre d’écoles de médecines passa de 650 à 50 et celui des diplômés fut ramené de 7500 à 2500. Rockefeller avait commencé en vendant des potions, à base de pétrole, censées soigner n’importe quoi mais, en réalité, plus nocives qu’efficaces. À la fin de la première guerre mondiale, les productions de produits chlorés à but militaire (ypérite) furent reconverties en insecticides et pesticides pour l’agriculture et en médicaments pour humains et animaux. Les multinationales de la chimie et de la pharmacie engrangent des profits phénoménaux avec des chiffres d’affaires de plusieurs milliards de dollars. Leurs médicaments sont malheureusement trop souvent surévalués, inefficaces et potentiellement dangereux. En septembre 1980, la FDA fit ainsi retirer du marché plus de 3000 médicaments à l’efficacité douteuse et à la dangerosité certaine. La liste de ces derniers est interminable, celle des scandales sanitaires aussi. (Thalidomide, Aspartame, etc.) Chaque année, 30 000 Américains meurent des effets indésirables des médicaments et des vaccins.

Ma critique

« Meurtre par injection » est un essai sur l’état de tout le système médical américain. Le titre est assez mal choisi. En effet, le problème des vaccins n’est abordé que dans un seul chapitre assez court d’ailleurs. L’auteur prend le problème dans son ensemble en commençant par la partie historique qui montre comment on en est arrivé là. Depuis la création de pseudos instances de contrôle et de régulation comme l’AMA (American Medical Association) dirigée jusqu’en 1949 par deux charlatans, Simmons et Fishbein, jusqu’à la main mise absolue du trio Rockefeller-Rothschild-Gates sur l’ensemble de la filière, OMS incluse. Une guerre sans merci fut livrée contre les médecines douces comme l’homéopathie, la phytothérapie, la chiropractie et autres qu’on accusa de tous les maux pour mieux promouvoir la filière chimique d’un rapport bien plus intéressant. Ainsi apprend-on que les huiles essentielles furent interdites, saisies et détruites comme « substances dangereuses » alors que personne n’était mort ou n’avait été malade suite à leur prise. Que l’on a expérimenté pendant des années des vaccins sur des prisonniers dans les pénitenciers américains sans leur consentement et avec les conséquences tragiques que l’on imagine. Que dans les années 60, Dulles commanda à la société Sandoz basée en Suisse rien moins que 10 kg de LSD soit cent millions de doses qui servirent aux expériences menées dans les universités de la côte ouest (Timothy Leary) sous la houlette de la CIA, laquelle reprit et mena à leur terme toutes sortes d’expérimentations de manipulations mentales et autres lavages de cerveau initiés par les médecins nazis (MK Ultra, MK Delta, etc.) Au total, un réquisitoire implacable et ahurissant qui fait froid dans le dos. À réserver aux courageux qui voudraient en savoir un peu plus sur le sujet.

Ma note

4/5

ESSAISSCIENTIFIQUE

LE VIOL DES FOULES PAR LA PROPAGANDE POLITIQUE (SERGE TCHAKHOTINE)

Le résumé du livre

Qu’est-ce vraiment que la propagande politique ? Comment manipule-t-on l’opinion publique ? Comment certains parviennent à fabriquer le consentement des masses ? La valeur de la propagande de la peur est surtout réelle paradoxalement là où il n’y a pas vraiment de menace extérieure. Tout est donc dans le narratif, dans la façon de présenter les informations. Et le plus inquiétant, c’est que moins de 10% des hommes est capable de résister à cette technique de propagande affective se basant sur les lois des réflexes conditionnés (Pavlov), alors que les 90% restant succombent au viol psychique. Hitler et Mussolini sont ainsi parvenus à leurs fins. Les peuples allemands et italiens les ont suivis passivement ou avec enthousiasme. On sait où cela les a menés. L’ennui, c’est qu’après la guerre, les mêmes causes engendrant les mêmes effets, d’autres ont suivi leurs traces en appliquant de semblables méthodes de manipulation de masse et même en les perfectionnant (Expérience MK Ultra, opération « Paperclip »). En effet, il est naturel pour le peuple de se soumettre à l’autorité, de se conformer à la majorité et de pratiquer la brutalité envers ceux qui sont plus bas que lui. (Boucs émissaires). Les techniques de base reposent sur des appels aux émotions, aux instincts les plus bas, comme le meurtre, la vengeance et la discrimination.

Ma critique

« Le viol des foules par la propagande politique » est un essai de sociologie politique paru en 1952 qui fut d’abord censuré en France en 1939, puis confisqué et détruit en Allemagne en 1940. Que révèle-t-il de si dangereux pour avoir subi pareil sort ? Rien que nous ne sachions aujourd’hui, tant la propagande s’est améliorée, affinée et est devenue omniprésente au point d’envahir et de diriger nos vies. Serge Tchakhotine, qui s’est surtout attaché à étudier les propagandes fascistes et nazies, reste très discret voire favorable aux équivalents communistes russes, chinois et autres. Il faut dire qu’il se présente comme socialiste et qu’il fit partie du « Front d’Airain », structure politique qui tenta avec un certain succès de contrer le nazisme en l’attaquant sur les symboles : triples flèches pour contrer les croix gammées, énormes manifestations, parades avec flambeaux, musiques de percussion, uniformes, et rouge des drapeaux et oriflammes, couleur la plus appropriée pour exciter l’agressivité. Mais la passivité des caciques socialistes de l’époque, le jusqu’au-boutisme des bolcheviques ainsi que le double jeu de Von Papen finirent par faire basculer le peuple du côté d’Hitler, mais il s’en fallut de très peu. Cette séquence historique méconnue est la partie la plus intéressante de l’ouvrage. Les développements purement psychologiques et sociologiques sont plus fastidieux à lire. Quant aux conclusions sur la nécessité d’un gouvernement mondial instaurant sur toute la planète une paix éternelle et un bonheur universel dans un socialisme triomphant, les évènements récents viennent de démontrer leur manque de réalisme, voire leur naïveté.

Ma note

3/5

DARK-FANTASYFANTAISIE

LE GAMBIT DU MAGICIEN (DAVID EDDINGS)

Le résumé du livre

Alors que Dame Polgara pose une attelle à son père Belgarath pour réduire la fracture du bras qu’il s’est faite suite à la chute d’un arbre, elle répète à la princesse C’Nedra qu’en dépit de sa fugue et de son refus d’obéir, elle sera amenée de gré ou de force à la cour de Riva, histoire de respecter la volonté de son père. La quête de l’Orbe, qui continue encore et encore, mènera ensuite nos héros dans les entrailles de la terre où ils rencontreront un peuple qui n’a pas vu la lumière du jour depuis plus de 5000 ans et qui leur permettra de profiter de l’aide d’un certain Relg qui possède un pouvoir tout à fait étrange, celui de passer à travers murs et rochers même les plus durs.

Ma critique

Avec « Le gambit du magicien », la saga de la « Belgariade » arrive à un tournant, mais non à sa fin, ce qui aurait pu être le cas. En effet, après trois tomes et 1150 pages de lecture un brin fastidieuse, l’histoire n’a que fort peu progressé. La quête de l’Orbe semble interminable. Les chevauchées dans le vent, le froid et la neige dans un décor aussi minéral que désertique, même pimentées de quelques rencontres de monstres, finissent par lasser le lecteur le plus patient. Heureusement, la scène finale avec la montée à Rak Cthol et l’affrontement homérique entre le Grand Prêtre Ctuchik et le sorcier Belgarath réveille un peu l’intérêt. Nul doute que les fans de fantaisie souhaiteront quand même découvrir la suite de cette histoire, mais ce sera sans moi. Un ensemble trop lent, trop mou, trop ennuyeux. Pas assez de rebondissements, de surprises, de rythme et d’humour !

Ma note

2,5/5

ESSAIS

LE MOMENT EST VENU DE DIRE CE QUE J’AI VU (PHILIPPE DE VILLIERS)

Le résumé du livre

Philippe de Villiers est entré en politique par effraction et il en est ressorti avec un énorme dégoût. Aujourd’hui, on peut même dire qu’il la déteste pour tout le mal que ses représentants ont fait à notre pauvre pays. Il a côtoyé tous les puissants. Tout d’abord Chirac, chaleureux mais sans la moindre conviction, qui pouvait se droitiser la semaine à Paris et se gauchiser le week-end en Corrèze. Puis Giscard qui voyait la France comme une puissance moyenne, voire de second rang, qu’il fallait dissoudre au plus vite dans une Europe fédérale. Pour lui, la France était trop petite (1% de la population mondiale) pour pouvoir résoudre seule ses problèmes. Puis Mitterand qui l’estimait vu que lui-même venait de la droite et savait naviguer vers la gauche quand cela pouvait lui servir. Il a bien connu également Pasqua qui fut un temps son allié, Philippe Séguin et Jimmy Goldsmith qui lui fit la courte échelle pour décrocher son mandat européen ce qui lui permit de découvrir que c’était l’argent qu’on déversait sur les sondeurs qui permettait de l’emporter. Et l’on peut poursuivre la liste avec Hassan II qui aimait sincèrement notre pays, l’affreux Boudarel, le tortionnaire communiste des camps de la mort Viet-Minh, l’immense Soljenitsyne qui vint inaugurer un monument dédié au souvenir des martyrs de la Vendée et même Poutine qui lui acheta le concept du Puy du Fou pour l’adapter à son pays.

Ma critique

Ce livre est à la fois un récit de souvenirs, un témoignage et un manifeste sur la droite où l’on arrive jamais. Le réquisitoire est des plus sévères sur la politique menée depuis un demi siècle. Selon lui, la France est devenue un champ de ruine. L’agriculture est complètement sinistrée. Il y avait 10 millions d’actifs agricoles après la guerre, il en reste à peine 900 000 aujourd’hui avec un suicide par jour. Les centres-villes se désertifient de plus en plus au profit des grandes surfaces de leur périphérie. La haine de soi est devenue omniprésente. Le dénigrement de la France est constant. Le migrant a remplacé le prolétaire abandonné à la mondialisation sauvage. Notre industrie a été démantelée au profit de pays étrangers où les salaires sont moins élevés que chez nous (Plus d’un million d’emplois perdus). Le livre étant paru en 2015, l’auteur ne parle pas de la triste suite des évènements qui n’ont fait qu’empirer jusqu’à nous amener au bord du gouffre. Ouvrage intéressant ne serait-ce que pour se rendre compte de l’importance et des raisons du désastre.

Ma note

4,5/5

LOISIRSvoyages

LA FRANCE INSOLITE (FRANCK CHAUVET)

Le résumé du livre

Qu’ont en commun les villes d’Apremont, de Locronan, de Gordes, de Pérouges et de Villefranche, les résidences d’Alexandre Dumas, d’Anatole France et d’Honoré de Balzac, les sites naturels comme le cirque de Gavarnie, le site de Filitosa, le gouffre de Padirac, la vallée des Merveilles et la chaîne des Puys, les jardins remarquables comme la Bambouseraie d’Anduzes et le Jardin des Cinq Sens, ou les endroits incroyables comme la Maison Vaisselle cassée, la Grotte magique, l’Eglise verte, la Fabuloserie ou le Paradis ? Ce sont autant de sites insolites, connus ou méconnus à découvrir dans notre si beau pays. L’auteur en a sélectionné cent, ce qui est très loin de représenter un répertoire exhaustif.

Ma critique

« La France insolite » est un charmant petit guide joliment édité. Couverture et impression de qualité, papier glacé et nombreuses photos couleurs. On regrettera néanmoins que chaque lieu n’ait pas eu droit à son illustration. On remarquera également que Paris et la région Ile-de-France se taillent la part du lion alors que certaines régions comme les Hauts de France ou l’Aquitaine n’ont pas le moindre site insolite à présenter. Cet ouvrage permettra cependant de quitter un peu les sentiers battus, il invitera à aller dénicher ces perles parfois très peu connues. Ainsi peut-on apprendre un peu et découvrir beaucoup sans avoir besoin d’aller à l’autre bout de la terre.

Ma note

4/5

ESSAIS

LE TRAITRE ET LE NEANT (GERARD DAVET & FABRICE LHOMME)

Le résumé du livre

Après un double échec au concours d’entrée à Normale Sup, le jeune Emmanuel Macron réussit celui de l’ENA. Déjà, il commence à s’y constituer un réseau. Puis très vite le voilà à l’Inspection générale des finances et bientôt secrétaire à la commission pour la libération de la croissance économique française présidée par Jacques Attali, l’homme qui murmure à l’oreille de tous les présidents depuis Mitterrand, le faiseur de roi, l’éminence grise de la république qui le présente à Hollande juste avant que celui-ci ne devienne président. Il en fera un secrétaire général de la présidence, puis son ministre de l’économie et des finances. Il s’apercevra trop tard que Macron joue double jeu, le ringardise, le pousse vers la sortie et qu’il monte son propre mouvement « En Marche ». Finalement, en mai 2017, Macron réussit « le hold-up politique du siècle ». Jamais élu, sans véritable parti, mais avec l’énorme soutien des médias et de quelques milliardaires, il parvient à s’emparer du fauteuil de celui qu’il a trahi.

Ma critique

« Le traitre et le néant », nouvel opus du duo d’enquêteurs du « Monde », se présente comme un très long article de journal plus attaché à décrire la personnalité ambivalente de l’actuel chef de l’État que de vraiment pousser loin l’investigation. Les deux auteurs ont essuyé une longue suite de refus de participation à cet ouvrage. La liste de ceux-ci tient d’ailleurs sur plusieurs pages en fin de volume. Ni l’intéressé, ni sa femme, ni ses principaux ministres n’ont accepté de les rencontrer. Ils ont donc dû se contenter des échos de seconds couteaux et autres personnages du cercle dont une bonne majorité reste d’une discrétion de violette et d’une prudence pas trop étonnante quand on sait combien Macron est craint. Ces témoignages distillés un à un, sans véritable souci de chronologie ni de cohérence, nous brossent un portrait psychologique assez précis du personnage : prétentieux, arrogant, intrigant, populiste mais libéral, fluctuant, opportuniste, cynique, pragmatique, sans convictions, mais supérieurement intelligent et disposant d’un charme indéniable. Ces potins de cour, ce « verbatim », ne nous apprennent finalement pas grand-chose sur le fond. On aurait aimé en savoir plus sur les financements de sa campagne, sur ces milliardaires qui, ayant payé l’orchestre, ont pu choisir les morceaux joués. La manière dont sont traités la plupart des sujets (vente à la découpe du pays avec Alstom, Alcatel, Technip, Lafarge, Safran Identity, les chantiers de l’Atlantique et l’aéroport de Toulouse-Blagnac, CSG, retraites, révolte des Gilets Jaunes, crise sanitaire) est tout à fait décevante. Les auteurs s’en tiennent au narratif officiel dont tout le monde découvre peu à peu combien il était mensonger. Les rares mesures utiles sont toutes à mettre au crédit du président, les erreurs à la charge de ses subordonnées. Au bout du compte, le lecteur finit par avoir l’impression que nos deux pseudo-enquêteurs cherchent à innocenter un personnage qui n’aime ni la France ni les Français tout en lui concédant une personnalité assez détestable, mais sans vraiment désapprouver son exercice solitaire du pouvoir pour ne pas dire plus.

Ma note

2,5/5

ESSAIS

LE MONDE SELON MONSANTO (MARIE-MONIQUE ROBIN)

Le résumé du livre

Multinationale américaine de la chimie, des semences et des manipulations génétiques, Monsanto a été responsable de la production à grande échelle et de la mise sur le marché de quelques-uns des plus dangereux produits de l’époque moderne : le DTT, aujourd’hui interdit, les PCB (bisphénol polychloré, communément appelé « pyralène » chez nous), liquides réfrigérants et lubrifiants dont la nocivité reste dévastatrice pour la santé humaine, la dioxine dont quelques grammes suffisent pour empoisonner une ville entière, l’agent orange utilisé massivement au Viet-Nam par l’armée américaine comme défoliant, les hormones de croissance laitières et bovines poussant les animaux à dépasser leurs capacités naturelles, le désherbant Round-Up, présenté fallacieusement comme biodégradable et favorable à l’environnement et pour finir, « last but not least », les fameuses semences OGM de soja, maïs, riz ou coton aussi catastrophiques pour la biodiversité que pour la santé humaine…

Ma critique

« Le monde selon Monsanto » se présente comme une enquête aussi fouillée que magistrale sur une société si obsédée par l’appât du gain qu’elle en oublie tout principe moral et toute valeur pour imposer son emprise sur quasiment l’ensemble de la planète, amenant dans son sillage la misère et le désespoir des petits paysans, des dégâts quasi irréversibles sur l’environnement et une dégradation de la santé humaine. L’auteure, également co-réalisatrice du documentaire éponyme, a dû sillonner la planète pour mener à bien son enquête. Celle-ci la mena des plaines du Middle-West américain aux grands espaces canadiens pour le soja, puis dans toute l’Amérique du Sud pour le maïs et finalement en Inde pour le riz et le coton. Au fil des pages et des découvertes, le lecteur se retrouve de plus en plus horrifié devant le cynisme et les malversations innombrables de cette multinationale qui se permet de breveter le vivant, d’interdire aux agriculteurs de resemer les graines qu’ils ont récoltées, d’intenter des procès aux récalcitrants entre autres manières de voyous en col blanc. Ce géant apprenti sorcier sans foi ni loi qui se retrouve ainsi en position de quasi-monopole mondial, s’offre des profits pharamineux au détriment de la vie biologique, de la santé et même de l’existence des hommes. Le livre refermé, on ne peut que se poser la question : « Quand et comment arrêtera-t-on cette multinationale qui ne nous veut aucun bien ? »

Ma note

4/5

ESSAIS

SARKOZY, ISRAËL ET LES JUIFS (PAUL-ERIC BLANRUE)

Le résumé du livre

Contrairement à tous ses prédécesseurs (de Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand et dans une moindre mesure Chirac) qui gardèrent une attitude prudente et mesurée vis-à-vis d’Israël, Nicolas Sarkozy se montra plus qu’amical et même aligné sur les positions de l’état hébreu, ne trouvant par exemple rien à redire aux opérations militaires de Tsahal dans la bande Gaza. Pour la première fois ; il participa en personne au célèbre dîner du CRIF alors que tous les autres présidents avant lui se contentaient d’y envoyer leur premier ministre. « Dois-je rappeler l’attachement viscéral de tout Juif de France à Israël, comme une seconde mère-patrie ? » écrivait-il en 2004. Il fut également l’homme des réseaux américains : AJC (American Jewish Committee, 125 000 membres, 33 bureaux aux Etats-Unis, 8 dans le monde dont 6 en Europe, à Paris, Berlin, Bruxelles, Genève, Rome et Varsovie.) En retour, Sarkozy se retrouva proclamé « Lumière des Nations » pour son amitié dévouée envers les Etats-Unis, Israël et le peuple juif. Il reçut également « The Humanitarian Award » de la fondation Elie Wiesel.

Ma critique

Cet ouvrage est un essai bien documenté (une importante quantité de notes de bas de page en atteste) sur les positions tout à fait nouvelles introduites par Sarkozy dans les affaires étrangères de la France. Il présente également un grand nombre de personnages impliqués dans ces rapports en les citant longuement, les plus connus étant Bernard Henry Lévy, Alexandre Adler, Finkelkraut, Goldnadel et Glucksmann. Il répertorie et analyse nombre d’officines travaillant à améliorer les relations entre la France et Israël. De longs développements sont d’ailleurs consacrés au CRIF. Le lecteur trouvera également un chapitre portant sur la répression judiciaire subie par les opposants. Se pose bien sûr la question : l’antisémitisme est-il égal ou différent de l’anti-sionisme ? L’ensemble, bien que daté et plus trop d’actualité aujourd’hui, peut néanmoins demeurer intéressant ne serait-ce que du point de vue de l’histoire contemporaine et aussi pour comprendre l’évolution de la politique française et la logique du comportement de ce président d’un genre nouveau qui aimait qu’on l’appelle « l’Américain » et qui aurait également pu apprécier qu’on y ajoute « l’Israélien ».

Ma note

4/5

FANTAISIE

LA REINE DES SORTILEGES (DAVID EDDINGS)

Le résumé du livre

Elevé par tante Pol qui va se révéler toute autre que ce qu’il croyait, le jeune Garion est orphelin de père et de mère. Il a perdu ses parents assassinés par un mystérieux inconnu qui a aussi mis le feu à leur maison avant de s’enfuir dans la nuit. Garion n’a plus qu’une idée en tête : retrouver cet individu pour le tuer dès qu’il sera assez grand et assez fort pour y parvenir. Pour l’instant, il reste encore sous la tutelle de tante Pol, alias Dame Polgara et de sire Loup, alias Belgarath, tous deux toujours en quête de l’Orbe volé par Zedar, lequel doit le remettre à Torak qui n’est pas mort, mais simplement endormi. Au fil des incidents et des attaques d’ennemis, Garion se rend peu à peu compte que Polgara et Belgarath sont des personnages hors normes, membre de la noblesse, des immortels doués de pouvoirs spéciaux. Mais lui-même, qui est-il ? D’où vient-il ? Quel est son destin ? Quels sont ses pouvoirs ?

Ma critique

« La reine des sortilèges » est le deuxième tome de la saga de fantaisie « La Belgariade ». L’intrigue ne progresse que fort lentement. Le couple Eddings a beau faire intervenir nombre de roitelets, une reine des serpents nommée Salmissra, des hommes de boue puants et de charmantes Dryades ne supportant pas le moindre feu, il ne se passe pas grand-chose dans cette histoire. Le lecteur apprendra surtout que le héros a pas mal de peine à assumer ses pouvoirs naissants, ce qui, en soi, n’est guère étonnant. Il notera également l’arrivée d’une petite princesse capricieuse. Autant d’éléments nouveaux qui peuvent divertir un jeune public et les amateurs du genre, mais qui risque d’ennuyer les autres. Ça ne décolle pas. On reste dans la soft fantasy, le divertissement quasi commercial. On cherche le souffle épique sans jamais le trouver. N’est pas Tolkien qui veut.

Ma note

2,5/5

ESSAIS

LA FACE CACHÉE DE REPORTERS SANS FRONTIÈRES (MAXIME VIVAS)

Le résumé du livre

Reporters sans frontières déclare vouloir défendre le droit d’expression des journalistes partout dans le monde et sous quelque régime que ce soit. Les gens imaginent que cela entraine nécessairement pour eux-mêmes une information objective et honnête. Il n’en est rien. Reporters sans frontières ne fait que promouvoir la liberté du bourrage de crânes pratiqué par des journalistes qui ne méritent plus d’autres noms que ceux de commissaires politiques ou de perroquets du pouvoir en place et de la pensée unique globalisée et upérisée. Celle-ci triomphe par une pléthore de titres et d’émissions répétant à l’unisson et à l’infini le même credo. Et Reporters sans frontières ne lève jamais le petit doigt pour soutenir les rares publications dissidentes menacées par l’oligarchie. Il s’insurge sur les exactions commises dans les pays du tiers monde, mais jamais contre celles commises par les Etats-Unis. En Irak, des journalistes sont flingués par des GI, fort peu de réaction. À Guantanamo, un journaliste se retrouve incarcéré et torturé pendant plus de quatre ans dans l’indifférence de RSF. Au Vénézuéla, un putsch raté est enclenché contre Chavez. RSF se range aux côtés des mutins soutenus par les Etats-Unis. L’organisation dénonce Cuba, mais jamais les USA…

Ma critique

Cet ouvrage est un essai analysant une ONG qui semble avoir pas mal à se reprocher. Très vite l’analyse tourne au réquisitoire en bonne et due forme. Le lecteur apprendra un certain nombre de choses intéressantes. Par exemple que les mécènes de RSF sont la CIA, la NED, l’USAID, l’Open Society de Soros et divers autres oligarques. Celui qui paie l’orchestre choisit la musique dit-on. La mansuétude vis-à-vis des Américains n’est donc pas étonnante. Une très petite partie de ces fonds va aux journalistes en détresse, l’immense majorité passe dans des frais de fonctionnement somptuaires. Robert Ménard, qui depuis s’est reconverti en politicien local, fut d’abord assureur, manœuvre, apiculteur, avant d’atterrir à Radio-France-Hérault. Avec Rony Brauman de Médecins sans frontières et Claude Guillebaud, il fond a cette officine à indignations variables « pour promouvoir des formes de journalisme alternatif. » Nous aurions préféré autre chose bien sûr. Avec cet ouvrage d’une lecture un peu laborieuse, le voilà rhabillé pour l’hiver et nous déçus une fois de plus de découvrir cette face cachée si peu reluisante. Encore une, après l’ARC de Crozemarie et tant d’autres…

Ma note

3/5

ESSAISHISTORIQUE

THOMAS SANKARA, L’ESPOIR ASSASSINE (VALERE D. SOME)

Le résumé du livre

Thomas Sankara (1949 – 1987), militaire anti-impérialiste, panafricaniste et tiers-mondiste ne fut chef de l’Etat de la Haute-Volta, rebaptisée « Burkina-Faso », que quatre années, de 1983 à 1987. Brillant officier, il prit le pouvoir à la faveur d’un putsch qu’il organisa en compagnie de Compaoré, Lingani et Zongo. À marche forcée, il tenta de mener diverses réformes pour son pays : lutte contre la corruption, contre la pauvreté, alphabétisation, émancipation des femmes et de l’ancien colonisateur, rejet de la dette et refus de l’aide du FMI. Il fut renversé par un autre coup d’état fomenté par Blaise Compaoré, son ami de toujours, et assassiné par un commando militaire, le 15 octobre 1987. Personnage gênant pour l’oligarchie mondialiste, il fut considéré comme le Che Guevara africain. Il est aussi surnommé « le président des enfants » ou « le président des pauvres ». Il a même été proclamé « modèle de la jeunesse africaine » lors de forums sociaux à Bamako et à Nairobi. Quasiment un nouveau Gandhi ou un autre Martin Luther King…

Ma critique

Cet ouvrage écrit par un de ses proches, ancien ministre de l’enseignement et de la recherche de son gouvernement, est à la fois un témoignage et un essai politique. C’est d’ailleurs ce second aspect du livre qui est de loin le moins intéressant voire le plus rébarbatif. Autant le récit de la fin tragique d’un personnage politique sans doute assez idéalisé peut être émouvant, autant les longs développements idéologiques avec analyse des options des différents groupes et groupuscules de la scène burkinabé ne sont que d’un intérêt moyen pour ne pas dire qu’ils ont vite fait de lasser le lecteur. Une fois de plus, la Révolution aura fini par dévorer ses propres enfants. L’Afrique n’aura pas dérogé à cette triste règle. Cet assassinat fit régresser le pays. Compaoré poursuivit de sa vindicte de nombreux sankaristes dont Somé qui tâta par deux fois de la prison. Il alla même jusqu’à liquider les deux derniers comparses, Lingani et Zongo. De sorte que des esprits taquins ou désespérés taguèrent « 4 – 1 = 0 » pour bien illustrer qu’avec l’élimination de Sankara, c’était l’espoir qui disparaissait. Le lecteur découvrira que le leader burkinabé s’était auparavant mis à dos Khadafi à cause du Tchad ainsi que Mitterand, Eyadéma et Houphouët-Boigny. De là à imaginer autre chose que l’ambition personnelle d’un Compaoré, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas faute de preuves.

Ma note

3/5

ESSAIS

LE COMPLOT MONDIALISTE (PHILIPPE PLONCARD D’ASSAC)

Le résumé du livre

D’après l’auteur, la France n’est pas née en 1789 comme le prétend Robert Badinter, mais en 436 avec le baptème de Clovis et la promesse de Tolbiac qui se perpétuera au fil des siècles avec les sacres des rois de France à Reims et sera confirmée par la consécration de la France au Sacré-Cœur par Louis XIII en 1682. Tant que la monarchie est restée fidèles à ses principes, la France s’est développée jusqu’à devenir la première puissance mondiale sous Louis XIV. Mais avec la révolution de 1789, on entre dans une ère nouvelle. Le but des révolutionnaires est déjà d’instaurer la « république universelle », autant dire le mondialisme. Et quand les Jacobins crient que la patrie est en danger, il faut comprendre que c’est la révolution qui l’est. Ils commencent déjà à changer le sens des mots. La patrie n’est plus la terre de nos pères et de nos aïeux, mais une simple notion d’universalité cosmopolite. La république universelle n’est qu’une construction idéologique. Pour y parvenir, il faut du passé faire table rase. La nation idéologique s’oppose à la nation charnelle et tend à la détruire.

Ma critique

« Le complot mondialiste » est un essai géopolitique bien étayé et bien argumenté. Après une intéressante analyse historique démontrant que ce que nous vivons est la conséquence logique d’un projet remontant fort loin dans le passé, l’auteur passe aux récents développements de ce plan : les guerres en Irak, en Afghanistan, les attentats du 11 septembre, les affaires de l’Ossétie du Sud et de la Georgie, les attentats de New-York, Madrid et Londres (tous perpétrés un 11 du mois, bizarre n’est-il pas ?) qui pourraient n’être que des opérations sous faux drapeau. Publié en 2010, cet ouvrage ne traite pas de tous les conflits (Libye, Syrie) et crises ultérieures (Covid) bien entendu. En montrant que les interventions de Poutine ont stoppé la progression des mondialistes, l’auteur se montre assez optimiste pour l’avenir. Ce qui s’est produit ensuite permet d’en douter. Il pense qu’une volonté politique suffisante, qu’une mobilisation d’un peuple bien averti du danger, doit pouvoir conjurer la menace. « Le propre des faux principes est de porter en eux les germes de leur auto-destruction », écrit-il. Intéressant diagnostic, même si l’on ne partage pas toutes les idées de Philippe Ploncard d’Assac.

Ma note

4/5

ESSAIS

INDUSTRIE VACCINALE (MARC VERCOUTERE)

Le résumé du livre

À chaque crise sanitaire, l’OMS s’appuie sur des experts en statistiques, en catastrophisme et en marketing pour faire appliquer le principe de précaution surtout par les pays riches. Elle reprend toutes les théories prédictives les plus alarmistes du CFR ou autres. Ainsi, nous avait-on prédit 500 000 morts en France pour la grippe aviaire. Ils se résumèrent à quelques cas. Le gouvernement fédéral américain octroya la bagatelle d’un milliard de dollars à cinq entreprises pharmaceutiques pour qu’elles produisent un vaccin contre ladite grippe. L’ennui, c’est que de nombreux experts estiment qu’aucun vaccin ne peut être vraiment efficace contre un virus capable de muter sans cesse. Fin avril 2009, avec l’arrivée de la grippe porcine (H1N1), on a les prescriptions systématiques de Tamiflu, puis la vaccination de masse. Les usines tournent à plein régime. Bachelot commande 90 millions de doses pour la France. Une bonne partie sera recyclée en Afrique. Quand on sait que l’immunité naturelle est de très loin supérieure à l’immunité artificielle, on est en droit de se demander si elle ne devrait pas être privilégiée et si d’autres voies thérapeutiques que ces inoculations ne pourraient pas être envisagées.

Ma critique

« Industrie vaccinale » est un essai médical de haut niveau, fort bien argumenté, sourcé et étayé, qui retrace l’histoire des pandémies (à l’exception de celle que nous vivons encore aujourd’hui). Il n’est pas inintéressant de se replonger dans cette très longue liste. Depuis quelques dizaines d’années, nous avons eu droit au SRAS, à la grippe A H5N1, à la grippe A H1N1, au syndrome de la guerre du golfe et à de multiples scandales comme ceux de la Thalidomide, du Vioxx, du Prozac, des statines, des hormones de croissance, du vaccin contre l’hépatite B ou du Régent. À chaque fois, c’est le même scénario, le même narratif. Des médecins de plateau télé, pourris de conflits d’intérêts, pour ne pas dire corrompus par Big Pharma, viennent faire la publicité du nouveau produit et quelque temps plus tard, on s’aperçoit qu’il provoque des effets secondaires plus ou moins néfastes. Peu importe les dégâts causés, l’industrie pharmaceutique se sera gavée. À elle, les bénéfices, à nous, les risques. Ouvrage intéressant bien qu’un peu aride (un glossaire de termes techniques en fin de volume aide à la compréhension). À conseiller à tous ceux qui cherchent à mieux comprendre ce que nous vivons. Il est toujours bon de prendre un peu de recul historique.

Ma note

4/5

JEUNESSEROMAN

UN ÉTÉ EN ROULOTTE (JEAN-CÔME NOGUES)

Le résumé du livre

Marguerite et Augustin, couple de retraités, habitent une vieille maison plutôt vétuste. Un jour, Marguerite entend des craquements sinistres. Elle en parle à Augustin qui n’a rien remarqué. Mais quand quelque chose de grave est sur le point de se produire, elle sent des picotements dans son chignon. Cette faculté étrange de Marguerite permet au couple de sortir précipitamment de leur maison juste avant que celle-ci ne s’effondre. N’ayant plus de toi, ils décident de partir sur les routes de France, à l’aventure, dans une roulotte prêtée par un ami. Elle sera tirée par le cheval Papillon. Et ils emmèneront avec eux la poule Coquille et le chat Mandrin. Mais une présence inquiétante semble les suivre à la trace partout où ils vont…

Ma critique

« Un été en roulotte » est un charmant roman pour enfants ou jeunes ados, mais qui peut parfaitement être lu également par des adultes appréciant les valeurs, la poésie et les histoires pleines de bons sentiments. On ne peut qu’être touché par ce vieux couple qui a tout perdu et qui se lance dans une grande aventure. Ils quittent très vite les routes pleines de véhicules pour aller se perdre dans de petits chemins plus tranquilles. Leur périple les amènent en Auvergne, dans le Jura, les Alpes, le midi, un véritable tour de France. La présence d’animaux facétieux apporte une note de fraicheur qui plaira forcément aux plus jeunes. Et la chute reste dans le ton positif de tout le livre. Si on y ajoute un style agréable, vivant et fluide, on ne pourra que conseiller à tous la lecture de ce joli roman. À noter également les très délicates illustrations de Sylvaine Alloy.

Ma note

4,5/5

DARK-FANTASYFANTASTIQUEROMAN

LE PION BLANC DES PRÉSAGES (DAVID EDDINGS)

Le résumé du livre

Le monde était jeune alors, les Dieux vivaient en harmonie et les hommes ne formaient qu’un seul peuple. Aldur le Sage façonna un globe au pouvoir immense, l’Orbe. Mais Torak, le dieu jaloux, s’en empara au prix d’une main et d’un visage brûlé, et plongea l’univers dans le chaos. L’Orbe fut caché. Les dieux se retirèrent et les hommes se divisèrent. De nombreux siècles plus tard. L’Orbe a disparu à nouveau. L’immortel sorcier Belgarath sait que l’avenir de l’humanité repose sur un unique mais très vulnérable pion, le jeune Garion, âgé d’une quinzaine d’années, qu’il avait confié des années plus tôt à Dame Pol alors qu’il n’était qu’un nourrisson orphelin. Il n’est donc qu’un petit valet de ferme qui ignore tout de son ascendance et de sa destinée.

Ma critique

« Le pion blanc des présages » est le premier tome d’une trilogie titrée « La Belgariade » relevant des sagas de fantaisie à l’américaine. La quatrième de couverture proclame que cet ouvrage est un « cycle majeur qui trouve sa place aux côtés du « Seigneur des Anneaux ». Cette affirmation demande à être précisée. L’auteur (ou plutôt les auteurs car Eddings a écrit avec son épouse semble-t-il) s’est très largement inspiré du chef-d’œuvre absolu de Tolkien. L’ennui, c’est que l’élève n’arrive pas à la cheville du maître. Il fait du Tolkien sans le souffle, sans la mystique et sans l’esprit ! Par exemple, il a juste remplacé l’anneau magique par une boule magique et le hobbitt par un valet de ferme. Et on pourrait continuer longtemps dans les comparaisons sur les personnages. Le pire vient de la faiblesse de l’intrigue. Il ne se passe pas grand-chose dans ce premier tome. On présente les personnages et on commence une très longue quête de l’Orbe un brin ennuyeuse. Seul point positif : le style est très fluide, ce qui permet une lecture aisée et agréable.

Ma note

4/5

DARK-FANTASYFANTASTIQUEHUMOUR

BLANCHE-NEIGE CONTRE MERLIN L’ENCHANTEUR (CATHERINE DUFOUR)

Le résumé du livre

Au début du début, au commencement du commencement, la Terre était plate comme une crêpe ou comme une galette. Mais un jour Dieu claqua des doigts et la Terre se retrouva ronde. L’ennui, c’est que quand une main cosmique pétrit une crêpe pour en faire une boulette, la garniture a tendance à souffrir ! C’était un monde bizarre, habité par la magie ou « hanté » auraient dit certains, voire « pourri » pour les plus amers ou les plus réalistes. On y trouvait des fées, des arbres, des sirènes, des anges, des démons, (surtout des anges plus démons que les démons), quelques humains sans oublier Merlin l’enchanteur et la terrible Blanche-Neige. Mais dans ce monde, la foi partait en sucette depuis que Dieu s’était mis à boire !

Ma critique

« Blanche-Neige contre Merlin l’Enchanteur » relève de la fantaisie humoristique la plus échevelée. Ce roman fut d’abord publié en deux volumes « Merlin l’Ange chanteur » et « L’immortalité moins six minutes ». Le premier centré sur les personnages de l’Archange et de l’Angelot. Le second sur les deux fées follettes Pimprenouche et Pétrol’Kiwi. Le lecteur n’y trouvera aucune intrigue construite de manière classique, mais une suite de séquences sans grande logique. Il nagera dans la fantaisie débridée, le fantasque, l’étrange, le grand n’importe quoi. L’inspiration de Catherine Dufour est proche de celle des Monty Python, de Terry Pratchett, de Neil Gaiman voire de Douglas Adams. Une forme d’humour anglo-saxon fait d’absurde, de « nonsense », de paradoxal avec une pointe de « french touch » pleine d’ironie et de dérision. L’auteure évoque nombre de personnages légendaires comme Aurore Dubois-Dormant, Peau d’Âne, le roi Arthur (Artus) et les chevaliers de la Table Ronde ou historique comme Richelieu, Louis XIV, Marie de Médicis et Louis XV entre autres. Elle s’en explique d’ailleurs dans une postface fort intéressante en forme de « making of » où elle raconte la genèse de son opus et démêle le vrai du faux des emprunts historiques. Un ouvrage à conseiller absolument aux amateurs du genre ne serait-ce que pour le style inimitable de l’auteur.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

GOUVERNER PAR LES FAKE NEWS (JACQUES BAUD)

Le résumé du livre

C’est l’invasion soviétique de l’Afghanistan qui a conduit la création d’Al-Qaïda : faux. Les Etats-Unis avaient commencé la déstabilisation du pays bien avant ! L’Iran est le pays le plus dangereux du monde et en fait beaucoup plus dangereux que l’Etat Islamique. Il veut détruire Israël. Il reste le principal promoteur du terrorisme international : encore faux. Le terrorisme djihadiste se produit sans grande raison, juste pour terroriser les gens : toujours faux. C’est la réponse logique aux interventions en Irak, Libye ou Syrie, aux bombardements de populations civiles qui sont considérés comme des actes lâches et menés sans véritable mandat des Nations Unies. Le conflit en Syrie a été déclenché en 2011 par la répression de pacifiques manifestations… Bachar al-Assad massacre son propre peuple… Il utilise des armes chimiques contre sa propre population… La France ne soutient que des rebelles « modérés »… Les « Casques blancs » sont neutres, impartiaux et apolitiques… La France est en Irak et en Syrie pour combattre l’Etat Islamique… Accumulation de mensonges, propagande et fausses nouvelles !

Ma critique

« Gouverner par les fake-news » est un essai de géopolitique proposé par un expert suisse des relations internationales, ancien agent des services secrets. Autant dire que Jacques Baud sait de quoi il parle. En atteste d’ailleurs tout un attirail de notes en références au bas de toutes les pages de son livre. Il s’attache à démontrer la fausseté des narratifs que l’on nous a servis depuis 30 ans au sujet de l’Afghanistan, du Darfour, de l’Iran, de la Syrie (il y consacre d’ailleurs une très importante partie de l’ouvrage), des attentats terroristes en France, mais aussi de la Russie, de l’Ukraine, de la Corée du Nord et du Vénézuéla. Ainsi nous a-t-on menti à peu près sur tout. On s’en doutait peu ou prou, mais le découvrir ainsi dans sa triste laideur n’est pas loin de provoquer la nausée. Le pouvoir ment pour justifier des politiques mal conçues, des interventions inutiles, hasardeuses et mêmes dangereuses à terme pour la population. Les médias cautionnent en répercutant les mensonges gouvernementaux sans même vérifier. Au lieu de faits vérifiés, les journalistes apportent des professions de foi. Et pire, une part importante de la population accepte qu’on lui cache la vérité. Nous voilà aux antipodes de l’Etat de Droit dont tout le monde se revendique pourtant. À conseiller aux chercheurs de vérité !

Ma note

4,5/5

voyages

LE PÈLERIN DE SAMARCANDE (GEOFFREY MOORHOUSE)

Le résumé du livre

En 1989, l’auteur obtient l’autorisation de voyager librement en Asie centrale. Il est accompagné d’un guide parfaitement bilingue, Evguéni. Son récit débute dans la cathédrale orthodoxe d’Alma-Ata où il découvre la ferveur remarquable des fidèles et la beauté des chants liturgiques jamais accompagnés du moindre instrument de musique. Il rencontre des Allemands dont les ancêtres vinrent s’installer sur les bords de la Volga à la demande de Pierre le Grand qui voulait moderniser son pays grâce à eux. Craignant qu’ils ne passent dans le camp d’Hitler, Staline les déporta en masse au Kazakhstan, séparant maris et femmes, parents et enfants. Il se retrouve juge d’un concours de beauté féminine dans lequel, les candidates, toutes très jolies, commencent leur prestation dans de très sages tenues traditionnelles et la terminent en jeans moulants et chemisiers transparents en se déhanchant sur de la musique disco… Le périple s’achèvera au monastère de Zagorsk, histoire de boucler la boucle.

Ma critique

« Le pèlerin de Samarcande » est un récit de voyage fort intéressant qui permet au lecteur de rêver de grands espaces, d’horizons lointains et de mœurs bien différentes des nôtres. Difficile de dire si le géographique avec ses descriptions de paysages et de cités mythiques comme Boukhara, Alma-Ata, Merv ou Samarcande, l’emporte sur l’historique avec ses évocations de célébrités comme Tamerlan, Gengis-Khan, Kubilaï Kahn et autres. Le lecteur sera sûrement intéressé par les nombreuses anecdotes, souvent cruelles, rapportées sur ces grands personnages qui n’hésitèrent pas à raser des cités entières, à trucider la totalité de ses habitants et à empiler les crânes des malheureux vaincus. La palme de la cruauté et de la barbarie revient sans conteste à l’émir Nasrullah, très imaginatif dans les supplices, qui jeta dans un cul de basse fosse deux négociateurs britanniques Stoddart et Conolly qui eurent la malchance de lui déplaire. Après trois ans et demi de mauvais traitements, ils finirent décapités. Le lecteur apprendra également pas mal de choses sur le « Grand Jeu », cette rivalité entre l’Angleterre et la Russie pour la maîtrise de ces territoires. Même si le style reste assez descriptif, le plaisir de lecture est présent si l’on aime la littérature de voyage bien sûr.

Ma note

4/5

ESSAIS

LA FRANCE N’A PAS DIT SON DERNIER MOT (ERIC ZEMMOUR)

Le résumé du livre

Après le retentissant succès du « Suicide français », Eric Zemmour pensait naïvement avoir gagné la bataille des idées. Très vite, il comprit qu’il n’en était rien. Bien que battue en brèche, la doxa, la pensée unique ne s’en montra que plus que plus insistante en martelant ses principaux dogmes : la race n’existe pas, mais les racistes existent. Seuls les Blancs sont racistes. L’identité – qu’elle soit ethnique ou sexuelle – ne doit pas être figée. L’école a pour principale mission de lutter contre les inégalités. La virilité est toxique. L’Islam est une religion d’amour, de tolérance et de paix. Le capitalisme et le patriarcat tyrannisent les femmes comme ils détruisent la planète. Il n’y a pas de culture française ; il y a des cultures en France. L’immigration est une chance pour la France. La France ne peut rien sans l’Europe.

Ma critique

Le nouvel opus d’Eric Zemmour qui, semble-t-il, rencontre un vif succès, se présente comme une suite d’articles, de billets d’humeur, ou de notes prises à la volée couvrant les années 2005 à 2020. Tout commence sous Chirac avec l’arrivée du journaliste d’abord chez Ardisson, puis chez Ruquier, pour se terminer sous Macron avec sa quotidienne de Cnews. Le lecteur est convié à suivre l’auteur dans une longue suite de dîners en ville en compagnie de gens plus ou moins célèbres. Cela sert de prétexte à croquer le portrait d’un grand nombre d’hommes politiques (Pasqua, Séguin, Chirac, Sarkozy, Devedjian, Lemaire, etc) ou de personnalités (Minc, Todd et autres), tout en abordant quelques épisodes marquants comme le divorce de Sarkozy, l’affaire Baudis, le problème du Kossovo, le retour de la France dans l’OTAN. On l’aura compris, c’est un peu la politique vue par le petit bout de la lorgnette. La révolte des gilets jaunes tout comme la crise sanitaire n’ont droit qu’à quelques pages assez décevantes. Seule la conclusion, en forme de déclaration d’amour à la France et même d’une esquisse de programme politique, attire l’attention. Le polémiste vilipendé par la gauche n’aurait-il pas dit son dernier mot ?

Ma note

3,5/5

TEMOIGNAGE

Les ennuis du capitaine de gendarmerie Barril commencèrent avec la prise d’otages de La Mecque alors qu’il était conseiller « en coups tordus » auprès des services spéciaux saoudiens. Pour déloger les terroristes cachés dans les immenses sous-sols, il pense d’abord les noyer en les remplissant d’eau. Mais comme cela ne fonctionne pas, il finit par les asphyxier au gaz. 1981 est une année noire pour les dirigeants de la planète : attentat contre Ronald Reagan, contre le pape Jean-Paul II et contre Anouar El-Sadate. En France, les socialistes craignent pour la sécurité du président Mitterrand nouvellement élu. Ils n’ont qu’une confiance relative dans les policiers détachés au service des « Voyages officiels ». D’où l’idée de faire appel à la gendarmerie. Prouteau met en place une émanation du GIGN, le GSPR (Groupement de Sécurité de la Présidence de la République), un groupement d’éléments sûrs qui ne dépend plus que de Gilles Ménage, conseiller particulier du Président, éminence grise tout à fait hostile à Barril et à son ami Grossouvre. Au fil du temps, la mission de ce groupe va évoluer en lutte contre le terrorisme puis en police politique avec le scandale des écoutes téléphoniques et autres.

« Guerres secrètes à l’Elysée » est le témoignage d’un militaire honnête qui, s’estimant injustement accusé de toutes sortes de choses fausses n’a eu de cesse de se défendre pour sauver son honneur bafoué. Il ne fit partie que peu de temps de cette cellule, mais cela ne l’empêcha pas de découvrir des quantités d’affaires louches comme les disparitions étranges de Grossouvre (crime maquillé en suicide au sein même du Palais sans que personne ne se rende compte de rien), de Bérégovoy ou de Roger Patrice Pelat, financier occulte de Mitterand, comme les tristement célèbres écoutes téléphoniques, l’affaire Urba, celle des Irlandais de Vincennes, celle du Carrefour du développement, celle des missiles, celle du sang contaminé et surtout celle du « Rainbow Warrior » qui mit en cause ses frères d’armes, les nageurs de combat de la base d’Aspretto. Barril balance à tout-va, cite des noms, détaille les turpides et la corruption d’un pouvoir qui se permet à peu près tout et n’importe quoi. De nombreuses pages sont consacrées à la défense de l’honneur des nageurs de combat et de celui de son ami Grossouvre. Il pousse l’honnêteté jusqu’à présenter les deux versions de l’engagement dans la Résistance de celui-ci. Nous ne saurons d’ailleurs sans doute jamais la vérité, le manuscrit qu’écrivait Grossouvre et toutes ses archives ayant fort opportunément disparus à sa mort ! Au total, un document passionnant à verser aux archives de l’Histoire contemporaine.

4/5

ESSAIS

LE DÉFI MÉDICAL DU XXIe SIÈCLE (JACQUES BAUGE-PREVOST)

Le résumé du livre

Avec la crise sanitaire que nous vivons se pose de plus en plus la question de l’avenir de la médecine et surtout de la confiance que l’on peut accorder aux médecins dits « classiques ». Quelles sont les réformes et les innovations nécessaires ? De qui et de quoi devons-nous attendre le dénouement de la crise que nous vivons ? Quelle sera la place de la santé publique dans le monde de demain ? En médecine, il n’y a pas deux cas identiques. La personnalité du patient tout comme son pouvoir de guérison sont différents pour chacun d’entre nous. Les souffrances comme la maladie sont des processus naturels qui peuvent même devenir des lieux de croissance et d’amélioration à terme de la santé. Une médecine digne de ce nom doit être traditionnelle, privée, indépendante, diversifiée et non pas officielle, fonctionnarisée et monopolisante. « En médecine allopathique, le caractère de fonctionnaire et d’urgence du métier qu’il pratique fait du médecin d’aujourd’hui un infirmier spécialisé », ose déclarer l’auteur.

Ma critique

« Le défi médical du XXIè siècle » est un essai de vulgarisation médicale en forme de plaidoyer en faveur de la naturothérapie. Faut-il comprendre par là « naturopathie », ce n’est pas certain dans la mesure où cet équivalent français ne vient pas du grec, mais de l’anglais et signifie seulement « voie naturelle » (« path »). Tout est bon pour étayer le propos de Jacques Baugé-Prévost : l’étude de la Bible, l’archéologie, l’anthropologie, la chimie, la biologie, la théorie du « big-bang » et j’en passe ! L’auteur se réclame de la lignée du Dr Shelton, célèbre pour ses travaux sur le jeûne et de Rudolf Steiner, l’anthroposophe. Le lecteur trouvera dans cet ouvrage un chapitre très intéressant sur l’alimentation (végétale, vivante et variée de préférence) et la diététique (éviter les calories vides présentes dans le sucre et les graisses entre autres), sans oublier des exercices gymniques avec des « massues » et même de la musicothérapie. Un autre chapitre est consacré à un hommage à Alexis Carrel, Jean Rostand, Fernand Seguin et un certain John Grimak, culturiste champion en 1948, bien avant la mode des stéroïdes ! L’ouvrage se termine sur une description du cursus d’études permettant d’obtenir le diplôme de naturothérapeute ainsi qu’un glossaire fort utile et une bibliographie assez copieuse. Ensemble intéressant sans plus.

Ma note

3,5/5

ESSAIS

PANDÉMIE, UNE TENTATIVE ÉCHOUÉE (JANE BURGERMEISTER)

Le résumé du livre

D’abord l’OMS déclare qu’un virus inconnu est la cause d’une maladie infectieuse extrêmement grave, une pandémie dont on a abaissé les critères pour les besoins de la cause, puis elle déclare qu’il n’y a aucun traitement valable donc qu’il faut impérativement faire appel à des vaccins. Finalement, elle prend des dispositions pour l’administration de ces vaccins par le chantage, la coercition et, si besoin est, carrément par la force. Mais qui finance l’OMS ? Les états n’y contribuent que pour une très faible part. Les riches donateurs, les fondations (Rockefeller, Gates et autres) pour la majeure partie. Bizarrement, ce sont les mêmes qui financent les médias mainstream lesquels ne diffusent que la bonne parole de gouvernements eux-mêmes corrompus par les précédents. Et ainsi la boucle est bouclée…

Ma critique

« Pandémie, une tentative échouée » est un essai sur le phénomène récurrent des pandémies et leur but inavoué : vacciner un maximum de gens pour le plus grand bonheur des compagnies pharmaceutiques qui voient ainsi leurs profits et leurs dividendes s’envoler. Peu importe ce que contiennent leurs injections. Mercure et squalène qui eurent de terribles conséquences sur les militaires revenant de la guerre du Golfe. Et maintenant le graphène aux effets secondaires dangereux comme les thromboses et autres myocardites. La force de cet ouvrage est de rappeler tout le processus des précédentes pandémies comme les grippes porcine et aviaire, ce qui permet au lecteur de mieux comprendre tout ce qui est en train de se passer maintenant et de mesurer combien nos dirigeants ont de la suite dans les idées. Ouvrage intéressant, mais qui aurait mérité de plus larges développements.

Ma note

3,5/5

HUMOURSCIENCE-FICTION

GLOBALEMENT INOFFENSIVE (DOUGLAS ADAMS)

Le résumé du livre

Tricia McMillan, présentatrice télé britannique, souhaiterait être embauchée par une chaine américaine histoire de voir son salaire décuplé. Pour l’heure, elle vient d’interviewer une certaine Gail Andrews laquelle demande peu après à la retrouver au bar de son hôtel. Elle veut dissiper un malentendu entre elles deux et surtout savoir pourquoi Tricia s’est montrée aussi déplaisante à son égard. Elle apprend que c’est à cause de ses prises de position en faveur de l’astrologie. Quelque temps plus tard, un vaisseau spatial atterrit dans le jardin de Tricia. Trois extra-terrestres en sortent. Croyant tenir le scoop du siècle, la jeune femme se précipite sur sa caméra et sur son magnétophone. Mais elle se retrouve largement déçue quand elle apprend que ces trois visiteurs ne connaissent même pas leurs noms ni celui de leur chef, qu’ils ne savent pas d’où ils viennent ni même où ils vont. Ils n’ont qu’une certitude : ils sont ici pour emmener Tricia avec eux !

Ma critique

« Globalement inoffensive », cinquième et dernier volume de la saga « H2G2 » n’apporte pas grand-chose de nouveau à l’ensemble, si ce n’est quelques personnages féminins supplémentaires qui apparaissent un temps pour mieux disparaître ensuite. En effet, l’intrigue reste à nouveau sans consistance, mais le lecteur n’est pas là pour l’histoire. L’humour british fait de nonsense, de paradoxes et d’auto-dérision est encore là, mais semble-t-il avec moins de fréquence et de puissance. Une sorte de lassitude semble avoir saisi l’auteur qui ne fait que reprendre des situations déjà plusieurs fois exploitées. Rien de nouveau, rien de surprenant sous le soleil. La fin qui aurait pu donner lieu à une chute surprenante est aussi décevante que le reste. Tout cela tire un peu trop à la ligne et l’ennui du lecteur s’insinue carrément en raison de toute cette monotonie. On fait « ouf » d’être arrivé au bout de ces 1100 pages qui auraient gagné à être réduites de moitié au moins !

Ma note

3/5

HUMOURSCIENCE-FICTION

SALUT, ET ENCORE MERCI POUR LE POISSON (DOUGLAS ADAMS)

Le résumé du livre

Arthur Dent se retrouve sur terre à six kilomètres de son village. Sa maison est toujours là. Sa boîte aux lettres est pleine de factures et de prospectus. Il retrouve sa chambre et s’étend sur le lit qui sent le moisi. À part la présence d’une épaisse couche de poussière et de pas mal de choses pourries ou mortes comme le chat, rien n’a vraiment changé. Il trouve un joli bocal dans un carton. Il le remplit d’eau du robinet et y place le babbelfish qu’il a dans l’oreille à titre de traducteur avant de s’endormir. Le lendemain, il enterre le chat, essaie d’obtenir des nouvelles de Fenella ou Fenny et finit par aller au pub où il raconte qu’il a fait un long séjour en Californie. Là-bas, les Californiens ont redécouvert l’alchimie. Il prétend même qu’ils ont trouvé comment transformer en or l’excès de graisse corporelle !

Ma critique

« Salut, et encore merci pour le poisson », quatrième tome de la saga « H2G2 », est un roman de science-fiction humoristique qui ne s’embarrasse ni de logique ni de vraisemblance. La terre a été pulvérisée pour former une déviation spatiale, cela n’empêche nullement Arthur d’y revenir d’abord dans une caverne, puis carrément chez lui ! Avec Douglas Adams, on fait fi du temps et de l’espace. L’ennui, c’est que tout ça donne un peu beaucoup l’impression de tourner en rond, que l’intrigue est toujours aussi peu travaillée. Résultat : le lecteur, au fil des tomes, est de moins en moins surpris des trucs, ficelles et astuces drôlatiques de l’auteur. Seule originalité de cet opus, l’amourette, décalée bien sûr, entre Fenny ou Fenchurch, on ne sait trop, et le héros principal, Arthur Dent. Un peu mince pour sortir d’une monotonie qui commence un peu à lasser les meilleures volontés.

Ma note

3/5

HUMOURSCIENCE-FICTION

LA VIE, L’UNIVERS ET LE RESTE (DOUGLAS ADAMS)

Le résumé du livre

Comme tous les matins depuis quatre ans, Arthur Dent se réveille en poussant un cri d’horreur dans sa caverne, sise au beau milieu d’Islington. Il a perdu de vue son ami et complice Ford Perfect. Et voilà qu’apparait un long vaisseau spatial argenté d’où descend un être étrange appelé Wowbagger l’Infiniment Prolongé, qui s’approche de lui juste pour lui lancer : « Vous êtes un ringard ! Un vrai trou du cul ! » avant de tourner casaque, de remonter dans son vaisseau et de repartir dans l’espace laissant un Arthur Dent complètement abasourdi d’une telle apparition. Peu après, c’est au tour de Ford Perfect de réapparaitre. Il explique que pendant quinze jours, il a décidé d’être un citron et de s’amuser à faire des plongeons dans un lac qui s’imaginait être rempli de gin-tonic…

Ma critique

On l’aura compris avec ce résumé, « La vie, l’univers et le reste » est un roman humoristique tout aussi dingue et barré que tous les autres de la trilogie en cinq volumes H2G2. Même si cette pochade se lit avec un certain plaisir, au fil des volumes, une légère lassitude commence à s’installer sournoisement. Douglas Adams est bien un maître de l’humour british, constitué d’une accumulation d’absurdités, de « nonsense » et de dérision vaguement philosophique. L’ennui, c’est qu’il recourt toujours aux mêmes procédés et que les intrigues manquent de consistance. Après tout, le but n’est pas de raconter une histoire, mais de divaguer au fil de la plume et des délires de l’auteur. Le lecteur suit ou ne suit pas, s’en amuse ou pas. On sourit parfois, mais on commence à rire de moins en moins. Dommage.

Ma note

3/5

AVENTURESEXPLORATIONSTEMOIGNAGEvoyages

AFRICA TREK 2 (SONIA & ALEXANDRE POUSSIN)

Le résumé du livre

Au pied du Kilimandjaro, le couple de marcheurs au long cours a déjà parcouru plus de 7000 km et il leur en reste autant devant eux. Plus de routes, plus de chemin, plus rien, juste le domaine des Masaïs, du moins ceux qui vivent encore vraiment libres, avec leurs troupeaux, dans leurs enkaïs, sorte de villages de cases clos par une enceinte d’épineux tressés. Les autres sont en représentation pour les touristes. On raconte à tort que les authentiques boivent le sang à la jugulaire de leurs taureaux. En fait, cela ne se pratique plus que dans certains rituels très rares, les Masaïs authentiques étant plutôt végétariens. L’initiation des jeunes consiste à essayer de trucider un ou deux lions à l’aide d’un casse-tête ou d’une lance. Dans le Rift du Ngorongoro, le danger est partout présent. En plus des lions, il y a les serpents et les hippopotames qui chargent facilement. Sonia et Alexandre échapperont presque par miracle à plusieurs attaques, ce qui ne sera pas le cas d’un couple d’Allemands dont la femme sera grièvement blessée, ni celle d’un couple d’Anglais attaqués et battus à mort par des bandits juste pour les dépouiller. Mais heureusement, nos deux marcheurs auront la chance de croiser la route d’un grand nombre de bons samaritains qui leur sauvèrent la mise à de nombreuses reprises…

Ma critique

« Africa Trek 2 » est la deuxième partie d’un récit de voyage absolument passionnant. Quel courage et quelle persévérance fallut-il à ce jeune couple pour parvenir à réaliser pareil exploit ! Chaque pays, presque chaque kilomètre présenta son lot de souffrances. L’accueil des populations souvent généreux eut quelques exceptions qui confirmèrent la règle. Je ne citerai que la traversée de l’Ethiopie qui fut marquée par des attaques permanentes de bandes d’enfants haineux leur lançant des pierres et les chassant de tous les villages qu’ils traversaient juste parce qu’ils étaient blancs ! Celle de l’Egypte ne fut pas non plus une partie de plaisir, car ils furent contraints de subir en permanence une escorte policière fort pesante qui utilisa même un engin blindé pour les accompagner. Plusieurs pages sont consacrées à présenter la liste de tous les hôtes et hôtesses qui les accueillirent, souvent des congrégations religieuses, des prêtres, des pasteurs, des popes et des imams, mais aussi de petites gens pauvres mais généreux. Livre intéressant pour les amateurs de voyage à pied, dernière véritable aventure humaine, et de grands espaces.

Ma note

4/5

HUMOURSCIENCE-FICTION

LE DERNIER RESTAURANT AVANT LA FIN DU MONDE (DOUGLAS ADAMS)

Le résumé du livre

Eternelle menace pour les voyageurs galactiques, le capitaine vogon Prostetnic Jeltz du Conseil de planification hyperspatiale n’est pas quelqu’un dont il soit souhaitable de croiser la trajectoire. Son dernier exploit en date a été de démolir la prétendue planète Terre. Malheureusement le vaisseau spatial « Le cœur en or » avec ses propulseurs à générateurs d’improbabilité infinie est dans son collimateur. À son bord, Zaphod Beeblebox, ex-président de la galaxie et voleur de l’engin en question, Arthur Dent qui recherche désespérément une tasse de thé digne de cette dénomination auprès d’une machine qui ne produit que d’improbables breuvages, Ford et Marvin, le robot dépressif. En fait rien ne va vraiment bien à bord. Ainsi, l’ascenseur auquel on demande de monter ne désire que descendre, sans parler des mille et unes autres choses qui ne fonctionnent jamais comme il faudrait.

Ma critique

« Le dernier restaurant avant la fin du monde » est en quelque sorte la suite du « Guide du voyageur galactique », toujours dans la science-fiction déjantée et parodique. L’intrigue n’a qu’une importance secondaire. Elle fonctionne toujours un peu sur le même schéma. Les héros sont en permanence à une minute ou deux d’une catastrophe imminente dont ils n’ont pas la moindre chance de se sortir vivants. Cela n’empêche pas Adams de digresser sur toutes sortes de sujets plus futiles ou plus légers les uns que les autres. Si l’on se laisse prendre au jeu du « nonsense » et de l’humour anglais, on peut se laisser entrainer et bien apprécier. L’ennui, c’est que la technique tourne un peu au procédé redondant qui peut même finir par sembler lourd, ce qui est un comble pour un humour réputé « fin ». Mais l’ennui finit toujours par naître de la répétition.

Ma note

4/5

DIVERS

REINE KANNON KA, LA VERITE INTERDITE (APOLLO BLUESKIN)

Le résumé du livre

Il y a huit mille ans, un gigantesque vaisseau spatial de 500 m de long est contraint de se poser en catastrophe sur terre, en Egypte, près de Sakkara, en raison d’une avarie technique. Alertés par la violence du crash, les populations environnantes se précipitent, mais en restant prudemment à distance. Des êtres très semblables à des humains en sortent pour constater les dégâts. Ils disposent d’objets qui dégagent de la lumière et de l’énergie et même de mini-embarcations volantes qui vont leur permettre d’explorer toute la terre dans l’espoir de découvrir les ressources nécessaires à la remise en état de leur engin. Les hommes les considèrent immédiatement comme des dieux. Leur séjour parmi nous va se prolonger au fil du temps, au point qu’à toutes les époques on trouvera trace de l’influence bienfaisante des extra-terrestres dans toutes les grandes réalisations architecturales de l’humanité et dans toutes ses avancées technologiques, politiques ou sociales. Les dieux ne lâcheront plus les humains. Et la très belle Kannon Ka mènera le bal.

Ma critique

Cet ouvrage qui se veut exhaustif a pour unique originalité d’être inclassable. Ce n’est pas un roman, bien que tout relève de la fiction, ce n’est pas un essai, car les libertés prises avec l’Histoire sont trop énormes. Tout doit passer à la moulinette de la bienfaisante influence des dieux quitte à totalement tordre la vérité historique. Ainsi, le Christ (demi extra-terrestre) est sorti de son tombeau par deux lions géants. Jeanne d’Arc n’a pas été brûlée à Rouen, on lui a substitué une remplaçante. La Grande Armée n’a pas été vaincue par le froid en Russie, mais par la magie de Kannon Ka. Laquelle a servi de modèle pour la statue de la Liberté malgré sa peau noire. Elle apparaitra ensuite à Lourdes, Fatima, Medjugordje et des dizaines d’autres lieux. Et partout les voyants durent avoir la berlue. Personne ne nota qu’elle était noire ! Quelques exemples pour illustrer à quel niveau de n’importe quoi on tombe ! Le fond étant si faible, la forme compense-t-elle un peu ? Pas du tout. On tombe de Charybde en Sylla. C’est plat, lourd, sans relief ni qualité. Les erreurs grammaticales et lexicales sont innombrables. Sans parler des insupportables répétitions, en particulier celles sur la beauté sublime de la déesse ainsi que sur sa couleur de peau. Ça vire à l’obsession et c’est particulièrement agaçant pour le malheureux lecteur qui doit se faire violence pour arriver au bout de ce véritable pensum !

Ma note

1,5/5

HUMOURSCIENCE-FICTION

LE GUIDE DU VOYAGEUR GALACTIQUE (DOUGLAS ADAMS)

Le résumé du livre

Rien ne va plus sur la Terre pour Arthur Dent, Anglais tout ce qu’il y a de moyen et de banal. La mairie a décidé de raser sa maison pour pouvoir construire à la place une bretelle d’autoroute. Le chef de chantier est sur place, accompagné de ses ouvriers. Déjà, les bulldozers font vrombir leurs moteurs. C’est trop injuste pour Arthur qui décide de s’étendre dans la boue devant les mastodontes d’acier pour les empêcher de détruire sa maison. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, Ford son meilleur ami, astrostoppeur natif de Bételgueuse et exilé depuis 15 ans sur Terre, lui annonce froidement que celle-ci va être détruite dans les deux minutes qui suivent. Déjà d’énormes engins se rassemblent dans le ciel avec des intentions fort peu pacifiques.

Ma critique

« Le guide du voyageur galactique » est un roman de science-fiction humoristique, parodique et complètement décalé qui peut se révéler un régal pour qui aime ce genre très particulier. Nous sommes en effet dans le registre de l’humour british le plus loufoque, le plus barré, en plein « nonsense » tout au long d’une histoire sans queue ni tête. Les personnages se retrouvent dans toutes sortes de situations improbables et s’en sortent toujours, même au prix de contorsions d’une totale invraisemblance. Rationalité, logique et vraisemblance sont bien sûr le cadet des soucis de Douglas Adams qui préfère rire de tout, pour le plus grand plaisir du lecteur. On notera une certaine parenté d’inspiration avec le regretté Terry Pratchett et avec l’excellent Neil Gaiman. Et, à certains moments, j’ai même eu l’impression de me retrouver avec une bande de Shadoks sur la planète du Petit Prince ! C’est dire…

Ma note

4,5/5

ESSAIS

ATLAS DU MONDIALISME (PIERRE HILLARD)

Le résumé du livre

Saviez-vous qu’à la Révolution, avant de découper la France en départements, le premier projet fut un quadrillage parfaitement géométrique du territoire ? Même après quelques aménagements pour s’adapter quelque peu à la réalité du terrain, le maillage obtenu donna un charcutage complètement artificiel, ce qui n’était pas le cas des anciennes provinces qui avaient une histoire et de profondes attaches avec le pays réel. On dit aussi que pour complaire aux directives européennes, un certain François Hollande redessina les « régions », sorte de nouveaux « länders » sur une simple nappe de restaurant ! Saviez-vous aussi que l’affaire du Bagdad-Bahn, projet ferroviaire allemand devant relier Hambourg à Bagdad et même au Koweit, fut le parfait exemple de la lutte à mort que les thalassocraties anglo-saxonnes livrèrent aux empires centraux pour atteindre une suprématie absolue sur le pétrole du Moyen-Orient. Saviez-vous pourquoi « Les 300 propositions pour la France » de la commission Attali étaient en réalité 316 ? Lu à la manière hébraïque, de droite à gauche, ce chiffre donne 613, soit le nombre exact des prescriptions de la Torah. Humour d’une éminence grise qui aime à raconter des histoires de vente de pantalons à une seule jambe…

Ma critique

« Atlas du Mondialisme » est un essai de géostratégie et de politique particulièrement fouillé et détaillé. On y trouve de très nombreuses cartes, notes et autres documents rares. Pierre Hillard s’est particulièrement attaché à explorer l’aspect historique de la question. Car toute cette affaire ne date pas de la crise sanitaire ni des élucubrations d’un certain Klaus Schwab. Elle remonte à très loin dans le temps, aux hérésies, à Luther, aux sociétés secrètes, à la Révolution de 1789. Le nazisme et le bolchevisme furent des étapes évidentes du processus. Bien qu’édité en 2016 et donc un peu daté en raison des nouveaux développements, cet ouvrage demeure une référence ne serait-ce que par les recherches menées et les découvertes qui sont toujours d’actualité. Ainsi, le lecteur découvrira-t-il qu’il n’y a pas qu’un seul et unique mondialisme, celui orchestré par les Etats-Unis et la Cité de Londres, mais au moins deux. Le second, mené par la Russie de Poutine avec la Chine comme arbitre, se veut plus comme un bloc de puissances souveraines refusant de se dissoudre dans l’empire américain. Hillard en conclut que « le mondialisme est un messianisme. C’est l’enfer contre lui-même. » Peut-on y trouver une lueur d’espoir ?

Ma note

4,5/5

ESSAIS

LA MALADIE CHERCHE A ME GUÉRIR (PHILIPPE DRANSART)

Le résumé du livre

Nous commençons peu à peu à admettre que certaines de nos maladies peuvent être classées comme psycho-somatiques et que notre psychisme peut parfois influer fortement sur notre santé. Le docteur Philippe Dransart va nettement plus loin dans sa démarche. Pour lui, tous nos maux relèvent de ce cas de figure. Notre esprit et notre corps ne font qu’un. Ils sont même en perpétuel dialogue. L’un entrainant l’autre et réciproquement. En appui à sa thèse, il évoque cette patiente qui n’arrivait pas à se débarrasser d’un orgelet à cause d’une la mère trop envahissante qui lui « sortait par les yeux ». Ou cette autre femme qui souffrait de problèmes cardiaques depuis que son compagnon l’avait abandonnée sans un mot et lui avait « fendu le cœur ». Ou encore ce chef d’entreprise, trahi par son associé et épuisé par ses responsabilités, qui déclarait en avoir « plein le dos » et qui souffrait depuis cette affaire de… lombalgie. Et tant d’autres…

Ma critique

« La maladie cherche à nous guérir » est un essai de vulgarisation médicale fort intéressant surtout par les anecdotes et les cas cliniques évoqués. Tous laissent rêveur le lecteur qui apprendra beaucoup de choses sur la santé et les rapports entre l’âme (le soma, la psyché) et le corps. Souvent celui-ci exprime des choses que le patient refoule ou ignore. Ce phénomène de somatisation est troublant. Quelquefois, il suffit de résoudre le problème psychologique pour que la maladie ou le désordre fonctionnel disparaisse comme par enchantement. Mais le plus souvent, comme le reconnaît très honnêtement Philippe Dransart, il faut recourir à la médecine pour remédier tout à fait classiquement à cette souffrance d’origine psychologique, mais bien réelle. Ouvrage intéressant ne serait-ce que pour nous rappeler la complexité de l’humain et la noblesse de la vocation médicale.

Ma note

4/5

HISTORIQUEROMANCE

L’ÉTÉ DE NOS VINGT ANS (CHRISTIAN SIGNOL)

Le résumé du livre

Eté 1939. Antoine, 19 ans et son ami d’enfance Charles rencontrent Séverine lors d’une promenade à vélo en Dordogne, du côté de Montignac. Entre les trois jeunes gens s’instaure une belle amitié qui va bientôt se transformer en une histoire d’amour pour Charles et Séverine. Leur bac en poche, les deux garçons partent étudier le droit à Bordeaux pendant que Séverine obtient son premier poste d’institutrice dans un petit village proche de Périgueux. Les hostilités arrivant, Charles et Antoine devancent l’appel et se retrouvent artilleurs dans l’Aube. Mais, alors qu’ils n’ont même pas commencé à combattre, leur chef décide de se rendre à l’ennemi. Refusant de se retrouver prisonniers, les deux jeunes gens s’enfuient, traversent la France à pied, arrivent en Espagne puis au Portugal. Grâce à diverses complicités, ils se retrouvent en Grande-Bretagne. Après une longue période de probation, ils sont recrutés par le SOE (Special Operations Executive) nouvellement créé par Churchill pour mener des opérations de guérilla et de sabotages en territoire occupé. Les deux amis sont enchantés de pouvoir reprendre le combat et de peut-être retrouver Séverine…

Ma critique

« L’été de nos vingt ans » est un roman de terroir avec un important volet historique et sentimental. L’auteur précise bien en fin de volume que tous les éléments historiques lui viennent de son propre père, « résistant des groupes Vény sur les causses du Lot, réseau Buckmaster ». Le lecteur a donc droit à une forme d’historicité très romancée. Et là n’est peut-être pas le meilleur de cet ouvrage. On aimerait en savoir plus sur ce service secret peu connu, mais on reste sur sa faim. Les deux héros n’arrêtent pas de franchir le Channel dans les deux sens sans la moindre difficulté jusqu’au jour où… Mais stop ne déflorons pas. La fin dramatique rachète un peu la faiblesse de cette histoire à la « Jules et Jim ». Beaucoup de bons sentiments, de fidélité (l’amour au-delà de la mort), de courage, d’abnégation. On l’aura compris le sentimental l’emporte largement, même sur le côté terroir qui ne sert que de décor. Ce genre d’histoire peut plaire à un certain public. Les autres auront aussi vite lu qu’oublié ce titre.

Ma note

3/5

ESSAIS

LES RAISONS CACHÉES DU DÉSORDRE MONDIAL (VALÉRIE BUGAULT)

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Le résumé du livre

L’idée de démocratie a-t-elle cédé le pas au chaos universel, fait de guerres économiques, de terrorisme, d’interventions militaires « préventives », de révolutions colorées, de pandémies orchestrées, etc ? Les hommes d’État élus à intervalles réguliers prennent-ils leurs ordres auprès d’oligarques milliardaires qui restent dans l’ombre ? Les états-nations ne sont-ils plus que des coquilles vides ? Les multinationales ont-elles plus de pouvoir que les gouvernements ? Le Brexit est-il une vraie ou une fausse bonne nouvelle ? L’Etat peut-il résister au pouvoir des banques ? La présence d’une banque centrale, toujours aux mains de banquiers privés, est-elle compatible avec la souveraineté étatique ? Ce livre tente de répondre à toutes ces questions et à quelques autres sur la liberté, la souveraineté et la fin des civilisations en raison de l’accaparement des richesses par une infime minorité.

Ma critique

« Les raisons cachées du désordre mondial » est un essai de géopolitique et d’économie composé d’une trentaine d’articles, entretiens et de conférences tous complémentaires même s’ils sont un peu redondants et déjà datés (2016/2017). Les analyses de Valérie Bugault sont intéressantes. Ses arguments sont fondés et bien étayés. Un imposant appareil de notes et de références en atteste. Sans aucun doute, ce désordre mondial organisé depuis plus de deux siècles (avec la Révolution Française et sa destruction de l’ordre ancien, la France est passée du principe de l’être à celui de l’avoir au profit d’une petite bourgeoisie, inspirée par les financiers de l’époque, qui se débarrassa des deux ordres, noblesse et clergé, sur lesquels reposait un certain équilibre) n’est là que pour faire advenir un « nouvel ordre mondial » toujours plus favorable à l’oligarchie et toujours plus néfaste aux peuples dépossédés de tout et même de leurs libertés les plus élémentaires. Aux côtés de démonstrations convaincantes, le lecteur découvrira des analyses plus discutables comme celle du Brexit qui aurait été voulu par l’oligarchie pour mieux renforcer l’union européenne, ou comme celle du démantèlement de l’empire américain par l’abandon du dollar comme monnaie mondiale au profit d’un panier de devises regroupées sous le nom de « Phénix », ou encore comme le fait que la City de Londres aurait seule la haute main sur l’ensemble de la finance internationale, sans parler de la Chine comme futur maître du monde, mais toujours sous la coupe des mêmes (jamais cités précisément d’ailleurs !). Plus intéressante est la dernière partie, celle des « solutions » pour rétablir démocratie, souveraineté, indépendance et liberté. Dommage que toutes les propositions restent dans un flou aussi théorique que chimérique. On peut toujours rêver !

Ma note

3,5/5

 

ESSAIS

RETOUR AU MEILLEUR DES MONDES (ALDOUS HUXLEY)

Le résumé du livre

La surpopulation entrainerait-elle automatiquement une instauration de la tyrannie dans les démocraties occidentales ? De quelle manière la propagande aussi bien dans un cadre démocratique que dans un cadre dictatorial entrera-t-elle dans tous les processus de gouvernement ? De quelle manière fonctionnera la publicité, le « merchandizing » ? Quelles seront les méthodes les plus insidieuses de lavage de cerveaux des peuples ? Quid de la persuasion chimique, de l’utilisation des drogues (le fameux « soma » multi-fonction n’existant que dans l’imagination d’Huxley, a déjà de nombreux équivalents, cannabis, cocaïne, amphétamines, crack, LSD, et autres) ? De la persuasion subconsciente, images subliminales, matraquage de concepts, de notions répétées ad nauseam ? L’hypnopédie, c’est-à-dire l’enseignement pendant le sommeil, est-elle vraiment opérationnelle ? Ne peut-on pas conditionner les esprits sous hypnose ou dans un pré-sommeil ? L’instruction des peuples les rend-elle vraiment libres ?

Ma critique

« Retour au meilleur des mondes » n’est en aucun cas une suite au célèbre roman dystopique qui sert encore de nos jours de référence pour un futur de plus en plus probable, mais plutôt un essai de prospective sociale, politique, philosophique et psychologique. En effet, après avoir écrit « Le meilleur des mondes » en 1931, dans un contexte géo-politique bien particulier, Huxley voulut apporter des précisions et mêmes des corrections en 1948 après la seconde guerre mondiale, après les dégâts de l’hitlérisme et du stalinisme. Il fait un parallèle entre son livre et celui d’Orwell « 1984 ». Tous deux peuvent sembler des visionnaires. En réalité, ils étaient simplement plus informés, adeptes de la « Fabian society », francs-maçons et du côté d’Huxley, par son frère Julian, proche de Bernays, le créateur de l’ingénierie sociale, et donc familier des grands décideurs qui travaillaient déjà leur plan. « 1984 », inspiré par le stalinisme, explore la gouvernance par la peur, la contrainte et le contrôle social permanent alors que « Le meilleur des mondes » est plus sur une domination par le plaisir, la jouissance et une discipline acceptée et même souhaitée par la masse. Sans oublier la manipulation génétique, la création in vitro des Alphas et autres Omégas qui a un petit avant-goût de transhumanisme. Pour Huxley, 2 milliards de terriens serait le nombre à ne pas dépasser, les ressources de la planète ne permettant pas que l’on soit plus nombreux. Que faire du surplus de population ? 70 ans plus tard, la réponse est en train de se révéler dans toute son inhumanité. Le dernier chapitre est cependant un plaidoyer pour la liberté, preuve que l’auteur est inquiet de ce qu’il entrevoit. Inutile de préciser que ce qu’il annonce se concrétise de plus en plus à notre époque. À lire pour mettre les choses en perspective, même si elles sont inquiétantes.

Ma note

4/5

ESSAIS

DIALOGUES DÉSACCORDES (ERIC NAULLEAU & ALAIN SORAL)

Le résumé du livre

Quand un journaliste bien en cour et un intellectuel sulfureux dialoguent par échanges d’e-mails et quand un éditeur trouve judicieux de publier le résultat, cela donne ces dialogues désaccordés qui virent souvent au dialogue de sourds. Nos deux « intellectuels », l’un venu du monde du football, l’autre de celui de la mode, échangent sur un certains nombre de sujets d’actualité comme l’affaire DSK, celle de la fatwa contre Salman Rushdie, les manifs contre le mariage des homosexuels, la disparition de Chavez, les lois mémorielles, le révisionnisme, l’affaire Méric et quelques autres. Bien entendu, les deux lascars ne sont d’accord sur rien. Ils se renvoient la balle comme deux tennismen sur un court parfois avec courtoisie et plus souvent avec une certaine vacherie voire mauvaise foi. Et le lecteur lit plus pour savoir qui va mettre l’autre K.O debout que pour aller au fond des problématiques.

Ma critique

« Dialogues désaccordés » n’est pas vraiment un essai, plutôt un coup de pub dont on se demande avec le recul quel en fut vraiment l’intérêt et qui en tira les marrons du feu. Certainement pas Soral qui n’eut droit à aucune couverture médiatique et assez peu Naulleau dont les approbations, même du bout des lèvres des thèses nauséabondes de Soral, ne durent pas être du goût de la bien-pensance. Il est amusant de voir que Naulleau se place presque toujours dans la position de l’interviewer, qu’il accumule les citations et les références, use et abuse du peut-être ben qu’oui, peut-être ben qu’non, alors que son interlocuteur, nettement plus bardé de certitudes, assène ce qu’il considère comme des vérités. Il ne se gène d’ailleurs pas pour couvrir Naulleau de sarcasmes plus ou moins judicieux genre « Tu penses creux ! Tu te caches derrière des citations d’auteurs ! Tu es lourd et conformiste ! » Difficile de dire qui l’emporte dans ce combat du bobo contre le facho, ce duel dans un tunnel. Plus amusant de voir tous les travers des deux attitudes dont le moindre n’est pas la superbe pour ne pas dire la prétention. Soral ose comparer leur bavardage à la correspondance entre Voltaire et Rousseau. Naulleau, gêné, préfère évoquer l’échange célèbre entre Alceste et Philinte. Excusez du peu ! Livre aussi vite lu qu’oublié car trop daté et déjà dépassé par les derniers développements de l’actualité.

Ma note

2,5/5

THRILLER

TROIS FOIS VEUF ? (ROBBIE SCHWELLE)

Le résumé du livre

Olivier, informaticien, 50 ans, vient de perdre son épouse Mélanie, 34 ans, décédée suite à une crise cardiaque suivie d’une chute dans un escalier. Il se retrouve veuf alors que son couple battait déjà de l’aile et n’était plus que de l’histoire ancienne. Depuis longtemps, tous deux faisaient chambre à part. Suspicieux, Olivier avait découvert l’existence d’un certain Laurent en fouillant dans le répertoire du téléphone de Mélanie. Auparavant, il avait vécu dix ans avec Marina qui avait découvert l’infidélité de son mari lors d’une croisière en Méditerranée qui tourna carrément au cauchemar quand elle se retrouva face à sa rivale. Et pour ne rien arranger, Marc, le meilleur ami d’Olivier, disparut mystérieusement, sans doute passé par-dessus bord. S’était-il suicidé ou avait-on voulu se débarrasser de lui ?

Ma critique

« Trois fois veuf ? » est un roman de fort belle facture aux limites du sentimental, du psychologique et du thriller. Il est d’une lecture d’autant plus agréable que l’écriture est fluide et que l’intrigue est distillée de manière « chorale », chacun des protagonistes s’exprimant à tour de rôle. Le lecteur découvre ainsi les différents points de vue sur cette affaire et se fait assez vite une opinion, le point d’interrogation du titre l’ayant déjà un peu mis sur la voie. Les personnages bien campés, bien pétris d’humanité sont attachants, tout particulièrement les femmes, romantiques, soumises ou rebelles, et même, dans une moindre mesure, Olivier, le personnage clé, moderne Barbe-bleue, mal-aimé et mal-aimant qui finit d’ailleurs par où il a failli. À noter une grande finesse dans la description de la psychologie des personnages qui fait que le lecteur en arrive à vivre ce drame de l’intérieur. Petit bémol : présence de quelques coquilles, heureusement peu nombreuses. À découvrir absolument.

Ma note

4,5/5

AVENTURES

AFRICA TREK 1 (SONIA & ALEXANDRE POUSSIN)

Le résumé du livre

Parti du Cap de Bonne Espérance le 1er janvier 2001, Sonia et Alexandre Poussin veulent traverser à pied toute l’Afrique de l’extrême sud au nord et atteindre Jérusalem, soit un périple fou de 14 000 kilomètres qui devra leur prendre plus d’une année et demi. Ils commencent par traverser l’Afrique du Sud avec l’aide à chaque étape de fermiers boers qui les hébergent et les protègent, puis le Lesotho, petit territoire d’altitude nettement plus accueillant. La traversée du Zimbabwe leur fait découvrir un pays ravagé depuis des années et même détruit par la dictature crypto-communiste de Mugabe. Suivent le Mozambique, le Malawi et la Tanzanie. Partout une misère plus ou moins terrible, mais partout aussi une immense chaleur humaine. Ce périple aussi unique qu’extraordinaire s’achève le 15 juin 2002 avec l’ascension du Kilimandjaro, après 7000 km parcourus « pedibus jambus ».

Ma critique

« Africa Trek » est le premier volume d’un diptyque présentant le récit d’un périple hors norme. Peu de courageux s’étant lancé un pareil défi. C’est l’occasion pour le lecteur de découvrir la véritable réalité de l’Afrique, non celle des safaris, des lodges et des hôtels de luxe pour touristes, mais celle des vrais gens, du petit peuple, celle qu’on ne découvre qu’au rythme lent de ses pas. « Pourquoi marchez-vous comme cela ? » leur demandent-ils. « Pour vous rencontrer ! », répondent les Poussin. Cet exploit n’aurait pas été possible sans des aides de toutes sortes (fermiers blancs, congrégations, missions religieuses, représentants d’ONG, etc.) En fin de volume, leur liste représente la bagatelle de six pages ! Le lecteur apprendra aussi que l’esclavage ne fut pas tout à fait ce qu’on raconte partout, qu’il y en eut un très florissant du côté de Zanzibar, que certains croient que pour se débarrasser du sida, il faut absolument violer une jeune vierge ainsi que toutes sortes de coutumes plus bizarres les unes que les autres. Un moment dramatique se joue lors d’une grave crise de paludisme qui les frappe simultanément en Tanzanie. Et l’apothéose, c’est la montée dantesque au plus haut sommet du continent. Un excellent livre d’aventures vécues à conseiller à tous les amateurs de voyages et de grands espaces…

Ma note

4,5/5

ESSAIS

L’ANTISÉMITISME SANS COMPLEXE NI TABOU (HERVE RYSSEN)

Le résumé du livre

Un peu partout et depuis de nombreuses années, l’antisémitisme fait la une de l’actualité à l’occasion de procès retentissants et de sanctions particulièrement sévères. Les Juifs se disent victimes de préjugés anciens, infondés, ne reposant sur rien. La seule explication serait que des sociétés en crise auraient nécessairement besoin de s’en prendre à un bouc émissaire, un coupable tout désigné sur lequel on pourrait décharger toutes leurs frustrations. Pourtant tout au long de l’Histoire du monde, tout le monde s’en est pris à eux, à un moment ou à un autre : les Egyptiens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs et les Romains, catholiques, orthodoxes et musulmans confondus. Partout et toujours, les Juifs ont été en butte à l’hostilité des peuples qui les accueillaient et finalement expulsés des pays où ils vivaient. (Espagne, France, Angleterre entre autres.) Que doit-on en conclure ?

Ma critique

L’antisémitisme sans complexe ni tabou est un essai documenté et en aucun cas un pamphlet. L’auteur appuie toutes ses affirmations sur des citations d’auteurs juifs plus ou moins célèbres comme Freud, Attali, Bernard-Henry-Levy, Heine, Spinoza et des dizaines d’autres. Cela donne une impression de compilation un peu lassante d’autant plus que cet ouvrage n’apporte pas grand-chose de nouveau par rapport aux autres travaux de l’auteur. Cela fait un peu « best of ». Mais cet ouvrage demeure intéressant par le fait qu’il apporte une définition précise à une notion, un concept qui n’est pas une simple opinion, mais un délit du point de vue juridique, si on s’est réfère aux lois Fabius-Gayssot. Seul petit reproche : trop de coquilles et d’erreurs grammaticales ou orthographiques parsèment ce texte.

Ma note

3,5/5

ESSAIS

LE NOUVEAU RAPPORT DE LA CIA (COLLECTIF)

Le résumé du livre

Comment sera le monde en 2025 ? Les Etats-Unis garderont-ils tout ou partie de leur leadership ? La mondialisation aura-t-elle avancé à pas de géant ? En plus d’être l’usine du monde, la Chine en sera-t-elle le modèle démocratique de référence ? Les migrations du sud vers le nord vont-elles encore s’accroître avec le dérèglement climatique ? Une humanité de 9 milliards d’individus ne va-t-elle pas épuiser les ressources de la planète ? Une gouvernance mondiale résoudra-t-elle tous les problèmes ? Les ONG et les multinationales vont-elles supplanter les gouvernements ? Les états-nations vont-ils disparaître ? Le dollar restera-t-il la monnaie de référence ? Voici quelques-unes des innombrables questions auxquelles les auteurs de ce livre tentent d’apporter des réponses plus ou moins probables.

Ma critique

« Le nouveau rapport de la CIA » est un essai géostratégique qui se veut exhaustif grâce à un certain nombre de scénarios possibles mais souvent peu crédibles (les auteurs le reconnaissant eux-mêmes). L’ennui, c’est qu’il laisse le lecteur sur sa faim avec une étrange impression de déjà vu, de pas très original et même de pas très pertinent. La montagne CIA a eu besoin de centaines d’experts internationaux pour accoucher de cette pauvre souris ! En fait, on comprend très vite que ces grands « sachants » se sont contenté de poursuivre sur leurs lancées toutes les grandes tendances actuelles (mondialisme, changement climatique, surpopulation, terrorisme islamique, bulle économique, etc) sans anticiper les véritables chocs, incidents et ruptures de rythme qui pourraient complètement changer la donne et rebattre les cartes comme l’incroyable crise sanitaire que nous subissons depuis déjà presque deux années. À leur décharge, il faut noter que cet ouvrage a été édité en 2009, donc écrit en 2007/2008. Il est donc déjà totalement obsolète. Seule la page 240 envisage une éventuelle pandémie, mais plutôt du type H1N1, c’est-à-dire sans grandes conséquences économiques et politiques. À croire que même la CIA ne savait pas ce qui se tramait depuis des lustres dans les coulisses de Davos, de la Trilatérale, du CFR et autres véritables hauts lieux de pouvoir. Difficile à admettre. Pour avoir une aussi vague idée du sombre avenir qui nous attend, autant aller se faire tirer les cartes chez Mme Irma !

Ma note

2,5/5

ROMANSCIENCE-FICTION

GLOBALIA (JEAN-CHRISTOPHE RUFIN)

Le résumé du livre

Kate et son compagnon Baïkal pénètrent dans une immense salle de trekking recouverte d’un dôme de verre comme le sont toutes les infrastructures de Globalia. Ils font partie d’un groupe d’une quarantaine de randonneurs pratiquant leur loisir en vase clos. Baïkal demande à Kate de se laisser distancer par le groupe pendant qu’il filera sur l’avant. Sous le couvert d’un petit bois, il la rejoint et, à l’aide de quelques outils, déverrouille une trappe d’évacuation d’eau, ce qui leur permet de passer clandestinement dans une non-zone. Pendant ce temps, Ron Altman, vieux dirigeant à qui on a déjà signalé l’évasion des deux jeunes gens, s’intéresse particulièrement à leur cas. Il songe à faire jouer au jeune homme le rôle de nouvel ennemi public, histoire de maintenir l’ambiance de peur qui règne en permanence à Globalia. Très vite capturé et incarcéré, Baïkal finit par se retrouver dans la somptueuse résidence de Cape Cod prêtée à Altman qui lui propose d’être renvoyé d’où il vient, mais cette fois sans la présence de Kate qui a également été arrêtée…

Ma critique

« Gobalia » est un roman d’anticipation intéressant, agréable à lire, quoiqu’un peu faible du point de vue de l’intrigue. La fin naïve et presque en happy end peut décevoir. Cependant la description de ce monde dystopique ressemble étrangement à ce qui nous attend et dont ne vivons actuellement que les prémisses (rappelons que pour les anglo-saxons « globalism » signifie pour nous « mondialisme »). Globalia n’est rien d’autre qu’une démocratie poussée aux limites extrêmes de ses possibilités de contrôle et de manipulation des individus. Un monde tellement oppressant que quiconque d’à peu près normal n’a qu’une envie, celle de le fuir. Ruffin fait preuve d’un talent de visionnaire ou de personne très bien informée. Son univers ressemble comme deux gouttes d’eau à celui prôné par Klaus Schwab, l’homme de Davos et du « grand reset ». On y trouve entre autres un « minimum prospérité » (revenu universel). Les livres papier ont disparu. L’histoire est revisitée en permanence. Plus de datation. On compte par cycles de 60 ans et on repart à zéro. On court après l’éternelle jeunesse. La gouvernance est basée sur la peur des attentats terroristes qui ne sont que des opérations sous faux drapeaux. Il ne manque qu’un virus très très mortel ! Il n’y a qu’une seule vérité, celle diffusée par les médias officiels et gobée par une majorité hébétée. Globalia étant toujours dans le camp du bien, chaque fois qu’elle bombarde un secteur de la non-zone, elle l’accompagne d’une distribution de nourriture aux populations survivantes. À noter également, l’histoire de Ron Altman, tireur de ficelles cynique et frustré, qui ressemble assez à celle d’un certain Georges Soros. Un livre qui donne à réfléchir.

Ma note

4/5

TEMOIGNAGE

LA TRAVERSÉE (PHILIPPE LABRO)

Le résumé du livre

Souffrant d’un grave œdème du larynx, Philippe Labro se retrouve intubé dans le service de réanimation de l’hôpital Cochin à Paris. Il reste plusieurs jours dans un état semi-comateux, perfusé, relié à des machines à oxygène et ligoté sur son lit. Il a l’impression que tout un aréopage de connaissances déjà mortes se tiennent alignées le long d’un des murs de sa chambre. Elles l’incitent à venir les rejoindre dans l’au-delà. Labro se retrouve à entendre non pas une voix intérieure, mais deux. L’une lui conseille de se laisser aller et d’accepter de mourir alors que l’autre le pousse à se battre et à lutter de toutes ses forces pour revenir vers la vie. Un jour, il fait l’expérience d’une NDE (Near Death Experience) ou d’une EMI en français (Expérience de Mort Imminente). Il a l’impression d’être extrait de son corps physique et d’être entraîné à toute allure dans un couloir très sombre. Une sorte de trou noir. Il en vivra ensuite une seconde, mais cette fois beaucoup plus lumineuse, plus apaisante, plus rassurante…

Ma critique

« La traversée » est le témoignage touchant et émouvant d’un écrivain parvenu aux portes de la mort et même un peu au-delà. Aucun mysticisme dans ce récit (ni ange, ni présence divine). Et pourtant Labro, certainement athée ou fort peu croyant, refuse absolument de s’en tenir aux explications rationalistes habituelles que l’on sert en pareilles circonstances. Ces visions seraient dues à des hallucinations causées par la prise de médicaments ou par une réaction du cerveau à certaines douleurs extrêmes. En ces moments dramatiques, on dit que le mourant revoit défiler tout le film de sa vie. Ce fut le cas pour l’auteur, mais par flashs et éclairs confus, sans logique ni chronologie. Le récit est construit un peu sur le même schéma. Le style est assez agréable à lire en dépit d’un bizarre besoin de l’auteur de passer d’un pronom personnel à un autre au fil des chapitres ou paragraphes. Il parle de lui à la première personne du singulier puis à la troisième avec quelques détours à la deuxième du pluriel quand il veut s’adresser au lecteur. Ouvrage intéressant pour tous ceux qui s’intéressent à la vie après la vie, mais également aux conditions de travail des soignants en service de réanimation. Un Labro qui mérite le détour.

Ma note

4/5

BIOGRAPHIES

GEORGES CARPENTIER, L’INCROYABLE DESTIN D’UN BOXEUR DEVENU STAR (STÉPHANE HADJERAS)

Le résumé du livre

Georges Carpentier, né à Liévin dans une modeste famille de mineurs le 12 janvier 1894 et mort à Paris le 27 octobre 1975, fut le premier boxeur professionnel français remporter le titre de champion du monde de boxe anglaise. Champion de France professionnel à de multiples reprises, il s’imposa avant la Première Guerre mondiale comme champion d’Europe des poids lourds. Sergent aviateur pendant la Grande Guerre, il fut blessé avant de réintégrer la vie civile. En 1919, « le grand Georges » marqua l’histoire du sport français. En Grande-Bretagne et aux États-Unis, il fut même célébré comme le symbole d’une France à son apogée sportif. Sa victoire par KO contre Battling Levinsky le 12 octobre 1920 à Jersey City aux États-Unis lui permit de conquérir le titre de champion du monde. Son combat perdu sans démériter face à Jack Dempsey l’année suivante renforça sa légende et lui offrit une notoriété mondiale. Mais ce revers marqua le déclin de son exceptionnelle carrière, ponctuée par la perte de ses titres au profit de Battling Siki sur une controversée bien qu’incontestable défaite. S’il prouva jusqu’au bout qu’il restait un champion hors du commun, notamment lors de sa défaite pleine de panache face à Gene Tunney, il dut mettre un terme à sa carrière en 1926.

Ma critique

Cette biographie d’un boxeur devenu star au tout début de l’autre siècle est d’une grande qualité (l’abondance de notes et la dizaine de pages de sources sans parler du tableau exhaustif des combats en fin de volume en attestent) et d’un abord facile et agréable en raison du style fluide de l’auteur et de l’intérêt de l’histoire elle-même. Cet ouvrage ne se lit pas, il se dévore comme un roman. Il vient à point nommé dans une époque désenchantée où le souvenir de ce héros exceptionnel qui déplaça les foules et souleva l’enthousiasme de millions d’amateurs des deux côtés du Channel et de l’Atlantique ne donne lieu qu’à quelques noms de rues, de gymnases et autres salles de boxes. Le lecteur de ce bel ouvrage illustré de plusieurs photos d’époque apprendra également beaucoup de choses sur le personnage exceptionnel, sur sa carrière cinématographique, sur sa conduite courageuse comme pilote d’avion pendant la première guerre mondiale et sur sa reconversion dans le monde du music-hall et dans son bar parisien. Parti du plus bas de la société, le p’tit gars de Liévin réussit, grâce à sa technique pugilistique hors pair et à son courage remarquable, à monter jusqu’au sommet de la société. Il côtoya bien des grands de ce monde. Preuve que l’ascenseur social ne fut pas toujours en panne !

Ma note

4,5/5

FANTASTIQUEHUMOUR

GARRETT, DÉTECTIVE PRIVE / T1 LA BELLE AUX BLEUS D’ARGENT (GLEN COOK)

Le résumé du livre

Un matin de gueule bois, Garrett, détective privé, est réveillé en sursaut par de violents coups frappés à sa porte. Ce sont les Tate accompagnés de Rose, jeune cliente plutôt teigneuse, qui insistent pour qu’il prenne en charge une affaire délicate : retrouver Kayanne Kronk, la maîtresse de Denis, leur oncle défunt et ancien compagnon d’armes de Garrett pour que celle-ci puisse hériter d’une fortune colossale. L’ennui, c’est qu’elle se cache quelque part dans le Cantard, région particulièrement dangereuse où elfes, gnomes, grolls, vampires et autres centaures se livrent une guerre interminable et sans merci. Heureusement, Garrett pourra être aidé dans sa quête par l’homme mort, les géants triplés et quelques autres étranges personnages aussi vilains qu’efficaces !

Ma critique

Ce premier épisode des aventures de « Garrett, détective privé » relève du monde de la fantaisie humoristique. D’une grande simplicité, l’intrigue repose entièrement sur la recherche d’une personne qu’on ne trouve qu’en toute fin, une sorte d’Arlésienne perdue dans le désert. Les combats ne manquent pas, tout comme les rencontres de personnages inquiétants tels les zombies de la fin. Tout le plaisir de la lecture repose sur le ton humoristique, un brin décalé, « so british » de Cook, ce qui est assez étonnant pour un Américain. L’ensemble est distrayant et de lecture facile, mais de là à comparer Cook à Pratchett et à Chandler, comme le prétend la quatrième de couverture, il y a un gouffre qu’on nous permettra de ne pas franchir.

Ma note

4/5

ESSAISHISTORIQUE

L’HISTOIRE DE JOHN LAW (PIERRE JOVANOVIC)

Le résumé du livre

Fils d’un orfèvre écossais, le jeune John Law commence par mener une vie dissolue de joueur particulièrement chanceux. Il doit quitter l’Angleterre suite au décès d’un noble qu’il combattit en duel. Il voyage un peu partout en Europe en accumulant les conquêtes féminines et les gains sur les tables de jeux. S’inspirant de la réussite du commerce hollandais, il imagine un système financier qui doit doper les économies par la création monétaire ab nihilo, le papier monnaie. Et le 2 mai 1716, le Régent l’autorise par un édit officiel à créer une banque de crédit ne reposant que sur les fonds personnels de Law (6 millions de livres soit 48 millions d’euros) divisés en 1200 actions de 5000 livres chacune (40 000 euros). Puis il prend le contrôle de la Compagnie des Indes en mettant peu à peu en vente les actions. Rue Quincampoix, la folie spéculative s’empare de Paris. Tout le monde veut investir. La valeur des actions monte en flèche. Jusqu’au jour où les gens commencent à vouloir « réaliser », c’est-à-dire vendre pour récupérer leur gain. Le cours s’effondre. La défiance s’installe. Law a beau vouloir prendre des mesures autoritaires pour soutenir le papier, rien n’y fait, c’est le commencement de la fin, l’effondrement du « Système » et la fuite à l’étranger pour échapper à la colère de tous les porteurs floués…

Ma critique

« L’histoire de John Law » est un essai historique d’assez bonne qualité sur un personnage atypique, génie mathématique qui sut intéresser le Régent, homme friand de nouveauté et toujours à la recherche de n’importe quel moyen pour renflouer les caisses de l’État, mises à mal par les guerres de Louis XIV. Law ne tira aucun profit de ses opérations financières. Ses biens furent saisis. Il mourut dans la misère. Le principal intérêt de ce livre réside dans le parallèle que le lecteur peut faire avec les réalités économiques actuelles, les risques de la planche à billets, des bulles financières et autres cycles inflation/déflation/hausse des prix et ruine des petits porteurs pendant que des fortunes se bâtissent en un temps record. Et rien n’a changé sous le soleil, les banquiers ont juste « amélioré » (comprendre « aggravé ») le système Law. La fin, signée Adolphe Thiers, est particulièrement intéressante en raison du parallèle qu’il fait entre Law, la crise des assignats et la débâcle de la Banque d’Angleterre au XVIIIè. Seule faiblesse du livre un peu trop de répétition des évènements, avec rappel des épisodes précédents presque à chaque chapitre.

Ma note

4/5

ESSAISRELIGIEUX

ENTRETIENS AVEC UN ERMITE DE LA SAINTE MONTAGNE SUR LA PRIÈRE DU CŒUR (HIEROTHEE VLACHOS)

Le résumé du livre

Qu’est-ce que « la prière du cœur », appelée également « prière de Jésus » ? Un peu à la manière des « Ave Maria » catholiques, il s’agit pour les orthodoxes de répéter la courte supplication suivante : « Seigneur Jésus, fils du Dieu vivant, prends pitié de moi, pêcheur ». Pour le néophyte qui vient l’apprendre d’un moine du mont Athos, c’est ni plus ni moins que le « battement mystique de notre cœur », la voie magistrale de progression vers une spiritualité menant à l’illumination et l’un des piliers fondamentaux de la mystique orthodoxe. Elle permet une montée en puissance sur la voie de l’ascétisme, une purification de la partie passionnelle de l’âme, une acquisition de l’infaillibilité et une participation à la vie de la bienheureuse Trinité à condition de respecter un certain nombre d’obligations. Vivre dans la triple pauvreté, matérielle (dénuement physique), spirituelle (obéissance) et corporelle (chasteté). Toujours rechercher le silence et le recueillement. Dieu ne peut pas s’exprimer dans le bruit et l’agitation. Ne pas chercher à brûler les étapes. Faire preuve de patience et d’humilité en toutes choses. Et être toujours accompagné d’un père spirituel pour vous aider à discerner le bien du mal, les manifestations divines des agissements du malin.

Ma critique

Ces entretiens sont un traité de spiritualité et de mysticisme de très haut niveau. Ils pourraient représenter le dernier volet d’une quadrilogie formée avec trois autres ouvrages traitant du même sujet par d’autres aspects : « Le pèlerin russe », « Petite philocalie de la prière du cœur » et « Paroles des Anciens, apophtegmes des pères du désert », tant ces textes sont voisins ou complémentaires. Celui-ci n’a pas la fraicheur naïve du pèlerin, mais il permet de mieux comprendre sa démarche. Et, comme les deux derniers, il regorge de citations de saints orthodoxes et de pères du désert, ces premiers ermites, moines et ascètes qui se réfugièrent dans les déserts du Moyen-Orient pour mieux se rapprocher du Créateur. Même si cette voie semble difficile, la lecture et la compréhension de la méthode ne l’est pas, ce qui est souhaitable dans le cadre d’un ouvrage de vulgarisation qui peut intéresser chercheurs de vérité, théologiens et amateurs de spiritualité, lesquels d’ailleurs ne manqueront pas de relever toutes les similitudes avec les voies de méditation et d’illumination orientale.

Ma note

4/5

ESSAISPHILOSOPHIQUE

L’UTOPIE (THOMAS MORE)

Le résumé du livre

De retour d’un voyage en pays lointain, un certain Raphaël, homme savant et posé, raconte à Morus, le narrateur, ce qu’il a découvert dans une île inconnue conquise par Utopus et baptisée Utopie. La propriété privée y a été totalement abolie. Personne ne possède rien, même pas son domicile dont il faut déménager tous les dix ans pour ne pas s’y habituer ou ne pas le laisser se dégrader. Les travaux pénibles tels ceux de l’agriculture ne doivent pas être réservés à une classe sociale inférieure. Chacun doit changer de métier tous les deux ans et aller travailler la terre par roulement, ne serait-ce pour que tout le monde soit capable de produire sa nourriture. Tout un chacun doit être habillé de la même façon, très simplement, sans bijoux ni colifichet. L’Utopien a aussi aboli l’usage de l’argent. Il méprise l’or et les pierres précieuses à un point tel que ce métal ne sert plus que pour forger les chaines et les entraves des esclaves. Car ceux-ci existent bel et bien. L’esclavage remplace avantageusement la peine de mort. Ainsi le voleur ne serait pas encouragé à devenir criminel. La société en tire un meilleur bénéfice vu que ceux qui l’ont lésée lui paient ainsi leur dette. Le citoyen lui, ne travaille que 6 heures par jour. Toutes les villes sont bâties sur un modèle unique. Les femmes sont les égales des hommes. Elles peuvent être prêtres ou soldates. L’Utopien ne fait la guerre que contraint et forcé. Il préfère utiliser des mercenaires, mettre à prix la tête du chef de ses ennemis, voire intriguer pour faire se dresser les peuples les uns contre les autres. Il accepte toutes les religions à la condition qu’elles soient compatibles les unes avec les autres. L’Utopien ne tue aucun animal pour ne pas être tenté de trucider un humain. Le travail de boucher est dévolu aux esclaves souvent étrangers. Et les abattoirs sont toujours placés dans des endroits bien à l’écart.

Ma critique

« L’Utopie », paru en 1516, est un ouvrage de philosophie politique présenté sous forme de parabole qui peut très facilement se lire encore aujourd’hui et même avec grand intérêt ne serait-ce que pour comprendre qu’un grand nombre d’idées socialistes, communistes et aujourd’hui mondialistes n’ont finalement pas grand-chose de nouveau. Toutes ces idéologies remontent à loin. Quand Klaus Schwab nous dit qu’avec le grand reset nous ne posséderons rien et que nous serons heureux, Thomas More l’avait écrit plus d’un demi millénaire avant lui ! Mais More était un moraliste. Il rêvait d’un monde meilleur, moins injuste, plus égalitaire, moins cruel. Une sorte de paradis sur terre ! Avec le recul historique et la connaissance des dégâts causés par les révolutions successives (1789, sa guillotine, ses assignats et son génocide vendéen, le bolchevisme et ses appartements collectifs, les Khmers rouges et ses intellectuels envoyés trimer dans les rizières ou les Maoïstes et leur célèbre uniforme), il nous est possible de relativiser tout cela. Le mieux est toujours l’ennemi du bien. L’enfer toujours pavé de bonnes intentions. Ces grands humanistes disent ne vouloir que notre bonheur. Mais quand l’utopie devient dystopie, quand le rêve vire au cauchemar, on réalise que vouloir à tout prix le bonheur de l’homme même contre son gré, ne mène qu’à l’asservissement et à la pauvreté. Tout accroissement d’égalité ne peut se faire qu’au détriment de la liberté. À lire.

Ma note

4/5

ESSAISRELIGIEUX

ENQUÊTE SUR L’EXISTENCE DES ANGES GARDIENS (PIERRE JOVANOVIC)

Le résumé du livre

Alors qu’il était assis sur le siège passager d’une voiture roulant sur une autoroute californienne, Pierre Jovanovic échappe à la mort d’une façon particulièrement étrange. La conductrice ne lui dit rien, mais lui sent qu’il faut qu’il se jette sur le côté gauche, ce qu’il fait immédiatement, comme poussé par une force aussi mystérieuse qu’inconnue. Un quart de seconde plus tard, la balle d’un tireur fou fait éclater le pare-brise du véhicule et vient se ficher dans son appuie-tête, à l’endroit précis où il se trouvait un instant auparavant. Comment avait-il pu éviter cet impact, ce tir que rien ne laissait prévoir ? Qui avait pu ainsi lui sauver la vie ? Son ange gardien ? Le journaliste se lance aussitôt dans une très longue enquête sur l’existence de ces entités mal connues et souvent ignorées. Sont-ils bien réels ? Comment et à qui se manifestent-ils ? En lisant les ouvrages de Moody, il découvre d’étranges témoignages de NDE (« Near death experience » ou « expériences de mort imminente ») dans lesquelles des gens quittent leur enveloppe charnelle pendant quelques instants, se sentent emmenés dans un tunnel en direction d’une lumière magnifique et bienveillante. Ils revoient leurs parents décédés, des anges, goûtent un bref instant à la béatitude céleste avant de réintégrer leur corps car leur heure n’est pas encore venue ou leur mission sur terre n’est pas complètement achevée.

Ma critique

« Enquête sur l’existence des anges gardiens » est un essai de spiritualité particulièrement fouillé et copieux. Un pavé (626 pages). Une somme encore enrichie dans sa dernière version. L’auteur s’appuie sur les travaux de chercheurs sur les NDE. Il prend la peine de recueillir des témoignages. Puis il étend sa recherche au domaine de la spiritualité, à la vie des saints et surtout des saintes. Il est étonnant d’ailleurs de remarquer que les femmes sont plus nombreuses que les hommes à avoir pu bénéficier de manifestations divines : contacts avec les anges, visions de Jésus, de la Sainte Vierge, extase, stigmates, bilocation, clairvoyance, dépouille parfaitement conservée des années après l’inhumation, pour ne citer que quelques prodiges inexplicables rationnellement. De Marie-Madeleine de Pazzi à Catherine Emmerich en passant par Thérèse d’Avila, Bernadette Soubirous, Catherine Labouré, Gemma Galgani, Agnès Sasagawa, Catherine de Sienne, Thérèse de Lisieux, et tant d’autres, sans oublier le padre Pio, le curé d’Ars et le père Lamy, la liste est longue de tous les témoins de ces prodiges. Chaque cas est minutieusement étudié et tout l’ensemble est absolument passionnant. À conseiller aux chercheurs de vérité. Athées et rationalistes n’auront, comme le dit l’auteur qu’à aller échanger cet ouvrage contre un livre de recettes de cuisine !

Ma note

4,5/5

ESSAIS

CARNETS DE GUERRE COVID-19 (DIDIER RAOULT)

Le résumé du livre

Ces « carnets » sont une simple compilation d’interviews donnés par le célèbre Professeur Raoult, sommité reconnue internationalement et pourtant violemment contestée en France par des médecins de plateaux télés marqués par les conflits d’intérêts, d’articles extraits du bulletin hebdomadaire de l’IHU de Marseille « On a le droit d’être intelligent », de deux rapports pour le Sénat et d’une présentation à l’Assemblée Nationale. Il explique qu’il préfère soigner que faire des prévisions et que pour lui la bonne méthode consiste à dépister, isoler les malades et soigner. Le confinement général d’une population saine ne fait que propager encore plus le virus. La preuve en a été apportée avec les pays qui n’ont pas suivi cette voie et qui ont eu de meilleurs résultats. Son traitement précoce à l’hydroxychloroquine plus azythromycine, a été découvert par les Chinois et non par lui et utilisé avec succès par les trois quarts de la planète. Mais chez nous, on a commencé par classer comme produit toxique un médicament utilisé depuis plus de 70 ans et par des milliards de gens sans le moindre problème. Une étude frauduleuse dans le Lancet ne reposant sur rien de scientifique, a permis au ministre de l’interdire et de favoriser le Remdesivir, médicament moderne, cher et prometteur (surtout pour Big Pharma). Il s’avérera inefficace et même dangereux à terme. Quand le politique se mêle de médecine, la catastrophe est assurée. Il ne restait plus au malade que de rentrer chez lui pour prendre du Doliprane et d’attendre les troubles respiratoires graves pour finir en réanimation…

Ma critique

« Carnets de guerre Covid-19 » peut être considéré comme un essai médical. Il est d’une bonne tenue scientifique, bien sourcé (nombreuses notes et références) mais d’une lecture plutôt laborieuse tant les redites et les redondances sont nombreuses. L’histoire de l’hydroxychloroquine est répétée des dizaines de fois. Compilation rime avec répétition. C’est un peu le principe du genre. Et pour ceux qui s’attendent soit à des révélations (le professeur a soigné nombre de personnalités du Gotha dans la plus totale discrétion alors que les résidents des EHPAD n’avaient droit qu’à une « sédation » pour ne pas dire une « euthanasie » au Rivotril), soit à des prises de positions flamboyantes dignes de l’image de druide tonitruant dont les médias l’ont affublé, ils en seront pour leurs frais. Pas un nom de ministre ou de people et un point de vue calme, posé, raisonné. Pas un mot plus haut que l’autre. On est même un peu déçu qu’il n’aille jamais au bout de ses raisonnements et qu’il se contente de réponses de Normand (bizarre pour un Marseillais…) Exemple : le masque ne sert à rien, mais il est possible qu’il faille le porter quand même juste pour rappeler à la population de garder ses distances. Il n’y a pas lieu de prendre un vaccin expérimental pour une maladie à la létalité si faible et aux variations si nombreuses, mais pourquoi pas… Le professeur le dit lui-même, il ne veut surtout pas passer pour « complotiste ». Le lecteur qui a déjà suivi toute cette affaire et s’est déjà tapé du Covid matin, midi et soir pendant un an et demi, n’apprendra rien de nouveau avec cet ouvrage !

Ma note

3/5

ESSAISHISTORIQUE

ADOLF HITLER OU LA VENGEANCE DE LA PLANCHE A BILLETS (PIERRE JOVANOVIC)

Le résumé du livre

Comment un personnage aussi obscur qu’Adolf Hitler, peintre sans talent et quasi clochard, a pu se hisser jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir grâce aux banquiers qui ont fabriqué sans interruption de la fausse monnaie et comment l’Histoire officielle a été ré-écrite pour effacer leur rôle dans le déclenchement de la seconde guerre mondiale et de l’Holocauste. Le traité de Versailles ayant obligé l’Allemagne à indemniser les vainqueurs pour dommages de guerre, très vite les montants demandés en or devinrent insupportables. Les banques se mirent alors à faire fonctionner la planche à billets, ce qui entraina une inflation record (le dollar passa de 4 marks à 176 000 marks et plus), un chômage de masse, la misère généralisée, les suicides et le désespoir de toute une population. Alors qu’il aurait fallu arrêter tout de suite ce système pernicieux, les banquiers continuèrent sans se soucier des conséquences, ce qui permit de prolonger de plusieurs années aussi bien la première que la seconde guerre mondiale, juste par avidité, devenant de ce fait les plus grands criminels de guerre de tous les temps. Les banquiers suisses qui « blanchirent » l’or volé par les nazis ne furent pas les derniers à la manœuvre !

Ma critique

Cet ouvrage historique est composé de deux parties, une enquête bien sourcée menée par le journaliste économique Pierre Jovanovic sur le rôle des banques et de l’économie en général dans la montée du petit caporal et un document de l’OSS américain (ancêtre de la CIA) composé de plusieurs études datant de 1942/43 portant sur le caractère et la personnalité d’Hitler finement analysés dans le but de mieux gérer le personnage. Cette partie n’est pas la moins inintéressante dans la mesure où on apprend beaucoup de choses sur sa psychologie. Il souffrait de schizophrénie paranoïaque, entendait des voix, un peu comme Jeanne d’Arc et était une sorte de composite de Lord Byron et d’Al Capone. Obsédé par la force, la violence et domination, il trainait le complexe de sa propre faiblesse physique, de son absence de testicule droit, de relations difficiles voire inexistantes avec les femmes et de son origine douteuse. De son père bâtard, il aurait hérité d’une part de sang juif, d’où son obsession de la pureté raciale. Il haïssait son père, violent et alcoolique et adorait sa mère qu’il identifiait à la mère patrie, l’Allemagne. Il était végétarien. Il ne fumait ni ne buvait. Fait très étrange, pendant la guerre de 14, il aurait pu être tué 5 fois, puis il échappa à rien moins qu’à 42 tentatives d’assassinat. Fléau de Dieu ? Ange exterminateur ? En tout cas, cet ouvrage mérite tout notre intérêt ne serait-ce que dans la mesure où il replace magistralement cette affaire dans son véritable contexte socio-économique. Sans cette maudite planche à billets, Hitler n’aurait fait que peindre ses aquarelles en HP…

Ma note

4,5/5

ESSAIS

DIEUDONNÉ, LA PAROLE EST A LA DÉFENSE (ZOHRA MAHI)

Le résumé du livre

Dieudonné, de son nom complet Dieudonné M’Bala M’Bala, est un humoriste, acteur et militant politique français, né le 11 février 1966 à Fontenay-aux-Roses. Il se fait d’abord connaître, dans les années 1990, en formant, avec Élie Semoun, le duo comique Élie et Dieudonné. Il se produit ensuite en solo, tout en menant une carrière au cinéma. Parallèlement, à la fin des années 1990, il s’engage en politique. Il s’attache dès lors à faire transparaître son militantisme dans ses one-man-shows. Alors qu’il est initialement marqué à gauche, plusieurs de ses déclarations lui valent ses premières accusations d’antisémitisme et déclenchent de vives polémiques. Entre 2013 et 2014, l’un de ses one-man-shows est l’occasion d’un bras de fer particulièrement médiatisé avec le gouvernement français ; finalement, une ordonnance du Conseil d’État valide l’interdiction du spectacle.

Ma critique

« Dieudonné, la parole est à la défense » est un plaidoyer écrit par une de ses avocates, elle-même militante de la cause palestinienne. Car au fond tout le problème est là. Dieudonné est-il anti-sioniste ou anti-sémite ? Ses détracteurs veulent confondre les deux définitions et y ajouter de la haine raciale. L’auteur démolit ces arguments vu que beaucoup de Juifs ne sont pas sémites, tout comme beaucoup d’Arabes lesquels ne sont pas tous musulmans d’ailleurs. Elle va même jusqu’à dire que Dieudonné, demi-Camerounais, descend de Cham et est donc tout aussi sémite que ses accusateurs. Ce genre d’argument semble à la limite, voire borderline. Peut-on rire de tout et sur n’importe qui semble une question beaucoup plus importante. La liberté d’expression n’est-elle pas devenue une chimère à géométrie variable ? Après tout Coluche et Desproges (« Y a-t-il des Juifs dans la salle ?) s’en sont permis autant sinon plus sans être inquiétés par Thémis. L’intérêt du livre est amoindri du fait qu’il date de 2013 et que la situation a beaucoup empiré par rapport à l’époque. Le comique ne peut plus se produire dans aucune salle, on lui a confisqué son « Dieudobus », les procès se sont multiplié, les amendes aussi et les peines de prison ferme ne vont pas tarder. Il semble même qu’il soit sur le point de s’exiler en Turquie. Triste époque.

Ma note

3,5/5

ESSAIS

DIVERTIR POUR DOMINER (COLLECTIF OFFENSIVE)

Le résumé du livre

Déjà, à l’époque romaine, le pouvoir avait compris qu’il fallait offrir au peuple du pain et des jeux (panem et circenses) pour bien le tenir sous le joug. Rien n’a vraiment changé depuis ces temps lointains. Ventre plein et vautré dans son canapé devant son téléviseur l’homme moderne reçoit chaque jour sa dose de divertissement. Il subit son effet hypnotique et anesthésiant et par la même occasion un pur et simple lavage de cerveau. Il entre dans un état second dans lequel il est possible de le manipuler quasiment à son insu. Les narratifs les plus improbables deviennent plausibles et parfaitement acceptables. Tout ce qui a été « vu à la télé » devient vrai et même plus réel que le réel !… Des premiers encarts publicitaires vendus par Emile de Girardin en 1836 dans son quotidien « La Presse », des premières réclames (« Dubon, Dubonnet… ») à la radio d’avant-guerre, on est passé au bombardement publicitaire, aux tunnels de pubs interminables et même aux interruptions à l’américaine de films, séries ou émissions. On n’en est maintenant parvenu à ne produire de contenu « culturel » que pour « laisser du temps de cerveau disponible pour Coca-Cola » (dixit Lelay, PDG de TF1), Nestlé, MacDo, et autres. Mais sait-on que ce n’est qu’en 1968 que Pompidou autorisa la diffusion du premier spot sur la chaine publique ?

Ma critique

« Divertir pour dominer » est un essai de sociologie politique composé d’une compilation d’articles parus dans la revue trimestrielle « Offensive » qui se présente comme libertaire et sociale. L’étude de ces « divertissements » qui permettent aux classes supérieures de « dominer » les inférieures est répartie en quatre grands chapitres, la télévision, la publicité, le sport de compétition (à ne pas confondre avec l’exercice physique genre randonnée pédestre, footing ou yoga, sans enjeux monétaires) et le tourisme de masse (à ne pas confondre avec le voyage ou l’exploration). « Convertir l’or de l’itinérance en plomb touristique », lit-on. Tous ces articles et ces interviews d’auteurs ayant travaillé sur le sujet sont plus ou moins pertinents, plus ou moins intéressants. C’est toujours un peu le cas dans les recueils collectifs. Si les analyses sont fondées et peu discutables (notre monde ne va pas bien et l’individu frustré et aliéné à une tendance naturelle à se divertir pour oublier un temps sa condition, les propositions alternatives concrètes (surtout présentées dans le dernier très court chapitre) ne sont guère convaincantes. S’il est certain qu’il semble indispensable de développer une contre-culture pour battre en brèche ce « divertissement » illusoire et mortifère, les moyens pour y parvenir (bourses du travail, universités populaires) ne sont guère évidents. On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. Petite critique sur la forme : le plaisir de la lecture est fortement amoindri par l’utilisation de la nouvelle très laide et très idiote orthographe inclusive.

Ma note

4/5

ESSAIS

CHRONIQUES DU MONDIALISME 2010-2020 (PIERRE HILLARD)

Le résumé du livre

La régionalisation et l’aménagement du territoire européen au profit des particularismes locaux est un moyen très efficace de contournement des prérogatives des états avec un but ultime créer une Europe constituée d’une myriade de « Länder » de type allemands. À cela s’ajoute une révolution politique avec la mise en place d’un partenariat transatlantique très favorable aux Etats-Unis. Les « printemps arabes », la déstabilisation programmée du Moyen-Orient, la destruction de la Lybie, de l’Irak et de la Syrie avaient pour but de morceler tous ces pays au profit de majorités sunnites, chiites, alaouites, kurdes, etc. selon le principe bien connu de diviser pour régner. Même la Turquie s’est retrouvée dans le collimateur… Au début de l’autre siècle, le IIè Reich de Guillaume II voulait créer une ligne de chemin de fer reliant Hambourg à Bagdad (le « Bagdad Bahn »). La Grande-Bretagne comprit immédiatement quel danger cette infrastructure faisait courir à sa suprématie. La ligne devait passer par la Serbie, seul pays non inféodé à l’Allemagne. L’assassinat de Sarajevo suivi de la première guerre mondiale firent capoter le projet et permirent de rebattre les cartes. Avec les accords Sykes-Picot, l’Angleterre récupéra les terres à pétrole (Irak, Iran, Arabie Saoudite) et la France celles à palmiers dattiers (Syrie, Liban). Un beau marché de dupes. Mais le mondialisme était déjà bien lancé…

Ma critique

« Chroniques du mondialisme » est un recueil d’articles de géopolitique parus dans diverses revues et compilée pour donner cet ouvrage augmenté d’une longue étude sur les conséquences de la crise sanitaire mondiale de 2019/2020. Tout ce qui est étudié est sourcé et solidement établi. D’innombrables notes de bas de page en attestent. Les faits analysés sont difficilement contestables. Pour Hillard, les causes du mal remontent à loin, à la Renaissance et aux débuts du protestantisme. La révolution de 1789 n’en fut que la conséquence logique. L’ouvrage est intéressant malgré de nombreuses redites et lourdeurs (Baptême de Clovis, Triple donation de Jeanne d’Arc, Vatican II, régionalisation, etc.). Cette suite d’articles réédités donne forcément cette impression, vu que les sujets se recoupent et que les faits d’actualités se répètent et balbutient. Mais il reste pertinent de revoir la chronologie des évènements qui nous ont amenés au point où nous en sommes. Au bord du gouffre. Ferons-nous un pas de plus ? Klaus Schwab nous a pourtant prévenu : « Rien ne sera plus jamais comme avant » ! Le mondialisme est une machine à broyer les peuples. Allons-nous nous laisser faire ?

Ma note

4/5

ESSAIS

PORTRAIT DE MARIANNE AVEC UN POIGNARD DANS LE DOS (CHRISTIAN COMBAZ)

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Le résumé du livre

Peut-on parler comme un certain chroniqueur d’un suicide français ? Christian Combaz le conteste. Il ne faudrait pas confondre suicide et assassinat. Le titre de l’ouvrage avec l’image du poignard en est la plus belle illustration. Mais qui a tenu le poignard ? Qui nous a fait basculer d’une France traditionnelle, fidèle à ses valeurs dans une Hexagonie sans foi ni loi, ouverte à tous les vents mauvais du libéralisme et du tiers-mondisme ? La décadence que nous connaissons depuis une quarantaine d’années, l’affaiblissement, l’appauvrissement généralisé ont des causes. De nouvelles élites sorties d’Auteuil-Neuilly-Passy ont remplacé les anciennes. La France de papa a peu à peu disparu, ringardisée, mise au rencart avec ses bérets, bignous, fest-noz et autres petit salé aux lentilles. L’esbroufe, la démagogie, le juridisme, les indignations à géométrie variable, la pensée unique, les politiques de la dette et la négation du réel ont prédominé par la simple volonté des dirigeants, des artistes « engagés », des médias et contre celle du peuple, des petites gens à qui jamais on ne demande l’avis. D’ailleurs quand un référendum (2005) ne convient pas au pouvoir, on n’en tient pas compte. Dans sa vie d’écrivain, Combaz a côtoyé nombre de puissants de la littérature et de la politique. Il nous raconte cette lente mise à mort.

Ma critique

« Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos » relève plus du témoignage que du pamphlet ou même du simple essai politique dans la mesure où l’auteur parle beaucoup de lui, de sa carrière contrariée car ses livres trop intimistes, trop remplis de valeurs ou d’idées ne cadrant pas avec la pensée unique lui ont valu d’être classé à droite et peu à peu d’être rejeté par le milieu. Pour survivre, il dut traduire nombre de « blockbusters » américains qu’il exècrait. Il fut un temps directeur de l’Institut culturel français de Milan puis du centre culturel de Saragosse, lieux où il découvrit qu’on y faisait la promotion d’auteurs sans talent mais dans la ligne grâce à l’argent du contribuable. Ce petit livre roboratif est un régal pour l’esprit ne serait-ce que pour les portraits au vitriol de tous les présidents de la république depuis Mitterand. Celui de Macron, psychopathe gérontophile et pervers narcissique est particulièrement travaillé. Ceux de Fabius, d’Attali, de BHL et de Ségolène Royal ne sont pas mal non plus. Et si les politiques en prennent pour leur grade, les « intellectuels », autres grands coupables, ont aussi droit à leur volée de bois vert. (Jean-Edern Hallier, Semprun, Roberts, François-Marie Bannier, Houellebecq, Bergé et tant d’autres). Rares sont ceux qui échappent à la sainte colère de Combaz. Qui aime bien châtie bien ! On comprend que l’éditeur se soit défilé à quelques jours de l’élection de Macron.

Ma note

4,5/5

SCIENCE-FICTION

LES DIEUX DU FLEUVE (PHILIP JOSE FARMER)

Le résumé du livre

En compagnie de Yeshua, un Juif qui prétend avoir été le Christ et de sa compagne Bithniah, Tom Mix a réussi à échapper aux hommes du terrible Kramer surnommé « Tapedur », cruel potentat qui les avait réduits en esclavage. Ils se réfugient dans la Nouvelle-Albion, auprès de son chef Stafford, lequel envisage d’organiser bientôt une attaque du Doucevolents, histoire de prendre Kramer de vitesse et de l’empêcher d’étendre sa dictature sur toutes les principautés environnantes. Malheureusement, les Albionais sont battus. Tom Mix et Yeshua sont capturés. Kramer leur réserve une mort cruelle : ils seront brûlés vifs !… Huit ressuscités sous les ordres de Burton se sont rendus maîtres de la Tour des Ethiques après la mort de Loga. Ils commencent à se faire obéir des ordinateurs qui gèrent toute la logistique de la planète. Ils veulent reprendre à leur compte le processus de résurrection. Mais cela pose divers problèmes…

Ma critique

« Les dieux du fleuve » est le cinquième et dernier tome de la saga de science-fiction « Le fleuve de l’éternité ». Composé de deux parties (« Ainsi meurt toute chair » et « Les dieux du fleuve »), sa lecture est un peu moins laborieuse que celle des trois précédents. Philip José Farmer a voulu creuser un peu plus la biographie et la personnalité de certains de ses personnages, non sans avoir rappelé toute leur histoire en fin de volume. Le lecteur pourra éprouver un certain plaisir à découvrir le personnage hors normes d’Aphra Behn, première femme de lettres ayant vécu de sa plume en Grande-Bretagne. Il découvrira également une thèse historique intéressante sur Jack l’éventreur et pourra s’étonner de l’évolution paradoxale de Yeshua qui ne croit plus en Dieu et préférerait disparaître définitivement plutôt que d’aller au paradis ! Le pauvre est devenu dépressif, athée et totalement matérialiste ! Nul doute que Farmer a profité de ces « bonus » pour nous glisser quelques-unes de ses idées personnelles. On n’est pas forcé de partager toutes ces théories très à la mode dans les années 60/70, mais qui ont quand même pris un léger coup de vieux !

Ma note

4/5

SCIENCE-FICTION

LE NOIR DESSEIN (PHILIP JOSE FARMER)

Le résumé du livre

Sur une planète aménagée par Les Ethiques pour accueillir une quarantaine de milliards d’humains ressuscités, quelques personnages venus d’époques diverses comme Richard Burton (l’explorateur, pas l’acteur), Sam Clemens (Mark Twain) ou Cyrano de Bergerac cherchent par tous les moyens à connaître le fin mot de cette étrangeté. Après l’échec du bateau à aubes qui devait remonter tout le fleuve pour atteindre la Tour Noire, cœur apparent de l’énigme, les hommes décident de changer de moyen de transport et de se reporter sur un dirigeable géant qui sera placé sous le commandement de Firebrass. Et voilà qu’un nouveau personnage apparaît. Une certaine Jill Gulbirra, demi-sang aborigène australienne, après un long périple en pirogue sur le fleuve, finit par accoster à Parolando et veut se faire engager comme pilote de l’engin volant. Elle est reçue par Schwartz qui lui annonce tout de go que, quelles que soient ses brillantes qualifications, jamais elle ne pourra prendre la place de Firebrass. Jill s’estime discriminée en tant que femme…

Ma critique

« Le noir dessein » est le troisième tome de la saga « Le Fleuve de l’éternité » qui en compte cinq au total. Dans son avant-propos, Farmer annonce à son lecteur impatient de comprendre enfin de quoi il retourne dans cette histoire interminable que tout ne sera révélé que dans le tome quatre et que dans le dernier, il développera certains aspects secondaires ou parallèles de son affaire. Un peu comme les bonus de DVD en quelque sorte. Ainsi sommes-nous prévenus que l’intrigue n’avancera pas d’un millimètre malgré deux tentatives ratées de pénétration dans la fameuse tour de métal. Nous aurons cependant droit aux habituels combats, trahisons, escarmouches, batailles et tueries diverses et variées plus quelques nouveaux personnages à rajouter à une liste déjà longue. Chacun a droit à sa petite biographie. Quelques développements sur le féminisme, le soufisme, les religions, le psychédélisme et autres effets des drogues permettent de remplir les 544 pages de ce pavé qui se lit relativement agréablement si l’on ne s’agace pas trop de cette histoire qui tourne en rond comme le serpent qui se mord la queue et comme ce fleuve qui fait de même. Vivement le tome quatre qu’on en finisse !

Ma note

3,5/5

AVENTURESSCIENCE-FICTION

LE BATEAU FABULEUX (PHILIP JOSE FARMER)

Le résumé du livre

À bord du Dreyrugr, Sam Clemens, alias Mark Twain, remonte le Fleuve de l’Eternité en compagnie d’une bande de Vikings commandée par Erik la Hache quand il croit apercevoir sur la rive son ancienne épouse Livy. Il donne l’ordre au timonier d’accoster immédiatement. L’autre refuse. Ce n’est pas la première fois que Sam est victime de ce genre d’hallucination ! Alors Sam appelle à la rescousse son ami, le géant Joe Miller qui était en train de dormir dans l’entrepont. Mais voilà que trente galères, en formation de combat, fortes d’une soixantaine de rameurs chacune, descendent le courant pour venir attaquer les Vikings. Les assaillants disposent de fusils, de feux grégeois, de bombes, de fusées et de planeurs. Très vite, la bataille navale fait rage. Sam Clemens n’aura la vie sauve que grâce à une vague géante générée par la violente et subite émersion d’un monstre marin réveillé par une chute de météorite.

Ma critique

« Le bateau fabuleux » est le deuxième tome de la saga du « Fleuve de l’Eternité » qui en compte cinq au total. Richard Burton y cède peu à peu la vedette à Sam Clemens, plus connu sous le nom de Mark Twain, lequel veut construire un énorme bateau électrique à roues à aubes pour remonter cet interminable fleuve qui part du pôle nord de la planète pour y remonter après en avoir réalisé le tour complet. Le but final étant de découvrir le secret de ce phénomène de résurrection perpétuelle. Présentée comme « chef-d’œuvre » par l’éditeur, ce deuxième volet peut sembler un brin plus poussif que le premier en dépit de la présence sympathique de Mark Twain et surtout de son ami titanesque affublé d’un amusant cheveu sur la langue. L’ennui, c’est que l’effet de surprise passé, Farmer ne semble plus en mesure de se renouveler vraiment. Il rajoute de nouveaux personnages tel le roi Jean sans terre dans le rôle du méchant, tel Cyrano de Bergerac dans celui du bretteur imbattable ou tel Mozart un peu perdu au milieu de tous ces énergumènes. L’intrigue se calque un peu trop sur la trame du premier tome : batailles rangées, tueries, trahisons et accumulations de tentatives pour remonter le fleuve. Et pour ne rien arranger, une impression de remplissage avec toutes sortes de développements sur le féminisme, le racisme, la fierté noire et la nouvelle liberté sexuelle « baba cool », thème un brin daté. Au total, tout cela n’a pas trop bien vieilli. Dommage.

Ma note

3,5/5

SCIENCE-FICTION

LE MONDE DU FLEUVE (PHILIP JOSE FARMER)

Le résumé du livre

Après leur mort, des millions d’humains de toutes générations et de toutes provenances se réveillent complètement nus sur les rives d’un fleuve immense serpentant sur une planète inconnue. Il y a là Richard Burton, célèbre explorateur britannique du XIXè siècle, Peter Frigate, son ami, Lev Ruach, rescapé de l’Holocauste, Mrs Alice Heargraves, jolie lady de l’époque victorienne, Loghu, la primitive, un Néanderthalien doté d’une force hors norme et d’une fidélité à toutes épreuves et beaucoup d’autres, tous circoncis, tous sans poils ni barbe ni cheveux et tous miraculeusement revenus dans l’intégrité physique de leurs jeunes années. De gros champignons percés de trous distribuent de la nourriture quand on leur présente un récipient appelé « graal », mais aussi du tabac, de l’alcool et même des chewing-gums contenant une puissante drogue. La nuit venue, son effet aphrodisiaque exacerbe l’instinct sexuel de celles et ceux qui l’ont mâchée. Hommes et femmes se ruent les uns sur les autres pour des accouplements aussi violents qu’orgiaques. Les passions déchaînées amènent meurtres et règlements de comptes. Tous ces gens sont-ils arrivés au paradis ou en enfer ? Qui a organisé cette étrange résurrection ? Comment Burton et ses amis vont-ils pouvoir survivre dans un monde aussi étrange ?

Ma critique

« Le monde du fleuve » est le premier tome d’une saga de science-fiction à succès qui en compte cinq. L’originalité de l’intrigue tient beaucoup à cette description d’une vie après la mort qui ressemble souvent en pire à celle d’avant. En bon explorateur, Burton n’a qu’une obsession, remonter aux sources du fleuve pour découvrir le fin mot de toute cette histoire. Il ne le trouvera pas, bien évidemment, vu que le suspens doit être maintenu sur toute la durée de la narration. Entre autres péripéties, il croisera plusieurs fois la route d’un certain Hermann Gœring, avatar du célèbre maréchal d’aviation et dignitaire du régime nazi, qui s’évertue à se recréer un petit royaume totalitaire avec esclaves et liquidation des Juifs. Ce monde est dangereux, on y meurt facilement, mais c’est pour très vite revenir dans le circuit. Bien que répertorié dans le registre humoristique, cet ouvrage nous semble surtout philosophique et assez influencé par les idées libertaires de mai 68 (amour libre). La suite qui devrait mettre en scène toutes sortes d’autres personnages historiques méritera toute notre attention. Sans crier au « chef-d’œuvre », il s’agit bien de science-fiction intelligente et de très belle qualité à conseiller aux amateurs du genre.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

Y A-T-IL UNE ERREUR QU’ILS N’ONT PAS COMMISE ? (CHRISTIAN PERRONNE)

Le résumé du livre

Quelle sinistre affaire que cette interminable crise sanitaire qui a démarré fin novembre 2019 en Chine et qui n’est toujours pas terminée presque deux années plus tard ? Tout a commencé en 2013 quand Hollande a décidé de ne pas renouveler notre stock d’un milliard de masques chirurgicaux constitué en 2011. Et ce n’est que la première d’une longue suite de scandaleuses imprévoyances. Fermeture de dizaines de milliers de lits d’hôpitaux. Absence de tests de dépistage. Création d’un Conseil scientifique constitué de médecins stipendiés et accessoirement d’ethnologues, sociologues et autres anthropologues, ne fournissant aucun rapport écrit et se caractérisant par un attentisme étonnant. Conflits d’intérêts à tous les étages. Confinements qui confinent à la bêtise crasse. Depuis quand doit-on mettre en quarantaine des gens bien portants sans soigner les malades ? Scandale de l’interdiction de l’hydroxychloroquine qui est utilisée avec succès par plus de la moitié de la planète. Une ministre de la Santé qui nie l’existence de l’épidémie puis qui quitte le navire au pire moment pour aller pantoufler ensuite dans les bureaux de l’OMS de Genève. Absence totale de véritable pilote dans l’avion. Dirigeants qui annoncent tout et son contraire. Médias qui instillent la peur et créent une véritable psychose collective. Destruction de l’hôpital. Et pour finir, vilains Français qui accusent un gentil gouvernement qui fait tout ce qu’il peut et osent même intenter des procès pour mise en danger de la vie d’autrui.

Ma critique

Plus qu’un simple pamphlet ou qu’un vulgaire coup de gueule, cet ouvrage du Professeur Perronne est, en fait, une enquête journalistique à chaud, un état des lieux précis, écrit en pleine crise, au printemps 2020. Il m’a semblé intéressant d’y jeter un œil avec un peu plus de recul. Le constat est affligeant et même pire qu’à l’époque. Perronne parle « d’une union sacrée de l’incompétence et de l’arrogance » et de « plus grande pandémie du siècle ». Il regrette que les médecins de plateaux genre Karine Lacombe, VRP de Big Pharma, et ceux du fameux conseil scientifique soient complètement déconnectés de la réalité. Lui-même est un ancien conseiller en épidémiologie de plusieurs gouvernements, chef de service respecté de l’hôpital de Garches. Il a plus de quinze années d’expérience dans la gestion des crises sanitaires. Il sait de quoi il parle, contrairement à un certain politicien vaguement neurologue, et pourtant il en est réduit à prêcher dans le désert. En réalité, cette relecture permet de se rendre compte que ce tableau qui fit scandale en son temps est tout ce qu’il y a d’impartial et de mesuré. Le recul montre que ces décideurs ne furent et ne sont pas des incapables ou des gens débordés, mais qu’ils appliquent malheureusement un plan ourdi par leurs véritables maîtres. Cette crise serait-elle plus politique que sanitaire ? Alors complot ou trahison des élites ? Ouvrage à lire pour ne pas mourir « covidiot ».

Ma note

4,5/5

ESSAISHISTORIQUE

LA FIN DU PARTI ROYALISTE (MARC DESAUBLIAUX)

Le résumé du livre

Que d’occasions manquées au XIXe siècle pour la cause royaliste ! En 1849, elle dispose de la majorité à l’Assemblée nationale et pourtant c’est Louis-Napoléon Bonaparte qui s’empare du pouvoir le 2 décembre 1851… En 1871, les royalistes se retrouvent à nouveau majoritaires et unis autour du comte de Chambord quand tout capote avec la querelle au sujet du rétablissement du drapeau blanc. Au-delà du symbole, deux conceptions de la monarchie s’affrontent : l’orléanisme et le légitimisme, monarchie constitutionnelle et absolutisme de droit divin… Et en 1883, à la mort du comte de Chambord, qui n’a jamais voulu transiger et a renoncé au trône, le nouveau prétendant, Louis-Philippe-Albert d’Orléans, comte de Paris, se retrouve à la tête d’un parti en pleine décomposition. Plus de majorité ni à l’Assemblée, ni au Sénat. Un gouvernement et un chef d’état républicains. Finalement, une forte poussée aux élections législatives de 1885 entraine le vote d’une loi d’exil frappant le Comte de Paris. Avec un prétendant malade et coupé des réalités du terrain, arrive la fin des espérances royalistes.

Ma critique

« La fin du parti royalistes » se présente comme un essai historique de grande qualité sur une très courte période assez peu connue de l’histoire du royalisme. L’auteur appuie son travail sur une très riche documentation (archives, témoignages, articles de presse). Le lecteur découvrira dans cet ouvrage majeur sur ce sujet précis combien fut délétère pour le mouvement l’alliance avec le boulangisme. L’importance du rôle de certains dirigeants tels Meyer jouant le fils contre le père et poussant au coup de force ou tels de Mun, le catholique social, ne parvenant pas à faire voter des mesures favorables au monde ouvrier. La désunion amènera une dérive vers la droite parlementaire classique pour certains ou vers un anti-parlementarisme de plus en plus virulent pour d’autres. Sans oublier la découverte de l’importance d’une presse royaliste constituée d’une nuée de petits journaux (250 à 300) parisiens ou provinciaux qui périclitèrent peu à peu. L’ouvrage s’achève sur l’évocation de Charles Maurras et de l’Action Française, mais ceci est une autre histoire, comme dirait Kipling. Au total, un opus à ne pas manquer pour qui s’intéresse à ce tournant de l’Histoire, avec en prime l’escapade chevaleresque mais ratée du jeune duc d’Orléans.

Ma note

4,5/5

HUMOURROMAN

L’ASSASSIN QUI REVAIT D’UNE PLACE AU PARADIS (JONAS JONASSON)

Le résumé du livre

À plus de 50 ans, Dédé le meurtrier a déjà passé pas mal de temps en prison. Il a eu le malheur de planter une hache dans le dos d’un homme, d’envoyer une volée de chevrotines dans le visage d’un autre et de trancher la gorge d’un troisième. Mais maintenant, ce temps est bien fini. Il s’est juré de ne plus jamais retourner en taule. Il se réfugie dans un ancien bordel reconverti en hôtel borgne tenu par Per Person, jeune homme issu d’une lignée en perte de vitesse avec un grand-père millionnaire ruiné avec l’avènement du moteur à explosion, avec un père alcoolique et une mère ayant fui en Islande en compagnie d’un banquier. Lors d’une pause qu’il passe sur un banc de jardin public, il est accosté par Johanna Kjellander, pasteur virée de sa paroisse et quasiment aussi paumée que lui qui lui propose une intercession moyennant finance…

Ma critique

« L’assassin qui rêvait d’une place au paradis » est un roman humoristique, fantasque et un brin déjanté bien dans la ligne des deux précédents opus de l’auteur, « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » et « L’analphabète qui savait compter ». Avec des personnages différents quoi que tous bien barrés pour ne pas dire frappadingues, l’auteur improvise des histoires totalement improbables avec un gangster touché par la grâce, un magot gagné de manière plus ou moins honnête et rebondissements divers et variés. On ne s’ennuie pas avec Jonas Jonasson, à la condition d’oublier au vestiaire logique, vraisemblance et cartésianisme. À noter dans cet ouvrage, un parallèle facile mais bien amusant entre Dieu le père et le père Noël. Le style fluide et agréable permet une lecture aussi facile que rapide. Et en bonus, cette pantalonnade, picaresque à souhait, permet d’aborder de manière légère et intelligente toutes sortes de travers de nos sociétés : bêtise humaine, charity business, sectes, propension à la malhonnêteté et à la truanderie. Un vrai régal à consommer sans modération.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

COMPRENDRE L’EMPIRE (ALAIN SORAL)

Le résumé du livre

Qu’est-ce vraiment que le peuple ? Au temps de la Révolution française le Tiers-Etat représentait la bourgeoisie montante et non le petit peuple composé d’une multitude de petits paysans attachés à leur lopin de terre. Jamais aucun changement ne fut réellement voulu par le peuple. Jamais celui-ci ne fut internationaliste, mais toujours patriote (soldats de l’an II, poilus de 14). À partir de 1789, on est passé de la « société du don pour le prestige à celle du prêt pour l’intérêt »… « De l’élégance à la laideur, de la noblesse à l’usure ». Robespierre a tué le Roi. Puis la Banque a liquidé Robespierre. De Gaulle voulait le retour à l’étalon-or. Il quitta l’OTAN, fit fermer les bases américaines en France, se posa en champion de la troisième voie (« Québec libre », discours de Pnom Penh). Pour s’en débarrasser, l’Empire « inspira » Mai 68 qui eut trois aspects (libertaire, syndical et politique) et qui permit la montée au pouvoir de Pompidou, homme des Rothschild, placé là pour instaurer la loi de janvier 1973 obligeant l’état à emprunter avec intérêt à des banques privées. Début d’un endettement aussi perpétuel qu’impossible à rembourser qui a amené la France dans la calamiteuse situation où elle se trouve aujourd’hui.

Ma critique

« Comprendre l’Empire » est un essai de sociologie politique polémique et assez basique plutôt axé sur de la vulgarisation économique et historique. C’est clair, fluide et aisé à lire. Bien que souvent différentes de la doxa officielle, les analyses historiques sont difficilement contestables. Soral insiste beaucoup sur la division de la société de l’ancien régime en « oratores » (priants), « bellatores » (combattants) et laboratores (travailleurs). Pour lui, le mondialisme, qui a détruit le catholicisme, le communisme et l’universalisme français, n’aurait plus d’autre opposant sur sa route que l’islam non inféodé aux Etats-Unis (Iran, Hezbollah). Il fait une distinction entre « musulman du quotidien » et « racaille de banlieue », trouve que la gauche sociétale ou gauche « bobo » s’est allié à la droite d’affaires pour liquider la gauche sociale (PCF) et la droite morale (gaullisme), telle qu’elle a pu exister dans le cadre du CNR et perdurer jusqu’en 68. Pour lui, seule une union de la gauche du travail et de la droite des valeurs pourrait mettre en échec la dictature de la « gouvernance mondiale ». Publié il y a dix ans, cet essai a déjà un peu vieilli en ce qui concerne les perspectives. « La révolte des nations » annoncée dans le dernier chapitre ne s’est pas produite, ses prémisses (gilets jaunes) ayant été réprimés comme on sait, et le mondialisme a avancé à pas de géant grâce à la crise sanitaire. Au total, un ouvrage plus intéressant pour son côté historique que politique.

Ma note

4/5

AVENTURESvoyages

MADA TREK (SONIA & ALEXANDRE POUSSIN)

Le résumé du livre

Après une traversée à pied du sud au nord du continent africain, le couple Poussin, leurs deux enfants Philae et Ulysse, une amie préceptrice temporaire Virginie et leurs deux guides malgaches Tovo et Tanjona se sont lancés dans une première, une expédition réputée impossible, le tour complet, à pied, de Madagascar, île aussi grande que la France. Ils se sont fait construire une charrette tirée par deux zébus. Elle leur servira de maison roulante au confort des plus sommaires malgré la présence de panneaux solaires. Ce défi va se révéler difficile à relever. Aucun réseau routier digne de ce nom sur leur parcours, à peine des chemins défoncés voire abandonnés à la végétation, des endroits désertiques et des zones infestés de bandits de grands chemins très craints car spécialisés dans le vol de zébus, seule véritable richesse des paysans. Peu de ponts. Il leur faudra passer des cours d’eau en faisant flotter leur charrette et même la placer sur un bateau sur un tronçon. En tout, il leur faudra plus de huit mois pour relier la capitale Antananarivo à Tuléar pour ce premier périple de 949 km.

Ma critique

« Mada Trek » est un récit de voyage peu ordinaire. C’est un véritable exploit familial que les Poussin nous font partager avec ses joies et ses peines, ses souffrances et ses étapes plus confortables chez des amis ou dans des lodges mis à leur disposition. Ils veulent expérimenter une forme de sobriété heureuse et ils y parviennent fort bien. Cet exploit aurait été impossible sans l’aide des autochtones qui sont souvent mis à contribution autant pour pousser la charrette dans les montées difficiles que pour les protéger des brigands. Ils découvrent un peuple attachant qui lutte désespérément pour sa survie. Alexandre Poussin arrive même à parler la langue. Son texte qui est d’ailleurs rempli de phrases en malgache dont il faut chercher la traduction en bas de page, s’achève par ce qu’il appelle un vade-mecum lexical, sorte de glossaire utile pour qui voudrait causer malgache ! En plus de l’aventure, les Poussin ont un autre but : aller au-devant d’ONG et autres intervenants de la coopération pour les faire mieux connaître chez nous. Ils constatent que près d’un demi-siècle de gouvernance dictatoriale plus ou moins communisante a laissé un pays exsangue et une population plus pauvre et plus démunie que celles qu’ils ont découvertes en Afrique. En plus de deux cahiers de magnifiques photos, le lecteur a droit à une playlist de tubes malgaches (il faudrait un audio-book pour en profiter) et à une bibliographie succincte. Une belle aventure familiale à ne pas rater et dont on attend déjà la suite avec impatience.

Ma note

4/5

RELIGIEUXTEMOIGNAGE

CE NOM QU’A DIEU ILS DONNENT (GUILLAUME DE FONCLARE)

Le résumé du livre

Guillaume souffre d’une maladie génétique chronique aussi douloureuse qu’handicapante. Après avoir reçu une éducation religieuse catholique puis protestante, adulte, il a tout rejeté et se déclare maintenant « athée pratiquant ». Charmant oxymore. Cependant, il tient à garder l’esprit ouvert et à se maintenir dans une certaine quête du Divin. Comme il a besoin de silence et de recueillement pour mener à bien cette recherche, il parvient à se faire accepter pendant deux mois dans une résidence d’écrivains, sur les hauteurs des Causses du Quercy, non loin du petit village de Calvignac. Mais peu avant son départ, sa compagne doit être prise en charge pour un cancer du sein. Guillaume décide de ramener son séjour à cinq semaines au lieu de huit. Trouvera-t-il Dieu entre Conques et Saint-Circq la Popie ?

Ma critique

« Ce nom qu’à Dieu ils donnent » se présente comme un témoignage d’une totale authenticité et d’une absolue sincérité, ce qui est bien agréable. L’auteur a vraiment séjourné dans le lieu qu’il évoque. Il raconte quelques épisodes dramatiques de sa vie comme le décès de son père dans un accident d’hélicoptère alors qu’il était très jeune. Il nous parle de sa femme, de ses amis, des gens qu’il rencontre. Nous ne sommes donc pas dans l’autofiction mais dans un récit de petites tranches de vie qui aident à comprendre le cheminement d’un intellectuel, ancien directeur de l’Historial de la bataille de la Somme, devenu écrivain. Un pèlerinage immobile en quelque sorte. La force et l’intérêt de la narration vient plus de tout ce kaléidoscope de saynètes jetées au fil de la plume que de l’accumulation de questions existentielles (Pourquoi Dieu permet-il le mal ? Pourquoi dois-je autant souffrir ? Pourquoi Dieu autorise-t-il la douleur des hommes en général et la souffrance voire la mort des petits enfants en particulier ?). Bien entendu, ce séjour, s’il ne lui apporte guère de réponse à ce genre de questions, lui permettra néanmoins de repartir plus serein, plus heureux et avec une foi retrouvée. Un livre intéressant, agréable et facile à lire en dépit d’une légère propension de l’auteur à une certaine amplitude des phrases.

Ma note

4/5

ESSAIS

POUR EN FINIR AVEC PASTEUR (DR ERIC ANCELET)

Le résumé du livre

En 1885, lorsque Pasteur inocule un virus de rage particulièrement virulent à des enfants, pour « expérimenter » le contre-poison et lancer au plus vite le premier vaccin de l’histoire, il a 63 ans et est lui-même un homme très malade et fort diminué, hémiplégique paralysé du côté gauche depuis 1868. La rage qu’il injecte à des enfants sains est une maladie paralysante de même nature que l’infirmité dont il souffre lui-même, laquelle l’oblige à se servir d’assistants et altère ses capacités mentales. Plusieurs enfants mourront suite aux expérimentations de ce personnage devenu un héros national et l’un des hommes les plus célèbres du monde. Des plaintes pour homicide seront déposées par de pauvres gens du peuple. Toutes seront ignorées par la Justice car Pasteur est protégé par le pouvoir. Son premier vaccin sera fabriqué et diffusé sur la base de deux cas jugés significatifs, deux jeunes garçons robustes qui ont survécu, non pas à la morsure d’un chien dont on n’a jamais prouvé qu’il était vraiment enragé, mais aux injections dangereuses du vieux chimiste. Un siècle et demi plus tard, l’Institut Pasteur perpétue la tradition pour son plus grand profit et celui des Pfizer, Moderna, Johnson & Johnson, Astra Zeneca et autres…

Ma critique

« Pour en finir avec Pasteur » est un essai bien documenté, remettant en question le dogme pasteurien. Le Docteur Ancelet se place dans la ligne des découvertes d’Antoine Béchamp, Claude Bernard et autres pour qui le microbe importe peu car c’est le terrain qui compte. Pasteur l’aurait même reconnu sur son lit de mort. En effet, si les microbes ou virus sont bien impliqués dans les maladies infectieuses, l’important est de savoir de quelle manière, s’ils en sont la cause ou l’effet, des maîtres d’œuvre ou de simples exécutants. Ancelet pose les questions qui dérangent, considère l’homme dans son entièreté, corps et âme. Il en tient pour une médecine holistique, respectueuse et non traumatisante, juste à l’opposé de l’allopathique, matérialiste, dogmatique et autoritaire. Pour lui, on ne devrait jamais vacciner un enfant de moins de six ans et encore moins un nourrisson dont les défenses naturelles sont dans un état embryonnaire. D’autant plus que l’allaitement maternel suffit à le protéger de toute attaque microbienne. On notera également une description en forme de réquisitoire sans appel de l’accouchement moderne (position couchée, provoqué, forceps, épisiotomie, césarienne, etc.) aussi traumatisant pour la mère que pour l’enfant. Livre passionnant qui attaque la problématique des vaccins sous un angle autant médical que philosophique voire sociologique d’où une lecture parfois un tantinet laborieuse.

Ma note

4/5

HUMOURSCIENCE-FICTION

LE SYSTÈME VALENTINE (JOHN VARLEY)

Le résumé du livre

Kenneth Valentine est un acteur galactique assez particulier. Non seulement il est capable de jouer un grand nombre de rôles en se travestissant à toute vitesse dans des pièces de Shakespeare revisitées, mais encore peut-il entourlouper, escroquer, truander comme personne. Il jongle avec ses identités autant dans la vie que sur scène et passe sans arrêt d’une planète à une autre, tel un vagabond du cosmos. L’ennui, c’est qu’un jour, un détective privé se présente au théâtre où il se produit et demande à le rencontrer en le réclamant sous un de ses nombreux noms. Profitant de la confusion créée, Valentine file illico sur une autre planète. Sa carrière débuta très jeune. Son père, acteur également, le fit entrer dans la troupe du célèbre Gédéon Peppy qui animait un médiocre show télévisé pour enfants. Kenneth rencontra immédiatement le succès dans le rôle de Sparky. Il se mit peu à peu à améliorer les séquences et à enjoliver les scénarios jusqu’à faire de l’ombre à Peppy, puis à le pousser au suicide…

Ma critique

« Le système Valentine » se présente comme un roman de science-fiction dans la mesure où le héros vogue d’étoiles en planètes aussi facilement que d’aucuns prennent le train de banlieue. Mais cet aspect « space opéra » ne semble qu’être un prétexte à la parodie, à l’humour et à une dénonciation implicite de toutes sortes de travers de notre société actuelle. Le lecteur y trouvera une satire féroce du monde merveilleux de Disney Channel, de celui tout aussi féroce du théâtre shakespearien, de la télé-réalité voire poubelle et même de la médecine classique. Le fond de l’intrigue est basée sur les rapports difficiles entre Kenneth et son père. Une enfance qui fait penser à celle d’un Michael Jackson avec un père aussi maltraitant qu’ambitieux pour son rejeton. Son destin tragique ne sera que la conséquence logique de ses actes. Le style de l’auteur est agréable et percutant. L’histoire démarre sur les chapeaux de roues. Malheureusement, au bout de deux centaines de pages, le rythme ralentit nettement. On a l’impression que l’auteur se met un peu à tirer à la ligne. L’ennui et la lassitude sont pas loin de s’installer. Heureusement que dans les cent dernières, le rythme repart et le livre se termine au mieux, rachetant ainsi ce passage à vide.

Ma note

4/5

FANTASTIQUEPOLICIER

TRAQUE EN DEUX TEMPS (MICHEL CHERCHI)

Le résumé du livre

En août 2018, au Nicaragua, Rob Sterling et Alex Garcia, tous deux agents de la CIA, tombent dans une embuscade. Leur guide Ramiro est abattu. Rob et Alex se réfugient dans une grotte où ils comptent défendre chèrement leur peau dans l’attente des secours. Mais un tir de roquette fait s’effondrer leur refuge sur eux. Une équipe, intervenue en hélico pour les sauver, arrive juste à temps pour les transférer en bien piteux état à l’hôpital militaire de Managua. Deux mois plus tard, Sterling se retrouve au quartier général de la CIA à Langley dans le bureau de Shaeffer, le directeur, qui lui annonce qu’Aljarith, le tueur à gages terroriste qu’il pourchasse depuis des années, vient enfin d’être abattu au Mozambique. Rob Sterling n’en croit rien. Un peu plus tard, son ami Yorell Lincoln, reporter du journal « The Independent », l’informe que différents phénomènes paranormaux se dérouleraient autour du siège de la NASA. Ils décident de se rendre sur les lieux. Ils y rencontrent le professeur Evrett, prix Nobel de physique, qui leur explique que ce dont ils ont été témoins est une sorte de fracture dans le continuum espace-temps, ce qui expliquerait la facilité avec laquelle Aljarith parvient toujours à s’échapper une fois ses crimes accomplis…

Ma critique

« Traque en deux temps » se présente comme un roman d’espionnage avec un important volet fantastique. Toute l’intrigue, assez simple au demeurant, repose sur le va-et-vient entre deux mondes, celui de maintenant et celui à venir, 91 ans plus tard. Pas mal apparenté aux agents secrets bien connus comme James Bond ou OSS 117, le héros est un superman chevaleresque, mais sans grande épaisseur romanesque ni véritable humanité. Quelques petites manies, quelques lubies ou quelques hobbies originaux les lui auraient procuré. Le style est simple, efficace et agréable à lire. La preuve, le livre se lit en une journée, tellement le lecteur n’a pas envie de le quitter même s’il a parfois l’impression de lire une BD ou d’être pris dans un jeu vidéo plein de péripéties et de rebondissements. Ouvrage de détente et de divertissement agréable et détendant, bien qu’entaché que quelques coquilles, anglicismes (ou américanismes) et autres erreurs grammaticales ou lexicales qui auraient dû être corrigées.

Ma note

4/5

HISTORIQUEROMAN

LA MAISON DE PILATE (PAUL FEVAL)

Le résumé du livre

Don Ramire doit enlever Isabel, c’est quasiment un ordre de cette dernière qui se méfie de son époux récemment libéré de haute lutte des geôles royales. En effet, Medina Celi voudrait voir Isabel épouser Don Juan Palomas, ce que son épouse de haute noblesse considère comme une mésalliance. Le roi fait proclamer l’interdiction de séjour dans la ville de Séville à tous les mendiants, miséreux et autres parias qui l’encombrent, ce qui provoque une violente révolte attisée par le sombre Pedro Gil, mais rapidement maîtrisée grâce à une intervention double de Medina Celi. Mais l’enlèvement d’Isabel par Ramire est vouée à l’échec. Les deux amoureux tombent dans un guet-apens organisé par Moncade et le comte-duc. Attaqué par une vingtaine de spadassins, Ramire a beau se battre comme un lion, il ne parvient ni à s’échapper ni à sauver sa belle. Il succombe sous le nombre et tombe sous la coupe du sinistre Moghrab. La partie est-elle perdue ?

Ma critique

« La maison de Pilate » est la suite du « Roi des gueux ». L’ensemble représente un roman-fleuve de cape et d’épée d’environ 1300 pages. Autant le premier tome démarrait sur les chapeaux de roues, autant le second ralentit et donne parfois un peu l’impression de tirer à la ligne. Longues descriptions, longues interrogations, reprises des épisodes précédents et tirades un brin indigestes. On trouve encore quelques belles batailles et quelques actes de bravoure chevaleresque. Cependant l’accent est un peu trop mis sur le côté sentimental. Les amours contrariées de Ramire et Moncade, les changements de partenaires et les romances déçues. De plus, le comte a un sosie qui n’est autre que le roi des gueux. Soliman, Moghrab et Hussein le noir ne sont en fait qu’une seule et même personne, ce qui embrouille un brin le lecteur qui peut aisément se perdre dans les personnages. Féval use et abuse un peu de ce procédé rocambolesque assez peu vraisemblable. Conclusion : pas le meilleur titre du grand Paul Féval.

Ma note

3/5

HISTORIQUETEMOIGNAGE

CONVERTIR L’EMPEREUR ? (ERIC MORIER-GENOUD)

Le résumé du livre

De 1892 à 1895, dans le sud-est africain, Georges-Louis Liengme, missionnaire et médecin originaire de Suisse Romande, se présente à la cour de l’empereur Goungounyane qui n’est plus pour très longtemps à la tête de l’immense territoire de Gaza, déjà partiellement sous dépendance portugaise et futur Mozambique. Même s’il est bien accueilli par le potentat africain, Georges découvre assez vite que sa mission ne va pas se révéler de tout repos. Goungounyane est en fait un despote qui pratique la razzia, la polygamie et la mise en esclavage systématique. De plus, son goût prononcé pour les alcools forts que lui procurent les Portugais l’amène à être plus souvent ivre qu’à jeun. Quant à ses sujets, ils veulent bien se faire soigner, mais sans jamais montrer le moindre signe de gratitude. Le pauvre pasteur ne mange pas tous les jour à sa faim. Il doit tout bâtir de ses mains avec l’aide des quelques convertis qui l’accompagnent. Son épouse et sa petite fille le rejoignent et bientôt un nouveau bébé vient réjouir la petite famille. Mais des nuages noirs s’amoncèlent sur la mission. Un conflit se profile. Le travail d’évangélisation ne rencontre guère de réussite. Ses ouailles, qui veulent bien chanter et écouter l’harmonium, restent fondamentalement animistes et insensibles au message du Christ. Ils n’acceptent de Georges, outre les soins, que de l’argent, de l’alcool, des cotonnades ou des cadeaux…

Ma critique

« Convertir l’empereur » est son journal humble et touchant, enrichi de quelques lettres à son épouse et à sa famille, l’ensemble compilé par un chercheur de l’université de Belfast. Ce document brut de décoffrage (quelques parties illisibles du manuscrit n’ont pas été transcrites) nous permet de découvrir l’œuvre d’un pionnier qui mériterait d’être aussi connu que le célèbre docteur Schweitzer tant son dévouement et son désir de faire partager sa foi ardente furent grands et admirables. Il multiplia les soins (il recevait une centaine de malades par jour) et les opérations chirurgicales, même les plus délicates, comme des interventions sur les yeux (cataractes, glaucomes, tumeurs, etc.). Il bâtit un dispensaire, une école et des maisons pour ses malades. Quand il se trouva au cœur du conflit, il refusa d’abandonner son poste, prit des risques importants pour lui et pour sa petite famille et tenta d’apaiser les tensions entre les belligérants, sans grand succès d’ailleurs. Les éditions Antipodes ont fait œuvre utile en publiant ce « Journal » à une époque où il est de bon ton de rejeter toute forme de colonialisme et de condamner sans appel toute tentative civilisationnelle d’un peuple sur un autre et même tout esprit philanthropique y afférant. Lire ce texte permet d’abord de découvrir un personnage hors-norme, d’un courage et d’une probité exemplaire et, en prime, de peut-être réviser certaines idées un brin stéréotypées sur la colonisation et la réalité des traditions ancestrales africaines. Une édition de qualité, illustrée de photos d’époque, mais avec un texte en caractères un peu trop petits pour un véritable confort de lecture. Passionnant néanmoins pour qui s’intéresse à l’Histoire de l’Afrique.

Ma note

4/5

HISTORIQUEROMAN

LE ROI DES GUEUX (PAUL FEVAL)

Le résumé du livre

En 1641, Philippe IV, roi d’Espagne, voit son royaume se réduire comme peau de chagrin. Il a déjà perdu le Portugal et laissé une grande partie de la Catalogne à Richelieu, sans vraiment réagir. Le peuple se moque de lui en disant que plus il perd de territoires, plus il est grand. Petit nobliau d’Estramadure le jeune Don Ramire est tombé amoureux d’Isabel, fille du duc de Medina Celi tombé en disgrâce en raison d’une accusation fausse de participation à un complot contre le roi. Depuis quinze ans le duc est enfermé dans une forteresse. Un certain Pedro Gil, âme damnée du favori de Philippe IV, organise son évasion, mais uniquement pour mieux le faire assassiner. Le jeune Don Ramire, n’écoutant que son courage, décide de voler au secours de celui qu’il espère voir un jour devenir son beau-père. Et voilà qu’à la taverne où il déjeune il apprend aussi qu’Isabel est promise à Don Juan Palomas, un grand d’Espagne, bâtard mais bien en cour, et aussi libertin notoire nullement pressé de convoler en justes noces…

Ma critique

« Le roi des gueux » est le premier tome d’un dyptique romanesque historique, moitié cape et épée, moitié romance comme on les aimait à la fin du XIXème siècle. Tous les éléments du roman d’aventures sont présents : un cadre historique intéressant, celui d’une Espagne qui rentre en décadence avec un souverain faible entouré de sorciers arabes et de favoris corrompus, une intrigue pleine de rebondissements avec dans ce premier volet une évasion spectaculaire au suspens à couper le souffle et tous ceux du roman sentimental également avec une histoire d’amour compliquée et contrariée voire impossible, sans oublier les traitrises, les coups fourrés en tous genres et les personnages qui sont tout autres que ce que le lecteur s’imagine. Le tout s’achève au moment où le suspens est à son comble. Don Ramire doit enlever Isabel pour lui éviter le mariage forcé. Il est soutenu par sa mère, mais s’est mis à dos le duc alors que ce dernier lui doit la vie. On a hâte de découvrir la suite et la fin. Encore un magnifique roman qui donne un grand plaisir de lecture autant pour le côté historique que pour les péripéties d’une histoire fort bien racontée.

Ma note

4/5

HUMOURSCIENCE-FICTION

PRIME TIME (JAY MARTEL)

Le résumé du livre

Scénariste sans succès de séries télé, Perry Bunt, après une longue série de bides, s’est recyclé comme animateur d’ateliers d’écriture dans une faculté peu cotée de Californie. Mais il ne passionne guère ses élèves qui se prennent tous pour de futurs génies de la création artistique. Perry est en train de tomber amoureux d’une de ses élèves, la jeune et charmante Amanda Mundo qui garde une attitude réservée et un brin équivoque à son égard. Un jour, Ralph, un clochard de son quartier lui annonce que des entités extra-terrestres se servent des humains comme programme de distraction inter galactique. L’ennui c’est que ces gens commencent à se lasser du spectacle des bassesses humaines et que des autorités lointaines auraient décidé d’en finir une bonne fois pour toutes avec la planète bleue. Une apocalypse qui permettrait de faire remonter l’audimat au prix de plusieurs milliards de victimes. Perry Bunt parviendra-t-il, avec l’aide d’Amanda, à empêcher cette catastrophe ?

Ma critique

« Prime Time » se présente au premier abord comme un roman de science-fiction humoristique. En fait il s’agit plutôt d’une charge amusante contre la société de divertissement, la télé-réalité, pour ne pas dire la télé-poubelle, le voyeurisme et la virtualité omniprésente d’un monde si parfait qu’il en devient d’une uniformité et d’un ennui insupportable. L’intrigue est rondement menée avec son lot de rebondissements et d’épreuves subies par un anti-héros qui finit par emporter l’adhésion du public tant il subit de raclées et de déconvenues dans sa quête pour un monde meilleur. Le lecteur remarquera une troublante mise en abyme (les ET observent les humains et sont observés également par d’autres, etc) et une étrange mise sous surveillance avec des caméras partout même à l’intérieur de fausses mouches présentes partout. On se retrouve dans un univers assez proche du thème « Big Brother is watching you ! », mais en moins oppressant. Plus qu’un pastiche comique, cet ouvrage est une fable ou un conte philosophique plein d’humour léger et intelligent. Le style est agréable et fluide. L’ensemble est très divertissant tout en donnant pas mal à réfléchir sur les dérives de notre monde. Que demander de plus ?

Ma note

4,5/5

AUTOBIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

FORTUNES ET INFORTUNES D’UN EXILE CAMBODGIEN (KIM ANG SRUN)

Le résumé du livre

En 1972, alors que le Cambodge est en pleine guerre civile et que les Khmers rouges sont presque arrivés aux portes de Phnom Penh, le jeune Kim obtient une bourse de l’OMS qui lui permet d’aller poursuivre des études d’ingénieur en génie civil à l’école Mohammadia de Rabat. Pendant qu’il y mène une scolarité un brin chaotique (il doit redoubler à deux reprises), sa famille, un peu aisée donc considérée comme contre-révolutionnaire, est déportée à la campagne pour y subir un destin tragique. Seule une sœur partie avant et deux de ses sept frères parviendront à échapper à la mort. Le bébé de la sœur aînée sera saisi par les pieds par un jeune Khmer rouge qui lui fracassera le crâne contre le tronc d’un arbre. Au Maroc, Kim est devenu apatride. Son passeport périmé ne peut pas être renouvelé. Il ne dispose plus que d’un permis de séjour valable un an. Son diplôme en poche, il trouve un poste de chef de service dans une société d’assainissement des eaux qui l’envoie en mission au Sahara occidental où il se retrouve bien vite enlevé et pris en otage par un groupe de rebelles du Front Polisario. Ne voulant pas avoir de problème avec ce « Chinois », ils se débarrassent de lui dès le lendemain en l’abandonnant en plein désert avec une bouteille d’eau…

Ma critique

« Fortunes et infortunes d’un exilé cambodgien » est une biographie retraçant le parcours atypique et largement semé d’embûches d’un jeune homme cherchant son destin d’abord au Maroc, puis au Nouveau Mexique (USA) et finalement en France. Ses débuts sont difficiles au Maroc où il accumule les ennuis et les déconvenues. Ainsi se retrouve-t-il un temps en prison pour avoir renversé et tué accidentellement un gamin qui s’était jeté sous les roues de sa voiture. Ainsi l’accuse-t-on du viol d’une jeune fille marocaine qu’il n’avait jamais rencontrée. Ainsi un commissaire de police lui propose-t-il de devenir indic pour lui éviter d’autres poursuites. Son niveau d’anglais étant insuffisant pour pouvoir être accepté dans une université américaine, il rejoint en France sa sœur et ses deux frères survivants. Il y trouvera un excellent accueil, passera un DEA et présentera une thèse qui lancera sa carrière d’ingénieur. Il se mariera avec une étudiante en arts plastiques coréenne, aura deux garçons qui feront d’excellentes études et ne reviendra au Cambodge que 40 années plus tard. Un témoignage émouvant, plein d’humilité, de courage et de sincérité. L’exemple même d’une insertion parfaitement réussie. En ces temps de séparatisme exacerbé, il est bien agréable de lire semblable histoire.

Ma note

4/5

HISTORIQUEROMAN

LA QUITTANCE DE MINUIT / TOME 2 (PAUL FEVAL)

Le résumé du livre

Georgina, seconde épouse de Lord Montrath vient d’apprendre la fin tragique de la première, la malheureuse Jessy O’Brien emmurée dans un cul de basse fosse. Elle craint de subir un sort identique. Mary Wood, qui fut la camériste de Jessy, sait tout de cet horrible forfait. Et voilà que très bizarrement, elle est devenue fort riche et qu’elle mène la grande vie en faisant chanter Montrath. Lequel ne sait plus quoi faire pour se débarrasser d’elle alors qu’elle pourchasse le couple dans toutes les villes d’Europe où se déroule leur voyage de noces. De retour en Irlande, Georgina et son amie Frances Roberts, convaincues de l’innocence du vieux Miles Mac Diarmid tentent de décider Montrath à intervenir pour empêcher une terrible erreur judiciaire. En fait, Jessy n’est peut-être pas morte, ce qui signifie que le Lord qui vient juste de se remarier est de fait bigame. Pendant ce temps, les drames se succèdent. Les partisans irlandais inondent une loge orangiste secrète réunie dans un sous-sol de la ville de Galway. Une patrouille anglaise tombe dans une embuscade. Un ponton saboté s’effondre sous le poids des chevaux et la vase se charge de la suite. Un château est brûlé. L’héritière est frappée à mort d’une balle destinée à un autre…

Ma critique

« La quittance de minuit / Tome 2 » représente la suite et la fin d’un roman historique foisonnant et au suspens haletant. Les passions sont de plus en plus exacerbées. Et de tueries en attentats, on atteint au paroxysme, un grand drame final dans les flammes et les fumées toxiques. Les destins sont quasiment tous tragiques, les amours contrariées voire impossibles comme celles de Percy Mortimer le beau militaire anglais et d’Ellen l’héritière de la dynastie irlandaise déchue. Un seul couple en réchappe de justesse, mais au prix de combien de morts et de souffrance. Grandiose, épique, cet ouvrage ne se lit pas, il se dévore, même de nos jours, tant tout est parfaitement observé, soigneusement décrit, superbement raconté et dans une langue magnifique. Les personnages sont attachants autant pour leur côté courageux ou chevaleresque que pour leurs petitesses ou leurs travers. Quand on compare un ouvrage comme celui-ci, pourtant ne faisant pas partie des plus célèbres de l’auteur, avec la production actuelle, sa médiocrité, son manque de souffle et de panache n’en sont que plus tristement visibles.

Ma note

4,5/5

HISTORIQUEROMAN

LA QUITTANCE DE MINUIT / TOME 1 (PAUL FEVAL)

Le résumé du livre

Dans l’Irlande du XIXe siècle, le vieux Miles Mac Diarmid, pauvre mais respecté fermier de la région de Galway, vit dans sa misérable chaumière avec Jessy, sa fille adoptive, un petit valet et ses huit fils. Si lui est pacifiste et fidèle à la ligne de O’Connell, il n’en est pas de même de ses fils qui se sont tous enrôlés dans les rangs des « ribbonmen », ces résistants que l’occupant anglais considère comme des terroristes. Ils viennent d’incendier la ferme d’un middle-man (sorte de collabo de l’époque), Luke Neale, qui a été tué devant sa ferme. Un an plus tard, Miles se retrouve jeté en prison et accusé à tort du meurtre de Neale. De plus, Kate, la fille de Neale est aussi la femme d’Owen, un des fils Mac Diarmid, lesquels ne sont jamais pour rien dans toutes ces affaires. Natty, le cinquième des frères a d’ailleurs été tué par balle devant la ferme de Neale. Dans cette Irlande déchirée entre Orangistes protestants et Papistes catholiques, les passions sont exacerbées et les drames se succèdent. Le major britannique Percy Mortimer tente de garder une ligne médiane pour apaiser les tensions. Il sauve la vie de Morris, le meneur des Mac Diarmid, lequel lui en saura gré, alors que Jessy, fille adoptive de Miles, que Morris considère comme sa fiancée, est enlevée par Lord Georges Montrath. Sur la pression des Irlandais, le landlord anglais accepte d’effacer l’affront en l’épousant, mais ce n’est que pour mieux l’enfermer avant de la tuer…

Ma critique

« La quittance de minuit » est le premier tome d’un diptyque à la fois historique et dramatique. L’auteur nous plonge dans l’ambiance terrible d’une Irlande souffrant sous le joug anglais. La misère est partout présente, la haine de l’occupant également. Tout le peuple, réduit à une famine endémique et sciemment organisée pour l’affaiblir, se régale de quelques pommes de terre et va souvent pieds nus et en haillons. Les nobles irlandais comme le personnage d’Ellen ont été dépouillés de leurs biens au profit de riches Anglais comme Montrath qui disposent de propriétés immenses et pressurent les paysans réduits au statut d’esclaves. Ce personnage est particulièrement odieux, une sorte de Barbe-Bleue moderne. Sa seconde femme craint fort de subir le sort de la précédente. Par opposition, les justes ne manquent pas comme Miles le noble vieillard victime d’une erreur judiciaire qui tient de la machination, ou comme Mortimer qui finit par tomber dans une embuscade des partisans irlandais. Rien ne manque dans ce roman foisonnant et surtout pas les amours contrariés voire impossibles entre Anglais et Irlandais. L’intrigue est particulièrement bien menée, les rebondissements se succèdent. Le lecteur a hâte de dévorer le second tome pour savoir ce que deviennent tous ces destins tragiques. Tout le charme de l’ancien, malgré quelques descriptions un brin trop détaillées. Quel film formidable pourrait être tiré d’un tel ouvrage !

Ma note

4,5/5

HISTORIQUETEMOIGNAGE

EM (KIM THUY)

Le résumé du livre

Au temps de la colonisation, la France ne considérait pas le Vietnam comme une colonie de peuplement, mais plutôt comme une zone d’exploitation économique. Ainsi fit-elle arracher par des milliers de coolies des bambous sur des hectares pour les remplacer par des hévéas venus d’Amazonie pour pouvoir exploiter le caoutchouc. Mai, qui devait infiltrer la plantation d’Alexandre pour la ruiner, finit par tomber amoureuse du Français. Une petite fille sera le fruit de leur union. Ils l’appelleront Tam. Seule survivante de sa famille, elle sera sauvée par sa nourrice qui la cachera dans son village familial. Mais la nourrice sera tuée avec tous les siens par des soldats américains venus casser du Viet. Un pilote américain récupèrera l’enfant et la placera dans un orphelinat de Saïgon. Adulte, elle deviendra prostituée, « cong-haï » pour les GI. Louis est un métis de vietnamienne et de soldat noir, abandonné au pied d’un tamarinier. Une femme muette le recueille. Un cyclo-pousseur lui donne son nom, en souvenir du jazzman Louis Armstrong. À 6 ou 7 ans, il est déjà passé maître dans l’art de pêcher avec un crochet poissons, bagues ou portefeuilles, quand il découvre un bébé abandonné sous le banc sur lequel il dort. Il lui donne le nom de « em Hong », récupère un carton de nouilles pour lui faire un berceau et trouve une femme pour l’allaiter…

Ma critique

Plus qu’un simple témoignage, « em » se présente à la fois comme une série d’histoires vraies, une description de l’ambiance dantesque de la fin de la guerre du Vietnam et le récit d’une immigration réussie. Le lecteur y découvrira entre autres les immolations volontaires de bonzes s’arrosant d’essence avant d’y mettre le feu, l’opération « Babylift » initiée par le président Gérald Ford qui permit d’évacuer plus de 3000 enfants métis de soldats américains et la chute de Saïgon avec son ballet d’hélicoptères bondés d’américains et de vietnamiens évacués pour échapper aux représailles des troupes Viêt-congs investissant la ville. Le livre est également un réquisitoire subtil contre une guerre aussi sale qu’injuste. Une paix mal négociée entraina la division du pays en deux, mettant face à face un nord communiste et un sud capitaliste, deux frères ennemis, deux faces d’une même pièce. L’opération « Ranch Hand » vit les avions américains déverser sur le pays rien moins que 80 millions de litres de défoliants dont le sinistre agent orange. La jungle n’y résista pas, l’humain non plus, qui fut affecté de toutes sortes de maux (cancers, malformations congénitales, etc.). Seul le riz continua à pousser dans les rizières. Précis et élégant, le style de Kim Thuy permet une lecture rapide et agréable (une après-midi). Cet ouvrage passionnant et presque trop court se lit comme un roman que l’on quitte avec regret tellement les personnages sont touchants et tellement la souffrance, le courage et la résilience du petit peuple vietnamien sont émouvants. Magnifique.

Ma note

4,5/5

FANTASTIQUEHUMOUR

L’HOMME AU TORQUE D’OR (SIMON R. GREEN)

Le résumé du livre

Son nom est Bond, Shaman Bond. Mais ce n’est qu’un pseudo. En réalité, il s’appelle Eddie Drood. Sa mission consiste à traquer et combattre monstres horrifiques et autres entités maléfiques. Depuis la nuit des temps, il est de tradition pour son ancestrale famille de protéger l’humanité contre toutes les forces du mal. Et si Edwyn Drood dispose du permis de tuer n’importe quel agent des ténèbres, il n’en abuse jamais. Grâce au torque d’or qui orne son cou, d’une simple formule magique, il peut se retrouver protégé par une armure dorée qui le rend aussi invisible qu’invincible. Les balles rebondissent à sa surface, poignards et épées s’y brisent. Sa première mission consiste à aller régler le cas d’un Président admis à l’hôpital Saint Baphomet, sur Harley Street, à Londres. L’homme est enceint et même sur le point d’accoucher. Il se serait retrouvé dans cet état intéressant suite à une escapade avec des filles de mauvaise vie des bas-fonds de Bangkok. Grâce à des fléchettes remplies d’eau bénite congelée, Drood résout le problème en un tournemain. Et, mission accomplie, le voilà convoqué au manoir des Drood, devant sa grand-mère, la Matriarche. Et là, rien ne va plus…

Ma critique

« L’homme au torque d’or » se présente comme un roman de fantaisie humoristique et parodique. Eddie Drood est une sorte d’agent 007 qui traque des monstres en lieu et place d’espions. Il dispose d’armes bizarroïdes imaginées et réalisées par un de ses oncles. Les allusions au personnage de Ian Fleming sont innombrables (combinaison d’or à la « Goldfinger », par exemple). J’ai également relevé un petit côté « Famille Addams » chez les Droods, finalement plus sombres que l’impression qu’ils veulent donner. L’intrigue est plutôt simple. Elle se résume à une suite de rencontres avec divers monstres plus ou moins tocards, plus ou moins déclassés. La fin a un côté conte philosophique qui n’est pas désagréable. Le style est aussi fluide qu’agréable. L’ensemble donne une expérience de lecture divertissante surtout grâce à l’humour de l’auteur, lequel permet de ne pas trop se soucier du côté jeu vidéo de cette histoire. De la fantaisie amusante, drolatique et parfois frisant un « non-sense » très britannique. À lire au second degré bien sûr.

Ma note

4/5

ESSAIS

LA GUERRE SECRÈTE CONTRE LES PEUPLES (CLAIRE SEVERAC)

Le résumé du livre

Un seul pour cent de la population mondiale possède autant que les 99% restants. De 2008 à 2010, en France, alors que les 10% les plus pauvres de la population ont perdu 179 millions d’euros, les plus riches ont accru leur fortune de la bagatelle de 24 milliards d’euros. Si toute guerre, toute crise sanitaire, toute révolution enrichit les riches et ruine les autres, pourquoi ne pas créer de toute pièce un problème pour ensuite proposer une solution miracle (pour eux !). Si 20% de la population mondiale suffit à faire tourner la machine économique avec l’introduction massive de robots, d’informatique et d’IA, il va leur falloir se débarrasser des 80% restants qui ne sont que des bouches inutiles, forcément responsables du fameux réchauffement climatique anthropique. Les épandages à haute altitude de nuages de particules d’aluminium, de baryum et autres, censés lutter contre ce phénomène, représentent un très grave danger pour l’humanité. (pollution de l’air, de l’eau, et de la terre, ingestion de nano particules pouvant endommager le cerveau et causer la stérilité, sans parler de toutes sortes de maladies comme celle des horribles « morgellons ») C’est la raison pour laquelle les pouvoirs publics nient leur existence et hurlent au conspirationnisme quand on ose évoquer les « chemtrails », ces trainées en quadrillage et autres formes géométriques bizarres qui strient nos ciels par beau temps. Et combien d’autres moyens tout aussi vicieux, tout aussi secrets ne sont-ils pas employés dans cette guerre qui ne dit pas son nom ?

Ma critique

« La guerre secrète contre les peuples » est un essai parfaitement documenté sur des faits sciemment négligés voire rejetés par nos médias tous dans la main de cette caste omnipotente. Le lecteur ne trouvera que des faits avérés, difficilement contestables et patiemment compilés par Claire Séverac qui, sans doute, paya de sa vie son honnêteté et son intégrité. Ce livre est une somme et même un ouvrage de référence sur ce sujet sensible. Et les derniers développements de cette course folle et mortifère vers ce « nouvel ordre mondial », comme ils l’appellent pour ne pas dire « dictature globale », ne font que confirmer ses dires. C’est un réquisitoire en règle. Tout y passe depuis le programme « HAARP » qui consiste à bombarder l’ionosphère d’ondes à très hautes fréquences pour déclencher artificiellement tempêtes, tremblements de terre, voire tsunamis, jusqu’aux OGM en passant par les nanotechnologies, la bio-ingénierie, le transhumanisme, sans oublier toutes les arnaques comme le prétexte climatique ou sanitaire avec les campagnes de vaccination de Bill Gates dans le Tiers-Monde cause de stérilité des femmes ou de maladies bien plus graves ni celle des bio-carburants. 100 millions de tonnes de céréales utilisées pour les fabriquer pouvant permettre de nourrir environ 700 millions de personnes en Inde ou en Afrique. Un ouvrage à ne pas rater si on veut vraiment prendre conscience de la réalité du monde dans lequel nous vivons et ne pas avoir honte quand nos enfants ou nos petits enfants nous demanderons des comptes dans quelques années.

Ma note

4,5/5

EROTISMEROMANCE

LIAISONS PÉRILLEUSES AU COSTA RICA (ENA FITZBEL)

Le résumé du livre

La jeune et jolie Diane Fouché, rédactrice en chef du magazine féminin à succès « Belle pour la vie » est sur le point de partir pour une semaine de reportage dans la forêt vierge du Costa Rica. Elle doit être accompagnée par Fred, son photographe attitré et aidé par un certain Marc Charleroi, guide patenté dans la région et ancien des forces spéciales canadiennes qui se révèle très vite comme un individu aussi fruste que peu galant. Et voilà que la veille du départ, Fred se retrouve hospitalisé de toute urgence en raison d’une péritonite aigüe. Diane devra donc assurer seule son expédition avec le beau Tarzan qui ne la laisse pas indifférente. Même si elle repousse toutes ses premières tentatives de rapprochement, la suite des aventures pourrait être bien différente…

Ma critique

« Liaisons périlleuses au Costa Rica » est un cours roman érotico-sentimental, en fait le premier épisode d’une saga prévue pour rendre accro les lectrices. Ce format « novella » permet de démultiplier les séquences tout en maximisant les profits des éditeurs. Le risque c’est que le premier mini-tome ne serve que de test ou de mise en bouche, tel un teaser de cinéma. Et là, mis à part le style fluide mais quelconque de la narratrice, on ne trouvera ni originalité, ni trouvaille particulière, ni rebondissements, ni fin surprenante. Tout est controuvé, rabâché déjà cent ou mille fois dans ce genre littéraire, à la limite de l’ennuyeux. Les scènes sont racontées deux fois du point de vue des deux protagonistes, ce qui permet de délayer l’historiette tout en tirant à la ligne. Quant à la problématique est simpliste. C’est « Tu veux ou tu veux pas ? » voire « Tu couches ou tu couches pas ? » et rien de plus. Pas la peine de spolier la fin, on la connait dès la première page ! Il y a un public dont je ne fais pas partie pour ce genre de niaiserie romantique…

Ma note

2,5/5

HORREURSCIENCE-FICTION

LE GOÛT DE L’IMMORTALITÉ (CATHERINE DUFOUR)

Le résumé du livre

En Chine, en l’an de grâce 2213, au 42e étage d’une des tours gigantesques de la ville de Ha Rebin, se cache un ancien entomologiste appelé c-matic. Dans une longue lettre adressé à un vieil homme, une jeune handicapée, victime d’une intoxication au plomb, raconte sa vie et celle de quelques autres personnages. Elle-même souffre de graves lésions de la peau, d’une certaine forme de rachitisme et d’une vision en noir et blanc. Seule une potion infecte procurée par une voisine plus ou moins sorcière et trafiquante de chair humaine lui permet de se maintenir en vie. La narratrice ne survit que grâce à une indemnité de misère. Sa propre mère a dû se prostituer pour leur permettre de suivre. C-matic avait été envoyé avec son assistant shi en Polynésie française pour enquêter sur une étrange épidémie provoquée par un moustique manipulé. À cet étage de l’immeuble, chacun survit difficilement, mais dans les profondeurs des sous-sols, dans le monde des refugee, c’est bien pire. Cela ressemble même au dernier cercle de l’Enfer de Dante !

Ma critique

« Le goût de l’immortalité » est un roman d’anticipation dystopique très noir et même très gore par moment. La description du monde des refugee est d’une monstruosité glaçante et à fortement déconseiller aux âmes sensibles. On y viole, on y tue, on y torture et on y trafique de la chair humaine sous la férule d’une entité totalement diabolique ! Si le style de Catherine Dufour frôle l’excellence, il comporte néanmoins quelques caractéristiques qui n’aident pas à la compréhension et au plaisir du lecteur. Pas de majuscules aux noms propres (coquetterie inutile à mon sens) et surtout une accumulation de concepts et de techniques définis par un nom fabriqué de toute pièce sans la moindre définition. Du point de vue de l’intrigue, le lecteur a l’impression d’avoir affaire à deux nouvelles accolées, n’ayant que peu de rapport l’une avec l’autre. Si on y ajoute un parti pris de noirceur et de pessimisme à couper au couteau, on comprendra que le lecteur ait eu énormément plus de plaisir à lire l’autre Catherine Dufour, l’auteure de « Blanche-Neige et les lance-missiles », notre Pratchett ou Gaiman française.

Ma note

3,5/5

ESSAIS

LA MAFIA JUIVE (HERVE RYSSEN)

Le résumé du livre

Lorsqu’on évoque la Mafia en général, c’est d’abord à la sicilienne que l’on pense en premier lieu car c’est celle qui fut longtemps la plus médiatisée, celle qui donna lieu au plus grand nombre de films de cinéma (Scarface, le Parrain, etc.) Puis, au début des années 90, après l’effondrement de l’Union soviétique, on nous parla aussi régulièrement de « mafia russe », de « mafia albanaise » ou de « mafia tchétchène ». La « mafia juive », elle, n’existe pratiquement pas. Les médias n’en parlent que très rarement, tout juste quand d’énormes scandales ne peuvent plus être complètement cachés au grand public. C’est un sujet tabou. Dans les films hollywoodiens, la plupart des grands chefs mafieux d’origine juive sont remplacés par des Latinos, des Siciliens, voire de méchants Aryens blonds aux yeux bleus. Et pourtant, cette mafia existe bel et bien. C’est même la plus puissante et la plus dangereuse du monde. Que de crimes et de délits n’a-t-elle pas commis au fil des siècles : trafics en tous genres (drogues, armes, œuvres d’art et même organes humains), proxénétisme, traite des blanches, traite des esclaves (aussi bien noirs que blancs), vols à main armée, rackets, enlèvements, escroqueries en tous genres…

Ma critique

« La Mafia juive » se présente comme un essai sur un sujet épineux. Un travail de compilation énorme, regroupant des centaines d’affaires depuis le tout début de l’autre siècle jusqu’aux années 90 avec les affaires du Sentier, le scandale de l’ARC, les gros trafiquants comme Monsieur Michel et Monsieur Joseph et les escrocs de haute volée comme Claude Lipsky et Samuel Flatto-Sharon. Le lecteur ne trouvera ni grandes envolées ni grandes théories, mais des faits avérés, rien que des faits avec références en note de bas de pages. L’auteur s’appuie entre autres sur le travail du journaliste français Jacques Derogy (« Israël Connection ») et sur celui de l’américain Rich Cohen (« Yddish Connection »). Il cite également nombre d’auteurs juifs comme Edgar Morin, Jacques Attali ou Bernard-Henry Lévy. Au bout du compte, cette interminable succession de crimes, délits et méfaits en tous genres amène une lecture un brin fastidieuse. Tant de turpitudes et de cruauté (on y découvrira certaines méthodes de meurtre et de torture particulièrement odieuses) finit d’ailleurs par causer un véritable écœurement chez le lecteur même endurci. Une somme passionnante pour qui veut s’informer sur un sujet toujours traité avec une trop grande discrétion.

Ma note

4/5

HISTORIQUEROMANCE

LE JARDINIER DU FORT (CORINE VALADE)

Le résumé du livre

1995 : Julien, vieil homme malade et fatigué, raconte ses souvenirs de la seconde guerre mondiale à Isabelle, étudiante et auxiliaire de vie à ses heures.

1939 – 1945 : L’occupation dans la Creuse. Les trois fils de Sidonie et Camille Larbre, agriculteurs et petits commerçants, la vivent dans la douleur. Le fils aîné, Victor, a opté pour la collaboration au point de devenir une sorte de fanatique quasi nazi. L’un des jumeaux, Alexandre s’est lancé à corps perdu dans la Résistance. L’autre, Julien, apprenti coiffeur un tantinet efféminé, reste un peu sur la touche dans un premier temps. Un camp d’internement spécial qui se met en place non loin de chez eux, à Evaux-les-Bains, dans le Grand Hôtel de la station thermale, est prévu pour accueillir des prisonniers de marque que le régime de Vichy garde comme monnaie d’échange avec les Allemands. Julien, qui va y rencontrer Roger Stéphane, homosexuel atypique et future grande figure de la Résistance, en verra sa vie bouleversée…

Ma critique

Tout comme les précédents ouvrages de Corine Valade, celui-ci relève de plusieurs registres. C’est à la fois un roman historique, un roman de terroir et un roman sentimental. Le terroir a un peu la portion congrue au profit de l’historique et du sentimental. Le lecteur découvrira dans cet ouvrage des faits historiques assez peu connus comme l’importance des Polonais dans la création des maquis creusois, comme cette petite Juive, Hannah Lévy, cachée par une grand-mère creusoise dans une sorte de placard masqué par une fausse cloison, et comme ces femmes enrôlées dans un STO qui n’aurait pas du tout été réservé aux hommes. Très bien menée, l’intrigue fait alterner les époques, tout en distillant peu à peu toutes sortes de réalités sur l’identité et l’origine des personnages. Ce n’est qu’à la toute fin que l’on découvre une vérité pas forcément évidente. Seconde guerre mondiale, Shoah, camps de concentration, Epuration, viols, homosexualité masculine et féminine, Gay Pride, quête de l’identité, amours contrariés, paternité cachée, amnésie… les thèmes de réflexion sont nombreux et bien dans l’air du temps. Avec cet ouvrage passionnant, on coche toutes les cases. Bien écrit, ce livre se lâche difficilement tant les rebondissements sont nombreux et l’intérêt toujours parfaitement maintenu. Au total, des découvertes, de la réflexion et du divertissement, que demander de plus ?

Ma note

4/5

AVENTURESHISTORIQUE

JEAN DIABLE / TOME 2 (PAUL FEVAL)

Le résumé du livre

À Londres, le petit Ned plein de malice, ex-clerc de notaire et nouvelle âme damnée de Jean Diable, et sa compagne la plantureuse blonde Molly assistent à une parodie de procès, spectacle très appréciés par le petit peuple des bas-fonds massé dans la taverne borgne de la veuve Jenny Paddock. Ned Knob y est venu recruter une brochette de faux témoins qui doivent accabler Richard Thompson accusé à tort du meurtre de l’actrice Constance Bartolozzi. Depuis la démission de Gregory Temple, c’est Sir Paulus Mac Allan qui a repris toute l’affaire en dépit du bon sens. Pendant ce temps, en France, le comte Henri de Belcamp est arrêté et incarcéré pour deux meurtres commis en même temps, l’un à Lyon, l’autre à Bruxelles. Quand il apprend ce qui risque de se passer en Angleterre, son sang ne fait qu’un tour. Il lui faut à tout prix sauver la vie du pauvre Thompson. Mais comment y parvenir quand on se retrouve emprisonné à la prison de Versailles. Mais pour ce diable d’homme, rien n’est impossible…

Ma critique

« Jean Diable / Tome 2 » est le second et dernier volet de ce gros roman feuilleton qui navigue cette fois plus nettement sur les rivages du roman historique et d’aventures que sur ceux du policier et du thriller. En effet, plus de nouveaux crimes dans ce tome. On nage plutôt dans le rocambolesque totalement assumé. Les péripéties se succèdent toujours à un rythme échevelé. Le comte Henri, dont on ne sait qu’en toute fin la véritable identité, galope de France en Angleterre et inversement, entre et sort de prison comme d’un moulin, est accusé de tous les crimes, puis blanchi, puis à nouveau incriminé. Avec ses six identités présumées, avec tous les personnages qu’Henri peut incarner, Féval se fait un malin plaisir d’égarer son lecteur du début à la fin. Il y rajoute des sociétés secrètes visant à délivrer l’Irlande du joug anglais et des francs-juges allemands impliqués dans l’assassinat du général O’Brien, celui qui marqua le début de la longue série. Sans oublier une conspiration visant à libérer Napoléon de son exil à Sainte-Hélène. Heureusement, une fin en demi-teinte, pleine de valeurs chevaleresques et de bons sentiments permet au lecteur de se remettre de toutes ses émotions. Ne craignez pas de lire ou de relire Paul Féval, même aujourd’hui, cela reste un régal. Les grands auteurs sont éternels !

Ma note

4,5/5

HISTORIQUEPOLICIERTHRILLER

JEAN DIABLE (PAUL FEVAL)

Le résumé du livre

À Londres, Grégory Temple, enquêteur de Scotland Yard est désespéré. En dépit de l’aide de James Davy, son adjoint, et de celle de Richard Thompson, son élève, il ne parvient toujours pas à confondre Jean Diable qu’il pourchasse pourtant depuis des années. Une comédienne célèbre, Constance Bartalozzi vient d’être assassinée d’une assez étrange manière, par simple compression d’un point précis au niveau de la gorge. Un crime qu’il attribue à Jean Diable. Après avoir interrogé la femme de chambre de la victime, Temple, n’étant pas plus avancé, décide d’envoyer sa démission. Quelque temps plus tard, apparait du côté de L’Isle-Adam, Henry de Belcamp, fils d’un hobereau installé depuis peu dans un château de la région. Ce fringant jeune homme marque son arrivée de manière particulièrement chevaleresque. Il sauve une jeune fille dont l’attelage s’est emballé. De l’autre côté du Channel, deux brasseurs anglais, qui ont eu un franc succès dans leurs affaires respectives, l’un à Lyon, l’autre à Bruxelles, fêtent leurs retrouvailles dans une taverne à huitres. Le plus amusant et le plus surprenant pour eux c’est que la belle Constance leur avait promis à tous deux le mariage…

Ma critique

« Jean Diable » est le premier tome d’un roman fleuve qui en comporte deux. Il est assez difficile de classer ce pavé de 549 pages paru sous forme de feuilleton au départ. C’est à la fois un roman d’aventures, un roman historique, un roman policier et, selon les experts littéraires, l’un des tout premiers thrillers modernes. En effet, les cadavres s’accumulent dans cette sombre affaire et on connait l’identité du serial-killer. En plus de la comédienne, on a droit aux deux brasseurs, puis aux assassins des brasseurs. On retrouve aussi tous les codes du roman-feuilleton classique avec ses chapitres relativement cours et bien fournis en rebondissements. L’ambiance générale est assez proche de celle des « Mystères de Paris » ou des « Mystères de Londres ». Paul Féval semble prendre un malin plaisir à embrouiller son lecteur avec des personnages hauts en couleurs mais qui disposent de plusieurs identités, changent d’aspect ou de milieu social comme de chemise et à le perdre dans un dédale de pistes qui finissent bien autrement qu’il pourrait s’y attendre. En dépit de quelques descriptions qui peuvent sembler un peu longuettes aux lecteurs pressés que nous sommes, c’est un vrai régal que de lire une œuvre d’aussi grande qualité, à plus d’un siècle et demi de distance. Quelle chance avaient les lecteurs de journaux de l’époque (1862) de pouvoir profiter chaque jour de plumes aussi déliées que celles de Féval, Zévaco, Sue ou Dumas !

Ma note

4,5/5

FANTASTIQUEHUMOUR

BLANCHE NEIGE ET LES LANCE-MISSILES (CATHERINE DUFOUR)

Le résumé du livre

Les Uckler forment une peuplade un peu bizarre. Gais, industrieux et généreux, ils n’ont qu’un seul défaut. Quand ils rencontrent un étranger, un vrai, ils le zigouillent. Ils récoltent également des saucissons sur des arbres appelés saucisonniers et s’en servent pour fabriquer une bière tout à fait infecte. Mais, comme ils n’en connaissent pas d’autre, ils la trouvent délicieuse. Et voilà qu’Aïe, un des leurs, parti depuis longtemps, revient un beau jour parmi eux juché sur un gragon pour leur dire qu’il a fait fortune et qu’il les a toujours détestés cordialement. Depuis ce jour, rien ne va plus chez les Uckler. Une mycose parasitique appelée pioupiase fait des ravages dans leur forêt de saucissonniers. La bière devient imbuvable même pour eux. Et l’ambiance si joyeuse d’ordinaire vire au lugubre. Alors la tribu décide d’envoyer l’un des siens, Tute, chercher de par le vaste monde de nouvelles graines de saucissonnier…

Ma critique

« Blanche-Neige et les lance-missiles » est un charmant roman de fantaisie parodique qui regroupe en un seul volume deux ouvrages publiés séparément au départ, « Les grands alcooliques divins » et « L’ivresse des providers ». Pour le même prix, le lecteur a donc droit à deux histoires se passant d’ailleurs à deux époques différentes (avant et après un Grand Cataclysme Cotonneux) et même à des bonus dans le tiers final avec « Le feu dans les modules de drivers » entre autres. On comprendra que nous sommes dans la narration foutraque, barrée, avec pour seul souci le plaisir et l’amusement du lecteur. Lequel se retrouve avec un tas de personnages de contes aussi connus que Peau d’Âne, la Belle au bois dormant, Cendrillon, le Petit Chaperon rouge ou la Fée Carabosse, complètement revisités et en nettement délurés. Dans la seconde partie, il retrouvera d’autres fées qui ont tout de péripatéticiennes, un Evariste Galois et surtout un Bill Guette encore plus diabolique que l’original. Sans oublier une Blanche-Neige devenue une terrible impératrice suite à une erreur de distribution de pomme empoisonnée. Cet ouvrage s’est vu décerner un Prix Merlin tout à fait mérité. Catherine Dufour dispose d’un style assez inimitable. Un véritable régal de lecture tant les allusions littéraires ou autres, les blagues, les jeux de mots et autres contrepèteries sont nombreux. Que l’on ne cherche plus une émule du regretté Pratchett ou du génial Gayman, nous l’avons et elle est française ! Ne ratez pas cette « Blanche-Neige » qui saura vous amuser, vous distraire et vous faire rire, toujours avec intelligence, élégance et finesse.

Ma note

4,5/5

ESSAISHISTORIQUE

LES ROTHSCHILD (JEAN PERON)

Le résumé du livre

Les Rothschild, dont le nom équivaut aujourd’hui à celui de Crésus autrefois, sont depuis la fin du XVIIIè siècle les plus grands financiers de l’Europe et même du monde. L’histoire de cette célèbre famille débute à Francfort sur le Main dans le quartier juif où les portes des maisons ne portaient pas de numéros, mais de simples écussons. Le leur étant rouge leur apporta le nom de « Rotes Schild », leur vrai nom étant Eichanan. Ils tenaient une simple quincaillerie qui pratiquait un peu de change de monnaie. À la mort de ses parents, Meyer Amshel hérite du petit bien de ses parents. Il n’a que douze ans, mais travaille déjà comme changeur pour son père. Il commence par proposer des pièces de collection au prince Frédéric de Hanovre, grand numismate, qui le met bientôt en rapport avec certains de ses pairs. En 1769, il se fait nommer « agent de cour de Hesse-Hanau » (fournisseur officiel). En 1770, à l’âge de 25 ans, il épouse une voisine juive de 17 ans avec laquelle il aura cinq garçons et six filles. Il commence une fructueuse carrière d’intermédiaire entre la Hesse et l’Angleterre pour le financement de milliers de soldats hessois que les Anglais utilisent pour réprimer la révolte américaine. Il s’achète une magnifique demeure comportant plusieurs coffre-forts et passages secrets. En 1790, sa fortune est estimée à 3000 florins. En 1795, elle passe à 15 000 florins et en 1800 à 1 million. Il envoie ensuite ses trois premiers fils fonder des succursales pour sa jeune banque d’affaires dans les principales places financières d’Europe. Ainsi Nathan part pour Londres avec un capital de 20 000 livres Sterling. Puis en 1811, c’est le tour de James de rejoindre Paris…

Ma critique

« Les Rothschild » est un ouvrage historique fort intéressant retraçant la fantastique épopée d’une famille juive qui parvint à bâtir un véritable empire financier grâce aux emprunts, à l’utilisation systématique de « billets à ordre » (invention des Templiers), à la spéculation à la corruption des intermédiaires et surtout à l’appui des plus grands de ce monde. (Cour d’Autriche et d’Angleterre principalement). Le lecteur découvrira l’importance du rôle de certains personnages comme Metternich, Fouché, Cavour et Disraëli dans cette ascension ainsi que les problèmes que rencontrèrent tous ceux qui tentèrent de s’y opposer comme Bismarck, Napoléon III et surtout le Tsar. En finançant toutes les guerres et la plupart du temps des deux côtés, les Rothschild s’enrichirent énormément. Ils prirent entre autres le contrôle des Chemins de fer du Nord, monopolisèrent la distribution du tabac et firent perdre à la France la propriété du Canal de Suez au profit de la Grande-Bretagne. Cette étude historique un peu aride s’arrêtant au tout début du XXe siècle, on reste sur sa faim pour la période de la 1ere guerre mondiale et de la révolution russe. Il est seulement noté leur fuite du territoire français pendant la seconde guerre mondiale. Livre intéressant pour les amateurs d’Histoire, malgré un style littéraire assez lourd et assez peu fluide.

Ma note

4/5

THEATRE

DENTS MIROIR / SABLE (NICK GILL)

Le résumé du livre

James Jones, 43 ans, vendeur d’armes sans envergure, rentre chez lui après une journée de travail ponctuée d’une partie de squash, de sushis au déjeuner, de flirt coquin avec la réceptionniste l’après-midi et d’un tour au pub le soir, histoire d’écluser une bière avec les copains. Il retrouve Jean 39 ans, femme au foyer et ses deux enfants, John, 20 ans, étudiant sérieux mais un brin pédant et Jenny, 18 ans, lycéenne frustrée sexuellement. John fréquente Jean Smith, 18 ans. Jenny est la petite amie de Kwesi Abalo, 20 ans, qui refuse de coucher avant le mariage pour des raisons religieuses… Une narratrice évoque la découverte de l’arme nucléaire, la fabrication des bombes atomiques et leur explosion sur les villes d’Hiroshima et Nagasaki. Elle se déplace dans le temps et l’espace pour évoquer la prolifération de cette arme (Corée du Nord, Iran, etc.), évoque une explosion rasant la ville de Newcastle et termine son récit dans un désert de sable vitrifié…

Ma critique

« Dents Miroir / Sable » est un recueil présentant deux pièces de théâtre de l’auteur britannique Nick Gill en version bilingue avec pages en face à face. Une forme plus théâtrale avec personnages et dialogues pour la première. Un très long monologue sans ordre chronologique pour la seconde. « Sable » se présente en effet comme une logorrhée tournant au pensum pour le lecteur. Des dizaines de pages sans le moindre signe de ponctuation, d’autres avec des alignements verticaux de « Un ». Un réquisitoire déjanté sur un thème qui aurait mérité mieux. Quant à « Dents Miroir », dans un registre plus intimiste, le bilan n’est guère meilleur. Cette famille anglaise est tellement caricaturale dans ses propos et ses attitudes qu’on n’y croit pas. Tout reste artificiel, plat, banal, sans la moindre originalité. Comme autant de perles, l’auteur enfile les clichés, les poncifs et les invraisemblances. La mère de famille est d’un racisme si outrancier qu’il en devient aussi idiot que ridicule. On cherche en vain la moindre trace d’humour anglais, la plus petite bribe de « nonsense ». Même l’étrange ou le fantastique du quotidien font défaut. N’est pas Beckett qui veut. Et pour ne rien arranger, une traduction trop souvent approximative. On se demande pourquoi l’université de Toulouse a cru judicieux de publier des œuvrettes d’aussi faible qualité.

Ma note

2/5

ESSAIS

LE TRAVAIL ET L’USURE (EZRA POUND)

Le résumé du livre

À la mort de Lincoln, le véritable pouvoir passa des mains du gouvernement officiel des Etats-Unis à celles des banquiers. Le système démocratique commença à périr. Depuis, il est dérisoire de parler de ce pays comme d’une puissance véritablement autonome. La fortune de Morgan débuta lors de la guerre de Sécession quand il acheta à crédit au ministère de la guerre à Washington un lot de fusils déclassés qu’il vendit à un commandant texan lequel les paya avant même que Morgan fut obligé de rembourser le ministère. Morgan en tira 75 000 dollars de bénéfice net ! En 1694, dès sa fondation, la Banque d’Angleterre se mit à pratiquer l’usure sur de l’argent créé à partir de rien. Un des Rothschild disait lui-même : « Il y en a peu qui comprendront ce système et ceux qui le comprendront seront occupés à en jouir. Le public ? Comprendra-t-il jamais que ce système est contraire à ses intérêts ? »

Ma critique

« Le travail et l’usure » se présente comme un essai en trois parties écrit en 1944 dans un but didactique et pédagogique. Pound veut montrer au lecteur les coulisses de l’économie. Il dénonce les dangers de l’usure, les intérêts d’une dette qui finit par ne plus être remboursable au fil des ans. Bien avant Sylvain Laforest (« Guerres et mensonges »), il démontre que ce sont les ploutocrates qui suscitent les guerres en série avec l’intention de créer toujours plus d’endettement et donc de s’enrichir toujours plus. L’intérêt de cette œuvre brève et aisée à lire et à comprendre, réside dans l’énoncé d’une possible solution par l’interdiction de l’usure (écrite en toutes lettres dans toutes les grandes religions et mise en place pendant un temps en Allemagne) et le remplacement de l’argent classique par une monnaie « franche » ou « fondante », c’est-à-dire dépréciable à intervalle régulier, concept prôné par Silvio Gesell (1862-1930), réformiste allemand, proudhonien, théoricien de l’économie, admiré par Keynes et parfois repris de nos jours pour certaines monnaies locales. Que se passerait-il si nos billets avaient une durée de vie limitée par exemple à 100 mois ? L’argent circulerait plus et mieux. « Le peuple aurait une plus saine idée des valeurs. Il n’adorerait plus l’argent et ne serait plus aux ordres des banquiers. » L’économie ne risquerait plus l’inflation, la déflation, les krachs boursiers, et les guerres deviendraient beaucoup plus rares. Rien que pour ce concept, le livre mérite d’être lu !

Ma note

4/5

FANTASTIQUEROMAN

LA COMPAGNIE DES FÉES (GARRY KILWORTH)

Le résumé du livre

Au fil des ans, la forêt de Sherwood s’est réduite comme peau de chagrin. Ses arbres poussent de plus en plus mal. Les hommes ne la respectent plus, ils y déposent toutes sortes de détritus. Elfes et fées qui y séjournaient depuis la nuit des temps s’y sentent de plus en plus mal à l’aise au point de commencer à craindre de perdre peu à peu leurs pouvoirs magiques. Le roi des elfes Oberon et la reine des fées Titania pensent qu’il est grand temps de quitter les lieux pour aller s’installer dans la Nouvelle forêt, réputée plus touffue, plus vaste, plus tranquille et moins polluée. Mais comment faire pour s’y rendre ? Sid, un jeune garagiste qui leur tient lieu de serviteur, leur a déniché un vieil autocar. Titania, à qui Sid a appris à conduire, devra prendre le volant. Elfes et fées ne seront pas autorisés à emmener leurs animaux de compagnie. Mais c’est sans compter avec Morgan-le-Fay, la sorcière, qui va tout faire pour perturber leur migration…

Ma critique

« La compagnie des fées » est un charmant roman de fantaisie avec tous les ingrédients habituels de la féerie anglaise, elfes, nains, sorcière, géants, gnomes, chimères, etc. L’auteur a pris son inspiration chez Shakespeare, dans le « Songe d’une nuit d’été ». Les allusions à l’œuvre en question sont fort nombreuses. Le lecteur relèvera un certain humour british, surtout dans le début de l’histoire avec des personnages pleins de défauts (menteurs, tricheurs, autoritaires) et plus humains que les humains eux-mêmes. Bien évidemment il pourra lire cette histoire, fort bien écrite dans un style fluide et agréable, comme une fable sur les nuisances du monde moderne ou comme un conte philosophique. Il notera également une ambiance plutôt poétique avec des titres de chapitres très floraux comme : « Le coquelicot se referme » ou « La picride commune s’ouvre » et quelques descriptions d’arbres, champignons, insectes. À recommander aux amateurs du genre.

Ma note

4/5

ESSAIS

COMPLOT MONDIAL CONTRE LA SANTÉ (CLAIRE SEVERAC)

Le résumé du livre

Force est de constater qu’épidémies mondiales, scandales sanitaires, alimentaires, économiques, OGM, malbouffe, médicaments et vaccins dangereux, pollutions en tous genres, rien n’aura été épargné à l’homme du XXIe siècle qui se retrouve le plus mal nourri des êtres humains depuis toujours et le plus gros consommateur de poisons. Des scandales à répétition se succèdent sans discontinuer. Comment pouvons-nous penser qu’ils ne sont que le fruit du hasard ou de la malchance ? En réalité, derrière chacun d’eux, on retrouve toujours les mêmes. Ceux qui manipulent l’opinion grâce à leur mainmise sur les médias, les scientifiques et les politiques. Ils ont monopolisé toutes les ressources mondiales et jusqu’à la chaine alimentaire en brevetant tout ce qui vit. Ils ont la haute main sur notre santé du début à la fin, car ils créent les conditions de nos maladies quand ce ne sont pas nos maladies elles-mêmes pour nous vendre toujours plus de médicaments. Ils ont amassé ainsi des fortunes colossales qui leur permettent de corrompre n’importe qui…

Ma critique

« Complot contre la santé », bien qu’écrit il y a une bonne dizaine d’années, reste un ouvrage de référence. En menant une enquête fouillée (des dizaines de pages de notes en fin d’ouvrage), Claire Séverac, qui a sans doute payé de sa vie sa curiosité et son honnêteté, démonte tous les volets de ce complot contre notre santé. Big Pharma, Big Tech et Big Money sont assignés au banc des accusés. La liste des chefs d’accusation est longue comme un jour sans pain. Les scandales sont dévoilés un à un. De celui du vaccin contre l’hépatite B, qui d’ailleurs fait maintenant partie des 11 vaccins obligatoires pour les enfants de moins de trois ans, à celui du Gardasil (papillonavirus) en passant par la grippe porcine, aviaire, H1N1, les mesures imbéciles d’une certaine Roselyne Bachelot, ancienne employée des labos, les agissements étranges d’un certain Fauci et d’un prévisionniste alarmiste nommé Neil Ferguson (déjà eux, toujours eux !), la main mise sur notre santé par le biais de la médecine ne date pas d’hier. Cette enquête permet d’ailleurs un éclairage fort intéressant sur ce que nous vivons actuellement, conséquence logique de tout ce qui est dénoncé. Le rôle de l’OMS, des « think tanks », du CFR, de Bilderberg, de la Trilatérale, les expériences de guerre bactériologique des laboratoires P4 français, américains, chinois, le travail de sape des fondations avec leurs ONG financées par des milliardaires qui veulent passer pour des philanthropes tout en échappant au fisc est exposé. Tout est passé en revue : médicaments, vaccins, pesticides, engrais chimiques, pollutions, pandémies, famines et dépopulation. Un seul exemple : en 2008 déjà, le CFR avait lancé un programme appelé « Gouvernance mondiale au XXIè siècle » où il était précisé que 20% de la population mondiale suffisait amplement pour maintenir de façon optimale toute l’économie de la planète et que les 80% restant étaient superflus. De là à songer à s’en débarrasser par tous les moyens, il n’y avait qu’un pas. Un réquisitoire précis, implacable, essentiel pour qui ne veut pas mourir idiot. Et qui se lit comme un roman policier, tant est incroyable (mais vrai) ce que lecteur y découvre.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

LA VIE AU CŒUR DE LA FORÊT (PETER WOHLLEBEN)

Le résumé du livre

Une forêt représente un biotope beaucoup plus riche et mystérieux que le promeneur, le joggeur ou le randonneur lambda ne l’imagine. La faune et la flore y sont riches et variées même si le milieu est le plus souvent un espace de culture comme un autre, la forêt primaire ayant pratiquement disparu en Europe. Pour nous le faire découvrir, Peter Wohlleben a sélectionné 250 espèces emblématiques et moins connues qu’il nous présente sous forme de fiches tenant sur une page. On apprend une foule de choses comme la lutte des arbres pour la lumière. Ainsi les chênes qui poussent parmi les hêtres sont pris en étau par ces derniers. Les racines des hêtres s’insinuent sous celles des chênes, leurs feuilles plus larges leur font de l’ombre et finissent par les recouvrir gênant la photosynthèse. Dans sa peur de mourir, le chêne développe des « pousses de peur » sur son tronc pour essayer de capter un peu de luminosité latéralement. En fait, il aggrave son cas et précipite sa fin par manque de lumière et de nourriture…

Ma critique

« La vie au cœur de la forêt » est un petit guide de très jolie facture. Beau papier glacé, édition de qualité et format adapté. On lui trouvera facilement une place dans une poche de parka ou de sac à dos. Chaque arbre, plante, insecte, oiseau ou animal est étudié sur une page illustrée par une grande photo (ou deux petites) en occupant la moitié. Ce guide peut être très utile pour le naturaliste débutant, mais semblera certainement insuffisant dès lors que l’on va s’intéresser à un domaine particulier. Ainsi, ne trouvera-t-on que 10 fiches pour les champignons dont quatre sur les bolets. Un peu juste si l’on part en cueillette ! Sinon, cet ouvrage didactique et fort agréable répond à de nombreuses questions que se posent les amoureux de la nature, genre le gui est-il néfaste ou utile aux arbres ? Comment les tiques transmettent-elles la borréliose ? Est-il exact qu’une petite dose de Belladone provoque des hallucinations, une plus forte un comportement dément et que l’ingestion de dix baies peut provoquer la mort ? Petit ouvrage à conseiller à titre d’initiation.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

L’ÉVOLUTION, LA RÉVOLUTION ET L’IDÉAL ANARCHIQUE (ELISEE RECLUS)

Le résumé du livre

L’évolution et la révolution sont deux aspects d’une même réalité historique et politique. L’une précède généralement l’autre. Ce sont les deux faces successives d’un même phénomène, toujours en alternance sur la voie de l’histoire de l’humanité. Toutes deux sont indispensables l’une à l’autre. Il faut qu’une idée germe avant qu’elle s’inscrive dans la réalité. La révolution n’étant que la conséquence logique de l’évolution. Cependant toutes les révolutions ne sont pas nécessairement un progrès, de même que toutes les évolutions ne sont pas toujours orientées vers la justice. Il y a des évolutions qui ne sont que des marches vers la décadence et des révolutions qui apportent le malheur et la mort. Les capitalistes établissent de puissants monopoles qui rétablissent sous une forme nouvelle l’esclavage d’autrefois en certainement pire car plus insidieux et plus totalitaire. Et l’ironie de tout cela c’est de voir des captifs qui brisent leurs chaînes pour mieux s’en charger de nouvelles…

Ma critique

Ce texte est la retranscription d’un long discours prononcé en 1902 à Genève par Reclus, ensuite publié dans de nombreuses langues et resté depuis dans les annales. L’analyse de la situation économique et politique, une trentaine d’années après l’évènement majeur que fut la Commune de Paris pour l’auteur, est d’une précision, d’une qualité et d’une intelligence remarquable. La critique du capitalisme qui monopolise les moyens de productions et spolie le travailleur du fruit de son travail est peu discutable. Avec le recul du temps, le lecteur remarquera même que notre réalité est pire que la sienne, les oligarques milliardaires étant en passe de faire main basse sur la totalité de l’économie mondiale. Sur ce point, Reclus le visionnaire a fait erreur. L’internationalisme dont il rêvait n’est toujours pas celui des travailleurs, mais celui des banquiers ! On ne s’étendra pas non plus sur son anticléricalisme assumé. Ni Dieu, ni maître : si l’Eglise a perdu tout pouvoir, les « maîtres » n’ont jamais été aussi puissants. Très intéressante demeure cette utopie idéaliste et généreuse qu’aurait pu être l’anarchisme s’il n’avait été discrédité par les actes terroristes qui se produisirent peu après. Texte encore intéressant de nos jours du point de vue historique (pour la description de certains aspects de la Commune de Paris à laquelle Reclus participa activement), politique (tous les principes doctrinaux du véritable idéal anarchique y sont développés) économique (condamnation sans appel du malthusianisme) et également comme point de comparaison avec notre époque.

Ma note

4/5

ESSAIS

ÉLOGE DE LA FORCE (LAURENT OBERTONE)

Le résumé du livre

L’homme moderne est-il vraiment libre ? Ne serait-il pas plus esclave que le serf du Moyen-Âge ne l’était ? Prenons-nous la télé et les médias en général comme des sources d’information honnêtes et objectives ou au contraire pour de formidables machines de propagande au service de Big Brother ? « Tout ce que l’État sait faire, c’est dépenser, promettre et parler. Créer des commissions et des numéros verts », nous dit Obertone. Et pour que « civilisé » ne rime pas avec « désarmé, domestiqué et conditionné », il nous propose dix lois : connaître notre faiblesse, détrôner notre peur, déclarer notre indépendance, reprendre le pouvoir, nous enraciner dans la vie, connaître l’ennemi, vaincre le silence, être stratège, occuper le terrain et imposer nos lois.

Ma critique

« Éloge de la force » se présente comme un pamphlet en forme de coup de gueule particulièrement punchy, mais pas forcément aussi efficace que l’auteur l’a sans nul doute espéré. Le fond est difficilement discutable. Le tableau esquissé de nos faiblesses, de la puissance de la pensée unique, de la tyrannie qui s’installe et de l’avenir sombre qui nous attend est d’une cruelle vérité. Mais à cette excellente analyse qui n’étonne pas car venant d’un essayiste de la trempe d’Obertone qui a déjà fait ses preuves avec « La France Big Brother », « La France interdite » et « La France Orange mécanique », l’auteur a voulu proposer des solutions. Son évangile du dissident, ses dix commandements du prophète anti-mondialiste sont une sorte d’ordonnance alignant dix remèdes de cheval. L’ennui, c’est qu’on reste dans le vague, le flou et assez peu dans le concret. Obertone se maintient presque toujours sur le plan théorique, philosophique et moral et pas suffisamment à mon goût sur celui du pragmatisme politique. Il manque une véritable définition de « Big Brother ». Ce ne serait pas le conglomérat de ploutocrates mondialistes du genre Soros, Gates, Schwab, Rockfeller et autres Rothschild, mais nous-mêmes, les gens de rien, les sans-dents qui, par notre passivité et même notre complaisance leur donnerions tout ce pouvoir. Ce tableau très noir et très pessimiste de notre monde peut être contre-productif pour certains, car il peut induire culpabilisation et démobilisation, un comble pour un « éloge » de la force. De plus, l’emploi systématique du tutoiement et le ton accusateur et même virulent de ce texte peut en agacer un certain nombre. Il n’en demeure pas moins que cet opus a le rare mérite de dépeindre avec honnêteté une réalité qui dérange. Il ne peut donc que donner à réfléchir et c’est déjà énorme à notre époque de mensonge triomphant.

Ma note

4/5

FANTASTIQUENOUVELLESSCIENCE-FICTION

CES CHERS VIEUX MONSTRES (HOWARD WALDROP)

Le résumé du livre

Employé par la Machine, un jeune Juif abat d’un coup de révolver un colonel de cosaques aux abords d’un village polonais en 1881. Puis il repart en 1348, en pleine peste noire, pour empoisonner un puits en y jetant le cadavre d’un cheval… Hudson, un savant fou, tente de transformer un homme en gorille que Tulez, son assistant, s’amuse à asticoter à l’aide d’un aiguillon électrique… Quelques lutteurs japonais s’affrontent dans un tournoi de sumo. L’un d’eux use d’un subterfuge imparable : il exhibe un hamburger au nez de son adversaire végétarien… Pour les neptunistes, la Terre n’était au début qu’un très vaste océan. Pour les vulcanistes, seuls les volcans ont façonné la Terre. De leur rencontre résulte un congrès des plus mouvementés… Des insectes géants et toutes sortes de monstres venus de l’espace ont envahi notre planète… Deux groupes d’apprentis rockers, les Kool Tones et Bobby & the Bombers doivent s’affronter. Le sort prévu pour les perdants sera plutôt désagréable… Un pharaon, recréé par manipulation génétique, repart dans le passé parachever un mystérieux événement qui s’est produit 5000 ans plus tôt… Une femme participe à un concours d’engins agricoles un peu particulier… Trois robots, Don, Dink et Mik, inspirés de Donald, Dingo et Mickey, partent à la recherche des derniers humains…

Ma critique

« Ces chers vieux monstres » est un recueil regroupant 10 nouvelles de science-fiction et de fantastique assez divertissantes mais pas particulièrement originales. Publiées en 1990 chez nous, elles ont été écrites dans les années 70 à 80. Elles portent toutes la marque de l’époque. Chacune est présentée dans son contexte, c’est-à-dire souvent des œuvres pour petites revues éphémères et dans quel esprit elle a été écrite. Waldrop ne cache pas qu’il s’est largement inspiré des films d’horreur des années 50/60 avec leurs monstres grand-guignolesques et leurs décors de carton pâte, mais aussi des musiques de l’époque et tout particulièrement du doo-wop, un rock uniquement vocal, sans oublier un détournement des personnages de Walt Disney ou un détour dans l’histoire de l’Egypte ancienne. On aura compris qu’il fait feu de tout bois, ce qui donne un ensemble assez disparate et même de qualité inégale. En quatrième de couverture, on parle d’un âge d’or de la science-fiction. Si c’est le cas, le moins qu’on puisse dire c’est que l’or a mal vieilli, qu’il s’est même plutôt terni.

Ma note

3/5

SCIENTIFIQUETHRILLER

HUMAN GENOME (CORENTIN MACQUERON)

Le résumé du livre

À Moscou, deux cadavres sont retrouvés gelés dans la Moskova. L’un d’eux est complètement nu, l’autre fort esquinté. S’agissait-il d’une rixe qui avait mal fini ou d’autre chose ? Abigail Lockart, jeune journaliste américaine au journal « Moskow Times » cherche à établir le lien qui pourrait exister entre cet étrange fait divers et Nathan Craig, président-directeur-général de Futura Genetics, entreprise spécialisée dans le séquençage du génome humain. Une secte, « les fils de Dieu », s’intéresse également aux recherches de cette société. Elle envoie un des siens pour y récupérer d’important documents. Mais celui-ci ne parvient pas à mener à bien sa mission. Il se fait violemment agresser par un individu sorti de nulle part, lequel le pourchasse dans les rues enneigées de Moscou. Une terrible course poursuite qui s’achève dans les eaux glacées du fleuve. Le lendemain matin, Nathan Craig est informé de la disparition d’un certain 101…

Ma critique

Ainsi débute « Human Genome », roman relevant du genre thriller scientifique avec nettement plus de scientifique que de thriller. Et pourtant les cadavres ne manquent pas. Ce serait plutôt l’intrigue des plus simplettes qui laisserait à désirer. Aucune originalité et une fin controuvée dans cette histoire de monstres de Frankenstein 2.0. Le lecteur a droit à des mères porteuses mourant d’éclampsie foudroyante, à une bataille grand-guignolesque avec trois clones en furie bricolés à partir du génome du Christ, rien de moins. Et pour finir une grande boucherie finale avec des Néandertaliens aussi velus qu’approximatifs. Le style étant assez agréable à lire, l’ensemble aurait pu être acceptable si l’auteur ne s’était autorisé d’interminables développements en forme de cours magistraux sur la biologie, anthropologie, l’histoire de la révolution et, pire que tout, les théories antagonistes du créationnisme et de l’évolutionnisme. Il faut savoir doser. Autant un peu de savoir, intelligemment saupoudré au fil d’un récit, peut être utile et même souhaitable, autant pareils pavés indigestes plombent définitivement l’intérêt. Le bouquin finit d’ailleurs par tomber des mains du lecteur le plus patient et les 374 pages lui semblent en compter le double !

Ma note

3/5

BIOGRAPHIES

PHILIPPE DE LYON, MÉDECIN, THAUMATURGE ET CONSEILLER DU TSAR (RENEE-PAULE GUILLOT)

Le résumé du livre

Né le 25 avril 1849 dans un village de Savoie, Nizier Anthelme Philippe, fils de paysans, y séjourne jusqu’à l’âge de 14 ans. Particulièrement intelligent et déjà doté d’un étrange pouvoir de guérison dès 13 ans, il part à pied étudier à Lyon où il sera hébergé par son oncle boucher qui le charge également de livrer ses clients à domicile. Très vite, il se met à soigner gratuitement les habitants de son quartier, les canuts lyonnais. À 17 ans, il ramène à la vie un enfant que les médecins avaient déclaré mort. En 1870, alors qu’il doit être mobilisé et partir pour la guerre, ce qui désole tous ses patients, un accident l’amène à être réformé. De 1874 à 1875, il commence à suivre des cours de médecine. Mais, comme il continue à multiplier les guérisons les plus impossibles et les plus incroyables car obtenues par la seule force de la prière, les malades sont de plus en plus nombreux à vouloir le consulter et les médecins de plus en plus hostiles à son égard, au point de l’empêcher de poursuivre ses études. En 1877, il épouse Jeanne-Julie Landar, riche héritière qu’il a soignée et dont la fortune va lui permettre de poursuivre sa mission sans jamais devoir se faire payer…

Ma critique

« Philippe de Lyon » est la biographie d’un personnage vraiment hors norme, un thaumaturge d’une absolue humilité, n’usant d’aucune médicament, d’aucune potion. Posant un diagnostic au premier regard. Capable de deviner toutes les souffrances d’un être sans que celui-ci n’en ai rien dit. Ne soignant que par la prière. Obtenant des guérisons immédiates, sans la moindre convalescence. Et ne réclamant d’autre paiement qu’une simple promesse de rejet de la médisance et de la calomnie de la part du malade. Son voyage en Russie à l’appel du Tsar qu’il conseilla bien avant Raspoutine (sans que le monarque ne suivit aucune de ses recommandations) et de la tsarine à qui il prédit la venue du tsarévitch est particulièrement éclairante sur certains aspects occultes de l’effondrement de la dynastie Romanov. Ouvrage passionnant, parfaitement écrit et documenté, qui se lit comme un roman sur un thaumaturge assez peu connu aujourd’hui alors qu’il fut admiré en son temps et qu’il eut de fidèles disciples comme Gérard Encausse (Papus), Lalande et surtout Jean Chapas qui hérita des dons du maître.

Ma note

4,5/5

FANTASTIQUEHUMOUR

L’ANNIHILATRICE A COUETTES (GUILHEM)

Le résumé du livre

Quelque part sur la mer, le jeune Lupin se réveille, flottant très loin des côtes. Et c’est sous lla forme d’une truite-garou qu’il est repêché par un vieil homme nommé Le Pêcheur. Lupin était le chevalier à la canne à pêche de l’épisode précédent. Il était redevenu simple apprenti boulanger de 16 ans. Alors que l’Archange s’apprête à partir à l’assaut d’Asia, mollement défendue par le Stratomancien, Sélène, petite rouquine de 12 ans, pleure la disparition de son ami Lupin. Et voilà que Pierre, la pierre qui parle, lui ordonne de quitter au plus vite son refuge. Sans oublier d’emporter la canne à pêche magique de Lupin, elle se met en route avec ses compagnons, la gorgone Sthéna, l’ours Nandi, Geungshi, Anorin et At-Coum, pour aller à la rencontre du Grand Monolithe.

Ma critique

« L’annihilatrice à couettes » se présente comme le deuxième tome d’une saga de fantaisie humoristique fort agréable à lire. Un style vivant, agréable. Une intrigue fort bien menée, pleine de rebondissements. Le tout dans une ambiance délirante avec des personnages totalement improbables comme ces pierres qui parlent et qui craignent pour leur vie, un Grand Monolithe pas plus gros qu’un grain de sable et un Dieu, lecteur compulsif, qui, ayant toujours peur de déranger les gens, est d’un tel laisser-aller qu’il désespère son premier ministre. Ceci pour n’en présenter que quelques-uns et éviter de spoiler. Une ambiance rabelaisienne, un brin picaresque et joyeusement paillarde. Un des personnages use même d’un langage carrément ordurier tout à fait réjouissant. Le lecteur a l’impression que l’auteur a pris beaucoup de plaisir à écrire cette histoire déjantée. Et c’est contagieux ! Il se permet tout, même d’utiliser des termes un brin désuets voire exotiques comme « conneau », « niaiseux » et quelques autres. À noter une bataille finale un brin longuette, très proche de l’univers BD. Frustration : la fin reste ouverte. Donc, il va falloir attendre avec impatience le tome suivant : « Le retour du revenant ».

Ma note

4,5/5

ESSAIS

COVID 19, LA GRANDE REINITIALISATION (KLAUS SCHWAB & THIERRY MALLERET)

Le résumé du livre

Avec la crise du Covid 19, des milliers d’entreprises vont disparaître, des millions d’emplois seront détruits (rien qu’aux Etats-Unis, 36 millions). Les confinements et autres mesures sanitaires vont se succéder. Les gens espèrent que tout reviendra comme avant. Erreur, jamais cela ne se produira. Il y aura un avant Corona et un après Corona. Cette pandémie que Schwab compare à la peste noire, à la grippe espagnole et aux épidémies de choléra pourrait durer jusqu’en 2022. Quelles pourraient en être les conséquences : un recul partiel de la mondialisation des échanges, une exaspération des tensions entre la Chine et les USA, une accélération de l’automatisation généralisée, une activation phénoménale de la planche à billets, une surveillance accrue des citoyens, un effondrement des pays en développement, des conflits sociaux, des famines, des vagues de suicides, une reprise difficile des économies occidentales avec des secteurs entiers complètement ravagés comme le tourisme, la restauration, l’hôtellerie, les transports aériens, le monde du spectacle et du divertissement et, abomination de la désolation, une montée en flèche des nationalismes.

Ma critique

« Covid 19, la grande réinitialisation » est un essai plus économique que géopolitique sur la situation du monde au mois de juin 2020. L’auteur le présente lui-même comme « un hybride entre essai contemporain et instantané d’un moment crucial de l’Histoire ». L’intérêt de cet ouvrage aurait dû être de tenter de présenter ce à quoi le monde post-pandémie pourrait et surtout devrait ressembler. Car, pour lui, la solution idéale existe, c’est bien entendu le gouvernement mondial, le renforcement des instances internationales comme l’ONU, l’OMS, le FMI dont chacun a pu apprécier l’efficacité. L’ennui, c’est qu’avec Schwab, on ne va jamais au fond des choses, on reste dans le flou, dans l’eau tiède, dans le narratif trompeur des médias. Si vous voulez en savoir un peu plus que ce qu’on vous raconte sur BFMTV, vous allez en être pour vos frais. Avec en prime, une palanquée d’erreurs et d’approximations en tous genres. Quelques exemples : pour Schwab confinement égale quarantaine, donc une mesure pratiquée à toutes les époques, au bémol près qu’on a toujours mis à l’écart les malades ou supposés tel et jamais les bien portants ! Pour lui, aucune différence entre mondialisation et mondialisme, alors que le premier terme ramène à une réalité économique et le second à une idéologie. Pour lui, c’est le virus et surtout le comportement psychotique du peuple qui aurait induit l’effondrement de l’économie et non les décisions politiques de confinements, couvre-feux et autres mesures restrictives de liberté. Du point de vue géopolitique, le bouquin est encore plus faible. C’est à peine si Schwab, tout occupé qu’il est à son plaidoyer pro domo (il est quand même le fondateur du Forum Economique Mondial et par la même un des grands inspirateurs de tout ce bazar), admet du bout des lèvres, qu’une gouvernance mondiale accompagnée d’un fichage et traçage des gens ne sera pas très compatible avec la démocratie et le maintien des libertés fondamentales. Il en conclut d’ailleurs que c’est la fin annoncée du libéralisme et que l’humanité, si elle suit ses bons conseils, se mettra en route vers un avenir radieux, alors qu’il est parfaitement clair que cette idéologie mortifère n’est un sinistre hybride formé du pire du communisme (perte de toutes les libertés, contrôle social à la chinoise) allié au pire du nazisme. (euthanasie, eugénisme et transhumanisme). Non le mondialisme n’est pas un humanisme et les mondialistes ne sont pas les bisounours qu’ils font semblant d’être.

Ma note

2/5

TEMOIGNAGEvoyages

COMPOSTELLE, LE POUVOIR DU CHEMIN (FABIEN JUMELLE)

Le résumé du livre

À l’âge de trente-six ans, Fabien Jumelle décide d’opérer un radical changement dans sa vie. Il ne s’épanouit plus dans son travail. Il déteste la région où il vit et, bien qu’il soit devenu père d’un bébé d’un mois, il sent que son couple est en train de partir à vau-l’eau. Alors, il décide de se mettre au départ du chemin de Saint Jacques de Compostelle qu’il compte parcourir en totale autonomie, c’est-à-dire en campant ou bivouaquant le soir. Cela entraine un poids important de son sac à dos, d’où une fatigue supplémentaire. Et comme si cela ne suffisait pas, ce grand sportif ne se contentera pas des étapes classiques du Camino Frances. Il avalera ses 40 à 50 km par jour et plus de 100 sur son ultime tronçon avant l’arrivée à Saint Jacques. Il poursuivra même jusqu’à Lisbonne via Fatima.

Ma critique

Bien plus qu’un simple récit ou compte-rendu de voyage, « Compostelle, le pouvoir du chemin » est un témoignage de vie avec quelques hauts (de magnifiques victoires en course à pied longue distance) et beaucoup de bas (une enfance plus que bousculée, des erreurs de jeunesse et des amours difficiles voire contrariées). Avec une remarquable et admirable franchise, Fabien ne cache rien de ses joies et de ses peines à ses lecteurs qui se sentent immédiatement en empathie avec lui. Il alterne descriptions des étapes du chemin des étoiles avec celles de tranches de sa vie d’avant. Son histoire illustre parfaitement le pouvoir du chemin (tout l’inverse d’un chemin de pouvoir), celui de transformer complètement un homme, de faire d’un individu lambda une belle personne. « Le touriste exige. Le pèlerin remercie », dit le proverbe. Le chemin est en effet une voie d’humilité, de compréhension, d’entraide et de joie. Cet ouvrage est illustré de nombre d’adages et de maximes, ce qui lui donne un petit ton sentencieux. Pour moi, un des meilleurs et des plus touchants textes sur le pèlerinage. Seul léger reproche, la présence de trop nombreuses coquilles qui auraient dû être corrigées avant diffusion.

Ma note

4,5/5

FANTASTIQUEHUMOURSCIENCE-FICTION

LE CHEVALIER A LA CANNE A PÊCHE (GUILHEM)

Le résumé du livre

Âgée de 11 ans, la petite Sélène est hébergée dans une maisonnette d’une seule et unique pièce qui sert également de four à pain au boulanger du village de Prin. Elle y pratique l’élevage d’escargots surtout pour améliorer son ordinaire. Si les femmes de la petite communauté se montrent aussi généreuses avec elle, c’est qu’elles espèrent que Sélène sera bientôt capable de prendre le relais dans leur pénible tâche de procréation. À Aleth, capitale de la principauté de Coriosolite, le teignome Coum, gros gnome grincheux et fort mal embouché, désire reprendre une partie de carte interrompue par le chant hypnotisant d’une elfe…

Ma critique

« Le chevalier à la canne à pêche » est un roman de fantaisie plutôt déjantée dans la lignée des bouquins du regretté Terry Pratchett (auquel ce livre est d’ailleurs dédié), mais aussi et encore plus de ceux de Neil Gaiman avec un petit côté Lewis Carroll, voire Monty Python. Autant dire de belles références pour un texte très réussi, plein d’humour et d’originalité. Quelle imagination ! Une suite de situations improbables ou farfelues, une galerie de personnages relevant de la plus haute fantaisie, voire de la chimère comme Anorin, le revenant qui prend toutes sortes d’aspects à intervalles réguliers. Ainsi peut-il se transformer en dragon ou en oiseau de feu tout en déclamant des alexandrins. Sans parler de Prof, l’ours-nandi, du gnome teigneux, de Sthéna, la chimère capable de pétrifier ses ennemis ou de Geungshi, personnage dont il ne reste plus qu’un crâne et qu’une dent, mais qui vit et parle encore ! Une mention spéciale pour Sélène, seule humaine de cette histoire, gamine attachante, amoureuse d’un inconnu et disposant de super-pouvoirs. L’intrigue, tout aussi improbable, regorge de combats, batailles rangées et péripéties de toutes sortes qui font beaucoup penser à une BD ou à un jeu video. Le style de l’auteur est fluide, agréable et efficace. Pour peu qu’on l’on ne soit pas trop cartésien, on passe un très bon moment de divertissement à découvrir cet univers de folie douce, finalement aussi poétique qu’humoristique qui pourrait d’ailleurs être aisément adapté au cinéma avec pas mal d’effets spéciaux bien sûr.

Ma note

4,5/5

HUMOURSCIENCE-FICTION

LA DIMENSION DES MIRACLES (ROBERT SHECKLEY)

Le résumé du livre

Simple terrien du XXème siècle, Carmody reçoit un jour la visite d’un étrange envoyé spécial qui lui annonce qu’il est l’heureux gagnant d’un grand Sweepstake Galactique. Mais pour recevoir son prix, il doit aller le chercher lui-même au Centre Galactique sur une lointaine planète. Le voyage sera gratuit et instantané. L’ennui, c’est que le retour sur Terre n’est pas prévu dans la prestation. Il s’avère que le fameux prix, d’abord disputé par un alter ego venu de nulle part, un certain Karmod quasi sosie de Carmody, peut prendre toutes sortes d’apparences comme celles d’un serpent, d’une marmite ou d’une flute à bec ! Quant aux tribulations de planètes en planètes et de dimensions en dimensions, elles ne vont pas manquer. Dur, dur de ne pas se souvenir des coordonnées exactes de la planète dont vous provenez…

Ma critique

« La dimension des miracles » se présente comme un roman de science-fiction humoristique. Le ton est léger, l’intrigue amusante bien que sans grande épaisseur. On sent que l’auteur a lâché les rênes de son imagination et s’est laissé aller à une fantaisie des plus délirantes. Carmody croise la route de personnages aussi improbables qu’un dieu égocentrique et un tantinet paranoïaque, un qu’architecte aménageur de planètes perfectionniste ou qu’un dinosaure intelligent et amical. Vers la fin du récit, Shekley dérive vers une philosophie aussi dingue que parodique, ce qui lui permet au détour d’un paragraphe de fustiger la société de consommation, la gestion de nos déchets ou l’épuisement de nos ressources. Au total, un petit bijou d’intelligence qui donne à réfléchir tout en divertissant. Que demander de mieux ?

Ma note

4,5/5

ROMANROMANCE

LES NUITS VIDES (OLIVIER DIRAISON-SEYLOR)

Le résumé du livre

À Toulon, Louise Breuil-Barret se languit de l’absence de son mari, officier de la Marine Nationale parti pour des mois en mission à Obock, en Afrique. Elle est mère d’un jeune enfant qui comble un peu le manque. Sinon, elle passe le plus clair de son temps à organiser avec quelques autres épouses de marins une vente de charité annuelle qui sera couronnée par un petit spectacle de patronage mis en scène par un certain André Veulis. Ces dames trompent leur solitude comme elles peuvent. Ainsi Charlotte Nelluire, la sœur de Louise se fait surprendre en train d’embrasser à bouche que veux-tu la jeune et belle Ymonas. À Villefranche, tout le groupe participe au bal blanc organisé sur le pont du « Foudroyant ». Peu après, Veulis parvient à obtenir de Marthe Lancey ce qu’elle lui avait toujours refusé. Il fait d’elle sa maîtresse pour une nuit…

Ma critique

« Les nuits vides » est un roman social paru en 1902. Cet ouvrage n’a pas laissé un grand souvenir au Panthéon littéraire et ce n’est pas sans raison. L’auteur a voulu dépeindre le microcosme des femmes de marins au tout début de l’autre siècle. Beaucoup restaient fidèles à des hommes qui ne l’étaient pas, vu qu’ils partaient au loin pour de longs mois. Quelques-unes prenaient des amants ou amantes. L’ennui c’est que le style a énormément vieilli. Que le narratif plein de descriptions ennuyeuses est lent et souvent inintéressant. Les personnages sont peu attachants, tous trop dans les apparences et la superficialité. On voit bien que l’auteur s’est essayé à une certaine forme de « naturalisme », mais sans grand résultat. N’est pas Zola qui veut, même en 1902 ! On peut laisser cette œuvrette là où elle était, c’est-à-dire dans les oubliettes de la littérature !

Ma note

2,5/5

DARK-FANTASYSCIENCE-FICTION

CUGEL, L’ASTUCIEUX (JACK VANCE)

Le résumé du livre

Les affaires de Cugel n’étant guère florissantes, le voilà qui tente de cambrioler Iucounu, le Magicien Rieur, riche collectionneur de gris-gris et sortilèges en tous genres. Mais il se fait surprendre en pleine action. Pour compenser l’offense, il pourrait lui être infligé le sortilège de l’Enkystement lointain :être enfermé à seize pieds sous terre. Mais comme cette sanction ne permettrait pas de compenser le dommage causé, le Magicien préfère finalement lui demander de lui rapporter du pays de Cutz la seconde lentille magique qui lui manque pour vraiment jouir de la vision du Monde Supérieur. Et pour être bien certain que Cugel accomplira sa mission, il lui adjoint Firx, petit créature maléfique qui s’insinue dans ses viscères. Iucounu lui suspend au cou une tablette qui peut rendre comestible n’importe quelle matière et qui carillonne en présence du moindre poison. Il est enfin enfermé dans une cage qu’un diable volant emmène au loin et largue dans un désert…

Ma critique

« Cugel l’astucieux » est un roman de fantaisie pure, classé un peu à tort dans le registre de la science-fiction amusante. L’intrigue est originale et même parfois surprenante. L’auteur n’y va pas avec le dos de la cuillère au niveau magie, sortilèges, monstres et sorciers en tous genres. Au fil de l’histoire, les tribulations se multiplient pour le pauvre Cugel pour lequel on finit par éprouver de l’empathie alors que ce n’est qu’une fripouille sans grande envergure. Vers la fin, on ressent quand même un certain essoufflement avec l’épisode des pèlerins et ses développements pseudo métaphysiques trop facilement parodiques de la mystique chrétienne. Au total, un ouvrage distrayant, un style fluide, très agréable à lire, mais quand même assez loin du niveau du « Cycle de Tschaï », meilleur ouvrage de l’auteur à mon sens.

Ma note

4/5

FANTASTIQUENOUVELLESSCIENCE-FICTION

CELLULOMAN (FRANÇOIS EMILE)

Le résumé du livre

Doter un homme de la force de l’éléphant, de la rapidité de la gazelle, de la résistance du rhinocéros, de la vue perçante de l’aigle, de l’ouïe du chat, de la capacité pulmonaire du dauphin et du radar de la chauve-souris, tel est l’objectif du Docteur David Bloub pour son cobaye Jean Forêt… Le professeur Baltus navigue au large de La Rochelle quand son bateau est littéralement happé par un engin sorti de la mer. Avec trois autres savants kidnappés comme lui, ils doivent mettre au point un véhicule blindé ultra perfectionné… L’Intelligence artificielle d’un prototype du Professeur Baltus est contaminée par un virus, ce qui permet à des gangsters de s’emparer de l’engin et de s’en servir pour un cambriolage… Au quartier général de l’armée américaine, un général annonce à son état-major qu’un contact vient d’être établi avec un extra-terrestre. Un OVNI se pose à la base de Scott AirForce. Son pilote fait une requête un peu bizarre… Le professeur Baltus met au point un androïde et un chien robot doté du cerveau de son propre chien, mort par sa faute… Le professeur Beckmann découvre un produit cicatrisant à base de propolis…

Ma critique

« Celluloman » est un recueil de sept nouvelles de fantastique et d’anticipation ne manquant pas d’un certain charme. L’ennui, c’est que, partant d’une idée intéressante (homme amélioré, cyborgs, morts-vivants télécommandés, etc.), l’auteur n’en tire pas grand-chose de vraiment original et ne trouve pas le moyen de faire atterrir son intrigue sur une fin surprenante. Le manque de style et de qualité littéraire particulière peuvent un peu gâcher le plaisir de la lecture. Beaucoup trop d’erreurs en tous genres, de coquilles et d’approximations lexicales ou grammaticales. Une fixation sur le militaire et des descriptions de personnages toujours centrées sur la couleur des yeux et des cheveux. Un ouvrage qui, s’il avait bénéficié d’une véritable relecture, aurait pu parvenir à un véritable professionnalisme.

Ma note

2,5/5

ESSAIS

PROPAGANDA (EDWARD BERNAYS)

Le résumé du livre

Comment manipuler l’opinion publique en démocratie ? Comment faire accepter un produit, une idée, un homme politique ? Comment fabriquer ce fameux « consentement » ? La propagande exista de tout temps. Au départ, elle eut même l’acceptation positive de « propagation de la foi » pour le Vatican, avant d’en arriver à sa signification péjorative actuelle. Bernays sut en son temps transformer la réclame simplette se contentant de décrire les qualités d’un produit en publicité incitative et même en manipulation absolue. Ainsi parvint-on à faire fumer la cigarette aux femmes américaines en se servant des suffragettes comme idiotes utiles, le tout pour le plus grand profit des multinationales du tabac. Ainsi transforma-t-on les Américains pacifistes et isolationnistes en bellicistes interventionnistes en quelques mois quand Wilson voulut engager son pays dans la première guerre mondiale.

Ma critique

« Propaganda » est un essai de sociologie, un guide pratique des méthodes de propagande de l’époque et même un plaidoyer « pro domo » de l’auteur. Ecrit en 1928, par le neveu de Freud, il expose sans détour les principes de base de la manipulation mentale des masses. Il insiste bien sur la nécessité d’une connaissance fine des tendances, besoins et intérêts du public et sur les manières détournées de capter son attention. Si les bases du procédé sont exactes, précises et toujours opérantes, il n’en demeure pas moins que ce texte commence un peu à dater. Nul mention des images subliminales, du battage télévisuel ou de l’influence d’internet et des réseaux sociaux pour la collecte des données et pour cause. Le lecteur mesurera à cette lecture quel fut le chemin parcouru dans ce domaine. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est aussi énorme qu’inquiétant. La propagande est omniprésente aujourd’hui. Personne ne peut y échapper. Et ceux qui en tiennent les leviers obtiennent une réelle influence sur l’opinion. Ils dirigent et de manière beaucoup plus absolue que LouisXIV ou le petit père Staline eux-mêmes. La démocratie, ou ce qui en tient lieu, implique cette nouvelle forme de gouvernement, discrète, invisible et d’une efficacité redoutable. Big Brother pense pour vous. Et n’ayez crainte, il ne veut que votre bonheur…

Ma note

4/5

NOUVELLESSCIENCE-FICTION

ENVAHISSEURS ! (ANDREW WEINER)

Le résumé du livre

Un homme voit de petits hommes verts envahir son appartement. Ils passent par un trou dans le plafond de sa salle de bains, sorte de faille spatio-temporelle. L’ennui, c’est qu’il est bien le seul à les voir… Dans une petite station balnéaire endormie, apparaît Marianne, très jolie femme qui propose un spectacle musical sur fond de chant de baleines et de sifflements de radiotélescopes. Elle diffuse des hologrammes de cerveaux humains. Une de ses conquêtes craint qu’elle ne lui ait volé son âme… Herschel Freeman bénéficie d’une chance insolente jusqu’au jour où les Vleeps, extraterrestres menacés, font appel à ses services… Kay, détective privé, est chargé par un certain Victor Lazare de retrouver Walter Hertz, directeur disparu du service des enregistrements de la ville… Un groupe de musiciens venus de la planète Zoom tentent de faire revivre le bon vieux rock n’roll des années 60…

Ma critique

« Envahisseurs » est un recueil de nouvelles de science-fiction entre rêve et humour. Les cinq sont de belle facture, bien écrites et amusantes. Ce n’est pas à se plier de rire ni à se taper les cuisses, mais quand même on peut y trouver un certain ton décalé qui permet de naviguer agréablement sur les rives de la parodie et de la dérision. La première, « Envahisseurs », est sans conteste la meilleure surtout pour sa chute surprenante et fort bien trouvée. Très originale, la dernière, avec ses extraterrestres plus tacherons de la musique que véritables innovateurs pose le problème de la création artistique. Un auteur à suivre…

Ma note

4/5

ESSAISHISTORIQUE

LES PIRES ENNEMIS DE NOS PEUPLES (JEAN BOYER)

Le résumé du livre

On croit généralement que les révolutions se produisent quand le peuple longtemps brimé se soulève soudainement. En réalité, il n’y aurait rien de vraiment spontané dans ces évènements mais tout un travail effectué en secret toujours par les mêmes. Ainsi la révolution bolchevique russe serait le fait de révolutionnaires pour la plupart d’origine juive. L’auteur l’étend même à Lénine et à Staline, ce qui semble assez peu établi historiquement. Il s’attache également à la révolution française (avec la personnalité particulière de Robespierre), mais aussi à la guerre d’Espagne, et aux révolutions portugaises et mexicaines…

Ma critique

« Les pires ennemis de nos peuples) est un essai historico-politique assez court (97 pages), un peu trop systématique dans les accusations, lesquelles auraient nécessité d’être plus soigneusement étayées par des faits concrets et des preuves bien établies. L’auteur reste trop dans le flou déclaratif ce qui donne à son texte une allure partiale et insuffisamment documentée historiquement. Seules exceptions, les paragraphes consacrés au Duc d’Orléans, Philippe-Egalité (chef du Grand-Orient de l’époque, trahi par ses propres troupes. Louis XVI et Marie-Antoinette ayant eux-mêmes été intronisés…), au prince Maximilien de Habsbourg embarqué dans la calamiteuse expédition mexicaine (franc-maçon affrontant Juarez, autre franc-maçon), à Simon Bolivar et au Général Prim. Ouvrage peu convaincant pour une recherche authentique, mais pouvant éventuellement servir d’introduction à qui se lance sur ce sujet.

Ma note

2,5/5

SCIENCE-FICTION

L’UNIVERS EN FOLIE (FREDRIC BROWN)

Le résumé du livre

10 juin 1954. La première fusée à être envoyée vers la lune rate sa cible et s’écrase dans le jardin des Borden, éditeurs de revues de science-fiction. Tout est détruit dans l’explosion à l’exception de Keith Winton, journaliste invité, qui se retrouve à quelques kilomètres de là dans un autre univers à la fois semblable et pourtant très différent du sien. Dans un drugstore, il rencontre un monstre rouge à tentacule. Le patron lui échange des centaines de crédits contre une simple pièce de 5 dollars avant de sortir un fusil et de lui tirer dessus. Il comprend très vite que tout le monde le prend pour un espion venu d’Arcturus. Il se retrouve dans la peau d’un fugitif traqué et sur lequel n’importe qui peut tirer sans sommation…

Ma critique

« L’univers en folie » est un roman de science-fiction décalée qui ne semble plus fantastique qu’humoristique. En effet, l’intrigue repose sur un principe de mondes parallèles très ressemblants et donc d’autant plus déstabilisants pour le héros. Les personnages et les situations sont devenus des classiques tant ce thème a été exploité depuis. On notera diverses trouvaille comme la brume sombre déployée sur les grandes villes pour les protéger des attaques de vaisseaux Arcturiens ainsi que la présence de Mekky, sorte d’ancêtre ou de précurseur des I.A, sous la forme d’une boule flottante, parlante et peut-être capable de sentiments. L’écriture de Brown est fluide et agréable sans fioritures ni descriptions inutiles. L’intérêt ne faiblit pas tout au long de ce classique toujours d’actualité bien que paru en 1967.

Ma note

4/5

ESSAISHISTORIQUE

GUERRES ET MENSONGES (SYLVAIN LAFOREST)

Le résumé du livre

L’Histoire, telle qu’elle est enseignée à l’école et même à l’université, a plus à voir avec un joli récit épique qu’avec la triste réalité. Depuis la « Guerre des Gaules », on savait déjà qu’elle était écrite par les vainqueurs. Avec Sylvain Laforest, parti en exploration sur les traces de devanciers comme Carr et Sutton, dans ses coulisses les plus secrètes, on découvre que depuis 1773 (au moins), des entités cachées aux yeux de tous ont eu bien plus de responsabilités dans le déclenchement des conflits que les grands personnages de l’Histoire. Ainsi Napoléon, Hitler, Staline et tant d’autres n’auraient été que des marionnettes aux mains des grands banquiers internationaux. Depuis la Révolution française jusqu’à la crise du Covid en passant par les deux guerres mondiales, la guerre d’Indochine, les révolutions arabes et les conflits au Moyen-Orient, toutes ces guerres sans aucune exception ont été motivées par d’autres raisons que celles qu’on nous a présentées. Autant dire qu’on nous a menti effrontément. Comme dirait la chanson, « on nous cache tout, on nous dit rien » !

Ma critique

« Guerres et mensonges » est un gros essai historique et géopolitique qui se dévore comme un page-turner tant le lecteur en apprend de belles au fil de ses 474 pages. Quelques exemples : Marx, penseur du communisme, et Ritter, inspirateur du nazisme, furent tous deux financés par la maison Rothschild. Sur les 39 signataires de la déclaration d’indépendance américaine, 13 étaient franc-maçons de haut rang. Un banquier suisse nommé Perregaux arma le peuple le 13 juillet 1789 avant de financer le coup d’Etat du 18 Brumaire. Henry Ford fut l’inspirateur et un des mécènes d’Hitler. Prescott Bush, ancêtre de la dynastie célèbre, finança le parti nazi, tout comme Rockefeller, J.P. Morgan et nombre d’autres banquiers de Wall Street. En Afghanistan, sous le régime taliban, et avant l’arrivée des troupes américaines, la production de pavot (pour l’opium et l’héroïne) était de 185 tonnes. En 2016, elle avait augmenté de manière exponentielle jusqu’à atteindre 4800 tonnes. Une Au total, un ouvrage passionnant, une thèse solidement étayée par un arsenal de références présentée à la fin, que les tenants de la pensée unique classeront comme « complotiste ». Présentation impeccable (belle couverture, papier de qualité) un peu gâchée par quelques coquilles et par un style approximatif (mauvais emploi du conditionnel, « si j’aurais… », « s’accaparer du marché » et autres « américanismes », comme « globalisme » (mondialisme), « banquerie » (?), parachutisme (parachutage) ou « moto » pour « leitmotiv ») qui seront aisément pardonnés à ce journaliste canadien courageux qui a le mérite de participer à notre éveil collectif.

Ma note

4/5

ESSAIS

LE CORPS MYSTIQUE DE L’ANTECHRIST (RENÉ BERGERON)

Le résumé du livre

La conspiration mondialiste de l’ère du Verseau est basée idéologiquement sur le communisme et le nazisme et n’est que la mise en place des buts cachés de la Franc-Maçonnerie. En réalité, ces trois idéologies sont très proches et ni plus ni moins que les trois faux nez d’une même entité, celle qui ne veut plus de religion, plus de famille traditionnelle, plus de frontières, plus de patrie, plus de propriété privée. Une éducation laïque et athée, une baisse de la natalité, une suppression de la responsabilité personnelle, une extinction programmée de la foi, la mise en place d’un Etat Providence omnipotent et une immoralité encouragée sous toutes ses formes sont les moyens pour parvenir à ces fins : plus de vérité, ni de liberté, ni de justice, ni de morale. Tels sont les points communs entre le communisme, le nazisme et la Franc-Maçonnerie. La première cible est partout et toujours la religion. « Nous devons combattre la religion », disait Lénine. « Il faut libérer les masses ouvrières des préjugés religieux », peut-on lire dans le « Manifeste du Parti Communiste ». Et pour cela, tous les moyens sont bons, mêmes les plus criminels. En 1917, l’Église catholique russe comptait 12 millions de fidèles, 8 évêques et 810 prêtres. En 1935, après les massacres, ne survivaient plus que 60 prêtres. Les objectifs francs-maçons ne sont guère différents. « Ne cessons jamais de corrompre et de semer le vice dans le peuple. Notre but est la destruction du catholicisme. » (Adam Weishaupt) Les trois « ennemis infâmes » sont pour elle la loi, la propriété et la religion. Quant au nazisme, le frère ennemi apparent du bolchevisme, il repose sur le sang, le sol, la race et la nation. C’est un néo-paganisme très anti-chrétien lui aussi. Son idéologie basée sur le mythe de la race des seigneurs, sa pratique de l’eugénisme et de l’euthanasie (stérilisation des tarés sociaux, éradication des races inférieures) l’ont condamné à jamais, mais il peut ressurgir sous d’autres apparences…

Ma critique

« Le corps mystique de l’Antéchrist » est un essai politique majeur dans la mesure où il renvoie dos à dos et dissèque avec précision les trois courants responsables de bien des malheurs passés et à venir. « Doctrines pernicieuses et absurdes, faussement fardées du nom de science » (Pie XI). Paru en 1940, cet ouvrage courageux risquait de finir dans les oubliettes de l’Histoire s’il n’était pas reparut en 1993 avec une préface de Serge Monast. Le lecteur y apprendra bien des choses sur ces trois sujets qui n’en font qu’un. Par exemple, que 65% des sénateurs américains sont francs-maçons et que la totalité des présidents le furent à l’exception d’un seul, Adams ! L’auteur appuie toute son argumentation sur un grand nombre de faits incontestables et de citations des protagonistes (Lénine, Trotsky, Staline, Hitler, Weishaupt). Les points et les buts communs sont troublants. « Le stalinisme et l’hitlérisme sont des phénomènes symétriques. Par bien des traits, ils se ressemblent de façon accablante » (dixit Trotsky). Un ouvrage de référence, en accès libre sur le net, qui intéressera tous les passionnés d’Histoire mais aussi tous ceux qui veulent comprendre notre monde actuel, héritier et continuateur du processus en question.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

GOUVERNER PAR LE CHAOS (COLLECTIF)

Le résumé du livre

Des éléments de langage, un storytelling répété à l’infini de façon monotone, un peu comme un mantra, parviennent facilement à conditionner les réflexes mentaux pavloviens de toute une population. Depuis Bernays (« Propaganda »), on a découvert qu’en situation de grande anxiété, de stress, de peur, le cerveau reptilien l’emporte toujours sur le néo-cortex dialectique. Toute réflexion, toute rationalité deviennent impossibles. Ne reste plus que l’émotion, le ressenti. Le déni de réalité le plus absolu, les situations les plus incroyables et les pires contraintes peuvent être acceptées et même réclamées par l’opinion. De plus, si on relativise toutes les culpabilités, si on libère des prisonniers, si on inflige des peines symboliques quand elles devraient être sévères et des peines sévères quand elles devraient être légères, la justice brouille les cartes, rend tout le monde coupable ou potentiellement coupable. Ainsi arrive-t-on à étendre les murs de la prison à la société tout entière. Le gouvernement par le chaos n’a alors qu’une seule finalité : la tyrannie, la dictature…

Ma critique

« Gouverner par le chaos » est un essai politique court et compact qui présente une vulgarisation des mécanismes d’ingénierie sociale telle qu’elle est de plus en plus pratiquée par nos gouvernants avec l’aide des médias, de Big Data, de Big Tech, de Big Money et autres Big Pharma. Orwell et son « 1984 » sont largement dépassés dans la mesure où Big Brother espionnait le peuple, imposait sa volonté en se montrant et même en s’exhibant. Aujourd’hui, les vrais détenteurs du pouvoir savent tout sur nous mais restent cachés dans les coulisses, laissant le soin à leurs pantins, hommes politiques et autres, de rester sur le devant de la scène. Si on y ajoute une connaissance fine des comportements et tendances de la masse par le biais de la technologie, des réseaux sociaux et autres moyens de traçage, on obtient une sorte de pouvoir absolu reposant sur le mensonge, les psy-ops, les fake-news et autres opérations sous faux drapeaux. Un ouvrage intéressant, un brin technique, qui insiste un peu trop sur l’affaire de Tarnac et du groupe de Julien Coupat et qui aurait pu présenter plus de développements à l’aide d’autres exemples de manipulations. Peut servir d’introduction à un sujet aussi passionnant qu’inquiétant. Ecrit avant l’histoire du Covid, il donne cependant toutes les clés pour la décrypter.

Ma note

4/5

HISTORIQUE

LES VOLONTAIRES (SAINT-LOUP)

Le résumé du livre

Août 1941 : un ancien de la guerre d’Espagne, côté Républicains, un engagé volontaire de la campagne 39, un aristocrate réserviste de la guerre de 14, un forain « motard de la mort », un diplômé de Normale Sup, un militaire de carrière qui a fait 14/18, la guerre d’Espagne dans la brigade Durutti et celle de 40 dans les corps-francs et un tas d’autres passent une sorte de conseil de révision devant le médecin-capitaine Fleury, toubib breton ayant abandonné femme, enfants et clientèle pour s’engager comme eux dans la Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme. Tous vont bientôt aller combattre l’armée rouge aux côtés des soldats de la Wehrmacht sur le terrible front de l’Est. Ils vont connaître le froid, la faim et la mort dans une guerre de partisans sans merci. Et pour les peu nombreux rescapés de cet enfer, ce sera l’exil ou le poteau d’exécution…

Ma critique

« Les volontaires » est un ouvrage historique mené comme un reportage sur un volet de l’Histoire de France assez peu abordé. Les combats de volontaires français qui, à l’appel de divers partis de la collaboration, se lancèrent sur les traces de Napoléon pour une nouvelle campagne de Russie qui