ESSAIS

L’ALIMENTATION VIVANTE, LA PREMIÈRE MÉDECINE (DR PASCAL TROTTA)

Le résumé du livre

Environ 85% des maladies sont dues à notre environnement. Seulement 15% peuvent être imputées aux seuls facteurs génétiques. D’où l’importance de notre mode de vie, de notre faculté à faire de l’exercice, à garder un bon moral et surtout à veiller à bénéficier d’une alimentation aussi vivante que variée. Si l’on veut réellement prévenir et aussi aider à guérir la plupart des maladies qui nous assaillent (cancers, allergies, dépressions, maladies auto-immunes dégénératives comme la maladie d’Alzheimer, intolérances alimentaires, douleurs chroniques et autres), une nutrition saine, vivante et variée reste la base de tout. Hippocrate n’a-t-il pas dit que l’aliment devait être le seul médicament ?

Ma critique

Cet ouvrage explique de manière simple et pédagogique tout ce qu’il faut savoir pour diminuer les risques de maladies ou améliorer durablement notre état de santé. Pour lui, la bonne nutrition doit devenir la première médecine, avant la médecine allopathique, basée sur la chimie et attachée depuis Pasteur à éradiquer les symptômes en négligeant le terrain (n’en déplaise à Claude Bernard) et avant la chirurgie qui ne devrait être que réparatrice suite à un accident par exemple. Le Dr Pascal Trotta s’inscrit dans la lignée de célèbres tenants des médecines douces comme Dextreit, Carton, Kousmine, Seignalet ou Schaller. Issu du monde de la radiologie, il a ajouté à leurs découvertes la technique de l’électroscanner intersticiel, court examen (4 mn) totalement inoffensif permettant de personnaliser le traitement du patient grâce à un diagnostic beaucoup plus précis. Cette méthode permet de mieux évaluer l’équilibre psycho-neuro-endocrino-immunologique du patient. Livre de vulgarisation agréable à lire, disposant d’une jolie présentation. Un bémol cependant : la présentation des compléments alimentaires proposés par son propre institut relève quand même un peu de la pub. Dommage également qu’il faille aller consulter le Dr Trotta en Espagne, à San Sebastian, où il a dû s’exiler, les autorités médicales françaises n’étant sans doute pas très favorables à ce genre de pratique.

Ma note

4,5/5

ROMAN

LES QUATRE VÉRITÉS (DAVID LODGE)

Le résumé du livre

Après un premier roman réussi, Adrian n’a plus jamais connu le succès. Du coup, il a abandonné le roman, et s’est contenté de produire des anthologies. Avec son épouse Eleanor, il s’est retiré dans un petit cottage à la campagne non loin de l’aéroport de Gatwick. Arrive à l’improviste Sam, leur ami d’université, qui a mieux réussi dans la production de feuilletons télévisés. C’est à ce titre qu’il a été interviewé par Fanny Tarrant, jeune journaliste effrontée, qui a vite compris les failles du personnage. Particulièrement vexé par l’article que cela a donné dans un journal du dimanche, Sam veut tenter de se venger par l’entremise de son ami Adrian. Celui-ci devra se laisser interviewer à son tour. À cette occasion, il devra essayer de tirer les vers du nez de la journaliste pour avoir la matière d’un article féroce qu’il pourrait écrire ultérieurement. Mais rien ne va se passer comme prévu…

Ma critique

« Les quatre vérités » est un court roman ou une novella un peu longue (168 pages) tirée d’une pièce « The writing game » que l’auteur ne put produire que dans la région de Birmingham. Un procédé de recyclage plutôt inhabituel. L’inverse, l’adaptation au théâtre ou au cinéma, d’une œuvre littéraire étant nettement plus fréquente. Cette base scénique se sent tout au long de l’intrigue assez simplette mais avec une réelle unité de lieu, d’espace et de temps. Tout se passe dans le cottage d’Eleanor et Adrian. Les dialogues occupent la plus grande partie de la narration. David Lodge cesse dans cet ouvrage de fustiger le catholicisme pour s’intéresser au journalisme de scoop. Il en profite pour démonter cette nouvelle façon de procéder des interviewers faite d’insolence, de grossièreté, d’indiscrétions, d’agressivité pour ne pas dire de méchanceté pure. Pour gagner un brin de popularité, le pauvre auteur doit passer sous les fourches caudines d’une teigneuse par ailleurs assez fine mouche qui sait fort bien manipuler ses victimes. La fin, assez bien trouvée, un peu en forme de morale de fable, remet la balle au centre. Quant à l’humour dont l’auteur semblait si bien doté dans d’autres titres, il est assez peu présent dans celui-ci. Dommage.

Ma note

3/5

ROMAN

JEUX DE MAUX (DAVID LODGE)

Le résumé du livre

À Londres à la fin des années 50, un groupe de jeunes étudiants tente de vivre sa foi en respectant les préceptes de l’Eglise Catholique. Des amours s’esquissent timidement voire douloureusement, Dorothy et Adrian, Tessa et Edward, Miriam et Michaël, Angela et Dennis alors que quelques autres s’avèrent un peu déséquilibrés comme Violet ou sont tentés par les ordres, la prêtrise ou l’homosexualité. Les filles ne se donnent pas facilement. Les garçons sont maladroits et souvent frustrés. La norme est d’arriver vierge au mariage pour fonder de bonnes familles chrétiennes. Mais au fil des années et surtout avec le concile Vatican II et la révolution de mai 68, tout se délite et s’effiloche peu à peu. Les virginités se perdent, des enfants naissent, la peur de l’enfer disparaît, le culte évolue. Certains s’évadent, se trompent, se séparent, changent de cap. Et les prêtres ne sont pas les derniers à jeter aux orties soutanes et rigidités…

Ma critique

« Jeux de maux » est un roman social très proche du thème de la « Chute du British Museum », mais en moins drôle. David Lodge ne s’intéresse plus à un seul couple mais à toute une cohorte de gens, tous jeunes catholiques, tous inhibés par les contraintes imposées par l’Eglise de l’époque. Il décrit très intelligemment et très finement comment le carcan s’est peu à peu desserré et comment toute une société a basculé dans un libéralisme libertaire au niveau des mœurs et comment tout un monde ancien a disparu progressivement. Cette fois, David Lodge, apparemment très concerné par la problématique catholique, en voulant faire œuvre de sociologue, a un peu perdu de son humour si charmant et si british. On ne peut que le regretter.

Ma note

3/5

HUMOURROMAN

LA CHUTE DU BRITISH MUSEUM (DAVID LODGE)

Le résumé du livre

À Londres, au début des années 60, Adam Appleby passe ses journées au British Museum pour y préparer une thèse de troisième cycle de littérature anglaise. Avec son épouse Barbara, ils ont bien essayé de réduire leur fécondité en pratiquant la méthode des températures, mais ce fut un échec total. Leurs trois enfants, Clare, Dominic et Edward furent tous le résultat d’accidents de parcours ou de calculs donc de grossesses non désirées. Adam et Barbara, catholiques pratiquants, tenaient à respecter les préceptes de l’Eglise d’avant Vatican II. Mais ceux-ci leur pèsent d’autant plus que Barbara semble devoir être enceinte une quatrième fois alors que leur appartement est déjà trop petit pour quatre sans parler de difficultés financières insurmontables…

Ma critique

« La chute du Britih Museum » est un roman d’auto-fiction amusant construit sur le mode des pastiches et des parodies. Un lecteur averti pourra s’amuser à y retrouver les mânes d’auteurs prestigieux comme Franz Kafka, Graham Greene, Virginia Wolfe et de quelques autres. Tel fut le cahier de charges que s’imposa ou se permit David Lodge. C’est particulièrement bien réussi en ce qui concerne Kafka avec le renouvellement de la carte de bibliothèque de l’auteur qui bascule dans l’étrange et le fantastique. Quelques scènes cocasses, une certaine dose d’humour anglais et d’auto-dérision. Mais quand même pas le meilleur titre de ce charmant auteur.

Ma note

4/5

ROMANTERROIR

LA FERME DES COMBES (JEAN-PAUL ROMAIN-RINGUIER)

Le résumé du livre

Au début de l’autre siècle, à Paris, le petit Jacques âgé de sept ans, est le souffre-douleur des enfants de son école. Il n’a pas de père et sa mère, pauvre ouvrière, vient de perdre sa place pour ne pas avoir voulu se soumettre aux propositions indécentes de son contremaître. Mais bien vite, elle tombe malade et décède. Sans famille, Jacques est placé comme commis, à la ferme des Combes, dans un Limousin profond où vivent encore quelques meutes de loups. Il assume le travail de gardien de brebis pour le compte de Marcel et Geneviève Dufour, couple d’agriculteurs sans enfants, qui semble cacher un lourd secret…

Ma critique

« La ferme des Combes » est un roman de terroir de facture tout à fait classique. Toutes les cases du registre sont cochées : la vie ouvrière, l’orphelin abandonné et malmené, la vie paysanne rude et monotone, le régisseur du hobereau méchant à souhait, le double apprentissage de meunier et de forgeron, un incendie dramatique, quelques vols, larcins et autres mauvais coups pour accaparer la terre, sans oublier une idylle romantique avec la charmante et fraiche Marie. De quoi ravir les aficionadas du genre, mais fort peu d’autres. D’autant plus que la fin controuvée et invraisemblable, que l’on croirait sortie d’un roman feuilleton du XIXème, met une touche finale à cette impression de déjà vu pour ne pas dire de ressassé. Si on y ajoute que le style et le rythme narratif sont également sans ampleur ni originalité, on en arrive à un résultat final plutôt décevant.

Ma note

2,5/5

ROMAN

LES MOTS PERDUS DU KALAHARI (ALEXANDER MC CALL SMITH)

Le résumé du livre

À Gaborone (Botswana), Mma Precious Ramotswe assume la direction d’une modeste agence de « Dames Détectives » qui bat un tantinet de l’aile. Divorcée et mère de deux enfants adoptés, elle s’est récemment fiancée avec un garagiste calme et doux, nommé J.L.B.Maketoni. L’assistante de Precious, Mma Makutsi, mène une existence morne et sans amour et partage sa chambre avec son frère malade. Faute de clients, l’agence perd de plus en plus d’argent. Mma Makutsi songe à étendre l’activité à d’autres domaines comme le secrétariat ou l’apprentissage à la conduite. Et, pour ne rien arranger, une toute nouvelle agence vient concurrencer la leur. Elle est dirigée par un certain Cephas Buthelezi, un ancien de la PJ. Son slogan : « Confiez vos investigations à un homme » ressemble peu ou prou à une déclaration de guerre…

Ma critique

Bien que présenté au sein de la collection « Grands détectives » 10/18, cet ouvrage n’a pas grand-chose à voir avec le roman policier classique. Pas de meurtre, pas de cadavre, pas vraiment d’enquête pour trouver un hypothétique coupable. Ce n’est pas non plus un roman noir. Pas d’ambiance glauque, mais plutôt de la gentillesse, des bons sentiments, de la fraicheur, une sympathique naïveté. On serait plutôt dans le roman social ou sentimental. L’auteur s’attache en effet à décrire l’ambiance sans doute pas mal édulcorée d’une société apaisée, conviviale, pleine du charme suranné de vieilles traditions de respect mutuel. La petite histoire d’amour de Mma Makutsi et les remords d’un homme ayant abandonné sa petite amie enceinte forment la base d’une intrigue qui semble secondaire par rapport au propos général de l’auteur. Un moment de lecture agréable et dépaysant à apprécier comme tel.

Ma note

3/5

HUMOUR

CHÉRI, TU M’ÉCOUTES ? (NICOLE DE BURON)

Le résumé du livre

Petite chérie, fille cadette de l’auteure, débarque un jour à l’improviste chez ses parents alors qu’elle est partie depuis quelques années. Elle veut quitter Thomas, petit ami qui tape l’incruste dans l’appartement que les parents louent pour leur fille. En fait, Alizée est tombée amoureuse d’un beau danseur brésilien. L’ennui, c’est que les parents du jeune homme ne veulent en aucun cas d’une belle-fille blanche qui déparerait dans leur famille du plus bel ébène… Alizée est désespérée… le temps qu’un nouvel amoureux se profile à l’horizon… Du côté des anciens, rien ne va plus. Lilibelle, la toujours très coquette arrière-grand-mère, a tourné la tête d’un très vieil amiral plein aux as qui fréquente la même maison de retraite qu’elle. Les deux tourtereaux se font la belle pour aller convoler en juste noces à Las Vegas au grand dam de la famille de l’Amiral, laquelle craint pour sa part d’héritage… Et puis voilà que Matthias, fils de Grande Chérie s’est amouraché de Mélanie, adepte du Renouveau Charismatique, qui compte bien arriver vierge au mariage…

Ma critique

Que de situations cocasses ou amusantes dans « Chéri, tu m’écoutes ? », chronique familiale humoristique si joyeuse et enlevée qu’elle se lit comme un roman. Tout est d’une drôlerie absolue, roborative et sans méchanceté. Nicole de Buron sait grossir le trait sans jamais tomber dans la caricature. Tout est finement observé et après tout, sa famille un peu brindezingue ressemble à bien d’autres, même si elle fait partie d’un milieu aisé, bobo et snob à souhait. Le style de l’auteur est agréable et bien rythmé avec une originalité : elle utilise la deuxième personne du pluriel pour parler d’elle-même. Il n’y a pas à proprement parlé d’intrigue, mais une suite d’anecdotes et de saynètes toutes plus joyeuses et humoristiques les unes que les autres, montant crescendo jusqu’à une fin en apothéose avec le remariage délirant et déjanté de Grande Chérie avec Monsieur Gendre n°2. Un régal. À découvrir ou redécouvrir ne serait-ce que pour ne pas oublier cette grande dame de l’humour français récemment disparue.

Ma note

4,5/5

NOUVELLES

LA ROSE DE BLIDA (YASMINA KHADRA)

Le résumé du livre

Dans les années soixante, Mohamed a intégré l’école militaire des cadets de la Révolution de Koléa (Algérie). La discipline y est particulièrement stricte, les châtiments corporels y sont monnaie courante. Le jeune homme ne s’y plait pas. Il s’est construit un abri dans le bois attenant où il cache des habits civils lui permettant de faire le mur. Il s’invente des aventures avec des filles alors qu’il n’arrive à rien. Un jour, il voit débarquer la mère d’un nouveau. Il la trouve particulièrement charmante et en tombe immédiatement amoureux en dépit de l’importante différence d’âge. Il fera tout pour la rencontrer et faire sa connaissance…

Ma critique

« La rose de Blida » est une longue nouvelle ou une courte novella sur le thème des amours difficiles entre un ado et une femme mûre, une sorte de « Diable au corps » en version platonique, algérienne et un tantinet poussiéreuse. L’ambiance dans ce « Saint-Cyr » version FLN est particulièrement bien rendue dans toute sa cruauté et sa mesquinerie bas de plafond. Si on fait exception du petit héros qui n’est qu’un avatar de l’auteur, fils d’officier, qui a suivi lui-même cette filière et pour qui on a immédiatement de l’empathie, les autres personnages manquent un peu de consistance. Le style de l’auteur ne semble pas être au mieux de sa forme. Peut-être ce texte est-il ancien ou publié de façon un peu légère ? Toujours est-il qu’on peut y relever un certain nombre de coquilles et diverses fautes de français au détour de quelques pages. Dommage. Pas le meilleur Khadra et de loin !

Ma note

3/5

FANTASTIQUEHORREUR

LA NUIT DU FORAIN (DEAN KOONTZ)

Le résumé du livre

En Pennsylvanie, Ellen vit dans une caravane avec son mari Konrad et leur fils Victor qui semble souffrir d’un important handicap. Issu du milieu des gens du voyage, ce qui n’est pas le cas d’Ellen, Konrad aime beaucoup son fils aussi repoussant soit-il. Ellen cherche oubli et réconfort dans l’alcool. Elle en arrive à craindre les crises de colère du nourrisson repoussant de laideur. Un jour, c’est le drame. L’enfant l’agresse et la griffe si fort qu’elle réagit violemment et le tue par accident. Konrad en devient fou furieux. Il frappe sa femme, manque de la tuer, puis finalement se calme. Il se contente de la bannir de la tribu en lui promettant que si un jour elle a des enfants, il la retrouvera à quelque endroit qu’elle se trouve sur cette planète pour leur faire subir le sort du malheureux Victor. Quelques années plus tard, Ellen a refait sa vie. Elle a d’abord eu Amy puis le petit Joey. De son côté, Konrad, toujours patron du Train Fantôme, est le père de Gunther, un colosse aux facultés intellectuelles plus que limitées, mais dont il veut qu’il soit l’instrument de sa monstrueuse vengeance. Parviendra-t-il à ses fins ?

Ma critique

« La nuit du forain » est un roman de terreur aux limites du gore, du fantastique et du satanique. On n’est pas loin du thème de « Rosemary’s baby » avec ce bébé monstrueux plein de griffes et de poils avec des allusions à « Frankenstein » avec ce géant débile et dangereux terrorisant les gens avec son masque de Boris Karloff. Un excellent Dean Koontz qui se dévore comme un véritable « page-turner ». On tremble pour la petite Amy et pour le gentil Joey. On est plein d’empathie pour la pauvre Ellen en dépit de son penchant nettement trop important pour la vodka orange et de son obsession pour les bondieuseries. Celles et ceux qui aiment se faire peur, être la proie de sensations fortes apprécieront certainement ce divertissant ouvrage.

Ma note

4,5/5

POLICIERTHRILLER

CHASSE À TOURS (PHILIPPE-MICHEL DILLIES)

Le résumé du livre

De nuit, une jeune femme reprend conscience dans un parc. Elle n’a plus aucun habit sur elle et ne se souvient de rien. Au cimetière de Tours, Charles Wenz vient rendre un dernier hommage à son ami, Bernard Wooz, détective franc-maçon décédé apparemment de crise cardiaque. Oscar Kerlok, commandant de police grand admirateur de Sherlock Holmes est nommé au SRPJ de la ville. Il s’y présente chevauchant une énorme Harley-Davidson et investit les lieux avec tout un mobilier personnel de style victorien. Dans une remorque abandonnée, un cadavre est retrouvé. C’est celui d’une jeune femme sans le moindre sous-vêtement, le corps criblé de piqûres d’insectes. Un peu plus tard, c’est au tour d’un clochard d’en découvrir un second en semblable état.

Ma critique

« Chasse à Tours » est un thriller de facture classique, bien mené et fort agréable à lire même si le lecteur se doute dès le début de la manière dont toute l’histoire va se terminer. La singularité de cet ouvrage tient sans doute aux descriptions de la ville de Tours et de quelques autres sites de la région. Les personnages sont classiques et sans grande originalité si ce n’est une propension à se délecter des whiskies les plus rares. Tout ça est un peu insuffisant pour sortir du lot. Mais ça reste néanmoins distrayant comme un roman de gare, vite lu, vite oublié.

Ma note

3/5

ESSAIS

PSYCHOLOGIE DU SOCIALISME (GUSTAVE LE BON)

Le résumé du livre

Qu’est-ce que le socialisme ? Le communisme ? Le collectivisme ? L’étatisme ? Autant d’idéologies en « isme » qui s’illustrèrent au XXème siècle dans l’URSS de Lénine et Staline, dans la Chine de Mao Tsé Toung jusqu’à nos jours, au Viet-Nam, au Cambodge avec ses monstrueux Khmers Rouges, dans l’île de Cuba et nombre d’autres lieux de par le vaste monde. Bien avant l’apparition de ces sinistres régimes, Gustave Le Bon, pressentant les funestes développements du socialisme, en tente une analyse par le biais de la psychologie des masses et imagine ses futurs développements. Comme définition, il propose « une croyance à forme religieuse plus qu’une simple doctrine. » Relevant de ce domaine, son absurdité peut alors disparaître. Elle ne relève plus ni de la raison ni du bon sens. On peut entrer allègrement dans tous les dénis de réalité. Le seul ennui, c’est que cette religion ne promet plus le bonheur après la mort, mais bien ici et maintenant sur cette terre, dans cette vie, ce qui est bien plus difficile à réaliser. D’où les inévitables dérives dans la barbarie (la Terreur de 1793) puis dans la dictature (Napoléon Bonaparte, Staline, Mao, Pol Pot et autres Ceausescu ou Enver Hodja), sans grand avantage pour le pauvre peuple manipulé et berné du début à la fin.

Ma critique

« Psychologie du socialisme » est un essai de référence publié en 1898. Avec une remarquable intelligence et une admirable perspicacité, Gustave Le Bon décortique le phénomène et imagine ses possibles répercussions. Pour en vacciner ses contemporains, il imagine même que ce socialisme s’instaure durablement dans un pays, si possible pas le sien, qu’il y échoue lamentablement et qu’ainsi soit démontrée par l’absurde l’aberration qu’il représente. Nous avons été témoins de tout cela. L’ennui, c’est que la bête est toujours vivante, qu’elle a su renaître de ses cendres, muter sous différentes formes de gauchismes, capitalo-communisme à la chinoise, ou libéral-libertarisme à l’anglo-saxonne. L’ouvrage est daté, la démonstration repose sur les données de l’époque encore marquée par la Commune de Paris. Les citations de Proudhon sur le sujet sont sans appel tant elles font froid dans le dos. Un document géo-politique de premier ordre qui peut encore servir de référence et de base d’argumentation tant on y apprend de choses. Un exemple entre autres : les colonies coutaient à la France 110 millions par an et ne rapportaient qu’environ 7 millions alors que la Grande-Bretagne qui gérait des territoires autrement plus vastes le faisait avec beaucoup moins de fonctionnaires et une bien meilleure rentabilité !

Ma note

4/5

ESSAISHISTORIQUE

HISTOIRE DE LA CONQUËTE DE L’ESPAGNE PAR LES ARABES (JULES LACROIX DE MARLES)

Le résumé du livre

Au VIIIème siècle, l’Espagne, précédemment conquise par les Goths, n’est plus la prospère province romaine qu’elle fut au temps de l’Empire. Divisés entre tribus rivales, ces conquérants sont perpétuellement en lutte les uns contre les autres. Fiers de leur race, ils ne se mélangent pas avec les autochtones. Ils les réduisent même souvent en esclavage et ne leur reconnaissent aucun droit. Sentant le contexte favorable, Tarik organise une première expédition sur ce territoire bon à prendre. Il débarque près d’Algésiras et remonte jusqu’à la hauteur de Calpe sans rencontrer la moindre résistance, ce qui l’encourage à rassembler un plus important corps expéditionnaire pour démarrer la conquête. Le roi Roderick tente de barrer la route à cette invasion arabe, mais, sans le moindre soutien populaire, il n’y parvient pas. Tarik s’empare de Séville. Roderick rassemble une armée de 90 000 hommes. La bataille de Guadalete représente trois longs jours de combats acharnés. Les Arabes ne sont plus très loin de perdre pied quand Tarik les exhorte à reprendre courage et à repartir à l’assaut. Montrant l’exemple, il s’élance en avant de ses troupes, se précipite sur Roderick et lui transperce la poitrine d’un coup de lance. La mort du roi est le signal d’un horrible massacre. Le champ de bataille est bientôt couvert de milliers de cadavres de Goths…

Ma critique

« Histoire de la conquête de l’Espagne par les Arabes » est un essai historique de référence basé sur un travail de recherche remarquable. Pas de fantaisie, rien de romancé, rien de fantasmé. Les faits, rien que les faits. La réalité d’une conquête, d’une occupation, d’une colonisation qui fut loin d’être une longue période de bonheur, luxe, calme et volupté dans les délices d’un idyllique « vivre ensemble » sous la houlette bienveillante du croissant et de l’étoile. Ce ne fut qu’une longue suite de combats, de tueries, de sièges de villes, de barbaries en tous genres. Fiefs, provinces, et petits royaumes passant d’une faction à une autre, d’une tribu à une autre. En effet, si les Goths et plus tard les Chrétiens mirent très longtemps à s’unir et à faire front commun contre l’envahisseur, du côté opposé, de par les ambitions des uns et des autres et surtout des origines ethniques (Egyptiens, Syriens, Berbères, Arabes, Turcs, etc.), les colonisateurs n’étaient pas en reste. De telle sorte qu’une période de paix de deux ou trois ans après des années de guerre était aussi rare que bienvenue. On comprend que le peuple espagnol, éternel sacrifié de cette affaire, ait fini par soutenir ses princes et enclencher une « Reconquista » qui fut aussi longue que douloureuse. Un livre un peu aride d’abord, mais fort utile, ne serait-ce que pour remettre les pendules à l’heure sur cette période particulière de l’histoire de l’Espagne.

Ma note

3/5

ESSAISHISTORIQUE

LES TEMPLIERS ET L’AGRICULTURE (LAURENT DAILLIEZ)

Le résumé du livre

À l’entrée du village de Montmeyan, se trouve un panneau indiquant que la mairie, la poste et l’école sont chauffées selon les méthodes de Jean Pin, lequel se déclara dans les années soixante de l’autre siècle inventeur d’une méthode révolutionnaire de compostage et de chauffage à l’aide de branchages et d’aiguilles de pin. En réalité, ce procédé est presque vieux comme le monde. L’auteur a découvert des documents prouvant qu’en leur temps, les Templiers l’utilisaient déjà pour améliorer les terres souvent très pauvres dont ils héritaient. Ils disposaient même d’une dizaine de méthodes différentes de compostage…

Ma critique

« Les Templiers » et l’agriculture est un court essai historique parfaitement technique et sourcé qui fera découvrir bien des choses au lecteur. Ainsi apprendra-t-il que les Bill Mollison et autres permaculteurs, grands novateurs en agriculture, ne font que remettre au goût du jour des techniques pluri-centenaires. Un simple retour aux sources. Les paillages, les amendements par fumier animal uniquement, le respect de la terre, des cycles lunaires, le refus des labours profonds et même le non travail du sol sur un rythme tri-annuel, tout cela et bien d’autres choses encore était déjà théorisé et pratiqué à cette époque. Ouvrage intéressant pour qui s’intéresse aux pauvres chevaliers du Temple et à la permaculture…

Ma note

3/5

FANTASTIQUEHUMOUR

QU’EST DEVENU L’HOMME COINCE DANS L’ASCENSEUR ? (KIM YOUNG-HA)

Le résumé du livre

Un matin, Jeong Sugwan se lève en ayant la pénible impression que toute sa journée ne va être qu’une suite de galères. Et ça ne manque pas d’arriver ! En pleine séance de rasage, son beau rasoir Gillette tout neuf tombe en panne, lui laissant la moitié du visage non rasé. Quand il veut prendre l’ascenseur, celui-ci est en dérangement avec un homme bloqué à l’intérieur. Au moment de monter dans le bus, il s’aperçoit qu’il a oublié sa carte chez lui. Pendant qu’il parlemente avec le chauffeur, le conducteur d’un poids lourd perd le contrôle de son véhicule qui finit sa course en percutant le bus. Et quand enfin Jeong arrive fort en retard à son bureau, voilà qu’il se retrouve bloqué à son tour dans un ascenseur en compagnie d’une jeune collègue… Une jeune femme se marie avec un drôle de prétendant. Il n’a que peu d’intérêt pour les choses du sexe. Il ne la pénètre jamais. D’ailleurs, il déclare ne pas vouloir d’enfant. Sa jeune épouse le soupçonne d’être un immortel ou un vampire qui aurait renoncé à se sustenter de sang frais…

Ma critique

Cet ouvrage venu de Corée est un recueil de quatre nouvelles bien écrites et agréables à lire, toutes dans un registre étrange et fantastique, mâtiné d’une certaine dose d’humour. La première, celle de l’homme dans l’ascenseur est sans conteste, la plus réussie et la plus drôle. La deuxième, « Vampires » est la plus fantastique, mais d’un intérêt moindre. La troisième, « L’amour à haute tension » avec cette histoire d’homme devenant de plus en plus invisible à mesure qu’il tombe de plus en plus amoureux, est tout aussi réussie que la première et atteint même le niveau du conte philosophique. La dernière « L’homme qui n’avait pas d’ombre » présente pas mal de similitudes avec la précédente. L’ensemble est divertissant sans plus. N’en déplaise au commentaire dithyrambique de la quatrième de couverture, (« Entre Kafka et Buster Keaton, des nouvelles scintillantes d’humour noir. Un régal !), le lecteur restera plus réservé. Non, Kim Young-ha, charmant tâcheron du fantastique, n’est en aucun cas à placer au niveau de Kafka, Poe, Ionesco ou Marcel Aymé, mais plusieurs étages en dessous !

Ma note

3/5

HUMOUR

MON AUTOPSIE (JEAN-LOUIS FOURNIER)

Le résumé du livre

Jean-Louis Fournier a passé le cap des 80 ans. Il imagine comment va se dérouler sa mort. Il ne croit plus trop à une vie dans l’au-delà. Comme il a fait don de son corps à la science, il sait qu’il va se retrouver dans un des tiroirs de la morgue, totalement nu, dans l’attente qu’un étudiant en médecine veuille bien s’intéresser à son sort. Il est choisi par une jeune et jolie étudiante qu’il prénomme Egoïne, car elle a vite fait de s’emparer d’une de ses mains et de la détailler en osselets. Ce séjour dans l’antichambre de la mort sert de prétexte à Fournier pour faire le point sur sa vie, ses amours, ses emmerdes. Sa femme morte brutalement. Ses deux fils handicapés. Sa fille perdue de vue depuis qu’elle est devenue membre d’une secte vaguement christique. Seules consolations, ses succès littéraires, entamés dès son premier ouvrage, sa « Grammaire française et impertinente ».

Ma critique

Dans « Mon autopsie », l’auteur poursuit son auto-fiction jusqu’au-delà de la mort. Bien que le thème soit sinistre au possible, il parvient une fois encore à faire entendre sa petite musique impertinente et décalée. Humour et auto-dérision encore et toujours. Mais cette fois peut-être avec nettement moins de légèreté qu’à l’ordinaire. Il revient sur nombre d’épisodes déjà racontés dans ses précédents ouvrages. Seule nouveauté : une allusion à sa collaboration avec Desproges. Le style est toujours aussi magnifique, dépouillé, minimaliste et efficace. Et le lecteur retrouve cette fois encore, au fil des pages et au détour des paragraphes, nombre de pépites qui font de cette lecture un régal. « Grâce à Dieu, des mauvaises pensées, j’en aurai eu toute ma vie, elles auront été le meilleur remède à mes angoisses, elles m’auront aidé à vivre. »

« Notre société prône la modération, elle interdit déjà le sel, bientôt la vie n’aura plus de goût. Je suis parti au bon moment. »

Même s’il peut agacer avec son narcissisme ou avec sa manie de vouloir faire rire de bien tristes choses, il faut absolument lire Fournier, l’un des derniers représentants de l’esprit français.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

QUE MANGER POUR ÊTRE EN BONNE SANTE, MINCE ET RESTER JEUNE (GREGOIRE JAUVAIS)

Le résumé du livre

Toute la problématique du livre est résumée dans son titre lequel précise d’ailleurs qu’il propose également de rester mince et jeune. Tout un programme ! Pour Grégoire Jauvais, pionnier de la naturopathie française et disciple du célèbre Marchesseau, il faut tout d’abord se poser la question du soit disant régime omnivore. Notre organisme est-il programmé pour nous permettre de manger tout et n’importe quoi, viande, fruits, légumes, céréales, produits laitiers, préparations industrielles diverses et variées qui ne méritent même plus le nom de nutriment ? Si l’on s’en réfère à l’architecture de notre système digestif (longueur de l’intestin, configuration de l’estomac, mâchoire, etc.), notre régime devrait se rapprocher de celui des singes, c’est-à-dire principalement frugivore avec une grosse partie de légumes crus et une très petite portion de viande également crue. L’homme n’ayant ni la panse du bovidé ni son interminable intestin n’est en aucun cas un herbivore. Il n’est pas non plus un granivore, car il ne dispose pas de jabot-gésier des oiseaux. Et pas non plus un carnivore, car son intestin est beaucoup plus long que celui des félins…

Ma critique

« Que manger pour être en bonne santé, mince et rester jeune » est un essai de présentation plutôt fouillé de la naturopathie d’un point de vue théorique et pratique. Le lecteur apprend énormément de choses non seulement sur la diététique ou plutôt la nutrition, sur les maladies et sur la somatisation sous tous ses aspects. S’inspirant de Claude Bernard qui, le premier s’opposa au pasteurisme en proclamant que le terrain était tout et le microbe rien, Jauvais démontre avec brio que la voie allopathique avec ses médicaments chimiques traite en masquant plus ou moins les symptômes sans réellement soigner. Le but étant de reconquérir la bonne santé ou de s’y maintenir, ce n’est pas en ingérant toutes ces drogues qui rapportent une fortune aux groupes pharmaceutiques que l’on va y parvenir, mais en réformant ses pratiques dans tous les domaines : nourriture, sommeil, exercice et état d’esprit général. La partie théorique est intéressante, accessible et difficilement réfutable. La partie pratique présente de manière claire et concise toutes les mesures à prendre ainsi que toutes sortes de recettes pour parvenir à une nourriture végétale, vivante et variée. Un seul bémol, Jauvais est un peu difficile à suivre quand il part sur la piste de la lumière, des corps éthérés et autres énergies subtiles (prana?). Le lecteur aurait eu besoin qu’on éclaire un peu plus sa lanterne !

Ma note

4/5

ROMANCETHRILLER

SANG FROID (ALEX KAVA)

Le résumé du livre

Dans le couloir de la mort de la prison de Lincoln (Nebraska), le père Stephen Francis entend en confession Ronald Jeffreys, condamné en passe d’être exécuté. Celui-ci reconnaît avoir tué après l’avoir violé le petit Bobby Wilson, puis avoir découpé son cadavre en morceaux, mais rejette fermement la responsabilité des deux autres assassinats d’enfants qu’on lui a également collé sur le dos pour faire bonne mesure. Si ce monstre dit vrai, cela signifie qu’un autre psychopathe, peut-être encore pire que lui, est toujours en liberté avec tous les risques de récidive que cela représente. Et justement, voilà qu’à Platte City le cadavre d’une nouvelle petite victime est découvert dans la boue d’un champ marécageux par l’équipe du shérif Nick Morelli. Il pourra bientôt bénéficier du concours de Maggie O’Dell, profileuse du FBI…

Ma critique

« Sang froid » se présente comme un thriller de facture classique, bien mené et agréable à lire. Alex Kava coche toutes les cases du genre : intrigue glauque à souhait, accumulation de cadavres, tortures, sadisme en tous genres. Un suspect assez évident mais avec un doute quand même, histoire de maintenir suspens et intérêt et ultime rebondissement à la toute dernière page. L’ennui, c’est que passé une centaine de pages, le lecteur finit par se rendre compte que le sujet principal n’est en fait qu’un prétexte pour développer une historiette d’amour parfaitement formatée « Harlequin » avec ses bergères rencontrant des princes, ses aide-soignantes amoureuses de grands chirurgiens, ici le beau shérif à la carrure de cow-boy de cinéma soupirant pour l’enquêtrice sexy mais un brin traumatisée. C’est la marque de fabrique de la maison d’édition en question. Il y a un public qui en raffole dont votre serviteur ne fait pas vraiment partie.

Ma note

3/5

ESSAISPHILOSOPHIQUE

FOUTEZ-VOUS LA PAIX ! ET COMMENCEZ A VIVRE (FABRICE MIDAL)

Le résumé du livre

Cessez de méditer. Ne faites rien.

Cessez d’obéir. Vous êtes intelligent.

Cessez d’être sage. Soyez enthousiaste.

Cessez d’être calme. Soyez en paix.

Cessez de vous réfréner. Désirez.

Cessez d’être passif. Sachez attendre.

Cessez d’être conscient. Soyez présent.

Cessez de vouloir être parfait. Acceptez les intempéries.

Cessez de chercher à tout comprendre. Découvrez le pouvoir de l’ignorance.

Cessez de rationaliser. Laissez faire.

Cessez de vous comparer. Soyez vous-même.

Cessez d’avoir honte de vous. Soyez vulnérable.

Cessez de vous torturer. Devenez votre meilleur ami.

Cessez de vouloir aimer. Soyez bienveillant.

Cessez de discipliner vos enfants. La méditation n’est pas de la Ritaline.

Ma critique

« Foutez-vous la paix » est un agréable manuel rempli de judicieux conseils de bien-être. L’ouvrage se présente sous forme d’une quinzaine de principes simples succinctement développés et d’abord facile. Une sorte de vulgarisation sans prétention d’une forme de philosophie hédoniste, sans prise de tête, bien dans l’air du temps. Il est vrai que nous sommes tous formatés dès l’enfance, abrutis de pensée unique, bourrelés de complexes et de principes et craignant tous de déroger à une doxa de plus en plus prégnante et intrusive par le biais des médias, de la publicité et autres vecteurs de manipulation mentale. L’auteur ramène assez souvent la généralité à lui-même, à ses origines et aux persécutions subies par son peuple. Il n’en demeure pas moins que tous ces principes sont universels. La nuance est parfois évidente, parfois subtile voire paradoxale. Quant à la mise en œuvre dans le monde réel, si elle est souhaitable, n’est pas forcément aisée. Tout ceci tourne quand même beaucoup autour de la méditation que l’auteur enseigne depuis des années et qui, semble-t-il ne serait pas tout à fait ce que l’on s’imagine généralement. Au total, un ouvrage intéressant bien qu’un peu superficiel par certains aspects.

Ma note

3,5/5

HORREURROMANTHRILLER

L’ESCALIER DU DIABLE (DEAN KOONTZ)

Le résumé du livre

Toujours à la recherche des responsables de l’étrange épidémie de suicides dont son mari a été victime, Jane Hawk sollicite l’aide de Sarah Holdsteck qui a fait fortune sur le marché immobilier avant de subir un divorce des plus cruels. Son ex, Simon Yegg s’est vengé de manière particulièrement déplaisante… Trois inconnus s’introduisent dans le pavillon du jeune Sanjay et s’apprêtent à lui injecter le fameux liquide contenant les funestes nano-particules quand sa jumelle, Tanuja, intervient à temps en les arrosant d’insecticide. Mais ce n’est que reculer pour mieux sauter… Les informations données par Sarah permettent à Jane de remonter jusqu’à un certain Hendrickson qui se placerait au plus haut niveau de la société secrète responsable de toute cette monstrueuse manipulation…

Ma critique

Suite de « Dark Web » et de « La chambre des murmures », « L’escalier du diable » est le troisième volet des aventures de Jane Hawk. On reste dans le registre du thriller, mais cette fois avec un côté nettement plus gore que dans les deux précédents. On franchit encore quelques degrés de plus dans l’horreur avec cet escalier grand guignolesque. L’affaire prend de l’ampleur à tous points de vue. Le lecteur subodore un complot d’envergure avec des retentissements insoupçonnés. Le suspens est toujours aussi présent, les rebondissements toujours aussi nombreux et le rythme de narration toujours aussi haletant. Le livre ne se lit pas, il se dévore ! Un authentique « page-turner » ! Ce diabolique Dean ne relâche jamais la pression. Et à mon avis, il doit encore en avoir sous la pédale car cet opus n’est pas du tout le dernier de la série. Il semble qu’il y en ait encore deux à venir : « The forbidden door » et « The night window », déjà parus aux Etats-Unis. À moins d’aller vite les lire dans la langue de Mark Twain, il va nous falloir attendre que « L’Archipel », l’éditeur français, veuille bien nous les traduire et nous les proposer, pour enfin découvrir le dénouement de cette saga hors norme.

Ma note

2,5/5

ROMANTERROIR

LES COUSINS BELLOC (JEAN ANGLADE)

Le résumé du livre

En 1918, Vincent et Mauricet sont deux jeunes orphelins auvergnats de 11 et 12 ans, très proches et très complices. Leurs mères sont succombé à la grippe espagnole et leurs pères sont morts pour la France dans les combats de la guerre de 14. Ils ont trouvé refuge à Arlanc, chez leurs grands-mères respectives, Félistine, la fabricante artisanale de chapelets et Yolande, la dentellière. Très vite, ils sont placés d’abord comme apprentis tailleurs de pierre sur un chantier de restauration du château de Montboissier puis comme charcutiers et comme pâtissiers dans la bonne ville de Riom, haut lieu des dernières exécutions capitales. Leur entourage s’étonne qu’ils soient si inséparables et qu’ils s’intéressent si peu au beau sexe…

Ma critique

« Les cousins Belloc » est un roman de terroir d’un style assez particulier. L’intrigue tiendrait sur un timbre poste. Tous relativement stéréotypés, les personnages n’ont quasiment aucune épaisseur. Les digressions géographiques, historiques, biologiques, touristiques voire sémantiques sont innombrables. Il faut dire que le patriarche des lettres auvergnates, récemment disparu à l’âge canonique de 102 ans, véritable puits de science sur sa région, pouvait se montrer intarissable sur bien des particularités locales comme des paroles de chansons traditionnelles, la recette du vin aux noix ou les vingt façons d’accommoder les œufs, ce qui peut être intéressant dans un guide touristique ou une étude régionaliste, mais qui alourdit fortement une histoire manquant déjà singulièrement de rythme et de profondeur. En réalité, cette histoire de cousins n’est que le prétexte permettant d’introduire quelques thèmes d’une brûlante actualité comme ceux de la reconnaissance de l’homosexualité ou de l’adoption d’enfants par les paires, hors sujet à l’époque (années 50/60) et d’ailleurs parfaitement illégale même quand il s’agit de deux petites orphelines handicapées haïtiennes. En résumé, pas le meilleur opus de ce prolifique auteur tombé sur le tard dans l’anachronisme avec tous les poncifs du politiquement correct. Dommage.

Ma note

2,5/5

HISTORIQUE

MES CONTES DE CHOUANNERIE (JEAN DE LA VARENDE)

Le résumé du livre

En 1794, Hedwige Langlois, cavalière normande et commerçante allant de villages en villages pour placer les poteries produites par ses frères, prend fait et cause pour la révolte chouanne. Elle n’a alors plus qu’une peur, mourir guillotinée. Aussi quand elle est arrêtée et condamnée à mort, elle parvient à prévenir ses frères. Pendant son transfert, lors de la traversée d’une forêt, son plus jeune frère, qui se destinait à la prêtrise, l’abat d’un coup de feu pour lui épargner cette honte… À Rouen, Madame de Combray doit subir le châtiment moyenâgeux du pilori. Aussitôt, toutes les dames de la ville se mettent en grande toilette pour venir tenir compagnie à la pauvre vieille chouanne liée au poteau d’infamie… Pour aider un prêtre réfractaire, un Chouan doit cacher des hosties consacrées. Mais il est pris en chasse par les Bleus avant d’avoir pu accomplir sa mission. Il a juste le temps de les enterrer n’importe comment avant d’être capturé. Il va être relâché faute de preuves quand un chien les découvre. Alors les soldats se déchainent. Ils piétinent les hosties, crachent dessus. Mettent à nu le Chouan, lui collent les hosties sur tout le corps et lui tirent dessus avant d’abandonner aux loups son cadavre attaché à un arbre…

Ma critique

Contrairement à ce que pourrait faire croire son titre, cet ouvrage n’est pas du tout un recueil de contes. Toutes ces histoires sont véridiques et appartiennent à la triste histoire de la Chouannerie, laquelle eut lieu en Normandie et en Bretagne. À ne pas confondre avec la Vendée militaire, même si l’esprit de révolte du peuple contre une révolution qui, niant Dieu, le Roi et même la propriété, bouleversait définitivement l’ordre ancestral, les mœurs et les croyances du pays réel, était le même. Ces « jacqueries » ne furent pas uniquement l’apanage des territoires de l’Ouest. Il y en eut de semblables en Provence, dans le Languedoc, le Lyonnais et même dans le Nord de la France. Toutes finirent dans le sang. Il y a à boire et à manger dans ce recueil, articles de journaux, résumés de vie de grands chefs chouans tels Frotté ou Madame de Berry, aventures de personnages cocasses ou tragiques tels Joseph Culcu, anecdotes, descriptions diverses et variées. Le seul fil rouge reste la Chouannerie, mais vue par petites touches, de manière quasi-impressionniste. Que de belles et tristes histoires de fidélité, de grandeur, de sacrifice et de dévouement jusqu’à la mort. Un tel ouvrage peut servir d’introduction sur le sujet et donner envie au lecteur d’approfondir sa connaissance de la plus honteuse des pages de l’histoire de la République, celle où, après avoir tué le Roi, persécuté l’Eglise et guillotiné les nobles, les révolutionnaires faisaient tirer sur le peuple.

Ma note

4/5

ESSAIS

J’AI TIRE LE FIL DU MENSONGE ET TOUT EST VENU (PHILIPPE DE VILLIERS)

Le résumé du livre

Que penser des « Pères fondateurs » de l’Union Européenne ? Les deux prétendus inspirateurs : Jean Monnet, cet homme d’affaire plus anglo-saxon que français, qui fut l’homme des Américains, lesquels financèrent cette « construction » sous le paravent de la Fondation Ford et de quelques autres… Robert Schuman, mosellan dont la famille opta pour l’Allemagne en 1870, enrôlé dans les services de la Wehrmacht, ministre sous Pétain, frappé d’ « indignité nationale » à la Libération et finalement gracié par de Gaulle. Le premier président de la Commission, Walter Hallstein ancien officier instructeur de la doctrine nazie avant d’être « dé-radicalisé » aux Etats-Unis et recyclé comme un certain nombre d’autres. De drôles de cocos et une idéologie qui remonte donc à la « Grande Europe » d’Hitler et à l’école d’Uriage de Vichy. Les dossiers commençant à être déclassifiés, Villiers et son équipe ont pu faire parler les archives. Bien des vérités dérangeantes comme celle-ci leur apparurent…

Ma critique

Cet ouvrage est une enquête sérieuse, sas concession et parfaitement documentée. En fin de volume une centaine de pages regroupant les fac-similés de tous les documents en attestent. Depuis le début, on nous a menti. Les preuves sont là, devant nos yeux ! L’Europe puissance n’existe pas. Elle n’a jamais existé et elle n’existera jamais. Par contre, délocalisations, chômage, fiasco économique et immigration de masse sont bien là. Tout comme chez Orwell, la « construction », c’est-à-dire la fabrication artificielle et totalement idéologique, n’est qu’une déconstruction des nations, des familles, des mœurs, des territoires et des civilisations. Organisée, contrôlée et financée par les Etats-Unis (« qui paye l’orchestre choisit la musique ! », dit-on), cette entité totalement artificielle ne leur fait pas contrepoids, mais est une succursale de ceux-ci et leur laboratoire principal pour le mondialisme, la globalisation, l’américanisation sans limite. Le déficit démocratique est tel que ce n’est plus qu’une « prison des peuples ». La propagande, financée par les banquiers qui tiennent tous les médias et par un certain George Soros, est si puissante qu’on peut avoir l’impression que cette nouvelle union soviétique est là encore pour mille ans. En fait, selon Villiers, elle est déjà en soins palliatifs. À quand le Frexit ? Livre passionnant, très bien écrit, qu’un maximum de gens devrait lire pour que les écailles leur tombent des yeux et que les choses changent enfin.

Ma note

4,5/5

THRILLER

LA CHAMBRE DES MURMURES (DEAN KOONTZ)

Le résumé du livre

Cora Gunderson, enseignante célibataire, ne sait pas résister aux injonctions de sa voix intérieure. Celle-ci lui a ordonné de remplir son 4X4 de quinze jerrycans d’essence fermés par un simple film de plastique, de rouler en direction du centre-ville, de les allumer et de précipiter son véhicule transformé en véritable bombe roulante contre la vitrine d’un restaurant…

Jane Hawk, qui a toutes les polices américaines aux trousses, s’introduit chez un célèbre journaliste d’investigation nommé Hannafin en espérant qu’il voudra bien dévoiler toutes ses découvertes dans son journal. Quand elle découvre que celui-ci veut jouer double jeu, Jane se rabat sur un de ses amis, Randall Larkin, avocat, qu’elle kidnappe après l’avoir copieusement chloroformé. Mais les proches de Larkin, inquiets de son absence, lance à sa recherche un certain Jason Drucklow, détective privé spécialisé dans les coups tordus…

Ma critique

On l’aura compris, ce second opus, suite de « Dark Web », repart sur les chapeaux de roue. L’intrigue de ce thriller remarquable prend même de l’ampleur, les évènements se précipitent, un pan après l’autre se découvre l’ampleur du mal. Le lecteur va de découvertes en découvertes, toutes aussi inquiétantes que surprenantes. Le suspens se maintient à un tel niveau qu’il est fort difficile au lecteur de poser un livre qui malgré ses 447 pages est dévoré en fort peu de temps. En plus de l’intérêt « récréatif » de cet ouvrage, il est possible d’y voir une sinistre projection sur notre avenir. On rêverait que tout ce cauchemar ne soit que pure science-fiction alors que ce n’est que de l’anticipation intelligente. Les nano-technologies sont déjà là. Ce qu’imagine Dean Koontz (qui s’est d’ailleurs inspiré de Raymond Shaw, il le dit lui-même) est à nos portes. Encore quelques années ou décennies et ce sera réalisable d’autant plus l’esprit niveleur et mondialisant qui le sous-tend est déjà bien présent. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »… On attend la suite avec une grande impatience !

Ma note

4,5/5

ROMAN

LES ERRANTS DE LA NUIT (PAUL FEVAL)

Le résumé du livre

Dans les Ardennes, du côté de Sedan, c’est le soir où l’on « saude », c’est-à-dire celui où tous les jeunes gens arpentent les rues en criant à tue-tête le nom des fiancés à venir. Dans une humble chaumière, un vieux moine est sur le point de rendre son âme à Dieu. Comme il est détenteur d’un terrible secret remontant aux heures de la révolution, son hôte, Jean Guern, sellier-bourrelier royaliste d’origine bretonne essaie de l’interroger. Mais le moine décède avant d’avoir rien révélé d’important. Jean fouille alors la malle du religieux. Il y trouve toutes sortes de documents provenants de deux familles nobles de la région, les Bazeille et les Soleuvre, massacrés et dépouillés à l’époque. Seul, leur dernier descendant, Hector, a pu être sauvé. L’ennui c’est qu’il est en prison dans l’attente de son exécution. On lui a fait parvenir tout le nécessaire pour qu’il puisse s’évader, mais il a refusé, car il est sûr que celle qu’il aime, la belle Honorine de Blamont, lui préfère le prétendant choisi par son père, un bourgeois enrichi grâce à la Révolution…

Ma critique

Paru en 1857, sous forme de feuilleton, « Les errants de la nuit » est roman populaire bien dans le style de l’époque. C’est-à-dire fort bien écrit, très agréable à lire et plein de rebondissements. L’intrigue est très bien menée même si certaines situations sont plus que classiques dans la littérature : les amants contrariés, le légitime héritier dépouillé par d’avides escrocs ou le trésor caché dans un souterrain. Le pauvre Hector sera d’ailleurs aidé par un tas de braves gens tous issus du petit peuple, mais restés fidèles à l’aristocratie dans la mesure où celle-ci savait rendre service au peuple au lieu de se servir sur son dos. On est très loin des tendances actuelles. Avec Féval, les bons finissent toujours par l’emporter et les méchants sont châtiés. Les valeurs éternelles sont respectées. Même si cet ouvrage n’est pas le plus flamboyant de la production du prolifique auteur qui fit jeu égal avec Balzac et Dumas en son temps ; il reste un vrai plaisir de lecture ne serait-ce que pour profiter d’une bonne bouffée d’air frais et revigorant.

Ma note

4/5

HORREUR

ZOMBIE STORY, L’INTEGRALE (DAVID WELLINGTON)

Le résumé du livre

En Somalie, Dekalb, ancien inspecteur des Nations Unies, est fait prisonnier par un groupe d’enfants soldats qui acceptent de lui laisser la vie sauve s’il parvient à leur fournir un médicament pour soigner leur chef Mama Haléma atteinte du sida. Il devra leur laisser en otage sa petite fille Sarah. On lui promet qu’elle sera bien traitée car c’est une « sœur de couleur ». Dekalb a beau faire fouiller tous les hôpitaux d’Afrique, tous les camps de réfugiés de l’ONU, il ne trouve rien. Il faut dire que suite à un cataclysme mondial de grande ampleur, tous les pays les plus développés ont été ravagés puis envahis par des hordes de zombies cannibales et que seule quelques très rares enclaves épargnées par le phénomène subsistent. Dernière chance pour Dekalb : aller à New-York chercher le fameux médicament au siège des Nations Unies. Quand enfin ils y parviennent sur l’antique remorqueur d’Osman, impossible d’aborder tellement le fleuve est rempli de centaines de milliers de cadavres de zombies tous achevés d’un coup de pic dans le front et flottant à la dérive…

Ma critique

« Zombie story » est un roman d’horreur et d’épouvante dans la lignée de « Word war zombie » (WWZ) et « Walking dead », mais quelques crans au-dessous surtout au niveau des intrigues. Cette intégrale regroupe trois romans « Zombie island », « Zombie Nation » et « Zombie planet ». Le premier et le dernier tome bénéficient d’une véritable intrigue avec des personnages servant de fil rouge comme Dekalb et Ayaan dans le N°1 ou Sarah et Ayaan dans le N°3. Idem pour la progression en chapitres assez courts et relativement bien construits. Ce n’est pas le cas du N°2 qui semble beaucoup plus brouillon avec un tas de personnages secondaires et d’anecdotes accumulées sans fil directeur ni véritable progression, rendant la lecture nettement plus laborieuse. Le lecteur est vite lassé de cette histoire qui se résume à une accumulation de cadavres, à tout un grand guignol sanguinolent qui vire à l’invraisemblable quand il faut tuer plusieurs fois un personnage lequel survit à une balle dans la tête, puis à un coup de sabre, à la noyade et enfin à une crémation en bonne et due forme. Cet ouvrage laisse une impression détestable, celle d’une sorte de fascination macabre de l’auteur pour tout ce qui touche à la mort, à l’enfer, à la damnation. Goules, liches, sorciers et autres loups-garous sont également de ce sabbat littéraire. Si on y ajoute un style très moyen, lourd et répétitif, on obtient le complet combo de la médiocrité. Conclusion : ouvrage à fortement déconseiller aux rationalistes et aux âmes sensibles !

Ma note

3/5

POLICIERTHRILLER

DARK WEB (DEAN KOONTZ)

Le résumé du livre

Jane Hawk, inspectrice du FBI, a trouvé son mari, ancien militaire de la Navy, mort dans leur salle bains. Il se serait lui-même tranché la jugulaire, ce que Jane n’arrive pas à croire plausible. Persuadée qu’il s’agit d’un meurtre et non d’un suicide, elle prend un congé sans solde et entame une enquête personnelle qui l’amène à se pencher sur d’autres cas de suicides aussi peu vraisemblables. Son mari n’était pas dépressif, il aimait la vie et n’avait aucune raison objective de mettre fin à ses jours. Très vite, Jane se retrouve confrontée à toutes sortes de personnages louches que ses recherches semblent déranger. Comme ils menacent de s’en prendre à son fils, elle le cache chez un couple d’amis. Elle change de véhicule, se sépare de son GPS, de son ordinateur et de son smartphone pour ne plus utiliser que des portables prépayés. Elle surfe sur le net uniquement dans des bibliothèques publiques. Elle fait tout ce qui est humainement possible pour se rendre indétectable. Mais l’enjeu est tellement énorme que ses ennemis ne lâchent jamais leur traque. Parviendra-t-elle à découvrir la vérité cachée derrière cette recrudescence étrange de suicides ?

Ma critique

« Dark web » est un thriller plutôt original autant par le fond que par la forme. C’est un thriller dans la mesure où les cadavres s’accumulent tout au long du parcours de l’enquêtrice fugitive. Mais c’est également une enquête d’investigation dans la mesure où il y a recherche d’un complot mené au plus haut niveau avec des conséquences potentielles terribles pour toute l’humanité. Mais le format utilisé, la saga en plusieurs tomes, n’est guère habituel dans ces deux genres. Le premier volet de cette affaire s’achevant sans que rien ne soit vraiment dévoilé, le lecteur se retrouve frustré et n’a qu’une envie c’est de lire la suite, tant ce début est bien mené, haletant, plein de suspens et de rebondissements. Un ouvrage de divertissement sans doute, mais avec un thème incitant à la réflexion sur toutes sortes de sujets comme le « dark net », les réseaux secrets de trafics et de prostitution et surtout sur les manipulations mentales. Si on y ajoute une héroïne attachante bien qu’un tantinet « superwoman », on s’aperçoit que toutes les cases du best-seller addictif sont cochées. Pas étonnant de la part de notre diabolique Dean, grand maître du genre !

Ma note

4/5

BIOGRAPHIESHISTORIQUE

GODEFROY DE BOUILLON (ALPHONSE VETAULT)

Le résumé du livre

Originaire du duché de Lorraine, Godefroy, de noble lignée, devient très jeune orphelin de père. Pris en charge par son oncle, il se destine très tôt à la carrière des armes. Au décès de celui-ci, le tout jeune chevalier découvre que la quasi-totalité de son héritage a été détournée. Il ne dispose plus que de rares terres alors qu’il aurait dû être à la tête d’un véritable duché allant de Verdun jusqu’en Hollande. Il en appelle au roi HenriIV d’Allemagne et aux autorités épiscopales qui ne parviennent pas à lui faire récupérer tous ses biens. Selon la tradition, dans ce cas de figure, tout peut être réglé en dernière instance par l’ordalie, le « jugement de Dieu ». Dans un duel épique contre son rival et cousin, son épée brisée, il risque la mort mais finit néanmoins par vaincre. En bon chrétien, il lui fait grâce de la vie. Quelques années plus tard, répondant à l’appel du pape Urbain II, il se retrouve à la tête d’une formidable armée de chevaliers venus de toute l’Europe pour délivrer le tombeau du Christ. Les petites gens, chauffés à blanc par Bernard l’Ermite, se mettent en route en premier avec une escorte militaire insuffisante. Ils finissent presque tous massacrés par les Bulgares. Pendant ce temps, Godefroy vend tous ses biens pour financer la croisade des chevaliers qui sera couronnée de succès avec la prise de Jérusalem en 1099.

Ma critique

« Godefroy de Bouillon » est une biographie d’excellente qualité datant de 1874, mais toujours aussi intéressante à lire et toujours parfaitement documentée et sourcée. Une référence. Elle retrace la vie d’un personnage hors norme, un colosse, un grand stratège, doté d’un charisme extraordinaire et d’une foi à déplacer des montagnes. Cette première croisade fut loin d’être une promenade de santé, mais plutôt un calvaire, une longue suite de souffrances et de tribulations. Passé la frontière allemande, tout alla de mal en pis. Attaques de pillards, prises de villes, double jeu des Grecs, trahison du Basileus, batailles entre chrétiens, famines, épidémies, tueries en tous genres. Il fallut s’emparer une à une de toutes les villes tenues par les Turcs, affronter à dix contre un et même à 40 contre un, les armées turques et égyptiennes. Les morts se chiffrèrent par dizaines et même par centaines de milliers. L’ensemble de la « migration » étant évaluée à environ 600 000 personnes au départ, se retrouva à moins de 40 000 croisés à l’arrivée, sous les murs de la ville sainte. Tout fut d’une férocité qui peut sembler monstrueuse à notre époque. Bien au-dessus de ces rivières de sang, s’élève la noble figure de Godefroy qui ne voulut jamais être roi dans une ville ou son Roi ne porta qu’une couronne d’épines, qui entra pieds nus et simplement revêtu d’une aube blanche, qui passa des heures en prière dans l’église du Saint Sépulcre alors que ses troupes en pleine folie de la victoire, dévastaient toute la ville. Il refusa tout avantage pour lui-même alors que ses alter ego se taillaient des fiefs et des domaines et mourut un an plus tard empoisonné par un émir qui l’avait invité à dîner. Au total, une page d’histoire bien sombre mais illuminée par une magnifique figure de héros chevaleresque.

Ma note

4/5

AUTOBIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

L’HÔPITAL (ALPHONSE BOUDARD)

Le résumé du livre

C’est l’été. Atteint de tuberculose, Alphonse, 26 ans, est admis à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre. À peine arrivé, il doit abandonner ses chaussures, quitter ses vêtements civils qui prennent la direction de l’étuve. En échange, il reçoit des savates de taulard, une chemise rêche, sans col et sans bouton, un « froc de toile grise trop court ou trop long et une capote luisante d’usure. » Il pense avoir attrapé son bacille de Koch au mitard. Il partageait la cellule avec un Sénégalais prénommé Aboudou, sans doute contagieux qui n’arrêtait pas de tousser, cracher et postillonner. Ajouté à la maigre pitance, le froid et l’humidité, cela avait suffi à lui créer une volumineuse géode côté droit de son poumon et un voile opaque inquiétant côté gauche. Que faire pour passer le temps ? Alphonse bouquine, il dévore tous les livres qui lui tombent sous la main. Il attend une place dans le service de phtisiologie de Cochin…

Ma critique

« L’hôpital », sous-titré « Une hostobiographie », est une description résolument comique de la triste réalité de la condition des patients dans les hôpitaux, les sanatoriums et les centres de post-cures des années cinquante. Nul doute que ce livre pourra servir de référence pour les historiens de ce siècle et des prochains. La pénicilline et les antibiotiques venaient tout juste d’être découverts et l’on soignait encore les patients de façon aussi barbare qu’inefficace (ponctions, thoracoplastie, insufflation d’air sous la plèvre, etc.) Résultat : les patients croupissaient des mois et des années sans grande amélioration. Nombreux étaient ceux qui passaient l’arme à gauche. Boudard aurait pu livrer un témoignage sinistre et déprimant. En choisissant le rire rabelaisien, l’humour grinçant, la dérision, il réussit le tour de force d’amuser le lecteur avec un aussi piètre sujet. Ses descriptions de personnages allumés, hauts en couleurs (obsédés sexuels, poètes incompris, clochards azimutés et autres alcooliques invétérés) sont remarquables. Un peu moins drôle et un peu plus grinçant que « Cinoche », cet ouvrage procure un indéniable plaisir de lecture. Il faut impérativement lire ou relire la prose de ce brave Alphonse ne serait-ce que pour savourer son style et sa langue verte.

Ma note

4/5

HUMOURROMAN

CINOCHE (ALPHONSE BOUDARD)

Le résumé du livre

Milo, un vieux truand sur le retour propose à Alphonse de participer à un film du metteur en scène Luc Galano qui n’a d’autre qualification que celle d’être le fils d’un peintre aussi célèbre que richissime. Il s’agirait d’adapter au cinéma l’histoire de sa vie en l’édulcorant un tantinet. Alphonse serait en charge du scénario et des dialogues. Il officierait dans la magnifique villa que Galano possède à Saint-Tropez. Un peu beaucoup en période de vaches maigres, Alphonse accepte sans trop se faire d’illusions sur le résultat. Gloria, la compagne de Galano, pressentie pour le rôle féminin principal, est une « has been » qui n’a eu son heure de gloire que dans des péplums ou des séries Z. Et pour ne rien arranger, leurs deux enfants élevés « à l’américaine », c’est-à-dire sans la moindre contrainte, mènent une telle sarabande que ça ne facilite pas la tâche du pauvre scénariste. Sans parler de toute la ménagerie de Gloria, le boa constrictor, le mainate qui répète des grossièretés à longueur de journée, la mangouste qui fait ses besoins un peu partout et bientôt une jeune lionne pas très compréhensive. Quand un producteur allemand homosexuel pas très fiable y ajoute ses propres caprices et lubies comme une adaptation de la vie de Debussy dans l’esprit de 68 ou un projet de trio amoureux complètement bidon, on atteint des sommets dans la loufoquerie…

Ma critique

« Cinoche » se présente comme un récit parodique totalement déjanté, une charge au vitriol comme le petit monde faisandé du cinéma. Le regretté Alphonse Boudard, en ayant eu une expérience personnelle plutôt douloureuse, se permet une charge caricaturale particulièrement savoureuse avec cette histoire loufoque qui n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’il a réellement vécu. Tout est réinventé, retravaillé et réinterprété. Le lecteur a beau essayer de retrouver sous les pseudos des personnages ayant réellement existé, c’est un peu peine perdue tant l’auteur a embrouillé la situation, mélangé les sujets et refabriqué les personnages. Prépare-t-il « Le gang des otages » ou « Flic Story » ? On ne sait trop. Luc Galano représente-t-il Edouard Molinaro ou Jacques Deray ou un mix des deux plus des traits de quelques autres ? Difficile à dire. Milo est certainement Emile Buisson, tout comme Anceny de la Glapaudière, Denys de la Patellière, Loulou Musardin, Audiard, ou Tartemplon, Plon. Plus difficile à identifier sont l’actrice Gloria Sylvène, l’éditeur Rubicond ou le producteur Slimane Chilbik. Mais ce ne sont que détails accessoires. L’essentiel reste un plaisir de lecture énorme encore aujourd’hui dû à la verve, à l’humour ravageur et à la langue verte aussi savoureuse que remarquablement maîtrisée de l’auteur.

Ma note

4,5/5

BIOGRAPHIES

ALPHONSE BOUDARD UNE VIE À CRÉDIT (DOMINIQUE CHABROL)

Le résumé du livre

Saviez-vous qu’Alphonse Boudard s’appelait en réalité Michel (ou Pierre) Boudon ? Saviez-vous qu’il partit un été en stop de Paris avec sa compagne pour rencontrer Jean Giono à Manosque et que ce dernier lui offrit l’hospitalité dans sa bergerie du Contadour ? Saviez-vous que c’est à la prison de Fresnes qu’il découvrit la littérature (Céline, Balzac, Stendhal, Maupassant, Saint-Exupéry, etc.) et qu’il en poursuivit l’exploration dans tous les hôpitaux et sanas qu’il fréquenta ? Saviez-vous qu’il rencontra Aragon de passage dans la librairie de Saint-Germain où il travaillait ? Débarqué d’une rutilante limousine et vêtu comme un grand bourgeois, son image ne lui sembla pas vraiment correspondre à sa réputation d’écrivain du prolétariat. Saviez-vous que c’est Albert Paraz qui fut le premier à l’encourager à se lancer dans l’écriture ? Saviez-vous aussi qu’il a rencontré à maintes reprises Louis-Ferdinand Céline et qu’il fut également très ami avec le peintre Gen Paul, un des complices du maître de Meudon ? Saviez-vous enfin le 18 mai 2019, une rue à son nom a été inaugurée dans son quartier d’origine, le XIIIème arrondissement de Paris ?

Ma critique

Vous trouverez toutes ces découvertes et des dizaines d’autres dans « Alphonse Boudard, une vie à crédit », remarquable biographie de l’auteur regretté de « La métamorphose des cloportes », des « Combattants du petit bonheur », de « La cerise » et de « L’hôpital », entre autres ouvrages marqués au coin de la truculence et d’un argot charmant et maîtrisé qu’il partageait avec Simonin, Dard ou Audiard, d’une langue verte aujourd’hui en voie de disparition tout comme le Paris qu’il connut. Cet ouvrage très bien écrit et parfaitement documenté permet de faire la part entre le réel et le romancé. Ce cher Boudard ayant passé son temps à raconter sa vie de résistant, de taulard, de tubard ou de scénariste, d’aucuns auraient pu croire que tout avait été dévoilé. Que nenni ! Le lecteur découvrira par exemple qu’il ne fut pas vraiment une pointure dans l’ouverture des coffres forts, qu’il ne braqua pas la maison Borgniol, mais une modeste pâtisserie le triste jour où il se fit alpaguer et qu’il écopa d’une peine inférieure à celle racontée. Dominique Chabrol, très respectueux de l’esprit de modestie de son sujet, reste très discret sur sa vie privée. Il ne dit pas quelle profession exerçait vraiment la mère d’Alphonse qui venait le voir chez sa nourrice dans une rutilante Panhard-Levassor décapotable. C’est tout juste si l’on apprend au détour d’un paragraphe qu’il eut une maîtresse. Les amateurs de potins style « Voici-Gala » en seront pour leurs frais. Les autres verront dans cet ouvrage un livre de référence qui leur en apprendra énormément et qui leur donnera sans nul doute envie de lire ou de relire ce sympathique auteur. À noter également la présence d’un très intéressant cahier central regroupant photos et documents d’époque.

Ma note

4,5/5

SCIENCE-FICTION

L’AGE DES ÉTOILES (ROBERT HEINLEIN)

Le résumé du livre

Tom et Pat Bartlett sont deux frères jumeaux dotés d’une caractéristique assez rare : ils peuvent communiquer par télépathie. Cherchant à recruter des « communicateurs de l’espace », un institut contacte leur père pour leur faire subir une batterie de tests. Ils sont jugés aptes à participer au projet « Lebenraum » (espace vital). La terre étant surpeuplée, il faut trouver de nouvelles planètes habitables. L’un des jumeaux partira dans l’espace pendant que l’autre restera sur Terre. Ainsi, grâce à leur don, l’expédition pourra toujours donner des informations, même à des années-lumière, là où des moyens traditionnels comme la radio ne fonctionnent plus. D’abord volontaire pour partir, Pat, victime d’un accident, doit céder sa place à Tom qui embarque sur le « Lewis et Clarck », un vaisseau-torche capable de filer à la vitesse de la lumière. L’ennui, c’est que le temps ne s’écoule pas à la même vitesse sur terre et aux confins de la galaxie. Quand Tom ne vieillit que de quelques jours, Pat prend des années.

Ma critique

« L’âge des étoiles » est un roman de science-fiction de belle qualité du regretté Robert Heinlein qui fut avec Isaac Asimov et Arthur C.Clark un des trois « grands » de la SF américaine de l’autre siècle. Bien que ce ne soit pas le plus remarquable des ouvrages du maître, il se lit encore avec beaucoup de plaisir. Le style est agréable, l’intrigue solide et bien menée avec quelques rebondissements allant crescendo pour parvenir à une fin bien trouvée mais qu’il ne faut pas dévoiler. Au total, un livre divertissant mais donnant aussi à réfléchir sur la relativité, le temps qui passe, celui qui reste, l’incommensurable difficulté que pourrait représenter la colonisation de planètes lointaines. Avec cependant un côté naïf et optimiste bien dans l’esprit de l’époque : le « Lewis et Clark », merveille de technologie au début est surpassé à la fin par des fusées beaucoup plus rapides, capables de quasiment annihiler l’espace et le temps. C’est dire !

Ma note

3,5/5

JEUNESSEPOLICIER

LANGELOT ET L’INCONNUE (VLADIMIR VOLKOFF)

Le résumé du livre

Le sous-lieutenant Langelot est chargé par son service secret, le SNIF (service national d’information fonctionnelle) de protéger une jeune femme, Graziella Andronymos, fille du président en exercice de la Côte d’Ebène. Alors qu’il commence par fouiller son appartement parisien, Langelot se retrouve surpris par quatre malfrats chargés par un certain Bellil de kidnapper Graziella. Ceux-ci ne se connaissant pas les uns les autres, l’agent secret arrive à se faire passer pour l’un d’entre eux après en avoir neutralisé un. Mais il ne peut empêcher que Graziella ne soit chloroformée et enfermée dans une malle avant d’être cachée dans une cave puis embarquée sur un bateau. Mais la donzelle a plus d’un tour dans son sac. Ne voulant pas jouer les victimes, elle ne tarde pas à prendre l’initiative. L’affaire risque d’avoir de graves conséquences pour le maintien de bonnes relations diplomatiques entre la France et la Côte d’Ebène pays producteur d’uranium.

Ma critique

« Langelot et l’inconnue » est un roman d’espionnage pour adolescents un peu dans la lignée des OSS 117, mais avec un héros quasi-juvénile. Bien écrit et distrayant sans plus, cet ouvrage ne datant pourtant que de 2001 a déjà un peu vieilli. Trop de naïvetés, d’invraisemblances et de personnages ou situations se rapprochant de la bande dessinée lui donnent un petit air suranné. Loin d’être le meilleur livre du regretté auteur, celui-ci relève plus du roman de gare, vite lu, vite oublié et qui ne fera même pas date dans la littérature de divertissement. On ne voit même pas quelle adaptation télévisuelle ou cinématographique il serait possible de tirer de pareille œuvrette.

Ma note

2,5/5

HISTORIQUE

LES FANFARONS DU ROI (PAUL FEVAL)

Le résumé du livre

À Lisbonne, en 1662, la famille de Bragance est revenue sur le trône après une période de domination hispanique. Dona Louise de Guzman, veuve du roi Jean, exerce la régence jusqu’à la majorité de son fils Alphonse. Impotent et faible d’esprit, ce dernier ne jure que par son favori, Conti de Vintimille, un Génois fils de boucher, aussi ambitieux que dépravé. Chaque nuit, il lâche dans la ville deux troupes de ses sbires, « les Goinfres » chassant à pied et « les Fanfarons » à cheval. Malheur au bourgeois ou à la pauvre fille qui tombe entre leurs mains. Le peuple excédé commence à s’organiser en sociétés secrètes quand Conti fait proclamer un édit royal interdisant à tous les habitants de la capitale portugaise l’usage des torches la nuit et le port de toute arme. Mais voilà qu’un certain Simon de Vasconcellos, noble de haute lignée, s’oppose résolument à cette loi inique…

Ma critique

« Les fanfarons du roi » est un roman de cape et d’épée paru en 1843 d’abord sous forme de feuilleton à raison d’un chapitre par livraison. C’est également et surtout un roman historique comme on n’en écrit plus, c’est-à-dire très fidèle aux évènements. Le prolifique auteur (200 titres à son actif) surtout connu pour « Le Bossu » disposant d’un style fluide et agréable, propose une narration rapide enchainant sur un rythme soutenu toutes les péripéties habituelles du genre : enlèvements, coups d’épées, ingénue menacée, jumeaux devenant frères ennemis, traitres, spadassins sans foi ni loi et bien sûr un colosse loyal, courageux et fidèle jusqu’à la mort. Truffé de rebondissements, cet ouvrage reste un vrai plaisir de lecture en dépit de son grand âge. En son temps, Paul Féval fut un maître du genre, faisant jeu égal avec les plus grands comme Dumas, Sue ou Zévaco. Pour se distraire en en apprenant pas mal sur une crise de régime dans le cas présent, rien de tel que ce genre d’ouvrage.

Ma note

4/5

ROMANROMANCE

FRANZ (CHRISTIAN COMBAZ)

Le résumé du livre

D’ascendance britannique, autrichienne et italienne, Franz Channing fait partie d’une famille tout à fait atypique. Son père, alcoolique, tire le diable par la queue, exerce mille métiers, tente des transactions risquées qui finissent mal le plus souvent. Sa mère devient fanatique d’une secte américaine. Sa sœur Annette se retrouve retenue en otage par la famille italienne pour obtenir le remboursement d’une somme détournée par son père. Et lui-même est une sorte de surdoué qui parle six langues, peint, sculpte, tire le portrait de nombre de gens mais surtout de Yoli, orpheline recueillie par un couple de Hongrois, qu’il connait depuis l’enfance et dont il est secrètement amoureux. Fan de deltaplane, Franz passe également son temps à prendre des photos de mains et à en tirer des prémonitions qui s’avèrent souvent exactes. Ses flashs lui permettant de prédire l’avenir intéressent de plus en plus de monde et même de beau monde, Franz en vient rapidement à sortir de la gêne et à voyager un peu partout dans le monde.

Ma critique

« Franz » se présente comme un roman classique où l’élément sentimental avec la romance sans issue vécue avec Yoli le dispute au volet social avec la dislocation progressive d’une famille partant à vau l’eau. Les personnages sont originaux mais pas tous sympathiques ou attachants. L’intrigue repose sur une suite de petits faits du quotidien, finement et même malicieusement observés. La narration classique mais très particulière de Combaz réussit le tour de force d’être à la fois minimale et allusive (des faits importants décrits en une phrase ou deux) et lente et sans rythme dans les descriptions des ressentis et autres états d’âme des uns et des autres. L’ensemble procure une lecture plutôt laborieuse. Le lecteur parvient péniblement au bout des 492 pages, bien triste que tout s’achève de cette façon pour Yoli et Franz, mais en se disant qu’une telle histoire aurait pu avantageusement être réduite à 180 voire 200 pages.

Ma note

3/5

HUMOUR

LE LIVRE DE LA JUNGLE POLITIQUE (MORCHOISNE & FESTJENS)

Le résumé du livre

Dans une jungle qui doit beaucoup à Rudyard et quelque peu à Walt, le lecteur a l’opportunité de rencontrer Mowgli (Macron), le « mou qui glisse sur les peaux de banane », Raksha (Brigitte), la mère louve sans qui « l’enfant sauvage n’aurait été qu’un singe savant », Bagheera (Philippe), la panthère noire à longues pattes qui passe son temps à avaler des couleuvres, Chiiiz (Lemaire), le ouistiti argenté toujours content, Rikiki-Ravi (Darmanin), la mangouste toujours satisfaite, Casta-Rama (Castaner), le buffle qui ne charge pas à la vue du chiffon rouge mais à celle du gilet jaune, sans oublier Shere Khonn (M. Le Pen), la tigresse blonde qui n’est « bonne qu’à rugir et à distribuer des coups de griffes », les trois vautours déplumés (Collomb, Juppé, Giscard), le hurleur roux (Mélenchon), si partageur qu’il « tient à ce que tous les fruits de la jungle soient répartis équitablement » à l’exception des siens… et quelques autres de plus ou moins grande importance ou dangerosité…

Ma critique

Recevoir ce « Livre de la jungle politique » fut pour moi comme un cadeau de Noël avant l’heure, comme un moment de récréation, comme un antidote décapant pour remédier aux tristes effets d’une époque aussi frileuse que morose. Quel plaisir, quel régal de lire ce bestiaire rassemblant rien moins que 48 caricatures d’hommes et femmes politiques de France et d’ailleurs (Merkel, Poutine et Trump ont aussi leurs pages), d’aujourd’hui et d’hier (De Gaulle, Chirac et Sarkozy n’échappent pas non plus traits de Morchoisne ). Le coup de crayon de ce dernier, sans doute le meilleur caricaturiste de sa génération, le Daumier du XXIème siècle, est incisif, ravageur et criant de réalisme. Il faut dire que l’animal n’en est pas à son premier coup de griffe. Combien d’albums d’anthologie n’a-t-il pas déjà signés ? « Portraits crachés », « Les gueules du siècle », « L’homme descend du singe », « Ces cabots qui nous dirigent » ou « Ces grosses bêtes qui nous gouvernent », pour n’en citer que quelques-uns. La plupart du temps avec les commentaires d’humoristes aux langues bien pendues comme le regretté Pierre Desproges ou Didier Porte. Son nouveau binôme pour les textes, Jean-Louis Festjens, réussit très bien à rester à la hauteur de ses prédécesseurs, avec un humour corrosif, toujours bon enfant, jamais méchant, usant et abusant de bons mots, calembours, jeux de mots et traits d’esprit de toutes sortes. Le lecteur éclate de rire quasiment à chaque ligne. Une totale réussite relevée par une édition de qualité, à tous points de vue, couleurs, typo, mise en page, papier, couverture. Ne ratez pas cette version désopilante du « Livre de la Jungle ». Elle est si drôle qu’elle devrait être prescrite par tous les médecins et même remboursée par la Sécurité sociale !

Ma note

4,5/5

ROMANCE

LA MUSE DANS LE GRENIER (DIDIER CORNAILLE)

Le résumé du livre

Le temps d’un week-end, Marc, cadre parisien, retourne dans sa région d’origine pour y retrouver sa vieille mère, sa sœur et son beau-frère. Il a laissé derrière lui, à Paris, son épouse Florence ainsi que ses deux enfants. Pris dans les trombes d’eau d’un violent orage, il perd le contrôle de son véhicule qui se retrouve enlisé sur le bord de la route à moins d’un kilomètre de sa destination. Et c’est là qu’apparait Odile, une amie d’enfance qui a elle aussi mené sa vie dans la capitale, s’est mariée et a eu deux enfants. Devenue veuve, les gosses élevés, elle a laissé son boulot sans intérêt à la RATP pour revenir dans son village natal où elle pratique l’aide à la personne. Le mariage de Marc bat-il suffisamment de l’aile pour que quelque chose sorte de cette rencontre des plus inattendues ?

Ma critique

« La muse dans le grenier » est plus un roman sentimental qu’un véritable roman de terroir bien que l’exode rural, le retour à la terre et la désertification des campagnes restent des thèmes importants en toile de fond. L’auteur a cru bon d’épicer son intrigue, assez mince au demeurant, de vieilles rancœurs villageoises datant de la seconde guerre mondiale avec une histoire d’enfant juive cachée par les paysans et de dénonciation aussi crapuleuse qu’injuste datant de l’Epuration de 1945. Les personnages restent néanmoins passablement stéréotypés. Le style assez quelconque et parfois même un peu lourd ne rachète guère le manque d’intérêt de cette historiette décevante. En un mot, cet ouvrage qui est loin d’être le meilleur de Cornaille ne mérite guère le détour !

Ma note

2,5/5

ESSAISPHILOSOPHIQUE

RÉVOLTE CONTRE LE MONDE MODERNE (JULIUS EVOLA)

Le résumé du livre

Alors que pour la plupart des historiens ou des politologues, la fracture entre l’ancien monde et le nouveau se situe à la Révolution Française, pour Julius Evola il faut remonter beaucoup plus loin, quasiment à la nuit des temps, quand le monde de la Tradition céda peu à peu la place à la modernité. Il faut aller jusqu’aux temps lointains de l’Egypte des Pharaons, de la Rome antique voire de l’Empire Inca pour retrouver trace de cette tradition primordiale. Dans ces mondes ignorant la modernité, toute la société était organisée autour du surnaturel, de la spiritualité dans une harmonie confondante. Le monarque, de quelque nature qu’il fût, se devait d’être un être supérieur, d’essence divine ou quasi divine. Sans discussion possible, il était le centre, l’âme agissante de son Etat et le père aimant et aimé de son peuple. Quiconque aurait voulu s’opposer à sa volonté se se serait retrouvé à aller contre la volonté de Dieu lui-même. Il se serait mis lui-même au ban de la société. Ainsi, à l’origine ou à la disparition de toute civilisation se trouve la présence ou l’absence du fait divin…

Ma critique

« Révolte contre le monde moderne » est un essai de philosophie politique basé à la fois sur l’Histoire telle que nous l’entendons et sur les mythes, légendes et autres hypothèses archéologiques ou non (Atlantide, règne des Titans, traditions nordiques, iraniennes, hindoues, etc.) Evola base sa théorie sur les quatre cycles de l’Humanité (or, argent, bronze et fer). Le premier serait celui de la divinité, celui du grand Monarque. Il aurait dégénéré en âge d’argent avec la prépondérance des guerriers avant de tomber dans celui du bronze le pouvoir passant entre les mains des bourgeois et des marchands. Depuis 1789 et surtout depuis la révolution russe de 1917, le fait spirituel aurait totalement disparu et le pouvoir serait tombé aux mains de la plèbe, de la caste la plus basse et la moins intelligente. Nous en serions au stade le plus bas de la décadence, à l’âge du fer, du Kali-Yuga. Pour aussi troublante qu’elle soit, cette théorie n’en demeure pas moins basée sur des prémisses discutables vu le peu de documents disponibles sur certaines époques. D’une lecture assez laborieuse, cet ouvrage important donne cependant énormément à réfléchir sur le fait que tout a sans doute toujours pas très bien fonctionné et que notre état de décadence semble déjà bien avancé !

Ma note

3/5

JEUNESSE

SUR L’ÉPAULE D’UN GÉANT (NEIL CHRISTOPHER & JIM NELSON)

Le résumé du livre

Il y a très très longtemps, dans le grand Nord canadien, vivait un géant qui s’appelait Inukpak. Il était si grand qu’il pouvait franchir des distances considérables en quelques pas. Il pouvait traverser à pied les lacs les plus profonds. Il était capable de chasser des ours blancs géants ou des baleines sans aucune difficulté car jamais l’eau ne dépassait la hauteur de ses genoux, même quand il s’aventurait loin du rivage. Un jour, il rencontra un chasseur quelque part dans la toundra. Il le prit pour un enfant et le plaça sur son épaule. Terrifié, l’homme se laissa faire. L’ennui c’est qu’en un rien de temps, il se retrouva au bord de la mer bien loin de chez lui. Comme le géant voulait pêcher un chabot, petit poisson d’eau douce d’une dizaine de centimètres, il déposa le chasseur sur le rivage avant de s’avancer dans la mer et de ramener… une baleine !

Ma critique

« Sur l’épaule d’un géant » est une courte histoire inspirée d’un conte inuit qui s’adresse plutôt à un public de très jeunes enfants (3 à 6 ans) vu l’extrême simplicité de son intrigue. De tous temps et dans toutes les civilisations, les géants, les ogres ou les titans ont donné lieu à bien des contes et légendes. Celui-ci, bien que frais et charmant, est sans doute le moins sophistiqué de tous. Le travail d’édition reste de très belle qualité (reliure solide, papier glacé, jolies couleurs). L’un de ses principaux attraits vient sans doute aussi du graphisme précis et élégant de Jim Nelson qui apporte beaucoup dans la mesure où il permet à l’enfant de se faire une meilleure idée de l’échelle et des proportions du héros. Cette petite histoire est complétée en fin d’ouvrage par un à propos plus général sur les géants de l’Arctique qui ne manque ni d’humour ni de poésie.

Ma note

3/5

BIOGRAPHIESHISTORIQUE

HISTOIRE DE SCANDERBEG (CAMILLE PAGANEL)

Le résumé du livre

George Castriote (1405-1468), surnommé par les Turcs « Scanderbeg » c’est-à-dire « Prince Alexandre » en référence à Alexandre le Grand, est le fils de Jean Castriote, notable albanais qui, au moment de la conquête de son pays par les Ottomans dut livrer en otage ses quatre fils qui furent aussitôt circoncis et élevés dans la religion musulmane. Le sultan Murad II, ayant remarqué les qualités guerrières de George lui confia bientôt une armée de 5000 cavaliers qui se couvrit de gloire. À la mort de son père et de ses trois frères, George ne pouvait espérer hériter de ses terres qui revenaient au Sultan. Alors il profita de la mobilisation des Hongrois, Polonais, Italiens, Allemands et Autrichiens contre la Sublime Porte pour changer de camp et se mettre au service de sa patrie, ce qui déclencha immédiatement un immense élan d’enthousiasme en Albanie. Enfin le pays occupé allait pouvoir tenter de se libérer du terrible joug ottoman. Scanderbeg récupère son fief et libère les principales places fortes turques. Aussitôt Murad organise la riposte. Il envoie un premier corps expéditionnaire pour reprendre l’Albanie et laver dans le sang l’affront subi. Ainsi débute une lutte interminable entre Turcs et Albanais qui se poursuivra avec encore plus de fureur sous le règne du fils de Murad, le cruel Muhammad.

Ma critique

« Histoire de Scanderbeg » est la biographie précise minutieuse et documentée du plus grand héros de la nation albanaise. Ce personnage extraordinaire de ténacité et de courage lutta pendant 24 années contre les invasions musulmanes répétées, toujours en infériorité numérique et même technique mais avec une fougue et une furie qui emportait tout sur son passage. Scanderbeg consacra toute sa vie à défendre son petit pays et à assumer quasiment seul le rôle de rempart de la Chrétienté contre la submersion ottomane. Le récit de la prise de Constantinople est un des moments forts de ce livre riche en description de batailles, embuscades et combats de toutes sortes. Hormis une aide limitée des Vénitiens et du roi de Navarre, Grecs et Albanais ne reçurent aucune aide des puissances occidentales. Bien que datant de 1855, cet ouvrage historique de belle qualité se lit facilement mais pas forcément agréablement. Les âmes sensibles devront s’abstenir, car les horreurs des guerres ne manquent pas. La barbarie turque exacerbée par ses échecs à répétition atteignit des sommets : empalement, dépeçage, décapitation systématique des prisonniers, sciage en deux de Chrétiens, à vif bien sûr. Terrible époque…

Ma note

4/5

ESSAISHISTORIQUE

CONSIDÉRATIONS SUR LA NATURE DE LA RÉVOLUTION (JACQUES MALLET DU PAN)

Le résumé du livre

Quelques années après le début de la Révolution française, Jacques Mallet du Pan s’interroge sur ses tenants et aboutissants. Il ne lui est guère favorable. En effet, celle-ci s’est débarrassée de la royauté, s’est organisée en République, s’est emparée des biens du clergé et a commencé à exécuter tous ses opposants. La délation bat son plein. Pour un oui ou pour un non, tout le monde peut devenir suspect. La Terreur s’annonce déjà. Bientôt la Révolution dévorera ses propres enfants. Au niveau économique, rien ne va plus non plus. La Convention dépense sans compter. Elle répand une monnaie de singe appelée « assignats » qui achève de ruiner le pays. Et pour ne rien arranger, elle s’est mis en tête d’exporter la Révolution dans l’Europe entière…

Ma critique

« Considérations sur la nature de la révolution » est un essai de géopolitique qui, malgré sa langue datée (1793) mais toujours lisible, reste un document fort intéressant pour les historiens et pour les amateurs d’Histoire dans la mesure où il présente une analyse précise et assez objective de la réalité révolutionnaire. L’auteur reconnaît que malgré des oppositions populaires virulentes à Lyon, à Marseille, dans le Midi, en Bretagne et en Vendée, la Révolution se maintient solidement. Les armées coalisées qui se maintiennent aux frontières semblent incapables de l’emporter en dépit de leur supériorité numérique. Mallet du Plan termine d’ailleurs son ouvrage en listant les effectifs des différents corps d’armées en présence. Même à 400 000 contre 300 000, l’auteur reconnaît avec sagesse qu’on extirpe pas une idéologie uniquement par la force. À méditer.

Ma note

3/5

ESSAIS

PUTSCH (LAURENT VAUCLIN)

Le résumé du livre

« L’Histoire, ça se brusque ! », proclame fièrement le jeune Laurent Vauclin qui n’attend plus rien de dirigeants corrompus et tous plus néfastes pour l’avenir du pays les uns que les autres. Seul espoir, un coup d’Etat militaire mené par un ou plusieurs généraux refusant le sort que la République réserve à son armée : manque de considération, réduction drastique des moyens en hommes et matériel, missions plus ou moins discutables. Pour Vauclin, seule l’armée avec sa tradition d’honneur, de discipline et de loyauté est encore en mesure de sauver notre pays. Encore faudrait-il savoir ce qu’il adviendrait au lendemain de ce fameux et improbable « putsch ».

Ma critique

« Putsch » se présente comme un court essai, un appel au secours lancé aux militaires, en fait une sorte de bouteille lancée à la mer sans grande chance de réponse vu la réalité de la « Grande Muette ». N’en déplaise à l’auteur, son ouvrage est marqué du coin de l’improbable voire du dangereux car trop entaché de radicalisme voire d’extrémisme. L’Histoire de France avec les épisodes Napoléon Ier (un gros million de morts), Napoléon III (Sedan et une France à genoux en 1870), Boulanger (le comble du ridicule) et les généraux d’Alger (un quarteron de factieux dont on a vu les « brillants » résultats) ne va pas non plus dans le sens des rêves de l’auteur. À lire vite histoire de se rappeler que tout ce qui est excessif est insignifiant.

Ma note

2,5/5

ESSAISRELIGIEUX

COMPOSTELLE, GRAND PÈLERINAGE INITIATIQUE (ANDRÉ DELADURANTAYE)

Le résumé du livre

Du 17 juin au 24 juillet 2004, en 38 jours de marche, le Québécois André Deladurantaye a parcouru toute la partie espagnole du chemin de Saint Jacques de Compostelle (le « Camino Frances ») en compagnie de Sophie, une amie qui s’y retrouvait pour la seconde fois. Etape par étape, il décrit avec une grande précision l’ensemble de son parcours. Il illustre chacune de ses journées d’une « perle de sagesse » distillée par son mentor, Maître Hilarion, dont le lecteur ne sait trop si c’est son gourou qui communique par télépathie, son alter ego ou une voix intérieure qui tel Jiminy Criquet lui distille au compte-gouttes tout un enseignement ésotérique constitué d’une sorte de syncrétisme mystique mêlant christianisme, bouddhisme, hindouisme et autres concepts plus ou moins new age.

Ma critique

« Compostelle, grand pèlerinage initiatique » est donc tout à la fois un journal de bord, un guide technique pour le pèlerin et un ouvrage de spiritualité. Chaque étape est présentée avec une carte en noir et blanc, mais trop simplifiée pour être vraiment utile au marcheur et un profilé des dénivelés. Un DVD comportant des centaines de photos permet de mieux visualiser ce périple mythique de près de 800 kilomètres. On notera également la présence de diverses annexes comme les étapes du parcours, les époques et les styles architecturaux et surtout une liste très précise du matériel indispensable. La partie initiatique aborde tous les thèmes de méditation : gratitude, acceptation, endurance, engagement, dépouillement, confiance, austérité, discipline, concentration, simplicité, tempérance, tolérance, courage, foi, compassion, attention, vigilance, observation, etc. Le témoignage du pèlerin qui souffre en plaçant un pied douloureux devant l’autre kilomètre après kilomètre, subit les sanitaires douteux, les douches froides, les ronflements dans les dortoirs et les réveils bruyants à 5 heures du matin peut sembler plus intéressant à première vue. Les derniers cent kilomètres donnant droit à la fameuse « Compostella » (diplôme de pèlerin) et se prêtant à toutes les dérives et en particulier à des tricheries de toutes sortes sont fort bien décrits. On regrettera la qualité littéraire très faible de cet ouvrage et en particulier la présence d’une grande quantité de coquilles sans parler des faiblesses syntaxiques et grammaticales.

Ma note

3/5

HISTORIQUE

HISTOIRE MYSTÉRIEUSE DES TEMPLIERS (LAURENT DE VARGAS)

Le résumé du livre

Au Moyen Âge, l’ordre du Temple fut un ordre religieux et militaire issu de la chevalerie dont les membres furent appelés les Templiers. Cet ordre fut créé à l’occasion du concile de Troyes, ouvert le 13 janvier 1129, à partir d’une milice appelée les « Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon ». Il se consacra pendant les XIIe et XIIIe siècles à l’accompagnement et à la protection des pèlerins pour Jérusalem. Il participa activement aux batailles qui eurent lieu lors des croisades et de la Reconquête ibérique. Afin de mener à bien ses missions et notamment d’en assurer le financement, il constitua à travers l’Europe chrétienne, un réseau de monastères appelés commanderies grâce à une grande quantité de dons de toutes sortes. Cette activité soutenue en fit un interlocuteur financier privilégié des puissances de l’époque, le menant même à effectuer des transactions sans but lucratif, avec certains rois ou à avoir la garde des trésors royaux. Après la perte définitive de la Terre sainte consécutive au siège de Saint-Jean-d’Acre de 1291, l’ordre fut victime de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe le Bel. Il fut dissous par le pape Clément V le 13 mars 1312, à la suite d’un procès en hérésie. La fin tragique de l’ordre mena à nombre de spéculations et de légendes sur son compte.

Ma critique

« Histoire mystérieuse des Templiers » se présente comme un ouvrage de vulgarisation historique faisant la part belle à bien des hypothèses sur un pan de l’Histoire particulièrement propice à nombre d’élucubrations sans le moindre fondement. Laurent de Vargas pose les bonnes questions : « Les Templiers reniaient-ils vraiment le Christ ? Crachaient-ils sur la Croix ? S’adonnaient-ils à la sodomie ? Adoraient-ils le diable sous la forme d’une idole nommée « Baphomet » ? Etaient-ils devenus cathares ou mahométans ? Quand on sait que les aveux furent obtenus sous la torture et que de nombreux chevaliers revinrent sur ceux-ci, on peut en douter fortement. L’auteur reconnait lui-même l’absence de preuves, cela ne l’empêche pas d’évoquer les fantaisies d’un Gérard de Sède ou d’un Dan Brown avec entre autres l’histoire du Prieuré de Sion. Intéressant sans plus.

Ma note

3/5

ESSAISTEMOIGNAGE

LES DÉCOMBRES (LUCIEN REBATET)

Le résumé du livre

Journaliste et critique d’art, Lucien Rebatet se trouve en Allemagne au moment de la reprise de la rive droite du Rhin par les armées hitlériennes. Quelques années plus tôt, il avait fait partie des troupes françaises qui occupaient misérablement cette même Rhénanie. Il avait tenu la rubrique musicale puis littérature et cinéma à « L’Action Française », revue royaliste dont la vedette était Charles Maurras. À l’époque, personne ne croit qu’Hitler va réussir à se maintenir au pouvoir bien longtemps. Seul Maurras pressent le danger. Bien informé, Rebatet sait que la France n’est pas militairement en état de combattre efficacement l’Allemagne. Aussi est-il farouchement opposé à une guerre qu’il sait perdue d’avance. L’ennui, c’est qu’il se sent bien seul à prêcher le pacifisme. Même Maurras finit par se ranger du côté des bellicistes. Mobilisé, Rebatet commence la drôle de guerre du côté de Grenoble dans une unité de chasseurs alpins, puis est nommé à Paris dans les services secrets de l’armée avant de rejoindre une unité combattante vite mise en déroute faute de matériel et finalement de voir la fin des hostilités en Dordogne…

Ma critique

Présenté un peu partout comme « pamphlet violemment antisémite », « Les Décombres » n’est pas que cela. En effet, les trois quarts du livre présentent un témoignage assez intéressant sur le monde du journalisme d’avant-guerre. Toute une partie est consacrée à Charles Maurras qui semble avoir énormément déçu Rebatet. Une autre l’est à la drôle de guerre (la condition misérable du bidasse de base est fort bien décrite). Celle consacrée aux services de l’état-major se livrant à des occupations aussi ridicules que byzantines ne l’est pas moins. Quant au tableau du gouvernement de l’Etat Français à Vichy, il n’y a pas plus lamentable de médiocrité d’après l’auteur qui y retrouve nombre de profiteurs, magouilleurs et autres responsables de la débâcle. Pour fuir tous ces personnages qu’il exècre, Rebatet fuit Vichy et regagne Paris rejoindre ses rares amis et les colonnes de « Je suis partout ». Les deux parties violemment anti-sémites en début et fin d’ouvrage sont évidemment les moins intéressantes et même carrément indigestes à la lecture. On peut et on doit faire un détour ! Quant au personnage, même si on peut écouter son témoignage, il reste au bout du compte plutôt antipathique. Personne ne trouve grâce à ses yeux pas plus l’ouvrier du faubourg que la marquise emperlousée, pas plus le Juif que l’Anglais, pas plus le franc-maçon que le curé de campagne, pas plus l’homme politique que le journaliste de la presse capitaliste, pas plus le général que le ministre. Toute cette haine lui revint d’ailleurs en boomerang en 1945 lors de l’Épuration avec une condamnation à mort commuée en travaux forcés à perpétuité. Il suffit de lire cet ouvrage pour comprendre pourquoi.

Ma note

2,5/5

ROMANROMANCE

MARIE DONADIEU (CHARLES-LOUIS PHILIPPE)

Le résumé du livre

Le vieux Basile et sa femme Adrienne élèvent leur petite-fille Marie en lui faisant croire que sa mère est décédée alors qu’elle est juste partie avec un autre homme. À l’âge de treize ans, elle est confiée à un couvent de religieuses où elle ne restera que trois ans. Elle s’installe ensuite à Lyon chez son oncle et sa tante. Elle y rencontre dans la rue Raphaël, étudiant et ami de la famille. Après une cour assidue et patiente, Raphaël parvient à attirer Marie dans sa chambre et à devenir son amant. Mais son meilleur ami, Jean, n’est pas insensible au charme des yeux bleus si candides de Marie Donadieu…

Ma critique

« Marie Donadieu » est un roman sentimental et un brin naturaliste datant de 1928. La plume de Charles-Louis Philippe étant de belle qualité, il est encore possible de lire cet ouvrage aujourd’hui avec un certain plaisir. Le personnage principal semble être celui d’une femme libérée et fort en avance sur son temps. Longtemps, elle hésite entre Raphaël et Louis, couche avec les deux tour à tour, s’offre également quelques aventures sans lendemain avec des amants de rencontre avant de faire un choix qu’elle croit définitif. Cette histoire mille fois racontée dans la littérature et au cinéma (« Jules et Jim ») aurait pu sombrer dans la bluette ou le mélo. Il n’en est rien. Une fin désabusée rachète cette histoire sans doute choquante à son époque mais qui manque un peu de piquant ou de tragique pour la nôtre, nettement moins romantique.

Ma note

3/5

POLICIER

CORROMPU (PATRICK NIETO)

Le résumé du livre

Le 21 octobre 2011, en Libye, Mansour Al-Shamikh apprend la nouvelle de l’assassinat de Mouammar Kadhafi pour lequel il devait exécuter une mission spéciale. Ce proche du Raïs sait que les traitrises vont se multiplier et qu’il va vite se retrouver dans un rôle de proie comme il le vit dans le terrible cauchemar qui hante ses nuits… Le 12 avril 2012, le capitaine Arnaud Rossignol se trouve en planque tout en haut d’une grue du port de Bassens près de Bordeaux. Avec quelques collègues de la brigade des stupéfiants il assiste à une livraison de marchandise qui tourne plutôt mal pour un gang de malfrats, les Zaoui…

Ma critique

« Corrompu » se présente comme un roman policier de belle facture. Commandant de police, l’auteur sait de quoi il parle. Ses personnages et l’ambiance dans les services sans parler de la guerre des polices et la rivalité avec le service des douanes sentent bien leur vécu. L’intrigue de cette histoire est basée sur des faits réels, ce qui donne un intérêt supplémentaire à une narration passionnante. Le style de Patrick Nieto est de belle qualité, c’est-à-dire vif, nerveux et bien rythmé. Les évènements et rebondissements de cette dramatique affaire s’enchainent tellement vite qu’il est bien difficile de lâcher ce livre qui se dévore allègrement. De plus, le personnage de Rossignol, flic corrompu, ripoux atypique, plus victime que véritable voyou, pose honnêtement la problématique des méthodes policières et des risques de dérive d’un métier utile mais dangereux. Si on y ajoute un dénouement fort bien amené et tout à fait surprenant, on est pas loin du carton plein. Un excellent polar, tout à la fois, noir, social et réaliste. À conseiller aux amateurs !

Ma note

4,5/5

AVENTURESvoyages

UNE VISITE AU PAYS DU DIABLE (KARL MAY)

Le résumé du livre

Après avoir vécu mille aventures en Tunisie, Egypte, Syrie et Arabie Saoudite, le narrateur arrive aux confins de la Perse en passant par le Kurdistan, territoire mal défini, mais sous domination ottomane. Il séjourne chez les Yésidis, population que les Musulmans accusent d’adorer Sheïtan (Satan) tout comme les Turcs lui reprochent de rendre un culte à Mammon (l’argent). Autant dire un peuple bouc émissaire, hérétique et chargé de tous les péchés du monde. Comme dans le précédent épisode, Karl May est accompagné de son fidèle serviteur Hafef, de sir Lindsay, riche et fantasque britannique féru d’anthropologie et toujours à la recherche d’une relique de taureau ailé et de Mohamed Emin, sheik de la tribu des Haddedin, toujours aussi motivé par la délivrance de son fils Amad prisonnier des geôles turques… La narration reprend donc au moment précis où elle s’était achevée à la fin des « Pirates de la mer Rouge ».

Ma critique

« Une visite au pays du diable » est à la fois un récit de voyage comme le précise le sous-titre et un roman d’aventures aux nombreuses péripéties, plutôt destiné à la jeunesse. Le lecteur d’aujourd’hui sera surpris par la qualité et la précision des descriptions des mœurs et des environnements anthropologiques sans doute tirés de récits authentiques de voyageurs. May le sous-entend dans le dernier paragraphe de l’ouvrage. « Il me reste aussi à le prier de m’excuser si, dans mes ruses, j’ai fait quelques entorses à la vérité, si je me suis montré un peu Turc avec les Turcs. » Il faut dire que ces derniers ne sont pas décrits sous des dehors les plus flatteurs alors que les Yésidis auraient nettement plus les faveurs de l’auteur. Il les pare de nombreuses qualités, les présentant comme des sortes de proto-chrétiens. Même chose pour les derniers des derniers, les plus persécutés de la région, les assyro-chaldéens. Comme quoi si bien des choses ont évolué aux confins de l’Irak et de l’Iran, d’autres n’ont pas du tout bougé. Rien de tel qu’un bouquin écrit en 1892 pour relativiser les évolutions historiques…

Ma note

4/5

HISTORIQUETEMOIGNAGE

RÉVOLTÉE (EVGUENIA IAROSLAVSKAÏA-MARKON)

Le résumé du livre

Issue d’une famille aisée d’intellectuels juifs, Evguénia, née en 1902 à Moscou, est diplômée de l’enseignement supérieur. Elle parle quatre langues, le russe, l’allemand, le français et le yiddish, mais a des problèmes avec l’orthographe. D’abord journaliste de gauche, très enthousiasmée par la révolution d’octobre, elle en découvre très vite les limites et la qualifie même de réactionnaire. Très jeune, elle rencontre l’écrivain Iaroslavski avec lequel elle voyage en Europe et séjourne deux mois à Paris. Son compagnon tient à retourner dans sa patrie. Mal lui en prend, car il est très vite arrêté comme dissident et envoyé au Goulag où il sera exécuté suite à une tentative d’évasion ratée. Evguénia, qui refuse d’entrer dans l’administration soviétique, se met vendeuse de journaux à la sauvette. Fascinée par le monde des truands, elle va à leur rencontre et vit comme eux, dormant dans des parcs ou des immeubles abandonnés. Elle devient même voleuse professionnelle. Arrêtée plusieurs fois, elle se retrouve au bagne où elle survit en se prétendant diseuse de bonne aventure. Très rebelle, elle essaie d’organiser une révolte des prisonniers et donne de sa personne en agressant avec une brique Ouspenski, le directeur de la prison. Cet acte manqué lui vaudra une condamnation à mort.

Ma critique

« Révoltée » est le témoignage émouvant d’une femme invalide (amputée des deux pieds suite à un accident) qui ne se résout pas à accepter la monstruosité qu’est devenu dans les années 30 le bolchévisme. Elle pense que la pègre représente la seule classe sociale véritablement révolutionnaire. Pour elle toute révolution, une fois le pouvoir atteint, ne peut que devenir réactionnaire et conservatrice et qu’il faut donc immédiatement la combattre par tous les moyens, même les plus violents. Une sorte d’anarchisme extrémiste désespéré. Même si le lecteur peut ressentir une certaine empathie à la découverte de ce témoignage émouvant, il lui est difficile d’approuver autant les comportements que les attitudes de cette étrange passionaria. Si l’on en croit la quatrième de couverture, « c’est le Moscou et le Leningrad des marginaux, enfants des rues, ivrognes, prostituées, vagabonds, qu’elle nous fait découvrir ». Et pourtant le lecteur reste sur sa faim : cette réalité-là aurait mérité plus amples développements…

Ma note

3/5

POLICIERROMAN

LA PETITE GAULOISE (JÉRÔME LEROY)

Le résumé du livre

Dans un futur proche, une grande ville portuaire de l’Ouest se retrouve quasiment au bord de la guerre civile ethnique. Le capitaine de police Mokrane Méguelati se fait descendre au fusil à pompe par un policier municipal facho qui le prend pour un dangereux terroriste. Deux commandos islamistes font un carnage dans un troquet avant de s’en prendre à une classe de lycée de banlieue recevant une auteure pour la jeunesse dans un Algeco leur servant provisoirement de classe. Calme et apparemment innocente au milieu de toute cette barbarie, Stacy Billon, 17 ans, surnommée « la petite gauloise » est le pivot de toute cette histoire. Détail qui a toute son importance, la mairie de la grande ville portuaire de l’Ouest a été récemment conquise par le « Bloc Patriotique ».

Ma critique

« La petite gauloise » se présente comme un roman noir fortement imprégné de politique et de social. Bien que cochant toutes les cases du politiquement correct, l’auteur n’arrive pas à développer une intrigue qui tienne vraiment la route. Tout semble surfait, fabriqué, incohérent, invraisemblable dans cette intrigue capillotractée. Et dans ce domaine, la chute qu’on ne dévoilera pas histoire de laisser le lecteur aller au bout de l’écœurement, en est un magnifique exemple. Le style de l’auteur se veut efficace, nerveux et rythmé avec quelques tics agaçants comme la répétition ad lib du nom complet du personnage en ignorant l’utilisation des pronoms personnels. Caprice d’ancien prof sans doute. S’il faut chercher quelques qualités à cette œuvrette sans envergure, on n’en trouvera que deux : une amusante mais réaliste description de l’ambiance d’une classe de première commerciale et surtout le peu d’ampleur de l’ouvrage, 142 pages en gros caractères qui seront aussi vite lues qu’oubliées…

Ma note

2,5/5

BIOGRAPHIES

COLUCHE (PHILIPPE BOGGIO)

Le résumé du livre

Michel Colucci, dit Coluche, est un humoriste et comédien français, né le 28 octobre 1944 dans le 14e arrondissement de Paris et mort le 19 juin 1986 à Opio (Alpes-Maritimes). Fils d’un immigré italien et d’une Française, Michel Colucci grandit à Montrouge. Il adopte le pseudonyme « Coluche » à l’âge de 26 ans, au tout début de sa carrière. En 1975, il devient célèbre en parodiant un jeu télévisé : « Le Schmilblick ». Avant 1976, il occupe des rôles de second plan au cinéma avant de camper des personnages plus centraux, comme dans « L’Aile ou la Cuisse », puis de tenir le haut de l’affiche durant les années 1980, essentiellement pour des comédies. En 1977, il passe à la réalisation en co-réalisant « Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine » avec Marc Monnet. En 1984, il obtient un César du meilleur acteur pour son rôle dramatique dans « Tchao Pantin » de Claude Berri. Tour à tour provocateur ou agitateur par ses prises de position sociales, il se présente à l’élection présidentielle de 1981 avant de se retirer. Jouissant d’une énorme popularité et très apprécié du public, il fonde en 1985 l’association « Les Restos du cœur », relais d’aide aux plus démunis, quelques mois avant de mourir dans un accident de moto.

Ma critique

« Coluche » est la biographie la plus complète et la plus documentée du célébrissime humoriste. Grand reporter du journal « Le Monde », Philippe Boggio a eu de nombreux entretiens avec Coluche ainsi qu’avec sa mère Monette et son imprésario, Claude Lederman. Dans ce gros ouvrage de plus de 500 pages, il peut ainsi raconter l’enfance banlieusarde à Montrouge, l’absence du père, l’échec au certif et les débuts difficiles, le café-théâtre et finalement l’explosion déclenchée par un simple passage à la télévision un soir d’élections présidentielles. Le lecteur découvrira un personnage attachant mais également complexe, ses hauts et ses bas, ses réussites, ses échecs. Sa chute dans la déprime alors qu’il arrive au sommet de la popularité, sa déchéance dans l’alcool et la drogue puis sa remontée courageuse et sa transfiguration en véritable bienfaiteur avec ses Restos du Cœur. Un bouquin indispensable pour ne pas oublier Michel Colucci qui était bien plus qu’un clown iconoclaste au nez rouge…

Ma note

4,5/5

ESSAIS

LES ESPÉRANCES PLANETARIENNES (HERVE RYSSEN)

Le résumé du livre

Au fil des années et des vagues d’immigration, les nations européennes se dissolvent peu à peu dans un grand ensemble de plus en plus multi-ethnique. Le monde de demain sera-t-il sans races et sans frontières ? Allons-nous vers un gouvernement mondial qui siègerait à Jérusalem comme le souhaite Jacques Attali ? Pour l’instant, seuls les Occidentaux sont engagés dans ce processus. Historiquement, cet universalisme prend sa source dans le marxisme. La révolution bolchevique, elle-même inspirée de la révolution française, pouvant être considérée comme une première tentative ratée de mondialisme. Mais étrangement, on peut aussi trouver des similitudes et des convergences dans le libéralisme anglo-saxon. Depuis mai 68, la gauche, déçue par l’embourgeoisement des ouvriers, s’est trouvée un prolétariat de substitution composé des immigrés, des minorités sexuelles et des féministes. L’ennemi politique à abattre étant le mâle blanc catho hétérosexuel.

Ma critique

« Les espérances planétariennes » est un essai de socio et géopolitique cherchant à disséquer les tenants et aboutissants du mondialisme. C’est ainsi qu’il faut interpréter le néologisme « planétarien ». Pour sa démonstration difficilement contestable, Hervé Ryssen convoque un nombre impressionnant d’auteurs juifs (Jacques Attali, Albert Cohen, Marek Halter, Elie Wiesel, Bernard-Henri Lévy, Samuel Pisar, Primo Levi, Joseph Roth, Hannah Arendt, Jacques Derrida, Michel Winnock pour n’en citer que quelques-uns). Tous admettent être à l’origine et à la manœuvre dans ce processus de métissage généralisé pour les autres alors qu’ils prônent un maintien de la pureté de la race chez eux, en Israël. Soljenitsine est également largement mis à contribution pour le volet russe de l’affaire. Cet ouvrage bien écrit et bien référencé nous apprend l’importance des Juifs dans les hautes sphères bolchéviques, leur rôle primordial dans la persécution du peuple russe (déportations au sinistre Goulag, exécutions de masse, etc.), mais également leur importance dans la mafia américaine ainsi que leur rôle dans un certain nombre d’affaires d’escroquerie de banques et d’assurances à grande échelle. La force et la faiblesse de ce genre d’ouvrage plus informatif que polémique viennent de la surabondance de citations qui peuvent malheureusement finir par ennuyer le lecteur. Peut-être est-ce le prix à payer pour ne pas être taxé de partialité voire d’antisémitisme ?

Ma note

4/5

ESSAIS

LA MARCHE QUI SOIGNE (JACQUES-ALAIN LACHANT)

Le résumé du livre

Si, comme le dit la chanson, la meilleure façon de marcher consiste à mettre un pied devant l’autre, on constate qu’il y en a presque autant que d’êtres humains et que chaque démarche est aussi personnelle qu’une signature ou une empreinte digitale. Mais, pour l’auteur, certaines marches sont légères, équilibrées et bienfaisantes, alors que d’autres sont lourdaudes, pesantes et quasi toxiques. Nos pas révèleraient notre psyché, l’homme étant un tout fait de corps et d’esprit. Une grande part de nos souffrances vient de ce que nous ne savons pas marcher correctement. Une véritable « marche portante » permettrait de nous libérer des maux de dos, des gênes handicapantes et des chutes à répétition. Une façon de marcher correcte permettrait d’obtenir du tonus, de la légèreté, du plaisir et même une véritable joie de vivre.

Ma critique

« La marche qui soigne » est un essai médical proposé par Jacques-Alain Larchant, ostéopathe spécialiste de la marche. Le lecteur découvrira bien des choses dans cet ouvrage relativement technique et doté d’un certain nombre de dessins permettant d’illustrer le propos et de mieux comprendre de quoi il s’agit. Il aura une raison de plus d’être persuadé que le psychique est d’autant plus lié au somatique que le corps parle et dévoile ce que le cœur ressent sans forcément l’exprimer autrement. Les méthodes de ce praticien semblent assez efficaces en dépit de leur aspect surprenant comme lorsqu’il marche aux côtés de son patient en plaçant sa main sur le sacrum de son malade, lequel en fait autant sur lui. Livre intéressant surtout pour les nombreux témoignages ou exemples de gens traités par cette méthode un peu étonnante.

Ma note

3/5

ESSAIS

CES GLUCIDES QUI MENACENT NOTRE CERVEAU (DAVID PERLMUTTER)

Le résumé du livre

Parkinson, Alzheimer, Charcot, Tourette, autisme, dépression, hyperactivité, migraines, névralgies ou maux de tête chroniques, que de maux menacent notre pauvre cerveau ! Selon le docteur David Perlmutter, il est parfaitement possible de s’en prémunir en suivant ses directives. En effet, tous ces symptômes et bien d’autres comme les allergies ont des causes aisément détectables au premier rang desquelles se situe le gluten, cette colle que l’on trouve principalement dans le blé, l’orge, l’avoine et quelques autres céréales. Il faut savoir que les variétés de blé utilisées en boulangerie, pâtisserie ou industrie agro-alimentaire, n’ont plus rien à voir avec les anciennes. Leur taux de gluten a été artificiellement augmenté dans des proportions importantes pour des facilités de production. Résultat : s’il n’y a qu’un personne sur 200 qui souffre de la maladie coeliaque, nous sommes tous plus ou moins incommodés par cette molécule à des degrés divers allant de l’intolérance à une simple sensibilité. D’où la nécessité de changer notre mode de vie et en premier lieu notre alimentation pour protéger notre cerveau.

Ma critique

« Ces glucides qui menacent notre cerveau » est un essai pratique de vulgarisation basé sur un grand nombre d’études scientifiques et étayé par des centaines de cas traités par le docteur Perlmutter. L’ouvrage débute par un questionnaire d’auto-évaluation permettant de se situer. Puis l’auteur nous présente les résultats des toutes dernières recherches sur le sujet. Autant dire que celles-ci concluent exactement au contraire de ce que l’on croyait il y a 30 ou 40 ans. Par exemple que le danger pour le cœur et le cerveau ne vient pas des graisses mais du sucre, que le cholestérol n’est pas la mauvaise chose qu’il faut combattre, mais qu’il est utile pour notre cerveau, que les statines contribuent largement à amoindrir nos fonctions cérébrales et à augmenter les risques de maladies cardiaques et que les œufs sont un aliment excellent à consommer sans modération. La force de cet ouvrage réside, au-delà de l’argumentation difficile à contester, dans son volet concret permettant de mettre en pratique la méthode Perlmutter de remise en forme : une semaine de menus détaillés, des objectifs hebdomadaires à atteindre et toute une batterie de recettes sans sucre ni gluten qui donnent envie d’être essayées. Sans oublier l’importance de l’activité physique régulière et d’un sommeil de qualité. Passionnant.

Ma note

4,5/5

HISTORIQUE

L’OR NAZI, LES BANQUES SUISSES ET LES JUIFS (TOM BOWER)

Le résumé du livre

Avant la seconde guerre mondiale, des Juifs fortunés sentant monter la menace nazie, placèrent or, argent et bijoux sur des comptes ou dans des coffres de banques suisses pensant qu’ils y seraient en sécurité. Pendant la guerre, les nazis firent de même avec tout ce qu’ils avaient pu dérober en Europe occupée (tableaux, œuvres d’art, or volé dans les banques centrales et même récupéré sur les dents et les bijoux des victimes de l’Holocauste). Non contente de pratiquer le recel des vols des nazis, les Suisses collaborèrent indirectement, mais de façon conséquente à l’effort de guerre allemand en fournissant pour environ un milliard de francs suisses de matériel qui ne fut jamais payé. En 1945, les banquiers suisses bloquèrent tous ces avoirs, ne permettant même pas aux survivants des camps de concentration ou à leurs descendants de récupérer leurs biens. Une commission alliée demanda pendant des années des comptes aux banques suisses sans le moindre succès. L’affaire s’éternisa jusqu’en 1997, date à laquelle Edgar Bronfman, pdg de Seagram et président du CJM, et d’Amato, sénateur américain, finirent par obtenir gain de cause avec un versement de 7 milliards de francs suisses, soit 5 milliards de dollars, versés sur un compte en faveur des victimes, avant même que les historiens déposent leur rapport définitif…

Ma critique

« L’or nazi » est un ouvrage historique dense et lourdement documenté qui, malgré l’intérêt évident du sujet, reste d’une lecture plutôt laborieuse. L’auteur, se voulant sans doute exhaustif, raconte par le détail toutes les tentatives de négociation, toutes les réunions, concertations et discussions dans leurs moindres détails, ce qui finit par lasser un peu le lecteur. Lequel y découvrira néanmoins bien des turpitudes dans le monde de la finance en temps de guerre et de paix. Ainsi découvrira-t-il que l’or des banques centrales belges et hollandaises se retrouva en France alors que celui de la France fut mis à l’abri en Afrique, que l’Espagne et le Portugal ne rendirent qu’une faible partie de l’or entreposé chez eux et que l’URSS et les USA, qui en récupérèrent également, ne rendirent rien. Qui a dit que la fièvre de l’or rendait fou ? La Grande-Bretagne, la France et la Suisse (mais fort difficilement et sous la terrible pression internationale d’un retrait général de tous les avoirs laissés dans leurs banques) furent plus honnêtes au bout du compte. Sans doute moins puissants que les deux super-grands ne purent-ils faire autrement ? Livre intéressant néanmoins, une somme et une référence sur une affaire particulièrement crapuleuse.

Ma note

3,5/5

Poesies

NUIT MARINE (ALAIN CROZIER)

Quatre poèmes sur le thème éternel de l’amour, du manque de l’être cher, de la séparation… L’auteur se livre à une sorte de longue introspection un peu désabusée sur lui-même, sur sa vie, sur une femme aimée inaccessible, fantasmée, disparue, abandonnée, partie avec un autre, on ne sait trop. Il la nomme souvent « M » (« aime », archétype de l’Amour avec un grand A) et une fois ou deux « Marine ». Tout cela reste en fait un peu flou, nébuleux, et disons simplement poétique. Mais peut-être nous donne-t-il la clé en se livrant totalement dans ces vers déchirants de réalisme : « J’embrasse pas.

J’embrase pas.

Je couche même pas.

J’aime pas faire l’amour.

J’ai pas envie de le prouver… »

« Nuit Marine » est un court recueil de poésies regroupées en quatre chapitres soit quatre grands poèmes ou en une soixantaine de petits si l’on se base sur les paragraphes ou les pages. L’absence de titre ne permet pas de savoir. Une concision extrême proche du minimalisme absolu. Certains poèmes tiennent en cinq lignes et une petite vingtaine de mots, c’est dire. Quasiment des haïkus quant au volume. On restera plus réservé sur le sens. L’auteur qui n’a que faire de la rime, du rythme, des assonances et des habituelles conventions poétiques se laisse parfois aller à quelques facilités et jeux de mots ou de sonorité. On les lui pardonnera évidemment, car son verbe est léger, incisif et n’ennuie aucunement. Il sait très bien aller à l’essentiel et ne se perd jamais en digressions ou descriptions ennuyeuses. Mon préféré et de loin : « Ne passe pas à côté

De mes mots.

Reviens-y.

Ce bien-être

Peut être aussi

Pour toi

Doux et chaud. »

Ou comment en dire un maximum avec un minimum de moyens. Minimaliste et sentimental notre amoureux platonique… On notera également la belle qualité éditoriale (papier, graphisme, etc).

3/5

BIOGRAPHIESHISTORIQUE

L’ENFANCE DES DICTATEURS (VÉRONIQUE CHALMET)

Le résumé du livre

Saviez-vous que les jeunes Hitler et Staline furent des enfants battus ? Tous deux eurent des pères infidèles et ivrognes. Amin Dada a vu sa sorcière de mère concocter des élixirs à base de fœtus et a assisté à des scènes horribles de cannibalisme. Pol Pot adolescent a vécu des expériences sexuelles traumatisantes dans le harem du roi du Cambodge avant de se radicaliser à Paris au sein d’un syndicat étudiant très à gauche. Franco eut également un père absent et coureur de jupons. Tous eurent des mères aimantes et protectrices à l’exception de Saddam Hussein, enfant non désiré dont sa mère en dépit de tous ses efforts ne parvint pas à avorter. Tous ces dictateurs sans exception eurent des enfances douloureuses, malheureuses et traumatisantes, mais tous les enfants pauvres, mal aimés, violés ou battus ne deviennent pas des dictateurs aux mains couvertes de sang !

Ma critique

« L’enfance des dictateurs » est un essai historique portant sur les récits d’enfance d’une dizaine de dictateurs célèbres : Pol Pot, Amin Dada, Staline, Kadhafi, Hitler, Franco, Mao, Mussolini, Saddam Hussein et Bokassa. Certains y verront peut-être une Histoire vue par le petit bout de la lorgnette. En réalité, Véronique Chalmet rassemble dans son ouvrage une riche matière pour le philosophe ou le pédopsychiatre qui souhaiterait comprendre comment on devient dictateur, sur quel terreau s’épanouit ce besoin maladif de tyranniser les autres, de les faire souffrir et même de les tuer. Il ne faut pas oublier que toute cette tyrannie s’est faite sur des flots de larmes et de sang. Cet ouvrage bien écrit et documenté permettra au lecteur lambda de s’interroger sur les causes d’un tel phénomène. Ces dix « cas » étayent le principe bien connu que tout dans la vie d’un homme se joue avant six ans. Que trop de mauvais traitements peuvent déséquilibrer gravement le mental de tout individu. Que tout enfant battu a tendance à devenir un adulte reproduisant ce schéma. Et sans doute que qui a pris goût à faire souffrir et à tuer ne peut plus arrêter. À cela s’ajoute pour presque tous un passage par l’armée et bien sûr des circonstances historiques particulières permettant la mise en place d’une dictature, sans oublier, la sottise des masses, leur soumission à l’autorité et leur besoin d’un homme providentiel. Livre intéressant, mais qui fait froid dans le dos…

Ma note

4,5/5

HISTORIQUEPOLICIER

MEURTRE A BILLOM (PIERRE MAZET)

Le résumé du livre

En 1784, à Billom, le jeune Guillaume Trinquard, fils de Robert, marchand-drapier récemment enrichi, s’apprête à partir pour les Amériques. Il a beaucoup entendu parler des Insurgents et d’un certain La Fayette, célèbre gentilhomme du voisinage. Il compte s’installer en Louisiane, y acquérir un domaine avec le pécule que lui a confié son père et y cultiver dans un premier temps du tabac et de la canne à sucre et ensuite du coton, plante promise à un bel avenir. Mais en chemin, dans une auberge, il rencontre un certain Jean auquel il a la sottise de parler de son projet et des lettres de créance qu’il a sur lui. Il n’en faut pas plus pour que Jean ait la diabolique idée de se débarrasser du pauvre Guillaume et d’usurper son identité. Mais pourra-t-il longtemps se faire impunément passer pour sa victime ?

Ma critique

« Meurtre à Billom » se présente comme un roman policier à contexte historique. L’intrigue est plutôt simple et classique. La chute, attendue dès le début de l’affaire, n’est guère surprenante. Plus agaçant est sans doute la manipulation opérée par l’auteur sur les tractations supposées au moment de la mise en accusation et de la chute de Robespierre. Il est difficile d’avaler que le vote reposa sur la seule voix d’un obscur député, de plus simple personnage de roman. Si le style est correct et agréable à lire, il n’en est pas de même de l’édition qui pêche par un grand nombre de coquilles, de mots oubliés et d’erreurs typographiques si nombreuses qu’elles rendent presque désagréable la lecture de ce livre divertissant mais sans grande ambition ni envergure.

Ma note

2,5/5

ESSAIS

LES DONS PRÉCIEUX DE LA NATURE (JEAN-MARIE PELT)

Le résumé du livre

La Nature est généreuse, elle donne sans compter. On peut avoir l’impression que ses ressources sont inépuisables. Mais la rapacité de l’humanité, son inconscience, son exploitation effrénée de ses biens, ont changé la donne. Il est impossible d’exploiter de manière illimitée une planète limitée. Cela tombe sous le simple bon sens, lequel devrait être unanimement partagé. Jean-Marie Pelt constate que les sols s’épuisent, se stérilisent de plus en plus en raison du labourage lourd et profond, de l’abus de pesticides et de produits chimiques, que les abeilles meurent de plus en plus, que les ressources des mers et océans s’épuisent à cause de la surpêche industrielle. Si tous les humains vivaient comme les Américains ou les Qataris, il nous faudrait quatre planètes pour répondre à leurs besoins…

Ma critique

« Les dons précieux de la nature » est un livre de vulgarisation écologique fort bien mené et argumenté. Le lecteur y apprend par exemple que le grand hamster de Lorraine ne compte plus que 648 individus et que ce nombre continue de baisser. Les intrants en azote sont passés de 20 à 30 kg à l’hectare à plus de 200 de nos jours pour faire évoluer les rendements dans les mêmes proportions et atteindre les 100 quintaux de blé à l’hectare. Agriculteurs, horticulteurs et maraîchers en arrivent à payer au prix fort des apiculteurs pour qu’ils installent des ruches sur leurs terres tant les pollinisateurs manquent déjà. Le coût de la location de ruches est passé de 40 à 120 dollars par colonie aux Etats-Unis. Il faut 15 500 litres d’eau pour obtenir un seul kilo de viande bovine dont la production représente le quart de l’eau consommée dans l’agriculture, soit 70% de la consommation mondiale. Il est plus que temps de réfléchir à ces questions et surtout d’agir. Un livre qui donne à réfléchir !

Ma note

4/5

BIOGRAPHIESHISTORIQUE

UNGERN, L’HÉRITIER BLANC DE GENGIS KHAN (JEAN MABIRE)

Le résumé du livre

Né en 1885, le jeune baron von Ungern-Steinberg, noble estonien d’origine germanique, est un enfant difficile, plus intéressé par les bagarres que par les études. Au début de la première guerre mondiale, il déserte de l’école navale où il est élève officier pour s’engager dans les armées du Tsar comme simple soldat. Il combat en Galicie et acquiert une réputation de bravoure. Étant cinq fois blessé, il obtient l’ordre de Saint-Vladimir, de Saint-Stanislas et est décoré de l’ordre de Saint-Georges. En 1917, il combat les armées rouges et remporte quelques victoires avec la division de cavalerie asiatique qu’il a créée de toutes pièces, avant d’être investi d’une fonction officielle par le Bogdo Khan, ce qui l’amène à tenter de créer un empire mongol indépendant à l’est du lac Baïkal. Mais sans base arrière, ni alliés, ni secours possible, son échec est programmé. Ses propres officiers l’abandonnent quand ils comprennent que l’aventure touche à sa fin. Capturé par les Rouges, il est jugé le 15 septembre 1921, à Novonikolaïevsk. Les chefs d’accusation retenus contre lui sont de s’être battu contre la révolution, d’avoir été un agent des Japonais et d’avoir commis des crimes. Il est reconnu coupable sur tous les points, condamné à mort et immédiatement exécuté.

Ma critique

« Ungern, l’héritier blanc de Gengis Khan » se présente comme la courte biographie d’un des contre-révolutionnaires les plus flamboyants et les plus sauvages de l’histoire russe. Il fut surnommé le « Baron fou » et demeura une sorte de mystère pour les historiens. Il se proclamait bouddhiste mais semblait avoir fait partie de sociétés secrètes ésotériques satanistes comme la « Golden Dawn » et avoir eu un rôle d’espion. Il détestait les Russes mais s’était vaillamment et loyalement battu à leurs côtés dans les armées du Tsar. Il était brutal et impitoyable comme seul un ascète et un sectaire peut l’être, mais comme on ne prête qu’aux riches, on lui attribua plus de massacres qu’il n’en commit réellement. Il était capable de galvaniser les foules tout comme de perdre leur confiance. On le disait supérieurement intelligent et pourtant, il commit de grossières erreurs de tactique en se lançant à l’assaut des immensités russes avec un petit millier d’hommes et en voulant se mesurer à un ennemi plus de dix fois supérieur en nombre ! Petit ouvrage intéressant et bien écrit qui donne envie de se documenter un peu plus sur ce personnage hors du commun.

Ma note

4/5

AVENTURESvoyages

LES PIRATES DE LA MER ROUGE (KARL MAY)

Le résumé du livre

Dans le désert tunisien, le narrateur, avatar de Karl May, voyage en compagnie d’Halef, serviteur musulman particulièrement fervent qui veut lui témoigner son affection en essayant de le convertir à l’Islam. En chemin, les deux hommes découvrent le cadavre d’un Français dévoré par les vautours… Sur les bords du Nil, une réputation de médecin exceptionnel est attribuée à l’auteur qui a pu soigner certains malades à l’aide de quelques granules d’homéopathie. Un notable lui demande de sauver son épouse atteinte de neurasthénie. Mais celle-ci n’est pas ce qu’elle paraît être… Parvenu aux bords de la Mer Rouge, Karl May est capturé par une bande de pirates avant d’être libéré par Halef et de faire la connaissance d’un autre voyageur un Autrichien rentrant de Bombay et se dirigeant vers Trieste. May veut à tout prix visiter La Mecque et Médine où il risque de trouver la mort s’il est découvert, car les deux villes saintes sont interdites aux « infidèles ».

Ma critique

« Les pirates de la Mer Rouge » est un roman d’aventures et de voyages en quatre parties comme on n’en écrit plus depuis bien longtemps. Le héros est une sorte de chevalier sans peur et sans reproche qui arrive toujours à se sortir des situations les plus inextricables. Presque un super-héros, il est capable de mettre au défi toute une bande de fines gâchettes de réussir à l’atteindre en usant de dons de cavalier hors pair ou de combattre et de venir à bout d’un lion qui terrorisait toute une région. On n’est pas loin de la bande dessinée. L’ouvrage, fort plaisant à lire néanmoins, reste intéressant moins par les rebondissements nombreux que par la description de tribus de bédouins passant leur temps à guerroyer les unes contre les autres, à piller, razzier, rançonner les voyageurs, mais toujours avec courage et panache. Karl May ne cache pas son admiration pour ces gens. Les rôles de méchants sont d’ailleurs toujours tenus par des non-musulmans et en particulier par un Arménien vicieux et retors et par un Grec tout aussi fourbe. Tous se déguisent en bédouins, font illusion aux Arabes, mais pas à Karl May. Si l’on en croit la biographie de Wikipédia, l’auteur n’aurait pas accompli le dixième des voyages qu’il décrit dans ses ouvrages. Si c’est le cas, il s’est bien documenté tant les détails véridiques sont nombreux !

Ma note

3/5

PHILOSOPHIQUE

DIALOGUE DE VAINCUS (REBATET & COUSTEAU)

Le résumé du livre

Rebatet et Cousteau, condamnés à mort en 1945 pour collaboration avec l’ennemi en raison de leurs articles parus dans « Je suis partout » ont vu leur peine commuée, par grâce du président Vincent Auriol, en détention à perpétuité. D’abord détenus à Fresnes, fers aux pieds et dans des conditions dignes des bagnes de l’autre siècle, ils se retrouvent ensuite transférés à Clairvaux où leur statut s’améliore nettement en 1950, car les voilà responsables de la comptabilité et chargés de la gestion de la lingerie et de la bibliothèque de la prison, ce qui leur permet d’entamer ces dialogues remarquables par leur liberté de ton, mais aussi par leur cynisme et leur désespérance. Face à face, se retrouvent un Rebatet, pur homme de droite, formé par les Jésuites et détestant au plus haut point l’Église catholique et un Cousteau, frère du célèbre commandant écologiste de « la Calypso », homme de gauche, athée, fasciste assumé et ne se considérant vaincu que par la force des armes. À la fin de la guerre, le premier suivit Pétain, son gouvernement et Céline à Sigmaringen. Le second s’enfuit avec Doriot et ses sbires à Neustadt. Deux lieux où ils furent capturés et ramenés en France.

Ma critique

« Dialogue de vaincus » est un ouvrage assez original traitant de toutes sortes de sujets autant philosophiques, politiques, historiques, théologiques ou autres… Les dialogues sont au nombre de vingt, chacun sur un thème particulier. Au premier abord, le lecteur trouvera une fort longue introduction de 43 pages signée d’un certain Robert Belot, dans laquelle tout est fouillé, analysé, disséqué, décortiqué, explicité à un point tel qu’il risque de ne plus avoir envie de lire la suite. Et il aurait tort, car il raterait un véritable festival d’ironie grinçante et de mauvaise foi mêlée de lucidité désabusée. Ainsi la presse n’est que conformisme et prosternation devant la pensée dominante, même « l’Observateur », dépendant des cocos et des prolos, même « Rivarol », inféodé aux cathos. Seul « Le Crapouillot » trouve un peu grâce à leurs yeux. L’esprit de résistance avant 44 ? Une vaste blague. « Les décombres » de Rebatet s’est vendu à 65 000 exemplaires, « Je suis partout » tirait chaque semaine à 300 000 exemplaires, « la poignée de traitres était quand même assez dense », notent-ils. Cousteau intégra ce journal grâce à l’historien Pierre Gaxotte. Le premier article qu’il proposa fut pour défendre des Noirs injustement accusés du viol de femmes blanches aux USA. Quant à Rebatet, il y entra peu après grâce au coup de piston d’un Juif nommé Levinson. En réalité, on a affaire à deux anars, un de droite et un de gauche, tous deux farouchement anti-cléricaux, anti-nationalistes et européistes convaincus, pensant arriver à l’internationalisme en se plaçant sous la bannière du pire fascisme, du pire nazisme. « La démocratie est un fléau répugnant », dit Cousteau. Au fil des dialogues, un nombre impressionnant de personnages célèbres sont rhabillés pour l’hiver à commencer par « Dudule » (Hitler) qui a perdu, car il n’a même pas été fidèle à ses propres principes, en passant par Churchill, qui avoua lui-même avoir « tué le mauvais cochon » en faisant allusion à l’alliance avec Staline, sans oublier Roosevelt traité comme un boutiquier sans envergure qui abandonna la moitié de l’Europe en laissant un rideau de fer s’abattre sur elle. Seul Staline trouve grâce à leurs yeux car lui ne commit aucune erreur, ne prit jamais de demi-mesures et alla jusqu’au bout dans la liquidation de ses ennemis politiques. Un livre qui garde un certain intérêt surtout à titre de document historique et également pour quelques comparaisons affligeantes avec notre situation actuelle.

Ma note

3,5/5

ROMANTERROIR

L’ORGUEIL DE LA TRIBU (YVES VIOLLIER)

Le résumé du livre

De nos jours, en Vendée, se perpétue la tradition de la Petite Eglise. Une petite communauté de dissidents de l’Église catholique, de « vieux croyants », de descendants de Vendéens qui n’ont jamais accepté les « nouveautés » du Concordat imposé par Napoléon Ier. Sans prêtre ni évêque, ces irréductibles continuent à pratiquer leur religion selon les traditions et les rites qui étaient en vigueur avant la Révolution Française. L’un d’eux, le grand-père Pierre Chancelier, propriétaire d’une fabrique de cordonnerie depuis toujours dans la famille se fait du souci quand il constate l’absence de sa fille Danièle aux cérémonies de l’Ascension. Avec le mari, Xavier, et leur trois enfants, ils partent à sa recherche et finissent par trouver, caché dans une armoire, un billet où elle précise qu’elle est partie de son plein gré. En réalité, elle s’est enfuie pour rejoindre son amant, photographe de passage… Le scandale est immense pour ces gens qui n’ont pas vu le moindre divorce depuis deux siècles !

Ma critique

« L’orgueil de la tribu » peut être classé comme un roman de terroir avec arrière-plan historique ou comme roman psychologique et sentimental. Très bon écrivain, Yves Viollier dispose d’un style fluide et agréable à lire. Il sait montrer tous les ravages qu’une défection de la mère peut occasionner dans une famille particulièrement en ce qui concerne les enfants. L’intrigue s’achève en happy end gentillet, ce qui pourra décevoir certains lecteurs attachés au réalisme et à la vraisemblance. Ce qui m’a le plus déçu, c’est le peu d’éléments apportés sur la vie quotidienne, l’organisation sociétale de ces « Amish » français, qui, s’ils existent vraiment, ce dont je ne doute pas, doivent forcément se comporter différemment du reste de la population. Dans le même ordre d’idées, le volet historique de cette histoire me semble insuffisamment exploité. Au total, un bon livre de l’auteur, mais sans doute pas le meilleur.

Ma note

3/5

HISTORIQUE

VERCINGÉTORIX (GEORGES BORDONOVE)

Le résumé du livre

Vercingétorix, né vers 80 av J.C. et mort à Rome en 46 av. J.C., est un chef et roi arverne qui fédéra une partie des peuples gaulois dans le cadre de la plus importante révolte contre les forces romaines au cours de la dernière phase de la guerre des Gaules de Jules César. Fils de Celtillos, noble qui fut brûlé vif pour avoir voulu se proclamer roi, Vercingétorix arrive au pouvoir après sa désignation officielle comme chef des Arvernes en 52 av. J.C.. Il établit immédiatement une alliance avec d’autres tribus gauloises, prend le commandement des troupes et remporte la bataille de Gergovie dans laquelle de nombreux Romains et alliés gaulois, helvètes et teutons sont tués. Cependant, César parvient à exploiter les divisions internes des Gaulois, à regrouper ses forces et à s’offrir la participation d’un important détachement de cavalerie germaine. Enfermé dans la place-forte d’Alésia, Vercingétorix doit subir un long siège avant de voir arriver une armée de secours. Malgré cet important renfort, les Gaulois finissent par être défaits. Espérant sauver autant de ses hommes que possible, il se livre de lui-même aux Romains. Il est retenu prisonnier pendant six ans dans un cul de basse fosse. Puis, il est exhibé dans les rues de Rome au sein d’un défilé triomphal de César, puis immédiatement exécuté par étranglement.

Ma critique

« Vercingétorix » se présente comme un ouvrage historique légèrement romancé vu le peu de documents disponibles. Tout ce que l’on sait de ce personnage nous est parvenu par les écrits de César en personne, auteur qui savait fort bien se mettre en valeur. « Avec lui (Vercingétorix), commence véritablement l’histoire de France », lit-on en sous-titre. Le lecteur a même l’impression que cette Histoire n’est qu’une longue et sempiternelle suite de héros malheureux ne parvenant pas à délivrer leur pays des griffes des envahisseurs et finissant leur vie en martyr (comme Jeanne d’Arc et quelques autres). Dissensions, gabegie, trahisons, collaborations, traitrises, fanfaronnades et erreurs stratégiques majeures marquent cette histoire comme nombre des suivantes. Vercingétorix fut battu sottement alors qu’il disposait de forces armées supérieures en nombre, était sur son terrain, avait pratiqué avec succès la guérilla et la politique de la terre brûlée. Des quatre coins de la Gaule, la colère grondait, les tribus étaient en ébullition, César à bout de souffle et pourtant, il perdit. Sa cavalerie se débanda devant les Teutons dont César s’était offert les services à prix d’or. Et quelle idée saugrenue d’aller se laisser enfermer dans Alésia alors que l’on est maître du terrain et que l’on sait que les Romains sont les champions incontestés de la construction d’ouvrages de siège ! Très bien écrit, très agréable à lire, cet ouvrage n’apprend que peu de chose sur cette dramatique première page de notre Histoire.

Ma note

3,5/5

ESSAISHISTORIQUE

AU CŒUR DU KREMLIN (VLADIMIR FEDOROVSKI)

Le résumé du livre

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les arcanes du pouvoir russe depuis la sanglante dictature de Staline jusqu’aux finesses de joueur d’échecs de Poutine se trouve dans ce livre. Au tsar rouge succéda le rondouillard et roublard Khrouchtchev. Les affaires d’espionnage (Vasall, Profumo, Dejean, Penkovski) se succédèrent avec des succès retentissants côté KGB, mais également côté occidental. L’ère Brejnev marqua la véritable fin du bolchévisme. Puis vint le tour d’Andropov, patron du KGB et le début du dégel avec l’arrivée du couple Boris & Raïssa Gorbatchev. S’ensuivit l’implosion de l’Empire avec la chute du mur de Berlin voulue ou plutôt acceptée par Gorbatchev. Une contre-offensive des crypto-communistes avec bref internement du couple présidentiel dans sa datcha de Foros et tentative de putsch à Moscou échoua lamentablement grâce à l’intervention d’Eltsine et à la passivité de l’armée rouge. La libéralisation sauvage du régime pilotée par des conseillers américains favorisa la montée en puissance de la corruption, de la mafia et des oligarques. Un certain Poutine, lieutenant colonel du FSB, sut mettre tous les plaideurs d’accord et reprendre la main sur la scène internationale en particulier pour mettre un terme à la guerre en Syrie. On connait la suite.

Ma critique

« Au cœur du Kremlin » est un essai historique et géopolitique fort bien mené et largement documenté. En effet, son auteur, Vladimir Fédorovski, de par ses fonctions de diplomate et de proche des principaux dirigeants, fut un témoin privilégié grâce à ses contacts avec le maire de Saint Petersbourg, Anatoli Sobtchak, et même avec Vladimir Poutine, encore peu connu à l’époque. Le lecteur apprendra bien des choses sur les coulisses du pouvoir, la paranoïa, les maladies ou l’alcoolisme des dirigeants. C’est très bien écrit, très agréable à lire. Un ouvrage que le passionné d’histoire et de politique internationale ne pourra pas lâcher une fois qu’il en aura entamé la lecture. Les complots, les trahisons, les coups d’état à froid, les destitutions y sont monnaies courantes. On réalise que là encore la réalité dépasse de loin la fiction. Passionnant. Sans doute le fusse beaucoup moins pour les victimes de la « Roue rouge », opposants assassinés, dissidents bannis, zeks du goulag et autres internés des hôpitaux psychiatriques !

Ma note

4/5

HISTORIQUEHUMOUR

GRANDS ZHEROS DE L’HISTOIRE DE FRANCE (CLÉMENTINE PORTIER-KALTENBACH)

Le résumé du livre

Si l’Histoire de France eut son lot de héros militaires, de géants de la littérature et de grands esprits en tous genres, elle eut également et plus que son compte de nullités, d’incapables et autres gaffeurs que l’auteure a la gentillesse de qualifier de l’amusant néologisme de « zhéros ». Elle les classe en plusieurs catégories : les faux hommes providentiels tels le comte de Chambord ou le général Boulanger, les causeurs de catastrophes comme Kerguelen qui ne posa jamais le pied sur une seule de ses îles, Soubise ou Chaumareys, les boucs émissaires tels Grouchy, Bazaine, de Grasse ou Villeneuve, ceux qui s’ingénièrent à tenter de nuire à plus grands qu’eux comme Desfontaines, Fréron, Suard ou Lemercier, le menu fretin de la nullité tels Ollivier, Lebœuf, d’Arnouville ou Etienne, l’idiot criminel qui s’acharna à maintenir le pantalon rouge des poilus de 14 et, last but not least, la médaille d’or du nullissime des nullards, le premier bâtard de Napoléon, le « Comte » Léon, minable escroc et quémandeur perpétuel, mort à Pontoise dans une misère noire…

Ma critique

« Grands zhéros de l’Histoire de France » présente une agréable compilation d’erreurs, catastrophes et ratages en tous genres causés par toute une série de minables de plus ou moins grande envergure. Ils ont en commun d’avoir participé de près ou de loin à la grande Histoire de France à l’exception notable de Medina Sidonia, incapable amiral de l’Invincible Armada espagnole, placé là à titre de modèle du genre, et très souvent d’être tombés dans un oubli dont l’auteure les tire avec un malin plaisir et une certaine malice bien appréciable. En effet, le style est léger et facile à lire. On notera à ce sujet une conclusion amusante et une page de remerciements en forme d’auto-dérision plutôt réussie et tout à fait originale. Ouvrage à conseiller aux passionnés d’Histoire vue par le petit bout de la lorgnette.

Ma note

4/5

HUMOURROMAN

TOUT VA TRÈS BIEN, MADAME LA COMTESSE (FRANCESCO MUZZOPAPPA)

Le résumé du livre

À Turin, dans son palais qui a connu des heures plus glorieuses, la comtesse Maria Vittoria dal Pozzo della Cisterna, 71 printemps, se désole : alors qu’elle est en pleine débâcle financière, son unique rejeton, le beau et fort limité intellectuellement Emmanuele, s’est entiché d’une bimbo à la cuisse légère, lui a offert une paire de seins siliconés qui a coûté un bras, et pour faire bonne mesure, rien moins que le Koh-i-Noor, le dernier joyau de la famille. Comment le récupérer et par la même occasion comment se débarrasser de la dispendieuse starlette ? Il lui vient une idée de génie quand elle se trouve mêlée malgré elle au hold-up de sa banque mené par le « gentleman braqueur », à ses heures perdues, sculpteur sur bois de voiliers plus ou moins hideux pilotés par de vilaines marionnettes borgnes…

Ma critique

« Tout va très bien, Madame la Comtesse » se présente comme un roman humoristique léger et pétillant. C’est amusant sans plus. Tous les personnages sont assez caricaturaux. Dans une post-face, l’auteur ose se réclamer de Tom Sharpe et de P.G. Woodehouse, deux géants de l’humour dont il n’arrive pas à la cheville ! Son style se rapproche d’ailleurs plus d’auteurs français comme Frédéric Dard ou Alphonse Boudard, mais avec nettement moins de truculence et de malice. Un ouvrage distrayant, assez drôle, mais sans grande envergure ni originalité. Il lui manque le décalage, le « non-sense » british ou l’ironie et la dérision française. Muzzopappa reste italien, qu’il l’assume.

Ma note

3/5

ESSAISSCIENTIFIQUE

NEURO-ESCLAVES (DELLA LUNA & CIONI)

Le résumé du livre

De nos jours, le principal de la communication écrite ou audiovisuelle ne vise pas vraiment à informer objectivement l’opinion, mais à influencer le psychisme, les goûts, les décisions des consommateurs, des épargnants et des électeurs. Pour y parvenir, elle agit ou tente d’agir surtout sur leur émotivité, leur sentiment de culpabilité, d’estime d’eux-mêmes, de peur ou autre. Mais peut-il en être autrement quand la quasi-totalité des personnes, éduquées par la télévision à la passivité, à la paresse mentale dès le plus jeune âge est incapable de fixer son attention au-delà de quelques minutes si elle ne se sent pas concernée du point de vue émotif. Toutes ces personnes sont incapables d’aller chercher des informations par elles-mêmes et surtout de les analyser. Le peuple a besoin d’être distrait. Il n’a pas envie d’être informé. D’où la réussite phénoménale de la manipulation mentale généralisée des foules, laquelle se retrouve partout, dans les élections qui ne sont que parodie de démocratie, dans les médias, dans la publicité, dans les sectes, les religions, les partis politiques, sans oublier la Légion Etrangère ou l’Opus Dei.

Ma critique

« Neuro-esclaves » est un essai de vaste ampleur écrit par un neuro-psychiatre et un avocat psychologue. Les auteurs se sont attaqués à quasiment tous les aspects du problème. Ils ont traité avec brio de la manipulation mentale en interaction stratégique avec l’économie, la politique, les droits de l’homme, les guerres, etc. Ils ont analysé les fondements, principes et méthodes de la manipulation qui est de règle dans le monde d’aujourd’hui : elle est structurelle et pénètre tous les aspects de notre vie quotidienne. Ils nous font méditer sur la conviction que l’individu doit être conscient des décisions et des motivations qui orientent ses comportements, et sur le fait que la conscience « n’est pas nécessaire pour apprendre ; la suggestion hypnotique et le conditionnement en sont des exemples ». L’ouvrage se termine sur un chapitre essentiel traitant des moyens de se prémunir, comment détecter toutes les tentatives de mise sous domination. Dommage qu’un trop grand nombre de pages s’attardent sur la législation pénale italienne. Mis à part cette petite critique, un livre passionnant et facile à lire, malgré son épaisseur, qui fera découvrir bien des choses sur l’élection d’Obama, « personnage qui n’avait jamais donné de preuves de capacités réelles et appropriées à sa promesse d’un changement général, promesse d’autre part plutôt vague », sur celle de G.W.Bush qui sût agiter les peurs entre autres. On apprend ainsi que c’est toujours le candidat le plus grand par la taille qui est élu. S’il est le plus agréable physiquement, s’il est le mieux financé et le plus soutenu par les médias… on connait la suite !

Ma note

4,5/5

ROMANTEMOIGNAGE

BOY DIOLA (YANCOUBA DIEME)

Le résumé du livre

En juillet 2001, Aperaw, immigré sénégalais de première génération, revient au pays accompagné de ses fils dont l’auteur, Yancouba alors âgé de onze ans. Il veut leur faire découvrir leur terre d’origine, la Casamance. Ils séjournent dans le village natal du père, Kagnarou, en plein pays diola. Ils y restent le temps de découvrir un autre monde, bien différent de celui de la Seine- Saint-Denis où Aperaw est venu s’installer dans les années soixante. Ceci au terme d’un long parcours pendant lequel le jeune homme tenta d’abord sa chance à Dakar où il exerça quelques petits métiers peu lucratifs avant de réussir non sans peine à se faire embaucher sur un cargo en partance pour Marseille. Un membre de sa famille lui trouva finalement une place sur les chaînes de l’usine Citroën d’Aulnay sous Bois. Il y resta une dizaine d’années avant d’être renvoyé pour participation trop active à diverses grèves. Il tenta de rebondir comme marchand de bimbeloterie sur les marchés et termina sa carrière à l’entretien des avions sur l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Polygame, il était père de neuf enfants. Ses épouses travaillaient comme techniciennes de surface dans les hôtels de l’aéroport.

Ma critique

« Boy Diola » se présente comme le récit intimiste d’une vie d’immigré africain en banlieue parisienne, d’une lutte permanente pour la survie, la dignité et un avenir meilleur pour les enfants. Quelque chose au bout du compte d’assez banal car vécu par quelques millions d’autres subsahariens. Le lecteur ne peut qu’être rempli de compassion envers ce vieil homme qui, à la fin de sa « carrière », ne trouve plus de contrats d’intérim car trop vieux. Mais personne n’ose le lui dire ouvertement. Il découvrira aussi l’ambiance si exotique de la vie dans un village africain, et, entre autres, les méthodes « musclées » d’éducation des enfants. On use de la trique sans aucun complexe, la fameuse « chicote » ! Le récit n’est pas chronologique. L’auteur saute sans transition d’une période à une autre, raconte diverses anecdotes pas vraiment reliées les unes aux autres, le tout dans un style très parlé, très familier, sans recherche aucune. Un ouvrage qui pourra faire découvrir toute une communauté à celles et ceux qui ne la connaissent pas encore, mais n’apprendra pas grand-chose à celles et ceux qui vivent avec.

Ma note

3/5

ESSAIS

L’ÉLOGE DU CRU (DOMINIQUE GUYAUX)

Le résumé du livre

Dominique Guyaux pratique le crudivorisme sensoriel, manière de s’alimenter consistant à ne se nourrir que d’aliments crus et non transformés, donc tels qu’ils se présentent dans la nature, en ne se fiant qu’aux signaux sensoriels et gustatifs que la prise de ces aliments déclenche spontanément. C’est ainsi qu’il a pu lui-même guérir d’une sclérose en plaques lors d’un long voyage en bateau autour du monde. Pour approfondir le sujet et donner une caution plus scientifique à sa pratique, il décide quelques années plus tard de reprendre ses études interrompues trente années plus tôt. À leur issue, il présente un mémoire pour l’EPHE (l’école pratique des hautes études) intitulé « Physiologie du comportement alimentaire ». Il anime des stages et donne des conférences. Il est un peu (beaucoup) l’héritier du pionnier de l’intinctothérapie, Guy-Claude Burger, tout en ne rejetant pas complètement les positions du Docteur Seignalet.

Ma critique

« L’éloge du cru » est un essai de diététique assez intéressant dans la mesure où il apporte les preuves scientifiques des bienfaits d’une alimentation crue et par voie de conséquence des inconvénients des artifices culinaires et surtout industriels. L’ennui reste quand même, dans une société basée sur la cuisine, la difficulté à pratiquer une discipline visant à ne consommer qu’un seul produit par ingestion et seulement après avoir ressenti par l’odorat ou la vue une véritable appétence pour lui. L’auteur reconnaît lui-même la difficulté. Et comme il ne défend pas un point de vue sectaire, il admet que l’on puisse manger comme un cueilleur du paléolithique quand on est seul chez soi, « empiler » quand on est en société et même accepter un menu cuisiné quand on est invité au restaurant. L’ouvrage s’achève par un glossaire permettant au lecteur lambda de découvrir le sens de termes comme « cinésthésie, macrosmatique, microsmatique ou palatabilité », entre autres et par une bibliographie particulièrement riche. Livre intéressant et qui donne à réfléchir sur nos comportements alimentaires et leurs conséquences sur la santé et l’environnement.

4,5/5

DIVERSSCIENTIFIQUE

L’ALIMENTATION CRUE, 400 RECETTES (CHRISTIAN PAUTHE & JEAN-PIERRE OZANNE)

Le résumé du livre

« Que l’aliment soit ta seule médecine », disait Hippocrate. Depuis ces temps lointains, tout le monde s’accorde donc à reconnaître que l’alimentation est avec l’activité physique, le sommeil et la mentalité positive l’un des quatre piliers de la santé humaine. D’après les lois de Darwin, il semblerait que les enzymes aussi bien digestives que cellulaires, seraient adaptées aux molécules originelles, consommées par nos ancêtres préhistoriques pendant des millions d’années. Ces enzymes ne sont pas adaptées à certaines molécules nouvelles abondantes dans les laits animaux, les céréales mutées (le gluten du blé entre autres) et tous les sous-produits issus de la cuisson sans parler des techniques industrielles (cracking, lyophilisation, etc.). De très nombreuses pathologies, comme la sclérose en plaque, le diabète, les maladies cardio-vasculaires, l’arthrose, l’arthrite, l’asthme ou l’eczéma, pour n’en citer que quelques-unes peuvent en être la conséquence. D’où la nécessité de consommer un maximum d’aliments crus, d’exclure les laits animaux et leurs dérivés, les céréales (principalement le blé) à l’exception du riz.

Ma critique

« L’alimentation crue, quatre cents recettes » se présente en premier lieu comme un livre de recettes de « cruisine » permettant à l’apprenti(e) crudivore de varier un peu ses menus, de ne pas se contenter des sempiternelles salades vertes, carottes râpées ou céleri rémoulade. Toutes sont variées, originales et donnent envie de se lancer. Elles ont été imaginées par Jean-Marie Ozanne, chef cuisinier professionnel. Le lecteur découvrira qu’il peut tout cuisiner de cette façon aussi bien les légumes que les fruits, les viandes que les poissons. Après une introduction magistrale du Docteur Seignalet, le docteur Pauthe présente en une soixantaine de page un « Plaidoyer pour le cru », excellent résumé des grands principes de la diététique à la lumière des dernières découvertes scientifiques. Chaque groupe d’aliments est présenté en début de chapitre. Les recettes sont claires et précises. Seul regret : une absence totale de photos. L’ensemble s’achève sur une bibliographie conséquente qui peut permettre d’approfondir le sujet et sur un glossaire de grande utilité pour s’y retrouver dans le maquis de la diététique. Une somme à consulter aussi souvent que nécessaire.

Ma note

4,5/5

NOUVELLESSCIENCE-FICTION

DEMAIN LA TERRE (JEAN-PIERRE ANDREVON & AUTRES AUTEURS)

Le résumé du livre

En raison d’un dérèglement climatique accéléré, depuis des semaines et des mois, il pleut tout le temps sur Terre. Les eaux montent, les champs se transforment en lacs et des pays entiers disparaissent sous les eaux. Le père de Sébastien a l’idée de construire une nouvelle version technologique de l’arche de Noé… En 2040, au Japon, Shu Kishida vit dans une atmosphère tellement polluée qu’il ne peut sortir de chez lui sans son masque à air fabriqué par la société Yi-Yendi pour laquelle il travaille… En mer d’Arabie, un aqualier, tanker géant transportant 500 000 tonnes d’eau récupérée sous la mer est attaqué par des pirates. Le capitaine et son équipage sont promptement trucidés et jetés à la mer… Miror est un « spid ». Son espérance de vie est d’autant réduite que celle de ses parents, suite à un traitement biologique particulier, a été rallongée jusqu’à égaler celle des tortues des Galapagos… Dans une station spatiale en orbite autour de la Terre, Fershid et Milena, deux scientifiques, procèdent à des mesures et relevés climatiques pour le compte de l’Agence Spatiale Européenne. Et ce qu’ils observent est rien moins qu’inquiétant : l’Arctique se morcelle, l’Europe est grignotée par la montée des eaux, (plus de Pays-Bas, plus de Camargue) et le Bengla-Desh, entre autres est en voie de submersion…

Ma critique

« Demain, la Terre » est un recueil composé de cinq nouvelles relevant toutes du registre science-fiction écolo-catastrophiste. Chacune illustre une des catastrophes promises à notre malheureuse planète : dérèglement climatique avec son lot de fonte des glaces, ses cyclones et autres tsunamis, pollution aggravée au point de rendre l’air irrespirable, bataille autour des dernières réserves en eau potable et même fin du monde avec milliards d’humains disparus dans toutes sortes de catastrophes (« Marée descendante » de Jean-Pierre Andrevon). Cet ouvrage, plutôt destiné aux adolescents, mais pouvant parfaitement être apprécié par les adultes, se lit ou plutôt se dévore en quelques heures tant le style des auteurs est de qualité et leurs histoires fort bien tournées. Le lecteur les trouvera plus ou moins originales, plus ou moins pertinentes avec un « like » tout particulier pour la nouvelle de Christophe Lambert, « La compagnie de l’Air », qui se révèle comme la meilleure des cinq à tous points de vue. À noter la préface explicative de Joël de Rosnay ainsi qu’une présentation de chaque auteur et une autre de citations pour chaque texte. De l’écolo- pédagogie de qualité, en quelque sorte !

Ma note

4,5/5

SCIENCE-FICTION

LES CHEMINS DE L’ESPACE (COLIN GREENLAND)

Le résumé du livre

À Londres, sur la vieille Terre, un étrange gentleman dépourvu de chapeau, descend d’un fiacre, disperse quelques mendiants en leur jetant une poignée de piécettes et va frapper à la porte d’une taverne assez borgne. Il demande à voir une certaine Molly. C’est une prostituée qui semble ne pas lui être inconnue. Après un bref rapport, l’homme sort un poignard laser et fait passer la pauvre Molly de vie à trépas. En fait, le tueur est un Hrad, un exécuteur des basses œuvres, venu de Jupiter ou d’une de ses lunes… À Fort de Haut, sur les hauts de Hanovre, la jeune Sophie Farthing se présente au lecteur. Elle n’a jamais connu sa mère et vit avec son père, alcoolique notoire et Kappi, un Ophiq massif, de quatre pieds de haut, venu d’Arcturus IV. Comme il lui a appris à lire et à écrire, elle sert de scribe aux marins du port. Un jour, elle rencontre un certain Cox, dignitaire de la Guilde, qui prétend avoir connu sa mère. Pour le retrouver et en avoir le cœur net, elle se glisse par erreur à bord de l’Halcyon Dorothy qui quitte le quai et file dans l’espace avant qu’elle ait pu réagir…

Ma critique

« Les chemins de l’espace » est un roman de science-fiction plutôt atypique car très mâtiné steampunk. L’histoire se passe dans un univers à la Dickens avec machines à vapeur, fiacres, diligences et surtout vaisseaux spatiaux dignes de la marine en bois bien pourvus de voiles ! Toute l’intrigue tourne autour de Sophie, jeune orpheline, à la recherche de son identité au quatre coins de la galaxie. Le versant space-opera à la Silverberg (clin d’œil évident par rapport au titre) semble moins crédible. Il est d’ailleurs presque complètement occulté par le versant « Olivier Twist » ou « Mystères de Londres » qui reste néanmoins très passionnant. Comme le lecteur est touché par le destin de cette gentille héroïne à qui arrivent toutes sortes de malheurs et de tribulations, il ne peut que maintenir son intérêt tout au long d’une narration pourtant particulièrement minutieuse et descriptive. Un ensemble assez surprenant mais relativement agréable à lire.

Ma note

3,5/5

AUTOBIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

WHITE (BRET EASTON ELLIS)

Le résumé du livre

Nostalgique du cinéma des années 70, Bret se souvient avec délices et nostalgie de tous les films d’horreur dont il se délectait pendant son adolescence, tels « La maison des damnés », « Théâtre de sang » ou « Pantom of the paradise » de Brian de Palma. Alors qu’il n’est encore qu’un étudiant d’une vingtaine d’années, Bret est contacté par « Vanity Fair » pour qu’il écrive son premier article. Contre toute attente, son premier roman (« Moins que zéro ») paru alors qu’il n’a que 23 ans est tout de suite un énorme succès. Et pourtant cet opus ne comporte pas vraiment d’intrigue et ses personnages ne sont ni positifs ni sympathiques, mais parfaitement dans l’air du temps, c’est-à-dire nihilistes, cyniques et désenchantés. Un film en est tiré. Mais peu fidèle à l’esprit du livre, il est loin de rencontrer le succès escompté. Bret aura moins de réussite avec son deuxième opus « Les lois de l’abstraction » mais retrouvera à nouveau la réussite avec le troisième, le fameux « American Psycho » dont on tira un film qu’il trouve assez médiocre et même une comédie musicale…

Ma critique

Il est bien difficile de classer « White » dans une catégorie particulière. Ce n’est pas vraiment un roman, pas vraiment une biographie (encore que Bret Easton Ellis parle énormément de lui-même de son homosexualité qui semble l’alpha et l’oméga de son existence, de sa carrière et de ses fréquentations hollywoodiennes) et pas tout à fait un témoignage sur le monde de l’édition et du cinéma (quoi que les potins, ragots et historiettes sur toutes sortes de stars ne manquent pas). Certains passages raviront le lecteur curieux : par exemple tous ceux consacrés à l’élection de Donald Trump avec la stupeur et l’effroi des milieux bobos américains, choqués au point de le rejeter pour un tweet dans lequel il s’étonne de leurs réactions aussi idiotes que sectaires. Et également les portraits de Charlie Sheen, alcoolique et drogué, de Tom Cruise, dépressif avant de basculer dans la scientologie, et de Kanye West, ostracisé et considéré comme dément pour avoir déclaré que Trump pouvait être considéré comme un président acceptable. Dans l’ensemble, un bouquin agréable à lire pour qui n’est pas révulsé par les potins type Voici-Gala et le nombrilisme homo, mais pas vraiment du niveau de ses deux meilleurs, « Glamorama » et surtout « American psycho ».

Ma note

3/5

FANTASTIQUEROMAN

VIES DE CHAT / PRÉLUDE À L’ÉLU DE MILNOR (SOPHIE MOULAY)

Le résumé du livre

Dans les rues d’Hoggu, capitale de l’Empire, Calus et Linea, sept ans, sont pourchassés par une patrouille de soldats. Calus réussit à lui échapper mais juste pour se retrouver capturé par des sbires travaillant pour le compte du mage Cruzac. Placés dans une geôle humide et sombre, il est rejoint par une autre captive, Maëlia, une petite fille des rues. Quelque temps plus tard, Malus est installé dans une étrange machine qui lui fait subir une transformation surprenante : ses yeux changent de forme et de couleur et du poil commence à lui pousser sur tout le corps. Même chose pour Maëlia. Les deux enfants sont transformés en chats ou plutôt en hybrides félins, mi-humains, mi-animaux. Des animains. Ils apprécient finalement beaucoup leurs nouvelles caractéristiques et en particulier leur meilleure vision nocturne et leur plus grande souplesse et agilité. Calus s’apprête à chasser un oiseau quand un autre animain de type panthère, Deri ot Sertius, l’arrête dans son élan, histoire de l’empêcher de se rompre les os. Après un assez long entrainement aux arts martiaux, les deux enfants se voient confier une toute première mission auprès du gouverneur Kiho, menacé par un complot inquiétant.

Ma critique

« Vies de chat » est un roman de fantaisie plutôt destiné aux adolescents. La narration est de bonne qualité, rythmée, sans temps mort. Le lecteur se laisse facilement emporter par cette histoire basée sur une idée amusante et pleine d’action et de rebondissements. Il semble que ce titre annonce une suite sous forme de saga, car il s’achève sur une fin ouverte. Sa mission réussie de main de maître, Calus s’en voit attribuer une autre qui sera sans doute racontée par la suite. L’ensemble est agréable à lire, sans prétention. Rien que du plaisir et du divertissement. Inutile de chercher autre chose !

Ma note

4/5

ROMAN

LA TERRE INVISIBLE (HUBERT MINGARELLI)

Le résumé du livre

À Dinslaken, dans l’Allemagne vaincue de juillet 1945, un photographe de guerre n’arrive pas à se décider à rembarquer et à retourner chez lui. Quelque chose le retient sur place. Le hasard de ses promenades lui fait rencontrer de pauvres gens partis sur les routes à la recherche d’un abri. Quand il reçoit l’ordre de pendre un procureur, son supérieur, le colonel Collins, refuse d’obtempérer en prenant le prétexte que son unité ne dispose d’aucun charpentier. Le photographe est obsédé par un rêve récurrent : il voit des bâches recouvrant des morts se soulever toutes seules. Un jour, profitant de la voiture réquisitionnée du procureur, il part en voyage vers le Nord en compagnie du seconde classe O’Leary qui lui servira de chauffeur. Dans les fermes et dans les villages, il prend en photo les gens qu’il rencontre, souvent des femmes, des enfants et des vieillards mutiques. Il leur demande parfois de l’eau et des œufs pour améliorer l’ordinaire…

Ma critique

« La terre invisible » est un roman intimiste comme sait si bien en écrire Hubert Mingarelli avec son style minimaliste inimitable. L’auteur ne semble s’attacher qu’aux détails insignifiants de la vie de tous les jours. Ses personnages ressemblent un peu à des ombres, tant il leur donne peu de consistance. Ce voyage quasi inutile et peut-être sans retour donne surtout une impression de poésie mélancolique. Pas de théories, peu de descriptions, pas de grandes déclarations ou explications psychologique, juste l’essentiel pour que le lecteur puisse se faire son film tout seul dans sa tête. De livres en livres, Mingarelli continue donc imperturbablement sur ce même sillon. Ça finit par faire un peu procédé « breveté », d’autant qu’on retrouve presque les mêmes personnages, les mêmes situations et les mêmes décors (ou de similaires comme dans « Quatre soldats »). Le lecteur pourrait finir par se lasser, mais il n’en est rien. La petite musique si particulière de l’auteur garde encore pas mal de sa magie…

Ma note

3,5/5

SCIENCE-FICTION

LE PRINCE DES ÉTOILES (JACK VANCE)

Le résumé du livre

En juillet 1524, Kirth Gersen se présente à la taverne de Smade, établissement fréquenté par les pirates et les flibustiers les plus notoires de l’Au-delà. Il faut dire que Smade est le seul propriétaire de la planète qui porte son nom. Il s’y est établi avec ses trois femmes et ses onze enfants et y fait régner sa loi. Gersen y rencontre un autre explorateur de l’espace, Lugo Teehalt, lequel a travaillé pour le compte d’Attel Malagate, dit « Le Monstre ». Teehalt a fait la découverte d’une planète aussi magnifique qu’hospitalière, habitée par des créatures fascinantes telles les dryades. Pour la préserver, il veut garder secret son emplacement. Mais, dans la nuit, il est assassiné par trois individus, au grand dam de Smade qui n’admet aucun désordre sur sa planète. Gersen repart avec le moniteur de la fusée de Teehalt. Il espère réussir à l’ouvrir et à le faire parler, car il contient de précieux renseignements et en particulier la position de la fameuse planète.

Ma critique

« Le prince des étoiles » est un roman de science-fiction, catégorie space-opera, consacré à une chasse à l’homme et à une vengeance à travers la galaxie. C’est le premier de cinq tomes d’une saga intitulée « La geste des princes-démons ». Chacun retrace la traque d’un grand criminel et peut se lire indépendamment des autres. Après Attel Malagate, suivront Kokor Hekkus, Viole Falushe, Lens Larque et Howard Alan Treesong. Présentée comme un grand classique de la science-fiction (si l’on en croit la quatrième de couverture), cette série est plutôt une œuvre de divertissement sans grande prétention ni profondeur. L’intrigue est assez basique, les personnages peu travaillés et les méchants très caricaturaux. Reste le style de qualité du grand Jack Vance dont la production assez énorme comporte des titres de bien meilleur niveau que celui-ci.

Ma note

3,5/5

AVENTURESPOLICIER

LE TRAIN PERDU (SOUVESTRE & ALLAIN)

Le résumé du livre

Dans une guinguette des bords de Marne, Beaumôme, Oeil-de-bœuf, Bec-de-gaz et quelques autres apaches et rôdeuses de barrière découvrent qu’un mystérieux personnage semble les espionner depuis un salon particulier du premier étage. Ils s’apprêtent à lui faire un mauvais sort quand ils découvrent que le présumé roussin n’est autre que leur patron, le redoutable Fantômas. Lequel leur propose un nouveau contrat : dérober la rondelette somme de cinq millions de francs convoyée en Angleterre par le prince Vladimir, aristocrate russe, chargé de l’achat d’une île du Pacifique pour le compte d’une principauté d’Europe centrale. Une première tentative échoue lamentablement dans le train menant à Calais. Une deuxième sur le ferry-boat fait flop également. Il faut dire que diverses grèves de dockers et de cheminots compliquent à plaisir la manœuvre des voyous…

Ma critique

« Le train perdu » est un des 44 épisodes des aventures de Fantômas, « le génie du crime, le maître de l’épouvante ». Paru en 1912, ce roman feuilleton parfaitement dans le goût de l’époque rencontra un immense succès sous forme de fascicules vendus 65 centimes (le Livre de Poche avant l’heure). Dans la lignée des Rocambole et autres Arsène Lupin, le héros, sombre incarnation du mal n’a de cesse de faire frissonner de peur les lecteurs de l’époque. Y a-t-il un intérêt à lire aujourd’hui ce genre de texte écrit au kilomètre, quasiment sans relecture, sans le moindre souci de style ? Oui, sans aucun doute, mais pour des raisons différentes des originales. Tout d’abord pour la plongée dans le monde de la Belle Epoque avec toute sa galerie de personnages étranges ou truculents. Ensuite pour l’intrigue délirante, abracadabrantesque, pleine de rebondissements souvent cousus de fil blanc et frisant sans cesse l’invraisemblance. Mais qu’importe ! Le lecteur pourra également mesurer les progrès qui ont été faits en littérature (roman noir, thriller, fantastique) depuis cette œuvre de précurseurs sans prétention qui n’avaient qu’un but : distraire le lecteur et vivre de leur plume.

Ma note

3/5

ESSAIS

PAROLES D’UN RÉVOLTÉ (PIERRE KROPOTKINE)

Le résumé du livre

Né en 1842, mort en 1921, Pierre Kropotkine, issu de la haute aristocratie russe, fut à la fois géographe, explorateur, zoologiste, et anthropologue. Il est surtout connu comme théoricien du communisme libertaire. Avec Bakounine, Fourier et Proudhon, il est considéré comme un des penseurs majeurs de l’anarchisme et comme le fondateur de ce mouvement politique aussi radical que particulier. Accusé d’affiliation à « une société internationale ayant pour but de provoquer la suspension du travail, l’abolition de la propriété, de la famille, de la patrie et de la religion », en un mot, d’avoir commis par ses écrits un véritable attentat contre la paix publique, il dut purger trois années de prison en France. Mais que prônait cet imprécateur ? La véritable collectivisation des terres, des richesses et des moyens de production. Il voulait développer l’entraide, la solidarité prolétarienne, une morale basée sur la liberté, l’égalité, la fraternité et la justice sociale. Il fustigeait la spéculation et tous les profits indûment engrangés sur la sueur et le labeur des travailleurs. Il condamnait sans appel le capital et surtout la bourgeoisie qui avait manqué à toutes ses promesses lors des diverses révolutions (1789, 1830, 1848 et surtout au moment de la Commune qu’il étudie tout particulièrement comme étant la seule véritable tentative avortée de révolution anarchisante).

Ma critique

« Paroles d’un révolté » est un recueil comportant 19 articles précédemment parus dans le journal « La Révolte ». Publié en 1885, cet ouvrage pourra être lu sans problème de nos jours et certainement avec grand profit tant l’analyse des mécanismes révolutionnaires est pertinente. Le lecteur s’apercevra au fil des articles que peu de choses ont changé et que d’une oppression, le peuple est passé à une autre peut-être encore plus hypocrite et plus rapace. Il comprendra que l’ordre bourgeois a toujours su récupérer toutes les révolutions, les a retournées à son profit. Les nantis osant même se présenter comme « socialistes ». Pour Kropotkine, tout « gouvernement révolutionnaire » est un oxymore, une forfaiture et un piège dans lequel sont tombées toutes les révolutions « sociales » sans aucune exception. Ce que l’Histoire nous a d’ailleurs montré ultérieurement. La Révolution de 1917, le stalinisme, le maoïsme, guerre d’Espagne, ne faisant que conforter a posteriori les thèses de l’auteur. Pour lui, il faudrait prioritairement abolir toute forme de propriété et procéder sans attendre à une expropriation généralisée. « Ni Dieu, ni maître », donc pas d’armée, pas de clergé, pas de gouvernement, pas de pseudo « représentants du peuple » qui ne songent qu’à se servir au lieu de servir, pas de taxes, pas d’impôts. Une commune, autant dire, une communauté, un communisme total, absolu, sans compromis. Il pensait cet avenir tout proche comme une suite logique de la Commune de Paris. Nous, grâce au recul que nous avons, savons qu’il donnait sans doute un peu beaucoup dans un idéalisme utopique sans parler d’un certain misérabilisme compréhensible vu l’époque. À lire pour qui veut en savoir plus sur ce courant politique qui ne parvint jamais à inscrire ses principes dans la réalité.

Ma note

4/5

ESSAISHISTORIQUE

MANUEL PRATIQUE DE LA CULTURE MARAÎCHÈRE DE PARIS (MOREAU & DAVERNE)

Le résumé du livre

À la demande de la société de jardinage et d’horticulture de Paris, les auteurs ont rédigé une somme tout à fait remarquable sur les méthodes de culture des maraîchers et jardiniers professionnels de la capitale. Leur travail récompensé par un prix est devenu par la suite un ouvrage de référence dans le milieu, tellement il est précis, complet, documenté et utilisable, autant par les amateurs que par les professionnels. Il débute par une histoire sommaire de la culture maraîchère. Le lecteur y découvrira entre autres que le terme « marais » était encore à l’époque (1845) encore synonyme de « jardin » et qu’au fil des siècles et des constructions, ces lieux de production durent peu à peu s’éloigner du centre de la capitale jusqu’à se retrouver de plus en plus en périphérie. L’utilisation du premier châssis date de 1780, celle du premier forçage de l’asperge blanche de 1792. Chaque hectare de potager donnait du travail à 5 ou 6 personnes soit au total environ 9000 emplois rien que pour Paris intra-muros.

Ma critique

Le « Manuel pratique de la culture maraîchère à Paris » se compose de 13 chapitres. On y découvre tout ce qui se rapporte aux sols, aux expositions. En ce qui concerne les engrais, les maraîchers n’utilisent que du fumier de cheval ou de bovin. En revanche, ils pratiquent la rotation systématique des cultures, le terreautage, le compostage et le paillage. La plus grande partie de l’ouvrage est une description mois par mois de toutes les cultures pratiquées qui sont nombreuses et variées. Celle du chou de Chine est déjà bien connue, mais peu répandue, car elle ne trouve que peu de débouchés. Celle des fraises (surtout celle des Alpes) également car déjà concurrencée par celle de régions au climat plus doux permettant des récoltes plus précoces. Un chapitre est réservé aux maladies et aux insectes ravageurs avec malheureusement peu ou pas de parades. L’ouvrage se termine par la récolte et la conservation des graines (heureuse époque où personne n’avait eu l’idée monstrueuse de breveter le vivant !), puis par un index alphabétique des légumes permettant au lecteur de se retrouver aisément dans l’ouvrage. Il ressort de cette fort intéressante lecture que nos ancêtres avaient déjà une connaissance et une maîtrise remarquable des techniques de culture, qu’ils pratiquaient le bio et même une certaine forme de permaculture, technique qui semble si avant-gardiste à certains. Une fois encore, pas grand-chose de nouveau sous le soleil !

Ma note

4/5

ESSAISHISTORIQUE

LES CHAINES DE L’ESCLAVAGE (JEAN-PAUL MARAT)

Le résumé du livre

En 1774, voulant profiter de l’occasion donnée par le renouvellement du Parlement anglais, Marat publie à l’attention des électeurs britanniques un ouvrage appelé à réveiller leur conscience civique qu’il juge assoupie. Le livre paru, il s’aperçoit qu’il n’est distribué nulle part et que personne n’en parle. Journalistes, éditeurs, distributeurs semblent tous s’être donné le mot pour le boycotter. Marat serait-il trop véhément à l’égard du pouvoir ? Il se rend d’urgence en Angleterre où il a déjà séjourné une dizaine d’années pour faire la promotion de son ouvrage auprès de sociétés qu’il appelle « patriotiques ». Il rencontre un certain succès, mais celui-ci arrive bien trop tard. Les élections sont passées et son intervention n’a rien changé aux résultats. Marat découvrira par la suite que le pouvoir avait dépensé la bagatelle de 8000 guinées pour retarder et même empêcher toute diffusion de son livre…

Ma critique

« Les chaînes de l’esclavage » est une étude soignée, argumentée, illustrée de nombreux exemples historiques principalement tirés de l’Histoire d’Angleterre mais aussi de celle de Rome, ainsi que d’évènements divers survenus en France, en Italie, en Espagne et un peu partout en Europe. Ce n’est en aucun cas un pamphlet comme on pourrait s’attendre de la part d’un révolutionnaire dont on n’a retenu que le côté imprécateur et surtout la mort tragique dans sa baignoire sous le couteau de Charlotte Corday. Tout au long d’une brillante démonstration, il analyse les ressorts et mécanismes plus ou moins vicieux de l’absolutisme, du totalitarisme, en un mot de toutes les formes de tyrannie. Il met en parallèle richesse et servitude. Tant que le peuple a du pain et des jeux, il ne se révolte pas. Il montre aussi comment un prince au départ éclairé et sensible aux problèmes de son peuple peut insidieusement basculer dans l’arbitraire avec toutes sortes de complicités extérieures (rôle des juges, des politiques, des notables, des militaires) et même grâce à un quasi goût du peuple pour sa propre servitude. Pour lui, un vrai citoyen doit pouvoir être armé comme en Suisse ou aux Etats-Unis. C’est l’unique et définitive garantie pour assurer une véritable démocratie. Un ouvrage majeur qui mériterait plus grande diffusion tant le discours et l’analyse restent modernes et même toujours d’actualité. À chaque page, le lecteur ne peut que se dire « Mais, rien n’a changé. Tout ce que dénonce Marat quelques années avant la Révolution, il pourrait le redire aujourd’hui. Et même en pire. » Au passage, on notera avec amusement quelques naïvetés sur l’extension du suffrage, l’abolition des privilèges ou la vérification des comptes de la nation, toutes choses que nous pouvons aujourd’hui évaluer avec le recul historique dont nous disposons. Une belle pensée de sociologue, d’homme politique et de moraliste mais aussi une très belle plume, agréable à lire, même de nos jours.

Ma note

4,5/5

ESSAISLOISIRSvoyages

GUIDE DE LA RETRAITE HEUREUSE (BERNARD BELLEC)

Le résumé du livre

Qu’est-ce qu’une donation-partage ? Comment s’y reconnaître dans la foule d’acronymes tous plus sibyllins les uns que les autres (de AAH à USLD) ? Comment organiser des obsèques ? Comment protéger ses proches et transmettre son patrimoine ? De quelles aides peut-on disposer pour mieux vieillir ? Comment devenir acteur de son vieillissement ? Peut-on bien vieillir en restant chez soi ? Comment améliorer sa retraite ? Toutes ces questions et bien d’autres trouvent leurs réponses dans cet ouvrage.

Ma critique

« Guide de la retraite heureuse » est un bel ouvrage assez difficile à répertorier. En effet, ce livre agréable et joliment illustré est à la fois un almanach un peu dans l’esprit du Vermot avec ses anecdotes, ses petits faits historiques, méconnus ou oubliés, ses sites à découvrir, ses recettes pas toujours connues, ses conseils de jardinage, ses bandes dessinées, ses blagues, énigmes et historiettes. Une sorte de fourre-tout sympathique et fort utile pour les seniors qui souhaitent passer une retraite heureuse et qui voudraient comme l’indique le sous-titre « Bien vivre en France ». Une très belle édition grand format (almanach) qui aborde avec bonheur un grand nombre de sujets souvent intéressants Il est évident que la partie mémento avec ses index et son lexique sera la plus consultée et la plus utile. L’autre sera plus amusante voire distrayante.

Ma note

4,5/5

ESSAISHISTORIQUE

L’ENNEMIE SOCIALE (PAUL ROSEN)

Le résumé du livre

En 1890, la Franc-Maçonnerie représente 136 000 loges et 28 millions de « frères » et « sœurs ». Elle dispose d’un budget annuel de 3 milliards de francs. À l’époque, elle est déjà de première importance car à l’inspiration et à l’origine de la plupart des lois et décisions républicaines. Elle se déclare « humaniste, progressiste, amie du genre humain », mais quelle est sa véritable nature ? Dans son Encyclique « Humanum gentium », le pape Léon XIII a demandé : « Arrachez à la Franc-Maçonnerie le masque dont elle se couvre et faites-la voir telle qu’elle est. » Tel est le but de cet ouvrage qui démarre par une partie historique rappelant toute l’histoire de la maçonnerie laquelle remonte à la nuit des temps. Ainsi découvre-t-on entre autres que la première loge maçonnique créée en France fut constituée le 13 octobre 1721 à Dunkerque par Lord Montaigu, grand maître de la Grande Loge d’Angleterre sous le titre « Amitié et Fraternité » et que la seconde fut fondée à Paris par Lord Derwent-Water en 1725. Merci les Anglais. Sait-on aussi que Louis XVI, Louis XVIII et Charles X furent eux-mêmes intronisés maçons de la Loge « Les trois frères » qui siégeait à Versailles ?

Ma critique

« L’ennemie sociale » se présente comme un essai ou un document historique se voulant exhaustif et présentant une analyse particulièrement précise de la situation de la maçonnerie à la fin du XIXème siècle. L’ouvrage comporte trois grandes parties (la maçonnerie en France, en Belgique et en Italie). L’auteur s’efface totalement en se contentant de citer textes et déclarations de divers Grands Maîtres, lesquels sont parfaitement clairs sur les buts réels de l’organisation transnationale. Il s’agit d’appliquer leur devise, « Liberté, Egalité, Fraternité » trois préceptes ambigus qu’il faut comprendre comme applicables aux seuls maçons et non aux opposants. En effet, l’enseignement maçonnique comporte une partie avouée, une partie avouable et une partie inavouable. C’est celle-ci que l’auteur parvient magistralement à débusquer. Cette organisation secrète veut en effet la destruction de toute religion par la corruption de la conscience, la destruction de toute autorité par la corruption de l’enseignement et la destruction de toute morale par la corruption de l’Etat. Un ouvrage majeur, somme indiscutable et un tantinet indigeste (vu l’accumulation de documents) qui permettra à son lecteur de faire des parallèles avec la situation actuelle et de comprendre d’où est partie et à quoi a abouti cette entreprise que certains qualifient de « satanique ».

Ma note

3/5

ESSAISHISTORIQUE

UN FIASCO MAÇONNIQUE (ÉMILE FLOURENS)

Le résumé du livre

En 1899 puis en 1907, à l’initiative de sommités de la maçonnerie, furent organisées deux conférences internationales à La Haye. Ces hauts dignitaires souvent d’origine juive voulaient lancer une initiative en faveur de la paix mondiale. Pour y parvenir, ils voulaient créer une cour d’arbitrage internationale permanente à laquelle tous les états auraient dû se soumettre en cas de litige. Président de l’Alliance Israélite Universelle et Grand maître du Rite Ecossais, Adolphe Crémieux avait quelques années auparavant entrepris un lobbying intense auprès de l’empereur Napoléon III et du Tsar Alexandre II. Le président américain Roosevelt et le tsar Nicolas II furent officiellement à l’origine du projet qui se solda par un échec apparent, car elles n’empêchèrent pas la guerre de 1914. Après un peu plus de deux mois de travaux, le texte de l’Acte final de la Convention de la Haye fut signé le 29 juillet 1899 par les représentants de vingt-sept États, dont vingt-et-un européens. Ces deux Conventions de la paix représentent aujourd’hui les règles de droit coutumier de première importance, même si entre-temps les Conventions de Genève de 1949 et leurs Protocoles additionnels de 1977 les ont considérablement élargies.

Ma critique

Cet ouvrage écrit par un ancien ministre des Affaires étrangères et publié en 1912, est aujourd’hui un important document historique analysant de façon objective l’ébauche avortée selon l’auteur des premières instances internationales, en réalité l’acte de naissance de la Cour pénale internationale de La Haye. Suivront ensuite la SDN puis l’ONU et toutes ses annexes. Les arguments contre cette « nouveauté » ne manquaient pourtant pas. « Tout ce mouvement pour la paix, si beau à n’en considérer que l’apparence, n’est au fond que la preuve d’une sotte bonhomie », écrivit à l’époque Robert von Mohl. « Le but de tous ces projets de paix c’est de faire régner la paix ; or ce n’est pas la paix qui est le but, c’est le droit ; or toutes les garanties imaginables ne préviennent pas la violation du droit », ajoutait F. Laurent. Le plus amusant est de s’apercevoir que le véritable objectif de toutes ces grandes manœuvres était la création d’un Etat mondial sur le modèle des Etats-Unis d’Amérique, une fédération universelle, un gouvernement mondial. Ceci il y a plus d’un siècle. Ces gens-là ont de la patience, de la suite dans les idées. Document très intéressant pour les amateurs d’Histoire ou pour quiconque s’intéresse à la géopolitique actuelle.

Ma note

3/5

ESSAISRELIGIEUX

LE RHIN SE JETTE DANS LE TIBRE (RALPH WILTGEN)

Le résumé du livre

Les travaux préparatoires du Concile Vatican II consistèrent d’abord en une vaste collecte des réponses données par les prélats à un questionnaire envoyé par le pape Jean XXIII. Soit un total de seize gros volumes représentant près de 10 000 pages de lecture ! Lesquelles allaient d’ailleurs servir de bases aux travaux des diverses commissions. À l’appel du souverain pontife, 2200 prélats se retrouvèrent à Rome pour ce Concile qui se voulait œcuménique. Mais dès l’ouverture ce fut la foire d’empoigne pour obtenir les présidences des dites commissions. L’Allemagne, l’Autriche, la Hollande et pour une moindre part la France se taillèrent la part du lion au grand dam des prélats d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. La Curie romaine se retrouva sur la sellette. Le Pape lui-même vit son autorité remise en question. On abandonna le latin et on systématisa la concélébration des messes. On aborda la question du statut des religieux, des laïcs, on chercha à mettre une sourdine sur le culte marial, etc. Les plus actifs partisans de l’œcuménisme furent les Jésuites et les Dominicains.

Ma critique

« Le Rhin se jette dans le Tibre » est un compte-rendu précis, presque heure par heure ou intervention après intervention ,d’un Concile qui fut lourd de conséquences surtout pour le catholicisme. Le lecteur remarquera que tous les efforts déployés pour séduire les « frères séparés », orthodoxes, protestants et même juifs ne furent guère payés de retour. Ces « minutes » illustrent parfaitement les difficultés qu’eurent les prélats à trouver des accords sur quasiment tout. Le bras de fer entre conservateurs et libéraux fut aisément gagné par ces derniers qui surent placer suffisamment de propositions floues ou ambiguës permettant la plupart des dérives qui se produisirent par la suite. Un document historique majeur, précis, référencé qui pourra être fort profitable au chercheur ou à l’amateur voulant en savoir plus sur cet événement capital. On passera sur la lecture un peu aride de ce texte.

Ma note

3/5

TEMOIGNAGE

UNE FUMÉE SUR LE TOIT (EDOUARD ROY)

Le résumé du livre

Charlou est un pauvre paysan de la région de Carmaux. Son père d’abord sabotier a essayé de se reconvertir comme vendeur de chevaux mais sans grand succès. Dès l’âge de 12 ans, il doit quitter la petite ferme familiale pour aller s’engager à la mine. Il y travaillera de 1889 à 1929 à l’entretien des chevaux puis comme porion. De trop petite taille, il est dispensé de service militaire et échappe à la grande boucherie de la Première Guerre Mondiale. Il se marie avec Orancie qui sera sa fidèle compagne pendant des années. Ils n’auront qu’une fille car Orancie, victime d’un très grave accident ne pourra plus avoir d’enfant. À la fois mineur et paysan, Charlou mènera une double vie. Double travail, double peine. Il connaîtra les grands mouvements sociaux de l’époque, verra l’armée tirer sur le peuple et découvrira l’exploitation, la misère de ceux et celles qui n’ont pas comme lui quelques arpents de terre et quelques animaux qui lui permettront de toujours améliorer l’ordinaire, ce qui sera particulièrement le cas pendant l’Occupation.

Ma critique

« Une fumée sur le toit » n’est pas un roman de terroir, mais l’authentique témoignage, vivant et poignant, d’un homme simple, honnête et courageux. Edouard Roy a recueilli et scrupuleusement noté les récits de Charlou. L’ensemble est un peu décousu, un peu brut de décoffrage. L’auteur fait parler à la première personne tantôt Charlou, tantôt Orancie, ce qui permet au lecteur de se faire une bonne idée de ce que fut la vie des personnages dans une époque difficile. Il ne pourra qu’apprécier à sa juste valeur la sagesse de cet ouvrier-paysan qui analyse le monde de la mine et toute la société avec son bon sens et surtout son humour modeste. Ouvrage très frais, très agréable, pétri de valeurs traditionnelles et si loin du cynisme, du laisser-aller et de la lâcheté actuels !

Ma note

4/5

HISTORIQUEROMAN

LE TEMPLIER D’ANDRIVAUX (JACQUES DUBOURG)

Le résumé du livre

En 1138, en Périgord, le sire de Beaudricourt a la tristesse de perdre Juliane, son épouse bien-aîmée. Il décide de tout quitter pour entrer à la commanderie templière d’Andrivaux qui vient de se créer à proximité de son domaine. Il veut devenir un « pauvre chevalier du Christ et du Temple de Salomon ». Il confie son fils Enguerrand qui n’a que 13 ans aux bons soins de sa vieille servante Gertrude et de son frère, lequel gèrera son fief jusqu’à la majorité de son fils. À ce moment, il devra rejoindre à son tour l’ordre chevaleresque qui pourra hériter de tous ses biens. Mais, d’abord, Beaudricourt doit faire ses preuves avant d’être admis dans l’ordre et pouvoir recevoir le fameux manteau blanc frappé de la croix rouge. Il rejoint ensuite la commanderie de La Rochelle avant de partir en Terre Sainte accomplir sa mission de protection des pèlerins victimes des agressions des Sarrasins. Il y attrape la lèpre et est rapatrié en France…

Ma critique

« Le templier d’Andrivaux » est un roman historique solidement étayé sur la réalité des faits et ne cédant pas à la mode romanesque si répandue sur le sujet. Ici, pas d’histoire de Baphomet ni de Saint Graal, ni de Prieuré de Sion ni même de sang royal. Jacques Dubourg ne s’aventure pas dans les élucubrations des Dan Brown et consorts. Il laisse de côté tout ce côté ésotérique plus ou moins fumeux pour privilégier l’Histoire avec un grand H. Le lecteur suit de près l’initiation du futur templier et réalise que ce personnage était vraiment autant moine que soldat. Il faisait d’ailleurs vœu de pauvreté, obéissance et chasteté. Un chapitre important du livre illustre très bien l’énorme importance attachée à cette vertu. Tous les faits s’inscrivent parfaitement avec le contexte historique qui est d’ailleurs rappelé en fin de volume. Un roman historique sérieux, bien construit, comme le vrai connaisseur de l’Histoire peut les apprécier même si les épisodes spectaculaires brillent un peu par leur absence.

Ma note

3,5/5

BIOGRAPHIESHISTORIQUE

ALAIN DE SOLMINIHAC (ROLAND MAZEAU)

Le résumé du livre

Alain de Solminihac, né le 25 novembre 1593 au château de Belet à Saint-Aquilin, près de Périgueux, mort à Mercuès, près de Cahors, le 31 décembre 1659, fut un homme d’Église du XVIIe siècle. Il a été déclaré vénérable en juin 1927 par le pape Pie XI puis béatifié en 1981 par le pape Jean-Paul II. À l’âge de 18 ans, il ne désirait rien d’autre que de devenir chevalier de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et de porter les armes pour défendre la foi catholique. Son oncle, abbé commendataire de l’abbaye de Chancelade, fondée en 1133, le désigne pour lui succéder. À 21 ans, il devient donc chanoine régulier novice. En 1614, lorsqu’il prend son abbaye en main, celle-ci est ruinée par les guerres de religion. Après sa profession religieuse (1616) et son ordination sacerdotale (1618), il va compléter ses études ecclésiastiques à Paris où il applique sa devise: : « Aussi bien que se peut, jamais rien à demi ». Il y rencontre François de Sales et se lie d’amitié avec Vincent de Paul. En 1623, il reçoit la bénédiction abbatiale et continue l’entreprise de reconstruction spirituelle et matérielle de Chancelade. En onze années, il reçoit la profession religieuse de 54 novices. Sa méthode et ses préceptes font école auprès d’autres communautés augustiniennes. Pressenti pour être nommé évêque de Lavaur, il se rend à Paris pour aller demander au roi Louis XIII de lui éviter ces honneurs. Mais le roi, frappé par cette humilité, le fait nommer en 1636, à un des plus grands diocèses du royaume, celui de Cahors.

Ma critique

« Alain de Solminihac, abbé de Chancelade, évêque de Cahors » est un ouvrage historique et documenté sur la vie d’un homme pétri de foi et de ferveur qui eut une grande influence à son époque ne serait-ce que par les réformes qu’il impulsa à la religion catholique. Le lecteur découvrira dans ce livre de nombreux extraits de sa correspondance avec Vincent de Paul. Des photographies illustrent un propos un peu aride et surprenant devant tant d’héroïcité des vertus. Cet évêque « malgré lui » portait secours aux pauvres et aux démunis et eut une conduite admirable pendant la grande peste. Il se comporta toujours comme un véritable ascète. Il ne se nourrissait qu’une fois par jour d’un peu de pain et de quelques légumes, dormait sur une planche, portait un cilice et s’infligeait des flagellations chaque vendredi entre autres… Un comportement quasi incompréhensible à notre époque. Livre intéressant pour découvrir un athlète de Dieu assez peu connu.

Ma note

3/5

ROMAN

L’ARBRE DES OUBLIS (CORINE VALADE)

Le résumé du livre

De 1962 à 1984, des dizaines d’enfants et d’adolescents, orphelins ou non, ont dû quitter l’île de la Réunion censée être surpeuplée pour être transplantés un peu partout dans les campagnes françaises en voie de désertification. Ceci à l’initiative de M. Michel Debré, député de la Réunion et ex-premier ministre du général de Gaulle. Dans l’un des convois de ces petits « déportés » se trouvait la petite Lili, 4 ans, et Joseph, 14 ans, ado un peu difficile. Les services sociaux avaient fait croire à la mère de Lili que celle-ci allait faire de brillantes études en métropole, ce qui lui permettrait d’échapper à la misère et d’avoir une meilleure vie. Elle pourrait revenir sur son île aux grandes vacances. Malheureusement la réalité va se révéler complètement différente. La petite sera confiée à Simone et Dédé, un couple d’agriculteurs creusois. Quant à la promotion sociale, elle se limitera à un emploi d’aide-soignante à l’hôpital Robert Ballanger de Sevran (Seine-Saint-Denis). Et pourtant le souvenir de son île lointaine et de sa si tendre nourrice Gros Monmon restera toujours gravé dans son cœur d’enfant puis de femme. Pourra-t-elle renouer les fils de son destin, replanter ses racines si sauvagement arrachées ?

Ma critique

« L’arbre des oublis » est beaucoup plus qu’un simple roman de terroir tant il aborde de sujets différents dans les domaines de l’histoire contemporaine, de la sociologie et des drames humains. Quelle aberration que cette transplantation d’enfants venus du bout du monde ! Que de dégâts elle a causés ! Avec cette gentille petite Lili, le lecteur comprendra que tout être humain a un besoin vital de racines, d’être de quelque part et qu’un enfant ne peut jamais être retiré à sa famille sans conséquences. Le récit de cette vie gâchée ne manque pas de rebondissements et de tribulations dans toutes sortes de milieux sociaux. Il est si vivant et garni de tant de personnages si pétris d’humanité qu’il n’est pas aisé de poser le livre tellement tout ce qu’on y découvre est émouvant, attachant ou dérangeant. C’est d’autant plus touchant que tout repose sur des témoignages et des faits réels et avérés. Une importante bibliographie en fin de volume en témoigne. Un très beau livre bien écrit, agréable à lire et qui fait réfléchir sur toutes sortes de sujets brûlants comme l’adoption, les migrations et surtout la condition enfantine avec toutes ses souffrances.

Ma note

4,5/5

HISTORIQUE

LES MILLIARDS DU TRAIN DE NEUVIC (GUY PENAUD)

Le résumé du livre

Le 26 juillet 1944, divers groupes de résistance (FFI, FTP, AS, etc.) réussissent le coup de force incroyable de s’emparer de la somme fabuleuse de 2 milliards 280 millions de francs transportés dans un wagon du train Périgueux-Bordeaux lors de son arrêt à la gare de Neuvic sur l’Isle, en Dordogne. Ce vol à main armée le plus important de l’Histoire car bien plus important que l’attaque célèbre du train Glasgow-Londres se déroula sans violence aucune, le directeur de la Banque de France de Périgueux, le Préfet et même les quatre policiers de l’escorte étant plus ou moins complices du coup de main. Il n’en fut pas de même de la répression menée par la Milice, la Gestapo et ses supplétifs maghrébins qui furent responsables de la mort de 42 jeunes résistants…

Ma critique

« Les milliards du train de Neuvic » est un ouvrage historique tout à fait intéressant sur un fait un peu oublié de nos jours et même passé sous silence dans les années d’après guerre. En effet, si les membres de l’équipe d’une centaine de personnes qui réalisèrent l’exploit se montrèrent d’une probité absolue, il n’en fut pas de même de bien d’autres entre les mains desquels transita cette montagne d’argent. Un parti politique (qui n’est pas nommé dans l’ouvrage et c’est bien regrettable) en profita très largement. On prétendit que 5 ou 8 millions servirent également à payer une rançon pour libérer André Malraux emprisonné à Toulouse. Ce qui est totalement faux, cette libération ne coûta rien, mais l’argent disparut. Toutes sortes d’associations plus ou moins bidon en profitèrent et pas mal d’individus comme un certain Urban, agent russe ou yougoslave, qui, après s’être distingué par sa cruauté lors de l’Epuration se retrouva soudain à la tête d’une belle fortune placée en œuvres d’art et s’offrit même une luxueuse galerie d’art à Paris. Et tant d’autres. Seuls quelques millions purent être récupérés par la Banque de France. Cet ouvrage, très documenté et très bien illustré par de nombreux documents, se termine par une liste fort longue de tous les protagonistes de l’affaire et de tous les groupes de résistance de la région.

Ma note

4/5

SCIENCE-FICTION

LA FLEUR DE DIEU (JEAN-MICHEL RÉ)

Le résumé du livre

Dans un futur très lointain, l’humanité a colonisé depuis des siècles de nombreuses planètes dont Sor’Ivanya sur laquelle pousse l’étrange « Fleur de Dieu » dont nul ne sait si elle relève du règne minéral ou végétal. Très rare et très recherchée pour ses propriétés hypnotiques voire hallucinogènes, elle fait l’objet d’un commerce très lucratif à l’intérieur de l’Empire. Mais voilà que Fawdha’anarchia, collectif d’anarchistes libertaires aux méthodes terroristes, taille des croupières aux forces impériales. Avant de disparaître dans des confins inexplorés, ces activistes ont eu le temps de détruire un certain nombre de vaisseaux de l’armée et surtout de dérober la formule secrète de composition de la « Fleur de Dieu ». Le seigneur de Latroce chargé de les retrouver pour les châtier n’est arrivé à rien. Le soupçonnant de sédition ou de double jeu, l’empereur Chayin X le convoque pour lui infliger la compagnie plutôt inquiétante de l’Inquisiteur Paznar…

Ma critique

« La fleur de Dieu » est un roman de science-fiction de fort belle facture. Dès le début, le lecteur est emporté dans un univers étrange empreint de religiosité syncrétique et de tyrannie particulièrement oppressive. Les évènements s’enchaînent sur un rythme soutenu. Le style est de qualité, la narration rythmée et les personnages bien campés. Difficile de lâcher un tel ouvrage. On ne lit pas on dévore et on arrive très vite à la fin du volume pour découvrir que l’on reste sur sa faim avec toutes ses interrogations. Qui est véritablement l’Enfant ? Que vient-il faire dans cette histoire ? Quel jeu mène vraiment le Seigneur de la guerre ? Etc. On attend donc la suite avec impatience. Sans doute une série particulièrement addictive. Pour s’y retrouver dans ce foisonnement d’évènements et de personnages, l’auteur a eu la bienveillance de proposer une liste de personnages en début de volume et surtout un important glossaire explicatif (45 pages) auquel il faut souvent se reporter pour bien comprendre le contexte de cette histoire passionnante.

Ma note

4,5/5

TEMOIGNAGE

NOS TRENTE ANS, LA SÉRIE COMPLÈTE (ARTHUR DREYFUS)

Le résumé du livre

Quelques trentenaires sans doute assez représentatifs de leur tranche d’âge donnent librement leur avis sur différents sujets. Le résultat est plus ou moins surprenant. « L’amour, c’est comme une table ou une chaise… L’amour, c’est dans le c… L’amour, c’est une structure… La première cause de souffrance dans le monde… Une solution pour rejeter sa misère sexuelle… La politique, c’est fait pour changer le monde… Tout est politique… La politique, c’est être à cinq euros près à la fin du mois… La politique, ça sert à rien… J’ai milité et j’ai pas fait changer les choses… C’est un club, la société… Ne pas détruire la planète… Limiter le nucléaire…

Ma critique

« Nos trente ans, la série complète » est un ouvrage audio difficilement classable ou définissable. Disons que c’est surtout un document brut de décoffrage qui pourrait éventuellement servir à quelques sociologues ou psychologues voulant analyser les tendances et aspirations particulières de cette génération. Tel que présenté, l’ensemble donne à réfléchir autant qu’il agace. En début de séquence (chapitre ?), l’auteur lance un thème (l’amour, le travail, la politique, vivre et mourir, la famille, le mérite, le futur) et les gens parlent sans même se présenter. À force de les écouter, on finit par les situer un peu, surtout celles et ceux qui se racontent beaucoup. S’expriment entre autres, un apprenti comédien, un fils d’immigré marocain qui a réussi, un homosexuel un peu honteux, une femme déçue de l’amour assumant sa frigidité, un fils à papa, une fille à maman et une grand-mère qui intervient sans doute à titre de contre-exemple. Platitudes, lapalissades, truismes, clichés, abondent. Chacun voit midi à sa porte. Beaucoup ressortent le prêchi-prêcha des médias. Quelques-uns s’évertuent à vouloir à tout prix sortir de l’ordinaire, à choquer le bourgeois. Pendant près de six heures, l’auditeur a l’impression d’être à la terrasse du café du commerce, dans un apéro entre copains ou à subir un micro-trottoir interminable. Pour une réflexion un peu élevée, quelle quantité de sottises ! Et bien sûr, dans le cas précis, inutile de parler de littérature.

Ma note

2,5/5

HISTORIQUEROMAN

LA GUERRE COMME DES DÉMONS (THALIE DE MOLÈNES)

Le résumé du livre

1576 : les jumeaux Daniel et David ont maintenant quatorze ans. Après avoir été présentés à Henri de Navarre fraîchement libéré du Louvre où il était retenu contre son gré, ils quittent Périgueux pour se rendre à Bergerac. En chemin, ils sont attaqués dans une auberge par un seigneur catholique. Le notaire Lacombe qui les accompagne est grièvement blessé d’une balle en pleine poitrine. Le chirurgien appelé pour le soigner arrive en état d’ébriété avancée et totalement incapable d’opérer lui-même tellement il tremble. Il demande à Daniel d’être ses mains. Non sans peine, le jeune homme parvient à extraire la balle des chairs du blessé. Il n’en faudra pas plus pour déclencher chez Daniel une vocation de médecin. Son frère lui, se destine toujours à la carrière des armes. Le jeune Isaac Morlane, petit-fils d’Emeline se prend d’amitié pour ses deux cousins. Il passe de plus en plus de temps avec eux à La Fourcherie…

Ma critique

« La guerre comme des démons » est le troisième et dernier volet de cette trilogie historique fort intéressante sur les guerres de religions en Guyenne. Le lecteur continue de faire toutes sortes de découvertes sur certains aspects peu connus de ce pan d’Histoire de France peu reluisant. Ainsi apprendra-t-il que les dragonnades ne se cantonnèrent pas aux Cévennes et qu’elles furent tout aussi terribles en Saintonge et, entre autres, qu’un relaps (protestant ayant renié sa foi et étant revenu sur sa parole) ne devait être inhumé, qu’après avoir été exposé étendu sur des claies pendant plusieurs jours, laissé en pâture aux charognards. Ces guerres durèrent si longtemps que le récit en est à la troisième génération d’Hortal et de Morlane. La situation de ces deux familles huguenotes aurait pu s’améliorer, mais il n’en est rien en raison de l’acharnement de Louis XIII à vouloir éradiquer à tout prix le protestantisme de son royaume. L’intrigue malheureusement se recentre complètement sur la saga familiale avec son cortège de mariages, naissances et décès. Les grands évènements ne sont plus guère évoqués que dans les sous-titres de chapitres, ce qui est un peu regrettable.

Ma note

3,5/5

HISTORIQUEROMAN

LA GUERRE COMME DES HOMMES (THALIE DE MOLÈNES)

Le résumé du livre

1563 : l’édit d’Amboise marque la fin de la première guerre de religion. Jeanne d’Albret a ordonné que dans son royaume, catholiques et protestants utilisent à tour de rôle des lieux de culte commun. Et pourtant dans tout le sud-ouest, rien n’est vraiment réglé. À Issigeac, Guilhem Hortal assiste à une scène typique de persécution de catholiques. De jeunes protestants les bastonnent à la sortie de la messe, les lynchent et finissent par égorger leur prêtre. La jeune Alba qui a vu ses deux parents assassinés par des protestants a cru un instant qu’un jeune cavalier qui passait allait lui porter secours. Il n’en fut rien. Il la viola. Son frère Jean l’ayant retrouvée à demi consciente près d’une citerne l’a confiée à sa famille du côté de Bergerac. Mutique et remplie de haine pour cette famille de huguenots, la jeune fille accouche de deux jumeaux. Le patriarche finit par ne plus pouvoir supporter son attitude hostile. Il la vend à un certain Delbos qui la prostitue. Depuis, Alba n’a plus qu’un but dans la vie : se venger de son violeur, Guilhem Hortal.

Ma critique

Deuxième volet de la trilogie historique, « La guerre comme des hommes » se poursuit dans un contexte de plus en plus dramatique : le massacre programmé de la Saint-Barthélemy et se termine sur le premier siège de La Rochelle, ville fortifiée et un des ultimes bastions de résistance des protestants. Les personnages se succèdent. Certains disparaissent (Jean, puis plus tard Guilhem) et d’autres apparaissent. Les femmes ont la part belle (Emeline et Marguerite entre autres). Le lecteur découvrira le courage exemplaire des femmes de La Rochelle qui se battent aux côtés des hommes. L’action mollit un peu. Elle se recentre sur la saga familiale. Les scènes de guerre et de violence sont presque moins nombreuses que dans le premier tome alors que la guerre est supposée gagner en âpreté. Livre intéressant néanmoins surtout d’un point de vue historique. L’auteure reste objective, ne prend parti pour aucun des deux camps et montre tout autant les méfaits des uns que ceux des autres. Elle permet à travers cet ouvrage de fiction de faire découvrir au lecteur certains aspects peu connus de cette période particulièrement sombre de l’Histoire de France.

Ma note

4/5

La guerre comme des anges

HISTORIQUE
Thalie de Molènes
Publication year: 2007

LA GUERRE COMME DES ANGES (THALIE DE MOLÈNES)

Le résumé du livre

En 1542, à Bordeaux, Jean Hortal assiste au supplice d’Aymon de la Voye, protestant condamné à mort par strangulation puis crémation pour hérésie. Il avait prêché la Réforme dans la ville de Sainte Foy la Grande. Jean était un disciple d’Aymon. Il ne comprend pas que les parlementaires de la ville aient infligé cette mort infamante à un homme pieux, honnête et respectable comme son maître. Il décide d’abandonner la robe de bure franciscaine pour s’établir colporteur, profession qui devrait lui permettre de distribuer bibles et évangiles sous le manteau, l’Église catholique ayant interdit la lecture dans le texte des livres saints. Dans un hameau abandonné par la religion, il rencontre la jeune et belle Elisa qui tombe immédiatement amoureuse de lui. Ils se marient et ont bientôt un enfant qu’ils appellent Simon. Malheureusement, peu après, Elisa meurt noyée avec son bébé…

Ma critique

« La guerre comme des anges » est le premier tome d’une trilogie historique relatant les guerres de religion en Aquitaine. Comme dans tout bon roman historique, les personnages fictifs croisent les figures authentiques de l’Histoire avec un grand H. (Ici Monluc, Jeanne d’Albret, Marguerite de Navarre, Clermont de Piles et bon nombre d’autres). L’auteure articule sa narration autour de trois familles périgourdines, les Hortal, les Dorlac et les Morlane, tous hauts en couleur et pris dans cette tourmente monstrueuse des guerres de religion qui furent bien plus cruelles et durèrent bien plus longtemps qu’on n’imagine aujourd’hui. Difficile pour nous de comprendre comment des hommes ont pu en arriver aux extrémités décrites. Pareil fanatisme, intégrisme, ferveur, certitude de seul connaître la voie forcément unique menant au ciel peut sembler inadmissible. Un comble d’obscurantisme, une monstruosité absolue. Gardons-nous de ces jugements à l’emporte-pièce totalement anachroniques. Impensables de nos jours. Quoique. Livre bien écrit, agréable à lire. Personnages attachants. On ne peut qu’avoir envie de connaître la suite. Même si cette guerre « comme des anges » n’est qu’une suite d’horreurs. Pourra-t-on aller plus loin dans l’abjection avec celle des hommes puis celle des démons ?

Ma note

4/5

PHILOSOPHIQUEPoesies

VAGABONDAGE (MICHEL TESTUT)

Le résumé du livre

Le bonheur de s’arrêter dans la campagne pour contempler un beau site naturel. Le plaisir de s’attabler dans une petite auberge de campagne pour y déguster les spécialités d’une cuisine « comme à la maison ». La joie de marcher sur les sentiers, de profiter de la campagne, de la forêt, des petits villages perdus dans les collines au rythme lent de ses pas. Se promener dans Saint-Astier. Découvrir le charme de Ribérac. Explorer les rives de la Double. Se régaler de la galette des Rois ou du bon gros pain de campagne croustillant juste sorti du fournil du boulanger. Faire les vendanges à la ferme. Chasser le cèpe en septembre ou dénicher la truffe. Autant de bonheurs simples et campagnards amoureusement décrits dans ce petit ouvrage.

Ma critique

« Vagabondage » est un recueil de 22 textes dont certains ont été des articles de journaux locaux. Tous abordent une facette différente de la vie paysanne avec une certaine nostalgie clairement et fièrement revendiquée. Son éloge des granges en est sans doute le plus bel exemple. Mais Michel Testut nous propose bien plus que cela. Une sorte de petit traité en 22 articles du bonheur, de la joie dans toutes sortes de petites choses agréables. Un véritable précis de sagesse plein de saveur et de poésie. Les descriptions sont toutes minutieuses, pleines de tendresse et de malice. Et au détour d’un article, le poète périgourdin peut tout aussi bien se montrer philosophe ou moraliste. Il n’hésite pas à condamner le pognon roi, la malbouffe ou les salles communales polyvalentes qui ont condamné les bals sur plancher et sous chapiteau. Le lecteur pourra rapprocher Testut de Delerm et faire son miel de ces délicieux textes de poésie en prose (tous à consommer sans modération !)

Ma note

4,5/5

ROMAN

2084, LA FIN DU MONDE (BOUALEM SENSAL)

Le résumé du livre

Mis en quarantaine pour cause de tuberculose, Ati survit dans le terrifiant sanatorium du Sîn dans les confins lointains de l’Abistan, territoire où règne sans partage une religion unique où les croyants répètent en permanence : « Il n’y a de dieu que Yölah et Abi est son délégué. » Tout juste guéri, Ati, libéré, parcourt le pays et gagne la capitale, l’incomparable cité de Dieu, siège du pouvoir théocratique avec la Kiiba, la Grande Mockba et l’Abigouv, le tout-puissant gouvernement des croyants sur terre. Avec son nouvel ami Koa, ils explorent les bas-fonds, sont en butte aux terribles milices de la foi qui corrigent ou tuent déviants et autres mécréants et s’aperçoivent qu’en dépit des apparences lisses et unanimistes, certaines choses ne « collent pas ».

Ma critique

« 2084, la fin du monde » se veut un ouvrage de science-fiction, de pure imagination. Il est bien évident que ce n’est qu’un moyen détourné, une sorte de pamphlet pour décrire l’horreur d’un système totalitaire basé sur une religion unique régnant sans partage. Sansal a voulu imiter Orwell et faire avec l’islamisme, ce que son devancier fit avec le communisme. Même si le résultat n’est qu’un pâle reflet de celui du britannique, la ressemblance entre les deux dictatures est frappante. Mêmes méthodes de répression, de conditionnement des esprits, de gouvernement par la peur, de diffusion d’un obscurantisme assumé. Même pensée unique et même langage codé avec ses inversions de valeurs (« La guerre c’est la paix », « La liberté » c’est l’esclavage », « L’ignorance c’est la force » et quelques autres du même charmant tonneau). Bien que récompensé par un Grand prix du roman de l’Académie française, cet ouvrage ne semble pas mériter autant d’honneurs. L’intrigue est inexistante, sans grande consistance, les personnages manquent d’épaisseur et la narration a un côté caricatural assez agaçant ne serait-ce que par les noms qui ne diffèrent que d’une lettre ou d’une syllabe des originaux. Dans cette fable ou dans ce conte, l’auteur a surtout voulu exposer ses idées philosophiques, condamner sans appel toute forme de théocratie, malheureusement sans jamais délivrer le moindre message d’espoir. Dommage que tout cela soit insuffisant pour prétendre au chef-d’œuvre.

Ma note

3/5

AVENTURESHISTORIQUEROMAN

LA MALÉDICTION D’IMHOTEP (PHILIPP VANDENBERG)

Le résumé du livre

Au début de l’autre siècle, en Egypte, le jeune Omar Moussa sert de guide et de chamelier aux premiers touristes, anglais le plus souvent, venus visiter le site des Pyramides. Lord Shelley et son épouse Claire, fraîchement débarqués sur les lieux, l’engagent comme serviteur puis comme homme de confiance. Sa première mission consistera à remplacer son maître lors d’une transaction délicate avec un trafiquant de reliques égyptiennes antiques. Il se retrouve assommé et jeté dans un caveau où git déjà une momie. Délivré de façon mystérieuse, les menaces sur sa vie continueront de plus belle. Il échappera à une épidémie de choléra, perd de vue son amie Halima et participera à la recherche frénétique de la sépulture d’Imhotep, constructeur de pyramides, ministre du pharaon Djoser, médecin et thaumaturge hors pair. À son époque, il fut considéré comme un véritable dieu vivant. Omar et Shelley ne sont pas seuls sur l’affaire. Une étrange société secrète, quelques personnages louches et plusieurs membres des services secrets anglais, français et allemands sont aussi sur le coup…

Ma critique

« La malédiction d’Imhotep » est présentée en quatrième de couverture comme « un nouveau thriller archéologique palpitant ». On peut accepter la terminologie « thriller » au vu des quelques meurtres ou assassinats qui parsèment le récit mais pas pour le rythme ni pour le suspens. « Archéologique » sans aucun doute. Nous nous retrouvons dans une sorte de chasse au trésor un peu poussive qui malheureusement ne débouche sur rien. Fin décevante. Comme dans tout bon roman historique, on retrouve des personnages fictifs croisant la route de personnages réels, ici Howard Carter, Lord Carnarvon et quelques autres figures célèbres de l’égyptologie. Le grand événement est la découverte de la sépulture de Toutankhamon. Mais cette partie véridique s’articule assez mal avec le versant romancé qui, au final s’avère assez décevant. Quoique d’une lecture un peu laborieuse, le style est correct mais sans originalité. Au total, un roman d’aventures historiques manquant un peu de panache et d’épaisseur.

Ma note

3/5

ROMAN

J’AI CRU QU’ILS ENLEVAIENT TOUTE TRACE DE TOI (YOAN SMADJA)

Le résumé du livre

Le soir du 6 avril 1994, les présidents rwandais et burundais, le chef d’état-major rwandais et une dizaine d’autres personnalités, meurent, avec l’équipage de trois Français, dans un attentat visant l’avion présidentiel rwandais. Dès le lendemain, la première ministre, Agathe Uwilingiyimana, et d’autres personnalités politiques hutu démocrates sont assassinés. Dix militaires belges de la Mission des Nations unies (Minuar), qui étaient chargés de la protection de Mme Uwilingiyimana et qui ont été arrêtés par la garde présidentielle, sont peu après assassinés. Simultanément débute le génocide des Tutsi dans plusieurs provinces du pays. Sacha, journaliste et correspondante de guerre, est au Cap pour rendre compte des premières élections en Afrique du Sud. Dès qu’elle apprend ce qui se passe, elle décide de rejoindre au plus vite Kigali pour couvrir les évènements rwandais avec son photographe. De son côté, la jeune Rose, mère d’un petit garçon appelé Joseph, écrit des lettres à son mari Daniel en déplacement dans le pays. Elle vit avec ses parents dans l’enceinte en principe protégée de l’Ambassade de France. Elle se retrouve bien vite seule car ses parents sont parmi les premières victimes du génocide. Rapidement viendra son tour d’être menacée…

Ma critique

Cet ouvrage est présenté comme un roman sans doute dans la mesure où les personnages sont fictifs. Pourtant, tout le contexte, tous les évènements, toutes les horreurs décrites sont bien réelles. À ce titre, ce pourrait être un document, un reportage. Tout est dit avec rigueur et efficacité. Le lecteur ne peut qu’être horrifié, bouleversé par un tel déferlement de haine aussi gratuite qu’imbécile. L’auteur s’est longtemps demandé s’il y avait eu d’autres shoahs. Avec ce génocide, en voilà une bien répugnante. Et ce n’est pas la seule. La liste est longue des peuples qu’on a voulus éradiquer de la surface de la terre (Arméniens, chrétiens d’Orient, Vendéens, Tibétains, Indiens d’Amérique et tant d’autres.) La bête est féconde. Les mécanismes de déclenchement de cette spirale de l’horreur sont bien connus : le peuple à faire disparaître est minoritaire. Le pouvoir politique est d’une autre ethnie. Vacillant, il a besoin de se consolider. Les médias aux ordres (Radio des Mille collines) manipulent les esprits en multipliant les appels à la tuerie. Il n’y a plus qu’à distribuer armes et machettes pour que le massacre démarre. Un livre dur, prenant, mais qui n’apporte rien de nouveau sur la question si ce n’est le très beau personnage de Rose, sorte de nouvelle Anne Frank africaine. Si l’on veut vraiment s’informer sur cette horrible affaire, il est quand même préférable de lire les livres de Jean Hatzfeld ou ceux de Scholastique Mukasonga et de Gaël Faye.

Ma note

3,5/5

FANTASTIQUESCIENCE-FICTION

TOM O’ BEDLAM (ROBERT SILVERBERG)

Le résumé du livre

En 2103, l’humanité doit faire face aux terribles conséquences de la Guerre des poussières… Tom O’ Bedlam passe pour un simple d’esprit aux yeux d’un groupe de bandidos en train de rafistoler un van dans le désert californien. En effet, ce pauvre vagabond prétend avoir eu la vision d’une aurore verte, de neuf soleils, d’un monde d’émeraude et de créatures de cristal dotées de quatre rangées de trois yeux. Et il n’est pas le seul dans ce cas. Le docteur Elszabet Lewis doit traiter par curage psychique le père Christie, pasteur ayant perdu la foi, qui, lui aussi, prétend avoir vu les neuf soleils et même avoir rencontré Dieu en personne et en majesté. Il y a aussi Jaspin, ex-professeur d’université, qui, lors d’une cérémonie de tumbondé, étrange culte cosmopolite basé sur un mélange de croyances guinéennes, haïtiennes, mexicaines et brésiliennes, a rêvé de Chungira-Il viendra, dieu gigantesque aux cornes enroulées de bélier surplombé par deux soleils reliés par une arche de feu lancée dans le ciel…

Ma critique

« Tom O’Bedlam » est un roman de science-fiction tout à fait étrange et fantastique et pouvant se lire avec différents niveaux d’interprétation. Le lecteur pourra y voir une méditation sur la mort et la résurrection, un conte philosophique voire une parabole sur la venue d’un nouveau messie en la personne de Tom, personnage tout ce qu’il y a d’ambivalent et de paradoxal, à la fois idiot de village et être doté d’énormes pouvoirs dont celui de faire passer ses frères humains d’un monde à un autre. L’ennui, c’est qu’une fois la problématique posée, l’intrigue ne prend pas l’ampleur escomptée. La narration piétine, fait du surplace. On a même l’impression de tourner en rond. De plus, aucune des questions posées n’est résolue. Jusqu’à la dernière ligne, tout reste en suspens, dans un flou pas très artistique. Le lecteur reste sur sa faim dans à peu près tous les domaines. Il ne saura même pas ce que devient le héros pas plus que ce que le sort de ses « protégés » ou « victimes ». Au total, un ouvrage qui ne tient pas vraiment ses promesses vu l’ambitieux point de départ. Pas le meilleur du grand et prolifique Silverberg !

Ma note

3/5

POLICIER

UNE FILLE DANS UN CAVEAU (RUTH RENDELL)

Le résumé du livre

Le corps d’une jeune fille est découvert dans un caveau du cimetière de Kenbourne Vale, dans le quartier ouest de Londres. Il s’agirait d’une certaine Loveday Morgan, agée d’une vingtaine d’années, et domiciliée à Garmisch Terrace. C’est un des gardiens du cimetière, Mr Edwin Tripper qui a découvert le cadavre étranglé à l’aide d’une écharpe de soie de prix alors qu’il procédait à l’inspection mensuelle du caveau en question. Le superintendant Howard Fortune chargé de l’enquête pense qu’il s’agit d’un crime crapuleux, mais ne dispose que de fort peu d’éléments. Loveday vivait en solitaire, ne fréquentait personne et son nom n’était qu’un pseudonyme pour mieux garantir son anonymat. Heureusement pour lui, il pourra bénéficier de l’aide de son oncle, l’inspecteur-chef Reginald Wexford, fin limier et héros récurrent des romans policiers de Ruth Rendell. Suite à un accident, il a quitté sa campagne pour venir se reposer dans sa famille londonienne.

Ma critique

« Une fille dans un caveau » se présente comme un roman policier de facture tout à fait classique avec les questions habituelles : à qui profite le crime ? Qui était la victime ? Quel fut son parcours pour en arriver là ? Et bien entendu une ou deux fausses pistes pour égarer le lecteur. Du sous- Agatha Christie en quelque sorte. Pour ne rien arranger le style n’est ni très vivant ni très léger. Ruth Rendell multiplie les descriptions de lieux, sites et paysages. L’action étant située dans les sixties, cela lui permet d’évoquer toute une jeunesse aussi paumée que hippie, flower people, peace n’ love etc, avec un certain nombre de personnages hauts en couleurs voire un tantinet caricaturaux. Ouvrage qui peut encore se lire avec une certaine constance et assez peu d’agrément. Cette impression est peut-être due à une piètre qualité de traduction, mais il n’en demeure pas moins que seul le côté social présente un certain intérêt de nos jours.

Ma note

2,5/5

ESSAIS

UN LIBÉRAL NOMME JÉSUS (CHARLES GAVE)

Le résumé du livre

N’en déplaise à certains, nos racines sont chrétiennes. Que devient un arbre sans ses racines ? Il dépérit et meurt. Celles-ci sont sous-jacentes, invisibles, oubliées parfois même niées et rejetées. Et pourtant… Lors de travaux de rénovation dans la ville de Toulouse, les ouvriers mirent à jour de très vieilles canalisations. Ne connaissant pas leur utilité, ils les firent disparaître. En quelques jours, les caves furent inondées. Ces conduites datant de l’époque romaine fonctionnaient toujours. Et comme la ville avait été construite sur des marécages asséchés, elles étaient indispensables. Ainsi en est-il de même de nos racines chrétiennes. Et pour mieux étayer son propos, Charles Gave, reprend une à une les paraboles de l’évangile parlant d’argent, de dette, de salaire ou de crédit et arrive à prouver que le Christ avait ajouté aux commandements, un principe nouveau celui de liberté individuelle. Rien à espérer du collectif, de l’étatisme, en un mot du socialisme quelle qu’en soit sa forme, dure chez les communistes et les gauchistes ou molle chez les socialistes et les sociaux-démocrates. Jésus était un libéral et à ce titre, on peut le considérer comme le premier des révolutionnaires. Et sa parole de vérité est toujours d’actualité.

Ma critique

« Un libéral nommé Jésus » n’est ni un ouvrage théologique, ni un ouvrage religieux, à peine un pamphlet, car le propos n’est en aucun cas outrancier. L’auteur ne cite que les Évangiles et ceux-ci sont fort clairs. Dans la parabole des talents par exemple, Dieu rejette le serviteur qui n’a pas fait fructifier son argent, Gave en conclut qu’Il bénit le travail du banquier et y voit une approbation du capitalisme et une condamnation du collectivisme. Les socialistes nient en permanence la réalité. Ils ont une vision dogmatique des choses qui ne repose sur rien de concret et ne peut mener qu’à la catastrophe. Ils estiment qu’ils doivent gouverner, car ils sont d’office dans le camp du bien, de la bien-pensance. Eux seuls savent discerner le bien du mal. Un petit ouvrage intelligent, bien conçu, plein de bon sens et parsemé de fulgurances réjouissantes du genre : « Le socialisme est mort et personne n’ose le lui dire », ou « Il y a enfin l’argent que l’on pique – vol ou impôts – à quelqu’un qui l’avait gagné et que l’on dépense pour quelqu’un d’autre. Le principe même du socialisme. En général, le résultat, c’est n’importe quoi. » Un plaidoyer compréhensible, facile d’accès, clair, net et précis du libéralisme. Une condamnation sans appel de toute forme de socialisme quelle que soit son apparence.

Ma note

4/5

ESSAIS

TAILLEZ TOUS LES ARBRES FRUITIERS (JEAN-YVES PRAT)

Le résumé du livre

Ce livre est une véritable bible pour le jardinier amateur qui veut apprendre à tailler ses arbres fruitiers aussi bien à la formation que pour la fructification annuelle ou pour la restauration d’un sujet vieillissant ou abandonné. Tous les cas de figures sont envisagés. Toutes les techniques, tous les gestes sont expliqués et peuvent être visualisés, pas à pas, image par image et même à l’aide de photos couleur pour ne pas confondre par exemple bourgeon à feuille et bourgeon à fruit. Pour chaque arbre, tout est expliqué dans le détail. Rien ne manque. Sera inexcusable celui qui ratera sa récolte s’il dispose d’un tel ouvrage.

Ma critique

À noter également la très belle qualité éditoriale proposée par les éditions Rustica (une référence) : pas moins de 750 photos et dessins, tous en couleurs, agréable papier glacé et belle présentation générale. Si vous n’avez qu’un seul ouvrage à vous procurer sur le sujet, choisissez celui-là, c’est le meilleur, le plus précis, le plus complet et le plus didactique. Ne le ratez surtout pas.

Ma note

5/5

ESSAIS

LES BRUTES EN BLANC (MARTIN WINCKLER)

Le résumé du livre

Tout patient devrait pouvoir attendre de son médecin généraliste ou de son spécialiste écoute, bienveillance, empathie et compassion. Ces professionnels ne sont-ils pas là pour soigner, conseiller et accompagner le patient sur la route du retour à la santé ? Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Nombre de praticiens se permettent d’être distants, cassants, maltraitants, autoritaires quand ce n’est pas carrément violents voire discriminants. Des examens inutiles, des actes intrusifs (toucher rectal ou vaginal et autres contre la volonté du ou de la malade relevant du viol), des refus de prescription et autres chimiothérapies ou actes opératoires imposés. Les brutalités sont innombrables. Ce livre en décrit un certain nombre. Le constat est préoccupant, alarmant, surtout quand on découvre que ces pratiques sont assez spécifiques à notre pays et que tout le système de santé repose sur des luttes de pouvoir, un système de caste agrippé à ses prérogatives sans oublier des collusions inexcusables avec big pharma, les tout-puissants lobbys pharmaceutiques qui influent de mille manières sur les prescriptions médicales. Tout semble à revoir dans notre système de santé depuis la formation élitiste et discriminante jusqu’à l’installation en solitaire ou en cabinet de groupe en ville ou à la campagne, en CHU ou en clinique privée.

Ma critique

« Les brutes en blanc » est un essai sérieux, documenté et reposant sur l’expérience de l’auteur et sur un grand nombre de témoignages, souvent féminins. Les femmes, ayant affaire aux gynécologues, sont encore plus victimes de ces mauvais traitements que les hommes. En lisant un tel livre, le dégoût monte aux lèvres et la révolte gagne le cœur très vite. Nul ne pourra dire qu’il ne savait pas. Et personne ensuite ne pourra se retrouver démuni face à ce phénomène. En effet, dans le dernier chapitre, certainement le plus important du livre, Martin Winckler donne onze très judicieux conseils pour détecter et rejeter toute tentative de maltraitance du praticien, puis il liste tout ce qui peut être inacceptable de la part d’un médecin et enfin, il expose toute la marche à suivre si le patient est malgré tout victime de violences verbales ou psychologiques, d’attouchements et autres. Ne pas hésiter à porter plainte au pénal et non auprès du Conseil de l’Ordre qui cherche systématiquement à couvrir les médecins quoi qu’ils aient fait. Exiger des gendarmes ou des fonctionnaires de police un véritable dépôt de plainte. Ne pas se contenter d’une main courante aussitôt classée. Si c’est le cas, porter plainte auprès d’un juge d’instruction, se rapprocher d’autres victimes à travers les blogs ou les réseaux sociaux, etc. La liste est longue et le livre d’une absolue et salutaire utilité.

Ma note

4/5

FANTASTIQUESCIENCE-FICTION

LES BRAS DE MORPHÉE (YANN BECU)

Le résumé du livre

En 2070, dans la ville de Prague, Pascal Frimousse, professeur de français, est capable de veiller douze d’affilée alors que la plupart des gens sont condamnés chaque jour à dix-huit ou vingt heures de sommeil. Depuis quelques années en effet, l’humanité souffre d’un syndrome étrange : son temps d’éveil journalier ne fait que diminuer au fil du temps et sans réelle explication. Ainsi sa compagne Aurélia, une « quatre heures », dort beaucoup plus longtemps que lui, utilise un langage simplifié avant de retomber très vite dans les bras de Morphée. Pour vaincre son ennui, Frimousse exerce un second métier, celui de troll professionnel. En échange de primes plus ou moins substantielles, il pourrit la vie de votre ennemi et peut même, avec la complicité de son ami Michel, autre réveillé, vous en débarrasser totalement. Une riche comtesse les embauche pour retrouver un étrange professeur…

Ma critique

« Les bras de Morphée », classé dans la catégorie science-fiction, relève plutôt de l’anticipation, voire de la fantaisie pure et simple. L’intrigue démarre sur un concept intéressant : que se passerait-il si tout le monde souffrait soudain de cette étrange maladie du sommeil ? L’ennui, c’est que l’auteur n’a pas vraiment poussé jusqu’au bout les conséquences de cette pandémie hormis la présence d’une violence institutionnelle accrue. On pend beaucoup, on liquide pour un oui ou un non. L’histoire manque un peu de consistance et les personnages d’épaisseur. Le lecteur sent que l’auteur a surtout voulu privilégier une certaine forme d’absurde et le faire passer avec un certain humour qu’on pourrait qualifier de potache (blagues, calembours, astuces vaseuses ne manquent pas). Les allusions et références littéraires sont innombrables et peuvent même finir par lasser certains. Heureusement, un style correct permet d’éviter de peu l’endormissement. À noter également la belle qualité éditoriale de l’ouvrage, graphisme magnifique, joli papier, couverture très réussie. En gros, un emballage de luxe pour un petit roman amusant mais sans grand contenu.

Ma note

3/5

POLICIER

MEURTRE EN PÉRIGORD (MARTIN WALKER)

Le résumé du livre

Dans le paisible petit village périgourdin de Saint-Denis, Benoît Courrèges dit « Bruno », ancien militaire ayant opéré en Bosnie, exerce les fonctions de policier municipal. Pour la première fois de sa nouvelle carrière, il se trouve confronté à un crime lui qui, d’habitude, ne doit traiter que des affaires mineures comme celle de ces pneus crevés sur les voitures de fonctionnaires trop tracassiers de l’Union Européenne. Hamid Al Bakr, ancien sergent de l’armée française s’étant illustré en Indochine et en Algérie, décoré de la médaille militaire, a été retrouvé par son petit-fils, ligoté, éventré et lacéré de nombreux coups de couteaux. Et comble de l’abomination, une croix gammée a été gravée sur son torse dénudé. Ainsi débute pour Bruno une enquête délicate qui va se révéler beaucoup moins évidente qu’elle pouvait sembler au premier abord avec une trop évidente double arrestation dans les milieux d’extrême droite…

Ma critique

« Meurtre en Périgord » se présente au premier abord comme un roman policier classique. Un mort. Une enquête. Deux suspects pour une fausse piste. Mais en réalité l’intrigue dérive très vite sur tout autre chose. Le lecteur comprend vite que Martin Walker est plus intéressé par la description des mœurs d’un petit village périgourdin. L’ennui c’est que l’auteur n’assume pas vraiment le côté terroir de son propos dans la mesure où tous les lieux géographiques et tous les personnages sont imaginaires. La caricature, les clichés, les idées reçues de même que l’approximation historique ne sont pas loin. Si on y ajoute un très (trop) grand intérêt pour la cuisine locale, la gastronomie périgourdine, truffes, foies gras et magrets de canard, ainsi qu’un agaçant parti pris de supériorité britannique tous azimuts, il apparaît que l’intrigue policière au dénouement décevant car invraisemblable et convenu sert de prétexte à un autre récit finalement assez peu passionnant.

Ma note

2,5/5

ESSAISHISTORIQUE

LE SECRET DE L’ATLANTIDE (JÜRGEN SPANUTH)

Le résumé du livre

Que sait-on d’autre de l’Atlantide que l’histoire d’une terre engloutie et d’une civilisation disparue dans les ténèbres d’un très lointain passé ? Le récit de Solon et les descriptions de la « Phéacie » d’Homère sont pourtant très précises et concordantes. Ces auteurs nous ont transmis des histoires vivantes venues du cercle de civilisation nordique de l’âge du bronze, quelque part dans les confins de l’hyper Borée, aux limites du monde connu des Grecs et des Egyptiens. Cette histoire d’île engloutie par les flots repose certainement, en dépit de ses côtés légendaires, sur une réalité historique. Avec la découverte du site de Troie par Schliemann, celle des décombres de l’Atlantide à quelques encablures du Jutland (Heligoland) au Danemark peut aisément faire pièce aux précédentes théories fumeuses la situant à Santorin, en Crête, à Tartessos, aux Açores ou aux Canaries…

Ma critique

« Le secret de l’Atlantide » est un ouvrage archéologique d’une importance capitale dans la mesure où il établit les bases et l’héritage de la civilisation occidentale et démontre que contrairement à ce que nous avons toujours cru, l’Histoire des peuples n’est ni linéaire ni évolutive, mais que, suite à des catastrophes naturelles, l’humanité a pu atteindre des apogées, des âges d’or et repartir quasiment de zéro. Ce livre est passionnant, tout ce qui y est présenté est appuyé et prouvé par les dernières découvertes sous-marines des archéologues et tout concorde enfin avec les textes anciens. Oui, il y eut bien une civilisation aussi brillante que prospère au nord grâce au commerce de l’orichalque, l’ambre aussi prisé que l’or. Oui, les Atlantes étaient de grands navigateurs, mais également de brillants astronomes et mathématiciens. Leurs constructions monumentales (Stonehenge, alignements de Carnac et autres constructions mégalithiques) en apportent la preuve. On apprend que ces sites sont antérieurs aux pyramides d’Egypte vu qu’ils ont été datés de 2900 avant J.C. On ne sait d’ailleurs pas comment furent érigés des piliers de 26 600 kg ou posés des blocs de 200 tonnes et plus. Mais un passage trop rapproché de la comète de Halley sonna la fin de la domination de l’Atlantide. Il déclencha des incendies gigantesques, des tsunamis et des tremblements de terre. Les rescapés de ces cataclysmes dignes d’une fin du monde (ragnarok) n’eurent d’autre perspective que de se lancer dans une grande migration vers le sud qui les mena jusqu’au Moyen-Orient et en Egypte. Livre majeur pour qui s’intéresse à ce sujet particulier.

Ma note

4,5/5

ROMAN

SÉROTONINE (MICHEL HOUELLEBECQ)

Le résumé du livre

Florent-Claude Labrouste, 46 ans, ingénieur agronome chargé des dossiers européens au ministère de l’Agriculture, est un être désenchanté et même dépressif qui ne croit pas en grand-chose, même pas en lui-même. Il ne survit que grâce à l’alcool et au Captorix 10 mg, tranquillisant qui a un effet négatif sur sa libido déjà en berne. Sa dernière compagne, Yuzu, froide beauté japonaise, l’a trompé en participant à des partouzes et même en pratiquant la zoophilie canine. Pour échapper à cette relation toxique, Florent prend la décision de disparaître sans laisser d’adresse. Il plaque tout et vivra d’hôtel en gîte à la ferme, tel un SDF de luxe, grâce à un bel héritage…

Ma critique

« Sérotonine », roman désabusé sur un quinqua en perte de vitesse, autofiction un peu sinistre (Florent-Claude étant à l’évidence un avatar de Michel Houellebecq), ne déroge pas aux thèmes habituellement traités par l’auteur. Sexe et dépression en sont les deux pôles principaux. Le héros en fin de course, devenu quasiment impuissant, passe son temps à ruminer sur ses « exploits » avec ses anciennes conquêtes : Kate, la danoise surdouée, Claire, la comédienne alcoolique toujours en quête d’un rôle, Marie-Hélène, bipolaire ou schizophrène au choix, Camille, jeune stagiaire à la DRAF ou Tam, blackette délurée… L’amour n’étant que sexuel, il ne dure que le temps de la passion, autant dire fort peu et finit en général assez mal. Pas mal de pages sur le blues, la déprime, le mal de vivre. Là, rien de nouveau dans le petit monde glauque de l’auteur. Seule originalité de cet opus : une intéressante description de la ruine programmée des petits agriculteurs au travers du personnage d’Aymeric. Une fois de plus, Houellebecq se révèle fin observateur d’une société en pleine décadence et déliquescence. Au total, un bon cru, mais pas le meilleur du maître !

Ma note

4/5

SCIENCE-FICTION

LES TOMBEAUX DE L’ANTARCTIQUE (GEORGE-JEAN ARNAUD)

Le résumé du livre

Le caudillo Herandez a placé face à un dilemme terrible le malheureux Jdrien maintenu prisonnier dans des geôles blindées pour qu’il ne puisse pas communiquer par télépathie avec quiconque. Ou il arrive à obtenir que les Roux cessent leur guerre de sape ou il est condamné à mort par pendaison. Aucune des conditions demandées pour sa libération n’étant acceptable par Yeuse, son demi-frère Liensun va tenter de le libérer d’une manière pour le moins originale. Il pourra profiter de la collaboration d’une baleine géante, volante et habitée par de nouveaux Jonas. Il est presque sur le point d’y parvenir. Il réussit à sortir Jdrien de sa cellule, mais au moment de remonter en altitude, la pauvre baleine se retrouve coincée, ce qui compromet fortement la réussite de cette action spectaculaire d’autant plus que les gardiens un moment surpris réagissent très vite en usant de mini-missiles aussi puissants que dévastateurs…

Ma critique

« Les tombeaux de l’Antarctique », 60e tome de la saga-fleuve « La compagnie des glaces » continue dans la lancée science-fiction, rétro-futurisme et steampunk de l’œuvre, avec pour cet épisode une plus forte connotation dramatique. En dépit de tous les efforts de Gus, le Bulb n’en finit pas d’agoniser, hypothéquant les possibilités de survie des habitants de cet étrange satellite. Et tout se conclut devant trois tombes quelque part dans les immensités glacées de l’Antarctique. La figure émouvante de Jdriele, le très vieux Roux au grand cœur se détache de cette histoire. Son dévouement, sa ténacité et son courage nous laissent une belle leçon de fidélité à méditer. Style de qualité toujours aussi agréable à lire pour la détente et le divertissement bien sûr !

Ma note

4/5

SCIENCE-FICTION

LA GUERRE DU PEUPLE DU FROID (GEORGE-JEAN ARNAUD)

Le résumé du livre

Le Bulb, mi-animal, mi-intelligence artificielle géante sur orbite géostationnaire, se meurt lentement dans d’atroces souffrances. Gus tente désespérément de transférer toutes ses données sur un très jeune cerveau en usant d’une sorte de télépathie… Le caudillo Herandez détient en otage Jdrien, le fils aîné de Lien Rag, celui qu’on appelait « le Messie des Roux ». Ce qui a entrainé ces derniers dans un conflit qui tend à se généraliser. Ils creusent toutes sortes de souterrains en partant de très loin, ainsi arrivent-ils à saper les fondations d’édifices ou de voies de communication ce qui a pour conséquence d’engloutir trains, ponts et immeubles… Le Consortium des Bonzes se permet de ravitailler les troupes de la Guilde, provocation que la Présidente Yeuse Semper considère comme un acte hostile, un casus belli. Résultat : un navire est attaqué par ses hydravions…

Ma critique

« La guerre des peuples du froid » est un nouvel épisode de l’immense et improbable saga « La compagnie des glaces », œuvre assez difficilement classable. Disons aux limites de la science-fiction, de l’archéo-futurisme et du steampunk. Une fois encore les dirigeables, les hydravions, les trains et autres prototypes vont décider de l’issue d’une guerre qui n’en finit pas. Ann Suba et ses équipes n’arrivent pas à mettre au point leur dernier prototype, un dirigeavion, sorte de compromis géant entre l’avion et le dirigeable. Comme aucun des évènements n’arrive à sa conclusion, il ne reste au lecteur d’autre issue que de se précipiter sur le tome suivant pour en savoir un peu plus. Plus de 60 tomes, ça demande de la constance !

Ma note

4/5

ESSAIS

J’APPRENDS À TAILLER MES ARBRES (ALAIN PONTOPPIDAN)

Le résumé du livre

Le vigneron taille ses vignes, l’arboriculteur ses fruitiers, le paysagiste les haies et massifs de ses clients. Ces professionnels ont certainement de bonnes raisons de pratiquer ainsi. Seul le jardinier amateur craint de porter le fer sur son pommier, son poirier ou son kiwi en se demandant toujours s’il coupe au bon endroit, s’il ne va faire plus de mal que de bien. Tout juste accepte-t-il de couper thuyas, lauriers ou troène au cordeau quand il s’aperçoit que, s’il ne le fait pas, ses haies vont finir par avoir triste mine et plus de bois que de feuillage ! D’où la nécessité d’un livre comme celui d’Alain Pontopiddan qui propose d’apprendre cet art aux néophytes. Mais pour lui, il faut pratiquer en douceur, cesser de martyriser les arbres. Pas question de se précipiter sur la cisaille ou le sécateur. Il faut savoir poser les outils, bien observer l’arbre et bien réfléchir à ce qu’on fait…

Ma critique

Cet ouvrage de vulgarisation technique ne se présente pas vraiment comme un simple guide d’apprentissage de la taille de tous les arbres. Il se propose surtout d’apprendre au lecteur ce qu’est un arbre, comment il se développe, ce que sont liber, cambium ou abscission foliaire. Les explications sont claires et agréables à lire, illustrées de nombreux dessins, croquis et photos couleur. La taille de chaque arbre fruitier ou d’ornement est étudiée et présentée après les généralités. Ensemble intéressant et de qualité avec un seul bémol : il est annoncé sur la couverture « Facile et bio ». Bio sans doute. Facile, on a des doutes. La lecture achevée, il est peu évident que l’amateur lambda ose aller plus loin que le nettoyage des bois morts et des gourmands tant l’auteur insiste sur la non-taille pour le respect de l’arbre. Paradoxal pour un « petit manuel de taille douce » !

Ma note

3/5

SCIENCE-FICTION

En Patagonie, la Guilde a débarqué entre 20 et 30 000 hommes ainsi qu’un formidable matériel militaire. Pour éviter de se retrouver capturée, la Présidente Yeuse Semper, à bord de son train a fui en direction des sommets enneigés de la Cordillière des Andes. Elle finit par se retrouver encerclée à Isabel, petite station de l’ouest, au pied des montagnes, sur la ligne 1917. Elle avait tenté d’organiser un guet-apens qui a lamentablement échoué. Parviendra-t-elle à échapper à ses poursuivants ? Pendant ce temps, les Harponneurs détruisent systématiquement toutes les stations qui tentent d’opposer la moindre résistance à leur progression. Autant dire que la situation n’est pas loin d’être désespérée, les forces loyalistes étant en infériorité numérique et technique…

« Les millénaires perdus » fait partie de la saga fleuve « La compagnie des glaces ». On peut classer ce tome dans une forme de science-fiction uchronique, fantastique et avec des touches de steampunk. En effet, ce seront les hydravions, les dirigeables et autres monstres aériens qui permettront d’éviter la catastrophe annoncée. Une fois encore, les problèmes de logistique, de ravitaillement des populations et autres impédimenta purement matériels se retrouvent au premier rang des préoccupations. Si on y ajoute quelques épisodes assez crus et un certain nombre de scènes de batailles, on obtient un cocktail plutôt sympathique d’aventures pleines de suspens et de rebondissements. Le lecteur n’avance qu’un peu dans l’intrigue. Ainsi apprend-il que le fameux héritage du Bulb sur lequel il se posait des questions au tome précédent n’est après tout que désastre, misère, dégoût de l’humanité, haine et mort. Tome intéressant surtout pour l’imagination et la qualité du style du grand G.J.Arnaud.

4/5

FANTASTIQUESCIENCE-FICTION

L’HÉRITAGE DU BULB (GEORGE-JEAN ARNAUD)

Le résumé du livre

À la manufacture Kurts, six mois à peine après la mort dramatique de Kurts le pirate, Ann Suba fait mettre à l’eau un premier prototype d’hydravion géant doté de puissants moteurs à turbo propulsion. Pour y parvenir, elle utilise comme grue le dirigeable « Asia ». Pendant ce temps, Liensun fait débiter d’énormes quantités de bois destinées à être installés sur la plate-forme géante de Lacustra City qui, en moins de deux années devrait atteindre une surface de rien moins qu’un million de mètres carrés. En Antarctique, Jdrien lui, se retrouve à vivre dans un igloo au milieu des Roux, peuplade primitive qui n’a de cesse de se partager femmes, jeunes filles et même gamines de cinq ou six ans. Comme Jdrien refuse de se livrer à ce genre de fornication, les Roux ne comprennent pas…

Ma critique

« L’héritage du Bulb » est un des très nombreux épisodes de la saga fleuve de G.J. Arnaud « La compagnie des glaces ». Avec cette histoire étrange, le lecteur se retrouve dans un cadre que l’on pourrait qualifier d’archéo futurisme, d’anticipation rétroactive voire de steampunk. En effet, cette intrigue fait la part belle aux dirigeables, aux hydravions et aux vaisseaux géants capturés par des pirates. Le monde n’a pas subi un réchauffement climatique, mais un refroidissement avec expansion des glaces, inondations et autres cataclysmes. L’humanité n’a de cesse de tenter de survivre fort difficilement. Les besoins en ravitaillement en énergie (huile de baleine ou de phoque) et en nourriture (viande de mouton) sont un souci perpétuel et le principal ressort dramatique de cet épisode. Ce style est très en vogue aujourd’hui dans le milieu de la SF. Notre prolifique et fort imaginatif auteur fut donc un précurseur vu que l’œuvre date des années 90 de l’autre siècle. Style de qualité, narration vive et dynamique et nombreux rebondissements (nous sommes à un moment clé de la saga) permettent d’offrir un agréable moment de lecture et donnent surtout envie de poursuivre la découverte d’une saga hors-norme qui mériterait sans doute une adaptation cinématographique.

Ma note

4/5

AVENTURESROMAN

LE DIAMANT NOIR (PETER MAYLE)

Le résumé du livre

Luciano Bennett, jeune ressortissant britannique implanté depuis quelques années en Provence, habite dans le petit village de Saint Martin-le-Vieux. Georgette, brave femme obsédée par la propreté, s’occupe de son ménage avec une grande conscience professionnelle. À court de perspectives dans l’immobilier, il envoie une petite annonce dans le Herald Tribune comme certains lancent une bouteille à la mer. Il se dit prêt à accepter « tout poste intéressant même si inhabituel, de préférence entre Aix et Avignon ». Un richissime homme d’affaire anglais, Julian Poe, le convie dans son immense propriété et lui propose l’étrange mission de le remplacer pendant quelques mois à Monaco, histoire de tromper le fisc français. Mais une histoire de mallette volée contenant des documents de valeur considérable dans le domaine de la culture de la truffe noire transforme cette incroyable sinécure en véritable cauchemar…

Ma critique

« Le diamant noir » se présente comme un roman d’aventures plus ou moins policières rempli de personnages truculents et plutôt improbables comme une brute napolitaine, un lord plutôt louche, un inquiétant mafieux corse proche des milieux indépendantistes, un moine rubicond, fondateur d’une confrérie bachique, une jeune femme issu des corps d’élite de Tsahal, un garde du corps japonais karatéka d’exception et quelques autres, pas piqués des hannetons. Lire ce livre revient à passer un excellent moment de détente. De nombreuses scènes sont agrémentés de petits traits d’humour british comme autant d’épices relevant une sauce aventureuse rondement menée. Jusqu’à présent, nous avions apprécié le talent de l’auteur pour ses charmants ouvrages sur la Provence (« Le bonheur en Provence », « Une année en Provence », « Provence toujours » et sur la bonne table (« Aventures dans la France gourmande »). Avec cet ouvrage très réussi, nous découvrons une autre facette de son talent, celle d’auteur de fictions picaresques à suspens.

Ma note

4/5

ESSAISRELIGIEUX

DE MAO À JÉSUS (PIERRE-ALBAN DELANNOY)

Le résumé du livre

Ayant bénéficié d’une éducation catholique, Pierre-Alban Delannoy trouve un premier accomplissement en s’engageant vers 20 ans dans un mouvement extrémiste et violent, la Gauche Prolétarienne, inspirée de la pensée du président Mao, revue et corrigée par Benny Levy. Son mot d’ordre principal, « Servir le peuple », peut donner une impression d’altruisme ou de philanthropie, mais quand on sait qu’il se réfère au grand bond en avant, aux « mille fleurs » et autres envois des intellectuels aux champs ou dans les camps de concentration du tristement célèbre « Lao-Gaï », le slogan paraît soudain nettement moins bienveillant. Ce groupuscule gauchiste s’étant finalement auto-dissout, ses membres ont intégré des « ateliers », soit en usine pour être au plus près des prolétaires, soit dans l’enseignement. Delannoy a donc été un temps instituteur en ZUP, puis agrégé de lettres. Il a appris l’hébreu, étudié le Talmud auprès d’un rabbin et a eu sa révélation, tel Paul sur le chemin de Damas, en découvrant l’horreur de la Shoah. Aujourd’hui, il vit à plein temps à la Grange de Saint Bernard de Clairvaux à 500 mètres du monastère éponyme. Membre d’une petite communauté de laïcs, il suit les préceptes de la règle de Saint Benoît, partageant son temps entre le travail manuel, la prière et la « lectio divinis ». D’agitateur maoïste, il est devenu une sorte de moine laïc…

Ma critique

Le sous-titre de l’ouvrage « Itinéraire spirituel d’un ancien gauchiste » en dit plus long que son titre sur la teneur de cet ouvrage qui n’est en aucun cas une autobiographie même partielle, mais plutôt une réflexion spirituelle, une vulgarisation théologale, basée principalement sur les écrits de Benny Lévy et les textes de Saint Bernard. Etrange cocktail, paradoxal en apparence seulement… Le lecteur reste sur sa faim en ce qui concerne le récit même de la vie de l’auteur, lequel aurait sans doute mieux aidé à comprendre cet itinéraire hors du commun, allant d’un extrême à l’autre, encore que chacun sait que le gauchisme peut mener à tout à condition d’en sortir bien sûr. Au détour d’une page ou d’une ligne, on apprend sans bien comprendre, qu’une jeune fille s’est suicidée par amour pour lui, qu’il a un fils et que lui-même a tâté deux fois de la prison. Cela ne l’a pas empêché d’intégrer l’enseignement privé dans un premier temps, puis public dans un second alors qu’un casier judiciaire vierge est exigé dans les textes (!) Autant de questions qui restent sans réponse et c’est bien dommage. L’auteur, sans doute par modestie, a préféré taire beaucoup de choses pour mieux s’étendre sur la spiritualité cistercienne dans une intellectualité assez accessible, avec, de-ci, de-là quelques fulgurances fort intéressantes.

Ma note

3/5

BIOGRAPHIESHISTORIQUE

SUFFREN OU LES CAPRICES DE LA GLOIRE (JEAN FIGARELLA)

Le résumé du livre

Issu de la petite noblesse provençale, Pierre André de Suffren, dit « le bailli de Suffren », est un vice-amiral français, commandeur de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, né le 17 juillet 1729 au château de Saint-Cannat près d’Aix-en-Provence et mort le 8 décembre 1788 à Paris. Ce grand marin a traversé trois guerres navales franco-anglaises au milieu de la « Seconde guerre de Cent Ans ». Les deux premières lui permettent de mener une double carrière en gravissant peu à peu tous les échelons de la Marine royale et ceux de l’Ordre des chevaliers de Malte. La troisième en Inde lui apporte définitivement la gloire. Son nom a depuis été donné à sept navires de la marine française. À l’étranger, Suffren est le plus connu des grands marins français. De son vivant déjà, il était si redouté par les officiers et les marins anglais qu’ils le surnommèrent « l’amiral Satan ».

Ma critique

« Suffren ou les caprices de la gloire » est la biographie classique et fort bien documenté d’un personnage complètement hors du commun, une figure légendaire de l’Histoire de France. Son comportement exceptionnel face aux Anglais lui permit de se couvrir de gloire et de remporter de nombreuses victoires malgré des moyens financiers et techniques inférieurs. Il parvint même à mettre à genoux la puissance maritime de sa gracieuse majesté. Il était à un doigt de s’emparer d’une grande partie de l’Inde quand le roi Louis XVI signa un traité de paix, providentiel pour les Britanniques, privant Suffren des fruits de ses victoires. Il rentra en France couvert de gloire et d’honneur. Il mourut à 59 ans dans des circonstances mystérieuses. Certains parlèrent d’apoplexie, d’autres de suites d’un duel. Livre intéressant, illustré de nombreux documents qui fait la part belle aux descriptions de batailles navales, ce qui, vu le nombre, peut sembler un peu lassant à la longue.

Ma note

4/5

FANTASTIQUEROMAN

LE PROFESSEUR MORTIMER (PIERRE BOULLE)

Le résumé du livre

Sommité du milieu médical britannique, cancérologue de renommée internationale, Sir Richard Mortimer a décidé de quitter son service dans un des plus prestigieux hôpitaux de Londres pour aller s’installer à son compte sur une île perdue. Il y fait construire une clinique ultra-moderne, un laboratoire d’analyses muni des appareillages les plus performants et toutes sortes de bâtiments pour accueillir ses patients et les animaux qui lui servent de cobayes pour ses recherches. Apprenant cela, Miss Bridget, vieille fille passionnée par la défense des animaux, soupçonne le professeur de s’être ainsi retiré loin des regards pour mieux torturer souris, guenons, chiennes et même louves. Elle décide d’envoyer sur l’île sa secrétaire, Monique Sorel, comme cuisinière des Mortimer. Elle pourra ainsi s’introduire dans les services et espionner le professeur. Tout se complique quand Mortimer, très attaché à sa chienne Rosetta, découvre que celle-ci souffre d’un cancer de la mamelle.

Ma critique

« Le professeur Mortimer » est un roman relevant du registre étrange et fantastique. Dès le début, le lecteur se demande ce qui peut bien pousser un grand ponte à s’exiler ainsi sur une île soi-disant pour être plus libre de mener des recherches. Il sent bien qu’il doit y avoir anguille sous roche et il ne sera pas déçu de l’intrigue très psychologique faisant dériver le personnage principal aux confins de la maladie mentale. Le suspens monte progressivement jusqu’à atteindre un paroxysme surprenant et assez monstrueux. Un très bon livre de Pierre Boulle qui se révèle ici digne des plus grands de ce genre littéraire. On pense à Edgar Poe, à Stevenson ou même à Lovecraft. Le style est bon, un peu daté et descriptif peut-être, mais toujours agréable à lire de nos jours tant le drame est finement observé et distillé.

Ma note

4,5/5

AVENTUREROMAN

LA BALEINE DES MALOUINES (PIERRE BOULLE)

Le résumé du livre

En avril 1982, la flotte britannique fait route vers les îles Falkland qu’il s’agit de reprendre aux Argentins, quand un fax du duc d’Edimbourg arrive. Le prince, féru d’écologie, recommande de bien veiller à ne pas confondre l’écho radar d’un cétacé avec celui d’un sous-marin. Sur le destroyer « Daring », le lieutenant commander Clark se retrouve vite face au dilemme qu’il redoute : a-t-il affaire à un sous-marin ennemi ou à une baleine et même bientôt à deux. Il peut heureusement compter sur l’aide de Bjorg, ancien baleinier, qui lui évite de faire tirer sur un couple de paisibles baleines bleues. Mais quand le mâle se fait attaquer et dépecer par une centaine d’orques épaulards sous les yeux de l’armada, matelots et soldats supplient leur chef de donner l’ordre de faire sur les tueurs pour sauver la femelle. Faisant fi de toute déontologie militaire, Clark accède à cette demande, ce qui ne manquera pas d’entrainer toutes sortes de conséquences…

Ma critique

« La baleine des Malouines » se présente comme un roman d’aventures animalières tout à fait charmant et même dans la ligne de certains titres de Jack London. La malheureuse baleine bleue, vite baptisée « tante Margot » par tous les équipages, devient bientôt un personnage à part entière, dotée d’une intelligence remarquable et de sentiments incroyables. La Navy lui ayant sauvé la vie, elle va multiplier les marques de sa reconnaissance et, au fur et à mesure du développement de l’intrigue, faire preuve d’un courage exemplaire, réussir plusieurs actes de bravoure, le tout s’achevant en apothéose qu’il ne faut pas dévoiler pour ne pas gâcher le plaisir d’éventuels lecteurs. Une belle histoire pleine de bons et beaux sentiments, un hymne à l’intelligence animale ainsi qu’à la fidélité et au dévouement. Pas de science-fiction, pas d’anticipation ni de conte philosophique sarcastique, juste la belle histoire d’une charmante baleine hors norme.

Ma note

4/5

AVENTURESROMAN

LE BON LÉVIATHAN (PIERRE BOULLE)

Le résumé du livre

Un énorme supertanker à propulsion nucléaire baptisé le « Gargantua » est mis à l’eau à Saint-Nazaire dans une ambiance morose pour ne pas dire hostile. Travaillée par les revendications des écologistes, l’opinion publique craint pour les risques liés à son énergie : rejets de déchets, crainte d’irradiation, sans oublier les risques de pollution par marée noire ou dégazage. Le premier voyage vers le Moyen-Orient se déroule partout dans cet environnement de défiance alors que les réacteurs nucléaires ne sont même pas opérationnels. Pour éloigner une flottille de rafiots affrétée par les opposants dirigés par « la boiteuse », meneuse la plus acharnée, le « Gargantua » surnommé le « Léviathan » se sert de ses canons à eau. Et là, un miracle se produit. Copieusement douchée, l’handicapée se remet soudain à marcher sans béquille. Cet événement extraordinaire va complètement retourner l’opinion publique…

Ma critique

« Le bon Léviathan » est un simple roman d’aventures sur fond écologique. Il aurait pu être écrit de nos jours sans avoir à u changer grand-chose. Pierre Boulle y pose le problème de l’acceptation des risques du nucléaire par des esprits travaillés par la crainte d’un danger nouveau et totalement inconnu. L’intrigue finit par se retourner de façon totalement inattendue. Tous les défauts du Léviathan se transforment en qualités comme par magie. Autant on l’avait détesté et craint autant on finit par l’aimer voire par l’idolâtrer ! Dans cette histoire paradoxale, l’auteur peut se permettre d’exercer tout son talent de conteur et tout son humour sarcastique ou ironique. Le vulgum pecus toujours à la recherche de merveilleux et d’irrationnel tout comme l’écologiste fanatique se complaisant dans le catastrophisme en prennent pour leur grade pour le plus grand plaisir du lecteur. Ceci dit, « Le bon Léviathan » nous a semblé un bon titre, mais de loin pas le meilleur du maître !

Ma note

4/5

ROMANSCIENCE-FICTION

LES JEUX DE L’ESPRIT (PIERRE BOULLE)

Le résumé du livre

Dans un futur relativement proche, les scientifiques les plus renommés, pour la plupart Prix Nobel comme Alex Keene ou O’Kearne, s’organisent pour obtenir des politiciens en place que ceux-ci acceptent de laisser la place à un gouvernement mondial uniquement dirigé par de jeunes savants. Le physicien Fawell, futur président du monde, est ainsi recruté suite à une longue série d’épreuves et de tests de très haut niveau. Il s’adjoint les services du Français Yranne et de Betty Han, psychologue d’origine chinoise. Le but de l’opération est d’en finir avec la guerre et avec la famine. Il suffirait pour cela d’éradiquer les nations et toute forme de patriotisme. Ce qui est obtenu avec un certain succès. Les richesses sont mieux répartis et comme on ne perd ni temps ni argent dans des préparatifs militaires, plus de pénuries ni de famine. Les heureux humains ne doivent plus travailler que deux heures par jour. Serait-on arrivé à faire descendre le paradis sur terre ?

Ma critique

« Les jeux de l’esprit » se présentent comme un roman en forme de conte philosophique. Publié en 1971, cet ouvrage semble l’œuvre d’un auteur ayant tellement d’avance sur son époque qu’il pourrait être écrit de nos jours et encore répondre à nombre de nos interrogations. À quoi bon tous ces changements ? Les hommes, libérés de toutes leurs chaînes s’ennuient lamentablement et sombrent dans une mélancolie incapacitante. Les suicides se multiplient de façon exponentielle. Les dirigeants n’ont d’autre issue que d’inventer sans cesse de nouveaux jeux de plus en plus violents et de plus en plus cruels. Rien de bien neuf depuis le « panem et circenses » (du pain et des jeux) des Romains ! Et quand le lecteur découvre qu’il faut en arriver à de véritables jeux de guerre pour enrayer le fléau, la boucle est bouclée et la démonstration par l’absurde évidente. Un régal pour les esprits intelligents. À conseiller aux utopistes béats et à tous les partisans de la mondialisation « heureuse »…

Ma note

4,5/5

FANTASTIQUENOUVELLESSCIENCE-FICTION

E = MC2 ET AUTRES NOUVELLES (PIERRE BOULLE)

Le résumé du livre

À Paris, Oscar Vincent est tranquillement assis à la terrasse de la Coupole quand il est abordé par un étrange individu vêtu d’une toge romaine rouge, lequel lui demande en quelle année on se trouve. C’est un Badarien venu des temps anciens. Il est suivi de près par un Pergolien venu, lui, d’un très lointain futur… Bourdon, savant amateur d’énigmes, se lance le défi de reconstituer un texte écrit sur deux feuillets dont il ne reste que les cendres… Arrivée sur la face cachée de la Lune, une expédition américaine croit découvrir la présence de Luniens… Un savant parvient à fabriquer le robot parfait à tout point de vue. Il sait parfaitement compter, résoudre toutes sortes de problèmes compliqués mais également avoir des sentiments et, comble du raffinement, faire des erreurs !

Ma critique

« E = MC2 et autres nouvelles » est un excellent recueil comportant huit nouvelles de fantastique, de science-fiction ou d’étrange scientifique, toutes teintées de l’humour sarcastique ou décalé du grand auteur. Lui-même de formation scientifique est loin d’être tendre avec la profession. Bien des personnages sont de doux dingues comme « l’homme qui haïssait les machines » ou de joyeux lurons aussi naïfs qu’idéalistes comme l’équipe entourant Einstein dans la nouvelle éponyme, de loin la plus inquiétante du lot avec cette version uchronique et pleine de poésie de l’invention et de l’explosion de la première bombe atomique. Chaque nouvelle est un petit bijou distrayant mais faisant aussi réfléchir sur les possibles dérives d’une science sans conscience (on connait la suite du célèbre adage…). Une mention spéciale pour « L’amour en apesanteur », nouvelle particulièrement réussie dans laquelle Pierre Boulle donne libre cours à une cocasserie des plus débridées. À de tordre de rire !

Ma note

4,5/5

 

HISTORIQUEROMANTERROIR

L’OUTARDE ET LA PALOMBE / TOME 2 (LOUIS CARON)

Le résumé du livre

1942-1943 : les évènements se précipitent. Dans le Gers, au Guibourg, les choses se précisent. Henri Ramier avoue à Mathilde, sa compagne canadienne, qu’il œuvre en secret pour la Résistance. Le pharmacien du village, lui, a pris parti pour la collaboration. Il tente de faire tomber dans un piège Mathilde qui se dévoue toujours pour les enfants juifs qu’il lui faut sans cesse cacher, d’abord dans un château puis dans diverses fermes avant de tenter le passage en Espagne. Mathilde frôle la catastrophe. Par contre, le cordonnier qui servait de boîte aux lettres au réseau d’Henri n’aura pas sa chance. Il sera torturé, martyrisé et assassiné par un groupe d’individus que tout le monde soupçonne de faire partie de la Milice. Comment les deux amants que tout sépare (l’âge, Henri en a le double de Mathilde et les origines, la Québécoise est de plus en plus révoltée par l’attitude de certains Français) vont-ils pouvoir tirer leur épingle de ce jeu terrible ?

Ma critique

« L’outarde et la palombe / Tome 2 », roman historique et de terroir, bascule dans ce deuxième tome dans un registre beaucoup plus dramatique. L’étau se resserre autour de nos deux héros. Ils manquent plusieurs fois de tomber dans des pièges mortels. L’intrigue prend plus de rythme, un lourd suspens s’installe. L’ambiance délétère des années d’occupation est parfaitement rendue. « C’était une période où les Français ne s’aimaient pas » (dixit un ancien président de la République), où les passions étaient exacerbées, ce que peine à comprendre l’héroïne qui ne raisonne pas comme eux. Livre toujours aussi agréable à lire. Celui-ci se dévore en un rien de temps tellement le lecteur souhaite savoir ce qui va arriver à ce couple atypique. À noter également de jolies descriptions de sites remarquables du Gers comme Auch ou Larressingle. Louis Caron, auteur canadien, a su rendre un bel hommage à ce terroir magnifique.

Ma note

4,5/5

HISTORIQUEROMANTERROIR

L’OUTARDE ET LA PALOMBE / TOME 1 (LOUIS CARON)

Le résumé du livre

En septembre 1939, Henri Ramier, après un séjour au Canada pendant lequel il a fait la connaissance et est tombé amoureux de la belle Mathilde Bélanger, jeune Québécoise nettement plus jeune que lui, décide de rentrer en France en sa compagnie. Tous deux s’installent dans la ferme que possède sa famille dans le Gers, au Guibourg. La défaite de 1940, l’armistice, puis l’invasion de la zone libre précipitent les évènements. Irène, la fille d’Henri réapparait. Elle est communiste et s’engage très vite dans un maquis de même coloration politique. Mathilde ne comprend pas qu’Henri ne semble s’intéresser qu’à sa peinture et ne songe pas, lui aussi, à entrer dans la Résistance. Mais les apparences peuvent être trompeuses…

Ma critique

« L’outarde et la palombe » est un roman à la fois historique et de terroir qui traite des heures les plus sombres de notre histoire. L’occupation est particulièrement bien décrite avec la vie difficile des Français de l’époque, l’exode, les persécutions des Juifs, les tickets de rationnement et la difficile mise en place de réseaux de Résistance. Les personnages sont attachants car tous bien pétris d’humanité. Au village, tout le monde n’accueille pas l’étrangère à bras ouvert, loin de là. L’intrigue est intéressante et bien menée. Le style est vif, agréable et dynamique. L’ensemble est aussi agréable qu’intéressant. Le lecteur a hâte de prendre connaissance du second tome de cette histoire.

Ma note

4/5

ROMAN

CALVAIRE DES CHIENS (FRANÇOIS BON)

Le résumé du livre

À B. (Berlin ?) dans une Allemagne coupée en deux par le rideau de fer, Jacques Barbin, scénariste et son ami Andréas, metteur en scène, ont en vue un projet de film avec dans le rôle principal une célèbre actrice blonde venue de l’Est dont la participation devrait contribuer à son succès. Ils partent faire des repérages dans un village abandonné des Cévennes. Ils y rencontrent un homme qui y a autrefois implanté un refuge un peu particulier pour chiens abandonnés. Le lieu obtint un tel succès que l’homme ne sachant plus que faire de tous les animaux qu’on lui apportait commença à en trucider quelques-uns et à les donner en pâture aux autres. Et quand il abandonna les lieux, tous les chiens restants s’organisèrent en meute et commencèrent à attaquer les troupeaux de moutons et même quelques touristes égarés…

Ma critique

« Calvaire des chiens » se présente comme un roman difficilement classable. Ni thriller, ni roman noir, ni roman social, mais quelque chose un peu entre tout ça et encore. Même chose pour l’intrigue : pas vraiment d’histoire construite et qui se tienne, mais plutôt une suite de descriptions verbeuses, disparates, sans suite, sans logique et sans chronologie. Difficile de se retrouver dans ce fatras littéraire. Et guère de plaisir de lecture non plus en raison d’un style filandreux, de phrases à rallonge, agglutinantes et (volontairement ?) mal construites. Dans le style particulier de François Bon, le lecteur averti sentira fortement les désagréables relents du soi-disant « nouveau roman », genre narratif qui a fort mal vieilli et n’a été à la mode qu’un temps relativement court. N’est pas Robbe-Grillet qui veut…

Ma note

2/5

POLICIER

UN CRIME TRÈS ORDINAIRE (MAX GALLO)

Le résumé du livre

En juin 1980, rue des Carmes, à Paris, Michel Farges, écrivain issu de milieu modeste mais ayant atteint une notoriété certaine, est retrouvé mort, dans le caniveau, entre deux voitures. Il a été abattu de deux balles en pleine tête. Qui pouvait bien en vouloir à un homme respectable et si bien introduit dans le milieu littéraire germano-pratin ? A-t-on affaire à un crime crapuleux, à un acte gratuit ou à quelque chose de plus grave impliquant plus sérieusement les hautes sphères politico-médiatiques ? C’est ce que se demande Sylvie Mertens, jeune enseignante provençale, qui fut le temps d’un été l’amante de Farges. La malheureuse tente de mener une enquête avec le peu d’éléments dont elle dispose. Et tout va se compliquer quand une des maîtresses de Farges sera renversée et tuée par un chauffard et qu’elle-même sera agressée et échappera de peu à la mort…

Ma critique

« Un crime très ordinaire » se présente comme un roman policier ou un thriller sur fond socio-politique. Il semble vouloir traiter de tous ces crimes inexpliqués, de ces suicidés se tirant deux balles dans la tête. Le lecteur pensera à l’affaire Boulin, à l’assassinat de Goldman, à la disparition étrange de Jean Edern-Hallier et de tant d’autres. L’ennui, c’est que la fameuse enquête piétine dès le début, qu’il ne se passe strictement rien à part des broutilles de vie quotidienne sans le moindre intérêt et que très vite l’ennui s’installe. Il faut pas mal de constance et de persévérance au lecteur pour arriver à découvrir une fin fort attendue mais aussi déplaisante que décevante. Rien ne sera révélé. Si on y ajoute un style assez lourd et une narration manquant particulièrement de rythme, on en arrive à la conclusion que cet ouvrage est loin d’être le meilleur de Max Gallo et que le regretté auteur aurait sans doute mieux fait de rester cantonné dans le registre des ouvrages historiques, domaine où il excellait.

Ma note

2,5/5

POLICIER

DOUCEURS PROVINCIALES (CHARLES EXBRAYAT)

Le résumé du livre

Guillaume Norrey, agent des services secrets français, est convoqué par son patron, M. Dumolard, dans son appartement discret du quatorzième arrondissement de Paris. Dans son laboratoire de Poitiers, le professeur Montanay est en passe de découvrir une formule révolutionnaire de carburant pour fusées spatiales. Le problème c’est que des fuites se sont produites. Une puissance étrangère risque de s’emparer du fruit de recherches aussi secrètes que prometteuses. Mais qui trahit ? Quelqu’un de l’entourage ou de l’équipe du professeur, composée d’un Yougoslave bourru, d’un Anglais mutique et amateur de chats et de son futur beau-frère ? Tout va encore se compliquer quand Guillaume va découvrir que Madeleine, l’épouse du professeur n’est autre qu’une ancienne amante très regrettée puis que le concierge est retrouvé poignardé après s’être vanté dans un café d’avoir gagné beaucoup d’argent…

Ma critique

« Douceurs provinciales » est un roman policier et d’espionnage de facture tout à fait classique. C’est bien écrit, bien mené, bien bâti. En son temps, le prolifique et regretté Exbrayat fut un maître dans ce registre particulier. Le lecteur erre de fausses pistes en fausses pistes et ne découvrira le pot aux roses qu’en toute fin d’ouvrage, juste à l’avant-dernière page. Vite lu, vite oublié, cet ouvrage de simple divertissement, pour ne pas parler de « roman de gare », ne se classe pas dans les meilleurs du maître, car il lui manque la petite étincelle d’humour qui caractérisait souvent la narration, en particulier dans les « Imogène ».

Ma note

4,5/5

ESSAIS

VITAL ! (FRÉDÉRIC SALDMANN)

Le résumé du livre

Nul doute que la santé est le plus précieux de tous les biens. En début d’année, ne présente-t-on pas nos vœux en souhaitant plein de bonnes choses et surtout la santé à nos proches et à nos amis ? Mais cette santé si désirée ne dépend-elle pas de nous, de nos habitudes, de notre mode de vie ? Tout commence par une bonne hygiène, une bonne alimentation, un bon sommeil et pas mal de sport… en chambre. Si on y ajoute que le mental et le physique interagissent en permanence, on comprendra que pour acquérir et conserver santé et bien-être, il faut agir sur les deux. D’où l’utilité de ce livre, sous-titré non sans raison « votre bible santé »

Ma critique

« Vital ! » est un essai de vulgarisation médicale fort réussi dans la mesure où il fourmille de conseils pour se maintenir en forme, se sentir bien, rempli d’énergie vitale, de joie et de bonheur, quel que soit l’âge que nous ayons. Certains conseils sont assez surprenants comme celui d’habiter dans une maison ou un appartement plutôt surchauffé pour être moins tenté de compenser en mangeant et ainsi ne pas prendre du poids, origine de tous les maux. Ou comme celui de boire du sperme lequel contiendrait toutes sortes d’hormones et oligoéléments ralentissant le vieillissement. Le lecteur y trouvera également nombre de conseils plus d’ordre psychologique comme l’importance du pardon, de la générosité, de la politesse ou du calme intérieur. Au total, un ouvrage très complet (excepté le volet sport réduit au sexe et à la pétanque), très intéressant et certainement très utile car reposant sur les dernières recherches dans le domaine médical, le tout étayé par une solide documentation comme en témoigne l’importante bibliographie insérée en fin de volume.

Ma note

4,5/5

HUMOURROMAN

MADE IN FRANCE (PIERRE DANINOS)

Le résumé du livre

Philippe est un célibataire d’une trentaine d’années, employé dans une société spécialisée dans le marketing. Il doit se creuser la tête pour trouver des idées, des slogans, des formules-choc pour promouvoir d’autres entreprises. Son patron, M. de Witt-Piquet, toujours entre deux avions, sait parfaitement se faire plaindre de la galerie. Il y a plus de vingt ans qu’il n’a pas pris de vacances et c’est peu de chose de dire que quand il a payé ses impôts, il ne lui reste que les yeux pour pleurer. Philippe habite un immeuble bourgeois intitulé « Le margrave » dans un endroit qui n’a plus pour unique noblesse, que celle de quartier. Il fréquente Turid, jeune étudiante norvégienne, call-girl ou cover-girl sur son temps libre, qui n’a de cesse d’être étonnée des étranges mœurs des Français. Ceux-ci passent leur temps à se plaindre, à ne voir que les mauvais côtés des choses alors qu’elle trouve que la France est le plus joli et le plus agréable pays du monde.

Ma critique

« Made in France » est un roman charmant, magnifiquement écrit, plein d’humour et de malice. Le regretté Pierre Daninos n’a pas son pareil pour épingler gentiment tous les travers d’une époque un peu folle, celle des années 70. Il relève les ridicules et les étrangetés dans lesquels chacun se complait. Ainsi passe-t-on presque plus de temps au bureau à se raconter les vacances qu’à être vraiment en villégiature. Ainsi préfère-t-on un tas d’anglicismes approximatifs à de bons mots bien français souvent plus précis. Ainsi utilise-t-on un langage alambiqué, redondant souvent proche du barbarisme pour énoncer des choses tout à fait basiques. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Un humour tonique et subtil qui a quelque chose de l’humour anglais dans la légèreté et le détachement. Une lucidité étonnante, un regard aigu et bienveillant ainsi que nombre de trouvailles stylistiques font de cet ouvrage, qui n’a pas pris une ride, un régal de finesse, de cocasserie et d’intelligence.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

LA SUPER-CLASSE MONDIALE CONTRE LES PEUPLES (MICHEL GEOFFROY)

Le résumé du livre

Composée d’un tout petit nombre d’oligarques, de banquiers, de grands patrons, de médiacrates et d’hommes politiques, la super-classe mondiale entraine le monde occidental dans une dérive libérale-libertaire qui ne profite qu’aux plus riches et rêve d’instaurer un nouvel ordre mondial avec une gouvernance unique. Certains, comme l’inénarrable Jacques Attali, pensent que « Jérusalem serait un joli lieu pour en être la capitale ». Cette classe pratique la stratégie du choc pour sidérer et neutraliser ses opposants. Choc anthropologique, éducatif, linguistique, migratoire, mémoriel, financier, médiatique, tous les moyens sont bons pour déconstruire, remplacer et faire du passé table rase. Son mot d’ordre alchimique « Solve et coagula » bien proche d’« ordo ab chaos », détruire avant de reconstruire, débouche forcément sur une forme de post-démocratie, sur un totalitarisme de moins en moins mou, basé sur la religion du politiquement, écologiquement, économiquement et racialement correct, arme de destruction massive de la liberté des peuples…

Ma critique

Cet ouvrage, particulièrement bien argumenté et documenté, se présente comme un essai politico-économique de très bon niveau. Les réseaux d’influence (Bilderberg, Davos, CFR, Club « Le siècle » etc.) sont soigneusement étudiés. L’idéologie de ces élites qui veulent à tout prix prendre leur revanche sur le petit peuple, les gueux, les sans-dents, est très finement analysée. Le lecteur découvrira que ce libéralisme libertaire et cosmopolite n’est après tout qu’une vieille doctrine remise au goût du jour, que l’argent reste le premier ressort de ces gens qui savent merveilleusement optimiser leur fiscalité et accroître leurs profits de façon exponentielle. D’ailleurs quand une crise surgit comme en 2008, ils arrivent à faire nationaliser leurs pertes tout en privatisant leurs profits. Le petit contribuable mis à contribution pour renflouer le gros banquier, personne n’aurait cru ça possible autrefois et pourtant, cela s’est produit. Tout comme des saisies sur les comptes bancaires de particuliers à Chypre par exemple. Un livre majeur, quasi indispensable pour qui veut comprendre quelque chose à cette mondialisation qui n’est heureuse que pour certains. L’auteur ne se contente pas d’analyser, il nous projette également dans l’avenir et là, croisons les doigts, ce projet aussi néfaste que dément n’aurait pour lui que peu de chances de se réaliser pleinement. Acceptons-en l’augure !

Ma note

4,5/5

HISTORIQUEROMAN

LA ROUTE DE GLACE (YVES VIOLLIER)

La résumé du livre

De retour en Vendée, Pierre Métayer, désespéré d’avoir laissé seule Maïa en URSS, prend la place de son ami José qui devait partir combattre en Espagne dans les rangs des Républicains. Blessé à la hanche lors d’un bombardement, il est rapatrié en France et récupéré par Hélène, l’amie fidèle, qu’il finit par épouser et dont il aura un fils, Michel. La guerre venue, il se retrouve pris dans le STO et embarqué en Allemagne. Il y travaille comme mécano sur un vaisseau qui sera envoyé par le fond. Rescapé des terribles bombardements au phosphore sur la ville de Hambourg, il profite de la pagaille pour rentrer en France où il gagne les rangs de la Résistance en s’illustrant dans la forêt de Mervent. La guerre terminée, il peut retourner en URSS à titre de héros de la guerre et de la Résistance. Il retrouve Maïa dans un petit village sibérien. Ayant été blessée à un pied, elle ne peut plus exercer son art de danseuse et est devenue maîtresse de ballet. Elle aime encore Pierre et voudrait toujours échapper à l’enfer soviétique. Mais le pourra-t-elle un jour ?

Ma critique

Second tome, suite et fin de « La Flèche rouge », « La route de glace » est un beau roman historique et de terroir. Il couronne la saga de Pierre et de Maïa de fort belle manière. Les évènements se précipitent avec la guerre d’Espagne, la seconde guerre mondiale (la description des bombardements de l’Allemagne agonisante, un des grands moments de ce récit quasi épique ne peut que remplir d’horreur le lecteur). Cette histoire d’amour impossible prend une ampleur magnifique quand on voit tout ce que les deux amants doivent traverser pour arriver à se retrouver. Les personnages sont si attachants et cette histoire si prenante qu’il est difficile voire impossible de lâcher le livre avant de savoir comment tout ça va finir. Pour ne pas gâcher le plaisir d’éventuels lectrices ou lecteurs, nous ne dévoilerons pas la fin particulièrement réussie. Surprenante, dramatique et grandiose. Une complète réussite. Du très grand Viollier !

Ma note

4,5/5

HISTORIQUEROMAN

LA FLÈCHE ROUGE (YVES VIOLLIER)

Le résumé du livre

En 1937, Pierre Métayer, jeune mineur vendéen membre du parti communiste est sélectionné pour participer à un voyage en URSS, en compagnie d’autres jeunes mineurs, ouvriers ou employés agricoles, tous enthousiastes à l’idée de découvrir le merveilleux « paradis » communiste du petit père Joseph Staline. Après un long périple en chemin de fer, ils visitent Léningrad et doivent reprendre un train soviétique, « La Flèche rouge », qui se retrouve bloqué par une tempête de neige pendant cinq jours au milieu de nulle part. Pierre y fait la connaissance de Maïa, seize ans, danseuse du Kirov qui doit se produire avec sa troupe sur la scène du Bolchoï. Les deux jeunes tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. Maïa rêve de fuir un régime dictatorial qui a déjà broyé sa famille. Pierre voudrait pouvoir s’installer un jour dans ce nouvel eldorado. Le contexte le permettra-t-il ?

Ma critique

« La Flèche rouge » est à la fois un roman historique et un roman de terroir. Le lecteur y découvrira à la fois la réalité de la vie des mineurs sur un territoire pas particulièrement célèbre pour ses terrils et ses corons ainsi que le choc de la réalité quand Pierre découvre la véritable vie des Soviétiques à mille lieues de ce qu’il imaginait avant de partir : présence policière permanente, pauvreté omniprésente, délation, espionnage et répression aussi sauvage qu’injuste. Les parents de Maïa ont été déportés au goulag puis exécutés comme « ennemis de classe » simplement parce que le père, professeur, apitoyé par le sort cruel des paysans mourant de faim, avait voulu les secourir. Livre très agréable à lire, Viollier est un des meilleurs dans ce genre de littérature. Une histoire romantique et émouvante à souhait mais qui pêche par une fin un brin décevante. Jamais de « happy end » avec Staline…

Ma note

4/5

ROMAN

SOUS LA VILLE ROUGE (RENÉ FREGNI)

Le résumé du livre

Un été à Marseille. Le soleil brille. Il fait chaud dans la cité phocéenne. Un tueur en série accumule les assassinats, répandant la terreur dans la ville… Un écrivain, Charlie Hasard vit en solitaire dans un modeste appartement rue Barthélemy, ne voyant quasiment personne. Il se veut écrivain mais n’arrive pas à faire publier ses textes. Tous reviennent par la poste avec la fameuse formule « ne cadre pas avec la ligne éditoriale de nos collections ». Pour se défouler, il fréquente une salle de boxe où il évacue sa rage en frappant sur des sacs de son. Sa vie bascule quand enfin un éditeur daigne s’intéresser à ce qu’il écrit…

Ma critique

« Sous la ville rouge » est un court roman avec un double sujet : la condition de l’écrivain en herbe, ses difficultés pour ne pas dire son impossibilité à entrer dans le cercle des élus et en parallèle la ville de Marseille, ses quartiers populaires ou non, sa population bigarrée. Si le style de l’auteur est de très belle qualité, son inspiration est nettement moins originale. Cette histoire de « wannabee » n’arrivant pas à se faire éditer, se faisant humilier et pétant un câble a été traitée bien des fois et parfois de meilleure manière. L’intrigue manque un peu d’épaisseur et de tenue. On se demande par exemple ce que le tueur en série vient faire dans l’histoire de Charlie. Quant à la fin ouverte, elle est plutôt décevante. Au total, un ouvrage qui ne tient que par son style et par quelques descriptions ou observations. C’est un peu léger… Mais, consolation, l’auteur s’est contenté de 124 pages qui se lisent très vite. Qu’il en soit remercié !

Ma note

2,5/5

POLICIERROMAN

ÉTRANGE CADAVRE EN PAYS COUTANÇAIS (MICHEL HEBERT)

Le résumé du livre

Un lundi matin, jour de grand calme en province, un cadavre est découvert par un passant sur le parvis de la cathédrale de Coutances. Il s’agit de celui d’un plombier bien connu dans le coin et de très bonne réputation. Personne n’a rien remarqué alors que l’homme a pris plusieurs balles dans la tête. De plus, sa position semble indiquer qu’il sortait du lieu de culte alors que celui-ci était fermé. Autant dire une enquête qui s’annonce fort compliquée pour l’inspecteur Vebert de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières…

Ma critique

« Étrange cadavre en pays coutançais » se présente comme un roman policier de facture et de structure tout à fait classique. Le lecteur suit pas à pas une piste qui mène le héros sur la trace d’un terrible gang de trafiquants d’œuvre d’art helvète (original !). Dès le début, il se demande ce que vient faire ce gabelou de haut vol dans cette histoire de meurtre de plombier. L’auteur résout cette difficulté par une pirouette en provenance de la haute administration. Ce démarrage un peu laborieux mis à part, la narration est agréable, bien rythmée, vivante, (beaucoup de dialogues) et la fin bien construite avec un faux coupable (obligatoire dans ce registre) et une poursuite en apothéose. Le style de l’auteur est honnête sans plus (à noter quelques coquilles et lourdeurs). Il ne lui manque qu’une chose : un peu plus d’humour lequel permettrait de rendre encore plus agréable la lecture de ce gentil ouvrage de divertissement. Un seul trait au dernier paragraphe : « La montre, à elle seule, paierait les frais dus à l’Etat, ce grand gourmand qui n’était jamais rassasié ! », c’est maigre !

Ma note

3/5

ESSAISRELIGIEUX

LE PAPE DICTATEUR (HENRY SIRE)

Le résumé du livre

Jorge Mario Bergoglio, né le 17 décembre 1936 à Buenos-Aires, a été élu évêque de Rome sous le nom de François le 13 mars 2013. Il était auparavant archevêque et cardinal de Buenos Aires. Il est le premier pape issu des rangs de la Compagnie de Jésus, le premier pape non européen depuis le pape syrien Grégoire III au VIIIe siècle ainsi que le premier issu du continent américain. Il est également le premier pape à prendre le nom de François, nom choisi en mémoire de saint François d’Assise. Le premier à ne pas habiter dans les appartements pontificaux mais à la maison Santa Marta. Son rejet de l’apparat pontifical, un déplacement en métro et une réputation de modestie lui permirent de se faire très vite attribuer le titre de « Pape des pauvres » par les médias du monde entier. Mais qu’en est-il réellement ? Qui est vraiment ce personnage au bout du compte assez ambigu ?

Ma critique

« Le pape dictateur » est, en dépit de son titre, une enquête sourcée, renseignée, ne se basant que sur des faits et non pas un simple pamphlet dirigé contre une personne publique pour le moins ambivalente. Le lecteur y découvre bien des choses fort dérangeantes sur cet étrange personnage. Sait-on que Bergoglio participa généreusement au financement de la campagne électorale d’Hillary Clinton ? Qu’il n’est progressiste que de très fraîche date vu qu’il se montra plus que favorable au régime des colonels ? Qu’élu pour nettoyer les « écuries d’Augias » (corruption galopante, banque vaticane blanchissant l’argent de la mafia, évêques et prêtres impliqués ou couvrant de sinistres affaires de pédomanie), il ne fit rien pour améliorer la situation et trancha souvent en faveur des corrompus et des malfaisants alors qu’il se montrait d’une sévérité intraitable envers quiconque demandait une simple explication au sujet de ces décisions incompréhensibles. Un livre sérieux, passionnant qui démontre sans discussion possible qu’avec ce personnage plus politique que religieux, les fumées de soufre se diffusent maintenant bien largement au sommet de l’Église Catholique, ce qui n’est pas sans inquiéter les fidèles.

Ma note

4/5

ESSAIS

LA FRANCE INTERDITE (LAURENT OBERTONE)

Le résumé du livre

L’immigration est-elle une chance pour la France ? L’immigration nous enrichit-elle de sa diversité ? Le solde migratoire est-il négligeable et parfaitement stable depuis les années trente ? Quel est le nombre précis d’immigrés présents sur notre territoire ? Les Blancs seront-ils encore majoritaires en Europe dans une trentaine d’années ? Le métissage généralisé est-il inéluctable ? Assiste-t-on à un grand remplacement comme le prétend Renaud Camus ? La chute du QI aura-t-elle des conséquences ? L’immigration rend-elle notre pays plus prospère, plus compétent, plus heureux, plus civique et plus sûr ? Autant de questions politiquement incorrectes auxquelles Laurent Obertone ose répondre dans une enquête sur un sujet tabou : la disparition programmée, organisée par ses élites, d’une nation qui estime, à plus de 70% selon les sondages, que les immigrés sont déjà bien trop nombreux et qu’il serait grand temps de freiner voire d’inverser la déferlante qui submerge le pays…

Ma critique

« La France interdite » est une enquête sérieuse, sourcée, basée sur des travaux d’organismes officiels. L’auteur s’est courageusement attaché à examiner scientifiquement et sans a-priori cette question épineuse, rendue quasiment taboue par l’idéologie dominante qui ne fait que répéter des dogmes sans aucune réalité, qui maintient l’opinion majoritaire dans un état de sidération par le biais d’un matraquage médiatique permanent et systématique. Un à un, chiffres à l’appui, toutes les affirmations de cette « élite » sont démenties par les faits, la triste réalité que chacun peut constater par simple observation : tout ce qu’on nous a raconté depuis trente ans et plus n’est qu’une suite de mensonges, d’axiomes jamais vérifiés ou de dogmes à croire aveuglément que la bien-pensance oblige, sous peine d’ostracisme et de « reductio ad hitlerum », à entériner. Un livre de grande qualité, parfaitement écrit, agréable à lire et surtout courageux, salutaire et indispensable à tout citoyen qui cherche à s’informer sur un problème crucial et ne veut pas mourir idiot !

Ma note

4,5/5

HUMOURPHILOSOPHIQUE

CONTES LIQUIDES (JAIME MONTESTRELA)

Le résumé du livre

Le jour du Mardi-Gras, les hommes jouent aux femmes, les femmes aux hommes et les enfants aux adultes… Les Tihotuhop sont végétariens, mais ils font exception en se régalant de piranhas le jour de la cérémonie du Recyclage… À l’approche des vacances d’été, de nombreux jeunes gens se ruent dans les bibliothèques, les musées et les séminaires de philosophie pour faire rayonner plus puissamment leur aura… Un condamné à mort a pour dernière volonté de n’être exécuté qu’après avoir eu le temps d’apprendre le chinois… À Pine Gulch, le conseil municipal a décidé d’expulser de la langue tout vocable ayant une référence à la sexualité… Sur un archipel des Philippines, des insulaires ne savent pas compter au-delà de 456…

Ma critique

« Contes liquides » est un recueil de très courts contes ou historiettes. L’auteur portugais a réduit chacune de ses narrations à une demi-page maximum. Ces petits textes humoristiques, étranges ou carrément absurdes sont d’intérêt variable. Ils vont de la blague Carambar au conte philosophique en passant par les traits d’humour potache, les élucubrations absurdes ou les simples jeux de mots ou d’esprit. Le style est incisif, minimaliste et souvent apte à dire beaucoup sans grands développements. C’est amusant, léger, parfois facile et quelquefois ça donne à réfléchir sur la sottise de certains de nos comportements. Un auteur un peu méconnu, mais qui mérite le détour.

Ma note

4/5

ESSAISRELIGIEUX

DENYS L’AEROPAGITE ET LE NOM DE DIEU (JEAN-PAUL MONGIN)

Le résumé du livre

Dans un temple abandonné d’Héliopolis, ancienne capitale désertée au profit d’Alexandrie, deux jeunes Grecs, Denys et Apollophane devisent sur la meilleure manière de qualifier Dieu quand une éclipse de lune se produit plongeant tout le pays dans l’obscurité. La stupeur passée, ils reprennent leurs esprits et en viennent à se demander si Dieu ne serait pas cette lumière aperçue au cœur des ténèbres. Dieu étant représenté par des animaux chez les Egyptiens, par des hommes chez les Grecs et par rien chez les Hébreux, Denys décide de partir à Athènes pour tenter d’éclaircir cette affaire auprès des plus grands théologiens et philosophes. À l’issue d’un périlleux voyage en Méditerranée, il fera une rencontre qui marquera sa vie : celle de l’apôtre Paul de Tarse, très intéressé par cette histoire de « Dieu inconnu »…

Ma critique

« Denys l’aéropagite et le nom de Dieu » se présente comme un petit livre d’initiation à la philosophie, but manifeste des éditions « Les petits Platons » dont d’autres titres portent sur Pascal, Rousseau, Leibniz, Socrate, Heidegger ou Kierkegaard, entre autres. Mission louable en soi, mais œuvre de vulgarisation ô combien difficile quand on connait le niveau de réflexion moyen de nos ados. Le texte de Jean-Paul Mongin est facile d’accès et agréable à lire même si l’histoire de Denys n’est abordée que de manière succincte en particulier sur sa fin. Décapité sur le Mont des Martyrs à Lutèce ou finissant sa vie comme anachorète dans un lointain désert syrien, c’est au choix. N’y aurait-il pas plutôt eu deux Denis parmi les premiers chrétiens ? Les illustrations de Ghislaine Herbéra sont fraîches et charmantes avec un côté naïf qui convient bien au sujet. Celle de couverture fait penser à un dessin de Cocteau avec son trait épuré et plutôt minimaliste. Celles illustrant le texte sont beaucoup plus colorées, parfois un peu trop sombres, ce qui gène un tantinet la lecture. L’ensemble assez réussi peut donner envie à certains jeunes plus curieux que d’autres de creuser un peu plus la question après cette intéressante mise en appétit.

Ma note

3,5/5

ESSAIS

LE PRINCE MYSTÈRE DE L’ARABIE (CHRISTINE OCKRENT)

Le résumé du livre

En 1953, à la mort d’Ibn al-Saoud, fondateur de la dynastie wahhabite, ses nombreux fils devaient se succéder un à un sur le trône, ce qui se produisit six fois jusqu’au règne de Salman ben Abdelaziz, lequel désigna à 82 ans l’un de ses fils, Mohammed ben Salman, nouveau prince héritier en 2017. Il rompait avec la succession horizontale pour créer une verticale au profit exclusif de sa famille. Impulsif et brouillon, le jeune Salman, 32 ans, commence par mettre au pas de nombreux dignitaires en organisant la rafle du Ritz-Carlton sous prétexte de lutte contre la corruption. Il souhaite réduire la dépendance de son pays vis-à-vis du pétrole, mettre les Saoudiens au travail et promouvoir un islam modéré. Mais derrière cette apparence progressiste, se cache un potentat aux tendances totalitaires bien affirmées, à la politique étrangère paradoxale et agressive (guerre du Yémen, brouille avec le Qatar), obsédé qu’il est par sa lutte contre l’Iran chiite…

Ma critique

« Le prince mystère de l’Arabie » sous-titré « Mohammed ben Salman, les mirages d’un pouvoir absolu » est un essai de géopolitique qui ressemble en tous points à un très long article que l’on pourrait lire dans « Le Monde » ou dans « Le nouvel Obs ». Le lecteur apprendra beaucoup de choses sur cette monarchie sunnite assise sur sa montagne de pétrodollars, son alliance indéfectible avec les Etats-Unis, ses complicités avec Israël et ses ambitions de prépondérance sur l’Oumma sunnite, la communauté des croyants. Le jeune prince, très bien décrit, peut à la fois sembler sympathique par certains côtés comme son autorisation de conduire accordée enfin aux femmes ou sa mise au pas de la police religieuse et inquiétant par tous ses penchants tyranniques. Tous les nababs n’ont pas encore été libérés de leur prison dorée du Carlton. Les condamnations à mort par décapitation sont toujours aussi nombreuses tout comme les embastillements et les châtiments de milliers de coups de fouets sans parler des mains coupées pour les voleurs ou des lapidations de femmes infidèles. Très bien écrit et très intéressant car bien documenté et bien sourcé, ce livre laisse quand même le lecteur sur sa faim car avec un personnage aussi énigmatique et paradoxal, il lui sera difficile d’imaginer quel avenir peut espérer ce pays clé du monde arabe.

Ma note

4/5

TEMOIGNAGE

J’AI CHOISI D’ÊTRE LIBRE (HENDA AYARI)

Le résumé du livre

D’origine algéro-tunisienne, Henda Ayari est née en France. Chaque été, elle va passer ses vacances en Tunisie. À neuf ans, elle se retrouve victime d’une tentative de viol de la part d’un de ses cousins. Un peu plus tard, elle découvre l’Islam Salafiste par le biais de converties d’origine française. Elle se recouvre alors du voile intégral par conviction alors que sa famille est assez peu pratiquante. Elle n’a pas encore terminé ses études de sociologie quand ses proches organisent son mariage avec un Tunisien salafiste nettement plus âgé qu’elle. Il lui fait croire qu’il a un emploi dans un magasin de matériel informatique et qu’il aménage un appartement pour leur future vie de couple alors qu’en réalité il vit d’aides sociales et de petits trafics et habite toujours chez ses parents. Mais quand Henda découvre la triste vérité alors, il est trop tard. Elle se retrouve mariée et quasi prisonnière d’un homme lâche, menteur et hypocrite. De plus, elle est bientôt enceinte de son premier enfant et, pour ne rien arranger son mari commence à la frapper…

Ma critique

« J’ai choisi d’être libre » est le témoignage émouvant et même bouleversant d’une femme dont on a abusé de la naïveté. Elle s’imaginait par exemple que porter le nicquab était le plus sûr moyen de gagner le paradis d’Allah. La route pour récupérer sa liberté fut un long chemin semé d’embûches et de difficultés de toutes sortes. Heureusement pour elle, la République fut bonne fille. Elle fut soutenue par avocats et assistantes sociales et eut même droit à un emploi réservé au Ministère de la Justice. La lecture de ce livre bien écrit et facile à lire grâce au style de la co-auteure, Florence Bouquillat, apprendra sans doute énormément aux lecteurs non avertis sur les mœurs étranges des tenants du salafisme. Son combat fut exactement le même que celui d’une adepte voulant échapper à l’emprise d’une secte. On ne peut qu’admirer le courage et la détermination de cette femme !

Ma note

4/5

ESSAISRELIGIEUX

NOTRE-DAME DE L’APOCALYPSE (PIERRE JOVANOVIC)

Le résumé du livre

À Fatima (Portugal) en 1917, la Vierge apparut plusieurs fois à trois jeunes enfants ce qui finit par rameuter de grandes foules. Ainsi, plus de 70 000 personnes furent témoins d’un phénomène naturel incroyable : le soleil se mit à danser dans le ciel avant de foncer vers la terre, devenir immense et soudain reprendre sa place. Comme il avait beaucoup plu auparavant, le sol était boueux, les gens étaient trempés. En quelques secondes, tout redevint sec et propre… Pourquoi le Vatican a-t-il fait édifier aux Etats-Unis un observatoire astronomique extrêmement sophistiqué pour observer le soleil ? Pourquoi a-t-il présenté au monde en 2000 une version manifestement fausse du troisième secret de Fatima qui aurait déjà dû être révélé en 1960 ? Autant d’éléments troublants comme les larmes du portrait de la Vierge à Akita (Japon) et son message corroborant celui de Fatima qui ont à voir avec l’Apocalypse au sens premier de « révélation » mais aussi de fin du monde ou plutôt de fin d’un monde…

Ma critique

« Notre-Dame de l’Apocalypse » est à la fois une enquête sur les apparitions de la Vierge un peu partout dans le monde et un essai sur la spiritualité et l’eschatologie. Le lecteur en découvre de belles et de surprenantes dans ce livre bien écrit et passionnant qui se lit comme un roman. Nous sommes certainement à la fin d’un cycle long avec collision de météorite et changement d’axe de rotation à la clé. Le soleil avec ses taches qui sont des éruptions parfois violentes a une influence déterminante sur le climat de notre planète. Les scientifiques ont découvert que toutes les planètes même les plus lointaines étaient en train de se réchauffer. En 2003, le soleil a envoyé une flamme éruptive cinq mille fois plus puissante que d’ordinaire, heureusement dans le sens opposé à la Terre. Que se serait-il passé si elle avait été dirigée vers nous ? L’astronomie, la sagesse des anciennes civilisations et les messages de la Vierge, tout concorde : l’humanité va devoir affronter ou plutôt subir les cataclysmes annoncés. Comment la nature se vengera-t-elle ? Saura-t-on se repentir et faire machine arrière avant l’Apocalypse ? Un livre passionnant, instructif qu’il faut lire absolument si on ne veut pas mourir idiot.

Ma note

4,5/5

FANTASTIQUEHISTORIQUE

QUE TON RÈGNE VIENNE (ALEXANDRE BARTHÉLEMY)

Le résumé du livre

Avril 1453, la ville de Constantinople, ultime bastion de la chrétienté est assiégée par une armada turque beaucoup plus nombreuse que la flotte byzantine censée la défendre. Devant se battre à un contre dix, les défenseurs de la cité se lancent dans un combat désespéré. Quelques chevaliers génois sont venus en aide aux Byzantins alors que l’immense majorité de l’Occident est restée sourde aux appels au secours de la nouvelle Rome. Alors que la ville va succomber, Constantin XI est entraîné contre son gré par Arius, grand Maître des chevaliers du Christ-Roi, et quelques-uns de ses sbires dans les catacombes du Martyrium. Ils forcent la sépulture de Constantin, fondateur de la dynastie et premier empereur chrétien, pour en extraire une pierre précieuse d’une valeur inestimable, la pierre « chrismale ». Le Basileus parvient à fausser compagnie à ses kidnappeurs tout en conservant le joyau alors que le condottiere Giustinianni se bat comme un lion pour que la ville ne tombe pas aux mains des Ottomans…

Ma critique

« Que ton règne vienne » est un roman historique « new age » car fortement teinté de fantastique et d’ésotérisme à la Dan Brown, c’est-à-dire confinant au révisionnisme dépourvu de fondement et même de simple vraisemblance. Alexandre Barthélémy profite du fait que l’on ne sait quasiment rien de la mort et du lieu de sépulture de Constantin XI pour échafauder une histoire d’immortel passant des siècles à courir derrière une pierre précieuse qui lui permettrait de libérer de son tombeau un antéchrist de ténébreuse origine. Bien évidemment, cet aspect de l’ouvrage est particulièrement agaçant et sans véritable intérêt vu qu’il détonne avec le reste de la narration. En effet, les deux morceaux de bravoure, la prise de Constantinople avec ses conséquences pour les populations chrétiennes (décapitations à la scie, mise en esclavage de certains survivants et viols systématiques des femmes) ainsi que le siège de Belgrade et son dénouement surprenant méritent l’attention du lecteur en raison de la qualité des descriptions et de la documentation. L’auteur domine parfaitement un sujet assez peu abordé. Heureusement que cet aspect plus « historique » compense avantageusement les élucubrations fantaisistes et autres débordements dans une magie de pacotille. Le style de l’auteur est plutôt bon. Sa prose n’est pas désagréable à lire malgré des approximations dans la construction de quelques phrases et un certain nombre de coquilles et fautes d’orthographe ici ou là. Dans l’ensemble, un premier roman assez réussi.

Ma note

3/5

TEMOIGNAGE

DEALER DU TOUT-PARIS (GÉRARD FAURE)

Le résumé du livre

Né au Maroc de mère maghrébine et de père français, Gérard se révéla très vite un garçon difficile et rebelle à toute autorité. Bien qu’issu d’une famille très aisée, son père médecin était un intime du roi, très jeune, il commença à fuguer, à trainer avec des voyous dans les rues de Casablanca et même à voler. Il se fait la main en pillant les troncs des églises et commence très jeune une vie de délinquance. Il se lance dans le trafic de cannabis, fait de la prison. Devenu tireur d’élite suite à son passage dans l’armée, il exécute quelques basses œuvres comme l’élimination de terroristes de l’ETA pour le compte du SAC de Charles Pasqua avant de devenir un des proches de grands truands comme Gaétan Zampa et Francis le Belge. C’est le faussaire Fernand Legros qui l’introduira dans les milieux parisiens les plus huppés où il deviendra le dealer préféré de la jet-set, des artistes et des hommes politiques…

Ma critique

« Dealer du Tout-Paris » est un témoignage relatant toute une vie de truanderies diverses et variées. Fauré a sévi dans bien des domaines et dans pas mal d’endroits (Maroc, Espagne, Pays-Bas et France). Il a payé sa dette avec 18 années de prison et semble maintenant décidé à se ranger des voitures, du moins le déclare-t-il en fin d’ouvrage. Le lecteur qui s’attend à des révélations croustillantes sur les grands de ce monde en sera un peu pour ses frais. En dehors de Chirac, Pasqua, Philippe Léotard, Hallyday, de Niro, Grace Jones, Fiona Gélin, Sagan, Mourousi ou Delarue, il n’implique en fait que très peu de « people », la plupart du temps décédés. Lesquels pourront donc difficilement contester s’être approvisionné chez lui. C’est d’ailleurs le point faible de ce récit qui se lit comme un roman malgré un style peu travaillé. Tout y semble rocambolesque, incroyable et parfois même invraisemblable. Ces aventures sont tellement extraordinaires qu’elles en deviennent difficilement crédibles. Même en se disant que la réalité dépasse souvent la fiction, on ne peut s’empêcher de se demander si l’auteur ne serait pas un tantinet mythomane sur les bords en plus d’être « un voyou infréquentable », comme il se qualifie lui-même.

Ma note

3/5

HUMOURPHILOSOPHIQUE

DES PENSÉES SANS COMPTER (PHILIPPE BOUVARD)

Le résumé du livre

« Le métier d’homme politique repose sur l’art de se rappeler périodiquement au bon souvenir de concitoyens dont on tire ses revenus en écornant les leurs. »

« La vie : ce dérisoire et prétentieux ballet dansé par des condamnés à mort. »

« Les affaires d’abus de biens sociaux : on ne divise pas pour régner, on additionne pour nuire. »

« Travaille qui veut. Travaille qui peut. Travaille qui ne sera pas remplacé par un robot. Travaille qui ne pense pas à ses impôts. »

« Le népotisme constitue la seule arme absolue contre le chômage de certains jeunes. »

Ma critique

« Des pensées sans compter » est un recueil de bons mots, de maximes, d’aphorismes, de traits d’esprit et autres trouvailles langagières surgies de l’esprit malicieux et observateur de leur auteur, un certain Philippe Bouvard, plus connu comme présentateur-animateur télé que comme écrivain. Tous sont marqués au coin de l’humour, de la dérision, de l’auto-dérision et du bon sens. Quel plaisir de pouvoir se régaler de ces petites pépites d’intelligence et de finesse digne des plus grands (Courteline, Allais ou Guitry) ! Le délicieux auteur, esprit brillant et ironique porte un regard aigu et parfois désabusé sur la réalité de notre société, sur les travers de nos contemporains et sur ses propres faiblesses ou incertitudes. Un ouvrage à lire, relire, consulter, picorer avec toujours autant d’appétit. Comme quoi la sagesse et l’acuité de l’analyse peuvent aussi se nicher dans les couloirs de l’abêtissant média boursoufflé.

Ma note

4,5/5

ROMAN

BUBU-DE-MONTPARNASSE (CHARLES-LOUIS PHILIPPE)

Le résumé du livre

Pierre Hardy, 20 ans, à Paris depuis six moins, est un modeste employé de bureau. Il n’a qu’un seul ami, Louis Buisson, 25 ans, dessinateur et collègue de travail. Un soir de 15 juillet, alors que Pierre se promène sur le boulevard Sébastopol, il rencontre Berthe Méténier, jeune femme au physique agréable et au maintien modeste. Il l’invite à boire un verre, discute longuement avec elle et obtient ses faveurs contre la modeste somme de cent sous. Berthe est une fille publique qu’un certain Maurice Bélu, dit Bubu-de-Montparnasse, ancien ébéniste au chômage, a mis sur le trottoir après l’avoir déflorée…

Ma critique

« Bubu-de-Montparnasse » est un roman social publié en 1901 par Charles-Louis Philippe auteur un peu oublié de nos jours, issu d’un milieu des plus modestes et donc très proche des petites gens. À son époque, il obtint un grand succès avec ce livre qui a très bien vieilli. En effet, il pose l’éternel problème de la prostitution, de la misère sexuelle (Berthe attrape la syphilis), et de la quasi-impossibilité pour la femme de s’affranchir de la tyrannie d’un souteneur violent et paresseux. Thème éternel, la prostitution étant le plus vieux métier du monde surtout quand elle est exercée pour tenter d’échapper à la misère. Il y a du Zola pour le côté naturaliste et du Maupassant pour le côté désenchanté et sans espoir de Philippe. Si on y ajoute une belle écriture simple, agréable et aisée à lire, nul doute que cet ouvrage, sans être un immense chef-d’œuvre, peut se classer parmi les romans importants du début de l’autre siècle.

Ma note

3,5/5

HISTORIQUE

MARIA DE LA LUZ (ANTONIO DRAGON)

Le résumé du livre

Les accords de 1926 entre les révolutionnaires mexicains et le Saint-Siège, dans le dos de l’Armée Cristera, volent à celle-ci une victoire complète qui s’annonçait imminente. Le franc-maçon Portes Gil, promet d’appliquer la loi antireligieuse et de faire cesser les persécutions. Dès la reprise du culte, les Cristeros déposent naïvement les armes. 5000 d’entre eux seront lâchement assassinés peu de temps après. Fort de la faiblesse de l’Eglise, le gouvernement anticlérical accorde au peuple un semblant de liberté de culte. La jeunesse mexicaine se réorganise autour de l’Action catholique qui prend un essor extraordinaire dans tout le pays. Ce récit nous montre la figure attachante et édifiante de Maria de la Luz Camacho, jeune fille mexicaine grandie dans une atmosphère de catacombes de persécution et d’héroïsme ; ses joies, ses peines et comment elle a su faire fructifier les talents reçus de Dieu. Pour défendre les fidèles, dont beaucoup d’enfants, elle n’hésite pas à affronter les révolvers des jeunes révolutionnaires qui veulent brûler l’église pendant la messe.

Ma critique

« Maria de la Luz » est un ouvrage historique sur la période la plus sombre de l’Histoire du Mexique, celle des années 20 et 30 au cours de laquelle des gouvernants communistes et socialistes fanatiques tentèrent d’extirper toute trace de religion de la société mexicaine. Lors de cette terreur rouge, on ne compta plus le nombre d’églises saccagées, profanées et brûlées, de prêtres, évêques, religieux et religieuses bannis, emprisonnés, torturés et exécutés souvent dans les pires tortures. C’est sur ce fond de peur et de haine que se dressa la figure admirable d’une humble et héroïque toute jeune fille, Maria de la Luz, militante exemplaire de l’Action Catholique qui mourut martyre sous les balles d’un groupe de miliciens rouges venus perturber une messe et brûler une église. Un témoignage émouvant. Une page d’Histoire particulièrement sinistre à ne surtout pas oublier. Les victimes du communisme ne se comptèrent pas qu’en URSS, en Chine et au Cambodge, mais dans bien d’autres lieux. Ils furent des millions et même des centaines de millions. On attend toujours le procès du communisme.

Ma note

4/5

HISTORIQUEvoyages

SUR LES CHEMINS DE FRANCE (BERNARD RIO)

Le résumé du livre

Les modestes chemins, les humbles sentiers qui autrefois reliaient villages, hameaux et lieux dits sont devenus terrains de jeux des randonneurs, des promeneurs et autres pèlerins maintenant que l’automobile, cette caisse de fer qui isole définitivement l’homme de son milieu naturel, a détrôné les autres moyens de transports. Pourtant si toutes les pierres, les mousses ou les boues des chemins pouvaient parler, elles témoigneraient sur ce que furent les Cathares, les Vendéens, les Jacquets marchant vers Saint Jacques de Compostelle, les légionnaires romains, les sages, les fous et les saints. Depuis les hommes préhistoriques aux Eyzies de Tayac à R.L. Stevenson sur la Grande Draille du Mont Lozère en passant par Roland au col de Roncevaux, par Saint Louis à Aigues-Mortes, par Jeanne d’Arc à Domrémy ou par Cadoudal à Locoal-Mendon. Que de magnifiques endroits, que de belles randonnées à faire ou déjà faites…

Ma critique

« Sur les chemins de France » est un de ces beaux livres qui font la richesse d’une bibliothèque et qu’on aime consulter quand le besoin s’en fait sentier. Chaque chemin ou sentier est présenté par le biais d’une anecdote historique, d’un conte ou d’une légende connue ou non. Les magnifiques photographies du co-auteur Bruno Colliot l’illustrent richement. En dépit d’utiles notes cartographiques et bibliographiques en fin d’article, ce bel ouvrage très agréable à lire n’est cependant pas vraiment un guide de randonnée, car il ne propose aucune carte ou croquis comme c’est l’usage dans de genre particulier. C’est un peu dommage mais compréhensible car l’auteur a basé son discours sur l’Histoire avec un grand H ou un petit h et c’est sans doute là le principal intérêt de cette lecture bien instructive au bout du compte. Le lecteur y apprendra mille détails sur divers sujets comme les voies romaines, le canal du Midi, le Mont-Saint-Michel ou la forêt de Brocéliande pour ne citer que quelques lieux méritant le détour.

Ma note

4/5

ESSAISPHILOSOPHIQUE

LETTRES A LA TERRE (STÉPHANE TIRARD)

Le résumé du livre

La Terre est-elle au centre de l’univers ? Comment peut-on en mesurer l’étendue ? Le Soleil est-il le centre du mouvement de la Terre ? Peut-on s’élever dans les airs en se couvrant de fioles emplies de rosée du matin ? Les eaux de la mer se retrouvent-elles sur le sommet des montagnes ? La Terre vogue-t-elle dans une immensité sans fin ? Pourrait-on se servir du Kilimandjaro comme du plus grand canon jamais construit ? La Terre souffre-t-elle d’un développement humain désordonné ? La planète est-elle comme malade du genre humain ? Peut-on vraiment agir de façon positive pour la Terre ?

Ma critique

« Lettres à la Terre » se présente comme une anthologie rassemblant 35 textes d’auteurs aussi différents et éloignés dans le temps ou l’esprit qu’Aristote, Chateaubriand ou Jean-Marie Gustave Le Clézio. Le fil rouge de ce recueil assez surprenant est l’intérêt que tous portèrent à notre planète. Autant les Anciens cherchaient à la connaître, à comprendre son positionnement astronomique, son mode de fonctionnement, autant les Modernes et tout particulièrement les auteurs du XXIème siècle se songent qu’à la défendre contre les agressions humaines et à la protéger pour éviter les conséquences catastrophiques d’une probable vengeance de Gaïa. Rassemblées par Stéphane Tirard, ces « lettres » sont d’un intérêt inégal pour le lecteur. Elles permettent surtout de découvrir qu’au fil de quelques millénaires, les humains se sont polarisés sur des sujets forts différents. La plus poétique est celle de Saint-Exupéry, la plus sociale, celle de Zola et la plus émouvante, celle de Marc Bloch, la plus surprenante, celle de Jules Verne et la plus révoltante celle de John Steinbeck. Au total, une impression plutôt mitigée.

Ma note

2,5/5

FANTASTIQUE

APPLAUDIS LORSQUE LES MORTS S’ANIMENT (ZACAN KOVACS)

Le résumé du livre

Quelque part dans les bas-fonds, l’homme aux semelles qui couinent deale pour le compte du Fourbe, parrain du quartier, toutes sortes de « broches » permettant à de nombreux paumés de fuir une réalité plutôt glauque… Deuil retrouve son petit ami qui n’est plus que l’ombre de lui-même. Junkie en phase terminale, à trop abuser des substances, il ne lui reste plus que la peau et les os… Apu vit en colocation dans un appartement délabré. Ce soir, il doit jouer de la fracabasse au « Cocoloco », la boite à la mode au sein de son groupe « Les culs trempés ». Mais, s’il ne trouve pas « d’accelerator », il sera incapable de monter sur scène et d’assurer le show…

Ma critique

Cet ouvrage qui devrait pouvoir se classer dans le registre de l’anticipation se compose de dix épisodes qui n’ont d’autre lien entre eux que quelques personnages récurrents. L’ensemble ne forme pas du tout un roman au sens classique du terme, car il n’y a pas vraiment d’intrigue qui se tienne ni même de fil rouge entre les différentes parties si ce n’est une succession de scènes de drogue, picole et castagne sans rien pour les relier entre elles. Pris séparément, chaque épisode ne peut pas non plus relever de la nouvelle vu que la trame de construction « normale » avec exposition, dramaturgie et chute n’est jamais respectée. Pour faire simple, on dira que du début à la fin le lecteur attend en vain que l’action démarre et qu’il se passe vraiment quelque chose. Si on y ajoute un nombre incalculable de coquilles, fautes d’orthographe, de français et autres barbarismes, on se retrouve avec un style approximatif et de très basse qualité rempli de phrases bancales ou mal construites (Exemple : « Ce type se balade en slip géant où ça qu’il y aurait des poches ») et de vocables inventés et jamais explicités du genre « buldovite », « éclatobulle », « synthor », « métaklliques », « magnétifieur » ou « cortcam » pour n’en citer que quelques-uns. Des notes de bas de page ou un glossaire auraient facilité la compréhension du pauvre lecteur déjà bien déboussolé par cet ouvrage paradoxal et assez peu attrayant.

Ma note

2/5

HUMOURROMAN

ALLO, MAJOR TOM ? (DAVID. M. BARNETT)

Le résumé du livre

Le jour de la mort de David Bowie, Thomas Major, un quarantenaire britannique totalement inconnu, s’apprête à être le premier homme à partir vers Mars en solitaire. Il devra y préparer la colonisation future de la planète rouge à lui tout seul. Simple technicien chimiste, Thomas s’est juste trouvé là au bon moment pour remplacer au pied levé le cosmonaute prévu pour cette difficile mission. Loser bougon et misanthrope, il n’a pas le profil idéal pour réussir vu qu’il a quasiment tout raté dans sa vie. Il est juste heureux de prendre ses distances avec une humanité qu’il n’apprécie guère. Mais tout va changer quand une erreur de numéro de téléphone lui fera croiser la route d’une vieille dame un peu dérangée et de deux petits-enfants de milieu modeste…

Ma critique

« Allo, Major Tom » est plus un roman social et sentimental qu’un véritable roman de science-fiction. Le voyage interplanétaire n’est qu’un prétexte pour dérouler une histoire non chronologique, distillée à petites touches et amenant le lecteur à la conclusion que même l’humain le plus solitaire a un jour ou l’autre besoin des autres. « Comédie irrésistible et totalement décalée » clame la quatrième de couverture. C’est beaucoup dire et trop promettre tout comme le célèbre « humour anglais » également annoncé. Il est assez peu présent et plutôt par la loufoquerie, l’invraisemblance et le cocasse des péripéties que par la drôlerie ou l’ironie auxquelles le lecteur pourrait s’attendre. Au total, un ouvrage sympathique, gentillet, plein de bons sentiments et plutôt agréable à lire.

Ma note

3/5

SCIENCE-FICTION

LES SEPT JOURS OU LE MONDE FUT PILLE (ALEXEÏ TOLSTOÏ)

Le résumé du livre

En 1933, Ignace Rough, puissant homme d’affaires américain, invite à bord de son majestueux trois-mâts, le « Flamingo », quatre de ses pairs ainsi que l’ingénieur Corvin, grand spécialiste de balistique et d’astronomie. Il leur propose d’organiser un complot qui devrait les rendre immensément riches et puissants en fort peu de temps. Il leur suffirait de profiter du passage de la comète de Biela pour envoyer un tir groupé de fusées bourrées d’explosifs en direction de la lune, laquelle ne devrait pas manquer de se disloquer. Il n’en faudrait pas plus pour que la panique soit totale dans la population et que les cours des bourses du monde entier s’effondrent. Les cinq milliardaires n’auraient plus qu’à racheter pour une bouchée de pains des millions d’actions et ainsi devenir les maîtres du monde. Mais rien ne va se passer comme prévu…

Ma critique

« Les sept jours où le monde fut pillé » se présente comme un court roman de fantaisie, une sorte d’uchronie ou plutôt de dystopie qui tient surtout du conte philosophique dans un contexte de science-fiction à la Jules Verne ou à la Méliès. L’auteur, apparenté à l’illustre Léon Tolstoï, d’abord émigré en Angleterre et en France puis communiste de la meilleure eau stalinienne, s’est attaché à démonter les mécanismes de prise de pouvoir d’une minorité de financiers sans grande moralité, juste occupés à accroître leur fortune et à accaparer le pouvoir. Condamnation sans appel du capitalisme trouvant son apothéose dans le mondialisme. C’est par ce côté « politique » que ce récit plein de naïveté et d’erreurs astronomiques ou techniques bien excusables vu l’époque est le plus intéressant. Le lecteur remarquera également le côté visionnaire de cette fable d’une prise de pouvoir totalement illégale en vue de l’instauration (déjà) d’un nouvel ordre mondial avec gouvernement centralisé entre les mains de cette « Union des Cinq » qui aura une fin aussi courte que surprenante.

Ma note

3/5

AVENTURESvoyages

NOUVELLES VAGABONDES (JULIEN LEBLAY)

Le résumé du livre

De juillet 2010 à mars 2012, Julien, 29 ans, et sa compagne Marion, 24 ans, ont parcouru 22 000 kilomètres sur leurs vélos prénommés Teresa et Maïdo soit plus de la moitié d’un tour du monde. Ils ont traversé trois continents, l’Europe, l’Asie et l’Océanie et visité pas moins de vingt-deux pays. Partis de l’Auvergne, ils ont inauguré leur voyage par une ascension du Mont-Blanc. Il leur a fallu 700 jours pour atteindre leur destination, la Nouvelle-Zélande pour y assister à la coupe du monde de rugby. Un peu partout, ils en profitèrent pour faire la promotion du don de sang. Une transfusion de sang lui ayant sauvé la vie, Julien est particulièrement attaché à cette noble cause…

Ma critique

« Nouvelles vagabondes et autres petites histoires cyclopédiques » n’est pas, comme son modeste titre pourrait le laisser penser, un simple recueil de nouvelles ou d’anecdotes, mais un véritable journal de bord détaillé relatant une expédition hors norme menée par deux jeunes gens courageux. Le texte est vivant et bien écrit et la description de leurs aventures précise et minutieuse. Le lecteur passe allègrement de la pluie suisse, aux roses italiennes puis à l’accueil yougoslave marqué de pauses raki obligatoires alors que celui des Turcs se fait tout aussi chaleureusement, mais avec du thé. La curiosité indiscrète des masses indiennes leur rend la vie particulièrement pénible puis ils goûtent la gentillesse et la tranquillité thaïlandaise, subissent l’ennui laotien, la pauvreté cambodgienne, la déforestation malaisienne, la surpopulation indonésienne, l’immensité australienne et la beauté sauvage de la nature néo-zélandaise. Cet ouvrage permet de revenir sur certaines idées reçues comme celle de la spiritualité indienne ou du « 100% pure New Zealand » respectant l’environnement. Pour rêver au grand vent de l’aventure tout en restant assis dans son fauteuil !

Ma note

3,5/5

HISTORIQUE

PLEURE, GERONIMO (FORREST CARTER)

Le résumé du livre

Geronimo, chaman de guerre des Apaches, commença par s’appeler Gokhlayeh jusqu’au jour de la San Geronimo 1859 où les tribus Apaches Chiricahuas ravagèrent le village mexicain d’Arispe pour se venger du massacre que les Mexicains avaient précédemment perpétré sur un de leurs villages. Cet acte marqua la fin des accords de paix acceptés par les chefs Cochise et Mangas Coloradas. Il faut dire que les guerres indiennes allaient vers leur fin. Beaucoup de tribus et même de peuples entiers s’étaient soumis et avaient accepté d’être parqués dans des réserves. Humiliation, famine et esclavage en avaient été pour eux les terribles conséquences. Seul Geronimo brandissait encore l’étendard de la révolte. Douze années d’expéditions punitives, de représailles et de désolation s’ensuivirent. Les Tuniques Bleues enférocés par l’audace des coups de main réussis par Geronimo et ses poignées de guerriers n’hésitèrent pas à pratiquer la guerre totale, pour ne pas dire le génocide, tuant hommes, femmes, enfants et vieillards sans la moindre pitié…

Ma critique

Écrit par un Indien cherokee, « Pleure Geronimo » peut aussi bien se classer dans les romans historiques, les biographies comme dans les ouvrages ethnographiques voire poétiques. La langue est fleurie, les concepts pas uniquement rationnels. Quelques plongées dans la mystique indienne permettent d’ailleurs de mieux comprendre la façon de raisonner et de se comporter d’hommes que l’on qualifiait de « sauvages ». Dès le début, le lecteur comprend que cette révolte est désespérée, sans issue, un baroud d’honneur en quelque sorte. À quoi sert-il de sauver son corps si on perd son esprit et son âme ? Cette très belle œuvre, à la fois lyrique et écologique, repose malheureusement sur une narration non chronologique. Bonds en avant et retours en arrière se succèdent allègrement, ce qui n’aide pas à la mise en ordre et à la compréhension de cette tragédie qui tourne vite au drame monstrueux. Autre surprise : la fin assez inattendue et plutôt éloignée de l’image du pauvre Peau-rouge croupissant dans sa réserve, sorte de camp de concentration à la mode yankee, et se laissant mourir dans l’oisiveté et l’alcoolisme. À lire pour qui s’intéresse aux peuples dépossédés, pillés et remplacés sur leur propre terre par de nouveaux venus sans scrupules…

Ma note

3/5

ROMANCE

BAD / AMOUR INTERDIT (JAY CROWNOVER)

Le résumé du livre

À The Point, Shane Baxter, 23 ans, est ce qu’on appelle un « bad boy », un voyou. Un type pas facile à aimer et avec lequel il n’est pas simple non plus de sympathiser. Il vient de se taper cinq longues années de cabane et voudrait retrouver Race, le seul et unique pote sur lequel il puisse encore compter. Mais qu’est-il devenu ? Novak, l’affreux parrain de la zone l’a-t-il fait disparaître ? Et que s’est-il passé la fameuse nuit où tout a mal tourné pour Baxter ? De son côté, Dovie, étudiante, barmaid et assistante sociale stagiaire, sait ce que c’est que d’arriver à survivre en milieu hostile. Elle s’habille en homme, se fait discrète, évite de sortir avec les tocards du coin et surtout ne veut rien devoir à personne… Jusqu’au jour où sa route croise celle du « bad boy »…

Ma critique

Premier tome d’une série, « Bad, amour interdit » se veut roman noir tout en restant quand même bluette et romance. La vie n’est pas facile dans les bas-fonds. Jay Crownover rend très bien l’ambiance glauque de ce milieu. Elle use d’un langage parlé assez proche de celui des voyous et sait donner un certain rythme à sa narration toujours présentée en deux temps. Un chapitre vu du point de vue de Baxter, un de celui de Dovie et alternativement. Le tout bien mené et sans trop de redites. L’intrigue n’est pas des plus travaillées ni des plus originales avec cette affaire de truand faisant deux fois de la taule pour quelqu’un d’autre. À noter et peut-être à déplorer une certaine tendance à trop privilégier les scènes torrides (un peu répétitives) et surtout le côté sentimental de l’affaire. Le thème du gangster amoureux d’une oie blanche, thème usé jusqu’à la corde, ne sera pas renouvelé cette fois encore.

Ma note

2,5/5

POLICIERTHRILLER

LE DRAGON DE CRACOVIE (SAN ANTONIO)

Le résumé du livre

A Berchtesgaden, en novembre 1937, Adolf Hitler sympathise avec une jeune infirmière blonde qui, bizarrement porte le même nom que lui. Il finit par se jeter sur elle et par la trousser comme l’eût fait un feldwebel. De cette étreinte furtive, neuf mois plus tard, naîtra un gros bébé qu’on prénommera Richard et qui n’aura aucune ressemblance avec son géniteur. Il devint boucher, se maria et eut lui-même en 1970 un fils qu’on prénomma Adolf et qui se retrouva doté de nombreux points communs avec son tristement célèbre grand-père. Tout jeune, il commença une carrière de tueur sadique et sans le moindre état d’âme en trucidant le riche homosexuel qui l’avait recueilli chez lui avant de le mettre dans son lit. La suite de l’histoire se résume à une accumulation de cadavres jalonnant le parcours de ce psychopathe qui finira par intéresser la redoutable Camorra sicilienne…

Ma critique

« Le dragon de Cracovie » se présente comme une sorte de thriller parodique doublé d’uchronie, car il va sans dire que Frédéric Dard se permet bien des fantaisies avec l’Histoire tout au long d’une intrigue alternant lourdement copulations et liquidations pour finir sur une fin en apothéose abracadabrante. Le lecteur cherchera en vain l’humour et le picaresque présents dans de nombreux autres titres. Ils ont totalement disparu et c’est bien dommage car seuls le sadisme, la paillardise et une sorte de désenchantement généralisé subsistent. Aussi répétitifs et lassants les uns que les autres. Au total, pas le meilleur titre du grand Frédéric Dard, et de très loin.

Ma note

2,5/5

TEMOIGNAGE

LES SECRETS D’UN GUÉRISSEUR (JEAN DAURILLAC)

Le résumé du livre

Jean Daurillac est un guérisseur généreux et talentueux. Il est capable par imposition des mains de « barrer le feu » c’est-à-dire de soulager les souffrances d’une personne brûlée. Il sait utiliser les pouvoirs de l’argile, recueillir la rosée qui lui permettra de préparer onguents, baumes et élixirs floraux. Il a une parfaite connaissance des vertus des plantes qu’il propose en macération, décoction ou infusion et sait user de toutes sortes de méthodes ancestrales pour magnétiser et calmer toutes sortes de maux. Modeste, il déclare vouloir se consacrer à réduire les douleurs et non pas à soigner. Il sait renvoyer les malades vers les médecins classiques quand c’est nécessaire. En un mot, c’est un guérisseur exemplaire qui ne veut pas que l’on dise qu’il a un don. Pour lui, tout le monde pourrait en faire autant. Il suffirait d’en prendre conscience et de travailler.

Ma critique

« Les secrets d’un guérisseur » se présente comme une sorte de longue interview menée par une journaliste qui reste anonyme du début à la faim. Daurillac explique ses pratiques qui peuvent paraître aller du vérifiable et quantifiable au plus ésotérique. Le lecteur rationaliste ou cartésien pourra aisément douter de l’efficacité réelle de certaines d’entre elles. L’intérêt du livre réside dans la révélation de « secrets » (ou plutôt de pratiques voire de trucs) que guérisseurs, magnétiseurs ou rebouteux aiment plutôt garder pour eux. « Un guide indispensable pour ceux et celles qui veulent apprendre comment soigner, se soigner et guérir autrement », proclame la quatrième de couverture. Il semble plutôt que ce soit une initiation, une présentation sommaire de méthodes qui mériteraient une étude et un développement plus important. Néanmoins agréable et facile à lire pour qui s’intéresse un peu au sujet.

Ma note

3,5/5

ROMAN

LE TESTAMENT D’ALLAN BERG (PATRICK MEADOWS)

Le résumé du livre

Allan Berg, professeur d’histoire dans une université américaine, mène une vie tout ce qu’il y a d’ordinaire. Il est amoureux d’Anna et son meilleur ami n’est autre que le frère de cette dernière. Tout son petit univers bascule le jour où un inconnu vêtu de gris et portant un col de clergyman l’interpelle à la fin d’un cours pour lui confier un livre intitulé « 1944 Onward II ». Il lui semble être un ouvrage de prospective historique très différent de la réalité politique de l’Amérique telle qu’il la connaît, c’est-à-dire en proie à un totalitarisme radical depuis ses accords de collaboration avec l’URSS. À peine a-t-il pris connaissance de quelques pages du livre que les ennuis commencent pour lui. Des agents du FBI font irruption dans sa vie et commencent à l’importuner. Ils veulent à tout prix récupérer l’ouvrage…

Ma critique

« Le testament d’Allan Berg » est un livre difficile à placer dans une catégorie bien définie. Ce n’est pas vraiment un livre d’anticipation ni de science-fiction. Il se situerait plutôt aux confins de l’uchronie ou de la dystopie et à ceux de l’onirique, du fantastique et surtout de la fable ou du conte philosophique. Il pose le problème du totalitarisme, de la pensée conforme et des moyens de coercition de masse et de manipulation des opinions publiques. Les mouvements clandestins de résistance sont systématiquement assimilés à des entreprises de terrorisme. Seule une infime minorité résiste alors qu’une écrasante majorité collabore. Le héros, citoyen très ordinaire, se retrouvant pris dans un engrenage aussi inattendu que dangereux, est attachant car bien pétri d’humanité avec ses faiblesses et ses hésitations. Très inspiré du monde d’Orwell (1984), ce livre bien écrit et fort intéressant se lit avec un réel plaisir. La fin onirique et poétique en surprendra plus d’uns !

Ma note

4/5

SCIENCE-FICTION

ARCA (ROMAIN BENASSAYA)

Le résumé du livre

Au XXIIème siècle, Sorany découvre dans les déserts glacés de la planète Encelade une étrange substance, l’Artefact qui, quelques années plus tard, permettra aux humains de dépasser la vitesse de la lumière et de naviguer bien au-delà du système solaire. Il est grand temps, car les Terriens, ayant épuisé les ressources de leur planète d’origine, peinent à terraformer Mars transformée en colonie pénitentiaire. Troubles divers et révoltes des esclaves s’y produisent. Tous les espoirs de l’humanité reposent sur « L’Arca », immense vaisseau spatial sorte de moderne arche de Noé, qui devrait permettre à près de 4000 passagers d’atteindre une planète habitable située à vingt-quatre années-lumière de la Terre, la « Griffe du Lion ». Le voyage devrait durer huit années. Mais rien ne va se passer comme prévu. Parvenus à la hauteur de Saturne, 800 adeptes de la secte d’Enlil dirigée par la machiavélique Ireen Tsei veulent déclencher une mutinerie générale…

Ma critique

« Arca » se présente comme un roman de science-fiction version space-opera fantastique pour ne pas dire onirique tant l’intrigue se permet de licences poétiques frisant souvent l’invraisemblance scientifique. Partie sur le thème ultra-rebattu de la conquête d’une lointaine exoplanète, tout finit par tourner autour de la maîtrise d’une substance magique permettant des vitesses phénoménales. Les personnages sont assez stéréotypés, le plus intéressant restant celui de Sorany, le seul, avec celui de son compagnon Franck, à avoir une certaine épaisseur. L’intrigue qui part sur de bonnes bases, s’enlise malheureusement assez vite. Le rythme ralentit avec de trop nombreuses redites, répétitions et retours sur les chapitres précédents. Si on y ajoute une narration alternée sur deux périodes (2147 et 2157) puis sur trois (date indéterminée), un agacement et un certain ennui s’installent sur une bonne moitié du livre. La fin rachète un peu cette faiblesse dans la mesure où elle explique enfin certaines circonstances importantes pour la compréhension tout en laissant le lecteur sur sa faim. Le plus intéressant aurait pu être à venir, la colonisation de la « Griffe du Lion ». Mais c’est peut-être l’intention du jeune auteur pour un tome 2. En résumé, pour un coup d’essai, cet ouvrage est loin du coup de maître. Juste un honnête ouvrage de divertissement sans grande ampleur.

Ma note

3/5

POLICIER

À CHACUN SON DÛ (LEONARDO SCIASCIA)

Le résumé du livre

Dans une petite ville de Sicile, Manno, pharmacien de bonne réputation reçoit une lettre anonyme fort inquiétante. Ne se connaissant pas d’ennemis et pensant n’avoir rien à se reprocher, il croit à une plaisanterie de mauvais goût. Mais quelque temps plus tard, au cours d’une partie de chasse, il est assassiné ainsi que son partenaire, le bon docteur Roscio. Craignant que l’enquête ne mène à rien, Laurana, professeur de son état et grand ami du docteur, décide de rechercher le coupable. Il fait alors quelques découvertes étonnantes sur la vie privée des deux notables et n’est pas loin de confondre le coupable du double meurtre. Mais rien ne se passe comme prévu.

Ma critique

« À chacun son dû » est plus une parodie de roman policier qu’un authentique « whodonit » style Agatha Christie. Sciascia se sert du motif criminel pour nous dépeindre une société sicilienne d’après-guerre gangrénée par les diverses mafias et apparemment encore nostalgique de l’époque mussolinienne. Sa plume est acérée et son esprit sarcastique a quelque chose de Simenon bien que lui-même soit plus influencé par Pirandello, auteur auquel il semble vouer une grande admiration, au point d’en imiter le style et même de mettre en scène le maître par le biais d’un personnage secondaire, Don Luigi. Ce dernier a même le tout dernier mot : « C’était un crétin ! » en parlant du pauvre Laurana. Humour et désenchantement sont au rendez-vous. Un bon moment de divertissement.

Ma note

3,5/5

ROMAN

CONFESSION D’UN PORTE-DRAPEAU DÉCHU (ANDREÏ MAKINE)

Le résumé du livre

Dans une banlieue défavorisée de Leningrad, deux jeunes garçons, Kim et Arkadi, vivent une enfance et une adolescence de pionniers, pleine de rêves et d’illusions socialistes. Piotr et Iacha, leurs pères, sont d’anciens combattants de la seconde guerre mondiale. Piotr, ancien tireur d’élite de l’armée rouge a eu les deux jambes sectionnées, suite à un bombardement venu de son propre camp. N’ayant été doté ni de fauteuil roulant ni d’appareillage, il n’a que les épaules de son ami Iacha pour se déplacer. Malgré un dénuement certain, la vie reste insouciante, solidaire et communautaire dans ce petit monde un peu à part de la ville entre les parties de dominos des hommes, les bavardages des femmes et les parades guerrières des jeunes pionniers. Jusqu’au jour où Kim, devenu militaire doit partir risquer sa vie en Afghanistan…

Ma critique

« Confession d’un porte-drapeau déchu » est un roman autobiographique sur une jeunesse pauvre mais heureuse vivant en Union soviétique sur une période allant de Staline à Gorbatchev en passant par Kroutchev et Brejnev. D’une guerre l’autre, deux générations sacrifiées. Quelques épisodes comme celui des gamins déterrants des dépouilles de soldats allemands pour les écrabouiller sauvagement sont assez pénibles à lire. L’ambiance dans ce petit quartier un peu à l’écart est fort bien rendue. Mais la fin ouverte et se voulant poétique laisse une impression assez bizarre. Pas un mot sur les méfaits du communisme. Une sorte d’indulgence un brin suspecte. Oeuvre de jeunesse ? Texte ayant obtenu l’imprimatur du conseil des écrivains bolcheviques ? Le lecteur ne peut pas savoir. En conclusion, pas le meilleur des ouvrages de Makine qui nous a habitué à beaucoup mieux comme dans « Le testament français » par exemple.

Ma note

2,5/5

AVENTURES

MA VIE EN VAN (FLORENT CONTI)

Le résumé du livre

Florent Conti est un jeune canadien francophone très attiré par une vie hors normes. Déjà à 22 ans, au sortir de sa grande école, il refuse d’assister à la fête de remise des diplômes. Puis, après trois années de travail classique en open-space, il donne sa démission et décide de tout quitter et de partir découvrir le continent à bord d’un van. Etant cinéaste et musicien (il joue fort bien de la guitare et du banjo), il compte vivre de contrats épisodiques et de woofing. Il s’est constitué un petit pécule pour les coups durs. Et le voilà parti vivre à plein temps à bord d’un Dodge 1997 Roadtrek d’occasion. À lui les immensités du Canada, la liberté, en un mot la retraite à 25 ans ! Très vite, il se fait connaître par ses reportages postés sur Youtube où il est suivi par plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Ma critique

Bien que classable dans la catégorie « Voyages et aventure », « Ma vie en van » se présente un peu comme un livre hybride. En effet, la première partie qui représente environ la moitié du livre est consacrée à sa philosophie de la vie, aux raisons qui l’ont poussé à opter pour cette vie de bohème minimaliste. La seconde partie est constituée du journal de bord de sa première année de vie en van. On y découvre un Florent qui quitte une petite amie plus toxique qu’autre chose, qui se pose plein de questions et semble en perpétuelle recherche de lui-même. Dans l’ensemble un ouvrage bien écrit, très agréable à lire (il se dévore en deux petites après-midis) qui permet de mieux connaître le sympathique Youtuber même s’il n’entre que très peu dans les détails de ses périples ni dans les côtés techniques et pratiques de ce mode de vie nomade. Avec une grande franchise et une totale sincérité, Florent Conti met le doigt sur le malaise qui ronge plus ou moins tous les représentants de la jeunesse actuelle tiraillée entre l’être et l’avoir qui découvre que tout ce qu’on possède enchaine sans vraiment satisfaire et que pour vivre heureux, il vaut mieux vivre légers…

Ma note

4,5/5

HISTORIQUE

PIE XII ET LA SECONDE GUERRE MONDIALE (PIERRE BLET)

Le résumé du livre

Ayant longtemps séjourné en Allemagne alors qu’il était cardinal, Pie XII connaissait parfaitement la situation politique du pays et en particulier les dangers que représentait la montée du nazisme pour la religion catholique. Ce dernier était totalement anti-religieux et n’allait pas hésiter à persécuter prêtres, évêques et religieux, les envoyant en camps de concentration où des milliers moururent. Dès les années trente, Pie XII savait qu’il fallait empêcher que le monde ne bascule dans une guerre qui s’annonçait aussi cruelle qu’injuste. Il tenta à de nombreuses reprises d’amener Mussolini à user de son influence pour freiner Hitler dans ses désirs d’expansion. Mais cela échoua. Pie XII multiplia ensuite les exhortations et les demandes de retour à la paix et cessation des persécutions des chrétiens allemands et polonais. Il fut injustement accusé d’indifférence voire de complicité après guerre.

Ma critique

« Pie XII et la seconde guerre mondiale » est un ouvrage historique basé sur de nombreux documents (correspondance du Vatican, encycliques et autres). Tous établissent solidement que ce pape, odieusement calomnié, n’eut de cesse d’œuvrer pour la paix et de lutter avec ses faibles moyens contre le nazisme. Livre intéressant pour rétablir la vérité historique en dépit d’une certaine lourdeur stylistique et d’une réelle aridité de lecture.

Ma note

3/5

POLICIER

LE BOUDDHA BIGOUDEN (ALEX NICOL)

Le résumé du livre

Ancien journaliste devenu écrivain public, Gwenn Rosmadec se voit confier par une jeune femme prénommée Lenaïg la mission de raconter la vie de son père à titre de cadeau d’anniversaire. L’homme ayant passé de nombreuses années en Inde et ayant eu une existence riche en péripéties avant de regagner Sainte Marine, à l’embouchure de l’Odet, elle souhaite que l’ouvrage devienne un témoignage et serve de référence pour les générations suivantes. Mais Goulven de Kerdoncuff est un personnage bourru et pas particulièrement coopératif. Gwenn va devoir user de tout son charme et de toute sa diplomatie pour amener le vieux hobereau breton à collaborer…

Ma critique

« Le bouddha bigouden » se présente comme un roman policier classique avec une mise en place plutôt longue puisque le seul et unique crime n’intervient que vers la deux centième page. Cette histoire de bouddha de jade volé semble plus un prétexte que le nœud véritable de l’affaire. En effet, l’auteur se montre plus intéressé par nous décrire ce charmant petit coin de Bretagne que de ciseler une intrigue type Agatha Christie. Résultat : cette histoire se retrouve un tantinet cousue de fil blanc. Tout est évidemment révélé dans le dernier chapitre. Au total, un roman agréable et divertissant bien que manquant un peu de peps et d’originalité.

Ma note

3/5

NOUVELLES

LES RÉCITS DE LA DEMI-BRIGADE (JEAN GIONO)

Le résumé du livre

À l’époque de la Restauration, en Provence et sur les collines du Luberon, le capitaine de gendarmerie Martial Langlois a la rude tâche de maintenir l’ordre en des temps particulièrement troublés. La Révolution est terminée, l’épisode napoléonien s’est achevé de la manière que l’on connait. La monarchie peine à retrouver sa légitimité et son autorité. Les campagnes sont infestées de bandits de grands chemins. Des déserteurs, des demi-soldes, d’anciens bagnards et autres gens de sac et de corde n’hésitent pas à trucider à tout-va pour quelques pièces. Des paysans ensauvagés, des aubergistes louches et même des aristocrates se mettent même de la partie. Avec sa dizaine de gendarmes, Martial n’en finit pas de sillonner le pays et l’arrière-pays, de se faire tirer dessus et de réaliser néanmoins quelques jolis cartons…

Ma critique

« Les récits de la demi-brigade » est un recueil rassemblant six nouvelles écrites par Giono à diverses époques. De la plus ancienne (« L’Ecossais ») et sans doute la plus intéressante, car elle se présente comme un court roman ou comme une novella, à la plus récente, dix années se sont écoulées, ce qui explique les différences de ton et presque de style entre les unes et les autres. Reste l’unité de lieu, de temps et le maintien du personnage principal dans chacune d’elles. On remarquera que celui-ci est également le héros d’ « Un roi sans divertissement » et que la jolie petite marquise de Théus qu’il affronte dans « L’Ecossais » est également l’héroïne du « Hussard sur le toit ». Ces histoires toujours agréables à lire mais qui ne sont quand même pas du niveau des grands titres du maître de Manosque valent surtout par le style inimitable et par les descriptions du cadre et de l’époque.

Ma note

3/5

ESSAIS

LA CONSPIRATION MONDIALE (WILLIAM-GUY CARR)

Le résumé du livre

Il s’agit pour les forces occultes agissant depuis la nuit des temps et tout particulièrement depuis la création de la société secrète des Illuminati d’Adam Weishaupt de mettre à bas les monarchies, les religions et les états-nations pour en arriver à l’objectif ultime, à savoir la constitution puis le contrôle du premier gouvernement mondial établi sous la férule de l’idéologie luciférienne imposée à la race humaine par le moyen du satanisme despotique et universel. Peu à peu, ces conspirateurs au premier rang desquels se trouvent les Rothschild, Rockefeller et quelques autres banquiers, tissent leur toile, augmentent leur pouvoir, prennent le contrôle des états, déclenchent des conflits permettant de renouveler la donne. Rares sont les pays qui aujourd’hui ne sont pas sous leur influence pour ne pas dire sous leur joug. Ils doivent se compter sur les doigts d’une main et comme par hasard, ils sont désignés sous le nom d’états-voyous, de « rogue states » et des fins cruelles sont réservées à leurs dirigeants.

Ma critique

« La conspiration mondiale » est un court essai basé sur des faits historiques avérés qui présente une thèse bien connue des « conspirationnistes ». Quelques hommes puissants agiraient en coulisses, en se servant du double levier d’une part des hommes politiques corrompus et d’autre part des médias tout acquis à leur cause et rabâchant à l’unisson une vulgate calibrée pour formater l’opinion publique. Il est étonnant de constater que cet ouvrage publié en 1958 reste encore d’actualité. Les évènements politiques et militaires intervenus depuis n’ayant d’ailleurs fait que conforter cette « théorie ». Seul correctif à apporter : l’évolution du communisme russe qui fut différente des prévisions de Carr. Un court ouvrage intéressant pour ceux qui ne s’arrêtent pas à l’apparence des choses. Les autres, c’est-à-dire, les bien-pensants, les adeptes du « politiquement correct » pourront faire un détour en se pinçant le nez !

Ma note

3,5/5

ROMAN

K.O. (HECTOR MATHIS)

Le résumé du livre

Quelque part à Paris, Sitam, ancien barman, traine sa déprime et son ennui en compagnie de sa bonne amie Capu et de ses compagnons de galère Benji et Archibald. Apprenti écrivain, il peine à essayer de terminer son premier roman jusqu’au jour où Benji se fait surprendre par sa patronne alors qu’il tente de voler la caisse du bar où il travaille. Elle lui tire une balle dans le buffet. Témoins de la scène, Sitam et Capu s’enfuient en laissant leur copain pour mort puis disparaissent discrètement en Hollande pour se faire oublier. Sitam trouve du travail dans une imprimerie où il rencontre un autre Français, Lariol, grand spécialiste de charades, contrepèteries et autres jeux de mots. Il semblerait que cet original ait ses entrées chez un éditeur susceptible de s’intéresser au bouquin de Sitam. Mais la santé de ce dernier se dégrade très rapidement…

Ma critique

« K.O. » n’est ni un thriller, ni un roman policier, ni un roman noir (ou alors gris tout au plus). C’est plutôt une sorte de long monologue, une auto-analyse un tantinet thérapeutique et complaisante. L’auteur, Mathis, semble s’être beaucoup impliqué dans son avatar, Sitam (Mathis en verlan). Il s’épanche longuement sur son triste sort, pleurniche sur sa vie d’écrivain maudit et geint sur ses ennuis de santé. Les personnages secondaires manquent nettement de consistance. Ils sont insuffisamment décrits. On peine un peu à se les représenter. L’intrigue aurait pu être nettement plus travaillée. En dehors de la fusillade dans le bar, il ne se passe pas grand-chose. Le lecteur a même parfois une impression d’artificialité voire d’irréalité. Des attentats se produisent un peu partout en France et en Europe, mais on se sait pas qui fait quoi, comment ça se passe, au nom de quelle idéologie ces évènements inquiétants se produisent ou par quelles voies on va en arriver à la guerre civile. Seule information : les rues sont pleines de policiers et de militaires qui pratiquent des contrôles d’identité incessants. Est-ce dans cette forme d’indifférence, voire d’autisme que le lecteur doit trouver le côté poétique et musical vanté en quatrième de couverture ? Un premier roman qui ne vaut que par un style très célinien, tout en éructations, invectives et lamentations…

Ma note

3/5

ESSAIS

SAVEURS D’ORTIE (ANNIE-JEANNE & BERNARD BERTRAND)

Le résumé du livre

Considéré de nos jours comme une mauvaise herbe ou comme une plante détestable car urticante, elle figura longtemps au menu de nos ancêtres avant que les nouveaux légumes venus du nouveau monde et d’ailleurs ne la chasse définitivement de leurs assiettes. Et pourtant, l’ortie oubliée, méprisée et redevenue sauvage ne manque pas de charme : elle est une source de fer exceptionnelle, elle regorge de minéraux et d’oligo-éléments. Prise régulièrement crue ou en infusion, elle peut aider à soigner les anémies chroniques et toutes sortes d’autres affections. Nous aurions tout intérêt à lui redonner la place qu’elle mérite.

Ma critique

« Saveurs d’ortie » est un charmant petit ouvrage consacré à une plante méconnue et pourtant fort répandue et difficile à ignorer ne serait-ce qu’en raison de ses piqures peu agréables. Les auteurs commencent leur ouvrage en présentant succinctement l’histoire de l’ortie, ses propriétés diététiques et thérapeutiques et, dans un deuxième temps, en proposant une série d’une trentaine de recettes de cuisine de tous ordres qui vont de la soupe, aux tourtes, aux quiches et autres tians en passant par une glace à l’ortie et au chocolat, des confits d’ortie et même des confitures d’ortie ! Étonnant. Chaque recette bénéficie d’une magnifique photo d’illustration et d’une maxime, d’un dicton ou d’une courte anecdote sur le sujet. Un livre qui donne envie de cueillir, de cuisiner et même de se soigner avec cette belle urticante ! Cerise sur le gâteau, cet ouvrage est en libre accès sur internet.

Ma note

4,5/5

ESSAIS

LE PLUS GRAND SECRET (DAVID ICKE)

Le résumé du livre

Nous vivons dans un monde où le contrôle mental pour ne pas dire la manipulation des esprits par le biais de la publicité, de la télévision, par l’incroyable force de persuasion des médias, est de plus en plus prégnante. La centralisation mondiale est quasiment réalisée. Le nouvel ordre mondial avance pas à pas, au fil des révolutions, des conflits, des cataclysmes et des désordres économiques soigneusement organisés. Pour arriver à toujours plus de police et toujours moins de liberté, il suffit de créer toujours plus d’insécurité, de terrorisme, de délinquance et d’agressions diverses et variées. Tout cela selon un plan mondial d’asservissement des masses au profit d’une infime minorité se gardant bien d’apparaître au grand jour. Ces gens auraient constitué une « Fraternité Babylonienne » constituée d’une élite régnant depuis la nuit des temps. Les Windsor, les Rothschild et les Rockefeller en seraient les plus illustres représentants. Ces familles aux commandes de toute éternité seraient toutes descendantes d’extraterrestres reptiliens venus de Mars bien avant le déluge, qui se seraient accouplés avec des terriennes, seraient passés pour des dieux et auraient maintenu la pureté de leur sang tout au long de l’Histoire…

Ma critique

« Le plus grand secret » est un essai difficilement classable dans la mesure où il tente d’aborder l’archéologie, l’histoire, la sociologie, la politique, le paranormal, toujours dans une optique conspirationniste parfois échevelée. David Icke fonctionne par accumulation d’affirmations gratuites selon ce qu’il cherche à présenter : une pincée de théosophie, un brin de Vril, un coup d’œil sur les mystères de Rennes-le-château, un peu de Shamballa, d’Aggartha, une grosse louche de Lucy’s Trust et de Skull n’ Bones et l’auteur s’imagine que le tour est joué. Mais il n’en est rien. Au bout des 406 pages de ce bizarre ouvrage, le lecteur de bonne foi reste sur sa faim. Rien, strictement rien n’est démontré. Il croit même avoir lu un bouquin de science-fiction, de fantaisie, de fantastique ou d’ésotérisme à deux sous. Qui veut trop prouver ne prouve rien. Qui trop embrasse mal étreint. N’en déplaise à la présentation, ce n’est pas du tout le livre le plus explosif du siècle. Et si le lecteur est assommé, ce n’est pas de révélations mais d’aberrations. La terre serait creuse avec une sorte de zone paradisiaque en son centre. Des reptiliens, capables de changer d’apparence à volonté, auraient construit d’immenses bases souterraines dans le désert du Nevada et dans le Colorado. Jésus, Shakespeare, Mahomet et quelques autres n’auraient jamais existé. Hitler serait de la lignée des Rothschild ou le deuxième fils de la reine Victoria. Il ne serait pas mort dans son bunker de Berlin à la fin de la seconde guerre mondiale. Et la CIA aurait été créée par des nazis pour des nazis. Etc, etc. Les amateurs d’ésotérisme et de paranormal apprécieront peut-être. Tous les autres crieront au fou !

Ma note

2,5/5

BIOGRAPHIESHISTORIQUE

DE GAULLE / LA STATUE DU COMMANDEUR (MAX GALLO)

Le résumé du livre

À partir de 1963, la France n’est plus en guerre nulle part, mais diverses affaires viennent assombrir l’actualité : enlèvement et « saucissonnage » en Allemagne du Colonel Argoud, liquidation de Ben Barka par des agents marocains aidés de truands… En politique étrangère, de Gaulle, qui a toujours soutenu Israël, veut l’empêcher de se lancer dans la guerre des Six jours. Il lui retire son appui et décrète un embargo sur les armes. Au Canada, il lance le fameux « Vive le Québec libre », pensant sans doute que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes n’était pas réservé au seul Tiers-Monde. Puis arrivent les évènements de Mai 68. L’ambitieux Mitterand se voit déjà en train de s’emparer du trône du monarque républicain. Après une rapide visite héliportée à Massu à Baden-Baden pour s’assurer de la fidélité des cadres de l’armée, de Gaulle arrive à reprendre les choses en main. L’opinion qui veut partir en vacances et qui en a marre de la chienlit le remet en selle lors des élections qui suivent. Mais rien n’est plus comme avant. Le commandeur est las de ferrailler toujours seul contre tous. Il organise un calamiteux référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat qu’il sait perdu d’avance. Et pourtant, il y met son départ sur la balance si le non l’emporte…

Ma critique

« De Gaulle / La statue du commandeur » est le quatrième et dernier tome de cette biographie du général toujours très favorable au personnage et même quasiment vu par ses yeux. Plus de la moitié de l’ouvrage consiste en reprises, redites et rappels des épisodes précédents entrelardés de quelques éléments nouveaux. Cela donne une impression d’ennui et même que l’auteur pratique le remplissage et tire pas mal à la ligne. Nettement plus intéressant est la suite traitant des évènements de Mai 68. La période est correctement relatée, mais sans qu’on entre dans les détails. Peu de choses sur le rôle de l’URSS, sur la stratégie du parti communiste français qui, craignant d’être débordé sur sa gauche et pour d’autres raisons, siffla la fin de la récréation. La fin de l’ouvrage plus mélancolique donne une certaine humanité à cet être aussi exceptionnel que controversé qui partit persuadé de laisser son pays retourner à ses mesquineries et à ses turpitudes avant de sombrer dans la décadence. Le recul historique nous permet de bien comprendre qu’il fut un véritable visionnaire en dépit de toutes ses erreurs et de tous ses défauts. Au total, une biographie de bon niveau mais un peu trop « gaulliste » pour parvenir à une véritable objectivité.

Ma note

3/5

BIOGRAPHIESHISTORIQUE

DE GAULLE / LE PREMIER DES FRANÇAIS (MAX GALLO)

Le résumé du livre

En 1946, profondément déçu par l’attitude des politiciens français, Charles de Gaulle quitta le pouvoir, persuadé que les Français ne tarderaient pas à le rappeler. En fait, il dut subir une longue traversée du désert qui dura une douzaine d’années et qu’il passa dans sa propriété de La Boisserie à rédiger ses « Mémoires de guerre » avant de revenir aux affaires en 1948 à la faveur de la calamiteuse situation en Algérie. Dès le début, bien que certain que l’Empire était sur sa fin et qu’il n’y avait d’autre issue que l’indépendance, il sut jouer sur l’ambiguïté et alla même jusqu’à lancer le cri « Vive l’Algérie Française ! » qui trompa pas mal de monde. On sait comment s’acheva cette sale guerre et quelle somme d’horreurs, de souffrances et d’injustices elle provoqua. Au moment du putsch d’Alger, il sut tenir la dragée haute au « quarteron de généraux factieux » qui tenta de le renverser, survécut à plusieurs attentats dont celui du Petit Clamart. Pendant cette période, il fit rédiger une nouvelle Constitution, instaurer l’élection du Président de la République au suffrage universel, le tout approuvé par des référendums, même pour l’auto-détermination algérienne lequel était joué d’avance, les Européens étant dix fois moins nombreux que les Maghrébins. Il dota la France de l’arme nucléaire, lui permettant d’intégrer le cercle restreint des grandes puissances mondiales. Il posa les bases de la réconciliation franco-allemande et tenta d’orienter la construction européenne vers une Europe des patries et non vers une fédération sous domination américaine…

Ma critique

« De Gaulle / Le premier des Français » est le troisième et avant-dernier tome de cette importante biographie historique. La période traitée va de l’après-guerre à la fin du conflit algérien, autant dire des heures particulièrement sombres de notre Histoire. Les faits sont respectés, leur chronologie également. Mais leur présentation peut donner sujet à discussion. En bon gaulliste, Max Gallo exonère pratiquement l’armée de toute responsabilité dans la fusillade de la rue d’Isly à Alger et passe complètement sous silence celles d’Oran perpétrées par les tirailleurs du général Katz. Dans les deux cas, l’armée française fit délibérément tirer à balles réelles sur des manifestants pacifiques et non armés. Le lecteur aurait aimé un peu plus de compassion et d’objectivité sur des évènements peu glorieux de l’Histoire de France. Même impasse sur la guerre secrète entre l’OAS et les commandos de barbouzes qui furent lancés à leurs trousses. Et bien entendu, rien sur le grand jeu et les manœuvres des deux grands (USA et URSS) qui furent partie prenante non négligeable dans cette pénible affaire. Au total, le volume le plus faible et le plus discutable de cette quadrilogie, Gallo ayant trop poussé sur la légende dorée et pas assez poussé la recherche dans les coulisses. Même les plus grands hommes ont leurs moments de petitesse et de mesquinerie. L’ironie de l’Histoire ou la justice immanente firent que de Gaulle et Pétain eurent des destins quasi parallèles. Ce que l’un reprocha à l’autre, il finit par y succomber et ce qu’il fit, d’autres le lui firent mais avec moins de réussite…

Ma note

3/5

BIOGRAPHIESHISTORIQUE

DE GAULLE / LA SOLITUDE DU COMBATTANT (MAX GALLO)

Le résumé du livre

Le 17 juin 1940, Charles de Gaulle, n’ayant plus de rôle à jouer dans le nouveau gouvernement, obtient de Paul Reynaud 100 000 francs prélevés sur les fonds secrets et réussit à repartir à Londres en compagnie de son aide de camp Geoffroy Chodron de Courcel à bord du « de Havilland Flamingo » affrété pour le général Spears. Le lendemain, il lance son fameux appel du 18 juin dans lequel il exhorte tous les officiers et les soldats à le rejoindre pour continuer les combats. Considéré comme traitre et déserteur, il sera condamné à mort par contumace. Winston Churchill le reconnaît comme chef des Français libres dès le 27 juin 1940. Mais son but est beaucoup plus ambitieux que de mettre en place une légion de volontaires qui continuerait la lutte aux côtés de l’Empire britannique. Il s’agit pour lui d’ignorer purement et simplement le traité d’armistice et de poursuivre la guerre contre Hitler, en créant une armée et un contre-État doté de tous les attributs de souveraineté et légitimité avec comme base les territoires français de l’Empire colonial, future plate-forme de la reconquête. Après un échec devant Dakar, il réussira à rallier le Cameroun, le Tchad, le Congo et le Gabon, permettant ainsi de lancer les premières offensives de Leclerc. Mais la lutte sera longue et semée d’embûches avant la victoire finale.

Ma critique

« De Gaule / La solitude du combattant » est le second volet de la quadrilogie consacrée à ce grand personnage historique. Il ne recouvre que la période 1940 – 1946, soit toute la seconde guerre mondiale plus une année difficile de gouvernement du pays. Soutenu au début par Churchill qui se préoccupe surtout des intérêts de la Grande-Bretagne, il est rapidement en butte à l’opposition de Roosevelt qui lui préfèrerait Giraud, sans doute plus malléable et moins tranchant que lui. Les Alliés voulaient ménager les anciens de Vichy et obtenir la création d’un gouvernement d’union nationale dans lequel les communistes auraient été neutralisés. Ils prévoyaient même la mise en place d’une sorte de protectorat provisoire (AMGOT) avec mise en place d’une nouvelle monnaie. De Gaulle ne cède sur rien, il rejette tout en bloc et finit par s’imposer avec mille difficultés en s’appuyant sur sa popularité en France, sur la Résistance grâce à Jean Moulin, sur le soutien de Staline et sur les succès militaires des généraux Leclerc et Juin. Le lecteur suit toutes les péripéties de cette longue lutte pour le pouvoir et pour le retour de la France dans le camp des vainqueurs. Max Gallo quitte parfois un peu trop l’objectivité de l’historien pour tomber dans les travers du panégyriste en particulier dans sa façon de traiter de l’Epuration presque comme un mal nécessaire. L’assassinat de l’amiral Darlan, le retour en France de Thorez, ainsi que les exécutions de Chack et de Brasillach sont traitées avec un peu trop de légèreté. Ceci mis à part, cet ouvrage reste intéressant, bien écrit et de fort bonne qualité.

Ma note

4/5

BIOGRAPHIES

DE GAULLE / L’APPEL DU DESTIN (MAX GALLO)

Le résumé du livre

Charles de Gaulle naquit le 22 novembre 1890 à Lille dans une famille de la grande bourgeoisie du nord. Très jeune, il est marqué par les valeurs traditionnelles : catholicisme légitimiste, patriotisme, goût des études et du service de l’Etat. Après l’école primaire chez les Frères des écoles chrétiennes, il continue sa scolarité chez les Jésuites où il a son propre père comme professeur. En 1908, il entre à l’école militaire de Saint-Cyr, après une année de préparation au collège Stanislas de Paris. À sa sortie en 1912, classé 13ᵉ, il est affecté au 33ᵉ régiment d’infanterie stationné à Arras. Lors de la première guerre mondiale, il est blessé trois fois, d’abord à la jambe le 15 août 1914 à Dinant, puis à la main gauche en Champagne, le 10 mars 1915. Un an plus tard, il est à nouveau blessé, mais cette fois à la cuisse gauche d’un coup de baïonnette. Fait prisonnier par les Allemands, il tente à cinq reprises de s’évader de toutes les forteresses où il est détenu. Finalement, il ne réussira à rejoindre la France qu’une fois la guerre terminée…

Ma critique

« De Gaulle / L’appel du destin est le premier tome d’une importante biographie qui en comporte quatre, soit un important ensemble de plus de 1600 pages. Un destin aussi exceptionnel n’en nécessitait sans doute pas moins. Ce premier opus couvre la période 1890-1940, soit de la naissance du grand homme jusqu’à l’humiliante défaite de juin 40. La narration est précise et non romancée. Max Gallo s’en tient aux faits sans négliger la psychologie du personnage souvent solitaire, un brin hautain et persuadé d’avoir raison seul contre tous et de devoir assumer un destin hors normes. Ainsi préconisa-t-il l’usage de formations de blindés en corps constitués, menant l’offensive avec l’appui de l’aviation à une époque où la tendance était plutôt à la guerre de position, bien à l’abri derrière la ligne Maginot que les Panzers teutons se firent un plaisir de contourner. Sur ce coup, de Gaulle prêcha dans le désert. Un des nombreux autres intérêts de cet ouvrage est le rapport de rivalité entre l’ancien (Pétain) et le nouveau (de Gaulle). Les deux hommes se connaissaient de longue date. De Gaulle travailla dans le cabinet de Pétain lequel le soutint jusqu’à ce que leurs divergences de vues et d’ambitions éclatèrent au grand jour. Un ouvrage historique de qualité qui se lit comme un roman.

Ma note

4/5

ROMAN

HARLOT ET SON FANTÔME (NORMAN MAILER)

Le résumé du livre

À Mount Desert (Maine, Etats-Unis), Hugh Tremont Montague, nom de code « Harlot », membre important de la CIA, mais plutôt en fin de carrière, a divorcé de Kitteredge qui l’a trompée avec son collègue Harry Hubbard, fils de Cal, autre agent de la CIA. Après une longue attente, Harry et Kitteredge ont fini par se marier. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, Harlot s’est retrouvé sur un fauteuil roulant suite à un très grave accident de voiture. Harry de son côté, en est réduit à produire textes, articles de journaux et romans d’espionnage jusqu’au jour où Harlot lui propose de travailler avec lui sur une mission secrète. Mais un jour, on retrouve le corps d’Harlot au fond d’un lac, le crâne explosé. Tout se complique… Quelques années auparavant, Harry avait commencé sa carrière à Berlin, puis à Bogota et l’avait poursuivie à Miami et à Paris…

Ma critique

« Harlot et son fantôme » se présente comme un très gros et très lourd roman d’espionnage de 1044 pages grand format, petits caractères, soit l’équivalent du double dans une présentation classique. Un défi de lecture. Un vrai marathon obligeant à y rester une dizaine de jours minimum ! Mais est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Rien n’est moins sûr ! Peu d’action, guère de suspens, aucune progression dramatique. On est très loin des maîtres du genre comme John Le Carré ! Mailer se rattrape-t-il par l’enquête d’investigation (il se targue d’une énorme recherche. Une bibliographie de quatre pages en atteste) ? Pas vraiment. Le lecteur n’apprendra pas grand-chose d’inédit sur les méthodes de la CIA, l’arrivée au pouvoir de J.F. Kennedy et son assassinat, la mort de Marilyn Monroe, l’affaire de la Baie des Cochons à Cuba, les tentatives ratées d’assassinat de Castro. Avec Tom Wolfe entre autres, on fait beaucoup mieux dans le genre. Et comme de nombreuses pages sont consacrées à des séquences « hot », on ne peut s’empêcher de penser que Mailer n’y fait que du sous-Miller ! Reste le style, l’écriture que certains critiques ont jugée « alerte, inspirée, géniale ». Sans doute n’ai-je pas été touché par la même grâce. Cette narration qui ne mène à rien m’a semblé laborieuse, pesante, pleine de détours et de digressions. Presque ennuyeuse. Le tout pour raconter quelques années d’un certain nombre de ronds de cuir, relativement nuls, sorte de pieds nickelés ou de bras cassés qui ratent à peu près tout ce qu’ils entreprennent. Au total, un pensum sans grand intérêt… (Mais ceci n’est que mon avis personnel bien entendu.)

Ma note

2,5/5

BIOGRAPHIES

MARLÈNE DIETRICH (MARIA RIVA)

Le résumé du livre

Marie Magdalene Dietrich, dite Marlène Dietrich, fut une actrice et chanteuse allemande naturalisée américaine, née le 27 décembre 1901 à Schöneberg et morte le 6 mai 1992 à Paris 8e. Après s’être destinée à une carrière musicale, elle se tourna vers le théâtre et le cinéma au début des années 1920. Lancée par le film « L’Ange bleu » de Josef von Sternberg, produit par la UFA en 1930, elle fut repérée par le studio Paramount et poursuivit une longue et brillante carrière à Hollywood. Sept films dirigés par le même metteur en scène dont « Morocco » (1930), « Shanghaï Expresse (1932) ou « L’Impératrice rouge » (1934), firent de l’actrice l’incarnation parfaite de la femme fatale de cette époque. Elle tourna ensuite avec les plus grands réalisateurs, dans divers genres de films. Elle s’engagea contre le nazisme et son pays d’origine dès les années 1930, et participa activement à la Seconde Guerre mondiale entre 1944 et 1945, rendant célèbre la chanson « Lili Marleen », et obtenant en 1947 la « Medal of Freedom », plus haute distinction militaire américaine que peut recevoir un civil. Alors que ses rôles au cinéma se faisaient moins nombreux, elle se tourna vers la radio puis vers le music-hall, faisant le tour du monde avec son tour de chant entre 1953 et 1975. Les quinze dernières années de sa vie, pour protéger son image, elle vécut recluse et alitée dans son appartement du 12, avenue Montaigne à Paris.

Ma critique

« Marlène Dietrich » se présente comme un énorme pavé de 866 pages relativement indigestes. Il est écrit par sa fille unique, Maria Riva, laquelle a une fâcheuse tendance à raconter la vie de sa mère en fonction de la sienne propre (rapports dominante-dominée avec sa mère, viol, alcoolisme, etc). Son style assez peu léger donne une narration plutôt poussive et même fortement alourdie par une abondance de citations (souvent fort longues et pas forcément pertinentes) de lettres d’amour, d’extraits de journaux intimes et autres articles de journaux. Trois cahiers de documents photographiques illustrent cet ouvrage consacré à une star, longtemps idolâtrée et finalement déchue et recluse. Pour ne rien arranger, le personnage de la star des années trente se révèle au fil des pages de moins en moins sympathique. Si l’on en croit Mme Riva, l’icône hollywoodienne fut en réalité un montre d’égocentrisme, de narcissisme, d’autoritarisme, une méchante femme obsédée par son image, travaillant son apparence dans les moindres détails et ne vivant que pour le paraître. Elle collectionna un nombre incroyable d’amants et d’amantes. La liste de ses conquêtes acteurs célèbres comme Maurice Chevalier ou Jean Gabin, écrivains comme Erich-Maria Remarque ou Hemingway, voire chanteurs ou chanteuses comme Franck Sinatra ou Edith Piaf, sans parler des généraux, hommes politiques, est si longue qu’elle finit par ressembler à un bottin mondain). Elle multipliait les caprices de diva au point de se montrer odieuse avec tout le monde, petit personnel comme metteurs en scène, costumières ou techniciens de cinéma. Mythomane, affabulatrice, dépensière, alcoolique, droguée et véritable marâtre envers sa malheureuse fille, la liste de ses défauts semble si longue qu’elle finit par en être caricaturale et presque sympathique, au second degré bien sûr. On peut faire l’impasse sans problème sur une lecture qui tourne vite à la punition…

2,5/5

POLICIERTHRILLER

LES ENGLOUTIS (DENIS LEPEE)

Le résumé du livre

1918. Ludmilla tente de fuir par la mer Saint-Pétersbourg ravagé par la révolution bolchévique. Il lui importe beaucoup de mener à bien la mission qui lui a été confiée, celle de sauver le « trésor » de la famille Koutouzov, mais son bateau est coulé au large de la Finlande…

2017. Tommaso Mac Donnell ravagé par la douleur d’avoir perdu sa femme et sa fille dans l’incendie de leur maison de Nantucket, débarque à l’aéroport d’Helsinski. Archéologue sous-marin, il vient évaluer un projet d’implantation d’éoliennes off-shore dans le golfe de Finlande, à deux pas de la zone russe et non loin de la petite ville de Kotka dont le maire est un ami de longue date…

Ma critique

« Les engloutis » est un roman original à plus d’un titre. D’abord parce qu’il n’est pas aisé à classer vu qu’il se situe aux limites de plusieurs genres : historique, aventures, policier et même espionnage (vu l’implication de divers agents secrets dont celle d’une jolie espionne du FSB russe). Autant le côté historique semble évident dès le début de l’intrigue, autant le côté policier se fait plus discret vu que le premier mort n’apparait qu’à la moitié du livre et que le personnage principal n’est ni inspecteur, ni détective privé, ni même journaliste, mais simple plongeur professionnel aux prises avec les fantômes de son drame personnel. Personnage avec lequel on ne peut qu’être en empathie immédiate d’autant plus que bien des déboires et des coups durs l’accablent, maintenant ainsi un intérêt soutenu tout au long d’une narration parfaitement menée. Si on y ajoute une plume de belle qualité, un cadre dépaysant et une parfaite connaissance du monde et des techniques de plongée, on obtient une totale réussite. Autre petit plus : dans les remerciements, Denis Lépée a l’élégance et l’honnêteté de faire la part entre l’historique et le romancé. Qu’il en soit remercié car peu nombreux sont les romanciers qui s’y plient !

Ma note

4/5

POLICIER

TOXIC STAR (HERVE CLAUDE)

Le résumé du livre

En Australie, sur l’immense plaine de Nullarbor, dans un endroit désertique à des kilomètres de toute piste, est retrouvé un 4X4 abandonné ainsi que les ossements blanchis d’un homme sans doute mort depuis au moins dix-huit mois. Les tests ADN permettent de découvrir qu’il s’agit des restes d’un certain Mathew Constant, australien d’origine roumaine, ancien champion de « footy », le foot-ball-rugby local où quasiment tous les coups sont permis. Journaliste au West Tribune, l’imposant Anthony Argos cherche à comprendre la raison de cette fin tragique. Son enquête va le mener jusqu’à Bucarest où il pourra bénéficier de l’aide de Christi, un ancien amant…

Ma critique

« Toxic star » se présente comme un polar relativement noir aux limites du thriller par le nombre de cadavres, mais avec l’énigme bien maintenue jusqu’au tout dernier chapitre. L’auteur, journaliste de télévision bien connu, familier de l’Australie, prend bien soin de maintenir le suspens et par là l’intérêt pour sa sombre histoire. Il ne perd pas le lecteur sur de fausses pistes comme dans un policier classique. Il préfère faire ressentir les ambiances d’un pays qu’il connait semble-t-il fort bien et surtout distiller bribe par bribe toutes les turpitudes d’un milieu frelaté, gangréné par le fric et infiltré par des hommes politiques dignes de mafieux. Les personnages manquent un peu d’épaisseur exception faite du héros totalement atypique, nouveau Rouletabille obèse et homosexuel, mais surtout tenace et obstiné. On saura gré à Hervé Claude, qui dispose d’un style agréable et fluide à souhait, d’avoir eu la finesse et l’élégance de ne pas trop s’appesantir sur les scènes les plus torrides. Dans l’ensemble, une œuvre de divertissement bienvenue pour un voyage en train ou pour une après-midi au bord de la piscine par exemple.

Ma note

3/5

AUTOBIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

MÉMOIRES BARBARES (JULES ROY)

Le résumé du livre

Né en 1907 à Rovigo (actuellement Bougara) en Algérie, Jules Roy, enfant illégitime, passa son enfance à la campagne avant d’entrer au petit séminaire où il restera huit années. Il intégra le corps des tirailleurs algériens puis celui de l’armée de l’air. D’abord pétainiste (il publia un livre à la gloire du maréchal), il change de camp en 1942, passe en Angleterre et entre dans la Royal Air Force. Il effectuera plus de 36 missions de bombardement de nuit sur la Ruhr en Allemagne. Il poursuit sa carrière militaire en Indochine à titre d’officier de communication. Mais en juin 1953, il démissionne alors qu’il est colonel, car il estime que l’armée se déshonore à vouloir rétablir la colonisation par la force. Parallèlement, il commence à publier des ouvrages de témoignage qui déplaisent à l’armée et est envoyé en mission d’enquête en Algérie et en Chine pour le compte de l’hebdomadaire « l’Express ». Il n’arrive pas à rencontrer Mao Tsé Toung pas plus qu’à suivre les étapes de la « Longue marche » et rentre très déçu de ce qu’il a vu. À la fin de sa vie, il se retire sur la colline de Vézelay, non loin de la basilique de Sainte Madeleine…

Ma critique

« Mémoires barbares » est un livre de souvenirs en forme d’autobiographie qui se veut honnête et qui reste assez discrète sur la vie sentimentale assez compliquée de l’auteur. Le lecteur suivra avec grand intérêt tous les évènements auxquels Jules Roy se trouva mêlé : seconde guerre mondiale, (le récit des bombardements au phosphore des villes allemandes est proprement hallucinant), la guerre d’Indochine, celle d’Algérie, le retour du général de Gaulle sans parler des arcanes du monde littéraire parisien pendant un demi-siècle. L’auteur ayant rencontré la plupart des auteurs de l’époque en trace une série de portraits souvent au vitriol. Il fut un habitué des soirées de Florence Gould et de Louise de Vilmorin. La liste est longue des écrivains et des hommes politiques qu’il dépeint : Morand, Nimier, Léautaud, Paulhan, Montherlant, Mauriac, Malraux, Camus, Kessel, Saint-Exupéry, de Gaulle, Mitterand. Personne n’échappe à son regard acéré voire impitoyable. Malraux est sans doute celui qui en prend le plus pour son grade pour sa mythomanie. Seul Camus et Saint-Exupéry trouvent grâce aux yeux de Jules Roy. Le style est bien entendu, de fort belle qualité. Les analyses sont fines et intelligentes. Au total, un livre absolument passionnant.

Ma note

4/5

HISTORIQUEROMAN

CALIFORNIA SAGA (JOHN JAKES)

Le résumé du livre

En 1886, le jeune James Macklin Chance, 17 ans, part de Pennsylvanie pour fuir la misère et ne pas finir mineur comme son père. Il rêve de faire fortune en Californie alors que la ruée vers l’or est achevée depuis un certain temps. Après une longue marche en direction de l’Ouest des Etats-Unis, il finit par atteindre la côte Pacifique à Oakland. Il tente de profiter du ferry de San Francisco sans prendre de billet. Sans ménagement, il est jeté à la mer par les contrôleurs alors qu’il ne sait pas nager. Heureusement pour lui, il est vite repêché par un brave pêcheur chinois qui deviendra son premier ami californien. Et ce n’est que le début d’une longue suite de tribulations dans cet eldorado où ne se trouvent que deux sortes d’individus, ceux qui prennent et ceux à qui l’on prend…

Ma critique

« California Saga » se présente comme un énorme roman historique de 662 pages, ce qui, au premier abord, pourrait sembler assez indigeste. Mais il n’en est rien tant les aventures, péripéties et rebondissements sont nombreux. Toute l’intrigue repose sur 35 années de la vie d’un jeune homme pauvre mais non dépourvu d’ambition. Le lecteur le suit pas à pas dans son ascension sociale, laquelle est longue et pénible vu le nombre de catastrophes et d’embûches qu’il doit traverser. Si les épisodes amoureux laissent assez indifférent et peuvent même lasser vu qu’il passe son temps à osciller tout au long de cette histoire entre trois partenaires, le contexte historique (fin de la ruée vers l’or, boom immobilier, découverte de l’or noir, cataclysmes, apparition du cinéma, de l’automobile et de l’aviation) sont beaucoup plus intéressantes car fort instructives. Entre mille autres choses, le lecteur y découvrira que le problème de l’immigration mexicaine ne date pas d’aujourd’hui ni d’hier. On sera plus réservé sur l’apparition ici ou là de personnages réels comme W.R Hearst, Charlie Chaplin, Jack London, James Corbett, John Muir ou Ambrose Bierce car aucun n’apparait comme crédible. Au total, malgré tout, une belle réussite, si l’on passe sur le côté manichéen de la présentation (des bons très bons, voire excellents et même christiques comme le prêtre défroqué et des méchants très très méchants, monstrueux, intolérants, racistes) et sur une fin décevante, car en happy end très (trop) américain.

Ma note

3/5

BIOGRAPHIESHISTORIQUE

L’AVENTURE DE LECLERC (MAJA DESTREM)

Le résumé du livre

Né le 22 novembre 1902 à Belloy (Somme), Philippe de Hauteclocque commença sa carrière militaire dans la cavalerie puis fut instructeur à Saint Cyr. Il participa à la guerre du Rif au Maroc où il se distingua par son courage, son sens tactique et sa bravoure. En mai 1940, pour ne pas être capturé, il traverse les lignes allemandes et essaie de s’échapper à bicyclette. Il sera arrêté puis relâché par erreur. Il retourne au combat, est blessé et s’échappe de l’hôpital où il était soigné er gardé. Il ne peut pas se résoudre à la défaite de la France. Il rejoint le général de Gaulle à Londres après un long périple à travers la France, l’Espagne et le Portugal. Il part ensuite au Gabon avec pour mission de rallier l’Afrique équatoriale française aux couleurs de la France Libre. Ainsi débute une véritable épopée qui le mènera avec une première poignée d’hommes à Fort-Lamy puis à s’emparer de Koufra, du Fezzan, à aider les Alliés à chasser l’Afrika Korps de Rommel d’Afrique du Nord puis à débarquer en Normandie, à libérer Paris, puis Strasbourg et porter le drapeau tricolore jusqu’à Berchtesgaden, le nid d’aigle d’Adolf Hitler…

Ma critique

« L’aventure de Leclerc » est la biographie parfaitement documentée d’un héros de l’Histoire de France, une icône de la seconde guerre mondiale, un être d’exception, au caractère bien trempé, capable de toutes les audaces et de toutes les folies, n’ayant qu’un seul objectif : servir sa patrie. Le livre très bien écrit, illustré de nombreuses photos et croquis permettant une bonne compréhension de la stratégie de Leclerc (pseudo qu’il dut prendre pour protéger sa famille restée en Picardie), se lit très facilement et très agréablement tant cette vie brisée dans un accident d’avion au Sahara fut remplie, foisonnante et exemplaire. Le lecteur apprendra énormément de choses non seulement sur l’épopée du héros et de sa fameuse 2ème DB, mais aussi sur les prémisses de la guerre d’Indochine, sur le rôle fort louche des Chinois et des Anglo-saxons qui se permirent d’organiser une sorte de Yalta asiatique dont la France aurait été la victime si Leclerc n’était pas intervenu. Malheureusement le départ de celui-ci suite à des divergences avec l’amiral d’Argenlieu et l’arrivée des socialo-communistes au pouvoir à Paris changea complètement la donne. On sait la triste tournure que prirent ensuite les évènements. Un livre de référence absolument passionnant. À conseiller aux amateurs d’Histoire et d’Histoire militaire tout particulièrement.

Ma note

4,5/5

ROMAN

OXYGÈNE (ANDREW MILLER)

Le résumé du livre

Enseignante anglaise en retraite, Alice souffre d’un cancer assez avancé. Elle a déjà dû subir une lourde chimiothérapie. Elle y a perdu ses cheveux, mais ils ont fini par repousser complètement blancs. Son fils Alec lui rend visite, s’occupe de la maison, du jardin. Son autre fils, Larry, acteur de série B intermittent et ancien joueur de tennis classé, ne va pas tarder à prendre l’avion avec sa fille depuis la Californie pour le rejoindre. Arrivé de Hongrie suite aux dramatiques évènements de Budapest, Laszlo est un auteur dramatique qui commence à rencontrer un certain succès. Sa dernière pièce, intitulée « Oxygène » relate un accident dans une mine quelque part en Europe de l’Est. Un jour, il fait une étrange rencontre et se retrouve chargé d’une mission tout à fait particulière.

Ma critique

« Oxygène » est un roman intimiste qui fait la part belle à la psychologie de toute une galerie de personnages. Le style d’Andrew Miller est quasi pointilliste. L’auteur s’attache aux mille détails de la vie quotidienne et parvient à donner de l’intérêt à une banalité qui devrait ne pas faire rêver, mais qui finit par intéresser quand même. Les développements sur la triste réalité du cancer en phase terminale tout comme le récit de la normalisation de Budapest par l’armée rouge en 1956 sont particulièrement émouvants voire instructifs. Les personnages sont des messieurs ou mesdames tout le monde, de parfaits anti héros. Sans doute est-ce la raison pour laquelle ils nous semblent si proches et finalement bien attachants en dépit de leur médiocrité. Un seul regret : rien ne parvient à un achèvement. Tout reste ouvert. Au lecteur de se substituer à l’auteur volontairement défaillant…

Ma note

3/5

HISTORIQUE

POUR L’AMOUR DE L’INDE (CATHERINE CLÉMENT)

Le résumé du livre

Le 4 février 1922, à Chauri-Chaura (Inde), un rassemblement pacifique et non-violent inspiré par Gandhi s’achève dans le calme. Mais des policiers, croyant entendre quelques moqueries, commencent à taper sur les trainards. La foule se rebiffe. Les flics commencent par tirer en l’air puis sur les gens. Arrivés à court de munition, ils finissent lynchés. Gandhi est désespéré. L’indépendance de l’Inde qu’il appelle de ses vœux ne suivra jamais le cours d’un long fleuve tranquille… 1947 : Lord Louis Mountbatten, petit-fils de la reine Victoria, est intronisé dernier vice-roi des Indes. Son épouse, la frivole lady Edwina, va devoir l’épauler dans la lourde tâche de négociation qui lui échoit. Comment satisfaire les ambitions des musulmans de Jinnah, les désirs des Hindous de Nehru et Gandhi sans parler des prétentions des Sikhs ? Comment éviter l’atomisation du sous-continent et réduire le bain de sang qui s’annonce ?

Ma critique

« Pour l’amour de l’Inde » est avec « Cette nuit la liberté » le meilleur texte sur cette période troublée. Ce gros pavé parfaitement documenté (567 pages) se dévore comme un roman tant les faits sont parfaitement décrits et tant les principaux personnages, les Mountbatten, Nehru, Jinnah et surtout Gandhi sont rendus vivants. Tous les évènements étant authentiques, on ne peut pas parler de roman historique, mais plutôt de fresque, voire d’épopée véridique. L’idylle, sans doute platonique, entre Edwina et Nehru n’est même pas romancée et, heureusement, ne représente pas l’essentiel de l’intérêt du livre. L’Histoire se taille la plus belle part. En fin d’ouvrage, le lecteur trouvera tout un chapitre sur les sources et commentaires, ce qui est assez rare et montre l’honnêteté de l’auteure ainsi que son désir de coller au plus près de la réalité historique. La réalité dépassant souvent la fiction, il n’est nul besoin d’inventions ou de travestissements de la vérité pour produire une belle œuvre de référence.

Ma note

4,5/5

ESSAISRELIGIEUX

UN SIÈCLE DE TÉMOINS (DIDIER RANCE)

Le résumé du livre

À cause du nazisme, du communisme, des conflits ethniques ou tribaux sans oublier l’intégrisme islamique, notre époque a connu un nombre incroyable de martyrs ou de confesseurs de la foi. Un martyr chrétien est une personne persécutée, emprisonnée, souvent torturée et assassinée en raison de ses idées religieuses. Un confesseur de la foi subit les mêmes persécutions mais sans finir exécuté. Des camps nazis au goulag soviétique, du lao-gaï chinois au Sud Soudan, du Liban à la Turquie sans oublier l’Afrique du Nord (moines de Tibhirine), l’Afrique noire, l’Inde ou l’Amérique du Sud, les territoires sont innombrables où le sang des martyrs a coulé, coule et coulera. Un martyr est un témoin du Christ. On pourrait également l’appeler un « soldat du Christ ». Son sang est réputé semence de chrétien. En effet, chaque tuerie n’a fait que rendre plus vigoureuse et dynamique l’église visée…

Ma critique

« Un siècle de témoins » est un essai consacré aux « Martyrs du XXème siècle » comme l’indique son sous-titre. L’auteur a voulu présenter un panorama exhaustif du phénomène. Mais celui-ci est d’une telle ampleur et les exemples sont si nombreux qu’il ne peut présenter chaque fait qu’en quelques très courtes lignes voire au maximum en un paragraphe. La lecture de cet ouvrage qui cherche également à élaborer une théologie particulière sur cette réalité est un tantinet laborieuse, toujours émouvante et peut arriver à vous mettre les larmes aux yeux et même vous donner la nausée. Il faut dire que le mal est partout, que l’abjection des tortionnaires n’a pas de limites. Un seul exemple : dans l’Albanie du monstrueux Enver Hodja, ses nervis étaient capables après avoir copieusement battus et torturés de malheureux prêtres, de les achever en les noyant dans une fosse remplie de matières fécales. Dur, dur !

Ma note

4/5

POLICIER

FAMILLE PARFAITE (LISA GARDNER)

Le résumé du livre

Ancien marine, Justin Denbe a fait fructifier la puissante entreprise de BTP dont il a hérité à la mort de son père. Avec sa compagne Libby, ils ont eu Ashlyn, fille âgée aujourd’hui de 15 ans. Leur couple tient la route depuis 18 années et à première vue, à eux trois, ils donnent l’impression d’une famille exemplaire, bien que Justin ait donné quelques coups de canif dans le contrat. Un soir, de retour d’un repas au restaurant devant sceller leur réconciliation, le couple trouve ouverte la porte de sa riche demeure. Un colosse qui les attend à l’intérieur les neutralise à coups de taser pendant que deux complices maîtrisent Ashlyn. La disparition des trois membres de cette famille surprend tout le monde. Mais la détective privée Tessa Leoni est persuadée qu’il s’agit d’un enlèvement et non d’une fuite volontaire. Pourtant, on ne trouve ni effraction, ni vol, ni demande de rançon. Et pas le moindre témoin. L’affaire s’annonce compliquée : vengeance, extorsion de fonds, acte gratuit ?

Ma critique

« Famille parfaite » est un roman présenté comme un thriller alors qu’il ne respecte pas vraiment les critères du genre, à savoir présence d’un serial killer psychopathe, accumulation de cadavres et autres scènes de sadisme ou de tortures. Cousue de fil blanc, toute l’intrigue repose sur une histoire d’infidélité conjugale. Très vite le lecteur devine quelle sera la chute et perd ainsi la majeure partie de l’intérêt pour ce long pavé de 571 pages qui auraient largement pu tenir dans un volume trois fois moindre et même dans une nouvelle resserrée d’une quarantaine de pages. Trop de redites, trop de pages inutiles, en particulier tous les chapitres délayant à plaisir les états d’âme de Libby, la femme trompée partie à la dérive. On a même l’impression que l’auteur tire un tantinet à la ligne. Trop peu de péripéties, trop peu de rebondissements. Des personnages convenus : le patron ripoux, les mâles machos et violents et les femmes, pauvres victimes innocentes. On se demande comment pareil navet a pu figurer comme numéro un sur la liste des best-sellers du « New York times ». Toujours se méfier de la pub, même déguisée.

Ma note

2,5/5

POLICIER

EN CREVANT LE PLAFOND (JAMES HADLEY CHASE)

Le résumé du livre

Harry Griffin, pilote d’avion licencié par sa compagnie pour un comportement déplacé avec une hôtesse de l’air, n’a pas envie de se contenter de petits boulots pour survivre. Il préfère tenter un gros coup et ramasser le magot. Trois millions de dollars de diamants industriels vont transiter entre New-York et San Francisco à bord d’un avion de son ancienne compagnie. Avec quelques comparses, il pense être en mesure de braquer l’équipage et de filer avec le butin après avoir atterri quelque part dans le désert. Mais pour espérer une réussite complète, il a besoin de l’aide de Ben Delaney, un parrain de la mafia capable de fourguer les cailloux mieux que lui. Par chance, Glorie Dane, petite amie de Harry, est également une ex de Delaney. Elle les met en relation, force Harry à se grimer et à changer d’aspect physique pour ne pas être reconnu de ses anciens collègues. Malheureusement, rien ne se passe comme prévu. La présence d’un convoyeur de fonds n’ayant pas du tout l’intention de se laisser faire va complètement changer la donne…

Ma critique

« En crevant le plafond » est un roman noir d’excellente facture du prolifique auteur britannique. L’écriture est classique, de belle qualité et très agréable à lire. Bien que le lecteur se doute dès le début que tout ne peut qu’aller de mal en pis dans cette histoire, il reste accroché du début à la fin, car les péripéties ne manquent jamais jusqu’à une fin assez surprenante. Les personnages sont bien campés, bien pétris d’humanité et tout à fait crédibles. On tremble pour Harry même si le personnage n’est pas particulièrement sympathique. On remarque également l’importance de la psychologie féminine avec les deux héroïnes, aux antipodes l’une de l’autre mais réagissant de semblable manière devant la dérive du héros, tirer au mieux leur épingle du jeu. Finalement, elles sont les plus fortes, car les plus intelligentes voire les plus sournoises. Bien que datant un peu (1956), cet ouvrage permet encore de passer un très bon moment de divertissement.

Ma note

4/5

ESSAISRELIGIEUX

PRÉSENCE DE SATAN DANS LE MONDE MODERNE (LÉON CRISTIANI)

Le résumé du livre

Qu’en est-il de Satan et du satanisme à notre époque qui ne croit plus à rien, ni à Dieu, ni, par conséquence évidente, à Diable ? On connait la célèbre phrase de Baudelaire : « La plus grande ruse du Démon, c’est de nous persuader qu’il n’existe pas. » Dans cet ouvrage, l’auteur s’efforce de nous démontrer que l’existence du Malin, du grand Menteur est réelle et que sa puissance plus grande qu’on ne l’imagine. Pour ce faire, il commence par en référer à la Bible et aux Evangiles qui ne manquent pas d’exemples comme la tentation du Christ et la réponse bien connue : « Vade rétro Satanas ! » ou comme les possédés qui sont libérés au détriment de porcs qui vont se jeter du haut d’une falaise. Il y ajoute le cas du curé d’Ars et de ses nuits à batailler contre le « Grappin » surnom qu’il donnait au diable ou ceux de tous les faux voyants qui apparurent à Lourdes pour ridiculiser le témoignage de la petite Bernadette Soubirous. Les preuves de possessions ou d’infestations diaboliques sont innombrables aussi bien tout au long de l’Histoire que de nos jours. Les aspects lucifériens de la révolution française, du nazisme, du bolchévisme ou du communisme chinois en sont quelques exemples…

Ma critique

« Présence de Satan dans le monde moderne » est un essai de vulgarisation théologique et sociologique particulièrement bien étayé. Les faits sont incontestables et la réalité bien sinistre, n’en déplaise aux sceptiques et aux ricaneurs. L’auteur démontre qu’il ne s’agit pas de confondre possession relevant de l’exorcisme et simples troubles mentaux. Ni les symptômes, ni les remèdes, ni les résultats obtenus, ne sont les mêmes dans les cas de folie et dans ceux de possession. Dans la maladie mentale, on ne trouve jamais les marques de présence d’une intelligence préternaturelle et visiblement étrangère à celle du sujet que l’on constate chez les possédés et dont l’Eglise exige les signes pour autoriser la pratique de l’exorcisme. Un livre d’une lecture fascinante, d’une grande érudition et d’une absolue nécessité pour qui veut se faire une opinion sur ce sombre sujet. Les descriptions d’exorcismes sont particulièrement frappantes. Même chose sur certains côtés obscurs de l’Histoire ou de l’actualité (sorcellerie, Illuminatis, Rose-Croix, maçonnerie…)

Ma note

4,5/5

FANTASTIQUENOUVELLES

HISTOIRES FANTASTIQUES D’AUJOURD’HUI (DIVERS AUTEURS)

Le résumé du livre

Une petite fille de douze ans vit dans un village quelque part en haute mer. Bien que totalement seule, elle fait tout fonctionner. Et quand un navire apparaît à l’horizon, elle s’endort… Un soir, à Paris, le jeune Régis Mercier se réfugie dans la fontaine de Joyeuse pour se mettre à l’abri d’une violente averse. Il y rencontre Christine qui semble souffrir d’un mal étrange. En crise, elle se prend pour Calliste, une jeune femme qui, lors de la Révolution, participa à la profanation de l’église St Paul-St Louis et au vol des cœurs embaumés de Louis XIII et Louis XIV… Victimes d’un étrange sortilège, tous les habitants d’un village sont devenus invisibles. Seul l’idiot de l’endroit a été épargné. Il est chargé du ravitaillement et de tous les contacts avec l’extérieur… Le chasseur Arminius est un être sauvage et sans aucune pitié. Par plaisir, il tue toutes sortes d’animaux dans une transe aussi barbare que cruelle. Son épouse Minna redoute que cela ne finisse très mal…

Ma critique

« Histoires fantastiques d’aujourd’hui » est un recueil de 18 nouvelles du registre étrange et fantastique d’autant d’auteurs différents. On remarque un bon nombre de célébrités parmi eux comme Supervieille, Mandiargues, Dhôtel, Robbe-Grillet, Michaux ou Sternberg. Avec pareilles « pointures », le lecteur peut s’attendre à une compilation de très haut niveau. Malheureusement, il n’en est rien. Les fonds de tiroir, les rebuts et autres textes de remplissage sont malheureusement assez nombreux. Pour le fond, c’est la même chose. On est plus dans l’insolite, les petites bizarreries du quotidien que dans le fantastique pur et dur. On passera pudiquement sur certains textes qui tombent des mains pour ne s’intéresser qu’aux meilleurs opus : « La fontaine de Joyeuse » de Jean-Louis Bouquet (gore à souhait), « Le village invisible » d’André Dhôtel (pour sa poésie charmante), « Le diamant » d’André Pieyre de Mandiargues et « Le monstre » de Gérard Klein (véritable fantastique). Au total, un ensemble plutôt décevant.

Ma note

2,5/5

NOUVELLES

TONTON BOB (FABRICE DECAMPS & AUTRES AUTEURS)

Le résumé du livre

Un psychiatre, Pierre Bertillat, convoque dans son bureau Lemonnier, un de ses patients, pour qu’il lui dise tout ce qu’il sait sur un certain oncle Bob, personnage aussi dangereux qu’irascible… L’oncle Toto, chef de chantier de son état, et sa femme Kiki la brune ne sont pas des gens très intéressants. Elle est d’une grande vulgarité. Lui, d’une honnêteté toute relative : il n’hésite jamais à détourner du matériel pour ses propres besoins… Sur la base de quatre photos, un homme essaie de s’imaginer ce que put être la vie d’un oncle qu’il n’a jamais connu… En Ouganda, Louis, volontaire français, doit être exfiltré, car il a commis une grosse bêtise… Un libraire désenchanté se pose des questions sur sa condition… Au centre commercial avec les enfants de sa maîtresse, Guiseppe a décidé qu’on n’achèterait rien… Payée par la mairie, une comédienne propose des animations dans un cimetière, histoire de rendre l’endroit plus accueillant…

Ma critique

« Oncle Bob » est un recueil de dix nouvelles d’autant d’auteurs, toutes tournant autour du thème de cet oncle dont le lecteur doit se demander qui il est : aliéné, maffieux, beauf, mondialiste ou fasciste, abruti ou intellectuel, homo ou hétéro, etc. Il n’en finit plus de se poser la question sans d’ailleurs jamais trouver la réponse, les textes étant tous différents d’esprit, de registre et de styles. Comme toujours dans ce genre de compilation, le meilleur côtoie le pire. Dans le cas précis, ce serait plutôt le très moyen pour ne pas dire le médiocre qui reste majoritaire face à l’acceptable et au (très rare) bon et agréable à lire. Nous aurons l’indulgence de passer sur les huit textes relevant de la première catégorie pour n’insister que sur les deux qui sortent du lot et méritent très certainement le détour : « Oncle Bob » de Fabrice Décamps pour son côté équivoque et « La boîte en bois et la boîte en carton » d’Antonin Crenn, un petit bijou de fantastique du quotidien.

Ma note

3/5

HISTORIQUE

LES FUSILIERS MARINS DANS LA DIVISION LECLERC (RAYMOND MAGGIAR)

Le résumé du livre

En novembre 1942, une poignée de jeunes Français d’Afrique du Nord veulent en découdre avec les nazis. Armés par les Anglo-américains fraîchement débarqués, ils deviennent le « bataillon Bizerte », puis le RBFM, (régiment blindé de fusiliers marins). Ils sont formés au Maroc, dotés de matériel puis intégrés dans la 2ème DB du général Leclerc, sous le commandement du capitaine de frégate Maggiar, auteur de l’ouvrage. Cette unité regroupera environ 300 véhicules, des chasseurs de chars, des tanks destroyers, des Half-tracks et des chars Sherman qui feront merveille contre les Panthers et autres MarkIV teutons. Dans la nuit du 3 au 4 août 1944, ils seront débarqués en Normandie, à Utah Beach. S’ensuivra une véritable épopée avec la libération de Paris où ils prendront une part décisive, les combats acharnés en Lorraine et en Alsace (libération de Strasbourg) puis la réduction de la poche de Royan et finalement le rush vers le nid d’aigle d’Hitler, Berchtesgaden.

Ma critique

« Les fusiliers marins dans la division Leclerc » est un témoignage quasiment heure par heure de tous les combats menés par cette troupe de marins et d’engagés volontaires (ils furent nombreux à s’enrôler au fur et à mesure de l’avancée victorieuse de Leclerc !). Ecrit à chaud et publié en 1947, cet ouvrage porte la marque de l’enthousiasme et du patriotisme magnifique de ces jeunes Français qui partis de rien, du fin fond d’une oasis (Koufra), prêtèrent le serment de rendre sa dignité à la France humiliée en se lançant à corps perdu dans les combats et de ne cesser que quand le drapeau tricolore flotterait sur la cathédrale de Strasbourg. Un bon nombre n’en revint pas. Une magnifique page d’histoire. Un témoignage honnête et sincère d’une grande utilité pour les passionnés d’Histoire militaire.

Ma note

4/5

ESSAISSCIENCE-FICTION

LE LIVRE DES MAÎTRES DU MONDE (ROBERT CHARROUX)

Le résumé du livre

En se basant sur les observations d’objets volants non identifiés, d’étranges monuments dont personne ne peut dire la destination, de constructions enfouies n’appartenant à aucune civilisation connue et de tablettes ou hiéroglyphes censés représenter des cosmonautes ou des vaisseaux spatiaux, Robert Charroux bâtit une thèse selon laquelle les débuts de l’humanité seraient bien antérieurs aux Sumériens ou aux Egyptiens. Pour lui, 12 000 années et plus avant notre ère, des voyageurs extra-terrestres sans doute venus de Vénus auraient fondé l’Atlantide et le continent de Mu, lesquels auraient fini par sombrer dans un grand cataclysme tellurique ou nucléaire. Tout le savoir venu du cosmos se serait perdu dans les masses d’eau du déluge. Pire, les rares rescapés n’auraient eu de cesse de nier et de diaboliser l’apport technologique dont les humains auraient profité auparavant…

Ma critique

« Le livre des maîtres du monde » est un essai de « Prim-histoire » (néologisme inventé par Charroux), période antérieure à la proto-histoire et parallèle à la préhistoire, mais bien différente, car elle suppose l’existence de civilisations avancées (maîtrisant le feu nucléaire, les voyages dans le cosmos, la radio ou la télévision, etc), ce qui n’a jamais été prouvé. Et c’est bien là que le bât blesse ! Qu’il y ait des pyramides (modestes) en France à Falicon (Provence) ou à Autun, des tours hermétiques (sortes d’énormes menhirs ou de massifs obélisques sans la moindre ouverture) à Saint Romain de Benest ou à Ebéon (Charente-Maritime) ainsi que d’étranges grimoires maya voire de curieux témoignages dans de vieux manuscrits chinois ou tibétains ne permet quand même pas de conclure que nous descendons tous des extra-terrestres. Un ouvrage un peu bâti de bric et de broc surtout vers la fin où les anecdotes curieuses se multiplient sans jamais rien prouver d’ailleurs. Un cahier de photos et de nombreuses illustrations voudraient étayer cette curieuse théorie sans vraiment y parvenir. Même peu versé dans l’archéologie, le lecteur a très vite l’impression d’être dans une rêverie pour ne pas dire « fumisterie », en un mot, plus dans la fiction que dans la science. Cartésiens et rationalistes pourront aisément faire un détour…

Ma note

3/5

ESSAIS

DIEU, MON PREMIER AMOUR (GUY GILBERT)

Le résumé du livre

Né le 12 septembre 1935 à Rochefort-sur-Mer en Charente-Maritime, le père Guy Gilbert, surnommé « le curé des loubards », est un prêtre catholique français, éducateur spécialisé et écrivain prolifique. Il est issu d’une famille ouvrière de quinze enfants où il a trouvé beaucoup d’amour. Désirant très tôt être prêtre, il entre en 1948 au petit séminaire à l’âge de 13 ans. Alors qu’il est séminariste, il part en 1957 pour accomplir son service militaire en pleine guerre d’Algérie. C’est à Alger qu’il finit son séminaire et qu’il est ordonné prêtre. Il reste auprès de Monseigneur Duval de 1965 à 1970. De retour à Paris, il exerce son activité de prêtre dans la rue et devient éducateur spécialisé pour les jeunes délinquants dans le 19e arrondissement. En 1974, grâce à un legs, il achète une ferme à La Palud-sur-Verdon, « une ruine loin de Paris », pour y installer un lieu d’accueil, la « Bergerie de Faucon » où, avec une équipe d’éducateurs, il tente de réinsérer des jeunes en difficulté, par le travail et le lien avec les animaux.

Ma critique

« Dieu, mon premier amour » se présente comme un essai de vulgarisation sociologique, théologique voire philosophique très facile d’accès. Avec des mots simples, Guy Gilbert nous partage ses réflexions sur son engagement, sur sa vocation, sa foi, son amour de Dieu et son ministère auprès des plus humbles. Le tout est présenté sous la forme d’une série d’articles, de portraits, d’anecdotes sans lien chronologique ni thématique, un peu comme une compilation. Lire cet ouvrage permet de mieux comprendre la démarche de ce religieux atypique qui sous des dehors rebelles (perfecto, jeans et santiags) cache un esprit évangélique parfaitement dans la ligne de l’Eglise. Il a compris qu’il ne pouvait pas donner sans lui aussi recevoir. Aussi s’accorde-t-il des pauses de retraite spirituelle de trois jours tous les dix jours dans un monastère et des breaks de six jours par mois dans sa bergerie. Un ouvrage abordable et qui interroge pour qui s’intéresse à la charité et à la spiritualité chrétienne.

Ma note

4/5

AVENTURESROMAN

JEAN VILLEMEUR (ROGER VERCEL)

Le résumé du livre

Seul maître à bord après Dieu, Jean Villemeur, capitaine très respecté du Vulcain, robuste chalutier au long cours, emmène son épouse Hélène et son fils Jean jusqu’à Boulogne, port de départ de sa nouvelle campagne de pêche prévue pour durer quatre longs mois. Sa femme doit y retourner à terre. Il espère que son fils en fera autant, car il ne souhaite pas qu’il prenne sa suite dans ce métier de marin pêcheur ingrat et difficile. Mais le jeune s’obstine et impose sa présence à bord. L’ennui c’est que le métier ne rentre pas. Il souffre atrocement du mal de mer et n’arrive pas à trouver le moindre intérêt pour la pêche au chalut. Arrivés en vue de l’Islande, il leur faut y faire escale pour permettre à un matelot de se faire soigner les dents. Villemeur voudrait en profiter pour y laisser son fils qui pourrait ainsi rentrer en France au plus vite. Mais celui-ci refuse à nouveau…

Ma critique

« Jean Villemeur » est un roman maritime datant de 1950. Malgré l’outrage des ans et un style précis mais un peu ampoulé, il reste intéressant à lire même aujourd’hui, à la fois à titre de document sur les conditions de vie des marins-pêcheurs de l’autre siècle mais aussi pour l’histoire finement contée qui se développe en huis-clos, à bord du Vulcain. L’intrigue a quelque chose d’un antique drame qui s’établit graduellement, par petites touches, pour exploser dans les dernières pages de façon aussi logique que tristement humaine. Le héros, Jean Villemeur, est une sorte d’archétype de capitaine solitaire, fier, dur à la peine, peu causant, mais admiré de son équipage. L’obstination du fils qui est loin d’avoir la carrure et la fermeté de son père, ne s’explique elle aussi qu’en toute fin. Un ouvrage sur la mer, intéressant et émouvant, à classer avec ceux de Conrad, Melville ou Quéffelec.

Ma note

4/5

ESSAIS

BONSAÏ PASSION (KEN NORMAN)

Le résumé du livre

Cultiver les bonsaïs, ces arbres nanifiés et élevés dans des poteries, demande du soin, de la minutie et un grand respect des équilibres naturels. C’est un art qui apparut d’abord en Chine avant d’être introduit au Japon et d’être maintenant répandu partout dans le monde. L’auteur de cet ouvrage est lui-même un passionné d’origine britannique, un des plus grands spécialistes des bonsaïs, juge de la Royal Horticultural Society et lui-même exposant à huit reprises au Chelsea Flower Show où il reçut six fois la médaille d’or. C’est dire si ses conseils peuvent être précieux !

Ma critique

« Bonsaï passion » est un traité d’horticulture qui, par son volume et ses très nombreuses et spectaculaires photographies peut se classer dans les livres de collection. Un néophyte dans cette culture particulière y apprendra tout ce qu’il faut savoir sur le sujet. Après une introduction et un historique, il trouvera toutes les indications sur les dimensions, les proportions, l’esthétique, les techniques de culture, les obtentions par greffe, semis ou bouturage, les présentations. Les chapitres les plus importants sont sans doute ceux consacrés aux soins et entretiens au fil des saisons et le répertoire de toutes les sortes de bonsaïs. On déplorera que toutes n’aient pas une photo dédiée. Très complet et richement illustré, l’ouvrage s’achève sur un glossaire et un très utile carnet d’adresses. Un peu moins complet que le « Larousse des Bonsaïs », cet ouvrage de grande qualité intéressera sans nul doute les amateurs du genre.

Ma note

4/5

ESSAIS

ÊTRE PARENT, LA BOÎTE À OUTILS (ARIANE HEBERT)

Le résumé du livre

Le métier de parent est, sans aucun doute, le plus difficile et le plus exaltant qui soit. Quand un petit être vous arrive et que la responsabilité de son avenir vous tombe sur les épaules, on se sent plutôt démuni. Comment se comporter ? Quelle est la limite acceptable entre le rigorisme et le laxisme ? Comment s’y prendre pour élever correctement un enfant, c’est-à-dire l’amener à se réaliser, à devenir autonome et accompli pour ne pas dire heureux et équilibré ? À toutes ces questions et à quelques autres, Ariane Hébert, psychologue canadienne, apporte des réponses sous la forme de dix principes, de dix commandements que tout parent devrait appliquer s’il veut mener à bien sa délicate mission.

Ma critique

« Être parent, la boîte à outils » est un essai de vulgarisation psychologique et pédagogique présenté de façon particulièrement plaisante. Ariane Hébert ne se paie pas de mots. Elle ne théorise pas. Elle reste dans le concret et ne se laisse pas influencer par toutes les théories fumeuses à la mode. Son discours est basé sur le bon sens et l’expérience de sa pratique. Chacune de ses affirmations est étayée par une anecdote (souvent amusante) intitulée « Dans la vraie vie ». Assez loin des Dolto, Spock et autres pédopsys, l’auteure nous ramène à la réalité avec ses dix principes : donner un cadre, des règles, des limites, oser être source de frustration, ne pas oublier que l’enfant est calculateur, qu’il sait parfaitement à qui il a affaire, admettre que l’apprentissage de l’autonomie peut être douloureux, se rappeler qu’une pensée n’est pas un fait, ne jamais acheter la paix, apprendre à l’enfant comment se comporter, favoriser l’estime de lui-même et surtout ne jamais se payer de paroles, toujours passer à l’action. Un livre tonique, optimiste, agréable à lire et plein d’amusantes illustrations. À conseiller aux jeunes parents et aux autres…

Ma note

4,5/5

POLICIERTHRILLER

DES BABOUCHES À ESQUIBIEN (ALEX NICOL)

Le résumé du livre

À Saint Renan, au nord de la Bretagne, un tueur à gages provoque délibérément un accident envoyant au fond d’un étang une voiture avec son malheureux conducteur. Puis il abat d’une balle de révolver entre les deux yeux une vieille dame, chez elle, dans son jardin. Gwenn Rosmadec, ancien grand reporter devenu écrivain public et son épouse Soazic, par le biais d’un texte à fournir sur un étrange bienfaiteur de la commune, se retrouvent mêlés à cette affaire qui les mènera jusqu’en Arabie Saoudite où l’homme en question a longtemps travaillé et fait fortune avant de prendre sa retraite à Esquibien.

Ma critique

« Des babouches à Esquibien » est un roman d’aventures policières tilisant la plupart des codes du thriller. Il s’agit pour les deux héros d’empêcher que se produise un attentat contre un monument emblématique des Cornouailles. L’intrigue est bien menée quoi que le pot aux roses soit assez énorme et moyennement vraisemblable. L’auteur, grand amateur d’une certaine marque de whisky breton à base de blé noir, citée si souvent qu’on se demande s’il n’en est pas sponsorisé, connait parfaitement son sujet. Il décrit son petit coin de Bretagne avec autant de soin que la réalité de Djeddah. Rien que pour le dépaysement, cet ouvrage agréable à lire mérite le détour.

Ma note

4/5

ROMANTERROIR

MAURIN DES MAURES (JEAN AICARD)

Le résumé du livre

Au siècle dernier, en Provence, dans le massif des Maures, Maurin, braconnier facétieux aussi porté sur les femmes que sur la galéjade, et son ami Parlo-Soulet, grand gaillard taiseux, se retrouvent dans une auberge de campagne devant un auditoire de paysans à qui ils racontent des histoires en présence de deux gendarmes venus de Cogolin. Aussi inconscient que taquin, Maurin décide de jouer un tour qui ridiculisera les deux pandores ceci pour se faire valoir aux yeux d’une très jolie Corse qui plait beaucoup au coureur des bois. Les deux compères profitent d’un moment d’inattention pour s’emparer des chevaux des pandores, filent dans les bois avant de finalement les renvoyer à leurs propriétaires humiliés…

Ma critique

« Maurin des Maures », paru en 1908, est un roman de terroir comme on n’en écrit plus de nos jours. Il est très long, pas moins de cinquante chapitres et la bagatelle de 463 pages. Ça tire un peu à la ligne et donne l’impression d’une sorte de feuilleton écrit autour de la personnalité attachante de ce Provençal rebelle, républicain un tantinet anarchiste, toujours prêt à jouer des tours à la maréchaussée qui n’a de cesse de le pourchasser sans jamais parvenir à le coincer. Il y a du Jacquou le croquant et du Robin des bois chez Maurin et bien sûr ce gros plus méridional, vantardise, jovialité et tartarinades incluses. Toute l’intrigue tourne autour de l’idylle contrariée avec la belle Tonia promise au gendarme Alessandri. Le récit est entrecoupé des récits et commentaires du taiseux compagnon de Maurin ainsi que de quelques contes et anecdotes provençales servant en quelque sorte d’intermèdes. Très bien écrit, cet ouvrage n’est pas désagréable à lire. Il peut encore intéresser les amateurs de folklore méridional. Aicard, poète parnassien, ami de Verlaine et Rimbaud, est malheureusement un peu oublié de nos jours.

Ma note

3/5

AUTOBIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

MÉMOIRES DE SEPT VIES / CROIRE ET OSER (JEAN-FRANÇOIS DENIAU)

Le résumé du livre

Au cours d’une existence incroyablement remplie, Jean-François Deniau fut chargé par plusieurs hauts dirigeants français ou étrangers des missions les plus diverses et les plus périlleuses. Il fut entre autres négociateur pour la Commission Européenne, homme des missions les plus secrètes et les plus délicates comme (par exemple) libérateur d’otages en Bosnie pour des pilotes capturés ou en Afrique noire pour une religieuse embastillée par les soins des sbires de Bokassa. Tour à tour marin, ministre, diplomate, baroudeur (il a passé clandestinement d’innombrables frontières pour rejoindre des maquis), envoyé spécial, écrivain ou académicien, il se retrouva défenseur du Liban, spécialiste de la Yougoslavie et expert de la politique agricole commune à Bruxelles. Véritable homme-orchestre qu’aucune détresse ne laissait indifférent, on le retrouva sur tous les théâtres d’opérations du Liban à l’Afghanistan, en passant par la Tchétchénie, la Bosnie et tant d’autres…

Ma critique

Avec pudeur et élégance, il nous livre une deuxième fournée de ses Mémoires, faites de rencontres exceptionnelles, de combats toujours pour la bonne cause, de réflexions politiques aussi élevées que désabusées, de rêveries et autres réflexions plus ou moins philosophiques. Personnage extraordinaire de courage et de générosité, chevalier des temps modernes, Deniau devait peut-être à sa foi et à ses lointaines origines irlandaises et serbes, ce goût de l’aventure sous toutes ses formes, cette passion dévorante d’aider les plus démunis et cette volonté de s’intéresser à tout. Rien ne l’arrêta, ni la maladie qui le frappa cruellement à de très nombreuses reprises, ni l’incompréhension de ses pairs, ni les basses manœuvres de la politique politicienne. Il voulut réaliser son rêve d’enfant : aller au bout de ses sept vies. Une magnifique leçon de courage, de volonté, d’altruisme et d’abnégation. Un ouvrage intéressant pour les amateurs d’histoire et de géopolitique contemporaine (sur la période 1945-1995), écrit au fil de la plume, sans souci d’ordre chronologique et sans jamais tomber dans les travers de l’effet facile ou de l’indiscrétion.

Ma note

4/5

AUTOBIOGRAPHIESTEMOIGNAGE

MÉMOIRES DE SEPT VIES / LES TEMPS AVENTUREUX (JEAN-FRANÇOIS DENIAU)

Le résumé du livre

Issu d’une famille de viticulteurs et de forestiers, établie depuis plus de quatre siècles en Sologne sur le domaine de Chambord, Jean-François Deniau eut une vie des plus aventureuses. Il fut étudiant pendant la seconde guerre mondiale et volontaire pour l’Indochine, homme politique, ambassadeur, ministre, commissaire européen, député, président du Conseil général du Cher, essayiste, romancier et membre de l’Académie française. Il fut aussi navigateur émérite, envoyé spécial dans des zones de combats et soutien de peuples opprimés tels les boat people. Il échappa onze fois à la mort et subit un très grand nombre d’interventions chirurgicales particulièrement lourdes. Hors normes dans le paysage politique français, et même carrément électron libre pour les partis de droite, il faisait de la politique en ne se souciant que de servir et non de se servir et sans jamais chercher à faire carrière. Un juste, une sorte de chevalier des temps modernes.

Ma critique

« Les temps aventureux » est le premier des deux tomes de ses mémoires. Il relate la première partie de sa vie, sa jeunesse, ses études et ses premiers pas dans la carrière. Il comporte sept chapitres qui, même s’ils suivent un relatif ordre chronologique n’en demeurent pas moins écrit apparemment un peu au fil de la plume. Deniau reste d’une grande discrétion en ce qui concerne sa vie privée. Il préfère nettement relater toutes sortes d’anecdotes réelles ou inventées. (Difficile avec lui de savoir où se situe la frontière entre réalité et fiction). Il faut dire qu’avec une vie aussi riche et aussi remplie en aventures et rencontres (l’auteur a côtoyé les grands de ce monde Adenauer, Pompidou, Giscard, Kissinger, Jean Monnet, Kroutchev, Louise de Vilmorin, François-Poncet et tant d’autres), il y a forcément ample matière à raconter. Ce touche-à-tout de génie, membre de l’Académie Française, qui fut aussi un grand romancier, se révèle également excellent mémorialiste même si son élégance et sa discrétion pourront décevoir les amateurs de révélations inédites.

Ma note

4/5

SCIENCE-FICTION

LES CROISES DE MARA (GEORGES-JEAN MARA)

Le résumé du livre

Après un long périple en galère galactique, Laur le Négociateur fait escale à Vasa, la Cité des boues où les populations vivent une sorte de Moyen-Âge barbare et cruel sous la coupe du tyrannique Honorat. Aux jeux du cirque, il assiste au supplice infligé à quatre malheureux Ganathiens brûlés vifs, mais ne supporte pas qu’un sort semblable soit réservé à son ancien maître Cydras le Reclus. Il échoue à le faire évader et se retrouve dans un cul de basse fosse en compagnie d’un certain Buch l’Educateur. Laur s’attend à être exécuté à son tour. Mais il est stupéfait quand l’Honorat-Major lui assigne pour mission d’assassiner Dorle le Prophète ainsi que ses principaux lieutenants ganéthiens. La vie et la libération de Cydras est à ce prix.

Ma critique

« Les croisés de Mara » est un roman de science-fiction paru en 1971 aux mythiques éditions du Fleuve noir. L’intrigue se présente comme une lutte entre deux tyrannies, deux totalitarismes, l’un totalement matérialiste, l’autre nettement plus religieux et même carrément fanatique. Le lecteur pourra y voir une allégorie du bolchevisme et de l’islamisme. Inutile de dire qui l’emporte des deux. L’esprit est nettement moins optimiste que dans la SF des années cinquante pleines de confiance en l’avenir. Déjà pointait le pessimisme et les ambiances sombres et plus ou moins désespérées. Arnaud entrevoit l’importance des énergies nouvelles, le solaire en particulier, l’arrivée des androïdes quasi-humains, et des intelligences artificielles, mêmes si toutes ces nouveautés techniques n’ont que peu d’importance dans cette histoire assez bien écrite mais pas spécialement originale. Pas le meilleur opus du prolifique auteur.

Ma note

3/5

LOISIRS

LE PETIT LAROUSSE DES BONSAÏ (ISABELLE & RÉMY SAMSON)

Le résumé du livre

Le Bonsaï est un arbre miniaturisé cultivé dans une poterie, en intérieur ou en extérieur. C’est une pratique orientale très ancienne. Le mot lui-même signifie « arbre sur un plateau » ou « arbre dans un pot ». Historiquement parlant, il est né en Chine. On en retrouve ses prémices au IIIème siècle avant J.-C. Il aurait ensuite été introduit au Japon au XIIème siècle et ne serait apparu en Europe au XIXème siècle grâce à des voyageurs qui découvraient l’Orient et commençaient à mettre l’art oriental à la mode. Le lecteur se doute que c’est tout un art délicat de faire vivre un arbre même nanifié dans de telles conditions.

Ma critique

« Le petit Larousse des bonsaï » est une somme, une belle réussite éditoriale des éditions Larousse. C’est un peu la bible de l’amateur de bonsaï. Il est composé d’une présentation des pratiques de cultures. Comment en créer ? À partir de quoi ? (semis de graines, bouturage, marcottage, greffage) Comment l’entretenir ? (Rassembler les meilleures conditions de culture, taille, rempotage, arrosage, vaporisation, ligaturage…) Comment diagnostiquer et soigner les principales maladies. Les principales espèces sont présentées avec toutes leurs caractéristiques et leurs particularités de culture. De très nombreuses illustrations, photos, dessins agrémentent cet ouvrage très complet qui ravira aussi bien les simples amateurs que ceux qui voudraient se lancer dans cette culture particulière. Un incontournable.

Ma note

4,5/5

ROMAN

LA DYNASTIE DES FORSYTE / LE CHANT DU CYGNE (JOHN GALSWORTHY)

Le résumé du livre

Nous sommes maintenant en 1926. La Grande-Bretagne vit une réalité sociale difficile et chaotique. Les mineurs et les cheminots se sont embarqués dans une grève interminable. L’économie du pays est impactée en raison de la pénurie de charbon et des chemins de fer qui fonctionnent au ralenti. Craignant pour l’avenir, Tante Winifred a fait des stocks de nourriture. Avec quelques-uns de leurs amis artistes et membres de la haute société, Fleur et Mickaël ont décidé de créer une cantine pour distribuer des repas aux ouvriers nécessiteux. Le nouveau député tente également de collecter des fonds pour transformer en logements corrects et dotés de l’électricité toutes sortes d’habitations ouvrières insalubres. De son côté, June continue à vouloir lancer de jeunes peintres inconnus…

Ma critique

« Le chant du cygne » est le dixième et dernier tome de la saga des Forsyte. C’est le plus sombre et le plus social de la série. On y voit la montée en puissance du syndicalisme et des idées communistes, l’importance de la question sociale et l’évolution des mœurs. En bon conservateur, Soames ne voit rien de bon dans tout cela. Quand on lui propose d’intégrer un comité pour l’électrification des taudis, il refuse d’y participer. Il ne comprend pas grands choses aux nouvelles mœurs (coupe à la garçonne, danses « modernes » comme le charleston) et rejette l’art nouveau, la peinture moderne, lui qui fut un collectionneur averti d’œuvres d’art. Sans dévoiler le final, on dira simplement que la saga s’achève sur un terrible drame. Le lecteur quitte avec un certain regret le personnage principal qu’il côtoie depuis le début et auquel il a fini par s’attacher. Une saga magistrale, très bien écrite, plus intimiste que sociale dans son ensemble, qui, vu sa longueur demande une certaine constance au lecteur.

Ma note

4/5

ROMAN

LA DYNASTIE DES FORSYTE (À LOUER)

Le résumé du livre

La saga redémarre en 1920. Suite au premier conflit mondial, la situation politique et sociale a beaucoup évolué en Angleterre. Soames voit ses impôts augmenter considérablement. Il découvre que les socialistes voudraient procéder à des prélèvements sur le capital, ce qu’il considère comme une idée folle, tout à fait dans la ligne de la démence générale qui, à ses