BANDES DESSINEESPOLICIER

GRIFFU (JEAN-PATRICK MANCHETTE & TARDI)

Le résumé du livre

Une certaine Luce Minetta demande à Griffu qui n’est que conseiller juridique de l’aider à aller récupérer des dossiers importants. Mais au moment où celui-ci arrive à mettre la main dessus, elle les récupère et file avec alors que Griffu se retrouve piégé dans la maison dont il a forcé la porte. Trois marlous lui tombent dessus. Il parvient à s’en débarrasser à coups de poings et rentre chez lui un peu amoché et le visage agrémenté d’un magnifique œil au beurre noir. Pour en avoir le cœur net, il passe au domicile de Luce où il ne trouve qu’Evangéline sa co-locataire étudiante avec qui il sympathise immédiatement. Ils sont au lit quand les trois voyous du début les surprennent en pleine action. Ceux-ci se trouvent également sur la piste de Luce et veulent aussi récupérer les dossiers en question. Ils offrent même de verser de l’argent à Griffu s’il parvient à mettre la main sur la fille et sur les papiers avant eux…

Ma critique

 

« Griffu » se présente comme une bande dessinée illustrant une histoire bien dans le style sombre et désabusé de Jean-Patrick Manchette. L’histoire est un brin simpliste avec son contexte politico-social assez classique. Griffu se retrouve dans une sombre affaire de scandale immobilier comme il y en eut tant dans les années 70/80. Il y avait pas mal de fric à se faire dans la réhabilitation de certains quartiers complètement délabrés de la capitale et de ses alentours. Le graphisme de Tardi est original, sombre et grisâtre à souhait. Il rend bien l’atmosphère de certains coins de banlieue parisienne déjà à la dérive. Le passage du purement littéraire à l’univers plus visuel de la BD ne nous semble pas apporter grand-chose à l’esprit et à l’ambiance des œuvres de Manchette. Il en souligne juste le côté simpliste, la violence presque gratuite et les idées reçues et déjà datées. Les personnages sont encore plus caricaturaux que dans les romans. C’est noir et manichéen. Et comme la BD fait ressortir encore plus les faiblesses du propos, cela semble sans grand intérêt pour nous au bout du compte.

Ma note

3/5

BANDES DESSINEES

LES MORTS ONT TOUS LA MÊME PEAU (MORVAN, ERRAMOUSPE, VARGAS)

Le résumé du livre

Dan Parker est marié à Sheila. Ils sont parents d’un bébé. Un petit couple blanc bien ordinaire. Si ce n’est que Dan est videur dans une boite de nuit et qu’il prenait plaisir à castagner trublions et pochards surtout s’ils étaient blancs de peau. Lui-même est blanc extérieurement, mais se sent noir intérieurement. Il a un quart de sang donné par un de ses grands-parents. Il déteste les Noirs, ne les fréquente pas. Sa plus grande crainte est que l’on découvre sa part de négritude. Et voilà qu’apparaît un Noir du plus bel ébène qui se prétend son frère et vient le taper de 100 dollars à ce titre. La réaction du violent Dan ne va pas se faire attendre !

Ma critique

« Les morts ont tous la même peau » est une bande dessinée fidèlement adaptée du roman éponyme que Boris Vian fit paraître en 1947 sous son pseudo de Vernon Sullivan. Cette nouvelle mouture a nécessité le travail d’une équipe de cinq personnes, un scénariste, deux dessinateurs, un coloriste et un lettriste. Le résultat est là : un magnifique album avec une belle couverture rigide, un agréable papier glacé et des vignettes couleur sépia évoquant très bien l’ambiance de la première moitié de l’autre siècle. Le lecteur se trouve propulsé dans l’univers plutôt glauque des bas-fonds avec son lot de boîtes plus ou moins louches, de bars borgnes et de bordels crasseux le tout en pleine ségrégation raciale. Toute l’intrigue bascule d’ailleurs lorsque se dévoile la véritable origine de Dan. Selon que vous serez noir ou blanc votre sort sera différent quand vous passerez devant le juge. Un examen attentif des dessins permet aisément d’attribuer la paternité de chacune des pages aux deux dessinateurs. En effet, bien que proches, leurs styles sont légèrement différents. L’un dispose d’un trait de très grande finesse et précision et présente pages 8 et 9 un plan général du décor tout à fait extraordinaire. L’autre a le crayon moins léger. Malheureusement, c’est lui qui se taille la part du lion pour le nombre de pages. Ce léger inconvénient mis à part, au total, un album de grande qualité, comme la plupart des productions Glénat, que l’on ne peut que conseiller aux amateurs de romans noirs.

Ma note

4,5/5