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LE MAÎTRE DES ILLUSIONS (DONNA TARTT)

Le résumé du livre

Issu d’un milieu modeste, Richard Papen quitte sa petite ville de Californie pour intégrer l’université de Hampden dans le Vermont. Il y fait la connaissance d’un petit groupe d’étudiants issus de milieux plus privilégiés. Henry et Bunny font figure de meneurs, Francis, Camilla et Charles, les deux jumeaux, celle de suiveurs. Ils se livrent à toutes sortes de défis dont une bacchanale au cours de laquelle, sous l’influence de l’alcool et de diverses substances prohibées, ils assassinent plus ou moins accidentellement un paysan du coin qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. N’y ayant pas participé, Richard, mis dans la confidence, se retrouve complice du groupe sans vraiment le vouloir. Lequel commence à perdre confiance dans l’un des leurs, Bunny. Pour éviter qu’il ne les dénonce d’une manière ou d’une autre, ils se retrouvent dans l’obligation de devoir le supprimer. Mais comment faire pour que ce nouvel assassinat passe pour un accident ?

Ma critique

« Le maître des illusions » est un roman fleuve (plus de 700 pages) aussi dramatique que psychologique. L’intrigue est simple et digne des grandes tragédies grecques dont elle s’inspire d’ailleurs ouvertement. Ces étudiants de lettres classiques sont fascinés par les coutumes et la philosophie grecques au point de vouloir les imiter principalement dans leurs dérives. Le peu d’épaisseur du sujet est compensé par un style de narration qu’on pourrait qualifier de maximaliste (par opposition au minimalisme qui tente d’en dire un maximum avec un minimum de mots). Le style littéraire de Tartt est pointilliste, repose sur une accumulation de détails plus ou moins importants voire révélateurs. Malgré une certaine lenteur, lourdeur et une impression de pléthore descriptive, (il faut attendre 200 pages pour entrer dans le vif du sujet !) le lecteur s’attache néanmoins au destin de cette bande d’étudiants arrogants et/ou paumés sur laquelle une sorte de « fatum » s’acharne. Ouvrage qui fait réfléchir sur l’illusion de la complicité, le poids de la culpabilité et la réalité d’une sorte de justice immanente. Il y a quelque chose de Dostoïevski chez Tartt.

Ma note

4/5

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